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228> Conclusion de l’Œuvre,
c’est-à-dire de la Pentecôte à l’Assomption de Marie Très Sainte. 1er épisode
(3-6-44)
C’est
une des toutes premières réunions de chrétiens, dans les jours qui ont suivi
immédiatement la Pentecôte.
Les douze apôtres sont de nouveau douze car Mathias, déjà
élu à la place du traître, est parmi eux. Et le fait que tous les douze sont
là, montre qu’ils ne s’étaient pas encore séparés pour aller évangéliser
selon l’ordre du Maître. La Pentecôte doit donc être arrivée depuis peu et le
Sanhédrin ne doit pas encore avoir
commencé ses persécutions contre les serviteurs de Jésus Christ. En effet,
autrement, ils ne célébreraient pas avec tant de calme et sans prendre
aucunes précautions, dans une maison qui n’est que trop connue à ceux du
Temple, c’est-à-dire dans la maison du Cénacle, et précisément dans la pièce
où fut consommée la dernière Cène, où fut instituée l’Eucharistie, et
commencée la trahison vraie et totale, et la Rédemption.
La vaste pièce a pourtant subi une modification, nécessaire pour sa nouvelle
destination d’église, et imposée par le nombre des fidèles.
La table n’est plus près du mur de l’escalier, mais près, ou plutôt contre,
celui qui est en face, de façon que ceux qui ne peuvent entrer dans le Cénacle
déjà comble — dans le Cénacle, première église du monde chrétien — puissent
voir ce qui y arrive, en se mettant, en s’entassant dans le corridor
d’entrée, près de la petite porte, complètement ouverte, qui donne accès à la
pièce.
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229> Dans la pièce il y a des
hommes et des femmes de tout âge. Dans un groupe de
femmes, près de la table, mais dans un coin, se trouve Marie, la
Mère, entourée de Marthe et Marie
de Lazare, de Nique, Élise, Marie
d’Alphée, Salomé, Jeanne
de Chouza, en somme de beaucoup de femmes
disciples, hébraïques et aussi non hébraïques, que Jésus avait guéries,
consolées, évangélisées et devenues brebis de son troupeau. Parmi les hommes
il y a Nicodème, Lazare, Joseph
d’Arimathie, des disciples très nombreux parmi lesquels se trouvent Étienne, Hermas, les bergers, Élisée, fils
du chef de la synagogue d’Engaddi, et d’autres très nombreux. Et il y a aussi
Longin qui n’a pas sa tenue militaire mais un
long et simple vêtements bis comme un habitant quelconque. Puis d’autres qui
certainement sont entrés dans le troupeau du Christ depuis la Pentecôte et
les premières évangélisations des Douze.
Pierre parle
aussi maintenant, pour évangéliser et instruire ceux qui sont présents. Il
parle encore une fois de la dernière Cène. Encore, car on comprend
d’après ses paroles qu’il en a déjà parlé d’autres fois. Il dit: "Je
vous parle encore une fois" et il appuie fortement sur ces mots
"de cette Cène dans laquelle, avant d’être immolé par les hommes, Jésus
Nazaréen, comme on l’appelait, Jésus Christ, Fils de Dieu et notre Sauveur,
comme il faut le dire et le croire de tout notre cœur et de tout notre
esprit, car en cette croyance réside notre salut, s’immola de sa propre
volonté et par excès d’amour, en se donnant en Nourriture et en Boisson aux
hommes et en nous disant, à nous ses serviteurs et ses continuateurs:
"Faites ceci en mémoire de Moi". Et c’est ce que nous faisons.
Mais, ô hommes, de même que nous, ses témoins, nous croyons qu’il y a dans le
Pain et dans le Vin, offerts et bénits comme il l’a fait, en souvenir de Lui
et pour obéir à son divin commandement, son Corps très Saint et son Sang très
Saint, ce Corps et ce Sang qui appartiennent à un Dieu, Fils du Dieu
Très-Haut, et qui ont été répandus et crucifiés pour l’amour et la vie des
hommes, de la même façon, vous aussi, vous tous, entrés à faire partie de la
véritable, nouvelle, immortelle Église prédite par les prophètes et fondée
par le Christ, vous devez le croire. Croyez et bénissez le Seigneur qui à
nous — qui l’avons crucifié sinon matériellement certainement moralement et
spirituellement à cause de notre faiblesse en le servant, de notre manque
d’ouverture pour le comprendre, de notre lâcheté en l’abandonnant par la
fuite à son heure suprême, dans notre, non, dans ma trahison personnelle
d’homme peureux et lâche au point de le renier, de ne pas le reconnaître
et de nier que je suis son disciple, moi le premier même de ses serviteurs
(et deux grosses larmes descendent le long du visage de Pierre) peu avant
l’heure de prime, là, dans la cour du Temple —croyez et bénissez, disais-je,
le Seigneur qui nous laisse ce signe éternel de son pardon.
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230> Croyez et bénissez le
Seigneur, qui à ceux qui ne l’ont pas connu quand il était le Nazaréen,
permet qu’ils le connaissent maintenant qu’il est le Verbe Incarné revenu au
Père. Venez et prenez. Lui l’a dit : "Celui qui mange ma Chair et qui
boit mon Sang aura la Vie éternelle". Nous alors nous n’avons pas compris (et
Pierre pleure de nouveau). Nous n’avons pas compris car nous étions lents
pour comprendre. Mais maintenant l’Esprit-Saint a enflammé notre
intelligence, fortifié notre foi, infusé la charité, et nous comprenons. Et
au nom du Dieu Très-Haut, du Dieu d’Abraham, de Jacob, de Moïse, au nom très
haut du Dieu qui a parlé à Isaïe, Jérémie, Ezéchiel, Daniel, et aux autres
Prophètes, nous vous jurons que c’est la vérité et nous vous conjurons de
croire pour que vous puissiez avoir la Vie éternelle."
Pierre est plein de majesté quand il parle. Il n’a plus rien du pêcheur un
peu rustre d’il y a seulement quelque temps. Il est monté sur un tabouret
pour parler et être mieux vu et entendu, car, avec sa petite taille, s’il
était resté debout sur le sol de la pièce, il n’aurait pas pu être vu des
plus éloignés et lui, au contraire, veut dominer la foule. Il parle avec
mesure, une voix appropriée, et les gestes d’un véritable orateur. Ses yeux,
toujours expressifs, sont maintenant plus éloquents que jamais. Amour, foi,
autorité, contrition, tout transparaît par ce regard, annonce et renforce ses
paroles.
Il a maintenant fini de parler. Il descend du tabouret et il passe derrière
la table entre celle-ci et le mur, et il attend.
Jacques
et Jude, c’est-à-dire les deux fils
d’Alphée et cousins du Christ, étendent maintenant sur la table une nappe
très blanche. Pour y arriver, ils soulèvent le coffre large et bas qui se
trouve au milieu de la table, et étendent aussi sur son couvercle un linge
très fin.
L’apôtre
Jean va maintenant trouver Marie et lui demande quelque chose.
Marie enlève de son cou une sorte de petite clef et la donne à Jean. Jean la
prend, revient au coffre, l’ouvre, en rabattant la partie antérieure qui
vient se coucher sur la nappe et que l’on recouvre d’un troisième linge.
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231> À l’intérieur du coffre il y a une
séparation horizontale qui le divise en deux compartiments. Dans le compartiment inférieur il y a un calice et un plat de métal.
Dans le compartiment le plus élevé, au milieu, le calice qui a servi à Jésus
à la Dernière Cène et pour la première Eucharistie, les restes du pain partagé
par Lui, déposés sur un petit plat précieux comme le calice. À côté du calice
et du petit plat qui est posé dessus, il y a d’un côté la couronne d’épines,
les clous et l’éponge. De l’autre côté un des Linceuls enroulé, le voile avec
lequel Nique avait essuyé le visage de Jésus, et celui que Marie avait donné
à son Fils pour qu’il s’enveloppe les reins. Au fond il y a d’autres choses,
mais comme elles restent plutôt cachées et que personne n’en parle ni ne les
montre, on ne sait pas ce que c’est. Les autres, par contre, qui sont
visibles, Jean et Jude d’Alphée les montrent à ceux qui sont présents et la
foule s’agenouille devant elles. Cependant on ne les touche pas et on ne
montre pas le calice et le petit plat qui contient le pain, et on ne déplie
pas le Linceul, mais on montre le rouleau en disant ce que c’est. Peut-être
Jean et Jude ne le déplient pas pour ne pas réveiller en Marie le souvenir
douloureux des sévices atroces subits par son Fils.
Une fois terminée cette partie de la cérémonie les apôtres, en chœur,
entonnent des prières, je dirais des psaumes, car elles sont chantées comme
les hébreux le faisaient dans leurs synagogues ou dans leurs pèlerinages à
Jérusalem, pour les solennités prescrites par la Loi. La foule s’unit au
chœur des apôtres qui de cette façon devient de plus en plus imposant.
Enfin on apporte des pains et on les place sur le petit plat de métal qui
était dans le compartiment inférieur du coffre, et aussi des petites amphores
de métal elles aussi.
Pierre reçoit de Jean, qui est agenouillé de l’autre côté de la table —
pendant que Pierre est toujours entre la table et le mur, donc tourné vers la
foule — le plateau avec des pains, l’élève et l’offre. Puis il le bénit et le
pose sur le coffre.
Jude d’Alphée, qui se tient aussi à genoux à côté de Jean, présente à son
tour à Pierre le calice du compartiment inférieur et les deux amphores qui
étaient d’abord près du petit plat des pains, et Pierre verse leur contenu
dans le calice qu’il élève ensuite et offre comme il a fait pour le pain. Il
bénit aussi le calice et le pose sur le coffre à côté des pains.
Ils prient encore. Pierre fragmente les pains en nombreuses bouchées pendant
que la foule se prosterne encore davantage, et il dit : "Ceci est mon
Corps. Faites ceci en mémoire de Moi."
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232> Il sort de derrière la
table, en portant avec lui le plateau chargé des bouchées de pain, va d’abord
vers Marie et lui donne une bouchée. Il passe ensuite sur
le devant de la table et il distribue le Pain consacré à tous ceux qui
s’approchent pour le recevoir. Il reste quelques bouchées toujours sur leur
plateau que l’on dépose sur le coffre.
Maintenant il prend le calice et l’offre à ceux qui sont présents, en
commençant toujours par Marie. Jean et Jude le suivent avec les petites
amphores, et ajoutent des liquides quand le calice est vide, pendant que
Pierre répète l’élévation, l’offrande et la bénédiction pour consacrer le
liquide. Une fois que l’on a contenté tous ceux qui demandaient de se nourrir
de l’Eucharistie, les apôtres consomment le pain et le vin qui restent.
Ensuite on chante un autre psaume ou un hymne et, après cela, Pierre bénit la
foule qui, après sa bénédiction, s’en va peu à peu.
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