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"L'Évangile tel
qu'il m'a été révélé" |
aucun accent |
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mardi 2 octobre 29 (5 Boul)
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Pierre accablé par la violence contre Jésus 261 -
Discours (Possédés par le démon et par Dieu) 262 -
Invitation d'un berger 264 -
Judas n'est pas autorisé à partir 264 -
Jésus confie un secret à André qui sourit 265 - Jésus reste seul avec ses larmes 265 |
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261> Le gué de Bethabara vient d'être
franchi. À travers le fleuve bleu et suffisamment gonflé car il est nourri
par des affluents remplis par les pluies de l'automne, on voit l'autre rive,
l'orientale, avec une foule de personnes qui gesticulent. Sur la rive
occidentale, au contraire, là où se trouve Jésus avec les siens, il n'y a qu'un berger, avec
son troupeau qui broute l'herbe verte de la rive. Pierre s'affale sur un
reste de muret qui se trouve là, sans même essuyer ses jambes toutes
mouillées à la traversée du gué. 262> C'est qu'à cette saison, on se sert des barques, c'est vrai, mais pour ne
pas les échouer sur les bas fonds, on s'en sert dans la partie la plus
profonde en s'arrêtant pour déposer les voyageurs là où la quille érafle déjà
les herbes submergées. Ainsi, en débarquant, il faut faire quelques pas dans
l'eau. "Qu'as-tu ? Tu
te sens mal ?" lui demande-t-on. "Non, mais je
n'en puis plus. Sur le Nébo, cette violence, et avant à Hesbon, et avant à Jérusalem, et avant à Capharnaüm, et après le Nébo à Calliroé, et maintenant à Bethabara.... Oh !..." il se prend la tête dans les
mains et il pleure... "Pas
d'accablement, Simon. Ne me rends pas pauvre aussi de ton, de votre courage
!" lui dit Jésus en s'approchant de lui et en posant sa main sur le
lourd vêtement gris qui couvre l'apôtre. "Je ne peux, je
ne peux pas voir ! Je ne peux pas te voir ainsi maltraité ! Si tu me laissais
réagir... peut-être je pourrais. Mais ainsi... devoir me contenir... et
assister à leurs insultes, à tes souffrances, comme un enfant impuissant...
oh ! cela me brise tout l'intérieur, et je deviens une loque... Mais regardez
s'il est possible de le voir ainsi ! On dirait un malade, quelqu'un qui meurt
de fièvres... On dirait un coupable poursuivi, qui ne trouve pas où s'arrêter
pour manger une bouchée de pain, pour boire une gorgée, pour chercher une
pierre où poser sa tête ! Cette hyène du Nébo ! Ces serpents de Calliroé ! Ce forcené qui est encore là ! (et il indique
l'autre rive). Est moins démon celui de Calliroé, bien qu'il soit seulement le second dont tu dis
qu'il est dominé par Belzébuth ! Moi, j'ai peur des possédés, je pense que
si Satan les a pris ainsi, ils doivent avoir été très mauvais. Mais...
l'homme peut tomber sans avoir la volonté absolue de le faire. Au contraire,
ceux qui sans être possédés agissent comme ils le font, avec toute leur
liberté de raisonnement !... Oh ! tu ne les vaincras jamais, puisque tu ne
veux pas les châtier ! Et eux... ils te vaincront..." Et les larmes de
l'apôtre fidèle, qui s'étaient un peu taries sous le feu de l'indignation,
reprennent fortement...
"Je vois des
pistils, je vois du pollen, et une petite couronne de duvets qui paraissent
des cils autour des pistils et une petite bande toute ciliée qui orne le
pétale large et les deux plus petits... et je vois une gouttelette de rosée
au fond du calice... et... oh ! voilà ! Un moucheron est descendu à
l'intérieur pour boire, et il s'est englué dans le duvet cilié et il ne se
dégage plus... Mais alors ! Fais mieux voir. Oh ! Le duvet est comme
emmiellé, il colle... J'ai compris ! Dieu lui l'a fait ainsi ou pour que la
plante se nourrisse, ou pour que se nourrissent les oiseaux en venant
becqueter les moucherons, ou pour que l'air en soit débarrassé... Quelle
merveille !" "Sans la
puissante lumière du soleil, tu n'aurais rien vu pourtant." "Hé ! non
!"
"Mais Dieu ne
pourrait-il pas frapper l'Enfer ?" demande Philippe. "Il le pourrait.
Il est le plus fort." "Et pourquoi ne
le fait-Il pas pour te défendre ?" "Les raisons de
Dieu seront connues au Ciel. Allons, et sortez de votre accablement." Le berger, qui a
écouté sans en avoir l'air, demande : "Tu as où aller ? Tu es attendu
?" "Non, homme. Je
devrais aller au-delà de Jéricho, mais je ne suis pas attendu." "Et tu es très
fatigué, Rabbi ?" "Fatigué, oui.
On ne nous a permis ni hospitalité ni halte depuis le Nébo." "Alors... Je
voulais te dire... Je suis près de l'ancienne Bétagla... J'ai mon père
aveugle et je ne puis m'éloigner pour ne pas le laisser pendant des lunes.
Mais mon cœur en souffre et aussi le troupeau. Si tu voulais... Je te
donnerais le logement. Ce n'est pas loin. Le vieillard croit tellement en
Toi. Joseph, fils de Joseph, ton disciple, le
sait." "Allons." L'homme ne se le fait
pas dire deux fois. Il rassemble le troupeau et le conduit vers le village
qui doit être au nord-ouest de l'endroit où ils sont en ce moment. Jésus se
met à l'arrière du troupeau avec les siens. "Maître, dit l'Iscariote après un moment, Bétagla ne possède certainement pas quelqu'un qui puisse
acheter les dons de cet homme..." [1] "Quand nous
irons à Jéricho pour aller chez Nike, nous les vendrons." "C'est que...
l'homme, celui-ci, est pauvre et il faudra le dédommager. Je n'ai pas la
moindre pièce de monnaie." 265> "Nous avons des
vivres et en grande quantité, même pour quelque mendiant. Il ne faut
rien de plus pour l'heure." "Comme tu veux. Mais il aurait
mieux valu que tu m'envoie en avant. J'aurais pu..." [2] "Ce n'est pas
nécessaire." "Maître, c'est
de la défiance ! Pourquoi ne nous envoies-tu pas comme avant, deux par deux
?" "Parce que je
vous aime et je pense à votre bien." "Ce n'est pas
bien de nous garder ainsi inconnus. On pensera que nous sommes indignes,
incapables... Une fois, tu nous laissais aller, nous prêchions, nous faisions
des miracles, nous étions connus..." "Tu regrettes de
ne plus le faire ? Cela t'allait bien d'aller sans Moi ? Tu es le seul qui se
lamente de ne pas aller seul... Judas !..." "Maître, tu sais
si je t'aime !" dit Judas avec assurance. "Je le sais. Et
je te garde avec Moi pour que ton esprit ne se corrompe pas... Tu es déjà
celui qui recueille et distribue, qui vend ou échange pour les pauvres. C'est
assez, c'est déjà trop. Remarque tes compagnons : pas un seul ne demande ce
que tu demandes." "Mais aux
disciples tu l'as accordé... C'est une injustice cette différence." "Judas, tu es le
seul à me dire injuste... Mais je te pardonne. Va en avant, et envoie-moi André." Jésus ralentit pour
attendre André et lui parler à part. Je ne sais pas ce qu'il dit. Je sais
qu'André sourit de son doux sourire et s'incline pour baiser les mains du
Maître, et puis il retourne en avant. |
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Jésus reste seul, en arrière de tout le monde... et la tête très penchée, il avance en essuyant son visage avec un coin de son manteau comme s'il suait. Mais ce sont des larmes et non des gouttes de sueur qui coulent sur ses joues décharnées et pâles. |
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