Maria Valtorta en 1943

"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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Maria Valtorta et les autres voyantes


LES VOYANTES

 Brigitte de Suède

 Marie d'Agréda

 Anne-Catherine Emmerich

 Maria Valtorta

 Consuelo (à venir)

 Sources apocryphes et traditionnelles (à venir)


LES TEXTES RÉFÉRENTS

 Les passages de l'œuvre qui parlent de Maria Valtorta

 Dictée de Jésus : la place qu'on doit accorder aux œuvres de voyantes et leur mission de porte-parole


 

La longue tradition des visions et des révélations
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Visions et révélations ont commencées dans le christianisme, peu de temps après l'Ascension, terme de la vie terrestre de Jésus-Christ.

C'est le cas de la conversion de Paul sur le chemin de Damas (Actes 9,3-16), celui de son envoi en mission avec Barnabé (Ib° 13,1-3). Mais Paul témoigne aussi d'une extase au cours de laquelle il bénéficie de révélations (2Corinthiens 12,2-4).

Cela renvoie aux visions et apparitions courantes dans l'Ancien Testament.

De même les apparitions mariales se manifestent très tôt : la tradition rapporte que Jacques le majeur (le frère de l'apôtre Jean) parti évangéliser l'Espagne, aurait bénéficié d'une apparition de la Vierge Marie à Saragosse (Cesaraugusta) fondant le sanctuaire de N.D. Del Pilar.

Depuis ce temps, jusqu'à nos jours le "Dictionnaire des apparitions de la Vierge Marie" de René Laurentin et de Patrick Sbalchiero, en recense 2.400 [1], porteuses d'annonce d'évènements à venir (Fatima, La Salette), d'explicitations de vérités théologiques (Lourdes) et plus généralement d'exhortation à la sainteté.

Les visions de Maria Valtorta ne sont donc pas inaccoutumées.

L'importance des mystiques pour la mariologie [2], selon le P. G.M. Roschini       
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Dans son livre "La Vierge Marie dans l'œuvre de Maria Valtorta", le P. G.M. Roschini écrit (page 19) :

"La doctrine mariale contenue dans les révélations des grands mystiques de l'Église est encore, peut-on, dire, un domaine presque entièrement inexploré. Cela constitue une grave lacune pour la mariologie. On trouve, en effet, dans les révélations privées des grands mystiques de nombreux éléments précieux pour la construction de l'édifice mariologique. Il y aurait là de quoi élaborer une "mariologie selon les grands mystiques" : une mariologie nouvelle ou renouvelée (sous plusieurs aspects), fraîche, vivante, attrayante.

Nos grands mystiques, ainsi que leurs écrits, ne doivent pas être sous-estimés. Dieu, notre Père, nous a parlé et continue de nous parler non seulement par les prophètes, par le Christ son Fils (Sagesse infinie, Parole incarnée), par les apôtres et les évangélistes (dans les écrits canoniques), par l'Église et son chef visible, le Pontife romain, et ses docteurs, mais il nous a parlé et continue de nous parler aussi par les mystiques, c'est-à-dire ceux qu'il a enrichis de dons extraordinaires, de ce qu'on nomme charismes (grâces gratis datae, accordées aux individus, mais au profit de tous). Par l'intermédiaire de ces mystiques, Dieu a parlé et nous parle non seulement de lui-même et de ses mystères ineffables, mais il a parlé et nous parle encore de sa très sainte Mère, de sa dignité incomparable, de sa mission unique et de ses singuliers privilèges.

Quels sont ces mystiques par lesquels Dieu nous a parlé de la Sainte Vierge ? Ils sont nombreux. Étant dans l'impossibilité de les traiter tous, j'ai pensé me limiter aux seules mystiques, en commençant par une des plus grandes mystiques contemporaines: Maria Valtorta".

Les dix-huit principales mystiques mariales, selon le P. G.M. Roschini    
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Dans ce même ouvrage, il énumère, page 24/25, les principales mystiques mariales selon lui :

"Les principales mystiques des temps anciens et modernes sont :

 Ste Hildegarde de Bingen, bénédictine (1098-1179) dite "le Professeur de l'Allemagne",

 Ste Mathilde de Hefta, cistercienne (1241-1299); [3]

 Ste Gertrude la Grande, cistercienne (1256-1302 ou 1309), la plus grande mystique du 13e siècle;

 Bse Angèle de Foligno, tertiaire franciscaine (1246-1309), dite "la Maîtresse des théologiens";

 Ste Brigitte de Suède (1309-1373), dite "la Mystique du Nord";[4]

 Ste Catherine de Sienne, tertiaire dominicaine (1347-1380), docteur de l'Église;

 Ste Marie-Madeleine de Pazzi, carmélite (1566-1607);

 Vén. Marie de Jésus d'Agréda, franciscaine (1602-1665);

 Ste Véronique Giuliani, capucine (1660-1727);

 Bse Marie-Madeleine Martinengo, capucine (1687-1737),

 La servante de Dieu Marie de Ste Thérèse, tertiaire carmélite (1623-1677);[5]

 Vén. Marie-Archange Biondini, des Servantes de Marie (1641-1712);

 La servante de Dieu Cécile Bay, bénédictine (1694-1766);

 Vén. Anne-Catherine Emmerich, augustinienne (1774-1824) [6];

 La servante de Dieu Marie-Véronique du Cœur de Jésus, fondatrice de l'Institut des Victimes du Sacré-Coeur de Jésus (1825-1883);

 Guglielmina Ronconi (1864-1936);

 La servante de Dieu Lucie Màngano, ursuline (1896-1946);

 Maria Valtorta, tertiaire de l'Ordre des Servîtes de Marie (1897-1961) ".

La vision de scènes de l'Évangile par Maria Valtorta n'est donc pas un cas isolé. Dans la liste dressée par le P. G.M. Roschini, ont retrouve de grandes saintes qui en ont bénéficié comme sainte Hildegarde de Bingen, sainte Angèle de Bohême (+ 1243) qu'il ne cite pas, sainte Gertrude, sainte Brigitte de Suède, sainte Thérèse d'Avila (1515-1582) qu'il ne cite pas , sainte Marie-Madeleine de Pazzi, et d'autres.

Plus récemment, ce fut le cas de Sainte Faustine Kowalska ou de Thérèse Neumann.

Toutes fournissent des visions limitées sur divers aspects de la vie de Jésus, généralement la Passion.

Trois voyantes ont reçu des visions complètes de la vie de Marie et/ou de Jésus: la bienheureuse Marie d'Agréda (María Jesús de Ágreda; 1602-1665), la bienheureuse Anne-Catherine Emmerich (Anna Katharina Emmerick; 1774-1824) et Maria Valtorta.

La malheureuse tradition de la polémique
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Toutes ces voyantes ont en commun d'avoir vu une très grande polémique autour de leur œuvre et d'avoir eu une vie de souffrance acceptée.

Malgré sa béatification, Marie d'Agréda fut condamnée par l'Inquisition romaine, mais soutenue par l'Inquisition espagnole.

Anne-Catherine Emmerich a attendue près de deux siècles sa béatification. Ses stigmates et ses visions furent un des problèmes si "passionnément controversés" signale le P. Winfried Hümpfner [7] qui étudia son cas de près.

Maria Valtorta n'échappe pas à ce destin de polémique, malgré les soutiens éminents qu'elle reçut. Le temps faisant, elle recevra aussi son destin de sainteté reconnue.

"J'ai fini de souffrir, disait-elle avant de mourir, mais je continuerais à aimer".

Les points particuliers de Maria Valtorta
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L'intérêt de l'œuvre de Maria Valtorta tient principalement en trois points :

1.       Vision complète des Évangiles : Les visions de Marie d'Agréda, concernent la vie de Marie, peu connue des Évangiles, celles de Maria Valtorta, comme d'ailleurs celles d'Anne-Catherine Emmerich, relatent en plus la vie de Jésus, autrement dit l'Évangile.

L'œuvre de Maria Valtorta, la plus complète, est si précise dans cette relation qu'une concordance exacte a pu être établie entre les quatre Évangiles et l'œuvre de Maria Valtorta [8].

2.       Narration directe : Les visions de Marie d'Agreda souffrent d'une narration tardive (à plus de trente ans de distance) et celles d'Anne-Catherine Emmerich d'une narration indirecte (Clemens Brentano et ses héritiers).

Les visions de Maria Valtorta sont retranscrites immédiatement et directement après les visions, diminuant ainsi le risque de déformation.

3.       Narration factuelle : Plus encore qu'Anne-Catherine Emmerich, Maria Valtorta rapportent la vision historique des scènes d'Évangile, sans interférer dans leur narration. Les enseignements (de Jésus) sont distincts et rapportés dans la série des trois "Cahiers". Cette dimension de l'œuvre, ouvre des nouvelles pistes à la recherche historique (personnages, lieux, faits, …).

L'étude comparative des œuvres de ces trois voyantes met en lumière des différences mineures, probablement dû à leur mode de retransmission. On ne peut réellement conclure à l'influence de l'une sur l'autre ou à l'influence des textes apocryphes sur elles. Par contre, il y a des convergences intéressantes entre ces voyantes : Marie confiée au Temple à l'âge de trois ans, les modalités de choix de Joseph comme époux, des détails peu connues sur le mode de crucifixion, …

Toutes restent fidèles à l'Évangile et aucunes ne prétend promulguer un cinquième évangile. Toutefois, l'adhésion à de telles œuvres, même passées aux cribles les plus objectifs, restera toujours un acte personnel. C'est ce que rappelle l'Église.

 

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Fiche mise à jour le 10/07/2010

 



[1] Éditions Fayard 2007

[2] Ensemble des disciplines étudiant la Vierge Marie, sa place et son rôle

[3] Voir aussi sa biographie en italien sur www.santiebeati.it – Lire le "Livre de la grâce spéciale" en ligne

[4] Vie de Sainte Brigitte

[5] Marie de Sainte-Thérése (Maria Petyt, 1623-1677), Tertiaire du Carmel. Nous n'avons pas trouvé de biographie en ligne ou d'extraits de son œuvre.

[6] Devenue Bienheureuse (béatifiée) depuis 2004.

[7] Notice du "Dictionnaire de spiritualité", éditions Beauchesne 1960

[8] Travaux d'Adèle Plamondon (Canada) téléchargeables sur ce site