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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" |
aucun accent |
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lundi
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Les caractéristiques de la Samarie 143 -
Sympathie des samaritains et haine des juifs 144 -
Judas, un être impossible à déchiffrer 145 -
Discours de Jean (Lumière contre Ténèbres) 145 -
Discours de Jacques d'Alphée (Nouvelle création) 146 -
Le progrès de tous, surtout de Pierre... 146 -
S'explique par les embûches dressées contre Jésus 148 -
Guérison promise à dix lépreux 149 -
Discours d'un lépreux (Jésus le vrai Messie 150 -
Son règne universel) 150 -
La gratitude du samaritain 151 -
Qui s'appellera désormais Éphrem 152 -
On suit la route mais dans le bois 152 |
7.178. |
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143> Ils sont toujours dans les montagnes,
des montagnes escarpées, sur certains petits chemins où ne passent certes pas
des chars, mais seulement des voyageurs à pied ou des gens montés sur des
ânes vigoureux de la montagne, plus grands et plus robustes que les ânes que
l'on rencontre habituellement dans les régions moins accidentées. Une
observation qui à plusieurs paraîtra inutile, mais que je fais quand même. En
Samarie il y a des usages différents de ceux des autres lieux, en fait de
vêtements et pour beaucoup d'autres choses. Et l'un c'est la quantité de
chiens, insolite ailleurs, qui me frappe, comme m'a frappée la présence des
porcs dans la Décapole. Beaucoup de chiens peut-être parce que la Samarie a
beaucoup de bergers et doit avoir beaucoup de loups dans ces montagnes si
sauvages. Beaucoup aussi parce que les bergers, en Samarie, je les vois le
plus souvent seuls, tout au plus avec un enfant, faisant paître leurs propres
troupeaux, alors qu'ailleurs, la plupart du temps, ils sont à plusieurs pour
garder des troupeaux nombreux de quelque riche. Le fait est qu'ici chaque
berger a son chien ou plusieurs, selon le nombre de brebis de son troupeau.
Une autre caractéristique c'est précisément ces ânes presque aussi grands
qu'un cheval, robustes, capables d'escalader ces montagnes avec un lourd chargement
sur le bât, même de grosses bûches, forts comme ils en descendent de ces
magnifiques montagnes couvertes de bois séculaires. 144> Autre particularité : les manières
dégagées des habitants qui, sans être des "pécheurs" comme les
jugent les juifs et les galiléens, sont ouverts, francs, sans bigoterie, sans
toutes ces histoires qu'ont les autres, et hospitaliers. Cette constatation
me fait penser que dans la parabole du bon samaritain, il n'y a pas eu
seulement l'intention de faire ressortir que le bon et le mauvais existent
partout, dans tous les lieux et chez toutes les races, et même chez les
hérétiques il y en a qui peuvent avoir le coeur
droit, mais vraiment aussi la description réelle des habitudes samaritaines
envers ceux qui ont besoin d'être aidés. Ils se sont arrêtés au Pentateuque —
je ne les entends parler que de cela — mais ils le pratiquent, du moins
envers le prochain, avec plus de droiture que les autres, avec leurs
six-cent-treize articles de préceptes, et cætera. Les apôtres parlent avec le Maître, et bien qu'ils soient
incorrigiblement Israélites, ils doivent reconnaître et louer l'esprit qu'ils
ont trouvé chez les habitants de Sichem qui, je le comprends par les
conversations que j'entends, ont invité Jésus à séjourner
au milieu d'eux. "Tu as entendu, hein?" dit Pierre "comme ils ont dit clairement qu'ils connaissent
la haine des juifs ? Ils ont dit : "Pour Toi et sur Toi il y a plus de haine
que pour nous samaritains pour tous ceux que nous sommes et que nous avons
été. Leur haine pour Toi est sans bornes".
"Qu'explique-t-elle, selon toi ? Moi... je dis qu'elle
explique seulement que ce sont des sots" dit Thomas expéditif. "Non. La sottise serait encore une excuse, mais ils ne
sont pas sots." "Ils sont ivres alors, ivres de haine" réplique
Thomas. "Pas même. L'ivresse cède après s'être déchaînée. Cette rancoeur ne cède pas". 145> "Et plus déchaînée que cela ! Et depuis si longtemps...
qu'elle aurait dû tomber maintenant." "Amis, elle n'a pas encore touché le but" dit Jésus
avec calme comme si le but de la haine n'était pas son supplice. "Non ?! Mais s'ils ne nous laissent jamais en paix?!"
"Maître, eux ne sont pas encore convaincus que j'ai dit la
vérité. Mais je l'ai dite. Oh ! oui, je l'ai dite ! Et je dis aussi que si
cela avait dépendu de vous, vous seriez tous tombés dans le piège comme y
est tombé le Baptiste. Mais ils ne
réussiront pas, car je veille..." dit l'Iscariote. Et Jésus le regarde. Et je le regarde, moi aussi, me demandant,
et je me le demande depuis quelques jours, si la conduite de l'Iscariote est
due à un bon et réel retour sur le chemin du bien et de l'amour pour son
Maître, une libération des forces humaines et extrahumaines qui le
possédaient, ou si c'est un travail plus raffiné de préparation au coup final,
un asservissement plus grand aux ennemis du Christ et à Satan. Les apôtres sont tellement préoccupés par l'idée que la haine
des ennemis n'a pas encore atteint son but, qu'ils ne parlent plus pendant un
moment. Puis Thomas s'adresse encore au Zélote pour lui dire: "Et alors,
s'ils ne sont ni ivres ni sots, si leur haine explique tant de choses sans
expliquer celle-ci, qu'explique-t-elle alors ? Que sont-ils ? Tu ne l'as pas
dit..."
"C'est la lutte des Ténèbres contre la Lumière. Nous la
voyons chaque jour dans les aubes et les soirées, les deux forces qui se
combattent, qui exercent, tour à tour, leur empire sur la Terre. Mais les
ténèbres sont toujours vaincues car elles ne sont jamais absolues. Il émane
toujours un peu de lumière, même dans la nuit la plus privée d'étoiles. On
dirait que l'air la crée de lui-même dans les espaces infinis du firmament et
la répande, même si elle est très limitée, pour persuader les hommes que les
astres ne sont pas éteints. Et je dis que pareillement, dans ces ténèbres
particulières du Mal contre la Lumière qu'est Jésus, toujours, malgré tous
les efforts des Ténèbres, la Lumière sera là pour réconforter ceux qui
croient en Elle" dit Jean en souriant à sa pensée, tout recueilli en
lui-même comme s'il monologuait. Sa pensée est recueillie par Jacques d'Alphée. "Dans les
Livres, le Christ est appelé "Étoile du matin" [1]. Lui aussi connaîtra
donc une nuit, et — je m'en épouvante — nous aussi la connaîtrons, une nuit,
un moment où la Lumière semblera avoir perdu sa force et où les Ténèbres
sembleront victorieuses. Mais puisqu'il est appelé "Étoile du
matin" d'une manière qui exclut toute limite dans le temps, je dis
qu'après la nuit momentanée, Lui sera la Lumière matinale, pure, fraîche,
virginale, qui renouvellera le monde, pareille à celle qui succéda au Chaos
le premier jour. Oh ! oui, le monde sera créé de nouveau dans sa
Lumière." "Et la malédiction sera sur les réprouvés qui auront voulu
lever la main pour frapper la Lumière, en répétant les erreurs déjà faites,
depuis Lucifer jusqu'aux profanateurs du peuple saint. Jéhovah laisse l'homme libre de ses
actions, mais par amour pour l'homme lui-même, Il ne permettra pas que
l'Enfer prévale." "Oh ! heureusement qu'après un si long assoupissement des
esprits, qui semblait les fermer et les engourdir comme par l'effet d'une
vieillesse précoce, la sagesse refleurisse sur nos lèvres! Nous 147> ne semblions plus être nous !
Maintenant je retrouve le Zélote, et Jean, les deux frères d'autrefois
!" dit l'Iscariote, en se félicitant. "Il ne me semble pas que nous ayons changé au point de ne
plus paraître nous-mêmes" dit Pierre. "Si nous sommes changés ! Tous. Toi le premier, et puis
Simon et les autres, moi y compris. S'il y a quelqu'un qui est à peu près ce
qu'il a toujours été, c'est Jean." "Hum ! Je ne sais vraiment pas en quoi..." "En quoi ? Nous sommes taciturnes, comme las,
indifférents, pensifs... Jamais plus on n'entendait de conversations
semblables à celles d'autrefois, semblables à celle de maintenant, qui sont
si utiles..." "Pour se disputer" dit le Thaddée en rappelant comme
souvent, en effet, elles dégénéraient en prises de becs. "Non. Pour nous former, car nous ne sommes pas tous comme
Nathanaël, ni comme Simon, ni comme vous d'Alphée, par naissance et par
sagesse, et celui qui l'est moins apprend toujours de celui qui l'est
plus" réplique l'Iscariote. "Vraiment... moi je dirais qu'il est par-dessus tout
nécessaire de se former en justice, et de cela Simon nous en a donné de
magnifiques leçons" dit Thomas. "Moi ? Tu y vois mal. Je suis le plus sot de tous"
dit Pierre.
"Mais, mon ami ! Tu es bien bon de me voir ainsi... Moi, à
part l'amour que j'ai pour le Maître, et qui grandit toujours, je n'ai
vraiment changé en rien." "Non. Thomas a raison, tu as beaucoup changé"
confirment plusieurs. "Mais, c'est vous qui le dites..."
dit Pierre en haussant les épaules. Et il ajoute: "II n'y a que le
jugement du Maître qui serait sûr. Mais je me garde bien de le Lui demander.
Il connaît ma faiblesse, 148> et il sait que même une louange intempestive pourrait nuire à
mon esprit. Aussi il ne me louerait pas, et il ferait bien. Je comprends de
mieux en mieux son cœur et sa méthode et j'en vois toute la justice." "C'est que tu as l'âme droite et que tu aimes de plus en
plus. Ce qui te fait voir et comprendre, c'est ton amour pour Moi. Ton
Maître, le véritable et plus grand Maître, qui te fait comprendre ton Maître,
c'est l'Amour" dit Jésus qui jusqu'à ce moment a écouté sans parler. "Je crois que ... c'est aussi la souffrance que j'ai
là-dedans..." "Souffrance ? Pourquoi ?" demandent quelques-uns. "Oh! pour tant de choses qui, au fond, ne sont qu'une
seule chose : tout ce que souffre le Maître... et la pensée de ce qu'il
souffrira. On ne peut plus être distraits comme les premiers temps, distraits
comme des enfants qui ne savent pas, maintenant que l'on connaît de quoi sont
capables les hommes et comme on doit souffrir pour les sauver. Oh! nous
croyions tout facile les premiers temps ! Nous croyions qu'il suffirait de
nous présenter pour que les autres viennent de notre bord ! Nous croyions que
de conquérir Israël et le monde, ce serait comme... de jeter le filet sur un
fond poissonneux. Pauvres de nous ! Je pense que si Lui ne réussit pas à
faire bonne pêche, nous, nous ne ferons rien. Mais cela n'est rien encore !
Je pense qu'eux sont méchants et le font souffrir. Et je crois que c'est là
le motif de notre changement en général..." "C'est vrai. Pour mon compte, c'est vrai" confirme le
Zélote. "Pour moi aussi, pour moi aussi" disent les autres. "Moi, il y a si longtemps que j'étais inquiet pour cela et
j'ai cherché à... avoir des aides valables. Mais ils m'ont trahi... et vous
vous ne m'avez pas compris... Et moi, je ne vous ai pas compris. Je croyais
que vous étiez comme vous êtes par lassitude de l'esprit, par découragement,
par déception..." "Moi, je n'ai jamais espéré des joies humaines et par
conséquent je ne suis pas déçu" dit le Zélote. "Mon frère et moi, nous le voudrions victorieux, mais pour
sa joie. Nous l'avons suivi par amour de parents avant de le faire comme
disciples. Nous l'avons toujours suivi depuis l'enfance, Lui le plus jeune de
nous, ses frères, mais toujours tellement plus grand de nous..." dit
Jacques, avec son admiration sans bornes pour son Jésus. "Si nous avons une souffrance, c'est que nous tous de sa
parenté nous ne l'aimons pas en esprit et avec notre seul esprit. Mais nous 149> ne sommes pas les seuls en Israël à
l'aimer mal" dit le Thaddée. Judas l'Iscariote le regarde, et peut-être il parlerait, mais
il en est empêché par un cri qui arrive à eux d'un monticule dominant le
petit village qu'ils sont en train de côtoyer, en cherchant la route pour y
entrer. "Jésus ! Rabbi Jésus ! Fils de David et notre Seigneur,
aie pitié de nous." "Des lépreux ! Allons, Maître, autrement le village va
accourir et nous retenir dans ses maisons" disent les apôtres. Mais les lépreux ont l'avantage d'être en avance sur eux,
montés sur le chemin, mais à cinquante mètres au moins du village. Ils
descendent en boitant et courent vers Jésus en répétant leur cri. "Entrons dans le village, Maître, eux ne peuvent pas y
entrer" disent certains apôtres, mais d'autres répliquent; "Déjà
des femmes viennent regarder. Si nous entrons, nous éviterons les lépreux,
mais pas d'être reconnus et retenus." Et pendant qu'ils se demandent ce qu'il faut faire, les lépreux
s'approchent de plus en plus de Jésus, qui sans souci des mais et des si
des apôtres, poursuit son chemin. Les apôtres se résignent à le suivre
alors que des femmes, avec des enfants à leurs jupons, et quelques vieillards
restés dans le village viennent voir, en se tenant à distance prudente des
lépreux, qui cependant s'arrêtent à quelques mètres de Jésus et supplient
encore : "Jésus, aie pitié de nous !" Jésus les regarde un instant, puis sans s'approcher de ce
groupe de douleur, il demande: "Êtes-vous de ce village ?" "Non, Maître, de différents endroits. Mais cette montagne
où nous restons donne de l'autre côté sur la route de Jéricho et cet endroit
est bon pour nous..."
Et Jésus reprend sa marche en se déplaçant sur le bord du
chemin pour ne pas effleurer les lépreux qui le regardent avancer, sans avoir
autre chose qu'un regard d'espoir dans leurs pauvres yeux malades. Et Jésus,
arrivé à leur hauteur, lève la main pour les bénir. Les gens du village, déçus, retournent dans leurs maisons...
Les lépreux grimpent de nouveau sur la montagne pour aller vers leur grotte
ou vers le chemin de Jéricho. "Tu as bien fait de ne pas les guérir. Ceux du village ne
nous auraient plus laissé aller..." 150> "Oui, et il faudrait arriver à Éphraïm avant la
nuit". Jésus marche en silence. Désormais le village est caché à la
vue par les détours de la route très sinueuse car elle suit les caprices de
la montagne au pied de laquelle elle est taillée... Mais une voix les rejoint : "Louange au Dieu Très-Haut et
à son vrai Messie. En Lui se trouve toute puissance, sagesse et pitié ! Louange
au Dieu Très-Haut, qui en Lui nous a accordé la paix. Louez-le, vous tous,
hommes de Judée et de Samarie, de la Galilée et d'au-delà du Jourdain,
jusqu'aux neiges du très haut Hermon, jusqu'aux pierres brûlées de l'Idumée,
jusqu'aux sables baignés par les eaux de la Mer Grande, que résonne la
louange au Très-Haut et à son Christ. Voici accomplie la prophétie de Balaam. L'Étoile de Jacob resplendit sur le ciel rétabli
de la patrie réunie par le vrai Berger [3]. Voilà accomplies
aussi les promesses faites aux patriarches ! Voici, voici la parole d'Élie
qui nous aima. Écoutez-la, ô peuples de Palestine, et comprenez-la. On ne
doit plus boiter des deux côtés [4], mais on doit
choisir pour la lumière de l'esprit, et si l'esprit est droit, il fera un bon
choix. Lui est le Seigneur, suivez-le ! Ah ! jusqu'à présent nous avons été
punis parce que nous ne nous sommes pas efforcés de comprendre ! L'homme de
Dieu a maudit le faux autel en prophétisant : "Voici que va naître de la
maison de David un Fils appelé Josias [5] qui immolera sur
l'autel et consumera les os d'Adam. Et alors l'autel se déchirera jusqu'aux
viscères de la Terre et les cendres de l'immolation se répandront au nord et
au midi, à l'orient et là où le soleil se couche". Ne faites pas comme
le sot d'Ochosias, qui envoyait consulter le dieu
d'Acaron alors que le Très-Haut était en Israël [6]. Ne soyez pas
inférieurs à l'ânesse de Balaam [7] qui pour son respect
à l'esprit de lumière aurait mérité la vie, alors que serait tombé frappé le
prophète qui ne voyait pas. Voici la Lumière qui passe parmi nous. Ouvrez lus
yeux, ô aveugles de l'esprit, et voyez" et l'un des lépreux les suit de
plus en plus près même sur la grand-route désormais rejointe, en indiquant
Jésus aux pèlerins. Les apôtres, fâchés, se retournent deux ou trois fois en
intimant au lépreux, parfaitement guéri, l'ordre de se taire. Et ils vont
jusqu'à le menacer la dernière fois. Mais lui, cessant d'élever ainsi la voix pour parler à tout le
monde, répond : "Et que voulez-vous ? Que je ne glorifie pas les grandes
choses que Dieu m'a faites ? Voulez-vous que je ne le bénisse pas ?" "Bénis-le dans ton cœur et tais-toi" lui
répondent-ils, fâchés. 151> "Non, je ne puis me taire. Dieu met les paroles sur mes
lèvres " et il reprend à haute voix : "Gens des deux endroits de
frontière, gens qui passez par hasard, arrêtez-vous pour adorer Celui qui
régnera au nom du Seigneur. Je me moquais de tant de paroles, mais maintenant
je les répète car je les vois accomplies. Voici que toutes les nations
s'ébranlent et viennent joyeuses vers le Seigneur par les chemins des mers et
des déserts, par les collines et les monts. Et nous aussi, peuple qui avons
cheminé dans les ténèbres, nous allons marcher vers la grande Lumière qui a
surgi, vers la Vie, en sortant de la région de la mort. Loups, léopards et
lions que nous étions, nous allons renaître dans l'Esprit du Seigneur et nous
nous aimerons en Lui, à l'ombre du Rejeton de Jessé
devenu un cèdre sous lequel campent les nations rassemblées par Lui aux
quatre coins de la Terre. Voici venir le jour où la jalousie d'Éphraïm
prendra fin parce qu'il n'y a plus Israël et Juda, mais un seul Royaume :
celui du Christ du Seigneur. Voilà, je chante les louanges du Seigneur qui
m'a sauvé et consolé. Voilà, je dis : louez-le et venez boire le salut à la
source du Sauveur. Hosanna ! Hosanna aux grandes choses que Lui fait !
Hosanna au Très-Haut qui a placé au milieu des hommes son Esprit en le
revêtant de chair, pour qu'il devienne le Rédempteur !" Il est inépuisable. Les gens viennent plus nombreux, se
groupent, encombrent la route. Ceux qui étaient en arrière accourent, ceux
qui étaient en avant rebroussent chemin. Les gens d'un petit village, près
duquel ils sont maintenant, s'unissent aux passants. "Mais fais-le taire, Seigneur. C'est un samaritain : les
gens le disent. Il ne doit pas parler de Toi si tu ne permets même pas que
nous te précédions en t'annonçant !" disent les apôtres indisposés. "Mes amis, je répète les paroles de Moïse à Josué, fils de
Num, qui se lamentait de ce que Eldad
et Madad [8] prophétisaient dans
les campements : "Es-tu jaloux pour moi, à ma place ? Oh ! si le peuple
tout entier prophétisait ainsi et si le Seigneur pouvait donner à tous son
esprit !" Mais cependant je vais m'arrêter et je vais le renvoyer pour
vous faire plaisir." Et il s'arrête en se retournant et en appelant à Lui le lépreux
guéri, qui accourt et se prosterne devant Jésus en baisant la poussière. "Lève-toi. Et les autres où sont-ils ? N'étiez-vous pas
dix ? Les neufs autres n'ont pas éprouvé le besoin de remercier le Seigneur.
Et quoi ? Sur dix lépreux dont un seul était samaritain, il ne s'est trouvé
que cet étranger pour éprouver le besoin de revenir pour rendre gloire à Dieu, avant de se rendre lui-même à la vie et à sa
famille ? 152> Et on l'appelle
"samaritain". Ils ne sont plus ivres alors les samaritains,
puisqu'ils voient sans avoir la berlue et accourent sans chanceler sur le
chemin du Salut ? La Parole parle donc un langage étranger, s'il est compris
par les étrangers et pas par ceux de son peuple ?" Il tourne ses yeux magnifiques sur une foule de tous les lieux
de la Palestine qui se trouve là. Et ces yeux dans leur éclat sont
insoutenables... Plusieurs baissent la tête et poussent leurs montures ou
s'éloignent... Jésus abaisse les yeux sur le samaritain agenouillé à ses
pieds, et son regard devient très doux. Il lève la main, qui pendait le long
de son côté, en un geste de bénédiction et dit : "Lève-toi et va-t-en.
Ta foi a sauvé en toi quelque chose de plus que ta chair. Avance dans la
Lumière de Dieu. Va." L'homme baise de nouveau la poussière et, avant de se lever,
demande : "Un nom, Seigneur. Un nom nouveau, puisque tout est nouveau en
moi, et pour toujours." "Dans quelle terre nous trouvons-nous ?" "Dans celle d'Éphraïm." "Et désormais tu t'appelleras Ephrem, parce que c'est deux
fois que la Vie t'a donné la vie. Va." L'homme se lève et s'en va. Les gens de l'endroit et quelques pèlerins voudraient retenir Jésus,
mais Lui les subjugue par son regard qui n'est pas sévère, mais au contraire
est très doux quand il les regarde, mais qui doit dégager une puissance car
personne ne fait un geste pour le retenir. Et Jésus quitte la route sans entrer dans le petit village, traverse un champ, puis un ruisselet et un sentier, et il monte sur le coteau oriental couvert de bois, et s'y enfonce avec les siens en disant : "Pour ne pas nous tromper, nous allons suivre la route, mais en restant dans le bois. Après cette courbe, la route s'appuie à cette montagne. Nous y trouverons quelque grotte pour dormir, pour franchir à l'aube Éphraïm..." |
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[2] C'est cette séparation
qui avait permis d'éloigner aussi Judas et de convoyer en secret Jean d'Endor
le galérien et Sintica l'esclave grecque en fuite,
vers Antioche. Pierre dirigeait seul cette délégation d'apôtres. Cf la fin du volume 4 et le début du volume 5.
[5] Roi de Juda (640 av. JC)
qui ramena Israël au vrai culte en détruisant systématiquement les traces du
culte assyrien. Il alla même jusqu'à répandre des ossements humains sur les
ruines ou les cendres pour les rendre définitivement impropres aux fonctions
cultuelles. Il restaure le Temple et on y découvre le Livre de la Loi enfoui.
La lecture du Deutéronome retrouvé est l'occasion d'une grande émotion et d'une
grande dévotion. (2Rois, chapitres 21 à 23)
[8] Ils avaient reçu
l'Esprit comme les soixante-dix anciens, alors qu'ils n'étaient pas concernés.
Puisse tout le peuple de Dieu devenir un peuple de prophètes ! répond Moïse (Nombres 11,26-29)