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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta © Centro Editoriale Valtortiano |
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lundi 6 décembre 27
- André appelle Jésus auprès d'un fou 561 - Qui est attaché au milieu du pré 562 - Jésus parle à son frère de l'âme et de Dieu 562 - Il chasse le démon du malade 563 - Discours (Des païens ont été éclairés 564 - Je suis venu pour tous) 566 - Un de mes envoyés viendra vers toi 567 - On distribue l'aumône du romain 567 - Curiosité de Pierre pour la femme voilée 567 - André appelle Jésus auprès d'une mourante 568 |
2.96. |
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561> Jésus se trouve aujourd'hui avec les neuf qui sont restés, puisque les trois autres sont partis pour Jérusalem. Thomas, toujours gai, se partage entre ses légumes et ses autres charges plus spirituelles. Pendant ce temps, Pierre avec Philippe, Barthélemy et Matthieu s'occupent des pèlerins et les autres vont au fleuve pour baptiser. C'est vraiment un baptême de pénitence, avec la bise qui souffle ! Jésus est encore dans son coin à la cuisine pendant que Thomas bricole en silence pour laisser en paix le Maître. A ce moment André entre et dit : "Maître, il y a un malade. Moi je dis que ce serait bien de le guérir tout de suite... Ils disent qu'il est fou, ce ne sont pas des Israélites, mais nous dirions qu'il est possédé. Il crie, il braille, il se débat. Viens le voir, Toi…" "Tout de suite, où est-il ?" "Il est encore dans la plaine. Entends-tu ces hurlements ? C'est lui. On dirait un animal, mais c'est lui. Il doit être riche, car celui qui l'accompagne est bien vêtu, et le malade a été descendu d'un char très luxueux et par plusieurs serviteurs. Ce doit être un païen car il blasphème les dieux de l'Olympe." "Allons-y." "Je viens voir aussi". dit Thomas plus curieux de voir que préoccupé de ses légumes. 562> Ils sortent et, au lieu d'aller vers le fleuve, ils tournent du côté des champs qui séparent cette ferme (ainsi dirions-nous) de la maison du régisseur. Des brebis broutaient dans un pré, mais maintenant, effrayées, elles se sont éparpillées de tous côtés. Des bergers et un chien [1] - c'est le second qui se présente dans mes visions - ont essayé vainement de les réunir. Au milieu du pré, il y a un homme que l’on tient solidement attaché et qui, malgré cela, bondit comme un forcené. Il pousse des cris effrayants, toujours plus forts à mesure que Jésus s'approche de lui. Pierre, Philippe, Mathieu et Nathanaël sont tout près, perplexes. Il y a aussi des gens : des hommes car les femmes ont peur. "Tu es venu, Maître ? Tu vois quelle furie ?" dit Pierre. "Ça va passer." "Mais... il est païen, le sais-tu ?" "Et quelle valeur cela peut avoir ?" "Eh ! à cause e son âme !…" Jésus a un bref sourire et avance. Il rejoint le groupe du fou qui s'agite de plus en plus. Quelqu'un se détache du groupe que son habit et son visage rasé font reconnaître que c'est un Romain. Il salue : "Salut, Maître. Ta réputation est arrivée jusqu'à moi. Tu es plus grand qu'Hippocrate pour les guérisons et que la statue d'Esculape pour opérer des miracles sur les malades. Je le sais. C'est pour cela que je viens. C'est mon frère, tu le vois ? Il est fou à cause d'un mal mystérieux. Les médecins n'y comprennent rien. Je suis allé avec lui au temple d'Esculape, mais il en est sorti plus fou encore. J'ai un parent à Ptolémaïs. Il m'a envoyé un message avec une galère. Il disait qu'ici il y a Un qui guérit tout le monde. Et je suis venu. Terrible voyage !" "Il mérite une récompense." "Mais, voilà, nous ne sommes même pas prosélytes. Mais des Romains, fidèles aux dieux. Des païens, dites-vous. De Sybaris [2], et maintenant à Chypre." "C'est vrai, vous êtes païens." "Alors... rien pour nous ? Ton Olympe chasse le nôtre ou est chassé par lui." "Mon Dieu, Unique et Trine règne, Unique et Seul." "Je suis venu pour rien." dit le Romain déçu. "Pourquoi ? 563> "Parce que j'appartiens à un autre dieu." "Il n'y a qu'un Dieu qui crée l'âme." "L’âme ?…" "L'âme, cette chose divine créée par Dieu pour chaque homme. Compagne pour l'existence, mais qui survit à l'existence." "Et où est-elle ?"
"Par Jupiter ! Mais tu es philosophe ?" "Je suis la Raison, unie à Dieu." "Je croyais que tu l'étais à cause de ce que tu disais..." "Et, qu'est-ce que la philosophie quand elle est vraie et honnête sinon une élévation de la raison humaine vers la Sagesse et la Puissance infinies, c'est-à-dire, vers Dieu ?" "Dieu ! Dieu ! ...J'ai ce malheureux qui me trouble, mais j'oublie presque son état pour t'écouter Toi, qui es divin." "Je ne le suis pas de la manière dont tu le dis. Tu appelle divin ce qui dépasse l'humain. Je dis qu'un tel nom ne doit être donné qu'à celui qui est de Dieu." "Qu'est-ce que Dieu ? Qui l'a jamais vu ?" "On a écrit : "Toi qui nous a formés, salut ! Quand je décris la perfection humaine, les harmonies de notre corps, je célèbre ta gloire". Il a été dit : "Ta bonté brille dans la distribution que tu as faite de tes dons à tous les vivants, pour que tout homme eût ce qui lui est nécessaire. Et tes dons témoignent de ta sagesse comme l'accomplissement de tes volontés témoigne de ta puissance". Reconnais-tu ces paroles ?" "Si Minerve vient à mon secours... elles sont de Galien [3]. Mais comment les connais-tu ? Je suis stupéfait !..." Jésus sourit et répond : "Viens au Vrai Dieu et son divin Esprit t'instruira de la vraie sagesse et de la piété qui consiste à se con naître soi-même et à adorer la Vérité"." "Mais cela est toujours de Galien ! Maintenant, j'en suis sûr. En plus d'être médecin et mage, tu es également philosophe. Pourquoi ne viens-tu pas à Rome ?" "Ni médecin, ni mage, ni philosophe, comme tu dis, mais le Témoignage de Dieu sur la terre. Amenez près de moi le malade." 564> On le Lui amène, criant et gesticulant. "Tu vois ? Tu dis qu'il est fou, qu'aucun médecin ne peut le guérir. C'est vrai. Aucun médecin : car il n'est pas fou. Mais un être des enfers, je parle ainsi pour toi qui es païen, est entré en lui." "Mais il n'a pas l'esprit python. Au contraire, il ne dit que des choses fausses."
"Comment ?" "Lui-même te le dira." Jésus commande : "Quitte l'homme ! Retourne à ton abîme." "J’y vais. Contre Toi, trop faible est ma puissance. Tu me chasses et me muselles. Pourquoi es-Tu toujours victorieux ?..." L'esprit a parlé par la bouche de l'homme qui ensuite s'affaisse comme épuisé. "Il est guéri. Déliez-le sans crainte." "Guéri ? En es-tu sûr ? Mais... mais moi, je t'adore !" Le Romain veut se prosterner, mais Jésus ne veut pas. "Élève ton esprit. C'est au Ciel qu'est Dieu. Adore-Le et va vers Lui. Adieu." "Non. Pour ça, non. Accepte au moins. Permets-moi de te traiter comme les prêtres d'Esculape. Permets-moi de t'entendre parler ... Permets-moi de parler de Toi dans ma patrie..." "D'accord, et viens avec ton frère." Le frère regarde autour de lui, stupéfait, et il demande : "Mais où suis-je ? Ce n'est pas Cintium [4], ici ! Où est la mer ?" "Tu étais..." Jésus fait un signe pour lui imposer le silence et dit : "Tu étais pris par une grande fièvre et on t'a conduit sous un autre climat. Maintenant, tu vas mieux. Viens." Ils s'en vont tous, mais pas tous également émus. Il y a les admirateurs et ceux qui critiquent la guérison du Romain, dans la salle de réunion. Et Jésus gagne sa place avec, au premier rang de l'assemblée, les Romains. "Qu'il ne vous déplaise pas que je cite un passage des Rois. [5] 565> On y dit que le roi de Syrie, étant sur le point de déclarer la guerre à Israël, avait à sa cour un homme puissant et honoré du nom de Naaman, qui était lépreux. Une jeune fille israélite, prise par les Syriens, était devenue son esclave et lui avait dit : "Si mon seigneur avait été chez le prophète qui est à Samarie, certainement, il l'aurait guéri de la lèpre". A la suite de cela, Naamam demanda au roi la permission de suivre le conseil de la jeune fille. Mais le roi d'Israël se troubla fortement en disant : "Suis-je par hasard Dieu pour que le roi de Syrie m'envoie les malades C'est un piège pour déclarer la guerre". Mais le prophète Élisée mis au courant, dit : "Qu'il vienne à moi, le lépreux, et je le guérirai et il saura qu'il y a un prophète en Israël". Naaman se rendit alors chez Élisée, mais Élisée ne le reçut pas. Il lui envoya dire "Lave-toi sept fois dans le Jourdain et tu seras purifié". Naaman s'indigna car il lui parut avoir fait pour rien une si longue route et indigné, il était sur le point de repartir. Mais ses serviteurs lui dirent : "Il t'a seulement demandé de te laver sept fois, et même s'il t'avait commandé beaucoup plus, tu aurais dû le faire parce que c'est un prophète". Alors Naaman se rendit à ces raisons. Il alla au fleuve, se lava et revint sain. Ravi, il revint vers le serviteur de Dieu et lui dit: "Maintenant, je sais la vérité : il n'y a pas d'autre Dieu sur toute la terre, mais il n'y a que le Dieu d'Israël". Et comme Élisée ne voulait pas de ses cadeaux, il lui demanda la permission de prendre sur la terre d'Israël assez de terre pour pouvoir sacrifier au Dieu Vrai. Je sais que vous n'approuvez pas tous ce que j'ai fait. Je sais aussi que je ne suis pas tenu à me justifier devant vous. Mais puis que je vous aime d'un amour vrai, je veux que vous compreniez mon geste et qu'il vous éclaire, et que tombe de votre esprit tout pensée de critique ou de scandale. Ici, nous avons deux sujets d'un état païen. L'un était malade et on leur a dit par l'intermédiaire d'un parent, mais certainement par la bouche d'un Israélite : "Si vous allez trouver le Messie d'Israël, Lui guérira le malade". Et eux, de très loin, sont venus à Moi. Plus grande encore que celle de Naaman a été leur confiance, car ils ne savaient rien d'Israël et du Messie, alors que le Syrien était d'une nation voisine et en contact continuel avec les esclaves d'Israël, et qu'il savait déjà qu'en Israël il y a un Dieu. Le Vrai Dieu. N'est-ce pas une bonne chose que maintenant un païen puisse retourner dans sa patrie en disant : "Vraiment, en Israël, il y a un homme de Dieu et en Israël on adore le Vrai Dieu" ? 566> Je n'ai pas dit : "Lave-toi sept fois", Mais j'ai parlé de Dieu et de l'âme, deux choses qu'ils ignorent et qui, comme les bouches d'une fontaine intarissable apportent avec elles les sept dons. Car où se trouve l'idée de Dieu et de l'esprit, et le désir de les trouver, naissent les arbres de la foi, de l'espérance, de la charité, de la justice, de la, tempérance, de la force et de la prudence, vertus ignorées de ceux qui, de leurs dieux ne peuvent que copier les communes passions humaines plus perverses parce que possédées par des êtres supposés supérieurs. Maintenant, ils retournent dans leur patrie, mais plus que la joie d'avoir été exaucés, ils ont celle de dire : "Nous savons que nous ne sommes pas des brutes, mais qu'après la vie il y a encore une vie future. Nous savons que le Vrai Dieu est Bonté et qu'Il nous aime donc, nous aussi, et nous fait du bien pour nous persuader d'aller à Lui". Et que croyez-vous ? Qu'eux seulement ignorent la vérité ? Tout à l'heure un de mes disciples croyait que je ne pourrais guérir le malade parce qu'il avait une âme païenne. Mais l'âme, qu'est-elle ? Et d'où vient-elle ?
Et que croyez-vous ? Que c'est seulement pour Israël que je suis venu ? Je suis Celui qui rassemblera sous une seule houlette toutes les races, celle du Ciel. Et en vérité je vous dis que bientôt viendra un temps où beaucoup de païens diront : "Permettez-nous d'avoir tout ce qu'il faut pour pouvoir sur notre sol païen faire des sacrifices au Dieu Vrai, au Dieu Un et Trine" dont Moi je suis la Parole. Maintenant, ils partent plus convaincus que si je les avais chassés dédaigneusement. Eux dans mes miracles et dans mes paroles ont pris conscience de Dieu, et ils en parleront où ils retournent. 567> J'ajoute : n'était-il pas juste de récompenser une si grande foi ? Désorientés par les réponses des médecins, déçus par les voyages inutiles aux temples, ils ont su avoir la foi pour venir encore vers l'Inconnu, le Grand Inconnu du monde, le Méprisé, le Grand Méprisé et Calomnié d'Israël et Lui dire : "Je crois que Tu peux". Le premier chrême pour leur mentalité leur vient de ce qu'ils on su croire. Ce n'est pas tant de la maladie que de leur foi erronée, que je les ai guéris. En effet j'ai porté à leurs lèvres un calice, dont la soif croît à mesure que l'on boit: la soif de connaître le Dieu Vrai. J'ai fini. Je vous dis à vous d'Israël : sachez avoir la foi comme ceux-ci qui ont su l'avoir." Le Romain s'approche avec son frère guéri : "Oh !... je n'ose plus dire : par Jupiter. Je dis : mais sur mon honneur de citoyen romain, je te jure que j'aurai cette soif ! Maintenant, je dois partir. Qui désormais me donnera encore à boire ?" "Ton esprit, l'âme que tu sais maintenant de posséder jusqu'au jour ou un des mes envoyés viendra vers toi." "Et Toi, non ? "Moi... Moi, non. Mais je ne serai pas absent tout en n'étant pas présent. Et il ne se passera qu'un peu plus de deux ans pour que je te fasse un cadeau plus grand que la guérison de celui qui t'était cher. Adieu à vous deux. Sachez persévérer dans ce senti ment de foi." "Salut, Maître. Que le Dieu Vrai te sauve." Les deux Romains s'en vont, et on les entend appeler leurs serviteurs avec le char. "Et ils ne savaient même pas qu'ils avaient une âme !" murmure un vieillard. "Oui, père. Et ils ont su recevoir ma parole mieux que tant de gens en Israël. Maintenant, puisqu'ils ont donné une obole si importante, faisons-en profiter les pauvres de Dieu en doublant ou triplant l'aumône. Et que les pauvres prient pour ces bienfaiteurs plus pauvres qu'eux-mêmes pour qu'ils arrivent à la vraie, l'unique richesse : connaître Dieu." La femme voilée pleure sous son voile qui empêche de voir ses larmes, mais pas d'entendre ses sanglots. "Cette femme pleure" dit Pierre. "Peut-être n'a-t-elle plus d'argent. Pouvons-nous lui en donner ?" "Ce n'est pas pour cela qu'elle pleure, mais va lui dire ceci : "Les patries passent, mais le Ciel reste. Il appartient à ceux qui savent avoir la foi. Dieu est Bonté et c'est pour ce motif qu'Il aime même les pécheurs. Et Il te donne ses bienfaits pour te persuader d'aller à Lui". Va. Dis-lui cela et puis laisse-la pleurer. C'est du poison qui s'en va." 568> Pierre s'en va trouver la femme qui se dirige vers les champs. Il lui parle et revient. "Elle s'est mise à pleurer plus fort, dit-il. Je croyais la consoler ..." et il regarde Jésus. "Elle est consolée, en effet. La joie aussi fait pleurer." "Hum !... Mais !... Voilà, je serai content quand je verrai son visage. Le verrai-je ?" "Au jour du Jugement." "Miséricorde divine ! Mais alors je serai mort ! Et qu'est-ce que cela me fera alors de le voir ? J'aurai l'Éternel à contempler à ce moment là !" "Fais-le tout de suite. C'est l'unique chose utile." "Oui... mais... Maître, qui est-elle ?" Tout le monde rit. "Si tu le demandes une autre fois nous partons tout de suite. Ainsi tu n'y penseras plus." "Non. Maître. Cependant... il suffit que tu restes..." Jésus sourit. "Cette femme, dit-il, est un reste et une prémice." "Que veux-tu dire ? Je ne comprends pas." Mais Jésus le plante là pour aller au pays. "Il va chez Zacharie. Sa femme est mourante." explique André. "Il m'a envoyé le dire au Maître." "Tu m'énerves ! Tu sais tout. Tu fais tout et tu ne me dis jamais rien. Tu es pire qu'un poisson." Pierre décharge sur son frère sa déception. "Frère, ne t'en fais pas. Toi aussi, tu parles à ma place. Allons relever nos filets. Viens." Les uns vont à droite, les autres à gauche et tout prend fin. |
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