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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta © Centro Editoriale Valtortiano |
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lundi
13 novembre 28
- Travail de couture 542 - Incrédulité de Nazareth 542 - Le rôle des femmes disciples 542 - Discours du Zélote (Des manoeuvres ennemies ?) 543 - L'intelligence de Margziam 544 - La science humaine : La Victoire sans ailes 545 - Jean d'Endor chez les païens ? 546 - Qu'en est-il de la faute d'origine ? 546 - Comme les suites d'une maladie infantile 547 |
4.173. |
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542> Le métier à tisser est au repos, car Marie et Sintica cousent vivement les étoffes apportées par le Zélote. Les morceaux des vêtements, déjà taillés, sont pliés en tas bien rangé sur la table, couleur par couleur, et de temps à autre, les femmes en prennent un morceau, en le faufilant ensuite sur la table, de sorte que les hommes sont repoussés vers le coin où se trouve le métier au repos, tout près, mais sans s'y intéresser, du travail des femmes. Il y a là aussi les deux apôtres, Jude et Jacques d'Alphée, qui de leur côté regardent le travail féminin sans poser de questions mais, je crois, pas sans curiosité. Et les deux cousins parlent de leurs frères, en particulier de Simon qui les a accompagnés jusqu'à la porte et puis s'en est allé "parce qu'il a un enfant souffrant" dit Jacques pour apaiser la nouvelle et excuser son frère. Jude est plus sévère et il dit : « C'est justement pour cela qu'il aurait dû venir, mais il semble que lui aussi soit devenu hébété. Comme tous les nazaréens, d'ailleurs, si on met à part Alphée et les deux disciples[1] et qui sait maintenant où ils sont. On comprend que Nazareth n'a rien d'autre de bon. La bonté, elle l'a crachée toute entière comme si elle avait une saveur désagréable à notre ville... » « Ne parle pas ainsi » prie Jésus. « N'empoisonne pas ton esprit... Ce n'est pas leur faute… » « De qui, alors?» « De tant de choses... Ne cherche pas. Mais Nazareth n'est pas toute entière ennemie. Les enfants...» « Parce que ce sont des enfants. » « Les femmes... » « Parce que ce sont des femmes. Mais ce ne seront pas les enfants et les femmes qui affermiront ton Royaume. » « Pourquoi, Jude ? Tu es dans l'erreur. Les enfants d'aujourd'hui seront justement les disciples de demain, ceux qui propageront le Royaume sur toute la terre. Et les femmes... pourquoi ne peuvent-elles pas le faire ? » « Tu ne pourras certainement pas faire des femmes des apôtres. Elles seront tout au plus des femmes disciples, comme tu as dit, pour aider les disciples. »
« Je le reconnais, c'est vrai. Mais à Nazareth même les femmes disciples, où sont-elles ? Les filles d'Alphée, les mères d'Ismaël et d'Aser et leurs sœurs. Et c'est tout. Trop peu. Je voudrais ne plus venir à Nazareth pour ne pas voir tout cela. » « Pauvre mère ! Tu lui donnerais une grande douleur » dit Marie en intervenant dans la conversation. « C'est vrai» dit Jacques. « Elle espère tant d'arriver à réconcilier nos frères avec Jésus et nous. Je crois qu'elle ne désire que cela. Mais ce n'est certainement pas en restant éloignés que nous le ferons. Jusqu'à présent je t'ai donné raison en restant isolé mais, à partir de demain, je veux sortir, approcher celui-ci ou celui-là... Car, si nous devons avoir à évangéliser même les gentils, pourquoi n'évangéliserions-nous pas notre ville ? Moi, je me refuse à la croire tout entière mauvaise, impossible à convertir. » Jude Thaddée ne réplique pas, mais il est visiblement inquiet. Simon
le Zélote qui était resté toujours silencieux, intervient :
« Moi, je ne voudrais pas insinuer des soupçons. Mais permettez
que, pour soulager votre esprit, je vous pose une question. Celle-ci :
êtes-vous sûrs que dans la réserve de Nazareth il n'y ait pas des
forces étrangères venues d'ailleurs, qui ici travaillent bien d'après
un élément qui devrait, si on raisonnait avec justice, donner les
meilleures garanties pour donner la certitude que le Maître est le Saint
de Dieu ? « Tu as bien parlé Simon. Pleurez sur elle... » dit Jésus. Et il est attristé. Jean
d'Endor observe : « Tu as bien parlé aussi en disant que les
éléments favorables deviennent défavorables Car l'homme use rarement de
justice dans sa réflexion. Ici, le premier obstacle est l'humilité de la
naissance, l'humilité de l'enfance, l'humilité de l'adolescence,
l'humilité de la jeunesse de notre Jésus. « C'est possible... Mais rien ne change ma pensée au sujet de mes concitoyens. Quelque chose qu'on ait pu leur dire, ils devaient savoir juger d'après les œuvres réelles du Maître et non d'après les paroles d'inconnus. » Un long silence, rompu seulement par le bruit de la toile que la Vierge coupe en bandes pour en faire des volants. Sintica n'a jamais parlé tout en restant très attentive. Elle garde toujours son 545> attitude de profond respect, de réserve qui ne se fait moins rigide qu'avec la Vierge et l'enfant. Mais maintenant l'enfant s'est endormi, assis sur un banc, juste aux pieds de Sintica et la tête appuyée sur les genoux de celle-ci, sur son bras replié; Aussi elle ne bouge pas et elle attend que Marie lui passe les morceaux d'étoffe. « Quel sommeil innocent ! Il sourit... » remarque Marie en se penchant sur le petit visage du dormeur. « Qui sait à quoi il rêve ? » dit en souriant Simon. « C'est un enfant très intelligent » dit Jean. « Il apprend rapidement et il veut avoir des explications claires. Il pose des questions, très subtiles et il veut des réponses claires. Sur tout. Je reconnais que parfois je suis embarrassé sur la réponse à donner. Ce sont des raisonnements supérieurs à son âge et aussi à mes possibilités d'explication. » « Oui! Comme ce jour... Te rappelles-tu, Jean ? Tu avais deux élèves très difficiles, ce jour-là ! Et très ignorants ! » dit Sintica en souriant légèrement et en fixant le disciple de son regard profond. Jean sourit à son tour et dit : « Oui. Et vous avez un maître très incapable qui doit appeler à son secours la vraie Maîtresse... car, dans aucun des nombreux livres que j'avais lus, je n'avais trouvé la réponse à donner à un enfant, sot pédagogue que j'étais. C'est signe que je suis un pédagogue encore ignorant. » « La
science humaine est encore de l'ignorance, Jean. Ce n'est pas le pédagogue,
mais ce qu'on lui avait donné pour l'être qui était insuffisant. La
pauvre science humaine ! Oh ! comme elle me semble mutilée !
Cela me fait penser à une déité qui était honorée en Grèce. Il
fallait le matérialisme païen pour pouvoir croire qu'étant privée
d'ailes, la victoire serait pour toujours en possession des grecs !
Non seulement ce furent les ailes pour la Victoire, mais la liberté nous
fut enlevée... Il aurait mieux valu qu'elle eût des ailes, d'après
notre croyance. Nous aurions pu la croire capable de voler pour dérober
les foudres célestes afin de flécher les ennemis. Mais dans l'état où
elle était, elle ne donnait pas l'espérance mais le découragement, mais
une parole de tristesse. Je ne pouvais la voir sans souffrir:.. Elle me
paraissait souffrante, avilie par sa mutilation. Un symbole de douleur et
non pas de joie... Et elle le fut. « Et ma Mère vous a répondu ce jour-là ? » « Avec une clarté parfaite et une chaste parole, pouvant être entendue par un enfant et deux adultes de sexe différent sans que personne eût à rougir . » « Sur quoi portait-elle ? » « Sur la faute d'origine, Maître. J'ai écrit l'explication de ta Mère pour m'en souvenir » dit encore Sintica, et Jean d'Endor dit aussi : « Moi de même. Je crois que c'est une chose sur laquelle on nous interrogera beaucoup, si un jour on va parmi les gentils. Moi, je ne pense pas y aller parce que... » « Pourquoi, Jean ? » « Parce que j'ai peu de temps à vivre. » « Mais tu y irais volontiers ? » « Plus que beaucoup d'autres en Israël, parce que je n'ai pas de préventions. Et aussi... Oui, aussi pour cela. J'ai donné le mauvais exemple parmi les gentils, à Cintium, et en Anatolie. J'aurais voulu arriver à faire le bien où j'ai fait du mal. Le bien à faire : apporter ta parole là-bas, te faire connaître... Mais ce serait trop d'honneur... Je ne le mérite pas. » Jésus le regarde en souriant, mais ne dit rien à ce sujet. Il demande : « Et vous n'avez pas d'autres questions à me poser ? » « Moi, j'en ai une. Elle m'est venue l'autre soir, quand tu parlais de l'oisiveté avec l'enfant. J'ai cherché à me donner une réponse, mais sans y réussir. J'attendais le sabbat pour te la faire, quand les mains sont inoccupées et que notre âme, entre tes mains, s'élève vers Dieu » dit Sintica. « Pose maintenant ta question pendant que l'on attend l'heure du repos. » « Voici, Maître. Tu as dit que si quelqu'un s'attiédit dans le travail spirituel, il s'affaiblit et se prédispose aux maladies de l'esprit. N'est-ce pas ? » « Oui, femme. » « Maintenant cela me semble en opposition avec ce que j'ai entendu de Toi et de ta Mère sur la faute d'origine, ses effets en nous, la libération de cette faute par ton intermédiaire. Vous m'avez enseigné que par la Rédemption sera annulée la faute d'origine. Je crois ne pas me tromper en disant qu'elle sera annulée non pas pour tous, mais seulement pour ceux qui croiront en Toi. » « C'est vrai. » 547> « Je laisse donc les autres et je prends un de ces sauvés. Je le considère après les effets de la Rédemption. Son âme n'a plus la faute d'origine. Elle revient donc en possession de la Grâce comme l'avaient les premiers Parents. Cela ne lui donne-t-il pas alors une vigueur, qu'aucune langueur ne peut attaquer ? Tu diras : "L'homme fait aussi des péchés personnels". C'est d'accord, mais je pense qu'eux aussi tomberont avec ta Rédemption. Je ne te demande pas comment. Mais je suppose que pour témoigner qu'elle a vraiment existé - et je ne sais pas d'ailleurs comment elle se produira, bien que tout ce qui se rapporte à Toi dans le Livre sacré fasse trembler, et j'espère qu'il s'agit d'une souffrance symbolique, limitée au moral, bien que la douleur morale ne soit pas une illusion mais un spasme peut-être plus atroce que le spasme physique - je suppose que tu laisseras, des moyens, des symboles. Toutes les religions en ont et on les appelle alors des mystères... Le baptême actuel en vigueur en Israël, en est un, n'est-ce pas ? » « Oui. Et il y aura, avec des noms différents de ceux que tu leur donnes, dans ma religion aussi des signes de ma Rédemption appliqués aux âmes pour les purifier, les fortifier, les éclairer, les soutenir, les nourrir, les absoudre. » « Et alors ? Si elles sont absoutes aussi des péchés personnels, elles seront toujours en grâce... Comment alors seront-elles faibles et prédisposées à des maladies spirituelles ? »
Il en est de même dans le domaine spirituel. La Faute d'origine sera effacée chez ceux qui croient en Moi. Mais l'esprit conservera une tendance au péché que sans la Faute originelle il n'aurait pas eue. C'est pour cela qu'il faut surveiller et soigner continuellement son esprit comme le fait une mère soucieuse pour son cher petit resté affaibli à la suite d'une maladie infantile. Il faut donc éviter l'oisiveté et être toujours actif pour fortifier les vertus. Si quelqu'un tombe dans la paresse ou la tiédeur il sera plus facilement séduit par Satan. Et tout péché grave, parce qu'il ressemble à une grave rechute, le disposera toujours plus à l'infirmité et à la mort de l'esprit. Au contraire, si rendue par la Rédemption, la Grâce est aidée par une volonté active et infatigable, voilà qu'elle se garde. Et non seulement cela. Mais elle grandit associée aux vertus conquises par l'homme. Sainteté et Grâce ! Quelles ailes sûres pour voler vers Dieu ! As-tu compris ? » « Oui,
mon Seigneur. Toi, c'est-à-dire la Trinité très sainte, vous donnez à
l'homme la base qu'il lui faut. L'homme, grâce à son travail et à son
attention, doit éviter sa destruction. J'ai compris, « Oui, prions tous ensemble, et puis allons nous reposer. » Jésus se lève, et tous l'imitent, même l'enfant encore à moitié endormi. Et le "Pater noster" résonne plein de force et d'harmonie dans la petite pièce. |
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[1] Probablement Aser et Ismaël, les âniers dont l’un a eu sa mère guérie par Jésus, voir plus loin. |