|
"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
||
|
Dimanche 13 février 28 (30 Scébat)
- Rôle des anges gardiens 112 - Guérison d'un enfant brûlé 112 - Autres miracles 112 - Je vous laisse mes apôtres 113 - Guérison d'une petite vieille à demi
paralysée 113 - Vous avez assez appris pour prêcher 113 - Les apôtres prient pour obtenir la Sagesse
114 - Comment suivre Jésus ? 115 - Discours du Zélote (Le travail de
purification) 116 - Discours de Jean (Éloge du Baptiste 117 - Incarnation du Verbe 118 - Son chemin d'amour miséricordieux 119 - L'esprit d'enfance 119 - Mets en toi la flamme de l'amour) 120 - Désir d'Étienne de suivre Jésus 120 |
Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 3 3.26. |
||
|
112> Jésus, en descendant à mi-côte trouve un grand nombre de
disciples et beaucoup d'autres gens encore qui se sont tout doucement unis
aux disciples, amenés ici, en ce lieu isolé, par besoin de miracle, par désir
d'entendre parler Jésus. Ils y sont venus en toute assurance, sur les
indications des gens ou par instinct spirituel. Et Jésus, à tous ces
gens qui l'ont attendu sans se lasser et sans craindre, prodigue des secours
de miracles et des secours de paroles. Combien de miracles ! Une
floraison semblable à celle qui embellit les pentes de la montagne : des
miracles éclatants comme celui de cet enfant qu'on a arraché atrocement brûlé
d'une meule de paille en flammes. On l'a amené sur une civière, amas de
chairs brûlées qui gémit lamentablement sous les linges dont on l'a couvert
tant était atroce la vue des brûlures. Il allait mourir. Jésus le guérit en
lui soufflant dessus et fait disparaître totalement les brûlures. L'enfant se
lève, tout nu et court heureux vers sa mère qui caresse en pleurant de joie
les chairs complètement guéries, sans plus de traces de feu; baise les yeux
qu'on croyait brûlés et qui au contraire brillent et scintillent de joie; les
cheveux sont courts comme si la flamme les avait coupés sans les détruire. C'est
le petit miracle de ce vieillard quinteux qui dit : "Ce n'est pas
pour moi, mais je dois servir de père à ces petits orphelins et je ne peux
travailler la terre avec ces humeurs qui me restent dans la gorge et qui
m'étouffent."... Et puis le miracle
invisible mais certain que provoquent les paroles de Jésus : "Parmi
vous, il y a quelqu'un qui pleure en son âme et n'ose pas dire :
"Aie pitié !". Je réponds: "Qu'il en soit comme tu
demandes. Toute la pitié, pour que tu saches que Moi, je suis la Miséricorde".
Seulement, à mon tour, je te dis : "Aie de la générosité".
Sois généreux avec Dieu. 113> Romps tout lien avec le
passé. Dieu tu le sens, et à Lui que tu sens
viens alors avec un cœur libre, avec un amour total.» Qui est-ce, parmi la
foule, celui ou celle à qui s'adressent ces paroles, je ne sais pas. Jésus dit
encore : "Ceux-ci sont mes apôtres. Ils sont autant de Christ, car
je les ai choisis pour qu'ils le soient. Adressez-vous à eux avec confiance.
Ils ont appris de Moi tout ce dont vous avez besoin pour vos âmes..."
Les apôtres regardent Jésus, complètement épouvantés. Mais Lui sourit et
poursuit "...et ils donneront à vos âmes lumière d'étoile et
rafraîchissement de rosée de manière à vous empêcher de languir dans les
ténèbres. Et puis je viendrai et je vous donnerai plénitude de soleil et de
flots, toute la sagesse pour vous rendre forts et heureux d'une force et
d'une joie surnaturelles. Paix à vous, fils. Je suis attendu par d'autres,
plus malheureux et plus pauvres que vous. Mais je ne vous laisse pas seuls.
Je vous laisse mes apôtres et c'est comme si je laissais les fils de mon
amour à la garde des plus affectueuses et des plus sûres des nourrices." Jésus fait un geste
d'adieu et de bénédiction et s'éloigne en fendant la foule qui ne veut pas le
laisser partir, et c'est alors que se produit le dernier miracle, celui d'une
petite vieille à demi-paralysée amenée par son petit-fils et qui agite
joyeusement son bras droit, auparavant inerte, et qui crie : "Il
m'a effleuré avec son manteau en passant et je suis guérie ! Je ne le
Lui demandais même pas parce que je suis vieille... Mais Lui a eu pitié de
mon désir secret. Avec son manteau, avec un pan de celui-ci il m'a effleuré
le bras malade. Il m'a guérie ! Oh ! Quel grand Fils a eu notre
saint David ! Gloire à son Messie ! Mais regardez ! Mais
regardez ! Ma jambe aussi est libre comme le bras... Oh ! je suis
comme à vingt ans !" L'affluence d'un
grand nombre de personnes vers la petite vieille, qui de tout son souffle
crie son bonheur, fait que Jésus peut se dégager sans en être empêché. Et les
apôtres le suivent. Quand ils sont dans un endroit désert, presque dans la
plaine, au milieu d'une bruyère épaisse qui va vers le lac, ils s'arrêtent un
moment. Pour Jésus, c'est afin de dire : "Je vous bénis ! Retournez
à votre travail et faites-le jusqu'à ce que je revienne comme je l'ai
dit." Pierre, jusqu'alors
toujours muet, éclate: "Mais, mon Seigneur, qu'as-tu fait ?
Pourquoi dire que nous avons tout ce dont les âmes ont besoin ? C'est
vrai ! Tu nous as beaucoup donné, mais nous sommes têtus, moi du moins
et... et de ce que tu m'as donné il m'est resté peu de chose, il m'est resté
bien peu. 114> C'est comme quelqu'un qui après un repas aurait encore dans l'estomac ce qui est le plus
lourd. Le reste n 'y étant plus." Jésus sourit
franchement : "Et alors, où est le reste de la
nourriture ?" "Mais... je ne
sais pas. Je sais que si je mange des plats délicats, après une heure je ne
me sens plus rien dans l'estomac. Mais si je mange de lourdes racines ou des
lentilles à l'huile, hé ! on voudrait les faire descendre !" "On voudrait.
Mais crois bien que les racines et les lentilles qui semblent te remplir le
plus l'estomac sont les aliments qui te lais- sent le moins de substance.
C'est du remplissage qui passe sans grand profit. Les petits plats, au
contraire, qu'au bout d'une heure tu ne sens plus sont non plus dans
l'estomac mais dans le sang. Quand un aliment est digéré, il n'est plus dans
l'estomac mais ses sucs sont dans le sang et c'est le plus utile. Maintenant
il vous semble, à toi et à tes compagnons que rien ou bien peu de ce que je
vous ai dit soit resté en vous. Peut-être vous rappelez-vous bien les pas-
sages qui sont les plus conformes à votre tempérament particulier : pour
les violents les passages violents, pour les méditatifs les passages qui
portent à la méditation, pour les aimants les passages qui ne sont qu'amour.
Sans doute, il en est ainsi. Mais croyez-le bien : vous avez tout en vous-même
s'il vous semble que tout s'est dissipé. Vous l'avez absorbé. La pensée vous
le dévidera comme un fil multicolore en amenant les teintes douces ou
sévères, selon le besoin. N'ayez pas peur. Pensez seulement que Moi je sais
et que jamais je ne vous enverrais si je vous savais incapables de le
faire. Adieu, Pierre. Allons, souris ! Aie foi ! Un bel acte de foi
dans la Sagesse omniprésente. Adieu à tous. Le Seigneur reste avec
vous." Et il les quitte rapidement, encore étonnés et agités par tout ce
qu'ils ont entendu dire qu'il leur fallait faire. "Et pourtant, il
faut obéir." dit Thomas. "Hé !...
c'est vrai !... Oh ! pauvre de moi ! J'ai presque envie de Lui
courir après..." murmure Pierre. "Non. Ne le fais
pas. Lui obéir, c'est l'aimer." dit Jacques d'Alphée. "Et commencer
alors que Lui est encore proche et peut nous conseiller si nous nous
trompons, c'est élémentaire et même une sainte prudence. Nous devons
l'aider." conseille le Zélote. "C'est vrai.
Jésus est plutôt fatigué. Il faut le soulager un peu, comme nous pouvons. Il
ne suffit pas de porter les sacs, de préparer les lits et la nourriture.
Cela, n'importe qui, peut le faire. Mais l'aider, comme
Lui le veut, dans sa mission." confirme Barthélemy. 115> "Tu
parles bien, parce que tu es savant, mais moi... Je suis presque
ignorant..." gémit Jacques de Zébédée. "Oh !
Dieu ! Voilà qu'arrivent ceux qui étaient là-haut ! Comment
allons-nous faire ?" s'exclame André. Et Mathieu :
"Excusez si moi, le plus misérable, je vous donne un conseil. Mais ne
serait-il pas mieux de prier le Seigneur au lieu de rester ici à nous lamenter
sur ce qui ne peut se résoudre avec des lamentations ? Allons, Jude, toi
qui connais si bien l'Ecriture, dis au nom de tous la prière de Salomon pour
obtenir la Sagesse [1]. Vite ! Avant
qu'ils ne nous rejoignent." Et le Thaddée, de sa belle
voix de baryton, commence : "Dieu de mes Pères, Seigneur de
miséricorde qui as tout créé... etc... etc..." jusqu'à : "...par la Sagesse ont
été sauvés tous ceux qui dès le commencement t'ont plu." Juste à ce
moment, les gens les rejoignent, les entourent, les assaillent de mille
questions pour savoir où est parti le Maître, quand il reviendra, et la
question la plus difficile à satisfaire : À cette question, les
apôtres restent embarrassés. Ils se regardent entre eux et l'Iscariote
répond : "En suivant la perfection" comme si c'était une
réponse qui puisse tout expliquer !... Jacques d'Alphée,
plus humble et plus paisible, réfléchit et dit ensuite : "La
perfection qu'indique mon compagnon se rejoint en obéissant à la Loi. Car la
Loi est justice et la justice est perfection." Mais les gens ne sont
pas satisfaits et demandent par l'intermédiaire de quelqu'un qui paraît être
un chef : "Mais nous sommes petits comme des enfants en matière de
bien. Les enfants ne savent pas encore la signification du Bien et du Mal.
Ils ne les distinguent pas. Et nous, sur cette Voie que Lui nous indique,
nous sommes neufs au point d'être incapables de distinguer. Nous avions un
chemin connu. La vieille route qui nous avait été enseignée dans les écoles.
Tellement difficile, longue, et qui nous inspirait la peur ! Maintenant,
d'après ses paroles, nous voyons qu'il en est comme de l'aqueduc que nous
apercevons d'ici. Au-dessous, c'est le chemin des animaux et de l'homme. 116> Au-dessus,
sur les arcades légères, s'élance dans le soleil et l'azur près des branches
les plus hautes qui bruissent et chantent dans le vent avec la voix des
oiseaux, une autre route, lisse, propre, lumineuse autant
que la route inférieure est raboteuse, sale, obscure, une route pour l'eau
limpide et qui résonne, qui est une bénédiction par l'eau qui vient de Dieu
et que caresse ce qui vient de Dieu : rayons du soleil et des étoiles,
frondaisons nouvelles, fleurs, ailes des hirondelles. Nous voudrions monter
vers cette route plus haute et qui est la sienne et que nous ne connaissons
pas, parce que nous sommes écrasés, ici, en bas, sous le poids de toute la
vieille construction. Comment faire ?" Celui qui,a parlé est un homme jeune, d'environ vingt-cinq ans,
brun, robuste, au regard intelligent et dont l'aspect est moins plébéien que
la majorité des gens présents. Il s'appuie sur un autre plus mûr. L'Iscariote qui,
grand comme il est, le voit, murmure à ses compagnons : "Vite,
expliquez-vous bien. C'est Hermas, avec Etienne, Etienne, aimé de
Gamaliel !" C'est une chose qui finit d'embarrasser tout à fait les
apôtres. À la fin le Zélote
répond : Je lis déjà ton
objection : elle est écrite sur ton visage. C'est celle que tous nous
avons eue avant de savoir comprendre ce que c'est la Nouvelle Doctrine, la
Bonne Nouvelle prêchée à ceux qui, par un processus rétrograde, ne sont pas
devenus adultes à mesure que s'élevaient les pierres de la science, mais se
sont toujours plus enfoncés dans les ténèbres comme le mur qui s'effondre
dans un abîme sans lumière. 117> Nous,
pour échapper à cet aveuglement surnaturel, nous devons dégager
courageusement la pierre fondamentale de toutes les pierres superposées. N'ayez pas peur de démolir ce mur qui est élevé mais qui
ne conduit pas la sève pure de la source éternelle. Revenez à la base. Elle
ne doit pas être changée. Elle vient de Dieu. Elle est immuable. Mais, avant
d'écarter les pierres, car elles ne sont pas toutes mauvaises et inutiles,
éprouvez-les, une par une, au son de la parole de Dieu. Si vous ne les
trouvez pas dissonantes gardez-les, faites-les servir à la reconstruction.
Mais si elles résonnent du son discordant de la voix humaine ou du son
déchirant de la voix satanique, alors brisez les pierres mauvaises. "Tu parles bien,
homme. Mais monter ! Comment ? Nous t'avons dit que nous sommes
moins que de petits enfants. Qui nous fera gravir la colonne raide ?
Nous éprouverons les pierres au son de Dieu. Nous briserons les moins bonnes.
Mais comment monter ? On a le vertige rien qu'à y penser !"
dit Etienne. Jean, qui a écouté la
tête inclinée se souriant à lui-même, lève un visage lumineux et prend la
parole : "Frères ! Cela donne le vertige. C'est vrai. Mais qui
dit qu'il est nécessaire de faire directement l'ascension ? Cela, non
seulement les petits enfants, mais les adultes eux-mêmes ne sauraient le
faire. Seuls les anges peuvent s'élancer dans l'azur parce qu'ils sont libres
de tout poids matériel. Et chez les hommes, il n'y a que les héros de la
sainteté qui puissent le faire. 118> Nous
en avons un exemple vivant qui, dans ce monde dégradé, sait être un héros de sainteté comme les anciens qui ont fleuri en
Israël quand les Patriarches étaient des amis de Dieu et que la parole du
Code éternel existait seule, mais obéie par toute créature droite. Jean, le
Précurseur, enseigne comment on tente directement l'ascension. C'est un
homme, Jean. Mais la Grâce que le Feu de Dieu lui a communiquée en le
purifiant dès le sein de sa mère comme furent purifiées par un Séraphin les
lèvres du Prophète, pour qu'il pût précéder le Messie sans laisser la
puanteur de la faute d'origine sur le chemin royal du Christ, a donné à Jean
des ailes d'ange, et la Pénitence les a fait grandir en supprimant en même
temps ce poids d'humanité que sa nature d'être né de la femme lui avait
conservé. Voilà pourquoi Jean, de sa grotte où il prêche la pénitence et par
son corps où brûle l'esprit que la Grâce a épousé, peut se lancer jusqu'au
sommet de l'arcade au-delà duquel est Dieu, le Très-Haut Seigneur notre Dieu
et, dominant les siècles passés, le jour présent, l'avenir, il peut avec sa
voix de prophète, avec son œil d'aigle qui peut fixer le soleil éternel et le
reconnaître, annoncer : "Voici l'Agneau de Dieu, Celui qui enlève
les péchés du monde" et mourir après ce chant sublime qui servira non
seulement dans ce temps limité, mais dans le Temps sans limite, dans la
Jérusalem pour toujours éternelle et bienheureuse, pour acclamer la Seconde
Personne, pour Lui rappeler les misères humaines, pour Lui chanter l'hosanna
dans les splendeurs éternelles. Mais l'Agneau de
Dieu, le Très Doux Agneau qui a quitté sa lumineuse demeure des Cieux, où il
est Feu de Dieu dans un embrassement de feu - oh ! éternelle génération,
du Père qui conçoit par sa Pensée sans limite et parfaitement sainte son Verbe,
et l'attire à Lui en produisant une fusion d'amour qui crée l'Esprit d'Amour
où la Puissance et la Sagesse ont leur centre ! - mais l'Agneau de Dieu
qui a quitté sa forme très pure, incorporelle, pour renfermer sa pureté
infinie, sa sainteté, sa nature divine dans une chair mortelle, sait que nous
ne sommes pas purifiés par la Grâce, que nous ne le sommes pas encore et Il
sait que nous ne pourrons pas, comme l'aigle qui est Jean, nous lancer vers
les hauteurs, vers le sommet où est Dieu, Un et Trin. Nous sommes les petits
moineaux du toit et de la route, nous sommes les hirondelles qui touchent
l'azur mais se nourrissent d'insectes, nous sommes les calandres qui veulent
chanter pour imiter les anges mais par rapport auxquels notre chant est le
frémissement discordant des cigales en été. Cela, le doux Agneau de Dieu venu
pour enlever les péchés du monde, le sait. Car s'il n'est
plus l'Esprit Infini des Cieux, s'étant réduit à une chair mortelle, son
infinité n'en est pas pour autant diminuée et il sait tout car sa sagesse est
toujours infinie. 119> Et voici qu'alors il
nous enseigne son chemin, le chemin de l'amour. Lui est l'Amour qui dans sa
miséricorde pour nous s'est fait chair. Voici alors que cet Amour Miséricordieux
crée pour nous le chemin que même les petits peuvent gravir. Et Lui, non par
besoin personnel, mais pour nous l'apprendre, le parcourt le premier. Lui
n'aurait même pas besoin d'ouvrir les ailes pour se fondre dans le Père. Son
esprit, je vous le jure, est enfermé ici, sur cette misérable terre, mais il
est toujours avec le Père, car Dieu peut tout, et Lui est Dieu. Mais il nous
précède, en laissant derrière Lui les parfums de sa sainteté, l'or et le feu
de son amour. Regardez son chemin. Oh ! Il arrive bien au sommet de
l'arcade ! Mais comme il est tranquille et sûr ! Ce n'est pas une
ligne droite, c'est une spirale. Un chemin plus long, et son sacrifice
d'amour miséricordieux se manifeste dans cette longueur où Lui se tient par
amour pour nous qui sommes faibles. Le chemin est plus long, mais plus adapté
à notre misère. La montée vers l'amour, vers Dieu, est simple comme l'Amour
lui-même est simple. Mais c'est une route vers les profondeurs car Dieu est
un abîme que je dirais impossible à rejoindre si Lui ne s'était pas abaissé
pour se faire rejoindre, pour se sentir baiser par les âmes amoureuses de
Lui. (Jean parle et pleure, tout en souriant, dans l'extase de dévoiler
Dieu). Elle est longue la voie simple de l'amour car l'Abîme qui est Dieu est
sans fond et si grand que quelqu'un pourrait y avancer autant qu'il le
voudrait. Mais l'Abîme admirable appelle notre abîme misérable. Il nous
appelle par ses lumières et dit: "Venez à Moi !" Oh ! invite de
Dieu ! Invite du Père ! Écoutez ! Écoutez ! Les Cieux
sont restés ouverts car le Christ en a ouvert toutes grandes les portes. Il a
mis à les tenir ainsi ouvertes les anges de la Miséricorde et du Pardon pour
qu'en attendant l'effusion de la Grâce sur les hommes, il s'en écoulât au
moins des lumières, des parfums, des chants capables de séduire saintement
les cœurs humains, pour que viennent vers nous les paroles pleines de
suavité. C'est la voix de Dieu qui parle et la Voix dit : "Votre
enfance ? Mais c'est votre meilleur trésor ! Je voudrais que vous
deveniez tout à fait petits pour avoir en vous l'humilité, la sincérité et
l'amour des petits enfants, le confiant amour des tout petits envers le père.
Votre impuissance ? Mais c'est ma gloire ! Oh ! venez. 120> Je ne
vous demande même pas que vous éprouviez par vous-mêmes le son des
pierres, bonnes ou mauvaises. Mais donnez-les-moi ! Je ferai le choix et
vous, vous vous reconstruirez. L'escalade vers la perfection ? Oh !
non, mes petits enfants. Ici, la main dans la main de mon Fils, votre Frère,
maintenant et ainsi, à ses côtés, montez." Aimer ! Voici le
secret !… Aimer ! Se donner… Aimer ! S’anéantir...
Aimer ! Se fondre... La chair ? Ce n'est rien. La douleur ?
Rien. Le temps ? Rien. Le péché lui-même s'annihile si je le fonds dans
ton feu, ô Dieu ! Il n'y a que l'Amour. L'Amour ! L'Amour que nous
a donné le Dieu Incarné, nous pardonnera tout, Et aimer, c'est l'acte que nul
ne sait mieux faire que les tout petits. Et personne n'est plus aimé qu'un
tout petit. O toi que je ne
connais pas, mais qui veux connaître le Bien, pour le distinguer du Mal, pour
posséder l'azur, le Soleil céleste, tout ce qui est joie surnaturelle, aime
et tu l'auras. Aime le Christ. Tu mourras à la vie d'ici-bas mais tu
ressusciteras en ton esprit. Avec un esprit nouveau, sans avoir besoin
d'utiliser les pierres, tu seras pour l'éternité un feu immortel. La flamme
monte. Il n'y a pas besoin d'escalier ni d'ailes pour monter. Libère ton être
de toute construction, mets en toi l'Amour. Tu deviendras une flamme.
Laisse cela arriver sans aucune restriction. Excite, au contraire, la flamme
en y jetant pour l'alimenter tout ton passé de passions, de connaissances. Ce
qu'il y aura de moins bon se détruira dans la flamme et ce qui est déjà métal
noble se purifiera. Jette-toi, ô frère, dans l'amour actif et joyeux de la
Trinité. Tu comprendras ce qui maintenant te semble incompréhensible, car tu
comprendras Dieu qui n'est compréhensible que pour ceux qui se donnent sans
mesure à son feu sacrificateur. Tu te fixeras enfin en Dieu en un
embrassement de flamme, en priant pour moi, le tout petit du Christ qui a osé
te .parler de l'Amour." Tout le monde est
sidéré: apôtres, disciples, fidèles... L'interpellé est pâle, alors que Jean
est pourpre, pas tant par la fatigue que par l'amour. Enfin Étienne pousse
un cri : "Bénis es-tu! Mais dis-moi qui tu es ?" Jean a une attitude
qui me rappelle beaucoup l'attitude de la Vierge à l'Annonciation. Il dit
doucement, en se courbant comme s'il adorait Celui qu'il nomme :
"Je suis Jean. Tu vois en moi le plus petit des serviteurs du
Seigneur." "Mais, qui a été
ton maître auparavant ?" 121> "Personne autre que Dieu, puisque j'ai eu le lait
spirituel de Jean que Dieu a présanctifié, je mange le pain du Christ, Verbe
de Dieu, et je bois le feu de Dieu qui me vient des Cieux. Gloire au
Seigneur !" "Ah ! mais
moi, je ne vous quitte plus ! Ni toi, ni celui-ci. Je ne quitte plus
personne. Prenez-moi !" "Quand...
Oh ! mais, il y a ici Pierre notre chef." et Jean montre Pierre qui
en est tout étourdi et le proclame ainsi "premier". Et Pierre revient à lui : "Fils,
pour une grande mission il faut une sérieuse réflexion. Celui-ci est notre
ange et il enflamme. Mais il faut savoir si la flamme en nous pourra durer.
Examine-toi, et puis viens au Seigneur. Nous t'ouvrirons notre cœur comme à
un frère très cher. En attendant, si tu veux mieux connaître notre vie,
reste. Les troupeaux du Christ peuvent croître démesurément pour permettre un
choix entre les parfaits et les imparfaits, entre les vrais agneaux et les
faux béliers." |
|||
|
Et avec ces paroles se termine la
première manifestation des apôtres. |
|||