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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
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dimanche 26 mai 30 (6 Siwan)
- La salle de la
Cène autrement disposée 224 - La Vierge fait
la lecture d'un rouleau 224 - Un bruit
puissant et harmonieux s'approche 225 - Un globe
ardent et une couronne pour Marie 225 - Marie demeure
en extase 226 - Les apôtres
sortent prêcher le Seigneur 226 - [Commentaire
de Jésus : L'Œuvre et Maria Valtorta
227 - Fin du cycle messianique 227 - L'Amour méprisé] 227 |
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224> Il n’y a pas de voix ni de bruits dans la maison du Cénacle.
Il n’y a pas de disciples présents, du moins je n’entends rien qui me
permette de dire que dans les autres pièces de la maison sont rassemblées des
personnes. Il y a seulement la présence et les voix des douze et de Marie
très Sainte, rassemblés dans la salle de la Cène. La pièce semble plus vaste
car le mobilier, disposé différemment, laisse libre tout le milieu de la
pièce et aussi deux des murs. Contre le troisième on a poussé la table qui a
servi pour la Cène, et entre eux et les murs, et aussi aux deux côtés les
plus étroits de la table, on a mis les lits-sièges qui ont servi à la Cène et
le tabouret qui a servi à Jésus pour le lavement des pieds. Pourtant ces lits
ne sont pas disposés perpendiculairement à la table comme pour la Cène, mais
parallèlement, de façon que les apôtres puissent rester assis sans les
occuper tous, en laissant pourtant un siège, le seul mis verticalement par
rapport à la table, tout entier pour la Vierge bénie qui est au milieu de la
table, à la place qu’à la Cène occupait Jésus. Il n’y a pas de nappe
ni de vaisselle sur la table, les crédences sont dégarnies et aussi les murs
de leurs ornements. Seul le lampadaire brûle au centre, mais avec la seule
flamme centrale allumée; l’autre cercle de petites lampes qui sert de corolle
au bizarre lampadaire est éteint. Les fenêtres sont
fermées et barrées par une lourde barre de fer qui les traverse. Mais un
rayon de soleil s’infiltre hardiment par un petit trou et descend comme une
aiguille longue et fine jusqu’au pavé où il dessine une tache lumineuse. La Vierge, assise seule
sur son siège, a à ses côtés, sur des sièges : Pierre et Jean, Pierre à droite, Jean à gauche. Mathias, le nouvel apôtre,
est entre Jacques
d’Alphée et le Thaddée. La Vierge a devant elle un coffre large et
bas de bois foncé et qui est ferme. Marie est vêtue de
bleu foncé. Elle a sur ses cheveux son voile blanc et par-dessus un pan de
son manteau. Les autres ont tous la tête découverte. Marie lit lentement à
haute voix, mais à cause du peu de lumière qui arrive jusque là, je crois
plutôt qu’au lieu de lire elle répète de mémoire les paroles écrites sur le
rouleau qu’elle tient déplié. Les autres la suivent en silence, en méditant.
De temps à autre ils répondent si le cas se présente. 225> Marie a le visage transfiguré par un sourire extatique. Qui
sait ce qu’elle voit, de si capable d’allumer ses yeux comme deux claires
étoiles, et de rougir ses joues d’ivoire comme si une flamme rose se
réfléchissait sur elle ? C’est vraiment la Rose mystique... Les apôtres se
penchent en avant, en se tenant un peu de biais pour voir son visage pendant
qu’elle sourit si doucement et qu’elle lit. Sa voix semble un cantique
angélique. Pierre en est tellement ému que deux grosses larmes tombent de ses
yeux et, par un sentier de rides gravées aux côtés de son nez, elles descendent
se perdre dans le buisson de sa barbe grisonnante. Mais Jean reflète son
sourire virginal et s’enflamme d’amour comme elle, pendant qu’il suit du
regard ce que lit la Vierge sur le rouleau, et quand il lui présente un
nouveau rouleau il la regarde et lui sourit. La lecture est finie.
La voix de Marie s’arrête et on n’entend plus le bruissement des parchemins
déroulés et enroulés. Marie se recueille en une oraison secrète, en joignant
les mains sur sa poitrine et en appuyant sa tête contre le coffre. Les
apôtres l’imitent...
Les apôtres lèvent la
tête effrayés. Ce bruit puissant et très beau, qui possède toutes les notes
les plus belles que Dieu ait données au Ciel et à la Terre, se fait de plus
en plus proche, alors certains se lèvent, prêts à s’enfuir, d’autres se
pelotonnent sur le sol en se couvrant la tête avec leurs mains et leurs
manteaux, ou en se frappant la poitrine pour demander pardon au Seigneur.
D’autres encore se serrent contre Marie, trop effrayés pour conserver envers
la Toute Pure cette retenue qu’ils ont toujours eue. Seul Jean ne s’effraie
pas car il voit la paix lumineuse de joie qui s’accentue sur le visage de
Marie qui lève la tête en souriant à une chose connue d’elle seule, et qui
ensuite glisse à genoux en ouvrant les bras, et les deux ailes bleues de son
manteau ainsi ouvert s’étendent sur Pierre et Jean qui l’ont imitée en
s’agenouillant. Mais tout ce que j’ai gardé en détail pour le décrire s’est
passé en moins d’une minute. 226> Mais la flamme qui
descend sur Marie n’est pas une flamme dressée sur son front qu’elle baise,
mais une couronne qui entoure et ceint, comme un diadème, sa tête virginale,
en couronnant comme Reine la Fille, la Mère, l’Épouse de Dieu, la Vierge
incorruptible, la toute Belle, l’éternelle Aimée et l’éternelle Enfant, que
rien ne peut avilir, et en rien, Celle que la douleur avait vieillie, mais
qui est ressuscitée dans la joie de la résurrection, partageant avec son Fils
un accroissement de beauté et de fraîcheur de la chair, du regard, de la
vitalité, ayant déjà une anticipation de la beauté de son Corps glorieux
monté au Ciel pour être la fleur du Paradis. L’Esprit-Saint fait
briller ses flammes autour de la tête de l’Aimée. Quelles paroles peut-Il lui
dire ? Mystère ! Son visage béni est transfiguré par une joie surnaturelle,
et rit du sourire des Séraphins pendant que des larmes bienheureuses semblent
des diamants qui descendent le long des joues de la Bénie, frappées comme
elles le sont par la Lumière de l’Esprit-Saint. Le Feu reste ainsi
quelque temps... Et puis il se dissipe... De sa descente il reste comme
souvenir un parfum qu’aucune fleur terrestre ne peut dégager... Le Parfum du
Paradis... Les apôtres
reviennent à eux... Marie reste extasiée.
Elle croise seulement les bras sur sa poitrine, ferme les yeux, baisse la
tête... Elle continue son colloque avec Dieu... insensible à tout... Personne n’ose la
troubler. Jean dit en la
désignant : "C’est l’autel. Et c’est sur sa gloire que s’est posée la
Gloire du Seigneur..." "Oui. Ne
troublons pas sa joie. Mais allons prêcher le Seigneur et que soient connues
ses œuvres et ses paroles parmi les peuples" dit Pierre avec une
surnaturelle impulsivité. 227> "Allons ! Allons ! L’Esprit de Dieu brûle en moi"
dit Jacques d’Alphée. "Et il nous
pousse à agir. Tous. Allons évangéliser les gens." Ils sortent comme
s’ils étaient poussés ou attirés par un vent ou par une force irrésistible. Jésus dit : "Et ici prend fin
l’Œuvre que mon amour pour vous a dictée, et que vous avez reçue à cause de
l’amour qu’une créature a eu pour Moi et pour vous. Elle se termine
aujourd’hui : Commémoration de Sainte Zita de Lucques, humble servante qui
servit son Seigneur dans la charité dans cette Église de Lucques dans
laquelle j’ai amené, de lieux lointains, mon petit Jean pour qu’il me serve
dans la charité et avec le même amour de Sainte Zita pour tous les malheureux
[2]. Zita donnait son pain
aux pauvres. en se souvenant que je suis en chacun d’eux et bienheureux
seront à mes côtés ceux qui auront donné du pain et à boire à ceux qui ont
soif et faim. Marie-Jean a donné mes paroles à
ceux qui languissent dans l’ignorance ou dans la tiédeur ou le doute en
matière de Foi, en se rappelant ce qui est dit par la Sagesse que ceux qui se
donnent du mal pour faire connaître Dieu brilleront comme des étoiles dans
l’éternité, en glorifiant leur Amour en le faisant connaître et aimer, et à
beaucoup de gens. Et elle se termine
aussi aujourd’hui, jour auquel l’Église élève sur les autels le pur lys des
champs, Marie Thérèse Goretti, [3] dont la tige fut
brisée alors que la corolle était encore en bouton. Et brisée par qui, sinon
par Satan, envieux de cette
candeur qui resplendissait plus que son ancien aspect angélique ? Brisée
parce que sacrée pour son divin Amant. Marie, vierge et martyre de ce siècle
d’infamies où on méprise même l’honneur de la Femme, en crachant la bave des
reptiles pour nier le pouvoir de Dieu de donner une demeure inviolée à son
Verbe qui s’est incarné par l’œuvre de l’Esprit-Saint pour sauver ceux qui
croient en Lui. Marie-Jean aussi est victime de
la Haine qui ne veut pas que l’on célèbre mes merveilles avec l’Œuvre, arme
puissante pour lui arracher tant de proies. Mais Marie-Jean
sait aussi, comme le savait Marie Thérèse, que le martyre, quelque nom et
quelque aspect qu’il ait, est une clef pour ouvrir sans retard le Royaume des
Cieux à ceux qui le souffrent pour continuer ma Passion. L’Œuvre est finie.
228> Et au terme de l’Œuvre je dois mettre encore une fois la
plainte que j’ai mise à la fin de chaque année évangélique, et dans la
douleur de voir mépriser mon don, je vous dis : "Vous n’aurez pas autre
chose puisque vous n’avez pas su accueillir ce que je vous ai donné". Et
je vous dis aussi ce que je vous ai fait dire pour vous rappeler sur le droit
chemin l’été passé (21-5-46) : "Vous ne me verrez pas jusqu’à ce que
vienne le jour dans lequel vous direz : "Béni Celui qui vient au nom du
Seigneur". |
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L’Œuvre est finie
aujourd’hui 27 avril 1947 Viareggio - Via Frati 113 — Marie Valtorta |
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[2] Zita de Lucques (1218-1278), était fille de laboureurs pauvres et
pieux qui l’éduquèrent selon cette simple proposition : "ceci plaît
à Dieu, ceci déplaît à Dieu."
Zita a dix-huit ans entra au service d’une des plus riches familles de Lucques
les Fatinelli. Souvent, elle était choisie comme
intermédiaire pour transmettre aux mendiants leurs dons. Cela ne lui suffisait
pas, car si sa main portait l'aumône, ce n'était pas elle qui donnait de son
épargne ou de ses privations. Elle pensa pouvoir faire davantage ; elle
avait l’habitude de jeûner pendant le Carême, elle crut que le jeûne de toute
l'année ne la fatiguerait pas davantage. Elle s'imposa donc la privation de
tout autre aliment qu'un morceau de pain chaque matin et réserva les autres
aliments qui lui étaient donnés pour les joindre aux autres aumônes qu'elle
était chargée de distribuer au nom de sa maîtresse.
Elle était la plus exacte, la plus assidue et surtout la plus fidèle dans tous
les devoirs de son service. Elle n'avait demandé à sa maîtresse qu'une seule
faveur : aller tous les matins dans l'église la plus proche. Elle
prélevait le temps de sa prière sur son sommeil et non sur son ouvrage.
Sainte Zita avait un grand amour pour Marie de Magdala et pour Jean de Zébédée,
l'Évangéliste.
[3] Maria Goretti,
appelée familièrement Marietta, née le 16 octobre 1890 à Corinaldo
en Italie, région montagneuse de la Province d'Ancône, d'une famille de
cultivateurs. La pauvreté les pousse à émigrer non loin de là dans les Marais
Pontins, encore insalubres. Maria perdit son père très tôt et s'appliqua à
aider sa mère à tenir la maison et à élever ses frères et sœurs.
Elle n'avait que douze ans lorsque un voisin, âgé de dix-huit ans, nommé
Alessandro, se prit de passion pour elle et lui fit des avances de plus en plus
pressantes. Marietta résista : "Non, disait-elle à Alessandro Dieu
ne veut pas."
Le 5 juillet 1902 profitant de l'absence de sa mère, Alessandro s'introduit
dans la maison, et lui demande de choisir : lui céder ou mourir. Maria
choisit la mort.
Blessée de quatorze coups de poignard. Maria mourut le lendemain à l'hôpital où
elle avait été transportée d'urgence, après avoir pardonné à son meurtrier.
On parle de miracles qui eurent lieu sur sa tombe. Mais le plus remarquable fut
sans aucun doute la conversion d'Alessandro. Celui-ci ne manifesta d'abord
aucun remords dans sa prison. Puis, un songe dans lequel il vit sa victime lui
offrir une fleur, le bouleversa. Lorsqu'il recouvra la liberté, en 1929, il
s'empressa d'aller trouver la mère de Marietta, et obtint son pardon. Fait
rare, sinon unique dans l'histoire des saints, il assista à la béatification de
sa victime, le 27 avril 1947.