"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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Qui sommes-nous



 6.432 - Con i contadini di Giocana, presso Sefori.

 4.430 - Near Sephoris, with Johanan's Peasants.


 4.432 - Con los campesinos de Jocanán, cerca de Sefori.

 7.481 - Mit den Bauern des Jochanan.

 Évangile
évocation de :
- Matthieu 25, 32-33.
- Jean 10, 11.


Samedi 16 juin 29
(18 siwan 3789)
Au pied de la colline de
Séphoris.


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 Le don de Dieu ne s'efface pas, seul le péché l'anéantit.

 Nous sommes pauvres...

 Ne haïssez pas.

 Prière sacerdotale pour les pauvres.


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- Rapport de mission de Thomas et d'André ..... 292

- Judas, un malheureux 293


- Faudra-t-il porter la parole chez les païens ? ....... 293

- Les paysans sont tristes 294

- Discours 1 (Ma parole ne se perdra pas) .................. 295

- Discours 2 (Le vrai jeûne, l'offrande du cœur ...... 296

- Je suis le Bon Berger 297

- Persévérez dans l'amour)....................................... 298


- Adieu aux paysans .. 298

- Séparation du groupe apostolique .................. 299

 

Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 6


Tome 6, chapitre 124.

432.
Avec les paysans de Giocana.


Vision du mercredi 8 mai 1946

292> "Vont-ils venir ?" demande Mathieu à ses compagnons qui sont assis sous un bois de chênes verts sur les premières pentes de la colline où s'élève Sephoris. La plaine d'Esdrelon n'est plus visible car elle est au-delà de la colline où ils se trouvent. Mais il y a une plaine beaucoup plus petite entre cette colline et celles de la région de Nazareth que l'on voit nettement dans la limpide clarté de la lune.  

"Ils l'ont promis, et ils vont venir" répond
André.       

"Au moins quelques-uns d'entre eux. Ils sont partis au milieu de la première veille et ils arriveront au début de la seconde" dit
Thomas.         

"Plus tard" dit
le Thaddée.    

"Il nous a fallu moins de trois heures" objecte André.            

"Nous sommes des hommes et en pleine force. Eux sont fatigués et ils auront des femmes avec eux" répond encore le Thaddée.          

"Pourvu que le maître ne s'en aperçoive pas !" soupire Mathieu.        

"Il n'y a pas de danger : il est parti pour Jezraël, chez un ami. Il y a l'intendant, mais il vient lui aussi, car il ne hait pas le Maître" dit Thomas.       

"Cet homme est-il sincère ?" demande
Philippe.        

"Oui, car il n'a pas de raison de ne pas l'être."          

"Hé ! Avoir les bonnes grâces du maître et..."           

"Non, Philippe. Après les vendanges
Giocana le renvoie, précisément parce qu'il ne hait pas le Maître" répond André.            

"Qui vous l'a dit ?" demandent plusieurs.      

"Lui et les paysans... chacun de leur côté. Et quand deux hommes de catégories différentes sont d'accord pour dire une chose, c'est signe que ce qu'ils disent est vrai. Les paysans pleuraient car
l'intendant s'en va. Il était devenu très humain. Et lui nous a dit : "Je suis un homme et pas une marionnette. L'an dernier il m'a dit : 'Honore le Maître, approche-le, sois son fidèle'. J'ai obéi. Maintenant il me dit : 'Malheur à toi si tu aimes mon ennemi et si tu leur permets de l'aimer. Je ne veux pas d'anathème sur mes terres en accueillant ce maudit'. Mais, maintenant que je l'ai connu, comment puis-je considérer cet ordre comme juste ? J'ai dit à mon maître : 'Tu parlais autrement l'an passé, et Lui est toujours le même'. Il m'a frappé une première fois. J'ai dit : 'Je ne suis pas un esclave, et même si je l'étais, tu ne posséderais pas ma pensée.       

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293> Ma pensée juge saint Celui que tu appelles maudit'. Il m'a frappé de nouveau. Ce matin il m'a dit : 'L'anathème d'Israël est dans mes terres. Malheur à toi si tu transgresses mon ordre, Tu ne seras plus mon serviteur'. J'ai répondu : 'Tu as bien dit, je ne serai plus ton serviteur. Cherches-en un autre qui ait ton cœur et qui soit un rapace pour tes biens comme tu l'es pour les âmes d'autrui'. Il m'a jeté parterre et frappé... Mais le travail de l'année va bientôt finir, et avec la lune de Tisri je vais être libre. Je le regrette seulement pour eux..." et il montrait les paysans" raconte Thomas.        

"Mais où l'avez-vous vu ? ..."            

"Dans le bois, comme si nous étions des voleurs. Michée, à qui nous avions parlé, l'avait averti et il était venu encore couvert de sang, et les serviteurs et les servantes étaient venus par petits groupes..." dit André.          

"Hum ! Alors Judas avait raison ! Lui connaît l'humeur du pharisien..." fait remarquer
Barthélemy.  

"Judas sait trop de choses !..." dit
Jacques de Zébédée.      

"Tais-toi ! Il peut t'entendre !" conseille Mathieu.        

"Non. Il s'est éloigné en disant qu'il a sommeil et mal à la tête" répond Jacques.       

"Lune ! Lune dans le ciel et lune dans sa tête. Il est ainsi, plus changeant que le vent" dit sentencieusement
Pierre, jusqu'alors muet.   

"Hé ! Oui ! Un vrai malheur parmi nous !" soupire Barthélemy.           

"Non. Ne parle pas ainsi ! Ne parle pas de malheur ! Dis plutôt moyen de se sanctifier..." dit
le Zélote.

"Ou de se damner, car il fait perdre les vertus..." dit le Thaddée d'un ton tranchant.   

"C'est un malheureux !" commente tristement André, Un silence. Puis Pierre demande : "Mais le Maître prie-t-il encore ?"       

"Non. Pendant que tu dormais, il est passé pour rejoindre
Jean et son frère Jacques, placés en sentinelles sur la route, il veut être tout de suite près des pauvres paysans. Peut-être ce sera la dernière fois qu'il les voit" répond le Zélote.   

"Pourquoi la dernière fois ? Pourquoi ? Ne dis pas cela. Tu sembles porter malheur !" dit le Thaddée tout agité.  

"Mais parce que, tu le vois... Nous sommes de plus en plus persécutés... Je ne sais pas comment nous ferons à l'avenir..."    

"Simon a raison. ..Hé ! ce sera une belle chose d'être tous spirituels... Mais... s'il était permis d'avoir un petit peu... d'humanité… un tout petit peu de protection de Claudia ne nous aurait pas fait de mal" dit Mathieu.       

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294> "Non. Il vaut mieux être seuls... et surtout purs de contacts avec les gentils. Moi... je ne suis pas d'accord" dit avec décision Barthélemy.

"Assez peu, moi aussi…" dit le Thaddée. "Mais pourtant le Maître dit que sa Doctrine doit s'étendre sur le monde entier et que c'est nous qui devrons le faire... Semer partout sa parole. ..Et alors nous devrons nous habituer à approcher les gentils et les idolâtres..."

"Des gens immondes. Il me semble faire quelque chose de sacrilège. La Sagesse aux porcs !…"    

"Ils ont une âme, eux aussi, Nathanaël ! Tu avais pitié de la fillette hier..."      

"Parce que... c'est un... c'est un rien qu'il faut former. C'est comme un nouveau-né... Mais les autres !... Et puis elle n'est pas romaine..."          

"Tu crois que les gaulois sont moins idolâtres ? Ils ont leurs dieux cruels eux aussi. Tu t'en apercevras si tu dois aller les convertir !..." dit le Zélote qui est plus cultivé que les autres, je dirais plus cosmopolite.    

"Mais elle n'est pas de la race des profanateurs d'Israël. Moi, je ne prêcherai pas aux ennemis d'Israël, ni aux actuels ni aux anciens."        

"Alors... tu devras aller très loin, chez les hyperboréens
[1], parce que... il ne semble pas, mais Israël a goûté tous les peuples voisins..." dit Thomas.  

"J'irai au loin... Mais voici le Maître. Allons à sa rencontre. Que de gens ! Mais ils sont tous venus ! Jusqu'aux enfants..."            

"Le Maître va être heureux..." Ils se joignent au Maître qui avance avec peine dans la prairie, serré comme il l'est par tant de gens qui l'entourent.

"Judas est-il encore absent ?" demande Jésus.        

"Oui, Maître. Mais si tu veux, nous allons l'appeler..."            

"Pas besoin. Ma voix l'atteindra là où il est. Et sa conscience, libre, lui parle avec sa propre voix. Il ne faut pas y unir vos voix et forcer une volonté. Venez, assoyons-nous ici avec eux qui sont nos frères, et pardonnez-moi si je n'ai pu rompre le pain avec vous dans un repas d'amour."   

Ils s'assoient en cercle avec Jésus au centre, et Jésus veut avoir autour de Lui les enfants qui se serrent à Lui caressants et pleins de confiance.          

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295> "Bénis-les, Seigneur ! Qu'eux voient ce que nous, nous espérons voir. La liberté de t'aimer !" crie une femme.     

"Oui, Ils nous enlèvent même celle-là. Ils ne veulent pas que dans notre cœur soient gravées tes paroles et maintenant ils nous empêchent de nous voir en nous défendant de venir vers Toi... et nous n'aurons plus de paroles saintes !" gémit un vieil homme.     

"Nous deviendrons pécheurs, ainsi abandonnés. Tu nous as enseigné le pardon... tu nous as donné tant d'amour que nous pouvions supporter le maître avec sa méchanceté... Mais maintenant..." dit un jeune homme. Je distingue mal les visages et je ne sais pas exactement qui parle, mais je me base sur le ton des voix.   

"Ne pleurez pas. Je ne vous ferai pas manquer ma parole. Je viendrai encore, tant que je le pourrai..."     

"Non, Maître et Seigneur. Lui est méchant, et aussi ses amis. Il pourrait te faire du mal et ce serait à cause de nous. Nous faisons le sacrifice de te perdre, mais ne nous donne pas la peine de dire : "C'est à cause de nous qu'il a été pris."         

"Oui, sauve-toi, Maître !"       

"Ne craignez pas. On lit dans Jérémie comment il dit à son secrétaire Baruch d'écrire ce que le Seigneur lui disait, et d'aller lire cet écrit à ceux qui étaient rassemblés dans la maison du Seigneur, de le lire à la place du prophète qui était prisonnier et ne pouvait pas y aller
[2]. C'est ainsi que je ferai. J'ai de nombreux et fidèles Baruch parmi mes apôtres et mes disciples. Ils viendront vous dire la parole du Seigneur et vos âmes ne périront pas. Et Moi, je ne serai pas pris à cause de vous, car le Dieu Très-Haut me cachera à leurs yeux tant que ce n'est pas l'heure où le Roi d'Israël doive être montré aux foules pour être connu par tout le monde.    

Et ne craignez pas non plus de perdre les paroles qui sont en vous. On lit, toujours dans Jérémie, que même après la destruction du volume par Joachim roi de Juda, qui, en brûlant le rouleau espéra détruire les paroles éternelles et véridiques, ce qui avait été dicté par Dieu demeura parce que le Seigneur commanda au prophète : "Prends un autre rouleau pour y écrire tout ce qu'il y avait dans le rouleau brûlé par le roi". Et Jérémie donna un volume à Baruch, un rouleau qui n'avait pas servi et il dicta de nouveau à son secrétaire les paroles éternelles et d'autres encore pour compléter les premières
[3], car le Seigneur répare les dégâts faits par les hommes quand c'est une bonne chose pour les âmes, et Il ne permet pas que la haine anéantisse ce qui est œuvre d'amour.          

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296> Eh bien, Moi aussi, en me comparant à un volume plein de vérités saintes, si je viens à être détruit, croyez-vous que le Seigneur vous laissera périr sans que vous soyez aidés par d'autres volumes, où se trouveront mes paroles et celles de mes témoins qui raconteront ce que je ne pourrai pas dire, parce qu'emprisonné par la Violence et détruit par elle ? Et croyez-vous que ce qui est imprimé dans le volume de vos cœurs puisse s'anéantir quand le temps passera sur mes paroles ? Non. L'Ange du Seigneur vous les répétera ces paroles et les gardera fraîches dans vos esprits qui veulent la Sagesse. Non seulement cela, mais il vous les expliquera et vous serez sages dans la parole de votre Maître. Vous scellez par la douleur votre amour pour Moi. Peut-il jamais périr ce qui résiste même à la persécution ? Cela ne peut périr. C'est Moi qui vous le dis.          

 Le don de Dieu ne s'efface pas. Seul le péché l'anéantit. Mais vous, vous ne voulez certainement pas pécher, n'est-ce pas, mes amis ?"  

"Non, Seigneur. Ce serait te perdre même dans l'autre vie" disent plusieurs.  

"Mais ils nous feront pécher. Il nous a imposé de ne plus sortir du domaine le sabbat... et il n'y aura plus de Pâque pour nous. Nous pécherons donc…" disent d'autres.          

"Non, vous ne pécherez pas. C'est lui qui péchera. Lui seulement, lui qui fait violence au droit de Dieu et des fils de Dieu de s'embrasser et de s'aimer dans un doux colloque d'amour et d'enseignement le jour du Seigneur."       

 "Mais lui répare par de nombreux jeûnes et offrandes. Nous, nous ne le pouvons pas parce que trop peu déjà est la nourriture pour la fatigue de notre travail et nous n'avons rien à offrir... Nous sommes pauvres..."        

"Vous offrez ce que Dieu apprécie : votre cœur. Isaïe, parlant au nom de Dieu, dit aux faux pénitents : "Voilà, au jour de votre jeûne apparaît votre volonté et vous accablez vos débiteurs. Voilà que vous jeûnez pour vous quereller et discutailler et vous battre à coups de poings d'une manière impie. Ne jeûnez pas comme jusqu'à aujourd'hui pour pousser haut les cris. Est-ce cela le jeûne que Je veux ? Que l'homme, pendant un jour, se borne à affliger son âme et qu'il tourmente son corps et dorme dans la cendre! Est-ce cela que tu appelleras jeûne et jour agréable au Seigneur ? Tout autre est le jeûne que Je préfère. Romps les chaînes du péché, dénoue les engagements qui oppriment, mets en liberté celui qui est emprisonné, enlève toute charge. Partage ton pain avec celui qui a faim, accueille les pauvres et les pèlerins, habille ceux qui sont nus et ne méprise pas ton prochain
[4]".

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297> Mais ce n'est pas cela que fait Giocana. Vous, à cause du travail que vous faites pour lui en l'enrichissant, vous êtes ses créanciers, et il vous traite plus mal que des débiteurs retardataires et il élève la voix pour vous menacer et la main pour vous frapper. Il n'est pas miséricordieux pour vous, et il vous méprise parce que vous êtes serviteurs. Mais le serviteur est homme comme son maître, et s'il a le devoir de servir, il a pourtant le droit de recevoir ce qui est nécessaire à un homme, aussi bien matériellement que dans son esprit. On n'honore pas le sabbat même en le passant à la synagogue, si le même jour celui qui le pratique enchaîne ses frères et les abreuve d'aloès. Vous, faites vos sabbats en parlant du Seigneur entre vous, et le Seigneur sera parmi vous. Vous, pardonnez et le Seigneur vous glorifiera.       

Je suis le Bon Berger, et j'ai pitié de toutes les brebis. Mais Certainement j'aime d'un amour particulier celles que les bergers idolâtres ont frappées pour qu'elles s'éloignent de mon chemin. C'est pour elles, plus que pour toute autre, que je suis venu. Parce que mon Père, qui est aussi le vôtre, m'a donné cet ordre : "Fais paître ces brebis d'abattoir, tuées sans pitié par leurs maîtres qui les ont vendues en disant : 'Nous nous sommes enrichis!' et desquelles les bergers n'ont pas eu compassion".            

Eh bien, je ferai paître le troupeau d'abattoir, ô pauvres du troupeau, en abandonnant à leur méchanceté ceux qui vous affligent et affligent le Père qui souffre en ses fils. Je tendrai la main aux plus petits parmi les fils de Dieu et je les attirerai à Moi, pour qu'ils aient ma gloire.          

Le Seigneur le promet par la bouche des prophètes qui célèbrent ma pitié et ma puissance de Berger. Et Moi, je le promets directement à vous qui m'aimez. Je veillerai sur mon troupeau. A ceux qui accusent les bonnes brebis de troubler l'eau et d'abîmer la pâture pour venir à Moi, je dirai : "Retirez-vous, c'est vous qui faites tarir la source et dessécher la pâture de mes fils. Mais je les ai amenés et je les amènerai à d'autres pâturages, aux pâturages qui rassasient l'esprit. Je vous laisserai à vous le pâturage pour vos grosses panses, je vous laisserai la source amère que vous avez fait couler et Moi, je m'en irai avec elles en séparant les vraies brebis de Dieu des fausses
[5], et mes agneaux ne seront plus tourmentés par rien, mais ils jubileront pour toujours dans les pâturages du Ciel.       

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298> Persévérez, fils bien-aimés ! Ayez encore un peu de patience ainsi comme Moi j'en ai. Soyez fidèles, en faisant ce qui vous est permis par votre maître injuste. Et Dieu jugera que vous avez tout accompli et vous récompensera pour tout.  Ne haïssez pas, même si tout conspire à vous enseigner la haine. Ayez foi en Dieu. Vous voyez : Jonas a été soustrait à sa souffrance, et Jabé a été amené à l'amour. Mais le Seigneur agira avec vous de la même façon qu'avec le vieil homme et avec l'enfant, partiellement en cette vie, totalement dans l'autre.        

Je n'ai que des pièces de monnaie à vous donner pour rendre moins dure votre situation matérielle. Je vous les donne. Donne-les Mathieu, qu'ils se les partagent
[6]. Il y en a beaucoup, mais c'est toujours peu pour vous qui êtes si nombreux et si besogneux. Mais je n'ai rien d'autre... de matériel. Mais j'ai mon amour, la puissance que je tiens de ma qualité de Fils du Père, pour demander pour vous les infinis trésors surnaturels, afin de consoler vos pleurs et de donner la lumière à vos brumes. Oh ! triste vie que Dieu peut rendre lumineuse ! Lui seul ! Lui seul !...        

 Et Moi, je dis : "Père c'est pour eux que je te prie. Je ne te prie pas pour les heureux et les riches du monde, mais pour eux qui n'ont que Toi et Moi. Fais-les s'élever si haut dans les chemins de l'esprit, qu'ils trouvent tout réconfort dans notre amour, et donnons-nous à eux avec l'amour, avec tout notre amour infini, pour recouvrir de paix, de sérénité, de courage, de la paix, sérénité, force surnaturelle, leurs journées, leurs occupations, afin que éloignés du monde par amour pour nous, ils puissent résister à leur calvaire, et après la mort, te posséder Toi, Nous, béatitude infinie"."       

Jésus a prié debout, s'étant dégagé doucement des enfants qui s'étaient endormis sur Lui. Il est majestueux et doux dans sa prière.      

Maintenant il abaisse les yeux et dit : "Je pars. C'est pour vous le moment de partir pour arriver à temps dans vos maisons. Nous nous verrons encore. Je vous amènerai Margziam. Mais même quand je ne pourrai plus venir, mon Esprit sera toujours avec vous, et mes apôtres vous aimeront comme je vous ai aimés. Que le Seigneur fasse reposer sur vous sa bénédiction. Allez !" Il se penche pour caresser les enfants endormis et il s'abandonne aux effusions de la pauvre foule qui ne sait pas se détacher de Lui...   

Mais enfin chacun s'en va dans sa direction et les deux groupes se séparent pendant que la lune descend et que l'on allume des branches
pour éclairer la route, L'âcre fumée des branches encore humides est une bonne excuse pour les larmes qui coulent...          

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299> Judas les attend, adossé à un tronc d'arbre, Jésus le regarde et ne lui dit rien, pas même quand Judas dit : "Je vais mieux."      

Ils avancent ainsi, du mieux qu'ils peuvent dans la nuit, puis plus aisément à l'aube.  

En voyant un carrefour, Jésus s'arrête et dit : "Séparons-nous. Que viennent avec Moi Thomas, Simon le Zélote et mes frères. Que les autres aillent au lac pour m'y attendre."

"Merci, Maître... je n'osais pas te le demander, mais tu viens au-devant de mes désirs. Je suis vraiment las et, si tu le permets, je m'arrête à Tibériade..."          

"Chez un ami" ne peut s'empêcher de dire Jacques de Zébédée. Judas écarquille les yeux, Mais il se borne à cela.         

Jésus se hâte de dire : "Il me suffit qu'au sabbat tu ailles à Capharnaüm avec tes compagnons. Venez que je vous embrasse, vous qui me quittez." Et il embrasse affectueusement ceux qui s'en vont en donnant à chacun un conseil à voix basse...



Personne ne fait d'objection. Seul Pierre dit en partant : "Viens vite, Maître."

"Oui, viens vite" disent les autres et Jean termine : "Il sera bien triste le lac sans Toi."

Jésus les bénit encore et il promet : "Bientôt !" et puis chacun s'en va de son côté.

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[1] Hyperboréens : Appellation mythique des peuples censés habiter à l’extrême-nord du monde.

[2] Jérémie 36,4-8.

[3] Jérémie 36,26-32.

[4] Isaïe 58,3-7.

[5] Référence à Jean 10, 11 - Matthieu 25, 32-33.

[6] Argent donné par les romaines, par l’entremise d’Aurea, et conservé à l’insu de Judas, absent à ce moment.. Cf. le chapitre 118.