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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
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Plan du Site >> Sommaire du dossier Maria Valtorta L'Église
et les révélations privées "Si c’est des hommes
que vient leur résolution ou leur entreprise, elle disparaîtra d’elle-même;
si c’est de Dieu, vous ne pourrez pas les faire disparaître. N’allez pas
risquer de vous trouver en guerre avec Dieu !" |
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VOIR AUSSI --- Qui est Anne-Catherine Emmerich Les passages de l'œuvre qui parlent de Maria Valtorta
--- Voir l'article correspondant sur WikiKto,
l'encyclopédie catholique en ligne
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On appelle
révélations "privées", toutes visions et/ou toutes révélations
survenues après la conclusion du Nouveau Testament, c'est-à-dire ultérieures
à la mort du dernier apôtre. Ces révélations, même d'origine divine reconnue,
sont distinctes de la Révélation publique (l'Évangile) et n'ont pas la même autorité. Ces révélations
privées peuvent concerner un ou plusieurs points suivants : 1 - la vision
d'événements à venir (cas des ''secrets'' de Fatima). 2 - la contemplation
d'événements passés (cas des épisodes de la Passion chez certains
stigmatisés). 3 - l'explicitation
de vérités théologiques particulières (cas du message de Lourdes). 4 - l'exhortation,
individuelle ou collective, à des comportements conformes à la sainteté (cas des méditations de certains
mystiques). On distingue trois
formes de perception ou de "vision" : 1 - La vision des sens, (visio sensibilis). Les
évènements vus se trouvent extérieurement dans l'espace. Toutes les personnes
présentes les voient (soleil de Fatima par exemple). Cependant, ces visions
ne sont pas purement objectives car l'objet est connu à travers le filtre des
sens, qui le traduisent. 2 - La perception intérieure (visio imaginativa). Cette
vision fait appel aux "sens internes". L'âme est rendue capable de
voir le non-sensible, le non-visible par les sens, mais les objets sont
réels, bien qu'ils n'appartiennent pas à notre monde sensible habituel. 3 - La vision spirituelle (visio intellectualis). Cette
vision intellectuelle est sans images, comme on le trouve dans les hauts
degrés de la mystique. Quelqu'en soit la forme,
l'interprétation ne revient pas au voyant, mais à l'Église qui peut se
prononcer en outre sur l'authenticité des révélations privées, de trois
façons : 1 – par un constat explicite de surnaturalité.
Les révélations privées sont alors officiellement reconnues. 2 – par un constat explicite de non-surnaturalité.
Elles sont alors officiellement non reconnues ou "condamnées". 3 – par un
non-constat de surnaturalité. L'Église ne se
prononce pas alors soit parce qu'elle choisit de ne pas le faire soit parce
qu'elle ne le juge pas opportun pour le moment. Ainsi donc, ce n'est
pas parce qu'une révélation privée n'est pas reconnue, qu'elle n'est pas
authentique. On confond, parfois sciemment et dans un but polémique,
"n'est pas reconnu" avec "n'est pas encore reconnu". Le Cardinal Prospero Lambertini, futur Pape
Benoît XIV, disait dans son traité de référence pour les béatifications et
les canonisations [1] : "Un assentiment de foi catholique n'est pas
dû à des révélations privées; ce n'est même pas possible. Ces révélations
requièrent plutôt un assentiment de foi humaine conforme aux règles de la prudence, qui nous les présentent comme
probables et crédibles dans un esprit de piété".
Le Nouveau Testament
rapporte déjà plusieurs révélations postérieures à l'Ascension : la
conversion de Paul par exemple (Actes des Apôtres 9,3-16) ou son envoi en
mission avec Barnabé (Actes des Apôtres 13,1-3), mais Paul
lui-même, dans sa deuxième Lettre aux corinthiens (2Corinthiens 12,2-4) affirme qu'il fut
ravi "jusqu'au troisième ciel" où il entendit "des paroles
ineffables, qu’il n’est pas permis à un homme de redire". Une tradition des
temps apostoliques (attestée cependant, au plus tôt, que par un manuscrit du
XIIIème siècle [2]) mentionne la visite
céleste de la Vierge Marie à Jacques le majeur parti évangéliser l'Espagne. Cela
fonderait le premier sanctuaire marial : la Vierge del
Pilar à Saragosse (Cesareaugusta). Au fil des siècles
une longue liste de saints et de saintes ont bénéficié de visions et de
révélations privées. Il est difficile d'en établir une liste exhaustive car
beaucoup de visions sont confondues avec les nombreuses apparitions mariales [3]. Pour ne retenir que
les voyants canonisés ou béatifiés, auteurs d'ouvrages, on peut citer :
Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179) - Sainte Angèle de Bohême (+ 1243) -
Sainte Angèle de Foligno (1248-1309) - Sainte Gertrude d'Helfta
(1256-1302) - Sainte Brigitte de Suède (1302-1373) - Sainte Thérèse d'Avila
(1515-1582) - Sainte Marie-Madeleine de Pazzi (1568-1607) - Bienheureuse
Marie d'Agréda (1602-1665) - Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich (1774-1824)
- Sainte Faustine Kowalska (1905-1938) À l'époque
contemporaine Gilles Berceville (o.p.) note dans l'un de ses articles, à la suite d'Yves Congar et Pierre Adnès, la
recrudescence d'intérêt pour les révélations privées à l'époque du Concile
Vatican II : sur les 56 ouvrages de références sur la période 1866-1988, que
recense Pierre Adnès, les deux-tiers datent de la
période 1937-1965. C'est aussi à cette dernière époque que la polémique sur
l'œuvre de Maria Valtorta est à son amplitude et que l'on débat sur la cas de
Thérèse Neumann. On recense
actuellement des ouvrages entrant dans la catégorie des révélations privées
d'obédience catholique revendiquée mais certains sont controversés. On ne
dispose pas d'un recul sur ces cas.
Le 26 juin 2000, en
commentaire des "secrets" de Fatima, le Cardinal Ratzinger a eu
l'occasion de préciser la valeur théologique des révélations
privées et leur place par rapport à la Révélation publique. La Révélation
publique désigne l'action révélatrice de Dieu, destinée à l'humanité entière.
Elle a trouvé son expression littéraire dans les deux parties de la Bible :
l'Ancien et le Nouveau Testament. Cette révélation est
définitive et complète (Catéchisme de l'Église catholique (CEC) § 65). Cependant le CEC
poursuit : "Même si la Révélation
est achevée, elle n'est pas complètement explicitée; il restera à la foi
chrétienne d'en saisir graduellement toute la portée au cours des siècles"
(§
66). Le lien entre
l'unique Révélation et la progression dans sa compréhension, est illustré
dans le dernier discours du Christ aux disciples : "J'aurai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l'instant
vous n'avez pas la force de les porter. Quand il viendra, lui, l'Esprit de
vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière. En effet, ce qu'il dira
ne viendra pas de lui-même [...]. Il me glorifiera, car il reprendra ce qui
vient de moi pour vous le faire connaître" (Jean 16,12-14). Le Catéchisme de
l'Église catholique précise l'apport des révélations privées à la
compréhension de la Révélation publique : "Au fil des siècles, il y a eu des révélations dites “privées”, dont
certaines ont été reconnues par l'autorité de l'Église. [...] Leur rôle n'est
pas [...] de “compléter” la Révélation définitive du Christ, mais d'aider à
en vivre plus pleinement à une certaine époque de l'histoire" (CEC
§ 67). Ainsi donc : 1. L'autorité des
révélations privées est fondamentalement différente de l'unique révélation
publique : cette dernière exige notre foi et les révélations privées ne
sollicitent que notre assentiment. 2. La révélation
privée est une aide pour la foi. Elle se manifeste crédible précisément parce
qu'elle renvoie à l'unique Révélation publique. Le critère pour la
vérité et pour la valeur d'une révélation privée est donc son orientation
vers le Christ lui-même. Saint Paul écrit: "N'éteignez pas l'Esprit, ne méprisez pas les prophéties, mais
discernez la valeur de toute chose, ce qui est bien, gardez-le" (1Thessaloniciens 5,19-21). À toutes les
époques est donné à l'Église le charisme de prophétie, qui doit être examiné,
mais ne peut être déprécié. Sœur Lucie de Fatima
confiait au Cardinal Ratzinger qu'il lui apparaissait toujours plus
clairement que le but de toutes les apparitions a été de faire croître
toujours plus dans la foi, dans l'espérance et dans la charité.
En 1992, la
Conférence épiscopale italienne a
demandé à l'éditeur de préciser que : "les visions et les données rapportées en ceux-ci (les livres de Maria
Valtorta) ne peuvent être reconnues d’origine surnaturelle mais doivent être
considérées comme des formes littéraires utilisées par l’auteur pour raconter
à sa manière la vie de Jésus". À noter que le texte
ne dit pas que les visions de Maria Valtorta "ne sont pas" d'origine surnaturelle (ce qui constituerait un
constat officiel de non-surnaturalité) mais "ne peuvent pas … ne doivent pas".
L'Église ne se prononce donc pas (non-constat) sur leur origine, mais indique
la façon d'accueillir ces révélations privées. Cette position est
dans la suite de ce qui a été exposé ci-dessus. La suppression de
l'Index lève bien sûr l'interdiction de lire l'œuvre de Maria Valtorta :elle
est laissée à la liberté de chacun. Elle n'en supprime ni les mises en garde,
ni la nécessité du discernement. Il en est en cela, comme de toutes choses. À ces conditions, les
révélations privées sont une "aide
donnée à une certaine époque pour vivre plus pleinement l'Évangile"
comme il a été rappelé plus haut, mais le Catéchisme de l'Église Catholique
va plus loin : il reconnaît explicitement que "toute la vie du Christ est un mystère" et que "Beaucoup de choses qui intéressent la
curiosité humaine au sujet de Jésus ne figurent pas dans les Évangiles"
(CEC § 514). Il ne fait ainsi
que reprendre ce que dit Jean à la fin de son évangile (Jean 20,30-31 et Jean 21,24-25). La description de scènes ne
figurant pas dans l'Évangile, n'est donc pas une preuve d'erreur ou
d'invention. Étonnamment, c'est
cette position qu'annonçait quelques années auparavant le Bienheureux Gabrielle Allegra, o.f.m.
(franciscain), bibliste reconnu et féru de Maria Valtorta, dans ses notes posthumes : "l'Église n'a pas besoin de cette œuvre (de
Maria Valtorta) pour accomplir sa mission salvifique jusqu'à la seconde venue
du Seigneur, comme elle n'a pas besoin des apparitions de la Vierge à La Salette, à Lourdes, à Fatima .... Mais l'Église peut
tacitement ou publiquement reconnaître que certaines révélations privées
peuvent être utiles pour la connaissance et la pratique de l'Évangile et pour
la compréhension de ses mystères et, par conséquent, elle peut les approuver
dans une forme négative en déclarant que les révélations ne sont pas, dans
leurs termes, contraire à la foi. Ou elle peut les ignorer officiellement,
laissant à ses enfants la pleine liberté de former leur propre jugement". "Dans cette forme négative, les révélations de
Sainte-Brigitte, de Sainte Mathilde, de Sainte Gertrude, de la Vénérable Marie
de Agreda, de Saint-Jean Bosco
et de nombreux autres saints ont été approuvés". De même, un
théologien de renom écrit, dans un livre à paraître sur ces sujets : "En matière de voyance, l'Église s'honore
de ne jamais parvenir à la certitude en matière de discernement dès qu'il
s'agit, non de l'enseignement de la foi, mais du discernement des esprits et
de l'authenticité, domaines où nous avons seulement des degrés de probabilité
pouvant accéder non à une certitude morale, mais à une certitude humaine,
précise Benoît XIV (Cardinal Prospero Lambertini)." Ainsi donc, deux attitudes sont également
condamnables au regard de ce que recommande l'Église catholique : - "interdire" de fait la lecture
des œuvres de Maria Valtorta par une proscription dépassée, - "imposer" cette lecture comme
substitutive des Évangiles. |
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[1] "De servorum Dei beatificatione et beatorum canonizatione"
(De la béatification et la canonisation des saints) (4 vol. - 1734-1758).
[2] codex de Moralia in Job de Grégoire le Grand, conservé à la
Basilique de Saragosse
[3] Le "Dictionnaire des apparitions de la Vierge Marie" de René Laurentin et Partrick Sbalchiero – Fayard 2007, en recense plus de 2.400.