"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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  8.521 - A Tecua, commiato dai cittadini e dal vecchio Elianna.

  4.519 - At Tekoah.


Mercredi 31 octobre 29 (5 Kisleu)
Técua


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 Chaque chose en son temps

 Juger sur les actes et non sur les paroles

 Bien que frappé et persécuté, je vous protégerai


- Le lieu de travail de Eli-Anna 410

- Discours (Malgré les trompeurs, restez fidèles à ma doctrine) 411

- Eli-Anna est un martyr de la justice 413

- Jésus distrait Pierre de ses questions sur Judas 414

Accueil >> Plan du site >> Sommaire du Tome 7

 

7.218.
Jésus parle à Tecua


411> L'arrière de la maison de Simon de Tecua est simplement une place bordée par les deux ailes de la maison. Je dis place, car les jours de marché, comme celui que je vois, on ouvre en trois endroits la solide grille qui la sépare d'une place publique plus grande et de nombreux vendeurs envahissent, avec leurs étalages, les portiques qui se trouvent sur les trois côtés de la maison et dont je comprends maintenant l'intérêt... financier, car Simon, en bon hébreu, perçoit de chaque marchand le prix de la place qu'il occupe. Il se fait suivre du petit vieux revêtu d'un habit convenable et il le présente à tous les vendeurs en disant : "Voilà, dorénavant, c'est à lui que vous payerez le prix convenu." Puis, une fois fait le tour des portiques, il dit à Éli-Anna : "Voilà ton travail. Ici, et à l'intérieur, avec l'auberge et les écuries. Il n'est ni difficile ni fatigant, mais il te montre l'estime que j'ai pour toi. J'ai chassé, l'un après l'autre, trois employés parce qu'ils n'étaient pas honnêtes. Mais tu me plais et puis c'est Lui qui t'a amené. Et le Maître sait connaître les cœurs. Allons le trouver maintenant pour Lui dire que, s'il veut, c'est le bon moment pour parler." Et il s'en va, suivi du petit vieux...

Les gens envahissent de plus en plus la place et le bruit ne cesse d'augmenter. Des femmes qui viennent faire leurs emplettes; des marchands de bestiaux; des acquéreurs de bœufs de labour ou d'autres animaux; des paysans courbés sous le poids de paniers de fruits et qui vantent leur marchandise; des couteliers avec leurs étalages d'instruments tranchants et qui, avec un bruit infernal, frappent les haches sur des souches pour montrer la solidité de la lame, ou bien qui avec un marteau frappent sur des faux suspendues à des chevalets pour faire voir la trempe parfaite de la lame, ou qui soulèvent des socs et à deux mains les piquent dans la terre, qui s'ouvre blessée, pour donner une preuve de la solidité du soc auquel aucun terrain ne résiste; et des chaudronniers avec des amphores et des seaux, des poêles et des lampes, dont ils frappent le métal en faisant un bruit assourdissant pour montrer qu'il est massif et ils crient à pleins gosiers pour offrir des lampes à un ou plusieurs becs pour les fêtes prochaines de Casleu [1]; et par dessus tous ces bruits, monotone et perçant comme le cri plaintif de la chouette durant la nuit, le cri des mendiants, disséminés aux points stratégiques du marché.

Jésus vient de la maison avec Pierre et Jacques de Zébédée. Je ne vois pas les autres. Je pense qu'ils font un tour dans la ville pour annoncer le Maître, car je vois que la foule le reconnaît tout de suite et que beaucoup de gens accourent alors que s'affaiblissent les voix et le bruit du marché. 412> Jésus fait donner l'obole à quelques mendiants et il s'arrête pour saluer deux hommes qui, suivis de leurs serviteurs, allaient quitter le marché après leurs achats. Mais maintenant ils s'arrêtent, eux aussi, pour écouter le Maître. Et Jésus commence à parler en tirant son sujet de ce qu'il voit :

 "Chaque chose en son temps, chaque chose à sa place. On ne tient pas le marché le sabbat, et on ne fait pas de commerce dans les synagogues, et on ne travaille pas non plus la nuit, mais au contraire pendant qu'il fait jour. Seul celui qui est pécheur fait du commerce le jour du Seigneur, ou profane par des relations humaines les lieux destinés à la prière, ou agit en voleur pendant la nuit en commettant des vols et des crimes. De même le commerçant honnête s'affaire à prouver aux acheteurs la bonne qualité de ses denrées et la solidité de ses outils, et l'acheteur s'en va satisfait de sa bonne acquisition. Mais si par exemple, à force d'astuce, le vendeur réussissait à tromper l'acheteur, et que ce dernier se rendait compte que l'outil ou la denrée achetée n'était pas de bonne qualité, et qu'il avait payé trop cher, est-ce que l'acheteur n'aurait pas recours à des moyens de défense, qui vont du minimum de ne plus jamais rien acheter à ce marchand et à un maximum d'avoir recours au juge pour récupérer son argent ? C'est ce qui arriverait, et ce serait juste.

Et pourtant ne voyons-nous pas, nous en Israël, le peuple trompé par des gens qui vendent des marchandises avariées pour des bonnes et dénigrent celui qui vend de bonnes marchandises, puisqu'il est le Juste du Seigneur ? Oui, nous les voyons tous. Hier soir plusieurs d'entre vous sont venus raconter les menées des mauvais vendeurs, et Moi, j'ai dit : "Laissez faire. Gardez vos cœurs fermes, et Dieu pourvoira".

 Ceux qui vendent des choses qui ne sont pas bonnes, qui offensent-ils ? Vous ? Moi ? Non. Dieu, Lui-même. Celui qui est coupable, ce n'est pas tant celui qui est trompé que celui qui trompe. Ce n'est pas tant un péché contre l'homme que contre Dieu que de chercher à écouler des choses qui ne sont pas bonnes, pour que celui qui veut acheter n'aille pas vers les choses bonnes. Moi je ne vous dis pas : réagissez, vengez-vous. Ce n'est pas une parole qui puisse venir de Moi. Je vous dis seulement : écoutez le vrai son des paroles, observez bien, en pleine lumière, les actions de celui qui vous parle, goûtez la première gorgée ou la première bouchée qui vous est offerte, et si vous sentez un son aigre, si la conduite d'autrui a quelque chose de ténébreux, si la saveur qui vous reste dans le cœur vous trouble, repoussez ce qui vous est offert comme une chose qui n'est pas bonne. La sagesse, la justice, la charité ne sont jamais aigres, ne troublent pas et n'aiment pas agir dans l'ombre.

413> Je sais que j'ai été précédé par mes disciples, et je vous laisse deux de mes apôtres. De plus, hier soir, par mes actions plus que par mes paroles, j'ai témoigné d'où je viens et avec quelle mission. Il n'est donc pas besoin de longs discours pour vous attirer à ma voie. Réfléchissez et ayez la volonté d'y rester. Imitez les fondateurs de cette ville à la limite de l'aride désert [2]. Ne cessez pas de penser qu'en dehors de ma doctrine, c'est l'aridité du désert, alors que dans ma doctrine se trouvent les sources de la Vie. Et si nombreux que soient les événements qui peuvent survenir, ne vous troublez pas, ne vous scandalisez pas. Rappelez-vous les paroles du Seigneur dans Isaïe. Elle ne sera jamais raccourcie ni devenue petite ma main pour combler de bienfaits ceux qui suivent mes voies [3], de même qu'elle ne sera jamais réduite à rien la main du Très-Haut pour frapper ceux qui me donnent — à Moi qui suis venu et qui en ai trouvé bien peu pour m'accueillir, à Moi qui ai appelé, et bien peu m'ont répondu — l'offense et la douleur. Car, de même que celui qui me fait honneur honore le Père qui m'a envoyé, ainsi celui qui me méprise, méprise Celui qui m'a envoyé. Et d'après l'antique loi du talion celui qui me repousse sera repoussé.

 Mais vous qui avez accueilli ma parole, ne craignez pas les opprobres des hommes et ne tremblez pas à cause de leurs outrages adressés d'abord à Moi, et ensuite à vous parce que vous m'aimez. Moi, bien que je semble persécuté et que je semblerai frappé, je vous consolerai et vous protégerai. Ne craignez pas, ne craignez pas l'homme mortel qui est aujourd'hui et qui demain ne sera qu'un souvenir et de la poussière. Mais craignez le Seigneur, craignez-le avec un saint amour, pas avec peur, craignez de ne pas savoir l'aimer en proportion de son amour infini. Je ne vous dis pas : faites telle ou telle chose. Ce qu'il faut faire, vous le savez. Je vous dis : aimez. Aimez Dieu et son Christ, aimez votre prochain comme je vous l'ai enseigné. Et vous ferez tout, si vous savez aimer.

Je vous bénis, habitants de Tecua, ville à la lisière du désert mais oasis de paix pour le Fils de l'homme persécuté, et que ma bénédiction soit dans vos cœurs et dans vos maisons, maintenant et toujours."

"Reste, Maître ! Reste avec nous. Le désert a toujours été bon pour les saints d'Israël ! [4]"

"Je ne puis. J'en ai d'autres qui m'attendent. Vous êtes en Moi, Moi en vous, puisque nous nous aimons."

414> Jésus a du mal à passer à travers les gens qui le suivent, oubliant le commerce et toute autre chose. Malades guéris qui le bénissent encore, cœurs consolés qui le remercient, mendiants qui le saluent : "Vivante Manne de Dieu"... Le petit vieux est à ses côtés, il y reste jusqu'aux limites de la ville. Et c'est seulement quand Jésus bénit Matthieu et Philippe qui restent à Tecua, qu'il se décide à quitter son Sauveur et il le fait avec des baisers sur les pieds nus du Maître, des pleurs et des paroles de reconnaissance.

"Lève-toi, Éli-Anna, et viens que je te donne un baiser. Un baiser d'un fils à un père, et que cela te récompense de tout. Je t'applique les paroles du prophète : "Toi qui pleures, tu ne pleureras plus, car le Miséricordieux a eu pitié de toi" [5]. Le Seigneur t'a donné un peu de pain et un peu d'eau. Je n'ai pu faire davantage. Si tu as été chassé par un seul, j'ai pour me chasser tous les puissants d'un peuple, et c'est beaucoup si je trouve pour Moi et mes apôtres un peu de nourriture et un abri. Mais tes yeux ont vu Celui que tu désirais, et tes oreilles ont entendu mes paroles, de même que ton cœur doit sentir mon amour. Va, et sois en paix car tu es un martyr de la justice, un des précurseurs de tous ceux qui seront persécutés à cause de Moi. Ne pleure pas, père !" et il dépose un baiser sur sa tête chenue.

Le vieillard Lui rend son baiser sur la joue et Lui murmure à l'oreille : "Défie-toi de l'autre Judas, mon Seigneur, je ne veux pas souiller ma langue... Mais défie-toi. Ce n'est pas avec de bonnes pensées qu'il vient chez mon fils..."

"Oui. Mais ne pense plus au passé. Tout sera bientôt fini et personne ne pourra plus me nuire. Adieu, Éli-Anna. Le Seigneur est avec toi."

Ils se séparent...

"Maître, que t'a dit le vieillard tout bas ?" demande Pierre qui marche à côté de Jésus et avec peine, car Jésus fait de grands pas avec ses longues jambes, chose interdite à Pierre de si petite taille.

"Pauvre vieillard ! Que veux-tu qu'il me dise que je ne sache déjà ?" répond Jésus en évitant une réponse précise.

"Il parlait de son fils, hein ? Il t'a dit qui c'est ?"

"Non, Pierre. Je te l'assure. Il a gardé ce nom dans son cœur."

"Mais tu le connais pourtant ?"

"Je le connais, mais je ne te le dirai pas."

415> Un silence prolongé. Puis, tourmentée, la question de Pierre et son aveu. "Mais pourquoi, Maître, dans quel but l'Iscariote va-t-il dans la maison d'un homme très mauvais tel que le fils d'Éli-Anna ? J'ai peur, Maître ! Il n'a pas de bons amis. Il n'y va pas ouvertement. Il n'a pas en lui la force de résister au mal. J'ai peur, Maître. Pourquoi ? Pourquoi Judas va-t-il chez ces gens et en cachette ?" Le visage de Pierre exprime une interrogation anxieuse.

Jésus le regarde et ne répond pas. Que doit-il répondre en effet ? Quoi, pour ne pas mentir et lancer le fidèle Pierre contre l'infidèle Judas ? Il préfère laisser parler Pierre.

"Tu ne réponds pas ? Moi, depuis hier, depuis le moment où le vieillard a cru reconnaître Judas parmi nous, je n'ai pas de paix. C'est comme le jour où tu as parlé avec l'épouse du sadducéen. Tu te souviens ? Tu te rappelles mon soupçon ?"

"Je me le rappelle. Et toi, tu te rappelles les paroles que je t'ai dites alors ?"

"Oui, Maître."

"Il n'y a pas autre chose à dire Simon. Les actions de l'homme ont une apparence différente de la réalité. Mais je suis content d'avoir pourvu aux besoins de cet homme. C'est comme si Ananias était revenu. Et vraiment, si Simon de Tecua ne l'avait pas accueilli, je l'aurais conduit dans la maisonnette de Salomon, pour y avoir toujours un père pour nous attendre. Mais pour Éli, c'est mieux ainsi. Simon est bon, il a de nombreux petits-enfants. Éli aime les enfants... Et les enfants font oublier tant de choses douloureuses..."

Avec son habituel savoir faire pour distraire l'interlocuteur et l'amener à d'autres sujets, quand il trouve qu'il ne convient pas de répondre à des questions dangereuses, Jésus a distrait Pierre de sa pensée. Et il continue de lui parler des enfants qu'il a connus ça et là, pour arriver à lui rappeler Margziam qui peut-être à cette heure retire les filets après avoir péché dans le beau lac de Génésareth.

Pierre est loin maintenant de la pensée d'Éli et de Judas, et il sourit en demandant : "Mais, après la Pâque, nous y allons, n'est-ce pas ? C'est si beau ! Oh ! beaucoup plus qu'ici. Nous, galiléens, nous sommes des pécheurs pour ceux de Judée... Mais pour vivre ici ! Oh ! Miséricorde éternelle ! Si nous nous serons châtiés, certainement dans cette région il n'y aura pas de récompense."

Jésus appelle les autres restés en arrière et il s'éloigne avec eux sur la route réchauffée par le soleil de décembre.

 



[1] Les Encénies (Fête de la Lumière ou de la Dédicace du Temple), au cours desquelles Jésus est né.

[2] Teqoa a été fondée par Achhour, un fils de Caleb et d'Éphrata. Caleb avait fait partie du commando des douze explorateurs de la terre promise. Achhour, sous le nom de Hour, est aussi le fondateur de Bethléem (1Chroniques 4,4-5)

[3] Isaïe 58,13 et suivants

[4] Amos était originaire de Tecua. C'est un bouvier de condition modeste. Pour lui, Dieu est le tout-puissant et providentiel créateur, souverain maître des individus et des nations.

[5] La citation exacte n'a pas été trouvée. Possibilités approchantes : Isaïe 25,8Isaïe 40,1Isaïe 49,13-15Isaïe 61,1-2