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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
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Vendredi 19
octobre 29 (22 Boul)
- Tristesse de Jésus 367 - Imitation théâtrale que Judas fait de
Jésus 368 - Le premier motif de la tristesse de
Jésus ? 368 - Discours (L'obéissance à Dieu)
370 - Discours (La vallée du péché et
de l'humilité) 372 - Le salut des païens et des juifs 372 - Conversion future du décurion 374 - [Commentaire de MV : Elle n'a pas reconnu le décurion du calvaire]
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368> Mais Jésus ne peut rester
longtemps avec ses pensées. Jean et son cousin Jacques, puis Pierre avec Simon le Zélote, le rejoignent pour
attirer son attention sur le panorama que l'on voit du haut de la colline [1]. Et peut-être dans
l'intention de le distraire, car il est visiblement très triste, ils
rappellent les événements arrivés dans les régions qui se présentent à leurs
yeux. - Le voyage vers Ascalon ... - la maison des paysans de la plaine
de Saron où Jésus rendit la
vue au vieux père de Gamala et Jacob... - la retraite au Carmel de Jésus et de
Jacques... - Césarée maritime et la jeune Aurea Galla... - la rencontre avec Sintica... - les gentils de Joppé... - les voleurs près de
Modin... - le miracle des
moissons dans la maison de Joseph d'Arimathie... - la petite vieille
glaneuse... Oui, toutes choses qui voudraient
réjouir... mais dans lesquelles, pour tous ou pour Lui seul, se mêlent des larmes
et un souvenir de douleur. Les apôtres eux-mêmes s'en aperçoivent et
murmurent : "Vraiment dans toutes les choses de la Terre il se trouve
une douleur. C'est un lieu d'expiation..." Mais justement aussi André, qui s'est joint au
groupe avec Jacques de
Zébédée, observe : "Loi juste pour nous pécheurs. Mais pour Lui,
pourquoi tant de douleur ?" Il s'élève une discussion
paisible et qui se conserve telle, même quand, attirés par les voix des
premiers, tous les autres s'unissent au groupe. Sauf Judas Iscariote qui s'affaire au
milieu des humbles qu'il instruit en imitant la voix, les gestes, la pensée
du Maître; mais c'est une imitation théâtrale, pompeuse, à laquelle il manque
la chaleur de la conviction, et ses auditeurs le lui disent même sans
périphrases, ce qui rend Judas nerveux et il leur reproche d'être bouchés et
donc de ne rien comprendre. Et il leur déclare qu'il les laisse car "ce
n'est pas la peine de jeter aux pourceaux les perles de la sagesse.[2]" Et il s'arrête
cependant, car les humbles gens, mortifiés, le prient d'être compatissant en
s'avouant "inférieurs à lui comme un animal est inférieur à un
homme."... Jésus est distrait de
ce que disent autour de Lui les onze, car il écoute ce que dit Judas, et ce
qu'il entend ne le réjouit certainement pas... Mais il soupire et se tait
jusqu'au moment où Barthélemy Lui fait prendre
directement intérêt en lui soumettant les divers points de vue sur la raison
du pourquoi Lui, indemne du péché, doit souffrir.
369> "Moi, de mon
côté, je soutiens que tu souffres du contraste entre ta perfection et notre
misère. Même si personne ne te méprisait d'aucune façon, tu souffrirais
pareillement car ta perfection doit éprouver un dégoût douloureux pour les
péchés des hommes" dit Jude Thaddée. "Moi, au
contraire, je soutiens que n'étant pas exempt de l'humanité, tu souffres par
l'effort de devoir retenir, par ta partie surnaturelle, les révoltes de ton humanité
contre tes ennemis" dit Matthieu. "Et moi, je vais
sûrement me tromper car je suis un sot, je dis que tu souffres au contraire
de voir ton amour repoussé. Tu ne souffres pas de ne pas pouvoir punir comme
le côté humain peut le désirer, mats tu souffres de ne pouvoir faire du
bien comme tu voudrais" dit André. "Moi, enfin, dit
le Zélote, je soutiens que tu souffres, parce que tu
dois souffrir toute la douleur pour racheter toute la douleur. En Toi ne
prédomine pas une des deux natures, mais ces deux natures sont pareillement
en Toi, fondues dans un parfait équilibre, pour former la Victime parfaite,
tellement surnaturelle qu'elle peut avoir la force d'apaiser l'offense faite
à la Divinité, tellement humaine qu'elle peut représenter l'Humanité et la
ramener à l'état immaculé du premier Adam pour annuler le passé et engendrer
une humanité nouvelle. Recréer une humanité nouvelle conforme à la pensée de
Dieu, c'est-à-dire une humanité où existe réellement l'image de Dieu et sa
ressemblance avec Lui et la destinée de l'Homme : la possession, le pouvoir
d'aspirer à la possession de Dieu, dans son Royaume. Tu dois souffrir
surnaturellement, et tu souffres, de tout ce que tu vois faire et de ce qui
t'entoure, pourrais-je dire, dans une perpétuelle offense à Dieu. Tu dois
souffrir humainement, et tu souffres, pour écraser la luxure de notre chair
empoisonnée par Satan. C'est par la souffrance complète des deux natures
parfaites que tu annuleras complètement l'offense faite à Dieu, la faute de
l'homme." Les autres se
taisent. Jésus les interroge : "Et vous, vous ne dites rien ? Quelle est
d'après vous la plus juste définition ?" Les uns se prononcent
pour l'une, les autres pour une autre. Seul Jacques d'Alphée se tait avec Jean. "Et vous deux,
vous n'en approuvez aucune ?" dit Jésus pour piquer leur intérêt. 370> "Non, Nous
trouvons en toutes quelque chose de vrai, ou beaucoup de vrai, Mais nous
sentons aussi qu'il manque ce qu'il y a de plus vrai." "Et vous ne
savez pas le trouver ?"
"Oui, dit Jean.
Tu trouves la haine parce que tu es l'Amour. Ce ne sont pas les pharisiens
ou les rabbins, ce n'est pas celui-ci ou celui-là, ni pour ceci ou pour cela,
qu'ils se dressent pour te donner la douleur. C'est la Haine qui pénètre les
hommes et les dresse contre Toi, blêmes de haine, parce que par ton amour, tu
arraches trop de proies à la Haine." "Il manque
encore une chose aux nombreuses définitions. Cherchez la raison la plus
vraie. Celle pour laquelle j'existe..." dit Jésus pour les encourager. Mais personne ne
trouve. Ils réfléchissent, réfléchissent. Ils renoncent en disant :
"Nous ne trouvons pas..."
Les apôtres réfléchissent... mais ils
ne trouvent pas. Jésus sourit. Puis il dit : "Et pourtant, si vous vous
rappeliez mes paroles, vous trouveriez la raison. Mais vous ne pouvez encore
tout vous rappeler. Pourtant, vous vous souviendrez un jour. Écoutez,
Remontons ensemble le cours des siècles, jusqu'aux limites du temps. Qui a
gâté l'esprit de l'homme, vous le savez. C'est Satan, le Serpent, l'Adversaire,
l'Ennemi, la Haine. Appelez-le comme vous voulez. Mais pourquoi l'a-t-il gâté
? À cause d'une grande envie : celle de voir l'homme destiné au Ciel d'où lui
avait été chassé. 371> Il
a voulu pour l'homme l'exil que lui avait eu.
Pourquoi avait-il été chassé ? Pour s'être révolté contre Dieu. Vous le
savez. Mais en quoi ? Pour l'obéissance. Au commencement de la douleur, il y
a une désobéissance. Et alors, n'est-il pas nécessairement logique que pour
rétablir l'Ordre qui est toujours Joie, il doit y avoir une obéissance
parfaite ? Obéir est difficile, surtout si c'est en matière
grave. Ce qui est difficile donne de la douleur à celui qui l'accomplit.
Réfléchissez donc que si l'Amour m'a demandé si je voulais ramener la Joie
aux fils de Dieu, je dois souffrir infiniment pour accomplir l'obéissance à
la Pensée de Dieu. Je dois donc souffrir pour vaincre, pour effacer non
pas un ou mille péchés, mais le Péché lui-même par excellence, qui
dans l'esprit angélique de Lucifer ou dans celui qui animait Adam, a été et
sera toujours, jusqu'au dernier homme, le péché de désobéissance à Dieu. Pour
vous, hommes, votre obéissance doit se limiter à ce peu — qui vous paraît si
grand, mais qui est si peu — que Dieu vous demande. Dans sa justice, Il vous
demande seulement ce que vous pouvez donner. Vous, des volontés de Dieu, vous
connaissez seulement ce que vous pouvez accomplir.
372> "C'est pour cela
que tu m'as appelé, Maître ?" "C'est pour
cela. Tu as beaucoup parlé avec ceux qui t'interrogeaient." "Oui, et ce
n'était pas la peine. Ils ont l'intelligence plus dure que des mulets." "Et Moi, j'ai
voulu déposer une pensée là où tout est sorti. Pour que tu puisses nourrir
ton esprit." Judas le regarde
interdit. Il ne sait si c'est un don ou un reproche. Les autres qui n'avaient
pas remarqué l'entretien de l'Iscariote avec ceux qui les suivaient, ne
comprennent pas que Jésus reproche à Judas son orgueil. 373> Judas préfère amener
prudemment la conversation dans une autre direction et il demande;
"Maître, qu'en penses-tu ? Ces romains, comme l'homme de Pétra, pourront-ils jamais
arriver à ta Doctrine, eux qui ont eu un contact si
limité avec Toi ? Et cet Alexandre ? Il s'en est allé... Nous ne le verrons
plus. Et ces derniers aussi. On dirait qu'en eux il y a une recherche
instinctive de la vérité, mais ils sont plongés jusqu'au cou dans le
paganisme. Réussiront-ils jamais à conclure quelque chose de bon ?" "Tu veux dire à
trouver la Vérité ?" "Oui,
Maître." "Et pourquoi ne
devraient-ils pas réussir ?" "Parce que ce
sont des pécheurs." "N'y a-t-il
qu'eux de pécheurs ? N'y en a-t-il pas parmi nous ?" "Beaucoup, je
l'admets. Mais justement je dis que si nous, déjà nourris de sagesse et de
vérité depuis des siècles, nous sommes pécheurs et n'arrivons pas à devenir
justes et à suivre la Vérité que Toi tu représentes, comment pourront-ils le
faire, eux, saturés d'impuretés comme ils le sont ?"
"Orgueil de
l'esprit... et dépravation de la chair... Maître... alors..." "Continue ta
pensée qui est bonne." Judas tergiverse,
puis il dit : "Alors eux ne peuvent rejoindre Dieu, car ce sont des
dépravés." "Ce n'est pas
cela que tu voulais dire, Judas. Pourquoi as-tu bâillonné ta pensée et ta
conscience ? Oh ! Comme il est difficile que l'homme monte vers Dieu ! Et le
plus grand obstacle se trouve en lui-même qui ne veut pas réfléchir sur
lui-même et reconnaître ses défauts. Vraiment aussi on calomnie Satan bien
souvent, en lui attribuant toute cause de ruine spirituelle. Et l'on calomnie
encore davantage Dieu en Lui attribuant tous les événements. Dieu ne viole
pas la liberté de l'homme. Satan ne peut l'emporter sur une volonté affermie
dans le Bien. En vérité je vous dis que soixante-dix fois
sur cent, l'homme pèche par sa propre volonté. Et — on ne le pense pas, mais il en est ainsi — et il ne se relève pas du péché parce
qu'il se refuse à s'examiner, et même si sa conscience, par un mouvement
imprévu, se dresse en lui et crie la vérité qu'il n'a pas voulu
méditer, l'homme étouffe ce cri,
anéantit cette représentation qui se dresse devant son intelligence sévère et affligée, s'efforce d'altérer sa pensée suggestionnée par la voix accusatrice, et
se refuse à dire par exemple; 374> "Mais alors nous, moi, nous ne pouvons atteindre la Vérité parce que nous avons l'orgueil de
l'esprit et ta corruption de la chair". Oui, en vérité, parmi nous, on n'avance pas vers la voie de Dieu parce
que parmi nous il y a l'orgueil de l'esprit
et la corruption de la chair. Un orgueil vraiment émule de celui de Satan, au
point de juger ou d'entraver les actions de Dieu quand elles sont contraires
aux intérêts des hommes ou des partis. Et ce péché fera de nombreux Israélites des
damnés éternels." "Nous ne sommes
pas tous ainsi, pourtant." "Non. Des
esprits bons il y en a encore et dans toutes les classes. Plus nombreux chez
les humbles gens du peuple, que parmi les savants et les riches. Mais il y en
a. Mais combien y en a-t-il ? Combien, par rapport à ce peuple de Palestine
que depuis presque trois ans j'évangélise et comble de bienfaits et pour
lequel je m'épuise ? Il y a plus d'étoiles dans une nuit nuageuse que
d'esprits décidés à venir à mon Royaume en Israël." "Et les gentils,
ces gentils, y viendront ?" "Pas tous, mais beaucoup. Et aussi parmi mes disciples
eux-mêmes, tous ne persévéreront pas jusqu'à la fin. Mais ne nous préoccupons
pas des fruits qui, échaudés, tombent de la branche ! Cherchons, tant que c'est possible, à ne pas les échauder. au moyen de la douceur, de la fermeté, des reproches et du pardon, de
la patience et de la charité. Puis, quand ils disent 'non' à Dieu et aux frères qui veulent les
sauver, et quand ils se jettent dans tes bras de la Mort, de Satan, en mourant impénitents, baissons
la tête et offrons à Dieu notre
souffrance de n'avoir pas pu Lui donner la joie du salut de cette âme.
Tout maître
connaît de ces défaites. Et elles servent
elles aussi à mortifier l'orgueil
des maîtres spirituels et à éprouver leur constance dans le ministère.
La défaite ne doit pas lasser la
volonté de l'éducateur spirituel, mais au contraire le pousser à faire davantage et mieux à
l'avenir." "Pourquoi as-tu
dit au décurion que tu le verras sur
un mont ? Comment fais-tu pour le savoir ?" Jésus regarde Judas
d'un regard prolongé et étrange, où la tristesse se mêle au sourire, et il dit
: "Parce qu'il sera un de ceux qui seront présents à mon élévation et il
dira au grand
docteur d'Israël une sévère parole de vérité. Et à partir de ce
moment-là, il commencera sa marche assurée vers la Lumière. Mais nous voici à
Gabaon. Que Pierre aille avec sept autres pour m'annoncer. 375> Je parlerai tout de suite pour congédier ceux des villages voisins qui me
suivent. Les autres resteront avec Moi jusqu'après le sabbat. Toi, Judas,
reste avec Matthieu, Simon et Barthélemy." |
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(Je n'ai pas reconnu
dans le décurion quelqu'un des soldats présents à la Crucifixion. Mais je
dois dire aussi que prise par l'observation de mon Jésus, je ne les ai pas
beaucoup remarqués. Pour moi, c'était un groupe de soldats préposés au
service, rien de plus. En outre, quand j'aurais pu mieux les observer parce
que "tout était accompli", il y avait une lumière si faible que
seuls les visages très connus pouvaient être reconnus. Je pense pourtant,
d'après les paroles de Jésus, que c'est le soldat qui dit à Gamaliel des
paroles dont je ne me souviens pas, et que je ne puis contrôler parce que je
suis seule et que je ne puis me faire donner par personne le cahier de la
Passion.) |
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