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"L'Évangile tel qu'il m'a été
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Plan du Site >> Sommaire du dossier Maria Valtorta Les révélations privées. |
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et les révélations privées VOIR AUSSI --- Qui est Anne-Catherine Emmerich Les passages de l'œuvre qui parlent de Maria Valtorta
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Révélation "publique" et révélation
"privée" La révélation (du latin revelare: enlever le voile, faire connaître
une chose cachée), au sens strict, est l'acte surnaturel par lequel Dieu
communique à l'homme, soit directement (par lui-même) soit indirectement (par
un intermédiaire divinement autorisé), ses enseignements et ses volontés. La théologie catholique a
toujours fait une nette distinction entre révélation publique et
révélation privée. La révélation publique est
celle qui s'adresse à toute l'humanité comme objet de foi universelle. Elle a commencé dès l'aube de
l'humanité, avec nos premiers parents. Dieu en effet, comme l'a enseigné le
concile Vatican II, "voulant
ouvrir le chemin du salut éternel, [s'est] manifesté dès l'origine à nos
premiers parents. Après leur chute, il leur promit une rédemption, leur
rendit courage en leur faisant espérer le salut (voir Gen
3, 15); sans arrêt, il montra sa sollicitude pour le genre humain [...]. Mais
après avoir à maintes reprises, et sous diverses formes, parlé jadis par les
prophètes, Dieu, "en ces jours qui sont les derniers, nous a
parlé par son Fils" (Heb 1, 1-2). Il a en effet envoyé son fils, c'est-à-dire
le Verbe éternel qui éclaire tous les hommes, pour habiter parmi les hommes
et leur faire connaître les secrets de Dieu (voir Jn
1, 1-18). [ ... ] [Le Christ] donne à la révélation son dernier achèvement et
la confirme par le témoignage divin: Jésus-Christ, c'est Dieu avec nous, pour
que nous soyons délivrés des ténèbres du péché et de la mort, et que nous
soyons ressuscités pour la vie éternelle. L'économie chrétienne, du fait
qu'elle est l'alliance nouvelle et définitive, ne passera donc jamais; il n'y a plus à attendre de nouvelle
révélation officielle avant
l'apparition dans la gloire, de Notre Seigneur Jésus-Christ (voir 1 Tim 6, 14
et Tite 2, 13)" (Constitution dogmatique "Dei Verbum" sur la révélation divine, ch. I, nos 3-4). Ainsi la révélation publique se divise
en deux grandes périodes: l'une judaïque, celle de l'Ancien Testament, l'autre
chrétienne, celle du Nouveau Testament. Elle est toute contenue dans
l'Écriture sainte et la Tradition. Les révélations privées, par
contre, sont celles qui s'adressent à une seule âme ou à un certain nombre
d'âmes (non pas à toute l'humanité comme la révélation publique), sans être
objet de foi universelle. Elles peuvent être reçues au moyen d'apparitions,
de locutions, etc. (concernant les sens externes) ou de visions, de
révélations, etc. (se limitant au sens internes) [1] Caractéristiques des révélations privées Selon la théologie
catholique, ces révélations privées sont: possibles, réelles, relativement
rares, nécessairement subordonnées à la révélation publique, étrangères au
dépôt de la Révélation, utiles. A - Elles sont
possibles Du fait même que l'Église soumette les
révélations privées à son jugement, il s'ensuit qu'elle ne les rejette pas a
priori et par conséquent les tient pour possibles. Et même, elle en a permis
et approuvé quelques-unes. Il est évident que Dieu, après avoir donné à
l'humanité une révélation publique, générale, n'a pas pour autant renoncé à
la liberté d'y ajouter, selon son bon plaisir, quelques révélations privées,
particulières, moins étendues et quelquefois tout à fait individuelles. La
richesse du mystère de Dieu est inépuisable. Et Dieu n'a jamais renoncé à
avoir des contacts directs avec les âmes pour les instruire. On connaît bien,
à ce propos, la prophétie de Joël qui, parlant du règne messianique, dit :
"Après cela, je répandrai mon
esprit sur toute chair. Vos fils et vos filles prophétiseront, vos vieillards
auront des songes. Vos jeunes gens, des visions" (3, 1). Elles sont
donc possibles. B - Elles sont réelles Les révélations privées sont réelles
au moins en certains cas, du fait que l'Église elle-même permet la diffusion
de quelques-unes de ces révélations, et même que l'une ou l'autre d'entre
elles (par exemple celle du Sacré-Cœur à sainte Marguerite-Marie Alacoque) a été le fondement d'un culte
liturgique, par conséquent officiel. Les critères pour vérifier la réalité
d'une révélation et pour discerner l'élément humain qui peut s'y
infiltrer, sont au nombre de trois et concernent: la personne qui
reçoit la révélation; la matière qui en fait l'objet; les effets qu'elle
produit. 1) La personne La personne favorisée
de révélations doit être jugée sur ses qualités naturelles et surnaturelles.
Les qualités naturelles, à savoir: le tempérament (équilibré
ou psychonévrotique, hystérique...); les tendances intellectuelles (bon
sens ou fantaisie, exaltation...); les dispositions morales (sincérité
ou tendance à l'exagération, à la fabulation...). Les qualités surnaturelles,
à savoir: vertu solide, obéissance et, en
particulier, humilité sincère et profonde (sans recherche de mise en valeur
de soi) [2]. Tous ces éléments (qualités naturelles
et surnaturelles de la personne), même s'ils s'avèrent positifs, ne prouvent
pas, certes, la réalité de la révélation; ils sont cependant d'une aide
efficace pour juger la valeur des assertions de la personne qui se dit
favorisée de révélations. Si, au contraire, ces mêmes éléments se révèlent
négatifs, la réalité d'une révélation ne pourrait être soutenue (voir Lambertini, De Servorum Dei beatificatione et canonizatione,
1. III, ch. 51, no 3) [3]. 2) La matière Un deuxième critère pour vérifier
la réalité d'une révélation, est la matière qui en fait l'objet. Toute
révélation qui est réellement (non seulement en apparence) contraire à
la foi, aux bonnes mœurs ou à la décence, se trouve inexorablement rejetée,
parce que Dieu ne peut se contredire et enseigner des choses contraires à ce
qu'enseigne l'Église, gardienne officielle du dépôt de la foi. Il en est tout
autant des choses qui s'opposent à l'enseignement unanime des Pères et des
théologiens (mais non dans le cas d'opinions controversées). De même
les demandes de choses impossibles à réaliser ne peuvent être admises
comme provenant de Dieu [4]. Si, par ailleurs, le contenu d'une
révélation privée est orthodoxe et en plus dépasse la compétence naturelle de
l'écrivain, il faut y voir un critère positif de son origine préternaturelle. 3) Les effets Le troisième critère pour vérifier la
réalité d'une révélation réside dans les effets produits par cette
révélation. On connaît l'arbre à ses fruits. Les révélations réelles, vraies,
produisent la sérénité et la paix; les fausses produisent le trouble, la
tristesse, le découragement, etc., fruits de l'arbre diabolique. Les vraies
révélations affermissent l'âme dans la vertu, particulièrement dans
l'humilité, les fausses, au contraire, engendrent l'orgueil (voir sainte
Thérèse d'Avila, Le Château intérieur, VIe demeure, ch. VIII). Toutefois il est nécessaire de se
rappeler qu'une révélation peut être réelle, c'est-à-dire' vraie dans
sa substance, mais fausse sous d'autres rapports. Cela est dû,
principalement, au mélange de l'activité humaine, naturelle, de la voyante
(à son insu) avec l'action divine, surnaturelle de Dieu; cela se
produit, en particulier, dans les révélations qu'écrivent des personnes
douées d'une imagination extraordinairement vive. À cause d'une telle
infiltration, il arrive parfois qu'il se glisse dans les révélations privées
des erreurs du point de vue des sciences physiques [5], des sciences historiques [6], des idées, préjugés ou systèmes
théologiques [7], etc. Ainsi sont données comme
divinement révélées des choses qui sont nées de l'imagination. Dieu, de fait,
n'est pas tenu de corriger les préjugés et les erreurs scientifiques qui
peuvent se trouver dans l'esprit des voyants, puisqu'il a en vue leur bien
spirituel, et non pas leur formation intellectuelle [8]. C - Elles sont relativement rares Il s'agit en effet d'interventions
surnaturelles extraordinaires, donc hors de l'ordinaire, peu fréquentes.
C'est pourquoi, devant l'affirmation qu'il y a eu révélation, l'Église a
toujours usé de beaucoup de réserve, se comportant avec grand soin et une
extrême circonspection. Son approbation, quand elle est accordée, doit être
comprise de façon négative (en ce sens que dans ces écrits il n'y a
rien qui soit contraire à la foi et aux mœurs) plutôt que positive. D - Elles sont nécessairement
subordonnées à la révélation publique Elles doivent être jugées à la lumière
de la révélation publique: si elles lui sont conformes, elles peuvent être vraies;
si elles lui sont opposées, elles doivent être tenues pour fausses; et
si leur conformité est douteuse, elles doivent être tenues pour douteuses (à
savoir, ni nécessairement fausses, ni nécessairement vraies). Ce qui est
incertain et discutable (comme la révélation privée) est jugé à la lumière de
ce qui est certain et indiscutable (comme l'est la révélation publique). Ce
n'est pas la révélation publique qui dépend des révélations privées, mais ce
sont les révélations privées qui dépendent de la révélation publique. E - Elles sont
extérieures au dépôt de la révélation publique Les révélations privées ne peuvent
rien ajouter de substantiellement nouveau à la révélation publique. Même dans
le cas où les révélations privées sont reconnues comme réelles, l'Église ne
les impose pas à la croyance des fidèles (comme elle le fait, au contraire,
pour la révélation publique); c'est pourquoi l'Église n'a jamais jugé
hérétiques ceux qui refusent de les admettre; ce qui n'empêche pas que
ceux-ci peuvent être imprudents et téméraires en les refusant. Dans
l'hypothèse où elles sont réellement d'origine divine, les révélations
privées obligent seulement ceux qui en sont favorisés par Dieu, ainsi que
tous ceux à qui leur réalité historique et théologique paraît certaine. Il
s'agit cependant d'y croire d'une foi purement humaine (et non catholique),
comme l'a déclaré Benoît XIV: "Que
penser des révélations privées approuvées par l'Église, comme, par exemple,
celles de sainte Hildegarde, de sainte Brigitte et de sainte Catherine de
Sienne?... À ces révélations,
mêmes approuvées, on ne doit et on ne peut donner une adhésion de foi
catholique, mais seulement un assentiment de foi humaine, comme le dictent
les règles de la prudence, selon lesquelles ces révélations sont probables et
peuvent faire l'objet d'une croyance pieuse" (Lambertini,
op. cit., 1. III, ch. 53, no 15; voir 1. II,
ch. 32, no 11). F - Les révélations
privées sont utiles Quoiqu'elles n'ajoutent ni ne puissent
rien ajouter de substantiellement nouveau à la révélation publique (déjà
complète dans le Christ), on ne doit pas regarder les révélations privées
comme inutiles. De fait elles sont très utiles aux âmes de ceux auxquels
elles sont communiquées, et cela de plusieurs manières: elles nourrissent et
développent la foi et la piété de l'Église; elles favorisent une plus claire
intelligence des vérités et des documents de la révélation publique. Par le
moyen des révélations privées, Dieu nous aide à tirer un .plus grand profit
de la révélation publique. Valeur des révélations privées En ce qui concerne la valeur des
révélations privées, il y a trois opinions dont deux (extrémistes) qui
s'opposent, et l'autre, intermédiaire. La première opinion extrémiste est
celle des Centuriateurs de Magdebourg (protestants), qui rejettent
toutes les révélations privées sans leur donner foi, même une foi purement
humaine. D'autres, au contraire, pensent que les révélations privées sur les mystères peuvent être l'objet non seulement d'une foi humaine, mais aussi d'une foi divine, à la seule condition que soit admise la probabilité de leur authenticité [9]. C'est cette opinion qu'a émise le cardinal Ximenes O.F.M. (Annotationes de Mystica Civitate Dei (La Cité Mystique de Dieu – M. d'Agréda), annot. 5, 8), à l'appui de laquelle il cite le cardinal De Lugo (De Fide, disp. 1, no 240), Ripalda (disp. 7, sect. 2), Mastri (De virtutibus theologalibus, disp. 6, q. 10, art. 2, no 299) et Panger (De Fide, disp. 3, no 24). Christophore de Véga en est venu à affirmer que le souverain pontife aurait pu, en se basant sur la seule révélation privée faite à sainte Brigitte, sans aucune autre preuve, clore la controverse conceptioniste et définir comme dogme de foi l'Immaculée Conception (voir Theologia Mariana, Naples 1866, t. I, p. 136). Communément, cependant,
les théologiens suivent une voie intermédiaire entre ces deux opinions
extrêmes et pensent que les révélations privées concernant les vérités, soit
dogmatiques soit morales, sont dignes de foi humaine mais non divine. |
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[1] I. Tous ces phénomènes mystiques ont été décrits en détail, avec des cas
et des exemples, par saint Jean de la Croix, docteur mystique, dans La Montée du mont Carmel, Œuvres, L.E.F., Florence,
11, 9-10; 14-24; 25-30.
Dans les révélations privées, on peut distinguer les trois espèces de visions dont parlent les écrivains ascétiques et mystiques, à savoir: les visions sensibles (corporelles ou oculaires, perçues par les sens, dites aussi apparitions); les visions imaginaires (ou imaginatives, perçues par l'imagination, soit à l'état de veille, soit pendant le sommeil) et les visions intellectuelles (perçues par l'intelligence, soit pendant le sommeil, soit à l'état de veille). Certaines visions présentent deux ou trois de ces caractéristiques en même temps. Les locutions (ou paroles surnaturelles) peuvent aussi être de trois espèces: les locutions auriculaires (perçues par l'ouïe), les locutions imaginaires (perçues par l'imagination) et les locutions intellectuelles (perçues directement par l'intelligence). Ces locutions, comme les visions, peuvent provenir du Christ, de la Sainte Vierge, des anges, des saints ou des démons.
[2] Il s'est trouvé des cas de personnes qui, pour 'se mettre en évidence, ont inventé des révélations, etc. Ainsi, par exemple, la franciscaine Madeleine de la Croix, de Cordoue, au XVIe siècle, après s'être donnée au démon dès son enfance, se fit religieuse à 17 ans et fut abbesse trois fois. Aidée par le démon, elle simula tous les phénomènes mystiques (extases, révélations, prophéties plusieurs fois accomplies, lévitation, stigmates). Mais un beau jour, se croyant à la fin de sa vie, prise de remords, elle confessa la simulation et rétracta tout. Elle fut exorcisée et enfermée dans un autre couvent de son ordre (voir Poulain, Grâces d'oraison, ch. XXI, no 36).
[3] Cardinal Prospero Lambertini, futur Benoît XIV
[4] Ainsi, par exemple, le démon apparaissant une fois à sainte Catherine de
Bologne, sous la forme du Christ crucifié, lui commanda, sous prétexte de
perfection, des choses impossibles, dans l'intention de la jeter dans le
désespoir (voir les Bollandistes, 9 mars).
[5] Par exemple, la
vénérable Marie d'Agréda, sous l'influence du système de Ptolémée, crut savoir
par révélation qu'au moment de l'Incarnation du Verbe, les onze cieux de ce
système erroné s'ouvrirent, par révérence, devant le Verbe qui descendait pour
s'incarner dans le sein de Marie (voir La Cité mystique de Dieu, 2e part.,
no 128; 'ère part., no 122).
[6] Par exemple, certains voyants, en confondant avec la révélation leurs
pieuses méditations (parfois sur des livres apocryphes), insèrent dans leur
récit des détails qui contredisent les documents historiques ou d'autres révélations
privées; l'une fait mourir la Sainte Vierge à Jérusalem, l'autre à Éphèse;
l'une la fait ressusciter trois jours après la sépulture, l'autre quinze jours
après.
[7] Par exemple, quelques voyantes dominicaines et franciscaines, dans leurs
révélations, se conforment au système thomiste ou au système scotiste. Benoît
XIV (voir Lambertini, op. cit.,
I. 111, ch. 53, no 16) a analysé une extase de sainte Catherine de Sienne,
dominicaine, dans laquelle la Sainte Vierge lui aurait dit qu'elle n'avait pas été
conçue sans la tache du péché originel (selon la théorie thomiste).
[8] Voir A. Tanquerey, Précis de théologie ascétique et mystique, Desclée et Cie, no. 1506.
[9] Cette opinion a été condamnée par le bienheureux Innocent XI: «Assensus fidei supernaturalis et utilis ad salutem stat cum notifia tantum probabili revelationis,
imo cum formidine, qua quis formidet, ne non sit locutus Deus» (Denzinger-Schönmetzer, n. 2121)