"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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 5.299 - L'affidamento degli orfanelli Maria e Mattia a Giovanna di Cusa.

 3.298 - Mary and Matthias Are Entrusted to Johanna of Chuza.

 3.299 - A Juana de Cusa le son confiados, para su tutela, los huerfanitos María y Matías.

 5.344 – "Ich will, dass die Waisen eine Mutter haben".



Je voudrais que les orphelins aient une mère


Vendredi 3 novembre 28
(28 Marheshwân ou Boul 3789)
Bethsaïda puis Tibériade.


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 Pierre fait montre d'une fibre paternelle.

Le monde vu par des yeux d'enfants.


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- Mathias et Marie sont choyés ........................................ 506

- Départ dans deux barques ........................................ 507

- Joie et sanglots de la fillette ........................................ 508


- Jésus promet une nouvelle maman......................... 508

- On accoste à Tibériade 509

- Un conseil de Jésus à Chouza ......................... 510


- Chouza et Jeanne adoptent les deux enfants......... 510

- Un monde de rêves s'est ouvert ............................ 511

 

 

Accueil >> Plan du site >> Sommaire du Tome 4


Tome 4, chapitre 165.

299.
"Je voudrais que les orphelins aient une mère"


 

Vision du jeudi 11 octobre 1945

506> Le lac de Tibériade n'est qu'une nappe grise. Il semble du mercure embué, pesant comme il est dans la bonace qui permet tout juste un semblant de flot fatigué qui n'arrive pas à faire de l'écume et s'arrête et s'immobilise après avoir marqué un léger mouvement, en prenant sur toute son étendue une teinte uniforme sous un ciel sans splendeur.    

Pierre et André sont autour de leur barque,
Jacques et Jean près de la leur. Ils préparent le départ sur la petite plage de Bethsaïda. Odeur d'herbes et de terroir saturé d'eau, légères brumes sur les étendues herbeuses vers Corozaïn, tristesse de novembre sur toutes choses.        

Jésus sort de la maison de Pierre, tenant par la main les petits
Mathias et Marie que la main de Porphyrée a revêtus avec un soin maternel en remplaçant le petit vêtement de Marie par un de Margziam. Mais Mathias est trop petit pour profiter de la même faveur et il tremble encore dans sa tunique déteinte de coton, si bien que Porphyrée, prise de pitié, revient à la maison et en sort avec un morceau de couverture dont elle enveloppe le petit comme si la couverture était un manteau. Jésus la remercie pendant qu'elle s'agenouille en prenant congé et se retire après un dernier baiser aux deux orphelins.           

507> "Pour avoir des enfants, elle aurait bien encore pris ceux-ci" commente Pierre qui avait observé la scène et à son tour il se penche pour offrir aux deux petits un morceau de pain et miel, qu'il tenait en réserve sous un banc de la barque.  Cela fait rire André qui lui dit : "Et toi non, hein ? Tu as même volé le miel à ta femme pour donner un peu de joie à ces deux enfants."   

"Volé ! Volé ! Le miel est à moi !"     

"Oui, mais ma belle-sœur en est jalouse parce que c'est celui de Margziam. Et toi, qui le sais, tu as pénétré, cette nuit, déchaussé comme un voleur, dans la cuisine pour en prendre de quoi garnir ce pain. Je t'ai vu, frère, et j'ai ri, parce que tu regardais tout autour comme un enfant qui craint les claques maternelles."            

"Espion de malheur" dit en riant Pierre qui embrasse son frère qui, à son tour, l'embrasse en disant : "Mon frère chéri."

Jésus observe et sourit ouvertement se trouvant entre les deux enfants qui dévorent leur pain.            

De l'intérieur de Bethsaïda arrivent les huit autres apôtres. Peut-être étaient-ils les hôtes de
Philippe et de Barthélemy.[1]  

"Vite !" crie Pierre et il prend en une seule brassée les deux petits pour les porter dans la barque sans qu'ils trempent leurs pieds nus. "Vous n'avez pas peur, n'est-ce pas ?" demande-t-il pendant qu'il patauge dans l'eau avec ses jambes courtes et robustes, nu jusqu'à une bonne palme au-dessus du genou.         

"Non, seigneur" dit la petite en se serrant convulsivement au cou de Pierre et en fermant les yeux quand il la met dans la barque qui se balance sous le poids de Jésus, qui y monte à son tour. Le petit plus courageux ou plus ébahi, ne parle même pas. Jésus s'assoit en attirant à Lui les deux petits et en les couvrant de son manteau qui semble une aile étendue pour protéger deux poussins.    

Six dans une barque, six dans l'autre, tout le monde est embarqué. Pierre enlève la planche qui sert pour embarquer. D'un vigoureux coup de pied il pousse la barque loin du bord et y saute en enjambant le bord. Jacques l'imite pour sa barque. La poussée donnée par Pierre a fait balancer la barque, et la petite gémit en disant : "Maman !" et en cachant son visage sur la poitrine de Jésus elle saisit ses genoux. Mais désormais la marche est douce bien que fatigante pour Pierre, André et le garçon qui doivent ramer avec Philippe qui fait le quatrième rameur. La voile pend flasque dans la bonace lourde et humide et ne sert à rien. Il leur faut avancer à force de rames.       

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508> "Une belle promenade !" crie Pierre à ceux de la barque jumelle où l'Iscariote fait le quatrième rameur avec un coup de rame parfait dont Pierre le félicite.           

"Force, Simon !" répond Jacques. "Force ou nous te dépassons. Judas est fort comme un galérien. Bravo,
Judas !"      

"Oui, nous te ferons chef de chiourme
[2]" confirme Pierre qui rame pour deux. Et il rit en disant : "Pourtant à Simon de Jonas on ne lui enlève pas la première place. À vingt ans, j'étais déjà chef de rameurs dans les compétitions entre différents pays" et allègrement il donne le rythme à sa chiourme : "Oh !... hisse ! Oh !... hisse !" les voix se répandent dans le silence du lac, désert à cette heure matinale.         

Les enfants prennent de la hardiesse. Toujours sous le manteau, ils sortent leurs visages émaciés de chaque côté du Maître qui les tient embrassés et ils esquissent un sourire. Ils s'intéressent au travail des rameurs, Ils échangent des commentaires.           

 "On dirait qu'on avance sur un char sans roues" dit le petit. "Non, sur un char au-dessus des nuages. Regarde ! On dirait que l'on marche au-dessus du ciel. Voilà, voilà que nous montons sur un nuage !" dit Marie en voyant la barque enfoncer sa pointe dans un endroit qui reflète un nuage cotonneux. Et elle esquisse un sourire. Mais le soleil dissipe la brume et, bien que ce soit un pâle soleil de novembre, les nuages deviennent dorés et le lac en donne un reflet brillant.         

"Oh ! c'est beau ! Maintenant nous marchons sur le feu. Oh ! que c'est beau ! que c'est beau !" et l'enfant bat des mains.      

Mais la fillette se tait et puis éclate en sanglots. Tout le monde lui demande pourquoi ces pleurs. Au milieu des sanglots, elle explique: "Maman disait une poésie, un psaume, je ne sais, pour nous garder bons pour que nous puissions encore prier avec tant de chagrin... et elle disait cette poésie d'un Paradis qui sera comme un lac de lumière, d'un doux feu où il n'y aura que Dieu et la joie et où iront tous ceux qui sont bons
[3]... après que sera venu le Sauveur... Ce lac d'or m'en a fait souvenir... Maman !"          

Mathias pleure aussi et tous compatissent.   

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509> Mais voilà que s'élève, au-dessus du murmure de voix variées et au-dessus de la lamentation des deux orphelins, la douce voix de Jésus. "Ne pleurez pas, votre maman vous a conduits vers Moi et elle est ici avec vous, pendant que je vous porte chez une mère qui n'a pas d'enfants. Elle sera si contente d'avoir deux braves enfants à la place du sien qui se trouve là où est votre maman. Car elle aussi a pleuré, vous savez ? Son petit est mort comme votre maman est morte..."   

"Oh ! Alors nous irons chez elle et son petit ira chez notre maman !" dit Marie.          

"C'est tout à fait cela et vous serez tous heureux."    

"Comment est-elle cette femme ? Que fait-elle ? Est-elle paysanne ? A-t-elle un bon maître ?" Les petits montrent de l'intérêt.       

"Elle n'est pas paysanne, mais elle a un jardin plein de roses et elle est bonne comme un ange. Elle a un bon mari. Lui aussi vous aimera bien."          

"Tu crois, Maître ?" demande Mathieu un peu incrédule.        

"J'en suis certain, et vous vous en persuaderez. Il y a quelque temps
Chouza voulait Margziam pour en faire un chevalier."            

"Ah ! pour cela, non !" crie Pierre.     

"Margziam sera un chevalier du Christ. Seulement cela, Simon. Sois tranquille."        

Le lac redevient gris. Il s'élève un vent léger qui plisse le lac. La voile se tend, la barque file en vibrant. Mais les enfants ne rêvent qu'à leur nouvelle maman au point qu'ils n'éprouvent plus de peur.            

On passe Magdala avec ses maisons blanches dans la verdure. On passe la campagne entre Magdala et Tibériade. Voilà les premières maisons de Tibériade.          

"Où, Maître ?"           

"Au petit port de Chouza."    

Pierre vire et donne des ordres au mousse. La voile est descendue pendant que la barque accoste au petit port et puis y entre, en s'arrêtant au petit môle, suivi de l'autre barque. Elles sont à côté l'une de l'autre comme deux canetons fatigués. Tout le monde descend, et Jean court en avant pour avertir les jardiniers.       

Les petits se serrent timidement à Jésus, et Marie demande en soupirant et en tirant le vêtement de Jésus : "Mais sera-t-elle vraiment bonne ?"        

Jean revient : "Maître, un serviteur est en train d'ouvrir la grille. Jeanne est déjà levée."

"C'est bien. Attendez tous ici. Je vais devant."          

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510> Et Jésus se met seul en marche. Les autres le regardent aller en faisant des commentaires plus ou moins favorables au sujet de ce que tente Jésus. Les doutes et les critiques ne manquent pas. Mais de l'endroit où ils sont, ils ne voient que Chouza, qui est accouru et qui s'incline jusqu'à terre sur le seuil de la grille et puis entre dans le jardin à la gauche de Jésus. Après, ils ne voient plus rien.        

Mais moi, je vois. Je vois Jésus qui avance lentement à côté de Chouza qui montre toute sa joie de l'avoir comme hôte : "Ma
Jeanne en sera très heureuse. Moi aussi. Elle va toujours mieux. Elle m'a parlé du voyage. Quel triomphe, mon Seigneur !"    

"Tu ne t'en es pas chagriné ?"           

"Jeanne est heureuse, je suis heureux de l’avoir ainsi. Je pouvais ne l'avoir plus depuis des mois, Seigneur."       

"Tu pouvais... et Moi, je te l'ai rendue. Sache en être reconnaissant à Dieu."  

Chouza le regarde interdit... puis il murmure : "Un reproche, Seigneur ?"        

"Non, un conseil. Sois bon, Chouza."           

"Maître, je suis serviteur d'
Hérode..."

"Je le sais. Mais ton âme n'est servante de personne hors Dieu, si tu le veux.
[4]"        

"C'est vrai, Seigneur, je me corrigerai. Parfois je suis pris par le respect humain..."    

"L'aurais-tu eu l'an dernier quand tu voulais sauver Jeanne ?"            

"Oh ! non. Au risque de perdre tout honneur, je me serais adressé à celui dont j'avais pensé qu'il pouvait la sauver."          

"Fais autant polir ton âme. Elle est plus précieuse encore que Jeanne. La voilà qui vient."

Ils hâtent le pas vers elle qui accourt à leur rencontre.           

"Mon Maître ! Je n'espérais pas te revoir si tôt. Quelle bonté te conduit chez ta disciple !"

"Un besoin, Jeanne."            

"Un besoin ? Lequel ? Parle et si nous le pouvons, nous t'aiderons" disent ensemble les deux époux.

"J'ai trouvé hier soir sur une route déserte deux pauvres enfants... un garçonnet et une fillette... Nu-pieds, affamés, déchirés, seuls... et je les ai vus chassés comme des loups, par un homme au cœur de loup. Ils mouraient de faim... À
cet homme j'ai donné le bien-être, l'an dernier. Et lui a refusé un pain à deux orphelins. Car ce sont des orphelins. Orphelins et sur les chemins du monde cruel. Cet homme aura sa punition. Voulez-vous avoir ma bénédiction ? Je vous tends la main, Mendiant d'amour, pour les orphelins sans maison, sans vêtements, sans nourriture, sans amour. Voulez-vous m'aider ?"          

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511> "Mais, Maître, tu le demandes ? Dis ce que tu veux, tout ce que tu veux, dis tout !..." dit Chouza impétueusement.

Et Jeanne ne parle pas, mais les mains serrées sur le cœur, une larme sur ses longs cils, un sourire de désir sur ses lèvres rouges, elle attend et parle plus que si elle parlait.

Jésus la regarde et sourit : "Je voudrais que ces petits aient une mère, un père, une maison. Et que la mère eût le nom de Jeanne..."       

Il n'a pas le temps de finir que le cri de Jeanne est comme celui de quelqu'un qui sort de prison, alors qu'elle se prosterne pour baiser les pieds de son Seigneur.      

"Et toi, Chouza, qu'en dis-tu ? Accueilles-tu en mon nom ces enfants que j'aime, chers, oh ! beaucoup plus chers que des joyaux à mon cœur ?"      

"Maître, où sont-ils ? Conduis-moi vers eux et, sur mon honneur, je te jure que du moment où je poserai ma main sur leur tête innocente, je les aimerai en vrai père, en ton nom."

"Venez, alors. Je savais bien que je ne viendrais pas pour rien. Venez. Ils sont grossiers, effrayés, mais bons. Fiez-vous à Moi qui y lis les cœurs et l'avenir. Ils donneront paix et union à votre union, non pas tant maintenant mais dans l'avenir. Dans leur amour, vous retrouverez votre amour. Leurs innocents embrassements seront le meilleur ciment pour votre maison d'époux. Et le Ciel sera sur vous bienveillant, miséricordieux toujours pour votre charité. Ils sont à l'extérieur de la grille. Nous venons de Bethsaïda..."  

Jeanne n'écoute plus. Elle court en avant, prise du désir ardent de caresser les enfants.

Et elle le fait en tombant à genoux pour serrer sur son sein les deux orphelins, en baisant leurs joues émaciées, pendant qu'eux regardent étonnés la belle dame aux vêtements couverts de joyaux. Et ils regardent Chouza qui les caresse et prend dans ses bras Mathias. Et ils regardent le splendide jardin et les serviteurs qui accourent. ..Et ils regardent la maison qui ouvre ses vestibules pleins de richesses à Jésus et à ses apôtres. Et ils regardent Esther qui les couvre de baisers.      

Le monde des rêves s'est ouvert pour les petits perdus... Jésus observe et sourit... 

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[1] Philippe est de Bethsaïde, comme Pierre et André. Nathanaël (Barthélemy) est de Cana, mais il possède une maison à Bethsaïde. Ceci explique que Philippe soit venu immédiatement le trouver après son appel, pour lui parler de Jésus. Cf. Jean 1,44-49.

[2] La chiourme désigne les galériens, ou les rameurs dans ce cas. À noter les courses nautiques, existantes de tous temps, qu'évoque Pierre juste après.

[3] Peut-être le psaume 103 (104) : Bénis le Seigneur, ô mon âme ; Seigneur mon Dieu, tu es si grand ! …

[4] Son âme, comme on le voit par la suite, est accaparée par le monde qui prend le dessus plusieurs fois.