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"L'Évangile tel
qu'il m'a été révélé" |
aucun accent |
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Vendredi 4 octobre 29 (7 Boul)
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Mon sacrifice sera un soleil pour le monde 265 -
Jésus connaît le traître mais ne le désigne pas 267 -
Pierre n'aime pas le cavalier qui l'interpelle 268 -
Pierre a noté qu'il connaît Judas 268 -
Il dit ses soupçons à Jésus 269 -
Le cavalier revient avec une femme 270 -
Qui souhaite parler seule à Jésus 271 -
Jésus ne peut guérir le mari nécromancien 271 -
Discours 1 (La Bible interdit la nécromancie) 272 -
Discours 2 (Réquisitoire contre ses ennemis) 273 -
Jésus est traité de Belzébuth 274 -
Il explique à Pierre les astuces de Satan 275 -
Jésus décide d'aller retrouver sa mère 275 |
Accueil >> Plan du site >> Sommaire du Tome 7 7.199. |
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265> C'est encore Jésus qui va inlassablement par les routes de
Palestine. Le fleuve est encore à sa droite et il avance dans le même sens que
la belle eau, bleue et qui scintille là où elle reçoit le baiser du soleil,
bleu-vert près des rives où l'ombre des arbres se reflète avec son vert foncé. 266> Jésus est au milieu
de ses disciples. J'entends Barthélemy qui Lui demande :
"Alors, nous allons vraiment vers Jéricho ? Tu ne crains pas quelque
embûche ?" "Je ne crains
pas. Je suis arrivé à Jérusalem pour la Pâque par un autre chemin et eux,
déçus, ne savent plus où me prendre sans trop attirer l'attention des foules.
Crois-moi, Barthélemy, que pour Moi, il y a moins de danger
dans une ville populeuse que dans ses sentiers écartés. Le peuple est bon et
sincère, mais il est impétueux aussi, et il se soulèverait si on me prenait
quand je suis avec lui pour évangéliser et guérir. Les serpents travaillent
dans la solitude et l'ombre. Et puis... J'ai encore aujourd'hui et
aujourd'hui et aujourd'hui pour travailler... Puis... viendra l'heure du Démon et vous me perdrez. Pour me retrouver
ensuite. Croyez-y. Et sachez le croire quand les événements sembleront plus
que jamais me démentir." Les apôtres
soupirent, affligés, et le regardent avec amour et douleur, et Jean pousse un gémissement : "Non !" et
Pierre, de ses bras courts et robustes, l'entoure
comme pour le défendre et il dit : "O mon Seigneur et Maître !" Il
ne dit rien de plus, mais il y a tant dans ces mots.
Jésus est solennel et
presque extatique en disant cela. Il marche, tout droit dans son vêtement
bleu et dans son manteau plus foncé, la tête découverte à cette heure encore
fraîche du matin, et il paraît sourire à je ne sais quelle vision que ses
yeux voient sur l'azur d'un ciel serein. 267> Le soleil qui baise
sa joue gauche enflamme encore davantage son regard rayonnant et met des
étincelles d'or dans sa chevelure soulevée par un vent léger et sa démarche
vive. Il fait ressortir le rouge des lèvres qui s'ouvrent pour sourire et il
semble éclairer le visage tout entier par une joie qui en réalité vient de
l'intérieur adorable de son Cœur enflammé de charité pour nous. "Maître, puis-je
te dire un mot ?" demande Thomas. "Lequel ?" "Avant-hier, tu as dit que le Rédempteur, Toi,
aurait un traître. Comment un homme pourra-t-il te trahir Toi, Fils de Dieu
?"
"Maître, à
présent, cet homme est-il déjà possédé par Satan ?" "Non, Judas. Mais il penche vers Satan, et pencher vers
Satan, cela veut dire se mettre dans les conditions de tomber en lui" (Jésus parle à
l'Iscariote). "Et pourquoi ne
vient-il pas à Toi pour guérir de son penchant ? Sait-il qu'il l'a ou bien
l'ignore-t-il ?" "S'il
l'ignorait, il ne serait pas coupable comme il l'est, car il sait qu'il tend
au mal, et qu'il ne persiste pas dans la résolution d'en sortir. S'il
persistait, il viendrait à Moi... mais il ne vient pas... Le poison pénètre
et mon voisinage ne le purifie pas, car au lieu de le désirer, il le fuit...
Votre erreur, Ô hommes. Vous me fuyez quand vous avez davantage besoin de
Moi" (c'est à André que Jésus a répondu). "Mais est-il
venu vers Toi quelquefois ? Le connais-tu, et nous, le connaissons-nous
?" "Matthieu, je connais les
hommes même avant qu'eux me connaissent. Et tu le sais, et eux le savent.
C'est Moi qui vous ai appelés parce que je vous connaissais." "Mais le
connaissons-nous ?" insiste Matthieu. "Et pouvez-vous
ne pas connaître ceux qui viennent vers votre Maître ? Vous êtes mes amis et
vous partagez avec Moi la nourriture, le repos et les fatigues. C'est jusqu'à
ma maison que je vous ai ouverte, la maison de ma sainte Mère. 268> "En quelle ville
l'as-tu rencontré ?" "Pierre, Pierre
!" "C'est vrai,
Maître, je suis pire qu'une femme cancanière. Pardonne-moi. Mais c'est
l'amour, tu sais..." "Je le sais, et
ainsi je te dis que ton défaut ne me rebute pas, mais il faut t'en
débarrasser." "Oui, mon
Seigneur." Le sentier se
resserre, pris entre une rangée d'arbres et une rigole, et le groupe se
disperse. Jésus parle justement avec
l'Iscariote auquel il donne des ordres pour les dépenses et les aumônes. Les
autres sont derrière deux par deux. Pierre est en arrière, tout
seul. Il réfléchit. Il marche, la tête inclinée, tellement pris par ses
pensées, qu'il ne s'aperçoit même pas qu'il reste à grande distance des
autres. "Hé ! toi,
l'homme ! l'interpelle un cavalier qui vient à passer. Es-tu avec le Nazaréen
?" "Oui, pourquoi
?" "Vous allez à Jéricho ?" "Tu tiens à le
savoir ? Moi, je n'en sais rien. Je suis le Maître et je ne demande rien. Où
qu'il aille, c'est bien. Le chemin est celui de Jéricho, mais nous pourrions
aussi revenir dans la Décapole. Qui sait ! Si tu veux en savoir davantage, le
Maître est là-bas." L'homme éperonne son cheval et Pierre lui fait par derrière une curieuse grimace
et il bougonne : "Je n'ai pas confiance, mon beau seigneur. Vous êtes
tout une bande de chiens ! Moi je ne veux pas être le traître. Je me le jure
à moi-même : "Cette bouche sera scellée". Voilà" et il fait un
signe sur ses lèvres comme pour les cadenasser. Le cavalier a rejoint
Jésus. Il l'interpelle.
Cela donne à Pierre la possibilité de rejoindre les autres. Quand l'homme
repart, il salue de la main l'Iscariote. Personne ne le remarque, sauf Pierre
qui arrive le dernier, et il paraît ne pas applaudir à ce salut. Il prend Judas par une manche et il lui demande : "Qui
est-ce ? Tu le connais ? Comment donc ?" "De vue. C'est
un riche de Jérusalem." 269> "Tu as des amitiés en haut lieu, toi ! Bien... pourvu que
ce soit bien. Dis-moi un peu : c'est cette figure de renard qui te dit
tant de choses ?..." "Quelles choses
?" "Mais, celles
que tu dis savoir sur le Maître !" "Moi ?" "Oui, toi. Tu ne
te souviens pas de cette soirée d'eau et de
boue ? Au temps de la crue ?" "Ah ! Non ! Non
! Mais tu penses encore à des paroles dites dans un moment de mauvaise humeur
?" "Je pense à tout
ce qui peut faire du mal à Jésus : choses, personnes, amis, ennemis... Et je
suis toujours prêt à tenir les promesses que je fais à celui qui veut faire
du mal à Jésus. Adieu." Judas le regarde s'en aller avec une attitude
curieuse. Il y a de la stupeur, de la souffrance, du dépit, et je dirais même
plus : de la haine. Pierre rejoint Jésus et l'appelle. "Oh ! Pierre !
Viens !" et il lui met le bras sur l'épaule. "Qui était-ce,
ce juif hirsute ?" "Hirsute, Pierre
? Il était tout pomponné et parfumé !" "C'est sa
conscience qui est hirsute. Défie-toi, Jésus." "Je t'ai dit que
ce n'est pas le temps pour Moi. Et quand ce sera le temps, aucune défiance ne
me sauvera... si je voulais me sauver. Les pierres elles-mêmes crieraient et
m'enchaîneraient si je voulais me sauver." "C'est
possible... Mais défie-toi... Maître ?" "Pierre,
qu'as-tu ?" "Maître... j'ai
une chose à te dire et un poids sur le cœur." "Une chose ? Un
poids ?" "Oui. Le poids
est un péché; la chose est un conseil." "Commence par le
péché." "Maître... je...
je hais... j'ai du dégoût, voilà, si je ne hais pas puisque tu ne veux pas
que l'on haïsse, pour l'un de nous. Il me semble être près d'une tanière d'où
sort une puanteur de serpents en chaleur... et je ne voudrais pas qu'ils en
sortent pour te nuire. Cet homme est une tanière de serpents et lui-même est
en chaleur avec le démon." "D'où le
déduis-tu ?" "Bah !... Je ne
sais pas. Je suis rustre et ignorant, mais je ne suis pas stupide. Je suis
habitué à lire dans les vents et les nuages... et il m'arrive aussi de
déchiffrer les cœurs. Jésus... j'ai peur." 270> "Que le Dieu éternel
veuille qu'il n'y ait rien, mais moi je n'en suis pas sûr." "Qui est-ce,
Pierre ?" "Judas de Kériot. Il se vante d'avoir
des amitiés en haut lieu, et même, tout à l'heure, cet individu louche l'a
salué comme on salue quelqu'un de connaissance. Auparavant il ne les avait
pas." "Judas est celui
qui reçoit et distribue. Il a l'occasion de fréquenter les riches. Il sait y
faire." "Oui ! Il sait y
faire... Maître, dis-moi la vérité. Tu n'as pas de soupçons ?" "Pierre, tu m'es
si cher à cause de ton cœur. Mais je te veux parfait. N'est pas parfait celui
qui n'obéit pas. Je t'ai dit : ne juge et ne soupçonne pas." "Mais en
attendant, tu ne me dis pas..." "Nous allons
bientôt être près de Jéricho et nous nous y arrêterons pour attendre une
femme qui ne peut nous recevoir dans sa maison..." "Pourquoi ?
Est-ce une pécheresse ?" "Non, c'est une
malheureuse. Ce cavalier qui t'a tant tracassé est venu me dire de
l'attendre. Et je l'attendrai, bien que je sache ne pouvoir rien faire pour
elle. Et sais-tu qui l'a mise, et aussi le cavalier, sur mes traces ? Judas.
Tu vois qu'il a une raison honnête de connaître ce juif." Pierre baisse la tête
et se tait confus, peut-être pas convaincu, et encore curieux. Mais il se
tait. Jésus s'arrête en dehors
des murs de la ville et, fatigué, il s'assoit à l'ombre d'un bosquet qui
abrite du soleil une fontaine près de laquelle il y a des quadrupèdes à
l'abreuvoir. Les disciples s'assoient eux aussi en attendant. Ce doit être un
quartier très secondaire de la ville, car à part les chevaux et les ânes qui
appartiennent certainement à des marchands en voyage, il y a peu de monde. Une femme s'avance
toute enveloppée dans un manteau foncé et le visage presque couvert; le voile
épais et foncé descend à la moitié du visage. Il y a avec elle le cavalier de
tout à l'heure, maintenant à pied et trois autres hommes somptueusement
vêtus. "Nous te
saluons, Maître." "Paix à
vous." "C'est la femme.
Écoute-la et exauce son désir." "Si je
puis." 271> "Tu peux tout." "Tu le crois,
toi, sadducéen ?" Le sadducéen [1] c'est celui qui
était à cheval. "Je crois à ce
que je vois." "Et tu as vu que
je puis ?" "J'ai vu." "Et pourquoi le
puis-je, tu le sais ?" Silence. "Puis-je savoir, Moi, comment tu
juges que je le puis ?" Silence. Jésus ne s'occupe
plus de lui ni des autres. Il parle à la femme : "Que veux-tu ?" "Maître...
Maître..." "Parle donc,
sans crainte." La femme jette un
coup d'œil oblique à ceux qui l'accompagnent et qu'ils interprètent à leur
manière. "La femme a son
mari malade et te demande sa guérison. C'est une personne influente de la
cour d'Hérode. Tu as intérêt à l'exaucer." "Non parce
qu'elle est influente, mais parce qu'elle est malheureuse je l'exaucerai, si
je peux. Je l'ai déjà dit. Qu'a ton mari ? Pourquoi n'est-il pas venu ? Et
pourquoi ne veux-tu pas que j'aille le trouver ?" Autre silence, et
autre regard oblique. "Veux-tu me
parler sans témoins ? Viens." Ils s'écartent de quelques pas.
"Parle."
"Mais lui ne
peut guérir car il n'a pas la foi. Non seulement il n'a pas la foi en Moi,
mais pas même dans le vrai Dieu." "Ah ! Tu sais ?
La femme pleure désespérément. C'est un enfer, ma maison ! Un enfer ! Tu
délivres les possédés. Tu sais donc ce qu'est le démon. Mais ce démon subtil,
intelligent, faux et instruit, le connais-tu ? Sais-tu à quelles perversions
il amène ? Sais-tu à quels péchés ? Sais-tu quelles ruines il cause autour de
lui ? Ma maison ? Est-ce une maison ? Non. C'est le seuil de l'Enfer. Mon
mari ? Est-ce mon mari ? Maintenant il est malade et ne s'occupe pas de moi.
Mais quand il était encore fort et désireux d'amour, était-ce un homme celui
qui m'embrassait, qui me tenait, qui me possédait ? Non ! J'étais dans les
spires d'un démon, je sentais la respiration et la glu d'un démon. Je l'ai
tant aimé, je l'aime. 272> Je suis sa femme et il m'a pris ma virginité
quand j'étais seulement un peu plus qu'une enfant :
j'avais à peine quatorze ans. Mais quand je me rappelais cette première
heure, et qu'avec elle je repensais aux sensations intactes du premier
embrassement qui m'a rendue femme, moi, avec d'abord ce qu'il y a de meilleur
en moi, puis avec la chair et le sang, je reculais d'horreur quand je me ressouvenais
que lui est souillé par la nécromancie. Il me semblait que
ce n'était pas mon homme, mais les morts qu'il évoquait, qui étaient sur moi
pour se rassasier de moi... Et même maintenant, maintenant, même rien qu'à le
regarder mourant et encore plongé dans cette magie, j'en éprouve du dégoût.
Ce n'est pas lui que je vois... C'est Satan. Oh ! quelle douleur est la
mienne ! Même dans la mort, je ne serai pas avec lui car la Loi l'interdit.
Sauve-le, Maître. Je te demande de le guérir pour lui donner le temps de se
guérir." La femme pleure avec angoisse. "Pauvre femme !
Moi, je ne puis le guérir." "Pourquoi,
Seigneur ?" "Parce que lui
ne le veut pas." "Si, il a peur
de la mort. Si, il le veut."
La femme pleure plus
fort. Ceux qui l'ont accompagnée s'en approchent. "Tu ne la contentes
pas, Maître ?" "Je ne
puis." "Je vous l'avais
dit, moi. Et la raison ?" "C'est toi,
sadducéen, qui le demandes ? Je te renvoie au livre des Rois. Lis ce que disait
Samuel à Saül [2] et ce que disait
Élie à Ochozias [3]. L'esprit du
prophète reproche au roi de l'avoir dérangé en l'évoquant du royaume des
morts. Il n'est pas permis de le faire. Lis le Lévitique, si tu ne te
souviens plus de la parole de Dieu, Créateur et Seigneur de tout ce qui
existe, Gardien de la vie et de ceux qui sont morts. Morts et vivants sont
dans les mains de Dieu [4] et il ne vous est
pas permis de les arracher à elles. Ni par vaine curiosité, ni par une
violence sacrilège, ni par une incrédulité maudite. Que voulez-vous
savoir ? S'il existe un avenir éternel ? Et vous dites que vous croyez en
Dieu. 273> S'il y a un Dieu, il aura Lui aussi une cour. Et que sera-t-elle si elle n'est pas éternelle comme Lui,
faite d'esprits éternels ? Si vous dites que vous croyez en Dieu, pourquoi ne
croyez-vous pas à sa parole ? Sa parole ne dit-elle pas : "Vous ne
pratiquerez pas la divination, vous n'observerez pas les songes" [5] ? Ne dit-il pas :
"Si quelqu'un s'adresse aux mages et aux devins, et fornique avec eux,
Je retournerai contre lui ma face et l'exterminerai du milieu de son
peuple" [6]. Ne dit-il pas :
"Ne vous faites pas des dieux à votre convenance" ? Et qu'êtes-vous
? Des samaritains et des perdus, ou des fils d'Israël ? Et qu'êtes-vous :
sots ou capables de raisonner ? Et si vous raisonnez pour nier l'immortalité
de l'âme, pourquoi évoquez-vous les morts ? Si elles ne sont pas immortelles
ces parties incorporelles qui animent l'homme, que reste-t-il d'un homme
après la mort ? De la pourriture et des ossements, des ossements calcinés qui
sortent de la vermine. Et si vous ne croyez pas à Dieu, au point que vous
recourez à des idoles et des signes pour obtenir la guérison, de l'argent,
des réponses, comme fait celui dont vous demandez la santé, car vous vous
faites des dieux à votre convenance et vous croyez qu'ils peuvent vous dire
des paroles plus vraies, plus saintes, plus divines que celles que Dieu vous
dit ? Maintenant je vous dis la même réponse d'Élie à Ochozias :
"Pourquoi as-tu envoyé des messagers pour consulter Belzébuth, dieu d'Accaron, comme s'il n'y avait pas en Israël un Dieu que
l'on puisse consulter ? À cause de cela, tu ne descendras pas du lit sur
lequel tu es monté et certainement tu mourras dans ton péché" "C'est toujours
Toi qui nous insultes et nous attaques. Je te le fais remarquer. Nous venons
vers Toi pour..."
"Et où sont ces
assassinés ? Tu délires ! Tu es un concubin de Belzébuth. Tu forniques avec
lui, et c'est en son nom que tu opères des miracles, et tu n'as pas de
pouvoir dans notre cas car c'est nous qui avons l'amitié de Dieu." "Satan ne se
chasse pas lui-même. Moi, je chasse les démons. Au nom de qui, alors ?"
Silence. "Répondez !" "Mais ce n'est
pas la peine de s'occuper de cet obsédé ! Je vous l'avais dit. Vous ne l'avez
pas cru. Entendez-le de Lui. Réponds, fou de Nazaréen. Connais-tu le sciemanflorasc ?" "Je n'en ai pas
besoin !" "Vous entendez ?
Encore une question. N'as-tu pas été en Égypte ?" "Si." 275> "Vous voyez ?
Qui est le nécromancien, le satan ? Horreur !
Viens, femme. Ton mari est saint en comparaison de
Lui. Viens !... Il faudra que tu te purifies. Tu as touché Satan !..." Et ils s'en vont en traînant
la femme en pleurs, avec de vifs gestes de répulsion. Jésus, les bras
croisés, les suit avec des éclairs dans ses yeux. "Maître...
Maître..." Les apôtres sont terrorisés, à la fois par la violence de Jésus
et par les paroles des juifs. Pierre demande, et il
est tout courbé en le disant : "Qu'ont-ils voulu dire par ces dernières
questions ? Qu'est cette chose ?" "Quoi ? Le sciemanflorasc ?" "Oui. Qu'est-ce
?" "N'y pense pas.
Ils confondent la Vérité avec le Mensonge, Dieu avec Satan, et dans leur
orgueil satanique ils pensent que Dieu pour se plier aux volontés des hommes
a besoin d'être conjuré par son tétragramme. Le Fils parle avec le Père un
langage vrai, et c'est avec lui, par amour réciproque du Père et du Fils, que
s'accomplissent les miracles." "Mais pourquoi
t'a-t-il demandé si tu avais été en Égypte ?" "Parce que le Mal se sert des choses les plus inoffensives
pour en faire un acte d'accusation contre celui qu'il veut frapper. Mon
séjour d'enfance dans la terre d'Égypte sera un des chefs d'accusation à
l'heure où ils se vengeront [7]. Vous et vos
successeurs, sachez qu'avec Satan plein d'astuce et ses serviteurs fidèles,
il faut avoir double astuce. C'est pour cela que je vous ai dit : "Soyez
rusés comme des serpents et pas seulement
simples comme des colombes" [8]. Cela pour ne pas
mettre la plus petite arme aux mains des démons. Et cela ne sert pas non
plus. Allons." "Où, Maître ? À
Jéricho ?" "Non. Nous
allons prendre une barque et passer de nouveau dans la Décapole. Nous
remonterons le Jourdain jusqu'à la hauteur d'Enon et puis nous débarquerons.
Ensuite sur la rive de Génésareth, nous prendrons une autre barque et nous passerons
à Tibériade et de là à Cana et à Nazareth. J'ai besoin de ma Mère, et vous
aussi en avez besoin. Ce que le Christ ne fait pas par sa parole. Marie le
fait par son silence. Ce que ne fait pas ma puissance, sa pureté le fait. Oh
! ma Mère !" "Tu pleures,
Maître ? Tu pleures ? Oh ! non ! Nous te défendrons ! Nous t'aimons !" "Je ne pleure
pas et je ne crains pas ceux qui me veulent du mal. Je pleure parce que les
cœurs sont plus durs que du jaspe et je ne peux rien sur beaucoup
d'entre eux. Venez, amis." |
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Ils descendent à la rive et remontent
le fleuve en barque. Tout finit ainsi. |
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[1] Les sadducéens ou sadocites forment le clan issu de Sadoc, grand prêtre de
David. C'est d'eux que sortent traditionnellement les grands prêtres (Hanne, Caïphe, …). Ils ne croient pas à la résurrection des
morts.
[2] 1Samuel 28,11 et suivants. Saül demande à
une nécromancienne d'Endor de faire apparaître le prophète Samuel.
[3] Le roi Ochozias, blessé,
envoie consulter Belzébuth à Acron (Ekron). Élie avertit, arrête les messagers et prédit que la
blessure sera mortelle (2Rois 1,2-17)
[4] ???