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"L'Évangile tel qu'il m'a été
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Valtorta et les autres voyantes |
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LES VOYANTES
LES TEXTES RÉFÉRENTS |
La longue tradition des visions et des révélations Visions et
révélations ont commencées dans le christianisme, peu de temps après
l'Ascension, terme de la vie terrestre de Jésus-Christ. C'est le cas de la
conversion de Paul sur le chemin de Damas (Actes 9,3-16), celui de son envoi en mission avec
Barnabé (Ib° 13,1-3). Mais Paul témoigne aussi d'une
extase au cours de laquelle il bénéficie de révélations (2Corinthiens 12,2-4). Cela renvoie aux
visions et apparitions courantes dans l'Ancien Testament. De même les
apparitions mariales se manifestent très tôt : la tradition rapporte que Jacques
le majeur (le frère de l'apôtre Jean) parti évangéliser l'Espagne, aurait
bénéficié d'une apparition de la Vierge Marie à Saragosse (Cesaraugusta)
fondant le sanctuaire de N.D. Del Pilar. Depuis ce temps,
jusqu'à nos jours le "Dictionnaire des apparitions de la Vierge
Marie" de René Laurentin et de Patrick Sbalchiero, en recense
2.400 [1], porteuses d'annonce
d'évènements à venir (Fatima, La Salette), d'explicitations de vérités
théologiques (Lourdes) et plus généralement d'exhortation à la sainteté. Les visions de Maria
Valtorta ne sont donc pas inaccoutumées. L'importance des mystiques
pour la mariologie [2], selon le P. G.M.
Roschini Dans son livre "La Vierge Marie dans l'œuvre de Maria
Valtorta", le P. G.M. Roschini écrit (page 19) : "La doctrine mariale contenue dans les
révélations des grands mystiques de l'Église est encore, peut-on, dire, un
domaine presque entièrement inexploré. Cela constitue une grave lacune pour
la mariologie. On trouve, en effet, dans les révélations privées des grands
mystiques de nombreux éléments précieux pour la construction de l'édifice
mariologique. Il y aurait là de quoi élaborer une "mariologie selon les
grands mystiques" : une mariologie nouvelle ou renouvelée (sous plusieurs
aspects), fraîche, vivante, attrayante. Nos grands mystiques, ainsi que leurs écrits, ne doivent
pas être sous-estimés. Dieu, notre Père, nous a parlé et continue de nous
parler non seulement par les prophètes, par le Christ son Fils (Sagesse
infinie, Parole incarnée), par les apôtres et les évangélistes (dans les
écrits canoniques), par l'Église et son chef visible, le Pontife romain, et
ses docteurs, mais il nous a parlé et continue de nous parler aussi par les
mystiques, c'est-à-dire ceux qu'il a enrichis de dons extraordinaires, de ce
qu'on nomme charismes (grâces gratis datae, accordées aux individus, mais au profit de tous). Par
l'intermédiaire de ces mystiques, Dieu a parlé et nous parle non seulement de
lui-même et de ses mystères ineffables, mais il a parlé et nous parle encore
de sa très sainte Mère, de sa dignité incomparable, de sa mission unique et
de ses singuliers privilèges. Quels sont ces mystiques par lesquels Dieu nous a parlé
de la Sainte Vierge ? Ils sont nombreux. Étant dans l'impossibilité de les
traiter tous, j'ai pensé me limiter aux seules mystiques, en commençant par
une des plus grandes mystiques contemporaines: Maria Valtorta". Les dix-huit
principales mystiques mariales, selon le P. G.M. Roschini Dans ce même ouvrage,
il énumère, page 24/25, les principales mystiques mariales selon lui : "Les principales mystiques des temps
anciens et modernes sont :
La vision de scènes
de l'Évangile par Maria Valtorta n'est donc pas un cas isolé. Dans la liste
dressée par le P. G.M. Roschini, ont retrouve de grandes saintes qui en ont
bénéficié comme sainte Hildegarde de Bingen, sainte Angèle de Bohême (+ 1243)
qu'il ne cite pas, sainte Gertrude, sainte Brigitte de Suède, sainte Thérèse
d'Avila (1515-1582) qu'il ne cite pas , sainte Marie-Madeleine de Pazzi, et
d'autres. Plus récemment, ce
fut le cas de Sainte Faustine Kowalska ou de Thérèse Neumann. Toutes fournissent
des visions limitées sur divers aspects de la vie de Jésus, généralement la
Passion. Trois voyantes ont
reçu des visions complètes de la vie de Marie et/ou de Jésus: la bienheureuse
Marie d'Agréda (María Jesús de Ágreda; 1602-1665), la bienheureuse Anne-Catherine Emmerich (Anna Katharina Emmerick; 1774-1824) et Maria Valtorta. La malheureuse tradition de la polémique Toutes ces voyantes
ont en commun d'avoir vu une très grande polémique autour de leur œuvre et
d'avoir eu une vie de souffrance acceptée. Malgré sa béatification,
Marie d'Agréda fut condamnée par l'Inquisition romaine, mais soutenue par
l'Inquisition espagnole. Anne-Catherine
Emmerich a attendue près de deux siècles sa béatification. Ses stigmates et
ses visions furent un des problèmes si "passionnément controversés" signale le P. Winfried Hümpfner [7] qui étudia son cas
de près. Maria Valtorta
n'échappe pas à ce destin de polémique, malgré les soutiens éminents qu'elle
reçut. Le temps faisant, elle recevra aussi son destin de sainteté reconnue. "J'ai fini de souffrir, disait-elle
avant de mourir, mais je continuerais à
aimer". Les points particuliers de Maria Valtorta L'intérêt de l'œuvre
de Maria Valtorta tient principalement en trois points : 1.
Vision complète des
Évangiles : Les visions de Marie d'Agréda, concernent la vie de Marie,
peu connue des Évangiles, celles de Maria Valtorta, comme d'ailleurs celles
d'Anne-Catherine Emmerich, relatent en plus la vie de Jésus, autrement dit
l'Évangile. L'œuvre de Maria
Valtorta, la plus complète, est si précise dans cette relation qu'une
concordance exacte a pu être établie entre les quatre Évangiles et l'œuvre de
Maria Valtorta [8]. 2.
Narration directe : Les visions de Marie
d'Agreda souffrent d'une narration tardive (à plus de trente ans de distance)
et celles d'Anne-Catherine Emmerich d'une narration indirecte (Clemens
Brentano et ses héritiers). Les visions de Maria
Valtorta sont retranscrites immédiatement et directement après les visions,
diminuant ainsi le risque de déformation. 3.
Narration factuelle : Plus encore
qu'Anne-Catherine Emmerich, Maria Valtorta rapportent la vision historique
des scènes d'Évangile, sans interférer dans leur narration. Les enseignements
(de Jésus) sont distincts et rapportés dans la série des trois
"Cahiers". Cette dimension de l'œuvre, ouvre des nouvelles pistes à
la recherche historique (personnages, lieux, faits, …). L'étude comparative
des œuvres de ces trois voyantes met en lumière des différences mineures,
probablement dû à leur mode de retransmission. On ne peut réellement conclure
à l'influence de l'une sur l'autre ou à l'influence des textes apocryphes sur
elles. Par contre, il y a des convergences intéressantes entre ces voyantes :
Marie confiée au Temple à l'âge de trois ans, les modalités de choix de
Joseph comme époux, des détails peu connues sur le mode de crucifixion, … Toutes restent
fidèles à l'Évangile et aucunes ne prétend promulguer un cinquième évangile.
Toutefois, l'adhésion à de telles œuvres, même passées aux cribles les plus
objectifs, restera toujours un acte personnel. C'est ce que rappelle l'Église. |
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[1] Éditions Fayard 2007
[2] Ensemble des disciplines étudiant la Vierge
Marie, sa place et son rôle
[3] Voir aussi sa biographie en italien sur www.santiebeati.it – Lire le "Livre de la grâce spéciale" en ligne
[5] Marie de Sainte-Thérése (Maria Petyt,
1623-1677), Tertiaire du Carmel. Nous n'avons pas trouvé de biographie en ligne
ou d'extraits de son œuvre.
[6] Devenue Bienheureuse (béatifiée) depuis 2004.
[7] Notice du
"Dictionnaire de spiritualité", éditions Beauchesne 1960
[8] Travaux d'Adèle Plamondon (Canada) téléchargeables sur
ce site