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Le Vénérable
Gabriele Allegra
La traduction française ci-contre est extraite du
numéro spécial de "Chrétiens Magazine"

Les
liens et les notes
sont de maria-valtorta.org
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Extraits du journal du Vénérable G. Allegra
Mardi
et Mercredi Saints, 9-10 avril 1968, Macao
Le Poème de l’Homme-Dieu
de Maria Valtorta a été publié en tant que roman, et j’espère qu’avec pareil
titre il continuera d’être réimprimé dans le futur, et souvent ; mais ce
n’est pas un roman. C’est le complément des quatre traditions évangéliques,
et leur explication.
Cette explication nous surprend parfois, elle nous semble tellement nouvelle,
tellement vraie et énergique, que nous sommes prêts à la négliger. Il s’agit
de révélations privées ! Et puis, faites à une femme ! Et nous
autres, les hommes, les prêtres, savons bien en cela imiter les Apôtres qui appelèrent
délire de petites femmes la vision que celles-ci eurent du Christ ressuscité.
Certes St Paul, dans la liste qu’il donne des témoins de la Résurrection,
exclut les femmes ; mais les Évangiles, au contraire, leur donnent une part
prépondérante. Et pourtant tous les prêtres veulent imiter St Paul sur ce
point !
De fait, le Poème de l’Homme-Dieu ne
mérite pas vraiment d’être négligé avec cette assurance et cette suffisance
qui est la caractéristique de nombreux théologiens modernes. Dans l’Église se
trouve l’Esprit, et dès lors, se trouvent les charismes de l’Esprit. Je pense
que c’est seulement avec un charisme de l’Esprit Saint - seulement avec son
aide - qu’une pauvre femme malade, d’une culture biblique limitée, a pu écrire,
en l’espace de trois années, 20 000 pages qui, une fois imprimées,
équivalent à 10 volumes. Et quelles pages ! Et je note aussi que
certains des discours du Seigneur - dont les principaux sujets sont tout juste
évoqués dans les Évangiles - sont développés dans cette œuvre avec un
naturel, avec un fil de pensée si logique, si spontané, si intrinsèquement
lié au temps, au lieu, aux circonstances, que je n’ai pas trouvés chez les
exégètes les plus célèbres.
Je ne citerai que le discours du Seigneur avec Nicodème et celui du Pain de
Vie. Mais les exégètes, formés à la "Méthode de l’Histoire des formes"
ne
s’humilieront jamais ( !) à jeter un œil à cette œuvre où de nombreux
problèmes sont résolus avec une facilité merveilleuse, et où tant de discours,
dont nous n’avions malheureusement que le thème, sont retrouvés.
En somme, je retiens que cette œuvre de M. Valtorta mérite au moins cette
attention que les théologiens ont accordée à la "Cité Mystique de Dieu"
de la Vénérable
Maria
de Ágreda, aux révélations de la Vénérable Anne-Catherine
Emmerich, et à celles de Ste Brigitte.
Personne ne pourra me faire croire qu’une pauvre infirme, seulement en vertu
de son fervent sentiment religieux, a écrit le Poème, d’autant plus qu’elle ne vit pas les diverses images ou
scènes de la vie du Seigneur dans l’ordre chronologique, mais bien au
contraire, elles lui ont été présentées dans une succession imprévisible en
l’espace de trois ans.
Que fut ce charisme ? Quelles en furent les dimensions ? Comment l’instrument
humain coopéra-t-il avec lui ? Qu’est-ce qui provient de l’Esprit à
travers la pensée et le cœur d’une pieuse chrétienne, et qu’est-ce qui est le
fruit exclusif de la psyché de M. Valtorta ? Et avec l’hypothèse de
visions surnaturelles, pourquoi Jésus a-t-il adopté le langage de la
théologie du XXème siècle et pas celui de son propre temps ? Peut-être
a-t-il voulu nous enseigner ce qu’on peut trouver dans les Saintes Écritures,
et comment elles doivent être exprimées aujourd’hui ? Il y a tant de
questions qui méritent d’être étudiées et méditées avant d’exposer raisonnablement
comment le Poème de l’Homme-Dieu ne
contredit jamais l’Évangile, mais le complète admirablement, le rendant
vivant et puissant, tendre et exigeant.
Une fois bien déterminée la nature du charisme de l’Esprit et la réalité de son
action en Maria Valtorta, quelle attitude le chrétien doit-il adopter en
lisant ces admirables pages évangéliques ?
Il me semble que la même conclusion pratique s’impose à quiconque a lu et
étudié les documents de l’Histoire des Apparitions de Paray-le-Monial ,
Lourdes, Fatima, Syracuse …
Et avec le même degré de foi, et dans la mesure où le Seigneur Jésus et
l’Église le désirent, j’y crois.
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Jeudi
Saint 1968
Aux côtés des pieuses femmes qui assistaient à la crucifixion du Seigneur sur
le Calvaire, parmi lesquelles quatre sont nommées et plusieurs autres sont
laissées anonymes , St
Luc parle aussi de certaines connaissances de Jésus : gnostoi, qui
assistaient à sa mort en se tenant un peu à distance . Qui
sont ces connaissances ? On pourrait penser à Joseph d’Arimathie,
Nicodème, Manaën, Chouza
( ?), et d’autres parents de ces personnages de haute condition sociale.
Sans se poser le problème, Maria Valtorta dans son Poème de l’Homme-Dieu désigne ces connaissances comme étant le
groupe des (12) Bergers et quelques disciples. Tandis que le condamné était
torturé, et pendant que Lui, le torturé, était encore en vie, il ne fut pas
permis aux amis du coupable de s’approcher, car ils étaient des hommes. C’est
seulement à Sa Mère et aux pieuses femmes qui étaient avec Elle que le
Centurion accorda le droit de venir près de la Croix, ainsi qu’à Jean
qu’il [le Centurion] croyait être le fils de Marie et le frère du condamné.
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Vendredi
Saint 1968, Macao
D’après M. Valtorta (Poème de
l’Homme-Dieu), les principales causes physiques qui conduisirent à la Mort de Jésus furent :
1) l’hémorragie avant la
Crucifixion, qui eut lieu pendant l’Agonie du Gethsémani et
la Flagellation ;
2) l’œdème pulmonaire ; 3) la fièvre ; 4) le tétanos ; 5) et
plus particulièrement la souffrance spirituelle endurée au travers de
l’abandon par son Père. Pendant cette ineffable,
incompréhensible épreuve de l’Homme-Dieu, Il ressentit en quelque sorte la
séparation d’avec son Père comme quelqu’un qui est damné. Vraiment, Il est
devenu le péché personnifié. Illum qui peccatum non noverat peccatum fecit ! Redempti enim estis pretio magno ! (Celui qui n’avait pas connu le péché,
Il l’a fait "péché" ! Vous avez été bel et bien achetés !
[2 Corinthiens 5,21 ; 1 Corinthiens 6,20])
Pendant la Passion
et la Mort du
Seigneur, la Mère
des Douleurs accomplit son office en tant que nouvelle Ève corédemptrice, acceptant de son cœur la Volonté du Père, en
compatissant, comme seule Elle pouvait le faire, avec son Fils Jésus, et
pardonnant et priant pour nous les hommes, ses crucificateurs.
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Samedi
Saint 13 avril
Une fois Jésus mort, Marie agit en corédemptrice par
sa désolation jusqu’au moment de Sa Résurrection.
La désolation de la Douloureuse comprend
une attaque directe, personnelle de Lucifer, puis de nombreux assauts
indirects contre sa foi en la
Résurrection, et, même pour elle, l’abandon par le Père.
En deux longs chapitres, M. Valtorta décrit ce qu’elle a vu et entendu
pendant la nuit du Vendredi Saint, le jour du Sabbat, et la nuit du Sabbat
[Samedi Saint] .
Le peu que j’ai lu sur la Mère
des Douleurs sur ce sujet, se cantonne à des généralités ; et ne peut
être comparé à ces puissantes et très tendres pages de Maria Valtorta. Je ne
puis absolument pas me convaincre qu’elles sont une simple méditation d’une
pieuse chrétienne, non, cette âme a vu et entendu !
Digitus Dei est hic ! (Le Doigt de Dieu
est ici !)
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30-31
juillet 1968
Pour un livre aussi absorbant, aussi charismatique, aussi extraordinaire même
d’un point de vue purement humain, comme l’est le Poème de l’Homme-Dieu de Maria Valtorta – pour un tel livre je
trouve une justification théologique dans la Première Épître aux Corinthiens 14,6, où
St Paul écrit : "Et
maintenant, frères, supposons que je vienne chez vous et vous parle en
langues, en quoi vous serai-je utile, si ma parole ne vous apporte ni
révélation, ni science, ni prophétie, ni enseignement ?"
Dans cette œuvre, je trouve tant de révélations
qui ne sont pas contraires au récit de l’Évangile, et au lieu de cela le complètent .
Je trouve la science, et une telle science
dans les domaines théologique (en mariologie particulièrement), exégétique,
mystique, que si elle n’est pas infusée, je ne sais pas comment une pauvre
femme malade aurait pu l’acquérir et la maîtriser, eût-elle été douée d’une éminente
intelligence.
Je trouve le charisme de la prophétie
au sens juste de la voix à travers laquelle M. Valtorta exhorte, encourage et
console au nom de Dieu et, en de rares occasions, élucide les prédictions du
Seigneur.
Je trouve enfin l’enseignement, et
semblable enseignement est sûr ; il embrasse presque tous les champs de
la révélation. Et dès lors, il est un et multiple, immédiat, lumineux. Bien
que par moments quelque doute puisse effleurer mon esprit, en pensant à la
complexité de cet enseignement je me dis à moi-même : il me faut mieux y
penser ; cette opinion de l’heureuse voyante est tout de même possible.
Mes doutes tournent en particulier autour de ce que M. Valtorta dit au sujet
du Péché Originel ; au sujet de l’appel des premiers Apôtres, qui me
semble en contradiction avec l’Évangile de St Jean ; au sujet de
certains points dans le discours de Jésus sur le Tabor après la Résurrection et
sur la colline dans les environs de Nazareth ; au sujet de l’affirmation
de Jésus d’être Dieu, le Fils de Dieu et le Messie. Et si ces déclarations de
la part du Seigneur étaient vraies, comment expliquer l’Ébionisme
,
précisément né en Palestine ? Et le gnosticisme ?
Comme il ne s’agit pas de difficultés insurmontables ; je dis seulement
que je n’ai pas encore réussi à les surmonter.
Et le secret messianique (particulièrement dans l’Évangile de Marc), comment
peut-il s’accorder avec les très fréquentes assertions de Jésus qui sont
lisibles dans le Poème de M. Valtorta ?
Éclaire-moi,
Seigneur, parce que je veux passer ce peu de vie qui me reste à Te connaître
toujours plus. Éclaire-moi, parce que Ton serviteur veut se présenter devant
son Roi orné de lumière.
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25-26
août
Le Poème de l’Homme-Dieu m’impressionne
toujours plus du point de vue littéraire, exégétique, théologique.
Littérairement, nul besoin d’avoir recours à des
dons surnaturels ; l’extraordinaire intelligence de M. Valtorta et sa
sensibilité très aiguë suffisent à expliquer cette œuvre. Toutefois, même sur
ce point, il ne faut pas oublier que l’Auteure n’a pas suivi l’ordre
chronologique de la vie de Jésus, mais celui dans lequel Jésus lui montrait les
visions.
Concernant l’exégèse de M. Valtorta, il y aurait de quoi écrire un livre. Ici
je me borne à réaffirmer que je ne trouve aucune autre œuvre chez les
éminents spécialistes des écritures, qui complète et clarifie les Évangiles
Canoniques aussi naturellement, spontanément, et avec autant de vivacité que
ne le fait le Poème de M. Valtorta.
Dans les Évangiles, il est en permanence fait mention de foules, de miracles,
et nous avons quelques grands traits des discours du Seigneur. Dans le Poème de l’Homme-Dieu, en revanche,
les foules bougent, crient, agissent ; les miracles, pourrait-on dire, se
voient ; les discours du Seigneur, même les plus ardus dans leur
concision, deviennent d’une clarté solaire.
Et ce qui me fait le plus m’émerveiller, c’est que M. Valtorta ne tombe
jamais dans des erreurs théologiques ; au contraire, elle rend les
mystères révélés plus faciles pour le lecteur, en les transposant dans un
langage populaire et moderne.
Certes, je ne suis pas convaincu par l’explication du péché originel, de l’appel
des premiers Apôtres ; de l’identification de la Madeleine avec Marie de
Béthanie, encore que sur ce point je me suis presque rendu en tant
qu’exégète, de la chronologie de la vie de Jésus…, mais je ne peux pas
prouver que les opinions admises par M. Valtorta dans son Poème sont erronées. Il se pourrait
que je sois moi-même dans l’erreur, et avec moi quantité d’autres.
Quiconque lit cette œuvre après les articles et monographies de tant de
disciples modernes de la
Formgeschichte
[Critique Formelle] et de
la Redaktionsgeschichte
[Critique Rédactionnelle] ,
respire enfin l’atmosphère de l’Évangile, et devient presque l’un (il a beau
être un numéro, il est toujours plus chanceux que les exégètes bultmanniens ! ), il
devient presque, dis-je, l’un des membres de la foule qui suivait le Maître.
Des dons naturels et des dons mystiques harmonieusement mariés, voilà qui
explique ce chef-d’œuvre de la littérature religieuse italienne, et peut-être
devrais-je dire, de la littérature chrétienne mondiale.
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7-8
septembre 1968
La figure, les vertus, la mission de la Madone ont été et sont décrites par de nombreux
saints, sages et dévots, et pourtant aucun ne le fait avec la simplicité de
Maria Valtorta dans son Poème de
l’Homme-Dieu.
M. Valtorta a vu et entendu, les autres, pour la plupart, ont seulement pensé
et médité. Mais ce qui me surprend le plus est la vision sûre des dons de la
très sainte Marie.
Les apôtres ont dû connaître la plénitude de la révélation… plénitude que
l’Église rejoint en progressant continuellement, sous l’action de l’Esprit
Saint.
Les dogmes que l’Église définit au fur et à mesure des siècles – spécialement
les dogmes mariaux – sont une affirmation solennelle de la foi des Apôtres. M.
Valtorta a été, par un charisme ineffable, replongée dans la foi tendre,
émouvante, spontanée des Apôtres, spécialement de St Jean.
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Samedi
Saint
Certes Jésus, à l’époque de sa vie mortelle, ne parlait pas avec ces termes
théologiques venus par la suite, et peut-être en développant la céleste
richesse de sa parole, comme elle apparaît dans le Poème de l’Homme-Dieu, c’est-à-dire comme il la fit voir et
entendre à sa chère Maria Valtorta.
Comment s’explique ce fait ? Je répondrais ainsi : Jésus, après
vingt siècles, répète et explique son Évangile en se servant de toute la
terminologie théologique de son Église, pour nous dire que l’enseignement de
celle-ci se trouve déjà implicitement dans son Évangile – M. Pouget aurait
dit : de manière équivalente – et que cet autre enseignement n’est rien
d’autre que l’explication d’autorité et infaillible, que l’Église donne et
qu’elle seule peut donner, guidée et illuminée par l’Esprit Saint.
Quant à ce qui concerne certaines vérités, par exemple la Très Sainte Eucharistie, la
dignité et la mission de la Vierge Marie,
Jésus durant sa vie en parla déjà plus clairement que ne l’a fait l’Église
pendant tous ces siècles, de sorte que le progrès dogmatique pour ces vérités
et d’autres est un retour à la plénitude de la source.
Enfin j’observe que l’œuvre de M. Valtorta est indirectement une preuve de
l’historicité des Évangiles : ceux-ci sont, oui, un catéchisme, un cherigma, mais
basé sur la maturité des textes choisis et approuvés par Dieu. Tout autre
chose que la Formgeschichte !
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Résurrection
du Seigneur
L’efficacité de la parole de Dieu est conditionnée par la qualité du terrain
sur lequel elle tombe. L’homme a le terrible don de la liberté, par lequel il
peut dire non, même à Dieu !
En ayant à l’esprit la parabole du semeur, la liberté de l’homme, et ma
conviction que le Poème de l’Homme-Dieu
est l’œuvre de Jésus d’abord et de Maria V. ensuite, la réaction des lecteurs
devant cette œuvre s’exprime ainsi :
- l’Œuvre ou le Poème
rencontre : des lecteurs distraits, des lecteurs honnêtes, des lecteurs
pieux, des lecteurs critiques et hypercritiques.
- Le théologien et l’exégète devraient être en même temps parmi les lecteurs
honnêtes et les lecteurs critiques.
Les discours de Jésus dans la plaine de la Belle Eau (M. Valtorta, Le
Poème de l’Homme-Dieu, II) sont l’explication du
Décalogue. Par ceux-ci, Jésus, selon son objectif manifesté tant et plus,
entend reconduire la Loi
à sa plénitude primitive, en la libérant des superfétations humaines. Ces
discours ne suivent pas l’ordre des commandements, mais répondent à des
besoins particuliers de quelques personnes présentes, besoins connus du
Seigneur seulement, puisque Lui n’est pas seulement le Fils de l’Homme, mais
aussi le Fils de Dieu.
Ce contact intime avec les âmes, qu’elles soient dans le péché ou désireuses
de rédemption, hommes ou femmes, épouses trahies ou mères meurtries par la
conduite de leurs enfants, donne aux paroles du Seigneur un ton vivant,
actuel, palpitant même aujourd’hui.
Dans la plaine mélancolique de la Belle
Eau, entre Jéricho et Éphraïm, dans les journées
mélancoliques de novembre et décembre, à la fin de la première année de la
vie publique, le Seigneur fit ses premières grandes semailles, en semant la Parole qui ne passe pas
et ne meurt pas.
Jusqu’à quel point les paroles du Seigneur, rapportées par M. Valtorta,
sont-elles authentiques ? Voici : je ne parviens pas à me persuader
que la voyante ait inventé ou ajouté quelque chose d’elle-même : non,
elle reproduit ce qu’elle entend et tel qu’elle l’entend.
Mais d’autre part personne ne peut nier qu’il y a une traduction des paroles
du Seigneur dans le langage de l’Église d’aujourd’hui, c’est-à-dire le
langage riche et polymorphe de notre théologie, ainsi qu’il s’est formé après
et à travers tant de siècles de polémiques, de discussions, de prédications.
Qui a fait cette version, qui est d’ailleurs double dans la mesure où Jésus,
de 1943 à 1947 parlait en italien tandis que sur cette terre dans les années
de sa vie mortelle il parla en araméen, en grec et peut-être à l’occasion en
latin ? Et surtout, pourquoi en parlant avec M. Valtorta adopta-il notre
langage théologique ? Ce ne peut être que Jésus lui-même. Et s’il a agi
de la sorte, je pense que c’est soit pour nous faire voir que l’enseignement
de son Église n’est rien d’autre que la déclaration de ses paroles, soit pour
graver son Évangile éternel dans le cœur des contemporains .
De même que les discours de la Belle Eau
expliquent la Loi,
de même le discours sur la Montagne
constitue un pas en avant, c’est la perfection de la Loi, soit en se référant
à l’intention du Divin Suprême Législateur, soit en la méditant à la lumière
de l’incarnation de la
Rédemption imminente.
Cette double série de discours est complétée par la Conversation de
Jésus avec les Apôtres, par ses polémiques dans le temple et à Jérusalem ou
sur les chemins de la
Palestine, et enfin par ses suaves confidences célestes
avec les Apôtres, les Disciples, hommes et femmes, et spécialement sa Très
Sainte Mère… Quelle œuvre que ce Poème !
Dans le Poème de l’Homme-Dieu, Mammon équivaut souvent à Satan,
c’en est un autre nom ; or je constate que Théodore Zahn
aussi,
dans son commentaire sur l’Évangile de St Matthieu, est arrivé à la même
conclusion.
Le Poème nous réserve de nombreuses
surprises de ce style, ce qui confirme que nous n’avons pas affaire aux
rêveries d’une femme malade, mais que nous sommes en présence de la
déposition d’une témoin, certes seule témoin, mais
tellement digne de foi.
Cette femme malade, avec pour seul don celui d’une plume facile, bien que
cultivée à hauteur d’études littérales moyennes, écrit en moins de quatre ans
une œuvre de dix volumes, dans laquelle elle fait ressusciter l’ambiance
religieuse, politique et culturelle du premier siècle, et ce qui épouvante
davantage les spécialistes eux-mêmes, elle raconte dans l’ordre – mais cet
ordre n’a été reconnu et stabilisé qu’une fois que les visions ont cessé – la
vie de Christ, en complétant les Évangiles sans jamais les contredire.
Parfois, c’est vrai, je suis resté et je reste encore dubitatif sur la
manière d’expliquer, de dérouler, de suppléer au récit évangélique, mais il
s’agit toujours de sujets ou de nœuds exégétiques, qui se prêtent à diverses
interprétations.
Après les Évangiles, je ne connais pas d’autre vie de Jésus qui puisse se
comparer au Poème, de même que je
ne connais pas d’autres vies de St Pierre ou St Jean qui rendent aussi
vivants les caractères des douze saints Apôtres.
Je cite ces deux-là parce que l'on trouve quelque chose sur eux dans
l’Écriture, tandis que sur les autres Apôtres, on n’a pratiquement que leur
nom. Or, tous les
caractères sont toujours tellement bien dessinés et tellement cohérents,
qu’on se trouve face à un dilemme : ou bien l’Auteure est un génie de la
trempe de Shakespeare ou Manzoni, ou bien elle a vu.
J’opte, si on me contraint de choisir, pour la seconde alternative.
Quant à la Mariologie
de cette Œuvre, eh bien je ne connais pas d’autres livres qui en possèdent
une aussi captivante et convaincante, aussi ferme et aussi simple, aussi
moderne et en même temps aussi antique, en étant pourtant ouvert à ses
progrès futurs .
De même, et en fait surtout sur ce point, le Poème enrichit notre connaissance de la Madone, et
irrésistiblement aussi notre pauvre amour, notre langoureuse dévotion pour
Elle.
En traitant le mystère de la
Compassion de Marie, il me semble que M. Valtorta, par
l’ampleur, la profondeur et l’exploration psychologique du Cœur de la vierge,
va même au-delà de St Bonaventure et St
Bernardin .
Pouvait-elle accomplir cela sans avoir vu et entendu surnaturellement ?
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8
janvier 1970
Il me plairait de voir traduit le Poème
de l’Homme-Dieu en d’autres langues, parce que je suis certain que
beaucoup, par sa lecture, croîtraient dans la connaissance et l’amour du
Seigneur Jésus. Je confie mon désir à Ste Claire et à Lucia Mangano.
Quelques "saintes morts" décrites ou évoquées dans le Poème : la mort de St Joseph, celle d’Alphée l’époux de Marie, tante de
Jésus, celle de Saul de Kariot,
de Jonas l’ancien berger, de Saint Jean-Baptiste, de Lazare, d’Abraham d’Engaddi,
de Jean d’Endor, du Bon Larron, de Saint Étienne…
Veni, Domine Jesu !
Dans son tragique destin, une figure puissante et émouvante dans le Poème, est Marie de
Simon, la mère de Judas, tant aimée par Jésus. Aucun poète ou dramaturge
n’a jamais pensé un profil aussi robuste, aussi délicat et en même temps
aussi empli de compassion, que cette malheureuse et suave femme.
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9
janvier 1970
Les grands discours de Jésus dans le Poème
de l’Homme-Dieu sont enchâssés dans l’environnement et les circonstances,
ce qui nous les montre plus spontanés et plus naturels.
Les discours de la
Belle Eau sont comme la vraie explication authentique du Décalogue, le Discours sur la
Montagne est la grande carte du Royaume des Cieux, les paraboles
parsemées au long du livre et toujours ancrées à quelque circonstance qui les
a fait naître et qui aide à les comprendre pleinement, et les grands
discours de Jérusalem, et les instructions continuelles données aux
Disciples, hommes et femmes, font du Poème
un écrin de trésors célestes.
Remarquable est la manière dont Jésus explique l’Ancien
Testament, en l’appliquant toujours au présent, à l’Ère Messianique déjà
en action, et qui est en train de s’accomplir.
Même les discours des Apôtres, spécialement ceux de Pierre et de Jean, sont
comme un écho à la pensée de Jésus… Je ne crois pas qu’il soit sage et juste
de rester indifférents devant pareils trésors.
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Janvier
1970
Souvenir émouvant : les noms des petits enfants amis de Jésus selon le Poème de l’Homme-Dieu. Jésus était
attiré et attirait les enfants, voilà pourquoi il est impossible de dresser
la liste de tous ses chers jeunes amis, néanmoins pour des motifs expliqués
dans le Poème, certains sont dignes
d’être spécialement rappelés, lesquels sont :
À Capharnaüm : Benjamin, Jeanne et son petit frère Tobie, Jacques qui apportait au Seigneur la
bourse de Matthieu…
À Magdala : Benjamin.
À Corozaïn : Joseph, le petit menuisier.
Puis : Marie et son petit frère Matthias, adoptés par Jeanne de Chouza, et surtout Margziam,
l’enfant-orphelin-symbole, adopté par Pierre.
Nisi efficiamini sicut parvuli, non intrabitis in Regnum caelorum (si vous ne retournez à l'état des enfants,
vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux. (Mt 18, 3))
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Macao,
11 janvier 1970
Les instructions, que donne le Seigneur dans le Poème, tout en étant imprégnées des pensées et de la culture de
son temps, sont en même temps accordées à l’enseignement de l’Église
Catholique de nos temps.
Tout
en admettant que Jésus, le Verbe Incarné, ait pu parler ainsi, je préfère
penser qu’Il a répété son Évangile à Maria Valtorta de cette façon,
c’est-à-dire en le modernisant, pour enseigner que la doctrine actuelle de
l’Église constitue son propre enseignement éternel. Voilà le motif, je pense,
pour lequel le Seigneur donne sur le trinôme chrétien : la Foi, l’Espérance, la Charité ; sur la
constitution de l’Église, bien qu’embryonnaire, et sur les Sacrements, et
spécialement sur la mariologie, sur le Célibat, sur le Sacrifice de la Nouvelle Alliance…
ces enseignement tellement vivants et actuels.
Conséquence
pratique : Je suis enfant de l’Église ! Je suis dans la barque de
St Pierre !
Veni Domine Jesu !
12,
Macao
Les
instructions que Jésus, d’après le Poème
de l’Homme-Dieu, donna à son cousin Jacques sur la cime du Carmel, sont
complétées par le Sauveur lui-même dans le discours qu’Il tient après la
résurrection, sur le Tabor.
Discours
au(x)quel(s) renvoie justement le titre : Loquens de Regno Dei, o : Sermo
de Regno Dei.
Le
Seigneur se limite aux lignes essentielles de son programme et laisse
l’Esprit Saint illuminer et fortifier son Église, lui qui la guide, à travers
les siècles, et selon les besoins.
Qui
est dans la vraie Église du Seigneur, est nourri par la parole de Jésus,
illuminé par sa Lumière, mu et nourri par son Esprit.
Quelle
gloire et quelle joie de pouvoir dire : Je suis enfant de
l’Église !
14
janvier 1970, Macao
Le
discours du Seigneur aux Disciples sur les œuvres de miséricorde corporelle
et spirituelle est un complément du Discours sur la Montagne. C’est-à-dire
que selon le Poème de l’Homme-Dieu,
le Discours sur la Montagne
insiste spécialement sur les devoirs des fils envers le Père dans le Nouveau
Royaume, le Discours aux Disciples insiste plutôt sur les devoirs des frères
envers leurs frères.
L’un
et l’autre discours font sentir profondément et doucement que le Royaume des
Cieux est une famille, la famille de Dieu.
Vivre
dans cette famille, dans cette maison, en tant que fils, aimer et être aimé,
parce que fils, voilà la sublime vocation du chrétien, de celui qui par la
foi en Jésus est né de Dieu.
Quotquot autem receperunt eum, dedit eis potestatem
filios Dei fieri... ex
Deo nati sunt! (Jn 1, 12-13)
Macao,
le 16 janvier 1970
En
citant et en argumentant sur les Écritures, Jésus, dans le Poème de l’Homme-Dieu, s’adapte à la
version italienne, même quand celle-ci diverge de l’originale. Il doit y
avoir une raison à cela. Je pense qu’il s’agit de la suivante. Les
divergences tournent toujours autour de points secondaires, pratiquement
aucune version n’est parfaitement fidèle à l’originale, mais nous avons
seulement de nombreuses versions approuvées par la Ste mère Église et donc il
cite et argumente en se servant de la version (celle du P. Tintori) approuvée par elle et que Maria Valtorta
employait. Si seulement les « docteurs difficiles » se servaient de
la Sainte
Écriture avec l’intention dont s’en servait M. Valtorta !
La
façon de faire de Jésus confirme encore une fois la grandeur de l’autorité de
l’Église. Ste Jeanne d’Arc disait qu’entre le Seigneur et l’Église il n’y a
pas de différence… Que dire des contestateurs d’aujourd’hui ?
10
mars 1970
Dans
le Nouveau testament on trouve de brefs aperçus de l’apostolat de Jésus en
Samarie, mais ces passages contiennent tant de choses qui sont révélés à
pleine mesure dans le Poème de
l’Homme-Dieu. Il me semble, par conséquent, évident le succès de l’Évangélisation
de la Samarie
dont on parle dans les Actes des Apôtres ; au moins dis-je ceci, que le Poème me la rend plus naturelle et
comme un évènement attendu, étant donné le ministère de Jésus, sa
miséricorde, ses miracles auprès de ces pauvres « frères séparés ».
J’ajoute
que les plus belles paraboles – celles de l’évangile exceptées – parmi les
« ajouts », sont celles que le Seigneur prononce en Samarie.
La
réaction des Samaritains au message du Seigneur en général fut plus sincère
que celles des juifs, lesquels par l’envie et la rancœur de ceux de leur
temps, se refusèrent à accueillir le Sauveur promis et attendu.
18
juin 1970 – St. Ephrem
Dans
le Poème de l’Homme-Dieu il y a
trois figures de voyants – pour le moment je n’en vois pas d’autre – sur la
bouche desquels le Seigneur met sa parole, qui est une explication de la
vraie mission du messie et du vrai caractère de son Royaume.
La
première fois, c’est Saul de Keriot, mort sur la
poitrine de Jésus ; la deuxième, c’est le Samaritain lépreux, guéri avec
les neuf autres, la troisième est Sabéa de Betléchi.
Le
discours de Sabéa est plus long, plus complet, plus
ardent.
À ces
voyants authentiques, qui rapportent les paroles de Dieu, s’opposent les
discours de certains ensatanisés, pleins de
rancœur, de blasphèmes, d’envie… ainsi par exemple celui de Judas Iscariote
quand il fut surpris à voler dans les coffres-forts
de Jeanne de Chouza, et d’autres d’Elchias, de Caïphe, de Doras… La lutte entre les ténèbres
et la lumière : le témoignage donné à la lumière et le témoignage donné
aux ténèbres.
Depuis
que j’ai lu et relu le Poème de
l’Homme-Dieu de M. Valtorta je n’ai plus le goût des romans biblico-évangéliques.
Néanmoins entre hier et aujourd’hui j’ai lu The Centurion de L. Witbuley, une nouvelle, qui peut-être m’aurait passionné
avant de connaître le Poème de M.
Valtorta, mais qui maintenant m’a seulement intéressé par son style concis,
pur, et pour la bonne connaissance que l’auteur possède des coutumes
palestiniennes au temps de Jésus.
De nombreuses
« conjectures » de la trame de ce roman ne me plaisent pas,
spécialement la présentation de Judas et la description de sa trahison. Mais
étant convaincu que M. Valtorta «a vu », d’une façon que je ne réussis
pas encore à m’expliquer complètement, tandis que Willebury,
de même que Lloyd Douglas, ou L. De Wohl, et
d’autres… ont seulement repensé en artistes, plus ou moins grands, les pages
de l’évangile, il ne m’est pas permis d’être aussi exigeant.
Personne ne demande aux
apocryphes ce que seuls les Évangiles peuvent donner.
L’Autobiographie de M. Valtorta se détache des œuvres similaires,
même celles écrites par des saints. Elle est puissante et originale au point
de me faire souvent penser à celle de B. Cellini quant au style, robuste,
vivace, spontané.
C’est en outre un livre
dramatique, parce que le drame se tient dans la nature des choses et des
faits : Le drame naît, dirais-je, dans le caractère de sa mère, qui
malheureusement n’avait rien ou presque du cœur d’une épouse et d’une mère.
La description est tellement vivace de cette femme égoïste se grave dans le
lecteur et lui fait lire avec peine les pages de sa fille, de cette fille qui
devint « voix » de Jésus et qui écrivit le Poème de l’Homme-Dieu. Quelle différence de caractère entre la
mère et la fille ! Et quel héroïsme en Maria ! Quelle épreuve,
quelles croix, quel martyre du cœur !
La famille Valtorta est à
l’opposé de celle de St François. Dans cette dernière, le père Pietro di Bernardone ne comprit pas son fils, qui au contraire fut
toujours compris par sa mère, la suave Pica ; dans la famille Valtorta
au contraire, le père aime et comprend sa fille, que la mère par contre ne
comprend pas du tout et fait toujours souffrir.
Le cœur de cette femme est
encore plus sombre que celui du Prince, père de la moniale de Monza, et on
reste très amer en lisant ces pages parce qu’elles ont été écrites,
naturellement par obéissance, par la fille.
Style vigoureux et très
vivace, foisonnant et coloré, qui peut-être dépasse celui du Poème de l’Homme-Dieu. Des pages
riches de pensées et de profondeurs psychologiques, qui nous aident à
comprendre la physionomie spirituelle de la porte-parole de Jésus :
Maria Valtorta.
Dans les journaux du Père Allegra, on a aussi trouvé la note sur l’article publié
en 1961 dans La Civiltà Cattolica, que nous
avons reportée dans le chapitre précédent. Elle est écrite au jour le jour,
sous les dates des 27 et 28 janvier et des 5, 6, 7, 8 et 9 février 1970.
Critique de l'œuvre de Maria Valtorta
Un rapport complet
En juin 1970, profitant d’un alitement à l’hôpital de Macao, le
Père Allegra rédige un rapport sur l’Œuvre de Maria
Valtorta dans l’intention de l’illustrer pour d’éventuels traducteurs. Nous
la rapportons en omettant la première partie, dans laquelle il reconstruit
sommairement l’histoire de l’Œuvre en la basant sur des informations
approximatives.
Le Poème contient, ou plutôt est une série de visions, auxquelles
l’Auteure assiste, comme si elle en était contemporaine, et partant, elle
voit et entend ce qui concerne la vie de Jésus à commencer par la naissance
de la Très Sainte
Marie, advenue par grâce céleste dans la vieillesse de Anne et Joachim,
jusqu’à la Résurrection
et l’Ascension du Seigneur, ou plutôt jusqu’à l’Assomption de la Bienheureuse
Vierge au Ciel.
La voyante-entendante commence d’habitude par
décrire le lieu de la scène qu’elle contemple, elle rapporte le bavardage de
la foule et des disciples et puis, selon ce qu’elle voit et entend, elle
décrit les miracles, rapporte les discours du Seigneur, ou bien les dialogues
de ceux qui sont présents avec Lui, ou avec les disciples, ou entre eux. La réévocation de la vie de Jésus, des temps et de
l’environnement, dans ses divers aspects : physique, politique, social,
familial, est faite sans aucun effort, l’Auteure rapporte ce qu’elle a vu et
entendu ; son style ne respire pas l’érudition, que l’on remarque même
dans les plus célèbres vies de Jésus ; c’est le compte-rendu d’une témoin oculaire et auditive.
Si Marie de Magdala ou Jeanne de Chouza, durant
leur vie, avaient pu voir ce que vit Maria Valtorta et l’avaient écrit, je
crois que leur témoignage ne diffèrerait pas beaucoup de celui du Poème.
M. Valtorta observait avec tant d’intensité le lieu et les personnages de ses
visions que quiconque a été pour des raisons d’étude en Terre Sainte et a lu
à plusieurs reprises les Évangiles ne fait pas d’effort excessif pour reconstruire
la scène.
Qu’un romancier et un dramaturge de génie créent des caractères inoubliables,
on le savait ; mais des si nombreux romanciers ou dramaturges qui se
sont approchés de l’Évangile pour l’utiliser dans leurs créations, je ne
connais personne qui en ait tiré tant de richesse et qui ait esquissé avec
tant de force ou tant de suavité – je ne parle pas pour l’instant de Jésus ni
de la Vierge Marie
– les figures de Pierre, de Jean, de Marie Madeleine, de Lazare, de Judas,
spécialement de Judas et de sa tragique mère, Marie de Simon, et de tant et
tant d’autres, comme le fait avec cet immense naturel et sans le moindre
effort M. Valtorta. Je pense que de nombreux lecteurs du Poème se sont bien souvent interrompus pour réfléchir et, comme
M. Vinivio alors qu’il écoutait la réévocation de la Passion du Seigneur faite par St Pierre à l’Ostrianum, ont dit : celle-ci a vu.
Les discours
La chose la plus impressionnante, au moins pour moi, ce sont les
discours du Seigneur. Naturellement il y a tous ceux qu’on trouve dans les
Saints Évangiles, mais développés, de même que sont aussi développés de
nombreux thèmes qui dans l’Évangile sont à peine esquissés ou évoqués. En
outre de nombreux autres discours sont rapportés, desquels rien n’est dit
dans l’Évangile, mais que les circonstances ont conduit Jésus à prononcer.
Ceux-ci aussi sont construits comme les premiers ; c’est le même
Seigneur qui parle, soit qu’il adopte le style parabolique – le Poème contient une quarantaine de
paraboles « supplémentaires » - soit celui exhortatoire ou
prophétique, soit enfin celui empreint de sagesse tel qu’il était en usage
chez les rabbins de l’époque du Nouveau Testament.
Par conséquent, outre les grands discours des évangiles, comme celui sur la
montagne, celui de la mission des Apôtres, celui eschatologique, ceux de la
dernière semaine ou ceux de la dernière Cène, dans le Poème, il y en a encore beaucoup d’autres qui expliquent le
Décalogue, les œuvres de miséricorde corporelle et spirituelle, ou ceux qui
constituent des instructions spéciales aux disciples, hommes et femmes, à des
personnes seules, à des auditeurs mêlés entre juifs et gentils… et enfin les
discours sur le Royaume de Dieu ou plus clairement sur l’Église, ceux avant la Passion tenus comme un
colloque avec son frère-cousin Jacques sur le Carmel, et ceux après la Résurrection
développés en parlant aux Apôtres et aux disciples sur le Tabor et sur un
autre mont de la Galilée,
dont le thème est indiqué chez St Luc avec la simple phrase : loquens de regno Dei (parlant du Royaume de Dieu).
En en considérant sommairement
la matière, on trouve en eux toute la
Foi, la Vie,
l’Espérance chrétienne. Le ton et le style ne se démentent jamais, c’est
toujours le même : lucide, fort, prophétique, parfois plein de majesté,
parfois débordant de tendresse. Je donne quelques exemples. Tout le monde
sait le souci des plus grands exégètes pour replacer et expliquer selon le
contexte de vie le colloque avec Nicodème, le discours sur le Pain de vie,
les discours théologico-polémiques prononcés à
Jérusalem : tant d’efforts et tellement variés ! Dans le Poème leur concaténation est
spontanée, naturelle, come si elle coulait
logiquement des circonstances.
Les faits
Ce que l’on dit des discours, vaut pour les miracles. Dans le Poème, ils sont nombreux, que
l’Évangile désigne par les phrases : et
il guérissait tout le monde (Matthieu 8,16)… comme il y a aussi des évènements auxquels ni les exégètes ni
les romanciers ni les apocryphes n’ont pensé. Par exemple, l’évangélisation
de la Judée,
esquissée par St Jean (Jean
3,22) au début du ministère de Jésus, l’apostolat miséricordieux du
Seigneur en faveur des Samaritains, des pauvres, des paysans de Doras et de Giocana, des habitants du quartier de l’Ofel, les voyages continuels de l’infatigable Maître à
travers le territoire des douze antiques tribus, et la conjuration ourdie,
par certains de bonne foi et beaucoup de mauvaise foi, pour le proclamer roi,
pour le détruire plus facilement par la main romaine, conjuration que Jean (Jean 6,14-15)
évoque aussi sobrement.
Et comment oublier l’héroïque fidélité des douze bergers bethléemites,
et le double emprisonnement de Jean Baptiste et les convertis du converti
Zachée, et ces personnes que Jésus a aussi sauvées matériellement, comme Sintica, Aurea Galla, Benjamin
d’Enon, et les dernières voix prophétiques du Peuple élu : Sabéa de Betléchi, le
samaritain lépreux guéri, Saul de Keriot ; et
les relations de Jésus avec Gamaliel, avec quelques membres du Sanhédrin,
avec un groupe de femmes païennes qui gravitent autour de Claudia Procula, la femme de Pilate ; et l’histoire et la
figure de Marie Madeleine, de l’enfant Margziam, de
chacun des Apôtres dont le caractère s’imprime de manière indélébile dans le
cœur du lecteur attentif, spécialement le caractère de Pierre, Jean et Judas
et de sa pieuse et malheureuse mère ?
Le monde palestinien
Et combien n’apprend-on pas sur la situation politique, religieuse,
économique, sociale, familiale de la Palestine au premier siècle de notre ère, même
par les discours les plus humbles, ou plutôt spécialement par ceux-là, que
l’Auteure, voyante et auditrice, rapporte ! Je dirais que dans cette
œuvre le monde palestinien du temps de Jésus ressuscite devant nos
yeux ; et les meilleurs éléments comme les pires du caractère du peuple
élu – le peuple des extrêmes et qui se dérobe à toute médiocrité – nous
sautent vivement aux yeux.
La révélation privée
Le Poème se présente à
nous comme l’achèvement des quatre Évangiles et une longue explication de
ceux-ci ; l’Auteure est l’illustratrice des scènes évangéliques. L’explication
et l’achèvement sont justifiés en partie par les paroles de St Jean :
Jésus a fait sous les yeux de ses disciples encore beaucoup d'autres signes,
qui ne sont pas écrits dans ce livre. (Jean 20,30) ; et : Il y a
encore bien d'autres choses qu'a faites Jésus. Si on les mettait par écrit
une à une, je pense que le monde lui-même ne suffirait pas à contenir les
livres qu'on en écrirait. (Jean 21,25).
Achèvement et explication, je le répète, justifiés seulement en partie ou en principe,
étant donné que du point de vue historico-théologique la révélation s’est
terminée avec les Apôtres et tout ce que l’on ajoute au dépôt révélé, même
s’il ne le contredit pas, mais le complète avec bonheur, pourra au maximum
être le fruit d’un charisme particulier, individuel, qui oblige à la foi
celui qui le reçoit et ceux qui croient qu’il s’agit d’un vrai charisme parmi
les plus vrais charismes, qui dans notre cas seraient ceux de la révélation,
de la vision, du discours de la sagesse et du discours de la science (cf 1 Corinthiens 12,8 ; 2 Corinthiens 12,1…).
En somme l’Église n’a pas besoin de cette œuvre pour accomplir sa mission
salvatrice jusqu’à la seconde venue du Seigneur, comme elle n’avait pas
besoin des apparitions de la
Madone à La
Salette, à Lourdes, à Fatima…
Sinon que l’Église peut tacitement ou publiquement reconnaître que certaines
révélations privées peuvent servir à la connaissance et à la pratique de
l’Évangile et à l’intelligence de ses mystères, et donc approuver à la forme
négative, c’est-à-dire en déclarant que les révélations en paroles ne sont
pas contraires à la foi, et peut officiellement les ignorer, laissant à ses
enfants pleine liberté de se former leur propre opinion… C’est à la forme
négative qu’ont été approuvées les révélations de Ste Brigitte, de Ste
Mathilde, de Ste Gertrude, de la Vénérable
Maria de Ágreda, de St Jean Bosco et de nombreux autres
saints et saintes.
Comparaison avec d'autres œuvres
Qui se met à lire avec un cœur honnête et avec application peut
bien voir l’immense distance qui existe entre le Poème et les Apocryphes du
Nouveau Testament, spécialement les Apocryphes
de l’enfance et ceux de
l’Assomption, et peut aussi remarque la distance qu’il y a entre cette
œuvre et les Révélations de la Vénérable
Emmerich, De Ágreda etc. Dans les écrits de ces deux
visionnaires, il est impossible de ne pas sentir l’influence de tierces
personnes, influence, en revanche, qu’il me semble devoir absolument exclure
de notre Poème. Pour nous en
convaincre il suffit de faire la comparaison entre la vaste et sûre doctrine
théologique, biblique, géographique, historique, topographique… qui
s’épaissit dans chaque page du Poème
et la même matière ou les mêmes matières dans les œuvres susmentionnées. Et
je ne parle pas d’œuvres littéraires, vu qu’il n’y en a aucune, du moins à ma
connaissance, qui couvre toute la vie de Jésus, commençant par la naissance
jusqu’à l’Assomption de la Madone. Mais
même si nous nous limitons à l’intrigue des plus célèbres, comme : Ben Hur , La Tunique , Simon le pêcheur, Le Calice d’argent , La Lance … cela ne peut absolument pas
soutenir la comparaison avec l’intrigue naturelle, spontanée, jaillissant du
contexte des évènements et du caractère de tant de personnes – une vraie
foule ! – qui
forme la charpente puissante du Poème.
Je répète : c’est un monde qui ressuscite et l’Auteure le maîtrise comme
si elle possédait le génie de Shakespeare ou de Manzoni . Mais
les œuvres de ces deux grands, combien d’études n’ont-elles pas exigées ?
Combien de veilles, combien de méditations ! Maria Valtorta par contre,
tout en possédant une intelligence brillante, une mémoire tenace et prompte,
ne termina jamais les études moyennes supérieures, elle fut pendant des
années et des années affligée de diverses maladies et confinée au lit, elle
avait peu de livres, qui tenaient tous sur deux rayons de son étagère, elle
ne lut aucun des grands commentaires de la Bible, qui auraient pu justifier ou expliquer
sa surprenante culture scripturale, mais elle se servait de la version
populaire de la Bible
du R. Tintori ofm ;
et pourtant elle écrivit les dix volumes du Poème de 1943 à 1947, en quatre ans !
Détails saisissants
Tout le monde sait combien de recherches les érudits, spécialement hébreux,
ont faites pour dessiner les différentes cartes de la géographie politique du
temps des Maccabées jusqu’à l’insurrection de Bar Kokhba :
ils ont dû consulter pendant plus de vingt ans une somme de documents :
le Talmud, Flavius Josèphe, l’épigraphie, le folklore, les itinéraires
antiques… et pourtant l’identification de nombreuses localités demeure encore
incertaine : dans le Poème,
par contre, quel que puisse être le jugement porté sur son origine, il n’y a
aucune incertitude (dans au moins quatre cas sur cinq, les études récentes
donnent raison aux identifications supposées chez M. Valtorta, et je pense
que le nombre croitrait si quelque spécialiste voulait étudier cette question
à fond). L’Auteure voit la bifurcation des routes, les pierres militaires qui
en indiquent la direction, les diverses cultures agricoles selon les diverses
qualités du terrain, les si nombreux ponts romains jetés sur divers fleuves
ou torrents, les sources vives pendant certaines saisons, et desséchées à
d’autres, elle note la différence de la prononciation entre les divers
habitants des diverses régions de la Palestine et une quantité d’autres choses qui
rendent le lecteur perplexe, ou du moins pensif.
Une série de visions, dans
lesquelles le mystère de la naissance de Jésus, de son agonie, de sa passion
et de sa résurrection, est décrit avec des mots et des images célestes, avec
une élocution angélique, tandis que d’autre part tant de lumière se projette
sur le mystère de Judas, sur la tentative de proclamer Jésus roi, sur les
deux frères-cousins qui ne croyaient pas en Lui, sur l’impression suscitée
par Lui chez les Gentils, sur son amour pour les lépreux, les pauvres, les
vieux, les enfants, les Samaritains et spécialement sur son amour si ardent,
suave et délicat pour sa Mère Immaculée.
Et qui, du point de vue non
seulement humain, mais spécialement théologique, peut rester indifférent en
lisant les deux chapitres sur la désolation de la Très Sainte Mère après la
tragédie du Calvaire, qui nous révèlent comment la Corédemptrice
a été tentée par Satan comme avait été tenté son Fils Rédempteur ? Que
l’on compare la sublime théologie de ces deux
chapitres avec celle de tant de Planctus de la Mère Douloureuse.
Harmonie
historique et doctrinale
Aujourd’hui sur l’historicité
de l’Évangile de l’Enfance et sur les récits de la Résurrection les
exégètes, même catholiques, prennent les plus étranges et audacieuses
libertés, comme si avec la « Formgeschichte »
et avec la « Redaktionsgeschichte Methode » on avait trouvé la panacée pour toutes les
difficultés, qui ne furent pas ignorées des Pères de l’Église.
Vraiment, pour parler seulement des quelques récents exégètes, Fouard , Sepp
,
Fillion ,
Lagrange , Ricciotti … sur
ces points difficiles ils ont dit leur parole équilibrée et lumineuse, mais
aujourd’hui les maîtres sont autres, et même les nôtres les suivent avec une
telle confiance.
Eh bien, pour revenir à nous, j’invite les lecteurs du Poème à lire les pages consacrées à la résurrection, à la
reconstruction des évènements du jour de Pâques, et ils constateront comme
tout y est harmonieusement lié, ainsi que se sont efforcés de faire, mais
sans y réussir pleinement, tant d’exégètes qui suivaient la méthode critico-historico-théologique, lesquels ne troublaient
pas mais égayaient le cœur des fidèles et en renforçaient la foi !
Langage
Mais il y a une autre surprise : cette femme du vingtième siècle, qui
confinée dans son lit de douleur, est devenue l’heureuse contemporaine et
suivante de Christ, à l’exception de certains moments qu’elle a soigneusement
notés, c’est-à-dire lorsque les Apôtres priaient en hébreu ou en araméen,
elle entend parler en italien, mais dans un italien araméisant.
En outre, le Seigneur, la
Madone, les Apôtres, même quand ils discutent de thèmes
traités dans le Nouveau Testament, ont utilisé le langage théologique
d’aujourd’hui, c’est-à-dire le langage commencé par le grand théologien St
Paul et qui s’est enrichi à travers tant de siècles de réflexion et de
méditation et devenu précis, clair, irremplaçable.
Il y a donc dans le Poème une transposition, une
traduction de la bonne nouvelle annoncée par Jésus dans la langue de l’Église
d’aujourd’hui, transposition voulue par Lui, étant donné que la voyante était
privée de toute formation théologique technique : et cela, je pense,
pour nous faire comprendre que le message évangélique annoncé aujourd’hui,
par son Église d’aujourd’hui, avec la langue d’aujourd’hui, est
substantiellement identique à sa prédication d’il y a vingt siècles.
Le phénomène Valtorta
Un livre de grande valeur, composé dans des circonstances
exceptionnelles et relativement bref : voilà un aspect du
phénomène valtortien.
L’Auteure confesse de façon répétée qu’elle est seulement une porte-parole,
un phonographe, quelqu’un qui écrit ce qu’elle voit et entend tandis qu’elle
est « crucifiée au lit ». Donc, d’après elle, le Poème n’est pas le sien, il ne lui
appartient pas ; il lui a été révélé, montré, elle-même n’a rien fait
d’autre que décrire ce qu’elle a vu, rapporter ce qu’elle a entendu, tout en
participant de tout son cœur de femme et de dévote chrétienne aux visions. De
cette intime participation naît l’antipathie qu’elle ressent pour Judas, et
au contraire l’affection intense qu’elle ressent pour Jean, pour la Madeleine, pour Sintica… et je ne parle pas du Seigneur Jésus ou de la Très Sainte Madone, envers
lesquels parfois elle répand son cœur et son amour avec des mots d’un lyrisme
passionné, digne des plus grandes mystiques de l’Église. Dans les dialogues
et les discours qui forment l’ossature de l’œuvre il y a, à côté d’une
inimitable spontanéité (dialogues), quelque chose d’antique et parfois de hiératique (discours), on sent en somme
l’excellentissime traduction d’un parler araméen, ou hébraïque, en un italien
vigoureux. polymorphe, robuste. Il faut encore remarquer que dans la
structure de ces discours Jésus, ou bien se meut dans le sillage des grands
Prophètes, ou bien s’accorde à la méthode des grands rabbins qui expliquaient
l’Ancien Testament en l’appliquant aux circonstances contemporaines ; qu’on
se rappelle le Pesher
de Habacuc trouvé à Qumran, et qu’on le confronte, au-delà des mots, à celui
que nous donne Jésus.
Que l’on compare aussi d’autres explications que le Seigneur donne d’autres
passages de l’Ancien Testament, et pour lesquels nous possédons tout ou
partie des commentaires des Rabbins du IIIème ou IVème siècle ap. JC, mais qui évidemment suivent un style traditionnel
de composition beaucoup plus antique et probablement contemporain à Jésus, et
l’on constatera, à côté d’une ressemblance extérieure de forme, une telle
supériorité quant au fond, à la substance, que nous comprenons enfin
pleinement pourquoi la foule disait : personne n’a parlé comme cet homme.
Un cadeau du Seigneur
J’estime que l’Œuvre exige une origine surnaturelle, je pense
qu’elle est le produit d’un ou plusieurs charismes, et qu’elle doit être
étudiée à la lumière de la doctrine des charismes, tout en utilisant les
contributions des récentes études de psychologie et de sciences amniques , qui
ne pouvaient certes pas être connues par les anciens théologiens, comme
Torquemada , Lanspergius , Scaramelli , etc.
C’est le propre des charismes d’êtres prodigués par l’Esprit de Jésus pour le
bien de l’Église, pour l’édification du Corps du Christ, et je ne vois pas
comment on peut raisonnablement nier que le Poème édifie et délecte les enfants de l’Église. Nul doute que la charité est la voie la plus excellente (1 Corinthiens 13,1), il
est aussi bien établi que quelques charismes, qui abondaient dans l’Église
primitive, se sont par la suite raréfiés, mais il est également certain que
ceux-ci ne se sont jamais totalement éteints.
L’Église à travers les siècles doit par conséquent continuer à sonder si
ceux-ci proviennent de l’Esprit de Jésus ou bien sont un camouflage de
l’esprit des ténèbres, travesti en ange de lumière : probate spiritus si ex Deo sint !
(éprouvez les esprits pour voir s’ils viennent de Dieu (1 Jean 4,1).
Maintenant, sans anticiper le jugement de l’Église, que dès le moment présent
j’accepte avec soumission totale, je me permets d’affirmer que, le principal
critère de discernement des esprits étant la parole du Seigneur : ex fructibus eorum cognoscetis… (c’est à
leurs fruits que vous les reconnaîtrez (Matthieu 3,20)), et
le Poème produisant de bons fruits
chez un nombre toujours croissant de lecteurs, je pense qu’il vient de
l’Esprit de Jésus.
L’évangile tel qu’il m’a été révélé contient,
ou plus exactement, est une série de visions dont fut témoin l'Auteur
(Valtorta), comme si elle en avait été contemporaine.
Elle voit et entend donc ce qui concerne la vie de Jésus à partir de la
naissance de la Très Sainte Marie, ce qui eut lieu par une grâce divine dans
un âge avancé d’Anne et Joachim, jusqu'à la Résurrection et l'Ascension du Seigneur, ou mieux,
jusqu'à l'Assomption au
Ciel de la Vierge Bénie.
En témoin auditif, elle commence par la description de la localisation de la
scène qu'elle contemple, elle rapporte
les conversations des foules et des disciples puis, en fonction de ce
qu'elle voit ou entend, elle décrit les miracles, relate les discours du
Seigneur, ou les dialogues de ceux qui sont présents avec Lui ou avec les
disciples, ou les dialogues entre eux. Cette ré-évocation de la vie de Jésus,
de son temps et de son entourage, dans ses divers aspects physiques,
politiques, sociaux, familiaux, est effectuée sans effort. L'Auteur rapporte
ce qu'elle a vu ou entendu. Son style ne retentit pas de l'érudition qu'on
remarque dans les plus célèbres vies de Jésus. C'est plutôt le rapport d'un
témoin oculaire et auditif.
Si Marie Madeleine ou Jeanne de Chouza
avaient pu, durant leur vie, voir ce que Maria Valtorta voit, et si elles
l'avaient écrit, je pense que leur témoignage ne serait guère différent de
celui de L’évangile tel qu’il m’a été révélé.
Maria Valtorta observait avec une telle précision les lieux et les
personnages de ses visions que quiconque s'est déplacé en Terre Sainte pour
des études et s'est imprégné continuellement des Évangiles n'a besoin d'aucun
effort excessif pour reconstruire la scène. Qu'un romancier ou un auteur de
génie puisse créer des personnages inoubliables est un fait connu, mais, des
nombreux romanciers ou auteurs qui ont approché l’Évangile pour l'utiliser
dans leur création, je n'en connais aucun qui en ait tiré une telle richesse
et en ait tracé avec une telle force et de façon si plaisante les figures de Pierre, de Jean, de Marie Madeleine, de Lazare, de Judas –
spécialement de Judas et de sa tragique et pitoyable mère, Marie de Simon - et de tant et tant
d'autres (et je ne parle pas maintenant de Jésus et de Marie), comme le fait
Maria Valtorta le plus naturellement et sans le moindre effort.
Les discours
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Ce qui est le plus impressionnant, du moins pour moi, ce sont
les discours du Seigneur. Bien évidemment ce sont tous ceux qui sont dans les
saints Évangiles, mais développés, de même que sont développés bon nombre de
thèmes qui dans les Évangiles sont à peine esquissés ou évoqués. Il y a en
outre, beaucoup d'autres discours relatés, qui ne sont pas dans les Évangiles
mais que les circonstances conduisent Jésus à prononcer.
Ceux-là aussi sont bâtis comme les précédents (ceux trouvés dans les
Évangiles). C'est le même Seigneur qui parle, soit qu'Il adopte le style de
la parabole - L’évangile tel qu’il m’a
été révélé comporte quelque 40 paraboles, soit le style
d'exhortation, ou le style prophétique, ou finalement lorsqu'Il utilise le
style sapientiel en usage parmi les rabbins à son époque du Nouveau Testament.
Donc, à côté des grands discours des Évangiles (comme celui sur la
Montagne, celui de l'envoi en Mission, le discours eschatologique, ceux
de la dernière Semaine et de la dernière Cène), il y en a dans L’évangile
tel qu’il m’a été révélé… des autres, c'est-à-dire ceux qui expliquent le
Décalogue, les œuvres corporelles et spirituelles de pitié, ou ceux qui
constituent des instructions spécifiques pour les hommes et les femmes
disciples, aux personnes en particulier, et aux auditeurs juifs ou gentils…
Finalement il y a les discours sur le Royaume de Dieu ou plus clairement sur
l’Église, prononcée avant la Passion (comme le colloque entre le Seigneur et
son frère/cousin Jacques, sur le Carmel), et ceux qui sont ensuite développés
après la Résurrection, alors que le Seigneur parle aux Apôtres et aux
disciples sur le Tabor, et sur un autre mont de Galilée, dont le thème est
indiqué dans St Luc par la simple phrase "parlant du Royaume de Dieu" .
Considérant le contenu traité dans ces discours, on y trouve tout le contenu
de la Foi, la Vie, et l'Espérance chrétiennes. Le ton et le style ne se démentent
jamais, et restent toujours le même, clair, fort, prophétique, parfois plein
de majesté, parfois débordant de tendresse. J'en fournirai quelques exemples.
Nous connaissons l'effort des plus grands exégètes pour situer et expliquer
dans leur contexte par exemple le colloque avec Nicodème, le discours sur le
Pain de Vie, ou les discours de polémique théologique prononcés à Jérusalem :
combien d'efforts réalisés, et combien variés ! Dans L’évangile tel qu’il
m’a été révélé leur connexion est spontanée, naturelle, comme découlant
logiquement des circonstances.
Les faits
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Ce qui est dit des discours est valide pour les miracles. Dans L’évangile
tel qu’il m’a été révélé il y en a tant, que l’Évangile regroupe en une
phrase : et Il les soignait et les guérissait tous (Matthieu 8,16). Il y a aussi quelques
faits auxquels ni les exégètes, ni les romanciers, ni les apocryphes
n'avaient songé. Par exemple, l'évangélisation de la Judée dont il est fait
allusion en St Jean (Jean
3,22) au début du ministère de Jésus ; l'apostolat miséricordieux
du Seigneur en faveur des Samaritains, des pauvres, des paysans de Doras ou
de Giocana, des habitants du pauvre quartier d'Ophel, des voyages continuels du Maître à travers tout le
territoire des douze anciennes tribus, et le complot ourdi par les uns de
bonne foi, et par beaucoup de mauvaise foi pour Le proclamer Roi, et ainsi Le
détruire plus facilement par les mains romaines - un plan auquel Jean (6,14-15) fait très sobrement
allusion.
Et comment oublier l'héroïque fidélité des douze bergers de Bethléem et le
double emprisonnement du Baptiste ? Et ceux convertis par le converti Zachée, et
ceux que Jésus sauva matériellement, comme Sintica, Aurea Galla,
Benjamin de Aenon ?
Ou encore les dernières voix prophétiques du peuple élu : Sabéa de Betlechi, le
lépreux samaritain guéri, Saul de Kerioth ? Ou comment oublier les
relations de Jésus avec Gamaliel, avec
quelques membres du Sanhédrin, avec un groupe de femmes païennes gravitant
autour de Claudia Procula, la femme de Ponce Pilate ?
Ou l'histoire et la figure de Marie Madeleine, ou du jeune Marziam ?, ou celle de chaque
Apôtre, dont le caractère personnel s'imprime de façon indélébile dans le
cœur du lecteur attentif : tout spécialement ceux de Jean, Pierre et Judas et
de sa pieuse et malheureuse mère ?
Le monde palestinien
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Et combien n'en avons-nous appris de la politique, la religion,
l'économie, la vie sociale et familiale de la Palestine au Ier
siècle de notre ère, même à partir des discours des plus humbles -et surtout
d'eux, - que rapporte Maria Valtorta, témoin oculaire et auditif !
On peut dire que dans cette œuvre le monde palestinien du temps de Jésus
revient vivre devant nos yeux, tandis que le meilleur et le pire du caractère
du peuple élu – le peuple des excès et méprisant toute médiocrité - jaillit
vivant devant nous.
La révélation privée
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L’évangile tel qu’il m’a été révélé nous
est présenté comme le complément des quatre Évangiles et une longue
explication d'eux ; Maria Valtorta illustre les scènes de l’Évangile :
explication et complément, justifiés en partie par les mots de St Jean:
"Il y a beaucoup d'autres prodiges que Jésus fit devant ses disciples,
qui ne figurent pas dans ce livre…" (Jean 20,30) et "Jésus fit beaucoup
d'autres choses qui, si elles devaient être écrites une à une, je pense que
le monde entier ne pourrait contenir les livres à écrire" (Jean 21,25).
Explication et complément, justifiés, je le répète, seulement en partie ou en
principe, étant donné que, du point de vue historico-théologique, la
Révélation a été close avec les Apôtres, et tout ce qui est ajouté au dépôt
révélé, même s'il ne le contredit pas mais le complète heureusement, pourra
au mieux être le fruit d'un charisme individuel qui impose de faire confiance
en celui qui le reçoit, comme aussi à ceux qui croient que c'est une question
de vrai charisme ou charismes – qui dans notre cas devrait être un charisme
de révélation, de vision, et de discours de sagesse et de discours de savoir
(1 Corinthiens 12,8 ; 2 Corinthiens 12,1…)
En bref, l’Église n'a pas besoin de cette œuvre pour dérouler sa mission
salvifique jusqu'à la seconde venue du Seigneur, de même qu'Elle n'avait pas
besoin des apparitions de la Madone à la Salette, à
Lourdes, à Fatima… Mais l’Église peut tacitement ou publiquement reconnaître
que certaines révélations privées peuvent être utiles pour la connaissance et
la pratique de l’Évangile et la compréhension de ses mystères, et aussi, Elle
peut les approuver dans une forme négative, c'est-à-dire en déclarant que les
révélations ne sont pas contraires dans leur libellé à la Foi. Ou Elle peut
les ignorer officiellement, laissant à ses fils pleine liberté de jugement.
C'est dans la forme négative que les révélations de Ste Brigitte, Ste
Mathilde, Ste Gertrude, de la vénérable Marie d'Agreda, de St Jean Bosco et
de tant d'autres saints ont été approuvées.
Comparaison avec d'autres œuvres
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Quiconque commence à lire L’évangile tel qu’il m’a été révélé
avec un esprit honnête et avec application peut voir par lui-même l'immense
distance qui existe entre l'ouvrage de Maria Valtorta et les Évangiles
Apocryphes ; spécialement l'Enfance apocryphe et l'Assomption apocryphe. Et
il peut aussi noter quelle distance il y a entre cet ouvrage et ceux des
vénérables Catherine Emmerich, Marie d'Agréda, etc.
Dans les écrits de ces deux dernières voyantes, il est impossible de ne pas
ressentir de tierces personnes, influence qui me semble tout au contraire
absolument exclue de L’évangile tel qu’il m’a été révélé.
Pour s'en convaincre, il suffit de faire une comparaison entre la vaste et
sûre doctrine - théologique, biblique, géographique, historique,
topographique - qui remplit chaque page de L’évangile tel qu’il m’a été révélé,
et les mêmes matériaux des ouvrages visionnaires mentionnés ci-dessus.
Je ne parle pas des ouvrages littéraires, car il n'y en a pas qui couvrent la
vie de Jésus de la Naissance jusqu'à l'Assomption de la Madone, ou du moins
je n'en connais aucun. Mais même si nous nous en tenons à la trame des plus
célèbres tels : Ben Hur , The
Robe , The
Great Fisherman, The Silver
Chalice , The Spear… ,
ceux-là ne pourraient supporter la comparaison avec le plan de montage
naturel et spontané vis à vis du contexte, des événements et des caractères
de tant de personnages - une véritable foule ! - qui
forme la structure puissante de L’évangile
tel qu’il m’a été révélé.
Je le répète, c'est un monde extrait de la vie, et Maria Valtorta le maîtrise
comme si elle possédait le génie d'un Shakespeare ou d'un Manzoni
.
Mais pour les œuvres de ces deux grands hommes, combien d'études, combien de
veilles, combien de réflexions furent nécessaires !
Au contraire, Maria Valtorta, même si elle possédait une intelligence
brillante, une mémoire prompte et solide, n'avait même pas terminé ses études
secondaires ; elle fut pendant des années et des années affligée de diverses
maladies et clouée au lit, avait peu de livres - la totalité tenant sur deux
étagères de son armoire - n'avait lu aucun des grands commentaires de la
Bible - ce qui aurait justifié ou expliqué son étonnante culture scripturaire
; elle utilisait une simple version populaire de la Bible. Et malgré tout
elle écrivit les 10 volumes de L’évangile tel qu’il m’a été révélé de 1943 à
1947, en 4 ans !
Détails saisissants
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Nous savons combien la masse de recherches que les érudits ont
effectuées, spécialement les chercheurs juifs, pour établir diverses cartes
de géographie politique de la Palestine, depuis le temps des Maccabées
jusqu'à l'insurrection de Bar Kokba.
Pendant plus de 20 années ils ont dû consulter un monceau de documents ; Le
Talmud, Flavius Josèphe, les inscriptions, les traditions, les anciennes
voies… Et encore, l'identification de bon nombre de localités demeure
incertaine.
Dans L’évangile tel qu’il m’a été révélé, quelque puisse être le jugement
porté sur son origine, il n'y a pas d'incertitude. Au moins 4 fois sur 5, des
études récentes confirment les identifications supposées dans l'ouvrage de
Maria Valtorta, et ce nombre grandirait, je le pense, si quelque spécialiste
acceptait d'étudier cette question à fond.
Par exemple Valtorta voit les embranchements de routes, les pierres
milliaires, la variété des cultures, en correspondance avec la nature du
terrain, tant de ponts Romains traversant les rivières ou les cours d'eau,
les sources alimentées en certaines saisons, et asséchées en d'autres.
Elle note les différences de prononciation entre divers habitants de
différentes régions de Palestine, et une masse d'autres choses qui rendent
perplexe le lecteur, ou au moins lui donne à réfléchir.
Il y a une série de visions dans lesquelles le mystère de la naissance de Jésus,
de son agonie, de sa passion et de sa résurrection sont décrites avec des
mots et des images célestes, avec une éloquence angélique, tandis que d'autre
part, une si grande lumière est projetée sur le mystère de Judas, sur la
tentative de proclamer Jésus roi, sur ses deux frères/cousins qui ne croient
pas en Lui, sur l'impression éveillée des gentils à son égard, sur son amour
pour les lépreux, les pauvres, les personnes âgées, les enfants, les
Samaritains, et tout spécialement sur son Amour si ardent et délicat, pour sa
Mère Immaculée.
Et non seulement du point de vue humain, mais spécialement de celui
théologique. Qui peut rester indifférent en lisant les deux chapitres de la
désolation de sa très sainte Mère après la tragédie du Calvaire, qui nous
révèle combien la Co-Rédemptrice a été tentée par Satan, et combien son Fils
Rédempteur a été tenté ?
La théologie sublime de ces deux chapitres peut être comparée à celle de tant
de lamentations de la Mère des Douleurs.
Harmonie historique et doctrinale
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De nos jours des exégètes, même catholiques, prennent les plus
étranges et audacieuses libertés en ce qui concerne l'historicité de
l’Évangile de l'Enfance et des narrations de la Résurrection, comme si avec
la "Forme Critique" ["Formgeschichte"]
et la Méthode de Rédaction Critique ["Redaktions
geschichte Methode"],
on trouve la panacée à toutes difficultés, difficultés qui ne furent pas
ignorées des Pères de l’Église.
En vérité, pour ne parler que de quelques uns des plus récents exégètes tels Fouard , Sepp
,
Fillion ,
Lagrange , Ricciotti … sur
ces points difficiles ils ont dit leurs paroles lumineuses et équilibrées.
Mais aujourd'hui, autres sont les maîtres que même les nôtres suivent avec
confiance…
Bien, pour en revenir à nous, j'invite les lecteurs de L’évangile tel qu’il
m’a été révélé à lire la page consacrée à la Résurrection, à la
reconstruction des événements du jour de Pâque, et ils constateront comme
tout y est harmonieusement relié, - ce que justement tant d'exégètes qui
suivent la méthode critique historico-théologique ont tenté de faire, mais
sans y parvenir complètement.
De telles pages ne dérangent pas, mais réjouissent le cœur du fidèle et
renforcent sa foi !
Langage
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Mais il y a une autre surprise : cette femme du XXe siècle qui,
bien que confinée sur son lit de peine, devint l'heureuse contemporaine et
disciple du Christ, entendit les Apôtres et Jésus parler en italien, mais
dans un italien "araméisant" - sauf à
certain moments qu'elle note soigneusement, c'est-à-dire quand Jésus ou les
Apôtres prient en Hébreux ou en araméen.
De plus, le Seigneur, la Madone, les Apôtres, même quand ils traitent de questions
relatives au Nouveau Testament, adoptent le langage théologique
d'aujourd'hui, qui est le langage initié par le premier grand théologien, St
Paul, et enrichi tout au long de tant de siècles de réflexions et de
méditations, et qui est alors devenu précis, clair et irremplaçable.
Il y a donc dans l'ouvrage de Maria Valtorta une transposition, une
traduction de la Bonne Nouvelle annoncée par Jésus dans le langage de
l’Église d'aujourd'hui, une transposition voulue par Lui, étant donné que la
voyante était privée de toute formation technique théologique. Et cela a pour
but, je pense, de nous faire comprendre que le message de l’Évangile annoncé
aujourd'hui par Son Eglise d'aujourd'hui, avec le langage d'aujourd'hui, est
substantiellement identique à celui de Son propre Enseignement d'il y a vingt
siècles.
Le phénomène Valtorta
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Un ouvrage imposant, composé dans des circonstances exceptionnelles,
et dans un temps relativement très bref ; voici un aspect du phénomène.
L'Auteur confesse sans cesse qu'elle est simplement un "portevoix",
un "phonographe", une qui écrit ce qu'elle voit et entend, tandis
qu'elle est "clouée au lit".
D'où, selon elle, L’évangile tel qu’il m’a été révélé n'est pas d'elle, ne
lui appartient pas, il lui est dévoilé, montré. Elle ne fait rien d'autre que
de décrire ce qu'elle a vu, de rapporter ce qu'elle a entendu, tout en
participant aux visions avec tout son cœur de femme et de chrétienne fidèle.
De sa participation intime est née l'aversion qu'elle ressent envers Judas,
et, à l'opposé, l'intense affection qu'elle éprouve pour Jean, pour la
Madeleine, pour Sintica…, et je ne parle même pas
du Seigneur Jésus ou de la très sainte Madone envers lesquels, par moments,
elle déverse son cœur et son amour en des termes de lyrisme passionné digne
des plus grands mystiques de l’Église.
Dans les dialogues et les discours, qui forment l'ossature de l'œuvre, il y
a, en plus de l'inimitable spontanéité (les dialogues) quelque chose
d'antique et parfois hiératique (les discours). En résumé, on y entend une
excellente traduction de la façon de parler hébraïque ou araméenne, dans un
italien vigoureux, multiforme et robuste.
Il faut à nouveau remarquer que dans la structure de ces discours, Jésus se
meut ou dans le sillage des grands Prophètes, ou s'adapte à la méthode des
grands rabbis qui expliquaient l'Ancien Testament en l'appliquant aux
circonstances contemporaines.
Permettez-nous de rappeler le "Pesher" (l'interprétation) d'Habacuc découverte à Qûmran et de la comparer, au-delà des mots, à celle que
Jésus nous donne .
Nous pouvons également comparer d'autres explications que le Seigneur nous
donne d'autres passages de l'Ancien Testament, et pour lesquels nous
possédons, en tout ou en partie, les commentaires des rabbis des IIIème ou
IVème siècle, mais qui évidemment suivent un style de composition beaucoup
plus ancien, et probablement contemporain de Jésus.
À côté d'une similitude de forme externe, nous percevrons une telle
supériorité de profondeur, de substance, que nous comprendrons finalement
pleinement pourquoi les foules disaient : "Personne n'a parlé comme cet
Homme".
Un cadeau du
Seigneur
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Je retiens que l'œuvre (de Maria Valtorta) requiert une origine
supra naturelle. Je pense que c'est le produit d'un ou plusieurs charismes et
qu'il devrait être étudié à la lumière de la doctrine des charismes, tout en
faisant usage aussi des contributions des récentes études de psychologie et
des sciences affines, qui certainement n'ont pas pu être connues par des
théologiens anciens tels Torquemada , Lanspergius , Scaramelli , etc.
C'est la caractéristique des charismes que d'être prodigués par l'Esprit de
Jésus pour le bien de l’Église, pour l'édification du Corps du Christ, et je
ne vois pas comment il peut être raisonnablement nié que L’évangile tel qu’il
m’a été révélé édifie et enchante les fils de l’Église.
Sans aucun doute la Charité est la voie par excellence (1 Corinthiens 13,1) ; il
est aussi bien connu que certains des charismes qui abondaient dans l’Église
primitive sont devenus plus rares ensuite. Mais il est tout aussi certain
qu'ils ne se sont jamais totalement éteints.
L’Église, au long des siècles, doit vérifier s'ils viennent de l'Esprit de
Jésus, ou s'ils sont une dissimulation de l'esprit des ténèbres prenant
l'allure d'un ange de lumière : "Éprouvez
les esprits pour voir s'ils sont de Dieu" (1 Jean 4,1)
Maintenant, sans anticiper le jugement de l’Église, que dès à présent
j'accepte avec une absolue soumission, je me permets d'affirmer qu'étant
donné que le principal critère de discernement des esprits est le mot du
Seigneur : "À leurs fruits vous
les reconnaîtrez…" (Matthieu 3,20), et L’évangile tel qu’il m’a été révélé
produisant de bons fruits dans un nombre toujours croissant de lecteurs, je
pense que cela vient de l'Esprit de Jésus.

Père
Gabriel Allegra Gabriele-M. (o.f.m.)
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