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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
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samedi 24 mars 29 (20 Nisan)
- Jésus arrive à temps pour sauver
de la mort 480 - Lazare appelé à être corédempteur 481 - Il a déjà
arraché sa sœur au démon 482 - Une mère qui
ne réussit pas à sauver son fils ? 482 - Des esprits
sauvés au dernier moment 483 - Jésus rejette
une invitation d'Hérode 483 - Des
synhédristes embarrassés devant un cas 485 - Le fils d'Anne
a été protégé injustement 486 - On a traité
Jésus de blasphémateur 487 - Discours (Le
cœur pourri d'Israël) 488 - La colère de
Jésus est impressionnante 488 |
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480> Un grand nombre de disciples, hommes et
femmes, ont pris congé pour revenir aux maisons où ils logent, ou pour
reprendre les chemins par lesquels ils étaient venus. Dans le splendide après-midi de cette fin d'avril, il reste à
la maison de Lazare les disciples proprement dits, et particulièrement ceux
qui sont le plus voués à la prédication. C'est-à-dire les bergers, Hermas et Étienne, le prêtre Jean, Timon, Hermastée,
Joseph
d'Emmaüs, Salomon, Abel de Bethléem de Galilée, Samuel et Abel de Corozaïn, Agape, Aser et Ismaël
de Nazareth, Élie de Corozaïn, Philippe d'Arbela, Joseph
le passeur de Tibériade, Jean
d'Éphèse, Nicolaï
d'Antioche. Il reste des femmes, en
plus des disciples connues, Annalia, Dorca, la mère de Judas, Myrta, Anastasica,
les filles de Philippe.
Je ne vois plus Miryam de Jaïre, ni Jaïre lui-même.
Peut-être est-t-il retourné où il logeait. Ils circulent lentement dans les cours ou sur la terrasse de la
maison, alors qu'autour de Jésus, qui est assis près du lit de Lazare, se
trouvent presque toutes les femmes et toutes les anciennes disciples. Elles
écoutent Jésus qui parle avec Lazare, décrivant les pays traversés au cours
des dernières semaines avant le voyage pascal. "Tu es arrivé juste à temps pour sauver le bébé"
commente Lazare après le récit du fort de Césarée de Philippe, en montrant le
poupon qui dort heureux dans les bras de sa mère. Et Lazare ajoute :
"C'est un bel enfant ! Femme, fais-le-moi voir de près !" Dorca se lève et, silencieuse mais
triomphante, elle offre son bébé à l'admiration du malade. "Un bel enfant ! Vraiment beau ! Que le Seigneur
le protège et le fasse croître en force et en sainteté." 481> "Et fidèle à son Sauveur. S'il
ne devait pas l'être à l'avenir, je le voudrais mort, même maintenant. Tout, mais
qu'après avoir été sauvé, il ne soit pas ingrat envers le
Seigneur !" dit Dorca fermement en
revenant à sa place. "Le Seigneur arrive toujours à temps pour sauver" dit
Myrta, mère d'Abel de Bethléem. "Le mien
n'était pas moins proche de la mort, et de quelle mort ! que le bébé de Dorca. Mais Lui est arrivé et il l'a sauvé. Quelle heure
terrible !..." Myrta pâlit encore à ce
souvenir... "Alors tu viendras à temps aussi pour moi, n'est-ce
pas ? Pour me donner la paix..." dit Lazare en caressant la main de
Jésus. "Mais n'es-tu pas un peu mieux, mon frère ?"
demande Marthe. "Depuis hier tu me semblés plus soulagé..." "Oui, et je m'en étonne moi-même. Peut-être Jésus..." "Non, mon ami. C'est que j'ai versé en toi ma paix. Ton
âme en est saturée et cela assoupit la souffrance des membres.
C'est un décret de Dieu que tu souffres." "Et que je meure. Dis-le aussi. Eh bien... que soit faite
sa volonté, comme tu l'enseignes. Désormais je ne demanderai plus la
guérison, ni de soulagement. J'ai tant eu de Dieu (et il regarde
involontairement Marie, sa sœur) qu'il est juste que je donne ma soumission
en échange de pareil bien..." "Fais davantage, mon ami. C'est déjà beaucoup de se
résigner et de supporter la douleur. Mais, toi, donne-lui une valeur
plus grande." "Laquelle, mon Seigneur ?" "Offre-la pour la rédemption des hommes." "Je suis un pauvre homme, moi aussi, Maître. Je ne puis
aspirer à être un rédempteur."
"Comme c'est beau, tout cela, n'est-ce pas, mes
sœurs ?" dit Lazare avec un sourire de rêve sur son fin visage. Marthe, émue, approuve d'un signe de tête. Marie, qui est assise sur un coussin aux pieds de Jésus, dans
sa pose habituelle d'humble et ardente adoratrice, dit : "Peut-être
que c'est moi qui coûte ces souffrances à mon frère ? Dis-le-moi,
Seigneur, pour que mon angoisse soit complète !..." Lazare s'écrie : "Non, Marie, non. Moi... je devais
mourir de cela. Ne te transperce pas le cœur." Mais Jésus, sincère jusqu'au bout, dit :
"Certainement que oui ! Moi, j'ai entendu ton bon frère dans ses
prières, dans ses palpitations. Mais cela ne doit pas te donner une angoisse
qui t'alourdisse, mais au contraire le désir de devenir parfaite à cause de
ce que tu as coûté. Et réjouis-toi ! Réjouis-toi car, pour t'avoir,
Lazare t'a arrachée au démon..." "Non pas moi ! Toi, Maître." "...pour t'avoir arrachée au démon, il a mérité de Dieu
une future récompense grâce à laquelle parleront de lui les nations et les
anges. Et comme pour Lazare, ils parleront d'autres hommes, et surtout
d'autres femmes, qui par leur héroïsme ont arraché sa proie à Satan." [1] "Qui est-ce ? Qui est-ce ?" demandent les
femmes curieuses et peut-être que toutes espèrent qu'il s'agit d'elles,
chacune pour son compte. Marie de Judas ne parle pas, mais elle regarde, elle regarde le
Maître... Jésus aussi la regarde. Il pourrait la garder dans l'illusion. Il
ne le fait pas. Il ne la mortifie pas, mais il ne l'illusionne pas. Il répond
à toutes : "Vous le saurez au Ciel." La mère de Judas, qui vit dans une angoisse continuelle,
demande : "Et si quelqu'une ne réussit pas malgré son désir ?
Quel sera son sort ?" "Celui que son âme mérite par sa bonté." "Le Ciel ? Mais, ô Seigneur, une femme, une sœur ou
une mère qui... qui ne réussit pas à sauver ceux qu'elle aime et qui les voit
damnés, pourrait-elle posséder le Paradis, tout en étant au Paradis ? Ne
crois-tu pas qu'elle n'aura jamais de joie puisque... la chair de sa chair,
le sang de son sang auront mérité la condamnation éternelle ? Moi, je
pense qu'elle ne pourra pas jouir en voyant celui qu'elle aime en
proie à une peine atroce..." 483> "Tu es dans l'erreur, Marie. "Mais s'ils aident ceux qui peuvent être encore sauvés,
c'est signe que ces derniers ne sont pas encore saints" objecte Pierre. "Mais ils ont la volonté, au moins passive, de l'être.
Ceux qui sont saints en Dieu, aident même dans les besoins matériels pour
faire passer ceux qui n'ont qu'une volonté passive à une volonté active. Me
comprends-tu ?" "Oui et non. Voici un exemple. Si moi j'étais au Ciel et
si je voyais, supposons, un mouvement fugitif de bonté chez... Eli le
pharisien, admettons, que ferais-je ?" "Tu te servirais de tous les moyens pour accroître ses
bons mouvements." "Et si cela ne servait à rien ? Ensuite ?" "Ensuite, quand lui serait damné, tu t'en
désintéresserais." "Et si, comme il l'est maintenant, il était tout à fait
digne de damnation, mais m'était cher — chose qui ne sera jamais — que
devrais-je faire ?" "Avant tout sache que tu risques de te damner en disant
qu'il ne t'est pas cher et qu'il ne le sera jamais. Ensuite sache que si tu
étais au Ciel, tout un avec la Charité, tu prierais pour lui, pour son salut,
jusqu'au moment de son jugement. Il y aura des esprits sauvés au dernier
moment après une vie de prière pour eux." Il entre un serviteur qui dit : "Manaën
est venu. Il veut voir le Maître." "Qu'il vienne. Il veut certainement parler de choses
sérieuses." Les femmes, par discrétion, se retirent et les disciples les
suivent. Mais Jésus rappelle Isaac, le prêtre Jean, Etienne et Hermas, et
Mathias et Joseph, des bergers disciples. "Il est bien que vous, qui
êtes des disciples, vous soyez au courant" explique-t-il. Manaën entre et il s'incline. "La paix à toi" dit Jésus pour le saluer. "La paix à Toi, Maître. Le soleil se couche. Mes premiers
pas, après le sabbat, sont pour Toi, mon Seigneur." "Tu as eu une bonne Pâque ?" 484> "Bonne !! Il ne peut y avoir rien
de bon là où se trouvent Hérode et Hérodiade !
J'espère que c'est la dernière fois que j'ai mangé l'agneau avec eux. Même si
je dois en mourir, je ne resterai plus longtemps avec eux !" "Je crois que tu fais une erreur. Tu peux servir le Maître
en restant..." objecte l'Iscariote. "C'est vrai, et c'est cela qui m'a retenu jusqu'à présent.
Mais quelle nausée ! Chouza pourrait me
remplacer..." Barthélemy fait remarquer : "Chouza
ce n'est pas Manaën. Chouza est... Oui, lui sait
mener sa barque. Il ne critiquerait jamais son maître. Toi, tu es plus
franc." "Cela est vrai et c'est vrai ce que tu dis. Chouza est un courtisan. Il subit la fascination de la
royauté... Royauté ! Que dis-je !? De la fange royale ! Mais
il lui semble être roi, parce qu'il est avec le roi... Et il a peur de la
disgrâce royale. L'autre soir il était comme un chien battu. C'est presque en
rampant qu'il a paru devant Hérode qui l'avait appelé après avoir entendu les
lamentations de Salomé chassée par Toi. Chouza a
passé un mauvais quart d'heure. On lisait sur son visage le désir de se
sauver, à tout prix, même en t'accusant, en te donnant tort. Mais
Hérode !... Il voulait seulement rire aux dépens de la jeune fille dont
il a désormais la nausée, comme il a la nausée de sa mère. Et il riait comme
un fou en entendant répéter tes paroles par Chouza.
Il répétait : "Trop, trop doux encore pour cette jeune... (et il
disait un mot si grossier que je ne te le répète pas). Il aurait dû piétiner
son sein avide... Mais il se serait contaminé !" et il riait. Puis,
devenant sérieux, il dit : "Pourtant... l'affront, mérité par la
femme, n'est pas permis pour la couronne. Je suis magnanime (c'est son idée
fixe de l'être, et comme personne ne le lui dit, il le dit de lui-même) et je
pardonne au Rabbi parce qu'il a dit à Salomé la vérité. Mais pourtant je veux
qu'il vienne à la Cour pour Lui pardonner tout à fait. Je veux le voir,
l'entendre et Lui faire opérer des miracles. Qu'il vienne, et je me ferai son
protecteur". C'est ainsi qu'il parlait l'autre soir, et Chouza ne savait que dire. Au monarque, il ne voulait pas
dire non. Il ne pouvait pas dire oui. Car tu ne peux certainement pas accéder
aux volontés d'Hérode. Aujourd'hui il m'a dit : "Tu vas certainement
le trouver... Dis-lui ma volonté". Je la dis, mais... je connais déjà la
réponse. Dis-la-moi, pourtant, pour que je puisse la transmettre." "Non !" Un non qui paraît un coup de foudre. "Ne vas-tu pas t'en faire un ennemi trop
puissant ?" demande Thomas. "Un bourreau,
même. Mais je ne puis que répondre: "non"." "Il nous persécutera..." 485> "Oh : d'ici trois jours, il
ne s'en souviendra plus" dit Manaën haussant les épaules. Puis il
ajoute: "On lui a promis des... mimes... Elles vont arriver demain... Et
il oubliera tout :..." Le serviteur revient : "Maître, il y a Nicodème,
Joseph
et d'autres pharisiens et chefs du Sanhédrin. Ils veulent te saluer." Lazare regarde Jésus, l'air interrogateur. Jésus
comprend : "Qu'ils viennent ! Je les saluerai
volontiers." Peu après entrent Nicodème, Joseph, Eléazar
(le juste du banquet d'Ismaël), Jean
(celui du lointain banquet d'Arimathie), un autre que j'entends appeler Josué,
un Philippe, un Jude,
et le dernier Joachim. Les salutations n'en finissent plus.
Heureusement que la pièce est vaste, autrement comment feraient-ils pour
déployer tant d'inclinations et d'embrassades et de luxueux manteaux ?
Mais si grande qu'elle soit elle est vite comble, et les disciples
s'esquivent. Il ne reste plus que Lazare avec Jésus. Peut-être aussi il ne
leur paraît pas indiqué de se trouver sous le feu de tant de pupilles
synhédristes ! "Nous savons que tu es à Jérusalem, ô Lazare. Et nous
sommes venus !" dit celui qu'on appelle Joachim. "J'en suis étonné et réjouis. Parfois je ne me rappelais
plus ton visage..." dit Lazare, un peu ironique. "Mais... tu sais... On voulait toujours venir. Mais... Tu
étais disparu..." "Et il ne semblait pas vrai que je l'étais ! Il est
très difficile en effet de venir chez un malheureux !" "Non ! Ne dis pas cela ! Nous... respections ton
désir. Mais maintenant que... maintenant que... n'est-ce pas Nicodème?" "Oui, Lazare. Les anciens amis reviennent, désireux
d'avoir de tes nouvelles et de vénérer le Rabbi." "Quelles nouvelles m'apportez-vous ?" "Hum !... Voilà... Les choses ordinaires... Le
monde... Oui..." ils regardent du côté de Jésus qui est droit sur son
siège, un peu absorbé. "Comment donc tous ensemble aujourd'hui, alors que le
sabbat est à peine fini ?" "Il y a eu une assemblée extraordinaire." "Aujourd'hui ?! Pour quelle raison si
urgente ?" Ceux qui sont présents regardent Jésus de manière
significative. Mais Lui est absorbé... "Plusieurs motifs..."
répondent-ils ensuite. "Et qui ne concernent pas le Rabbi ?" "Si, Lazare. Lui aussi. Mais un grave fait a été jugé
aussi, pendant que les fêtes nous ont tous rassemblés dans la ville..." explique Joseph d'Arimathie. 486> "Un fait grave ?
Lequel ?" "Une... une erreur de... jeunesse... Hum ! Oui !
Une discussion violente parce que... Rabbi, écoute-nous. Tu es parmi des gens
honnêtes. Même si nous ne sommes pas disciples, nous ne sommes pas des
ennemis. Dans la maison d'Ismaël tu m'as dit que je ne suis pas loin de la
justice" dit Eléazar. "C'est vrai. Et je le confirme." "Et moi, je t'ai défendu au banquet de Joseph, contre
Félix" dit Jean. "Cela est vrai aussi." "Et eux pensent comme nous. Nous avons été convoqués
aujourd’hui pour décider... et nous ne sommes pas contents de ce qui a été décidé.
Car le plus grand nombre l'a emporté contre nous. Toi, qui es sage plus que
Salomon, écoute et juge." Jésus les pénètre de son regard profond, puis il dit :
"Parlez." "Sommes-nous sûrs de n'être pas entendus ? Car
c'est... une chose horrible..." dit celui qui a nom Jude. "Ferme la porte et le rideau, et nous serons dans un
tombeau" lui répond Lazare. "Maître, hier matin, tu as dit à Eléazar d'Anna de ne pas
se contaminer pour aucune raison. Pourquoi le lui as-tu dit ?"
demande Philippe. "Parce qu'il fallait le dire. Lui se contamine, mais pas
Moi. Les livres sacrés le disent." "C'est vrai. Mais comment sais-tu qu'il se contamine.
Peut-être la jeune fille t'a parlé avant de mourir ?" demande
Eléazar. "Quelle jeune fille ?" "Celle qui est morte après avoir été violentée, et avec
elle sa mère. On ne sait pas si c'est la douleur qui les a tuées, ou si elles
se sont tuées, ou si on les a empoisonnées pour les empêcher de parler." "Moi, je ne savais rien de tout cela. Je voyais l'âme
corrompue du fils d'Anna. J'en sentais la puanteur. J'ai parlé. Je ne savais
ni ne voyais rien d'autre." "Mais qu'est-il arrivé ?" demande Lazare
intéressé. "Il est arrivé qu'Eléazar d'Anna a vu une jeune fille,
fille unique d'une veuve et... il l'a attirée soi-disant pour lui commander
du travail, parce que pour vivre elle travaillait dans le vêtement, et... il
en a abusé. La jeune fille est morte... trois jours après, et la mère avec
elle. 487> Mais avant de mourir, malgré les
menaces reçues, elles ont tout dit à leur unique parent... Et lui est allé
chez Anna porter l'accusation et, non content de cela, il l'a dit à Joseph, à
moi, à d'autres... Anna l'a fait saisir et jeter en prison. De là, il ira à
la mort ou restera toujours prisonnier. Aujourd'hui Anna a voulu savoir ce
que nous en pensions" dit Nicodème. "Il ne l'aurait pas fait s'il n'avait pas su que nous
savions déjà" murmure Joseph entre ses dents. "Oui... Après un semblant de vote, un simulacre de
jugement, on a décidé de l'honneur et de la vie de trois malheureux et de la
punition du coupable" dit pour finir Nicodème. "Eh bien?" "Eh bien ! C'est naturel ! Nous qui avons voté
pour la liberté de l'homme et la punition d'Eléazar, nous avons été menacés
et chassés comme injustes. Toi, qu'en dis-tu ?" "Que Jérusalem m'inspire du dégoût et qu'à Jérusalem
l'abcès le plus fétide, c'est le Temple" prononce lentement et d'une
voix terrible Jésus. Et il termine : "Rapportez-le donc à ceux du
Temple." "Et Gamaliel, qu'a-t-il fait ?" demande Lazare. "Dès qu'il a connu le fait, il s'est couvert le visage et
il est sorti en disant : "Que vienne vite le nouveau Samson pour
faire périr les philistins corrompus"." "Il a bien parlé ! Mais bientôt il viendra." Un
silence. "Et de Lui. on n'a pas parlé ?" demande Lazare
en montrant Jésus. "Oh ! si ! Avant tout le reste. On a rapporté
que tu as déclaré "mesquin" le royaume d'Israël et par conséquent
on t'a déclaré blasphémateur. Sacrilège même, car le royaume d'Israël
appartient à Dieu." "Ah ! oui ?! Et comment le Pontife a-t-il appelé
celui qui a violé une vierge ? Celui qui a souillé son ministère ?
Répondez !" demande Jésus. "Lui, c'est le fils du Grand Prêtre, car Anna est toujours
le vrai roi là-dedans" dit Joachim, intimidé par la majesté de Jésus,
qui est en face de lui, debout, le bras tendu... "Oui, le roi de la corruption. Et vous voulez que je
n'appelle pas "mesquin" un Pays où nous avons un Tétrarque souillé
et homicide, un Grand Prêtre complice de celui qui a violé et
assassiné ?..." "Peut-être la jeune fille s'est tuée ou est morte de
douleur" murmure Eléazar. 488> Les imposants membres du Sanhédrin et les pharisiens semblent
devenus tout petits tant ils se rencognent devant la colère terrible du
Christ, qui paraît, au contraire, devenir un géant tellement ses regards sont
fulgurants et ses gestes violents. Lazare gémit : "Jésus ! Jésus !
Jésus !"... Jésus l'entend, et changeant de ton et d'aspect, il dit :
"Qu'as-tu, mon ami ?" "Oh ! ne sois pas si terrible ! Ce n'est plus
Toi ! Comment avoir espoir dans la miséricorde, si Toi, tu te montres si
terrible ?" "Et pourtant c'est ainsi, et plus encore je le serai,
quand je jugerai les douze tribus d'Israël. Mais, rassure-toi, Lazare. Celui
qui croit dans le Christ est déjà jugé..." Il se rassoit. Un silence. Finalement Jean demande : "Et nous, pour avoir
préféré les reproches au mensonge contre la justice, comment serons-nous
jugés ?" "Avec justice. Persévérez et vous parviendrez là où Lazare
se trouve déjà: dans l'amitié de Dieu." Ils se lèvent. 489> "Maître, nous nous retirons.
Paix à Toi. Et à toi, Lazare." "Paix à vous." "Que ce qu'on a dit reste ici" supplient plusieurs. "Ne craignez pas ! Allez. Que Dieu vous guide dans
toute votre conduite." Ils sortent. Restent seulement Jésus et Lazare. Après un moment, il
dit : "Quelle horreur !" |
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"Oui. Quelle
horreur !... Lazare, je vais préparer mon départ de Jérusalem. Je serai
ton hôte à Béthanie jusqu'à la fin des Azymes." Et il sort... |
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