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561> Jésus
se trouve aujourd'hui avec les neuf qui sont
restés, puisque les trois autres sont partis pour Jérusalem. Thomas, toujours gai, se partage entre ses légumes et ses
autres charges plus spirituelles. Pendant ce temps, Pierre avec Philippe, Barthélemy et Matthieu s'occupent des pèlerins et les autres vont au fleuve
pour baptiser. C'est vraiment un baptême de pénitence, avec la bise qui
souffle !
Jésus est encore dans son coin à la cuisine pendant que Thomas bricole en
silence pour laisser en paix le Maître. À ce moment André entre et dit : "Maître, il y a un malade. Moi
je dis que ce serait bien de le guérir tout de suite... Ils disent qu'il est
fou, ce ne sont pas des Israélites, mais nous dirions qu'il est possédé. Il
crie, il braille, il se débat. Viens le voir, Toi…"
"Tout de suite, où est-il ?"
"Il est encore dans la plaine. Entends-tu ces hurlements ? C'est
lui. On dirait un animal, mais c'est lui. Il doit être riche, car celui qui
l'accompagne est bien vêtu, et le malade a été descendu d'un char très
luxueux et par plusieurs serviteurs. Ce doit être un païen car il blasphème
les dieux de l'Olympe."
"Allons-y."
"Je viens voir aussi". dit Thomas plus curieux de voir que préoccupé de ses légumes.
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562> Ils sortent et, au lieu
d'aller vers le fleuve, ils tournent du côté des champs qui séparent cette
ferme (ainsi dirions-nous) de la maison du régisseur.
Des brebis broutaient dans un pré, mais maintenant, effrayées, elles se sont
éparpillées de tous côtés. Des bergers et un chien
- c'est le second qui se présente dans mes visions
- ont essayé vainement de les réunir. Au milieu du pré, il y a un homme que
l’on tient solidement attaché et qui, malgré cela, bondit comme un
forcené. Il pousse des cris effrayants, toujours plus forts à mesure que
Jésus s'approche de lui.
Pierre, Philippe, Mathieu et Nathanaël sont tout près, perplexes. Il y a
aussi des gens : des hommes car les femmes ont peur.
"Tu es venu, Maître ? Tu vois quelle furie ?" dit Pierre.
"Ça va passer."
"Mais... il est païen, le sais-tu ?"
"Et quelle valeur cela peut avoir ?"
"Eh ! à cause de son âme !…"
Jésus a un bref sourire et avance. Il rejoint le groupe du fou qui s'agite de
plus en plus.
Quelqu'un se détache du groupe que son habit et son visage rasé font
reconnaître que c'est un Romain. Il salue : "Salut, Maître. Ta
réputation est arrivée jusqu'à moi. Tu es plus grand qu'Hippocrate pour les
guérisons et que la statue d'Esculape pour opérer des miracles sur les
malades. Je le sais. C'est pour cela que je viens. C'est mon frère, tu le
vois ? Il est fou à cause d'un mal mystérieux. Les médecins n'y
comprennent rien. Je suis allé avec lui au temple d'Esculape, mais il en est
sorti plus fou encore. J'ai un parent à Ptolémaïs. Il m'a envoyé un message avec une galère. Il disait
qu'ici il y a Un qui guérit tout le monde. Et je suis venu. Terrible
voyage !"
"Il mérite une récompense."
"Mais, voilà, nous ne sommes même pas prosélytes. Mais des Romains,
fidèles aux dieux. Des païens, dites-vous. De Sybaris
, et maintenant à Chypre."
"C'est vrai, vous êtes païens."
"Alors... rien pour nous ? Ton Olympe chasse le nôtre ou est chassé
par lui."
"Mon Dieu, Unique et Trine règne, Unique et Seul."
"Je suis venu pour rien." dit le Romain déçu.
"Pourquoi ?
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563> "Parce que
j'appartiens à un autre dieu."
"Il n'y a qu'un Dieu qui crée l'âme."
"L’âme ?…"
"L'âme, cette chose divine créée par Dieu pour chaque homme. Compagne
pour l'existence, mais qui survit à l'existence."
"Et où est-elle ?"
"Dans
les profondeurs de l’être. Mais tout en étant, comme chose divine,
dans le sanctuaire le plus sacré, on peut dire d'elle - et c'est
"elle" que je dis, non pas "cela", parce qu'elle n'est
pas une chose, mais être vrai et digne de tout respect - qu'elle n'est pas
contenue, mais qu'elle contient."
"Par Jupiter ! Mais tu es philosophe ?"
"Je suis la Raison, unie à Dieu."
"Je croyais que tu l'étais à cause de ce que tu disais..."
"Et, qu'est-ce que la philosophie quand elle est vraie et honnête sinon
une élévation de la raison humaine vers la Sagesse et la Puissance infinies,
c'est-à-dire, vers Dieu ?"
"Dieu ! Dieu ! ...J'ai ce malheureux qui me trouble, mais
j'oublie presque son état pour t'écouter Toi, qui es divin."
"Je ne le suis pas de la manière dont tu le dis. Tu appelle divin ce qui
dépasse l'humain. Je dis qu'un tel nom ne doit être donné qu'à celui qui est
de Dieu."
"Qu'est-ce que Dieu ? Qui l'a jamais vu ?"
"On a écrit : "Toi qui nous a formés, salut ! Quand je
décris la perfection humaine, les harmonies de notre corps, je célèbre ta gloire".
Il a été dit : "Ta bonté brille dans la distribution que tu as
faite de tes dons à tous les vivants, pour que tout homme eût ce qui lui est
nécessaire. Et tes dons témoignent de ta sagesse comme l'accomplissement de
tes volontés témoigne de ta puissance". Reconnais-tu ces
paroles ?"
"Si Minerve vient à mon secours... elles sont de Galien
. Mais
comment les connais-tu ? Je suis stupéfait !..."
Jésus sourit et répond : "Viens au Vrai Dieu et son divin Esprit
t'instruira de la "vraie sagesse et de la piété qui consiste à se
connaître soi-même et à adorer la Vérité".
"Mais cela est toujours de Galien ! Maintenant, j'en suis sûr. En
plus d'être médecin et mage, tu es également philosophe. Pourquoi ne viens-tu
pas à Rome ?"
"Ni médecin, ni mage, ni philosophe, comme tu dis, mais le Témoignage de
Dieu sur la terre. Amenez près de moi le malade."
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564> On le Lui amène, criant et
gesticulant.
"Tu vois ? Tu dis qu'il est fou, qu'aucun médecin ne peut le
guérir. C'est vrai. Aucun médecin : car il n'est pas fou. Mais un être
des enfers, je parle ainsi pour toi qui es païen, est entré en lui."
"Mais il n'a pas l'esprit python. Au contraire, il ne dit que des choses
fausses."
"Nous
donnons à cet esprit le nom de "démon", non de python. Il y a celui qui parle et celui
qui est muet. Celui qui trompe avec des raisons teintées de vérités et celui
qui n'est que désordre mental. Le premier de ces deux est le plus complet et
le plus dangereux. Ton frère a le second. Mais maintenant, il va en
sortir."
"Comment ?"
"Lui-même te le dira." Jésus commande : "Quitte l'homme !
Retourne à ton abîme."
"J’y vais. Contre Toi, trop faible est ma puissance. Tu me chasses et me
muselles. Pourquoi es-Tu toujours victorieux ?..." L'esprit a parlé
par la bouche de l'homme qui ensuite s'affaisse comme épuisé.
"Il est guéri. Déliez-le sans crainte."
"Guéri ? En es-tu sûr ? Mais... mais moi, je
t'adore !" Le Romain veut se prosterner, mais Jésus ne veut pas.
"Élève ton esprit. C'est au Ciel qu'est Dieu. Adore-Le et va vers Lui.
Adieu."
"Non. Pour ça, non. Accepte au moins. Permets-moi de te traiter comme
les prêtres d'Esculape. Permets-moi de t'entendre parler ... Permets-moi de
parler de Toi dans ma patrie..."
"D'accord, et viens avec ton frère."
Le frère regarde autour de lui, stupéfait, et il demande : "Mais où
suis-je ? Ce n'est pas Cintium , ici ! Où est la mer ?"
"Tu étais..." Jésus fait un signe pour imposer le silence et
dit : "Tu étais pris par une grande fièvre et on t'a conduit sous
un autre climat. Maintenant, tu vas mieux. Viens."
Ils s'en vont tous, mais pas tous également émus. Il y a les admirateurs et
ceux qui critiquent la guérison du Romain, dans la salle de réunion. Et Jésus
gagne sa place avec, au premier rang de l'assemblée, les Romains.
"Qu'il ne vous déplaise pas que je cite un passage des Rois.
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565> On y dit que le roi de
Syrie, étant sur le point de déclarer la guerre à Israël, avait à sa cour un
homme puissant et honoré du nom de Naaman, qui était lépreux. Une jeune fille
israélite, prise par les Syriens, était devenue son esclave et
lui avait dit : "Si mon seigneur avait été chez le prophète qui est
à Samarie, certainement, il l'aurait guéri de la lèpre ".
À la suite de cela, Naamam demanda au roi la permission de suivre le conseil
de la jeune fille . Mais
le roi d'Israël se troubla fortement en disant : "Suis-je par
hasard Dieu pour que le roi de Syrie m'envoie les malades C'est un piège pour
déclarer la guerre ".
Mais le prophète Élisée mis au courant, dit : "Qu'il vienne à moi,
le lépreux, et je le guérirai et il saura qu'il y a un prophète en Israël ".
Naaman se rendit alors chez Élisée, mais Élisée ne le reçut pas . Il
lui envoya dire "Lave-toi sept fois dans le Jourdain et tu seras purifié
".
Naaman s'indigna car il lui parut avoir fait pour rien une si longue route et
indigné, il était sur le point de repartir . Mais
ses serviteurs lui dirent : "Il t'a seulement demandé de te laver
sept fois, et même s'il t'avait commandé beaucoup plus, tu aurais dû le faire
parce que c'est un prophète ".
Alors Naaman se rendit à ces raisons. Il alla au fleuve, se lava et revint sain .
Ravi, il revint vers le serviteur de Dieu et lui dit: "Maintenant, je
sais la vérité : il n'y a pas d'autre Dieu sur toute la terre, mais il
n'y a que le Dieu d'Israël ".
Et comme Élisée ne voulait pas de ses cadeaux , il
lui demanda la permission de prendre sur la terre d'Israël assez de terre
pour pouvoir sacrifier au Dieu Vrai.
Je sais que vous n'approuvez pas tous ce que j'ai fait.
Je sais aussi que je ne suis pas tenu à me justifier devant vous. Mais puis
que je vous aime d'un amour vrai, je veux que vous compreniez mon geste et
qu'il vous éclaire, et que tombe de votre esprit tout pensée de critique ou
de scandale.
Ici,
nous avons deux sujets d'un état païen. L'un était malade et on leur a dit par
l'intermédiaire d'un parent, mais certainement par la bouche d'un
Israélite : "Si vous allez trouver le Messie d'Israël, Lui guérira
le malade". Et eux, de très loin, sont venus à Moi. Plus grande encore
que celle de Naaman a été leur confiance, car ils ne savaient rien d'Israël
et du Messie, alors que le Syrien était d'une nation voisine et en contact
continuel avec les esclaves d'Israël, et qu'il savait déjà qu'en Israël il y
a un Dieu. Le Vrai Dieu. N'est-ce pas une bonne chose que maintenant un païen
puisse retourner dans sa patrie en disant : "Vraiment, en Israël,
il y a un homme de Dieu et en Israël on adore le Vrai Dieu " ?
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566> Je
n'ai pas dit : "Lave-toi sept fois ",
Mais j'ai parlé de Dieu et de l'âme, deux choses qu'ils ignorent et qui,
comme les bouches d'une fontaine intarissable apportent avec elles les sept
dons. Car où se trouve l'idée de Dieu et de l'esprit, et le désir de les
trouver, naissent les arbres de la foi, de l'espérance, de la charité, de la
justice, de la, tempérance, de la force et de la prudence, vertus ignorées de
ceux qui, de leurs dieux ne peuvent que copier les communes passions humaines
plus perverses parce que possédées par des êtres supposés supérieurs. Maintenant,
ils retournent dans leur patrie, mais plus que la joie d'avoir été exaucés,
ils ont celle de dire : "Nous savons que nous ne sommes pas des
brutes, mais qu'après la vie il y a encore une vie future. Nous savons que le
Vrai Dieu est Bonté et qu'Il
nous aime donc, nous aussi, et nous fait du bien pour nous persuader d'aller
à Lui".
Et que croyez-vous ? Qu'eux seulement ignorent la vérité ? Tout à
l'heure un de mes disciples croyait que je ne pourrais guérir le malade parce
qu'il avait une âme païenne. Mais l'âme, qu'est-elle ? Et d'où
vient-elle ?
L'âme est l'essence spirituelle de l'homme. C'est elle qui,
créée d'un âge parfait, investit, accompagne, anime toute la vie de la chair
et continue à vivre lorsque la chair n'est plus, car elle est immortelle
comme Celui qui l'a créée : Dieu. Puisqu'il n'y a qu'un seul Dieu, il
n'y a pas d'âmes de païens ou d'âmes de non païens créées par différents
dieux. Il n'y a qu'une seule Force qui crée les âmes, et c'est celle du
Créateur, de notre Dieu, Unique, Puissant, Saint, Bon, sans autre passion que
l'amour, la charité parfaite, toute spirituelle et, pour être compris de ces
Romains, comme j'ai dit : charité, je dis aussi : charité toute
morale. Car l'idée d'esprit n'est pas comprise par ces enfants qui ne
savent rien des paroles saintes.
Et que croyez-vous ? Que c'est seulement pour Israël que je suis
venu ? Je suis Celui qui rassemblera sous une seule houlette toutes les
races, celle du Ciel. Et en vérité je vous dis que bientôt viendra un temps
où beaucoup de païens diront : "Permettez-nous d'avoir tout ce
qu'il faut pour pouvoir sur notre sol païen faire des sacrifices au Dieu
Vrai, au Dieu Un et Trine" dont Moi je suis la Parole. Maintenant, ils
partent plus convaincus que si je les avais chassés dédaigneusement. Eux dans
mes miracles et dans mes paroles ont pris conscience de Dieu, et ils en
parleront où ils retournent.
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567> J'ajoute : n'était-il pas
juste de récompenser une si grande foi ? Désorientés par les réponses
des médecins, déçus par les voyages inutiles aux temples, ils ont su avoir la
foi pour venir encore vers l'Inconnu, le Grand Inconnu du monde, le Méprisé,
le Grand Méprisé et Calomnié d'Israël et Lui dire : "Je crois que
Tu peux". Le premier chrême pour leur mentalité leur vient de ce qu'ils
on su croire. Ce n'est pas tant de la maladie que de leur foi erronée, que je
les ai guéris. En effet j'ai porté à leurs lèvres un calice, dont la soif
croît à mesure que l'on boit: la soif de connaître le Dieu Vrai.
J'ai fini. Je vous dis à vous d'Israël : sachez avoir la foi comme
ceux-ci qui ont su l'avoir."
Le Romain s'approche avec son frère guéri : "Oh !... je n'ose
plus dire : par Jupiter. Je dis : mais sur mon honneur de citoyen
romain, je te jure que j'aurai cette soif ! Maintenant, je dois partir.
Qui désormais me donnera encore à boire ?"
"Ton esprit, l'âme que tu sais maintenant de posséder jusqu'au jour ou
un des mes envoyés viendra vers toi."
"Et Toi, non ?
"Moi... Moi, non. Mais je ne serai pas absent tout en n'étant pas
présent. Et il ne se passera qu'un peu plus de deux ans pour que je te fasse
un cadeau plus grand que la guérison de celui qui t'était cher. Adieu à vous
deux. Sachez persévérer dans ce senti ment de foi."
"Salut, Maître. Que le Dieu Vrai te sauve." Les deux Romains s'en
vont, et on les entend appeler leurs serviteurs avec le char.
"Et ils ne savaient même pas qu'ils avaient une âme !" murmure
un vieillard.
"Oui, père. Et ils ont su recevoir ma parole mieux que tant de gens en
Israël. Maintenant, puisqu'ils ont donné une obole si importante, faisons-en
profiter les pauvres de Dieu en doublant ou triplant l'aumône. Et que les
pauvres prient pour ces bienfaiteurs plus pauvres qu'eux-mêmes pour qu'ils
arrivent à la vraie, l'unique richesse : connaître Dieu."
La femme
voilée pleure sous son voile qui
empêche de voir ses larmes, mais pas d'entendre ses sanglots.
"Cette femme pleure" dit Pierre. "Peut-être n'a-t-elle plus
d'argent. Pouvons-nous lui en donner ?"
"Ce n'est pas pour cela qu'elle pleure, mais va lui dire ceci :
"Les patries passent, mais le Ciel reste. Il appartient à ceux qui
savent avoir la foi. Dieu est Bonté et c'est pour ce motif qu'Il aime même
les pécheurs. Et Il te donne ses bienfaits pour te persuader d'aller à Lui".
Va. Dis-lui cela et puis laisse-la pleurer. C'est du poison qui s'en
va."
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568> Pierre s'en va trouver
la femme qui se dirige vers les champs. Il lui parle et revient. "Elle s'est
mise à pleurer plus fort, dit-il. Je croyais la consoler ..." et il
regarde Jésus.
"Elle est consolée, en effet. La joie aussi fait pleurer."
"Hum !... Mais !... Voilà, je serai content quand je verrai
son visage. Le verrai-je ?"
"Au jour du Jugement."
"Miséricorde divine ! Mais alors je serai mort ! Et qu'est-ce
que cela me fera alors de le voir ? J'aurai l'Éternel à contempler à ce
moment-là !"
"Fais-le tout de suite. C'est l'unique chose utile."
"Oui... mais... Maître, qui est-elle ?" Tout le monde rit.
"Si tu le demandes une autre fois nous partons tout de suite. Ainsi tu
n'y penseras plus."
"Non. Maître. Cependant... il suffit que tu restes..."
Jésus sourit. "Cette femme, dit-il, est un reste et une prémice."
"Que veux-tu dire ? Je ne comprends pas." Mais Jésus le plante
là pour aller au pays.
"Il va chez Zacharie. Sa femme est mourante." explique André.
"Il m'a envoyé le dire au Maître."
"Tu m'énerves ! Tu sais tout. Tu fais tout et tu ne me dis jamais
rien. Tu es pire qu'un poisson." Pierre décharge sur son frère sa
déception.
"Frère, ne t'en fais pas. Toi aussi, tu parles à ma place. Allons
relever nos filets. Viens."
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