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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
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Vendredi 22 septembre 28 (14 Tisri)
- En route Jésus salue des connaissances 284 - La foule curieuse crée un bouchon 384 - Intervention bienveillante des soldats romains 385 - D'autres rencontres en chemin 385 - Arrivée à l'enceinte et à
l'intérieur du Temple 386 - La foule des curieux et des volontaires 387 - Discours (Détachement de tout 388 - Un semblant de haine 388 - Se connaître soi-même : Parabole de celui qui construit une tour 389
- Parabole du roi guerrier) 390 - Réponse aux objections d'un scribe 390 - Jésus est malvenu au Temple 391 - Discours (Les talents : Le zèle pour Dieu) 391 - Le principal commandement 393 - Discours (Le bon samaritain : Le prochain) 394 - Les pleurs de Marie d'Alphée, de Jeanne, d'Annalia
et de Marie 395 - Margziam veut être prêtre 396 - Pierre en veut à ceux du Temple 397 - Arrivée à une maison de Lazare à Jérusalem 397 - Entretien avec le vieux prêtre Jonathas
398 - Appel à la conversion 399 - Jésus invite Jonathas à bénir le repas 399
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Accueil >> Plan du site >> Sommaire du Tome 4 4.145. |
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384> Jésus se dirige vers
le Temple. Il est précédé par les disciples en groupes, et suivi par les
femmes disciples en groupe : sa Mère, Marie de Cléophas,
Marie Salomé, Suzanne, Jeanne de Chouza, Élise de Béthsur, Annalia de Jérusalem,
Marthe et Marcelle. Marie de Magdala n'est pas là. Autour de Jésus, les douze
apôtres et Margziam. Jérusalem est dans la pompe de ses jours de solennité. Des gens
sur toutes les routes, et de toutes les régions. Cantiques, discours,
murmures de prières, imprécations des âniers, quelques pleurs de bébés et,
au-dessus de tout cela, un ciel clair qui se montre entre les maisons et un
soleil qui descend joyeux pour raviver les couleurs des vêtements, pour
embraser les couleurs mourantes des tonnelles et des arbres que l'on aperçoit
ça et là au-delà des murs des jardins clos ou des terrasses. Parfois Jésus croise des personnes de sa connaissance et le
salut est plus ou moins respectueux selon l'humeur de celui qu'il croise.
C'est ainsi qu'est profond, mais condescendant, celui de Gamaliel. Ce dernier
regarde fixement Etienne, qui lui sourit du groupe des disciples, et qu'après
s'être incliné devant Jésus, Gamaliel appelle à part et lui dit quelques
mots, après quoi Étienne revient dans son groupe. Plein de vénération est le
salut du vieux chef de la synagogue Cléophas
d'Emmaüs, qui se dirige avec ses concitoyens vers le Temple. Dur comme une
malédiction la réponse au salut de Jésus des pharisiens de Capharnaüm. De la part des paysans de Giocana,
conduits par l'intendant, c'est un prosternement dans la poussière de la
route pendant qu'ils baisent les pieds de Jésus. La foule s'arrête pour
observer avec étonnement ce groupe d'hommes qui. à un carrefour se
précipitent en criant aux pieds d'un homme jeune qui n'est pas un pharisien
ni un scribe renommé, qui n'est pas un satrape ni un courtisan puissant, et
quelqu'un demande qui c'est. Et un chuchotement se répand : "C'est
le Rabbi de Nazareth, celui dont on dit qu'il est le Messie." Prosélytes et gentils l'entourent alors avec curiosité,
poussant le groupe contre le mur, créant un encombrement dans la toute petite
place, jusqu'à ce qu'un groupe d'âniers les disperse en maudissant
l'obstruction. 385> Mais la foule, sans tarder, se
rassemble de nouveau, séparant les femmes des hommes, exigeante, brutale dans
ses manifestations qui sont encore de la foi. Tout le monde veut toucher les
vêtements de Jésus, Lui dire un mot, l'interroger. Et c'est un effort inutile
parce que leur hâte elle-même, leur anxiété, leur agitation pour passer aux
premiers rangs, en se repoussant mutuellement, fait que personne n'y réussit,
et même les questions et les réponses se fondent en une rumeur
inintelligible. Le seul qui s'arrache à la scène, c'est le grand-père de
Margziam, qui a répondu par un cri au cri de son petit-fils et, tout de suite
après avoir vénéré le Maître, a serré sur son cœur son enfant et se tenant
ainsi, appuyé sur les talons, les genoux à terre, l'a assis sur son sein,
l'admire et le caresse avec des larmes et des baisers joyeux, le questionne
et l'écoute. Le vieillard est déjà au Paradis, tant il est heureux. Les soldats romains accourent, croyant qu'il y a quelque rixe
et se font un passage. Mais, quand ils voient Jésus, ils ont un sourire et se
retirent tranquillement, se bornant à conseiller à ceux qui sont là de
laisser libre l'important carrefour. Et Jésus obéit de suite, profitant de
l'espace libre qu'ont fait les romains qui le précèdent de quelques pas comme
pour Lui ouvrir le chemin, en réalité pour revenir à leur poste de garde car
la garnison romaine est très renforcée, comme si Pilate savait qu'il y a du
mécontentement dans la foule et comme s'il craignait un soulèvement dans ces
jours où Jérusalem est remplie d'hébreux venus de toute part. Et il est beau de le voir aller précédé du détachement romain
comme un roi dont on dégage la route pendant qu'il se rend à ses propriétés.
Il a dit, tout en se déplaçant, à l'enfant et au vieillard :
"Restez ensemble et suivez-moi" et à l'intendant : "Je te
prie de me laisser tes hommes. Ils seront mes hôtes jusqu'au soir." L'intendant répond avec déférence : "Qu'il en soit en
tout comme tu veux" et il s'en va seul après un profond salut. Il est désormais près du Temple, et le fourmillement de la
foule, réellement comme des fourmis près de la fourmilière, est encore plus
dense, lorsqu'un paysan de Giocana crie :
"Voici le maître !" et, imité par les autres, il tombe à genoux
pour le saluer. Jésus reste debout au milieu du groupe des paysans parce
qu'ils étaient serrés autour de Lui, et il tourne son regard vers le point
indiqué. Il rencontre le regard d'un pharisien richement vêtu, qui n'est pas
nouveau pour moi, mais je ne sais pas où je l'ai vu. Le pharisien Giocana est avec d'autres de sa caste : un tas
d'étoffes précieuses, de franges, de boucles, de ceintures, de phylactères,
tout cela plus ample que d'ordinaire. 386> Giocana regarde
attentivement Jésus : un regard de pure curiosité mais pourtant pas
irrévérencieux. Il a même un salut plutôt empesé : il incline tout juste
la tête. Mais c'est toujours un salut auquel Jésus répond avec déférence. Et
même deux ou trois autres pharisiens saluent pendant que d'autres regardent
avec mépris ou font semblant de regarder ailleurs, et un seul lance une
insulte. C'est sûr car je vois que ceux qui entourent Jésus sursautent, et
même Giocana se retourne tout d'un coup pour
foudroyer du regard l'insulteur, un homme plus jeune que lui, aux traits
marqués et durs. Quand on les a dépassés et les paysans osent parler, l'un d'eux
dit : "C'est Doras, Maître, celui qui t'a maudit." "Laisse-le faire. J'ai vous qui me bénissez" dit
calmement Jésus. Appuyé, avec d'autres, à une archivolte, se trouve Manaën, et
comme il voit Jésus, il lève les bras avec une exclamation de joie :
"C'est une agréable journée, puisque je te trouve !" et il
vient vers Jésus, suivi de ceux qui l'accompagnent. Il le vénère sous
l'archivolte ombragée où les voix résonnent comme sous une coupole. Juste au moment où il le vénère, passent tout près du groupe
apostolique les cousins Simon et Joseph avec d'autres nazaréens... et ils ne
saluent pas... Jésus les regarde avec tristesse mais ne dit rien. Jude et Jacques,
excités, se parlent entre eux. Et Jude s'enflamme d'indignation et puis il
part en courant, sans que son frère puisse le retenir. Mais Jésus le rappelle
d'un si impérieux : "Jude, viens ici !" que le fils agité
d'Alphée revient en arrière... "Laisse-les faire. Ce sont des semences qui n'ont pas
encore senti le printemps. Laisse-les dans l'obscurité de la motte rétive. Je
les pénétrerai quand même, même si la motte devient de la jaspe qui enveloppe
la semence. Je le ferai au moment voulu." Mais plus forts que la réponse de Jude d'Alphée, résonnent les
pleurs de Marie d'Alphée, désolée. La longue plainte d'une personne
humiliée... Mais Jésus ne se retourne pas pour la consoler bien que cette
plainte résonne nettement sous l'archivolte qui lui fait de multiples échos.
Il continue de parler avec Manaën qui lui dit : "Ceux qui sont avec
moi, sont des disciples de Jean. Ils veulent, comme moi, t'appartenir." "La paix soit aux bons disciples. Là, en avant, ce sont
Mathias, Jean et Siméon, avec Moi pour toujours. Je vous accueille comme je
les ai accueillis parce que m'est cher tout ce qui me vient du saint
Précurseur." 387> Et, après avoir rejoint
l'enceinte du Temple, Jésus donne des ordres à l'Iscariote et à Simon le
Zélote pour les achats d'usage et les offrandes d'usage. Puis il appelle le
prêtre Jean et dit : "Toi qui appartiens à ce lieu, tu t'occuperas
d'inviter quelque lévite que tu sais digne de connaître la Vérité. Car
vraiment, cette année, je puis célébrer une fête joyeuse. Jamais plus il n'y
aura un jour aussi doux..." "Pourquoi, Seigneur ?" demande le scribe Jean. "Parce que je vous ai autour de Moi, tous, présents
visiblement ou spirituellement." "Mais toujours nous y serons ! Et avec nous beaucoup
d'autres" affirme avec véhémence l'apôtre Jean et tous font chorus. Jésus sourit et se tait pendant que le prêtre Jean va en avant
avec Etienne dans le Temple pour exécuter l'ordre. Jésus lui crie par
derrière : "Rejoignez-nous au Portique des Païens." Ils entrent et presque aussitôt rencontrent Nicodème qui fait
un profond salut, mais ne s'approche pas de Jésus. Pourtant il échange avec
Jésus un sourire entendu et paisible. Pendant que les femmes s'arrêtent à l'endroit qui leur est
permis, Jésus, avec les hommes, se rend à la prière à l'endroit réservé aux
hébreux, et puis il revient, après avoir accompli tous les rites, pour
retrouver ceux qui l'attendent au Portique des Païens. Les portiques très vastes et très élevés sont remplis d'une
foule qui écoute les instructions des rabbins. Jésus se dirige vers l'endroit
où il voit arrêtés les deux apôtres et les deux disciples envoyés en avant.
Tout de suite on fait cercle autour de Lui, et aux apôtres et disciples
s'unissent aussi d'autres personnes nombreuses qui étaient ça et là dans la
cour de marbre remplie de gens. La curiosité est telle que certains élèves
des rabbins, je ne sais si c'est spontanément ou envoyés par les maîtres,
s'approchent du cercle qui se serre autour de Jésus. Jésus demande à brûle-pourpoint : "Pourquoi vous pressez-vous
autour de Moi ? Dites-le. Vous avez des rabbis connus et sages, bien vus
de tout le monde. Moi, je suis l'Inconnu et le Mal vu. Pourquoi alors
venez-vous à Moi ?" "Parce que nous t'aimons" disent certains, et
d'autres : "Parce que tu as des paroles différentes des
autres", et d'autres encore : "Pour voir tes miracles" et
"Parce que nous avons entendu parler de Toi" et "Parce que Toi
seul as des paroles de vie éternelle et des œuvres qui correspondent aux paroles"
et enfin : "Parce que nous voulons nous unir à tes disciples" 388> Jésus regarde les gens au fur
et à mesure qu'ils parlent comme s'il voulait les transpercer par le regard
pour lire leurs impressions les plus cachées, et certains, ne résistant pas à
ce regard, s'éloignent ou bien se cachent derrière une colonne ou des gens
plus grands qu'eux. Jésus reprend :
Si quelqu'un veut venir à Moi et ne hait pas saintement son
père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et ses sœurs, et jusqu'à sa
vie, il ne peut être mon disciple. J'ai dit : "hait
saintement". Vous, dans votre cœur, vous dites : "La haine, Lui
l'enseigne, n'est jamais sainte. Lui, donc se contredit". Non. Je ne me
contredis pas. Je dis de haïr la pesanteur de l'amour, la passion chamelle de
l'amour pour le père et la mère, l'épouse et les enfants, les frères et les
sœurs, et la vie elle-même mais, d'autre part, j'ordonne d'aimer avec la
liberté légère, qui est le propre des esprits, les parents et la vie. 389> Aimez-les
en Dieu et pour Dieu, ne faisant jamais passer Dieu après eux, vous occupant
et vous préoccupant de les amener là où le disciple est arrivé, c'est-à-dire
à Dieu Vérité. Ainsi vous aimerez saintement les parents et Dieu, en
conciliant les deux amours et en faisant des liens du sang non pas un poids
mais une aile, non pas une faute, mais la justice. Même votre vie, vous devez
être prêts à la haïr pour me suivre. Hait sa vie celui qui, sans peur de la
perdre ou de la rendre humainement triste, la consacre à mon service. Mais ce
n'est qu'un semblant de haine. Un sentiment qui est appelé de manière
incorrecte : "haine", par la pensée de l'homme qui ne sait pas
s'élever, de l'homme uniquement terrestre, de peu supérieur à la brute. En
réalité cette haine apparente qui est le refus des satisfactions sensuelles à
l'existence, pour donner une vie toujours plus grande à l'esprit, c'est de l'amour.
C'est de l'amour, le plus élevé qui existe, le plus béni.
Pensez-y donc beaucoup, beaucoup, vous qui dites :
"Nous sommes venus parce que nous voulons nous unir à tes
disciples". Ce n'est pas de la honte, mais de la sagesse, de se peser,
de se juger, d'avouer à soi-même et aux autres: "Je n'ai pas l'étoffe
d'un disciple". Et quoi ? Les païens ont, à la base de l'un de
leurs enseignements, la nécessité de "se connaître soi-même", et
vous, Israélites, pour conquérir le Ciel, vous ne sauriez pas le faire ?
Car, rappelez-le vous toujours, bienheureux ceux qui viendront
à Moi. Mais, plutôt que de venir pour me trahir Moi et Celui qui m'a envoyé,
il vaut mieux ne pas venir du tout et rester les fils de la Loi comme vous
l'avez été jusqu'à présent. Malheur à ceux qui, ayant dit : "Je viens",
nuisent au Christ en trahissant l'idée chrétienne, en scandalisant les
petits, les gens honnêtes ! Malheur à eux ! Et pourtant il y en
aura et toujours il y en aura ! 390> Imitez encore les rois de la terre, en faisant servir les
pauvres événements du monde à un enseignement surnaturel. Eux, quand ils veulent
faire la guerre à un autre roi, examinent tout avec calme et attention, le
pour et le contre, ils réfléchissent pour voir si l'intérêt de la conquête
vaut le sacrifice de la vie des sujets, ils étudient s'il est possible de
conquérir ce lieu, si leurs troupes, inférieures de moitié en nombre à celles
de leur rival, même si elles sont plus combatives, peuvent vaincre, et
pensant avec justesse qu'il est improbable que dix mille viennent à bout de
vingt mille, avant que se produise la rencontre ils envoient au rival une
ambassade avec de riches présents, et apaisant le rival déjà inquiet des
mouvements de troupes de l'autre, le désarment par des témoignages d'amitié,
font disparaître ses soupçons et font avec lui un traité de paix, en vérité
toujours plus avantageux qu'une guerre, aussi bien humainement que
spirituellement. Ainsi vous devez agir avant de commencer la nouvelle vie et se
mettre contre le monde. Parce que voici ce qu'implique d'être mes
disciples : aller contre le tourbillonnement et la violence de
l'entraînement du monde, de la chair, de Satan. Et si vous ne vous sentez pas
le courage de renoncer à tout par amour pour Moi, ne venez pas à Moi, parce
que vous ne pouvez pas être mes disciples." "C'est bien. Ce que tu dis est vrai" admet un scribe
qui s'est mêlé au groupe. "Mais si nous nous dépouillons de tout, avec
quoi allons-nous te servir ensuite ? La Loi a des commandements qui sont
comme de la monnaie que Dieu donne à l'homme pour que, en s'en servant, il se
procure la vie éternelle. Tu dis : "Renoncez a tout" et tu
indiques le père, la mère, les richesses, les honneurs. Dieu a pourtant donné
ces choses et nous a dit, par la bouche de Moïse, de s'en servir saintement
pour paraître juste aux yeux de Dieu. Si tu nous enlèves tout, qu'est-ce que
tu nous donnes ?" "Le véritable amour, je l'ai dit, ô rabbi. Je vous donne
ma doctrine qui n'enlève pas un iota à la Loi ancienne, mais au contraire la
perfectionne." 391> "Alors, nous sommes tous
des disciples égaux parce que nous avons tous les mêmes choses." "Nous les avons tous, selon la Loi mosaïque. Pas tous
selon la Loi perfectionnée par Moi selon l'Amour. Mais tous n'atteignent pas,
dans cette Loi, la même somme de mérites. Même parmi les disciples qui
m'appartiennent, tous n'arriveront pas à avoir une égale somme de mérites et
certains, parmi eux, non seulement n'auront pas cette somme, mais perdront
aussi leur unique monnaie : leur âme." "Comment ? A qui on a donné davantage, il restera
davantage. Tes disciples, ou mieux tes apôtres, te suivent dans ta mission et
sont au courant de tes façons de faire, ils ont reçu énormément, tes
disciples effectifs ont beaucoup reçu, moins ceux qui ne sont disciples que
de nom, rien ceux qui, comme moi, ne t'écoutent que par hasard. Il est
évident que les apôtres recevront énormément au Ciel, beaucoup les disciples
effectifs, moins ceux qui ne le sont que de nom, rien ceux qui sont comme
moi."
"Pourquoi dis-tu cela ?" "Parce que c'est la vérité." Le scribe regarde autour de lui, et puis il baisse la tête. Que
ce soit la vérité, il le voit écrit sur trop de visages de membres du
Sanhédrin, de rabbis et de pharisiens qui ont grossi de plus en plus le
groupe qui entoure Jésus. Visages bleus de rage ou rouges de colère, regards
qui équivalent à des paroles de malédiction et crachats empoisonnés, rancœur
qui fermente de tous côtés, désir de brutaliser le Christ, qui reste
seulement un désir par peur de la foule qui entoure le Maître, dévouée et
prête à tout pour le défendre, peur aussi peut-être d'être punis par Rome qui
est bienveillante envers le doux Maître galiléen. Jésus se remet calmement à exposer sa pensée par la
parabole : "Un homme, qui était sur le point de faire un long
voyage et de s'absenter pour longtemps, appela tous ses serviteurs et leur
confia tous ses biens. A l'un il donna cinq talents d'argent, à un autre deux
talents d'argent, à un troisième un seul talent d'or [1]. À chacun selon sa situation
et son habileté. Et puis il partit. 392> Maintenant le serviteur qui
avait reçu cinq talents d'argent s'en alla faire valoir habilement ses
talents et, après quelque temps, ceux-ci lui en rapportèrent cinq autres.
Celui qui avait reçu deux talents fit la même chose et il doubla la somme
qu'il avait reçue. Mais celui auquel le maître avait donné davantage, un
talent d'or pur, paralysé par la peur de ne pas savoir faire, par celle des
voleurs, de mille choses chimériques et surtout par la paresse, fit un grand
trou dans la terre et y cacha l'argent de son maître. De nombreux mois passèrent, et le maître revint. Il appela tout
de suite ses serviteurs pour qu'ils lui rendissent l'argent donné en dépôt.
Celui qui avait reçu cinq talents d'argent se présenta et il dit :
"Voici, mon seigneur. Tu m'en as donné cinq. Comme il me semblait qu'il
était mal de ne pas faire fructifier l'argent que tu m'avais donné, je me
suis débrouillé et je t'ai gagné cinq autres talents. Je n'ai pas pu faire
davantage...". "C'est bien, très bien, serviteur bon et fidèle. Tu
as été fidèle pour le peu. actif et honnête. Je te donnerai de l'autorité sur
beaucoup de choses. Entre dans la joie de ton maître". Puis celui qui avait reçu deux talents se présenta et
dit : "Je me suis permis d'employer tes biens dans ton intérêt.
Voici les comptes qui montrent comment j'ai employé ton argent. Tu
vois ? Il y avait deux talents d'argent, maintenant il y en a quatre.
Es-tu content. mon seigneur ?" Et le maître fit au bon serviteur la
même réponse qu'au premier. Arriva en dernier celui qui, jouissant de la plus grande
confiance de son maître, avait reçu le talent d'or. Il le sortit de sa
cachette et il dit : "Tu m'as confié la plus grande valeur parce
que tu sais que je suis prudent et fidèle, comme moi je sais que tu es
intransigeant et exigeant, et que tu ne supportes pas des pertes pour ton
argent mais en cas de perte, tu t'en prends à celui qui est près de toi. Car,
en vérité, tu moissonnes où tu n'as pas semé et tu récoltes où tu n'as rien
répandu, ne faisant pas cadeau de la moindre pièce de monnaie à ton banquier
ou à ton régisseur, pour aucune raison. Il te faut autant d'argent que tu en
réclames. Or moi, craignant de diminuer ce trésor, je l'ai pris et l'ai
caché. Je ne me suis fié à personne ni non plus à moi-même. Maintenant, je
l'ai déterré et je te le rends. Voici ton talent". 393> "O serviteur injuste et
paresseux ! En vérité, tu ne m'as pas aimé puisque tu ne m'as pas connu
et que tu n'as pas aimé mon bien-être, ayant laissé mon argent improductif.
Tu as trahi l'estime que j'avais eue pour toi et c'est toi-même qui te
contredis, t'accuses et te condamnes. Tu savais que je moissonne où je n'ai
pas semé, que je récolte où je n'ai rien répandu. Et pourquoi alors n'as-tu
pas fait en sorte que je puisse moissonner et récolter ? C'est ainsi que
tu réponds à ma confiance ? C'est ainsi que tu me connais ?
Pourquoi n'as-tu pas porté mon argent aux banquiers pour qu'à mon retour je
le retire avec les intérêts ? Je t'avais instruit avec un soin
particulier dans ce but et toi, paresseux et imbécile, tu n'en as pas tenu
compte. Que te soit donc enlevé le talent et tout autre bien, et qu'on le
donne à celui qui a les dix talents". "Mais lui en a déjà dix alors que celui-ci reste sans
rien..." lui objecta-t-on. "C'est bien. À celui qui possède et le fait fructifier, il
sera donné encore davantage et au point qu'il surabonde. Mais à celui qui n'a
pas parce qu'il n'a pas la volonté d'avoir, on enlèvera ce qui lui a été
donné. Quant au serviteur inutile qui a trahi ma confiance et a laissé
improductifs les dons que je lui avais fait, qu'on l'expulse de ma propriété
et qu'il s'en aille pleurer et se ronger le cœur". Voilà la parabole. Comme tu le vois, ô rabbi, à qui avait reçu
le plus il est resté le moins, car il n'a pas su mériter de conserver le don
de Dieu. Et il n'est pas dit qu'un de ceux dont tu dis qu'ils ne sont
disciples que de nom ayant par conséquent peu de chose à faire valoir et même
de ceux qui, comme tu dis, m'entendent par hasard et qui n'ont comme unique
capital que leur âme, n'arrive pas à avoir le talent d'or et même ce qu'il
aura rapporté, qu'on aura enlevé à quelqu'un qui avait davantage reçu.
Infinies sont les surprises du Seigneur parce qu'innombrables sont les
réactions de l'homme. Vous verrez des païens arriver à la vie éternelle et
des samaritains posséder le Ciel, et vous verrez des Israélites purs et qui
me suivent perdre le Ciel et l'éternelle Vie." Jésus se tait, et comme s'il voulait couper court à toute
discussion, se tourne vers l'enceinte du Temple. Mais un docteur de la Loi,
qui s'était assis pour écouter sérieusement sous le portique, se lève et
s'avance en demandant : "Pourquoi veux-tu me tenter ? Pourquoi veux-tu
mentir ? Espères-tu que je dise des choses qui déforment la Loi parce
que je lui ajoute des idées plus lumineuses et plus parfaites ?
Qu'est-ce qui est écrit dans la Loi ? Réponds ! Quel est son
principal commandement ?" 394> "Tu aimeras le
Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toutes tes forces,
de toute ton intelligence. Tu aimeras ton prochain comme toi-même" [2]. "Voilà, tu as bien répondu. Fais cela et tu auras la vie
éternelle." "Et, qui est mon prochain ? Le monde est plein de
gens qui sont bons et mauvais, connus ou inconnus, amis et ennemis d'Israël. Qui
est mon prochain ?"
Par le même chemin, passa un prêtre qui avait terminé son
office au Temple. Oh ! il était encore parfumé par les encens du Saint!
Et il aurait dû avoir l'âme parfumée de bonté surnaturelle et d'amour
puisqu'il avait été dans la Maison de Dieu, pour ainsi dire au contact du
Très-Haut. Le prêtre avait hâte de revenir à sa maison. Il regarda donc le
blessé, mais ne s'arrêta pas. Il passa outre rapidement laissant le
malheureux sur le bord du chemin. Un lévite vint à passer. Devait-il se contaminer, lui qui
devait servir au Temple ? Allons donc ! Il releva son vêtement pour
ne pas se souiller de sang. Il jeta un regard fuyant sur celui qui gémissait
dans son sang et hâta le pas vers Jérusalem, vers le Temple. En troisième lieu, venant de la Samarie, en direction du gué,
arriva un samaritain. Il vit le sang, s'arrêta, découvrit le blessé dans le
crépuscule qui avançait, descendit de sa monture, s'approcha du blessé, lui
donna des forces avec une gorgée d'un vin généreux. Il déchira son manteau
pour en faire des bandages, puis il lava les blessures avec du vinaigre et
les oignit avec de l'huile, et le banda affectueusement. Après avoir chargé
le blessé sur sa monture, il conduisit avec précaution l'animal, soulevant en
même temps le blessé, le réconfortant par de bonnes paroles sans se
préoccuper de la fatigue et sans dédain pour ce blessé, bien qu'il fût de
nationalité juive. Arrivé en ville, il le conduisit à l'auberge, le veilla
toute la nuit et à l'aube, voyant qu'il allait mieux, le confia à l'hôtelier
lui donnant d'avance des deniers pour le payer et lui dit :
"Aies-en soin comme si c'était moi-même. A mon retour, ce que tu auras
dépensé en plus, je te le rendrai, et bonne mesure si tu as bien fait ce
qu'il fallait". Et il s'en alla. Docteur de la Loi, réponds-moi. Lequel de ces trois a été le
"prochain" pour l'homme tombé aux mains des voleurs ? Le
prêtre, peut-être ? Peut-être le lévite ? Ou non pas plutôt le
samaritain ? 395> Il ne se demanda pas qui était le blessé,
pourquoi il était blessé, s'il agissait mal en le secourant, en perdant son
temps, son argent et en risquant d'être accusé de l'avoir blessé ?" Le docteur de la Loi répond : "Le prochain c'est ce
dernier car il a usé de miséricorde." "Toi aussi, fais la même chose et tu aimeras le prochain
et Dieu dans le prochain, méritant ainsi la vie éternelle." Personne n'ose plus parler et Jésus en profite pour rejoindre les
femmes qui l'attendaient près de l'enceinte et, avec elles, aller de nouveau
dans la ville. Maintenant aux disciples se sont unis deux prêtres, ou plutôt
un prêtre et un lévite, ce dernier très jeune, l'autre d'âge patriarcal. Mais Jésus maintenant parle avec sa Mère, ayant au milieu,
entre Lui et elle, Margziam. Et il lui demande : "Tu m'as entendu,
Mère ?" "Oui, mon Fils, et à la tristesse de Marie de Cléophas s'est ajoutée la mienne. Elle a pleuré un peu
avant d'entrer au Temple..." "Je le sais Mère, et j'en connais le motif. Mais elle ne
doit pas pleurer. Seulement prier." "Oh ! Elle prie tant ! Ces soirs-ci, dans sa
cabane, entre ses fils endormis, elle priait et pleurait. Je l'entendais
pleurer à travers la mince paroi de feuillage voisine. De voir à quelques pas
Joseph et Simon, tout près mais ainsi séparés !... Et elle n'est pas la
seule à pleurer. Avec moi a pleuré Jeanne qui te paraît si sereine..." "Pourquoi, Mère ?" "Parce que Chouza... a une
conduite... inexplicable. Il la seconde un peu en tout. Il la repousse un peu
en tout. S'ils sont seuls et que personne ne les voit, c'est le mari
exemplaire de toujours. Mais si avec lui il y a d'autres personnes, de la
Cour c'est naturel, voilà alors qu'il devient autoritaire et méprisant pour
sa douée épouse. Elle ne comprend pas pourquoi...» "Moi, je te le dis. Chouza est
serviteur d'Hérode, comprends-moi, Mère. "Serviteur". Moi, je ne le
dis pas à Jeanne pour ne pas lui causer de la douleur. Mais c'est ainsi.
Quand il ne craint pas de blâme et de moquerie du souverain, c'est le bon Chouza. Quand il peut les craindre, il n'est plus le
même.» "C'est parce que Hérode est très irrité à cause de Manaën
et..." "Et parce que Hérode est devenu fou par le remords tardif
d'avoir cédé à Hérodiade. Mais Jeanne a déjà tant de bien dans sa vie. Elle
doit, sous le diadème, porter son cilice." 396> "Annalia aussi pleure..." "Pourquoi ?" "Parce que le fiancé se retourne contre Toi." "Qu'elle ne pleure pas. Dis-le-lui. C'est une résolution.
Une bonté de Dieu. Son sacrifice amènera de nouveau Samuel au Bien. Pour le
moment ce dernier la laissera libre de pressions pour le mariage. Je lui ai
promis de la prendre avec Moi. Elle me précédera dans la mort..." "Fils !..."
Marie serre la main de Jésus. Son visage devient exsangue. "Maman bien aimée ! C'est pour les hommes. Tu le
sais. C'est pour l'amour des hommes. Buvons notre calice de bon cœur,
n'est-ce pas ?" Marie avale ses larmes et répond : "Oui." Un
"oui" tellement déchiré et déchirant. Margziam lève le visage et dit à Jésus : "Pourquoi
dis-tu ces choses si dures qui attristent la Mère ? Moi, je ne te
laisserai pas mourir. Comme j'ai défendu les agneaux, ainsi je te
défendrai." Jésus le caresse et, pour remonter le moral des deux affligés,
il demande à l'enfant: "Que vont faire maintenant tes brebis ? Tu
ne les regrettes pas ?" "Oh ! je suis avec Toi ! Cependant j'y pense
toujours, et je me demande : "Est-ce que Porphyrée les aura amenées
au pâturage ? et aura-t-elle veillé à ce que Spuma
n'aille pas dans le lac ?" Elle est si vive, Spuma,
sais-tu ? Sa mère l'appelle, l'appelle... Mais rien à faire ! Elle
fait ce qu'elle veut. Et Neve, si gloutonne qu'elle mange à s'en rendre
malade ? Sais-tu, Maître ? Moi, je comprends ce que c'est que d'être
prêtre en ton Nom. Mieux que les autres je le comprends. Eux (et il montre de
la main les apôtres qui viennent derrière) eux, ils disent tant de belles
paroles, font tant de projets... pour ensuite. Moi, je dis : "Je
ferai le berger pour les hommes comme pour les brebis. Et cela suffira".
La Mère, la mienne et la tienne, m'a dit hier un si beau passage des
prophètes... et m'a dit : "C'est exactement ainsi qu'est notre
Jésus". Et moi, dans mon cœur, j'ai dit : "Et moi aussi, je
serai tout à fait ainsi". Puis j'ai dit a notre Mère : "Pour
le moment, je suis agneau, ensuite je serai berger. Au contraire, maintenant
Jésus est Berger et puis il est aussi Agneau. Mais toi, tu es toujours
l'Agnelle, seulement notre Agnelle blanche, belle, aimée, aux paroles plus
douées que le lait. C'est pour cela que Jésus est tellement Agneau :
parce qu'il est né de toi, Agnelle du Seigneur". 397> Jésus se penche
vivement et l'embrasse. Puis il demande : "Tu veux donc vraiment
être prêtre ?" "Certainement, mon Seigneur ! C'est pour cela que je
m'efforce de devenir bon et de tant savoir. Je vais toujours près de Jean
d'Endor. Il me traite toujours en homme et avec tant de bonté. Je veux être
berger des brebis dévoyées et non dévoyées, et médecin-berger de celles qui
sont blessées et fracturées, comme dit le Prophète. Oh ! que c'est
beau !" et l'enfant saute en battant des mains. "Qu'est-ce qu'il a, cette petite tête noire, à être si
heureux ?" demande Pierre en s'approchant. "Il voit sa route. Nettement, jusqu'à la fin... Et Moi, je
consacre la vision qu'il en a, avec mon "oui"." Ils s'arrêtent devant une haute maison qui, si je ne me trompe,
est du côté du faubourg d'Ophel, mais l'endroit est
plus riche. "Est-ce ici que nous nous arrêtons ?" "C'est la maison que Lazare m'a offerte pour le banquet de
réjouissance. Marie est déjà là." "Pourquoi n'est-elle pas venue avec nous ? Par peur
des moqueries ?" "Oh ! non ! Je lui l'ai seulement ordonné." "Pourquoi, Seigneur ?" "Parce que le Temple est plus susceptible qu'une épouse enceinte.
Tant que je le peux, et non par lâcheté, je ne veux pas le heurter." "Cela ne te servira à rien, Maître. Moi, si j'étais Toi,
non seulement je le heurterais, mais je le jetterais en bas du Moriah avec tous ceux qui sont dedans." "Tu es un pécheur, Simon. Il faut prier pour ses propres
semblables, non pas les tuer." "Je suis un pécheur. Mais, Toi, non... et... tu devrais le
faire." "Il y aura quelqu'un pour le faire. Et après qu'on aura
atteint la mesure du péché." "Quelle mesure ?" "Une mesure telle qu'elle emplira tout le Temple et
débordera sur Jérusalem. Tu ne peux comprendre... Oh ! Marthe !
Ouvre donc ta maison au Pèlerin !" Marthe se fait reconnaître et ouvrir. Ils entrent tous dans un
long atrium qui débouche dans une cour pavée possédant quatre arbres aux
quatre coins. Une vaste salle s'ouvre au-dessus du rez-de-chaussée et, par
les fenêtres ouvertes, on découvre toute la Cité avec ses montées et
descentes. J'en conclus donc que la maison est sur les pentes sud ou sud-est
de la ville. 398> La salle est préparée pour un
très grand nombre d'hôtes. Des tables, en grand nombre, sont disposées
parallèlement. Une centaine de personnes peuvent s'y restaurer commodément. Marie-Magdeleine accourt. Elle était ailleurs, occupée
dans les communs, et elle se prosterne devant Jésus. Lazare arrive aussi,
avec un sourire bienheureux sur son visage maladif. Les hôtes entrent peu à
peu, certains un peu embarrassés, d'autres avec plus d'assurance. Mais la
gentillesse des femmes les met vite à l'aise. Le prêtre Jean amène à Jésus les deux qu'il a pris au Temple.
"Maître, mon bon ami Jonathas et mon jeune ami
Zacharie. Ce sont de vrais Israélites, sans malice et sans rancœur." "Paix à vous. Je suis heureux de vous avoir. Il faut
observer le rite, même dans ces douces coutumes. Il est beau que la Foi
ancienne donne une main amie à la nouvelle Foi venue de son propre cep.
Assoyez-vous à mes côtés en attendant qu'arrive l'heure du repas." Le patriarcal Jonathas parle, alors
que le jeune lévite regarde ça et là, curieux, étonné, et peut-être même
intimidé. Je pense qu'il veut se donner un air dégagé, mais qu'en réalité il
est comme un poisson hors de l'eau. Heureusement Etienne vient à son secours
et lui amène l'un après l'autre les apôtres et les principaux disciples. Le vieux prêtre dit, en caressant sa barbe neigeuse :
"Quand Jean est venu me trouver, justement moi, son maître, pour me
montrer sa guérison, j'ai voulu te connaître. Mais, Maître, je ne sors pour
ainsi dire plus de mon enceinte. Je suis vieux... J'espérais te voir
cependant avant de mourir et Jéhovah
m'a exaucé. Qu'il en soit loué ! Aujourd'hui je t'ai entendu au Temple.
Tu surpasses Hillel, l'ancien, le sage. Je ne veux pas, même je ne peux
douter que tu es Celui que mon cœur attend. Mais sais-tu ce que c'est que
d'avoir bu pendant près de quatre-vingts ans la foi d'Israël comme elle est
devenue pendant des siècles... d'élaboration humaine ? Elle est devenue
notre sang. Et je suis si vieux ! T'entendre, c'est comme boire de l'eau
qui sort d'une source fraîche. Oh ! Oui ! Une eau vierge !
Mais moi... mais moi, je suis saturé de l'eau usée qui vient de si loin...
que tant de choses ont alourdie. Comment ferai-je pour me débarrasser de
cette saturation et te goûter, Toi ?" "Croire en Moi et m'aimer. Il ne faut pas autre chose pour
le juste Jonathas." "Mais je mourrai bientôt ! Arriverai-je à temps pour
croire tout ce que tu dis ? Je n'arriverai même pas à suivre toutes tes
paroles ou à les connaître de la bouche d'autrui. Et alors ?" 399> "Tu les apprendras au Ciel. Il n'y a que
le damné qui meurt à la Sagesse, alors que celui qui meurt dans la grâce de
Dieu arrive à la Vie et vit dans la Sagesse. Que crois-tu que je
suis ?" "Tu ne peux être que l'Attendu qu'a précédé le fils de mon
ami Zacharie. L'as-tu connu ?" "C'était mon parent." "Oh! alors, tu es parent du Baptiste ?" "Oui, prêtre." "Lui est mort... et je ne peux dire : "Malheureux !"
Car il est mort fidèle à la justice et après avoir accompli sa mission et
parce que... Oh ! les temps atroces que nous vivons ! Ne vaut-il
pas mieux revenir vers Abraham ?" "Oui, mais il en viendra de plus atroces, prêtre." "Tu dis ? Rome, hein ?" "Pas Rome seule. C'est Israël coupable qui en sera la
première cause."
"Je l'ai appris." Tous les galiléens sont révoltés par cette injustice. Ils
crient : "C'est vrai qu'il s'agissait d'un faux Messie. Mais
pourquoi tuer ses partisans, après l'avoir frappé, lui ? Et pourquoi à
ce moment-là ? Ils étaient plus pécheurs, peut-être ?" Jésus impose la paix, et puis il dit : "Vous vous
demandez s'ils étaient plus pécheurs que tant d'autres galiléens et si c'est
pour cela qu'ils ont été tués ? Non, ils ne l'étaient pas. En vérité je
vous dis qu'ils ont payé et que beaucoup d'autres paieront si vous ne vous
convertissez pas au Seigneur. Si vous ne faites pas tous pénitence, vous
périrez tous de la même façon, en Galilée et ailleurs. Dieu est indigné
contre son peuple. Je vous le dis. Il ne faut pas croire que ceux qui sont
frappés sont toujours les plus mauvais. Que chacun s'examine soi-même, qu'il
se juge, lui, et pas les autres. 400> "Non. Maître !
Non ! Je ne puis devant Toi ! Tu es le Fils de Dieu !" "Tu offres bien l'encens devant l'autel ! Et tu ne
crois pas, peut-être, que Dieu est là ?" "Oui, je le crois ! De toutes mes forces !" |
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"Et alors ?
Si tu ne crains pas de faire l'offrande devant la Gloire Très Sainte du
Très-Haut, pourquoi veux-tu craindre devant la Miséricorde qui s'est revêtue
de chair pour t'apporter, à toi aussi, la bénédiction de Dieu avant que
vienne à toi la nuit ? Oh ! vous ne savez pas, vous d'Israël, que
c'est justement pour que l'homme puisse approcher Dieu sans en mourir, que
j'ai mis sur mon insoutenable Divinité le voile de la chair. Viens et crois,
et sois heureux. En toi je vénère tous les prêtres saints, depuis Aaron
jusqu'au dernier qui, avec justice, sera prêtre d'Israël, jusqu'à toi
peut-être, parce qu'en vérité la sainteté sacerdotale languit parmi nous
comme une plante qu'on a délaissée." |
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[1] Respectivement : 2.000
K€ - 800 K€ et 6.400 K€. Ceci est important : c’est celui qui a reçu UN
seul talent, mais d’OR, qui a reçu le plus. À la lecture de l’Évangile, on
pourrait en effet croire que c’est celui qui a reçu le moins qui est
sanctionné.