Maria Valtorta en 1943

"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
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Les fausses "erreurs théologiques"


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Les principales critiques proviennent de quatre sources :

 L'article écrit en 1960 dans l'Ossevatore Romano, commentant la mise à l'Index de l'œuvre de Maria Valtorta

 Un article (en anglais) d'un jésuite américain, le P. Mitch Pacwa, écrit en 1994

 Un article (en anglais) d'un certain Ronald L. Conte Jr., écrit en décembre 2005.

 Un article du Père Alain Bandelier, paru dans "Famille chrétienne" (N° 1459 du 31/12/2005 au 6/1/2006).

Tous pensent dénoncer des erreurs théologiques dans l'œuvre de Maria Valtorta.

Il a été répondu par ailleurs sur les griefs dénoncés par l'article de L'Osservatore Romano et amplifiés par le P. Mitch Pacwa : Le Catéchisme de l'Église catholique tranche en faveur de Maria Valtorta et non en faveur des deux sources incriminées. Elles ne sont pas pourtant "suspectes d'hérésie", mais de lecture partielle et partisane et de lacunes exégétiques.

Ronald L. Conte se veut plus méticuleux mais n'échappe pas à ce même reproche : il s'intitule théologien pieux et fidèle, mais appuie ses arguments sur les écrits de la Bienheureuse Anne-Catherine Emmerich, béatifiée en 2004 par Jean-Paul II. Hélas pour lui, si sa béatification est réelle, et ses visions authentiques (à ce que nous croyons personnellement), cela ne cautionne pas des écrits … qu'elle n'a jamais écrit.

En effet, le cardinal José Saraiva Martins, préfet de la Congrégation pour les causes des saints, précise dans l’Osservatore Romano du 7 octobre 2004, trois jours après la béatification d'Anne-Catherine Emmerich, qu'elle "ne nous a laissé que trois lettres dont l’authenticité soit sûre. Les autres écrits, qui lui sont attribués par erreur, ont des origines diverses: les “visions” de la Passion du Christ ont été annotées, réélaborées très librement et sans contrôle par l’écrivain allemand Clemens Brentano et ont été publiées en 1833 sous le titre La douloureuse passion de Notre Seigneur Jésus-Christ. […] Les œuvres en discussion ne peuvent donc pas être considérées comme des œuvres écrites ou dictées par Anne-Catherine Emmerick ni comme des transcriptions fidèles de ses déclarations et de ses récits, mais comme une œuvre littéraire de Brentano qui a procédé à de telles amplifications et manipulations qu’il est impossible d’établir quel est le véritable noyau attribuable à la bienheureuse".

Aussi curieux est la référence de ce "théologien" à Medjugorje, apparitions que nous tenons en très haute estime, mais qui ne sont pas (encore) reconnues par l'Église.

Il n'est pas sans se contredire d'ailleurs :

 Il prétend, selon sa référence à Anne-Catherine Emmerich, que Joseph avait "30 ans de plus" que la Vierge Marie, âgée de 14 ans lors de son mariage. Il dénonce Maria Valtorta qui prétend que Joseph avait alors "trente ans environ". Malheureusement pour lui Anne-Catherine Emmerich dit textuellement que Joseph " pouvait avoir déjà 33 ans" (Vie de la Vierge Marie – Presses de la Renaissance – 2006 - pages 145 et 146). Toutes les voyantes sont d'accord pour faire de Joseph un trentenaire et de Marie une jeune fille arrivée à l'âge nubile. La vision d'un Joseph âgé a pour origine le Protévangile de Jacques, un apocryphe du Ile siècle, (§ 9.2) : c'est un vieillard qui a plusieurs fils. Le Pseudo-Matthieu, recension latine ultérieure, reprend cette hypothèse à son compte. "Joseph, bien qu'âgé au milieu des jeunes gens, apporta son rameau". (§ 8.2).

 De même, il croit dénoncer chez Maria Valtorta le miracle du rameau fleuri désignant Joseph comme époux. Hélas pour lui, Anne-Catherine Emmerich reprend exactement ce miracle : un lys fleuri au sommet du bâton pendant que descend l'Esprit Saint. (Vie de la Vierge Marie – Presses de la Renaissance – 2006 - page 154). A-t-il vraiment lu attentivement sa propre référence ? On en doute.

 Il croit de même contredire Maria Valtorta sur un mariage qui, contrairement à l'Écriture, n'aurait pas été fait immédiatement après les fiançailles et il cite Matthieu 1,18-19 à la rescousse. Malheureusement pour lui, ce texte le contredit : Marie n'habite chez Joseph qu'après l'Annonciation et alors que les signes de grossesse sont visibles (Ib. Verset 24). Ce texte de Matthieu fait bien allusion aux fiançailles et Marie de l'Annonciation est une "promise".

Quitte à se référer aux béatifiés de l'Église, ce "théologien" aurait gagné à lire les visions de la Bienheureuse Marie d'Agréda qui contredit sur bien des points les écrits de Clemens Brentano (attribués à A.C. Emmerich) ou ceux du Bienheureux Gabrielle Allegra (en anglais), bibliste contemporain et féru de Maria Valtorta.

On attendait plus sérieux de la part d'un "théologien, humble, pieux et fidèle".


 

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