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Vision du jeudi 2
novembre 1944
102> Je vois la synagogue de Capharnaüm. Elle est déjà remplie d'une foule qui
attend. Des gens, sur le seuil, surveillent la place encore ensoleillée, bien que
l'on aille vers le soir. Finalement, un cri "Voici le Rabbi qui
vient."
103> Tous se retournent vers la sortie. Le moins grands
s'élèvent sur la pointe des pieds ou cherchent à se pousser en avant.
Quelques disputes, quelques bousculades malgré les reproches des employés de
la synagogue et des notables de la cité.
"La paix soit avec tous ceux qui cherchent la Vérité !" Jésus
est sur le seuil et salue en bénissant, les bras tendus en avant. La lumière
très vive qui vient de la place ensoleillée met en valeur sa grande stature,
nimbée de lumière. Il a quitté son habit blanc et il a pris ses vêtements
ordinaires, bleu foncé. Il s'avance travers la foule qui lui fait un passage
puis se resserre autour de Lui, comme l'eau autour d'un navire.
"Je suis malade, guéris-moi !" gémit un jeune homme qui me semble
phtisique d'après son aspect, et qui tient Jésus par son vêtement.
Jésus lui met la main sur la tête et lui dit : "Aie confiance, Dieu
t'écoutera, lâche-moi maintenant pour que je parle au peuple après je
viendrai vers toi."
Le jeune homme le lâche et reste tranquille.
"Qu'est-ce qu'il t'a dit ?" demande une femme qui porte un
bambin sur ses bras.
"Il m'a dit qu'après avoir parlé au peuple il viendra vers moi."
"Il te guérit, alors ?"
"Je ne sais pas. Il m'a dit : "Confiance". Moi,
j'espère."
"Qu'est-ce qu'il t'a dit ?"
"Qu'est-ce qu'il t'a dit ?"
La foule veut savoir. La réponse de Jésus circule parmi le peuple.
"Alors, je vais prendre mon petit."
"Et moi, j'amène ici mon vieux père."
"Oh! si Aggée voulait venir ! Je vais essayer
... mais il ne viendra pas."
Jésus a rejoint sa place. Il salue le chef de la synagogue qui le salue avec ses
acolytes. C'est un homme de petite taille, gras et vieillot. Pour lui parler,
Jésus s'incline. On dirait un palmier qui se penche vers un arbuste plus
large que haut.
"Que veux-tu que je te donne ?" demande le chef de la
synagogue.
"Ce que tu veux ou bien au hasard, l'Esprit te guidera."
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104> "Mais... seras-tu préparé ?"
"Je le suis. Prends au hasard. Je répète : l'Esprit du Seigneur
guidera le choix pour le bien de ce peuple."
Le chef de la synagogue étend la main sur le tas de rouleaux. Il en prend un,
l'ouvre et s'arrête à un point donné. "Voilà" dit-il.
Jésus prend le rouleau et lit à J'endroit indiqué : "Josué : "Lève- toi et sanctifie le peuple et
dis-leur: Sanctifiez-vous pour demain car voilà ce que dit le Dieu d'Israël :
L'anathème est au milieu de vous, ô Israël. Tu ne pourras pas tenir tête à
tes ennemis jusqu'à ce que soit enlevé du milieu de toi, celui qui s'est
contaminé avec tel délit." Il s'arrête, enroule le rouleau et le rend.
La foule est très attentive. Seul quelqu'un chuchote "Nous allons en
entendre de belles contre les ennemis !"
"C'est le Roi d'Israël, le Promis, qui rassemble son peuple !"
Jésus tend les bras dans son habituelle attitude oratoire. Le silence se
fait, complètement.
"Celui qui est venu vous sanctifier
s'est levé. Il est sorti du secret de la maison où il s'est préparé à cette
mission. Il s'est purifié pour vous donner l'exemple de la purification. Il a
pris position face aux puissants du Temple et au peuple de Dieu. Et
maintenant, Il est parmi vous. C'est Moi ! Non pas comme le pensent et
l'espèrent certains parmi vous qui ont l'esprit enténébré et le cœur troublé.
Plus grand et plus noble est le Royaume dont je suis le futur Roi et auquel
je vous appelle.
Je vous appelle, ô vous d'Israël, avant tout autre peuple, parce que vous
êtes ceux qui dans les pères de vos pères eurent la promesse de cette heure
et l'alliance avec le Seigneur Très-Haut. Mais ce ne sera pas avec des foules
armées, pas par la féroce effusion de sang que se formera ce Royaume. Ce ne sont pas les violents, ni les dominateurs, pas
les orgueilleux, les irascibles, les envieux, les luxurieux, les gens cupides
qui y entreront, mais les bons, les doux, les chastes, les miséricordieux,
les humbles, ceux qui aiment le prochain et Dieu, les patients.
Israël ! Ce n'est pas contre les ennemis du dehors que tu es appelé à
combattre, mais contre les ennemis du dedans, contre ceux qui se trouvent en
ton cœur, dans le cœur des dizaines et des dizaines de mille parmi tes fils.
Enlevez l'anathème du péché dans tous vos cœurs si vous voulez que demain le
Seigneur vous rassemble et vous dise : "Mon peuple, à
toi le Royaume qui ne sera plus vaincu, ni envahi, ni attaqué par les
ennemis".
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105> Demain. Quel
jour, ce demain ? Dans un an ou un
mois? Oh ! ne cherchez pas avec la soif malsaine de connaître l'avenir
par des moyens qui ont le goût de coupables sorcelleries. Laissez aux païens
l'esprit Python. Laissez au Dieu éternel le secret de Son temps. Vous, dès
demain, le demain qui surgira après cette heure du soir, celui-là qui viendra
de nuit, qui surgira avec le chant du coq, venez vous
purifier dans la vraie pénitence.
Repentez-vous de vos péchés pour être pardonnés et prêts pour le Royaume.
Enlevez-vous l'anathème du péché. Chacun a le sien
Chacun a celui qui est contraire aux dix commandements du salut éternel.
Examinez-vous, chacun avec sincérité et vous trouverez le point sur lequel
vous vous êtes trompés. Ayez-en humblement un repentir sincère. Veuillez vous repentir. Non en paroles. On ne se moque
pas de Dieu et on ne Le trompe pas. Mais repentez-vous avec la volonté
arrêtée de changer de vie, de revenir à la Loi du Seigneur. Le Royaume des
Cieux vous attend. Demain.
Demain ? demandez-vous ? Oh ! c'est toujours un prompt
lendemain, l'heure de Dieu, même quand il vient au terme d'une longue vie
comme celle des Patriarches. L'éternité n'a pas, pour mesurer le temps, le
lent écoulement du sablier. Ces mesures du temps que vous appelez jours,
mois, années, siècles sont les palpitations de l'Esprit Éternel qui vous
garde en vie. Mais vous êtes éternels en votre esprit et vous devez, en
esprit, garder la même méthode de mesure du temps que votre Créateur. Dire
donc : "Demain, ce sera le jour de ma mort !" Bien plus,
pas de mort pour celui qui est fidèle, mais repos dans l'attente, dans
l'attente du Messie qui ouvre les portes des Cieux.
Et, en vérité, je vous dis que parmi ceux qui sont ici présents, vingt-sept
seulement devront attendre à leur mort. Les autres seront jugés dès avant la
mort et la mort sera le passage à Dieu ou à Mammon, sans délai parce que le Messie est venu, Il est parmi
vous et vous appelle pour vous donner la bonne nouvelle, pour vous instruire
de la Vérité, pour vous assurer le salut et le Ciel. Faites pénitence !
Le "demain" du Royaume des Cieux est imminent, qu'il vous trouve
purs pour devenir les possesseurs du Jour Éternel. La paix soit avec
vous."
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106> Un se lève pour le
contredire, c'est un Israélite barbu aux somptueux vêtements. Il dit :
"Maître, ce que tu dis me paraît en opposition avec ce qui est dit au
Livre second des Macchabées, gloire d'Israël. Là, il est dit : "En
fait, c'est un signe de grande bienveillance de ne pas permettre aux pécheurs
de ne pas revenir pendant longtemps à leurs caprices, mais de les châtier
aussitôt. Le Seigneur ne fait pas comme avec les autres nations qu'il attend
patiemment pour les punir lorsque est venu le jour du Jugement, quand la.
mesure de leurs fautes sera comble" . Toi,
au contraire, tu parles comme si le Très-Haut pouvait être très lent à nous
punir, à nous attendre, comme les autres peuples, au temps du Jugement, quand
sera comble la mesure des péchés, Vraiment, les faits t'apportent un démenti.
Israël est puni, comme dit l'histoire des Macchabées. Mais, si
c'était comme tu dis, n'y aurait-il pas un désaccord entre ta doctrine et celle
qui est renfermée dans la phrase que je t'ai rapportée ?".
"Qui es-tu, je ne le sais, mais qui que tu sois, je
te réponds. Il n'y a pas de désaccord dans la doctrine, mais dans la manière
d'interpréter les paroles. Tu les interprètes à la manière humaine; moi à la
manière de l'Esprit. Toi, représentant de la majorité des hommes, tu vois
tout dans une référence au présent et à ce qui est caduc. Moi, représentant
de Dieu, j'explique tout et en fais l'application à l'éternel et au
surnaturel. Jéhovah
vous a frappés, oui, dans le présent, dans votre
orgueil et votre prétention d'être un "peuple" selon les idées de
la terre. Mais, à quel point Il vous a aimés et a usé de patience avec vous
plus qu'avec aucun autre, en vous accordant à vous le Sauveur, son Messie,
pour que vous l'écoutiez et vous vous sauviez avant l'heure de la colère
divine ! Il ne veut plus que vous soyez pécheurs. Mais si Il vous a
frappés en ce monde caduc, voyant que la blessure ne guérit pas, mais au
contraire émousse toujours plus votre esprit, voici qu'Il vous envoie non pas
la punition mais le salut. Il vous envoie Qui vous guérit et vous sauve, Moi,
qui vous parle."
"Ne trouves-tu pas que tu es audacieux en te posant comme représentant de
Dieu ? Aucun des prophètes n'a eu cette audace, et Toi... qui es-tu, Toi
qui parles et sur l'ordre de qui parles-tu ?"
"Les prophètes ne pouvaient dire d'eux-mêmes ce
que Je dis de Moi. Qui suis-je ? L'Attendu, le Promis, le Rédempteur. Déjà vous avez entendu celui
qui m'a précédé dire : "Préparez les voies du Seigneur... Voici que
vient le Seigneur Dieu... Comme un berger il paîtra son troupeau, tout en
étant l'Agneau de la vraie Pâque !"
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107> Il y a parmi vous des gens qui ont entendu ces paroles
de la bouche du Précurseur et qui
ont vu s'éclairer le ciel par l'effet d'une lumière qui descendait en forme
de colombe, qui ont entendu Une voix qui parlait en disant qui j'étais. Par
ordre de qui Je parle ? Par ordre de Celui qui est et qui
m'envoie."
"Tu peux le dire, mais tu peux aussi être un menteur ou dans l'illusion.
Tes paroles sont saintes, mais Satan aussi a des
paroles trompeuses teintes de sainteté, pour entraîner dans l'erreur. Nous
nous ne te connaissons pas."
"Je suis Jésus de Joseph, de la race
de David, né à Bethléem Ephrata,
selon la promesse, appelé Nazaréen parce que j'ai la maison à Nazareth. Cela,
du point de vue du monde. Selon Dieu je suis son Messie. Mes disciples le
savent."
"Oh ! eux, ils peuvent dire ce qu'ils veulent et ce que tu leur
fais dire."
"Un autre parlera, qui ne m'aime pas et dira qui je suis. Attends que
j'appelle un de ceux qui sont présents."
Jésus regarde la foule, étonnée de la discussion, choquée et divisée en deux
courants contraires. Il regarde, en cherchant quelqu’un avec ses yeux de
saphir, puis crie à haute voix : "Aggée, avance, Je te le commande."
Grand bruit dans la foule qui s'ouvre pour laisser passer un homme agité par
un tremblement et soutenu par une femme.
"Connais-tu cet homme ?"
"Oui, c'est Aggée de Malachie, d'ici, de Capharnaüm. Il est possédé d'un
esprit malin qui le fait entrer dans des accès de folie furieuse et
soudaine."
"Tout le monde le connaît ?" La foule crie : "Oui,
oui."
"Quelqu'un peut-il dire qu'il m'a parlé fût-ce quelques
minutes !"
La foule crie : "Non, non, il est comme hébété et ne sort jamais de
sa maison et personne ne t'y a jamais vu."
"Femme, amène-le Moi."
La femme le pousse et le traîne pendant que le pauvret tremble plus fort. Le chef de la
synagogue avertit Jésus :
"Attention ! Le démon va le tourmenter ... et alors il s'excite,
griffe et mord". La foule s'écarte en se pressant contre les murs. Les
deux sont désormais en face l'un de l'autre.
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108> Un instant de résistance. Il
semble que l'homme habitué au mutisme hésite à parler et gémit. Puis la voix
s'articule : "Qu'y-a- t-il entre nous et Toi Jésus de Nazareth ?
Pourquoi es-tu venu nous tourmenter ? Nous exterminer, Toi, le Maître du
Ciel et de la terre ? Je sais qui tu es : le Saint de Dieu.
Personne, dans la chair, ne fut plus grand que Toi parce que dans ta chair
d’homme, est renfermé l'Esprit du Vainqueur Éternel. Déjà tu m'as vaincu
dans..."
"Tais-toi, sors de lui, Je te le commande."
L'homme est pris d'une agitation étrange. Il s'agite par à-coups comme s'il y
avait quelqu'un qui le maltraite en le poussant et le secouant. Il hurle
d'une voix inhumaine et puis est plaqué au sol d'où il se relève ensuite,
étonné et guéri.
"Tu as entendu ? Que réponds-tu, maintenant ?" Jésus demande
à son opposant.
L'homme barbu et bien habillé hausse les épaules et, vaincu, s'en va sans
répondre. La foule le raille et applaudit Jésus.
"Silence, c'est un lieu sacré, dit Jésus, et il ordonne : Amenez- Moi le
jeune homme à qui j'ai promis l'aide de Dieu."
Le malade se présente. Jésus le caresse :
"Tu as eu foi ! Sois guéri. Va en
paix et sois juste."
Le jeune homme pousse un cri, qui sait ce qu'il éprouve ? Il se jette
aux pieds de Jésus et les baise en remerciant : "Merci pour moi et pour
ma mère !"
D'autres malades viennent : un jeune enfant aux jambes paralysées. Jésus
le prend dans ses bras, le caresse, le pose à terre... et le laisse. Le
bambin ne tombe pas mais court vers sa mère qui le reçoit sur son cœur en
pleurant, et bénit "le Saint d'Israël". Arrive un petit vieux
aveugle, conduit par sa fille. Lui aussi se voit guéri avec une caresse sur
les orbites malades.
De la part de la foule, c'est un délire de bénédictions.
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