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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta © Centro Editoriale Valtortiano |
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mardi 31
juillet 29
- Mission donnée à quatre apôtres 362 - Jésus envoie aussi Margziam à Nazareth 363 - On fait à tour de rôle l'éloge de Margziam 363 - Discours (Les deux branches d'un tronc 364 - ou Les deux époux en une seule chair : Les deux préceptes inséparables de la Loi 366 - Un seul ciel pour les justes, même païens 367 - Les quatre séjours des trépassés) 367 - Discours (Les mérites du Dieu incarné) 368 - Seigneur, donne-nous cette charité 370 |
6.136. |
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362> "Où as-tu laissé les barques, Simon, quand tu es venu à Nazareth ?" demande Jésus pendant qu'il s'en va dans la direction nord-est en tournant le dos à la plaine d'Esdrelon et en avançant dans la direction du Thabor. "Je les ai renvoyées pour la pêche, Maître. Mais j'ai dit qu'elles 363> se trouvent à Tarichée tous les trois jours... Je ne savais pas combien de temps je serais resté avec Toi." "Très bien. Qui d'entre vous veut aller avertir ma Mère et Marie d'Alphée de nous rejoindre à Tibériade ? Le rendez-vous est à la maison de Joseph." "Maître... nous le voudrions tous. Mais Toi, dis qui doit y aller. Cela vaudra mieux." "Alors Mathieu, Philippe, André et Jacques de Zébédée. Que les autres viennent avec Moi à Tarichée. Vous direz aux femmes le motif du retard, et de fermer la maison et de venir, Nous resterons ensemble pendant toute une lune. Allez. Voici la bifurcation, et que la paix soit avec vous." Il embrasse les quatre qui se séparent et il reprend la marche avec les autres. Mais après quelques pas, il s'arrête et remarque Margziam qui, la tête penchée, marche un peu en arrière. Quand le jeune homme le rejoint, il lui met la main sous le menton pour le forcer à lever le visage. Deux traces de larmes se voient sur le visage un peu brun. "Tu irais toi aussi volontiers à Nazareth ?" "Oui, Maître... Mais fais ce que tu veux." "Je veux que tu aies du réconfort, fils... Va, cours après eux. La Mère te consolera." Il l'embrasse et le laisse aller. Margziam se met à courir pour rejoindre rapidement les quatre. "C'est encore un enfant..." remarque Pierre. "Et il souffre beaucoup... Il me disait hier soir, quand je l'ai trouvé en larmes dans un coin de la maison : "C'est comme si mon père et ma mère étaient morts hier... La mort du vieux père m'a rouvert le cœur..." dit Jean. "Pauvre enfant !... Mais cela a été une bonne chose qu'il soit présent à cette mort..." dit le Zélote. "Il s'était tellement bercé de l'idée de pouvoir aider le vieillard !..." dit Pierre. "Porphyrée me disait qu'il faisait des sacrifices de toutes sortes pour pouvoir mettre de l'argent de côté. Il a travaillé dans les champs, il a fait des fagots pour les fours, il a pêché, il s'est privé des fromages pour les vendre; du miel pour le vendre... Il avait ce clou dans le cœur et il voulait avoir le vieux père avec lui. ..Hélas !" "C'est un homme de bonnes résolutions. Il ne recule pas devant le sacrifice et le travail. Bonnes qualités" dit Barthélemy. "Oui, c'est un bon fils et ce sera un disciple des meilleurs. Voyez avec quelle maîtrise il se gouverne même dans les moments les plus troublés... Son cœur affligé désirait Marie, mais il n'a pas demandé d'y aller. 364> Il a si bien compris dans la prière ce que c'est que la force, qu'il surpasse beaucoup d'adultes" dit Jésus. "Crois-tu qu'il fasse des sacrifices dans un but fixé d'avance?" demande Thomas. "J'en suis certain."
"Oui" dit Pierre. "Hier il est venu à moi et en me jetant les bras autour du cou, car il est encore enfant, il m'a dit : "Maintenant tu es vraiment pour moi un père... et je te rends ce que ta bonté m'avait fait économiser. Il ne sert plus, cet argent, au vieux père... et toi et Porphyrée, vous faites tant pour moi..." Moi, et j'avais du mal à rester sans pleurer, je lui ai répondu : "Non, fils. Nous ferons avec cet argent des aumônes pour des vieillards dans la misère ou pour des orphelins pauvres, et Dieu emploiera tes aumônes pour accroître la paix du pauvre vieux". Et Margziam m'a donné deux baisers si forts que... voilà... je n'ai pas pu retenir mes larmes. Et comme il t'est reconnaissant, Barthélemy, d'avoir réglé les dépenses. Il me disait : "Pour moi, l'honneur donné qu vieux père n'a pas de prix. Je vais dire à Barthélemy de me prendre pour serviteur"." "Oh ! pauvre enfant ! Pas même pour une heure ! Lui sert le Seigneur et il nous édifie tous. J'ai honoré un juste. Je pouvais le faire car mon nom est connu et il m'était facile de trouver quelqu'un qui me fasse une avance d'argent. De Bethsaïda, je m'occuperai du remboursement de la petite dette, insignifiante au fond..." répond Barthélemy. "Oui,
comme argent c'est peu, puisque ceux de Jezraël ont été généreux,
mais ton amour pour un condisciple n'est pas une chose insignifiante, car
tout acte d'amour a une grande valeur" dit Jésus et il
continue : Quelle valeur peut avoir aux yeux de Dieu la parade d'un culte quand ensuite, en son intérieur, le cœur n'aime pas Dieu, ne s'anéantit pas dans un respectueux amour pour Dieu, quand il ne le loue pas, et ne l'admire pas en aimant les choses qu'il a faites, et pour commencer l'homme qui est le chef d’œuvre de la Création terrestre ? Vous voyez où en est arrivée l'erreur en Israël ? D'avoir en un premier temps fait d'un précepte unique deux préceptes et, par la suite, avec la décadence des esprits; d'avoir coupé nettement le second du premier comme si c'était une branche inutile. Ce n'était pas une branche inutile, il n'y avait même pas deux branches. C'était un tronc unique qui, dès la base, s'était orné des vertus particulières des deux amours. Regardez ce gros figuier qui a poussé au sommet du coteau. il est né spontanément, et presque dès la racine, c'est-à-dire au sortir du sol, il s'est divisé en deux branches tellement unies que les deux écorces se sont soudées. Mais chaque branche a produit sa propre frondaison des deux côtés, d'une manière tellement bizarre que l'on a donné le nom de "Maison du figuier jumeau" à ce petit village situé sur la petite colline. Eh bien, si maintenant on voulait séparer les deux troncs, qui au fond sont un seul tronc, il faudrait employer la hache ou la scie. Mais que ferait-on ? On ferait mourir la plante, ou si on était assez adroit pour faire passer la hache ou la scie de façon à ne blesser qu'un seul des deux troncs, on en sauverait un, mais l'autre serait inexorablement condamné à mourir et celui qui resterait, bien qu'encore vivant, serait chétif et probablement s'étiolerait sans plus donner de fruit ou en en donnant très peu. La
même chose est arrivée en Israël. Ils ont voulu diviser, séparer les
deux parties urnes au point d'être une seule chose. Ils ont voulu
remailler ce qui était parfait, car toute œuvre de Dieu est parfaite,
toute pensée, toute parole. Et, comme il ne me suffit jamais de vous former à cette sublime vertu, la plus grande de toutes, celle qui s'élève avec l'esprit au Ciel, car elle est la seule qui subsiste au Ciel, j'insiste sur cette 366> vertu; âme de toute la vie de l'esprit qui perd la vie s'il perd la Charité parce qu'il perd Dieu. Comprenez-moi. Supposez qu'un jour à votre porte viennent frapper deux époux très riches pour demander l'hospitalité pour toute leur vie. Pourriez-vous dire : "Nous acceptons l'époux, mais nous ne voulons pas de l'épouse" sans vous entendre répondre par l'époux : "Cela ne peut être, car je ne puis me séparer de la chair de ma chair. Si vous ne voulez pas l'accueillir, moi non plus, je ne puis m'arrêter chez vous, et je m'en vais avec tous les trésors auxquels je vous aurais fait participer" ?
367>
Et
à l'égalité de la conception, formation et manière de naître des
enfants d'un homme et d'une femme sur la Terre, correspond une autre
égalité dans le Ciel : Maintenant je vous révèle une grande vérité. Souvenez-vous-en. Transmettez-la à vos successeurs. N'attendez pas toujours que l'Esprit Saint éclaire à nouveau les vérités, après des années ou des siècles d'obscurité. Écoutez. Vous direz peut-être : "Mais alors quelle justice y a-t-il à appartenir à la religion sainte si à la fin du monde nous sommes traités de la même manière que les gentils ?" Je vous réponds : la même justice qu'il y a, et c'est la vraie justice, pour ceux qui, tout en appartenant à la religion sainte, ne seront pas bienheureux parce qu'ils n'auront pas vécu en saints. Un païen 368> vertueux, pour la seule raison qu'il aura pratiqué une vertu authentique, convaincu que sa religion était bonne, aura le Ciel à la fin. Mais quand ? A la fin du monde, quand des quatre séjours des trépassés[5] deux seulement subsisteront : à savoir le Paradis et l'Enfer. Car la Justice, à ce moment-là, ne pourra que conserver et donner les deux royaumes éternels à ceux qui de l'arbre du libre arbitre auront choisi les bons fruits ou voulu les fruits mauvais. Mais quelle attente avant qu'un païen vertueux arrive à cette récompense ! ...Vous n'y pensez pas ? Et cette attente, spécialement du moment où la Rédemption avec tous les prodiges consécutifs se sera produite et où l'Évangile sera annoncé au monde, sera la purification des âmes qui auront vécu en justes dans d'autres religions mais n'auront pas pu entrer dans la vraie Foi ayant connu son existence et la preuve de sa réalité. Pour eux, les Limbes pendant des siècles et des siècles jusqu'à la fin du monde. Pour ceux qui auront cru au Dieu vrai et n'auront pas su être héroïquement saints, le long Purgatoire; et pour certains, il pourra se terminer à la fin du monde. Mais après l'expiation et l'attente, les bons, quelle que soit leur provenance, seront tous à la droite de Dieu; les mauvais, quelle que soit leur provenance, à la gauche et puis dans l'Enfer horrible, alors que le Sauveur entrera avec les bons dans le Royaume éternel." "Seigneur, pardonne-moi si je ne te comprends pas. Ce que tu dis est très difficile... au moins pour moi... Tu dis toujours que tu es le Sauveur et que tu rachèteras ceux qui croient en Toi, Et alors ceux qui ne croient pas, ou parce qu'ils ne t'ont pas connu ayant vécu auparavant, ou bien parce que - le monde est si grand ! - ils n'ont pas eu connaissance de Toi, comment peuvent-ils être sauvés ?" demande Barthélemy. "Je te l'ai dit : à cause de leur vie de justes, de leurs œuvres bonnes, de leur foi qu'ils croient vraie." "Mais ils n'ont pas eu recours au Sauveur..." "Mais le Sauveur souffrira pour eux, pour eux aussi. Tu n'imagines pas, Barthélemy, quelle étendue de valeur auront mes mérites d'Homme-Dieu ?" "Mon Seigneur, ils sont toujours inférieurs à ceux de Dieu, à ceux que tu as par conséquent depuis toujours." "Juste
et pas juste ta réponse. Les mérites de Dieu sont infinis, dis-tu. Maintenant tu comprends que Dieu ne peut se forcer Lui-même, étant Parfait, Infini. Mais l'Homme-Dieu peut se forcer Lui-même en humiliant l'infinie Nature divine jusqu'aux limites humaines, en triomphant de la nature humaine qui en Lui n'est pas absente ou métaphorique mais réelle, avec tous ses sens et ses sentiments, avec ses possibilités de souffrance et de mort, avec sa volonté libre. Personne n'aime la mort, surtout si elle est douloureuse, prématurée et imméritée. Personne ne l'aime, et pourtant tout homme doit mourir. Aussi on devrait regarder la mort avec le même calme dont on voit finir tout ce qui a vie. Eh bien, je force mon Humanité à aimer la mort. Non seulement cela. Moi, j'ai choisi la vie pour pouvoir avoir la mort. Pour l'Humanité. En effet, en qualité d'Homme-Dieu, j'acquiers ces mérites qu'en restant Dieu je ne pouvais acquérir. Et avec eux, qui sont infinis, sous la forme où je les acquiers, à cause de la Nature divine unie à l'humaine, à cause des vertus de Charité et d'Obéissance par lesquelles je me suis mis en condition de les mériter, à cause de la Force, de la Justice, de la Tempérance, de la Prudence, de toutes les vertus que j'ai mises dans mon cœur pour qu'il soit bien accueilli de Dieu, mon Père, j'aurai une puissance infinie non seulement comme Dieu, mais comme l'Homme qui s'immole pour tous, c'est-à-dire qui atteint l'extrême limite de la Charité. C'est le sacrifice qui donne le mérite. Plus grand est le sacrifice et plus grand est le mérite. A sacrifice complet, mérite complet. A sacrifice parfait, mérite parfait. Et il peut servir selon la sainte volonté de la victime, à laquelle le Père dit : "Qu'il en soit comme tu veux !" parce qu'elle l'a aimé sans mesure et qu'elle a aimé le prochain sans mesure. Voici, c'est Moi qui vous le dis. Le plus pauvre des hommes peut être le plus riche et faire du bien à une quantité innombrable de frères s'il sait aimer jusqu'au sacrifice. Moi, je vous le dis : même si vous n'avez plus une bouchée de pain, un calice d'eau, un lambeau de vêtement, vous pouvez toujours faire du bien. Comment ? En priant et en souffrant pour les frères. Faire du bien à qui ? A tous. 370> De quelle façon ? De mille manières toutes saintes car si vous savez aimer, vous saurez comme Dieu agir, enseigner, pardonner, gouverner, et comme l'Homme-Dieu racheter." "O Seigneur, donne-nous cette charité !" soupire Jean. "Dieu vous la donne, puisqu'il se donne à vous. Mais vous vous devez l'accueillir et la pratiquer de plus en plus parfaitement. Aucun événement pour vous ne doit être séparé de la charité. Des matériels à ceux de l'esprit. Que tout soit fait avec charité et pour la Charité. Sanctifiez vos actions, vos journées, mettez le sel dans vos oraisons, la lumière dans vos actes. La lumière; la saveur, la sanctification, c'est la Charité. Sans elle, les rites sont sans valeur et les prières sont vaines et les offrandes fausses. En vérité je vous dis que le sourire par lequel un pauvre vous salue comme frères a plus de valeur qu'un sac de pièces de monnaie que quelqu'un peut jeter à vos pieds, dans le seul but d'être remarqué. Sachez aimer et Dieu sera avec vous, toujours." "Enseigne-nous à aimer ainsi, Seigneur." "Cela fait deux ans que je vous l'enseigne. Faites ce que vous me voyez faire et vous serez dans la Charité et la Charité sera en vous. Sur vous sera le sceau, le chrême, la couronne qui vous fera reconnaître pour des ministres du Dieu-Charité. Maintenant reposons-nous dans cet endroit ombragé. il y a de l'herbe touffue et haute et les arbres adoucissent la chaleur. Nous reprendrons la marche dans la soirée..." |
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[1] Cf. la première épître aux corinthiens de Paul : 1Corinthiens 13,1-13 [2] Cf. première épître de Jean : 1Jean 4,20 [3] Cf. Matthieu 25,40 [5]
Paradis : séjour où les âmes des justes voient Dieu et
jouissent d’un bonheur éternel. |