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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta © Centro Editoriale Valtortiano |
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dimanche
- Jésus au milieu de la nature 105 - Il éveille les apôtres un à un 107 - Dialogue avec Jean : Jean a pensé que c'était sa maman 107 - Les noces de Jean avec l'Amour 107 - Les douze ont changé de visage 108 - Discours (Le mystère nuptial des âmes avec Dieu 109 - Le monde a besoin de rédempteurs 109 - Apôtres et disciples comme prêtres et lévites 110 - Le combat spirituel inévitable) 109 -
Allons à la rencontre des autres 111 |
3.25. |
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105> Il y a une aube qui blanchit les montagnes et semble adoucir cette pente sauvage où l'on n'entend que le bruit du torrent qui écume tout au fond, bruit qui, répercuté par les montagnes remplies de cavernes, produit une rumeur particulière. Là, à l'endroit où ont fait halte les disciples, il n'y a que quelque timide bruissement dans les frondaisons et les plantes : des premiers oiseaux qui se réveillent, des derniers animaux nocturnes qui regagnent leurs tanières. Une bande de lièvres ou de lapins sauvages, qui sont en train de ronger un bas buisson de mûres, s'enfuient effrayés par la chute d'une pierre. Puis ils reviennent timidement, levant les oreilles pour entendre le moindre bruit et, voyant que tout est tranquille, reviennent à leur buisson. 106> La rosée humecte tous les feuillages, toutes les pierres, et le bois exhale une forte odeur de mousse, de menthe et de marjolaine. Un rouge-gorge descend jusqu'au bord d'une caverne dont une pierre qui fait saillie sert de toit et, remuant la tête, bien droit sur ses pattes soyeuses, tout prêt à s'enfuir, il regarde à l'intérieur, regarde par terre, murmure ses "cip cip" interrogateurs et... gourmands des miettes de pain qui sont par terre, mais il ne se décide à descendre que lorsqu'il se voit devancé par un gros merle qui avance en sautant de biais, amusant avec son air de gamin et son profil de vieux notaire auquel il ne manque que les lunettes pour être au complet. Alors le rouge-gorge descend aussi et se met derrière le hardi monsieur qui de temps à autre enfonce son bec jaune dans la terre humide en quête de... archéologie comestible et puis s'en va après un "ciop" ou un bref sifflement tout à fait polisson. Le rouge-gorge se gave de miettes et reste stupéfait quand il voit que le merle, entré tranquillement dans la caverne silencieuse, en sort avec une croûte de fromage qu'il bat et rebat sur une pierre pour la mettre en morceau et s'en faire un copieux repas. Puis il retourne à l'intérieur, jette un regard furtif et, ne trouvant plus rien, fait un beau sifflement moqueur et s'envole pour finir son chant à la cime d'un rouvre qui plonge sa tête dans l'azur du matin. Le rouge-gorge s'envole aussi à cause d'un bruit qu'il entend venir de l'intérieur de la caverne... et il reste sur une petite branche qui pend dans le vide. Jésus s'avance sur le seuil et émiette du pain en appelant tout doucement les oiseaux par un sifflement modulé qui imite bien le cri de plusieurs petits oiseaux. Puis il s'écarte et s'en va plus haut, s'arrêtant contre une paroi rocheuse pour ne pas effrayer ses amis qui descendent vivement : d'abord le rouge-gorge et puis d'autres de différentes espèces. J'aime à penser, parce que j'en ai l'expérience, que les animaux, même les plus méfiants, s'approchent de ceux en qui par instinct ils sentent non des ennemis mais des protecteurs. L'immobilité de Jésus ou son regard font qu'après peu de temps les oiseaux sautent à quelques centimètres de Jésus. Le rouge-gorge, maintenant rassasié, vole au-dessus du rocher auquel s'appuie Jésus, s'agrippe à un petit brin de clématite et se balance au-dessus de la tête de Jésus avec le désir de descendre sur sa tête blonde ou sur son épaule. Le repas est fini. Le soleil dore la cime des montagnes et puis les plus hautes branches des bosquets pendant que la vallée est encore toute entière plongée dans la pâle lumière de l'aube. 107> Les oiseaux s'envolent, satisfaits et rassasiés, vers le soleil et chantent à pleins gosiers. "Et maintenant allons réveiller mes autres fils." dit Jésus. Il descend parce que sa grotte est la plus élevée. Et, allant d'une grotte à l'autre, il appelle par leur nom les douze dormeurs. Simon, Barthélemy, Philippe, Jacques, André répondent tout de suite. Matthieu, Pierre et Thomas sont plus lents à répondre. Et alors que Jude Thaddée va à la rencontre de Jésus dès qu'il le voit sur le seuil, déjà prêt et bien éveillé, l'autre cousin et ainsi que l'Iscariote et Jean dorment à poings fermés si bien que Jésus doit les secouer sur leur lit de feuilles pour qu'ils se réveillent. Jean, appelé le dernier, dort si profondément qu'il ne se rend pas compte de Celui qui l'appelle. Dans les nuées du sommeil à moitié interrompu, il marmotte : "Oui, maman, je viens tout de suite..." Mais ensuite il se tourne. Jésus sourit, s'assied sur le lit de feuilles ramassées dans le bois, il s'incline et baise sur la joue son Jean qui ouvre les yeux et reste immobile comme une statue en voyant là Jésus. Il s'assied tout d'un coup et dit : "Tu as besoin de moi ? Me voici." "Non, je t'ai éveillé comme tous les autres. Mais tu m'as pris pour ta maman. Alors je t'ai donné un baiser pour faire comme les mères." Jean n'a que ses sous-vêtements car il a mis son habit et son manteau pour couvertures. Il s'attache au cou de Jésus et il s'y réfugie, la tête entre l'épaule et la joue en disant : "Oh ! Tu es bien plus que la mère, Toi ! Je l'ai quittée pour Toi, mais Toi, je ne te quitterais pas pour elle ! Elle m'a enfanté à la terre, mais Toi, tu m'enfantes au Ciel. Oh! je le sais !" "Que sais-tu de plus que les autres ?"
Jean se ressaisit sous un flot d'humilité qui le fait supplier : "Ne dis pas aux autres ce que je t'ai dit. Certainement, eux aussi ont su vivre de Dieu comme j'ai vécu pendant ces jours. Mais laisse sur mon secret la pierre du silence." "Sois tranquille, Jean. Personne ne connaîtra tes noces avec l'Amour. Habille-toi. Viens. Nous devons partir." Jésus sort sur le sentier où déjà se trouvent les autres. Les visages ont un aspect plus vénérable, plus recueilli. Les plus âgés semblent des patriarches. Les jeunes ont quelque chose de mûr, de digne qu'auparavant la jeunesse cachait. L'Iscariote regarde Jésus avec un timide sourire sur son visage marqué par les larmes. Jésus le caresse en passant. Pierre... ne parle pas. Et c'est si étrange chez lui que cela étonne plus que tout autre changement. Il regarde attentivement Jésus, mais avec une dignité nouvelle qui semble lui agrandir le front aux tempes un peu dégarnies et rendre plus sévère l’œil où jusqu'alors il y avait une lueur de malice. Jésus l'appelle près de Lui et le tient tout proche, en attendant Jean qui sort finalement. Je ne sais dire si son visage est plus pâle ou plus rouge, mais il y brille une flamme qui ne change pas la couleur mais pourtant est visible. Tous le regardent. "Viens ici, Jean, près de Moi et toi aussi, André, et toi, Jacques de Zébédée. 109> Puis toi Simon, puis toi Barthélemy, Philippe et vous, mes frères et Matthieu. Judas de Simon, ici, en face de Moi. Thomas, viens ici. Assoyez-vous. Je dois vous parler." Ils s'assoient, tranquilles comme des enfants, tous un peu absorbés dans leur monde intérieur et pourtant attentifs à Jésus comme ils ne l'ont jamais été.
Il
y a seulement huit jours, vous seriez venus proclamer, comme de braves
enfants qui veulent étonner et dépasser le rival, vos prouesses, vos
nouvelles connaissances. Maintenant, vous vous taisez. D'enfants, vous
êtes devenus des adolescents. Maintenant, vous savez qu'avec cette
proclamation, vous pourriez mortifier le compagnon qui peut-être a moins
reçu de Dieu, et vous vous taisez. Vous êtes, en outre, comme des jeunes
filles qui ne sont plus impubères. Il est né en vous une sainte pudeur
sur les métamorphoses que vous a révélées le mystère nuptial des
âmes avec Dieu. En vérité, je vous dis qu'à cause de l'amour que j'ai pour vous et à cause de la sagesse que je possède, si je n'avais pas le devoir d'accomplir l’œuvre du Père, je voudrais vous garder ici, et rester avec vous, isolés, certain qu'ainsi je ferais de vous, et promptement, de grands saints, sans plus de défaillances, de défections, de chutes, de ralentissements, de retours en arrière. Mais, je ne puis pas. Je dois aller, vous devez aller. 110> Le monde nous attend, le monde profané et profanateur qui a besoin de maîtres et de rédempteurs. J'ai voulu vous faire connaître Dieu pour que vous l'aimiez beaucoup plus que le monde, qui avec toutes ses affections ne vaut pas un seul sourire de Dieu. J'ai voulu vous faire méditer sur ce qu'est le monde et sur ce qu'est Dieu pour vous faire désirer ce qui est le meilleur. En ce moment, vous n'aspirez qu'à Dieu. Oh ! si je pouvais vous fixer à cette heure, à cette aspiration ! Mais le monde nous attend. Et nous allons vers le monde qui nous attend. Au nom de la sainte Charité : comme Elle m'a envoyé au monde, ainsi je vous envoie par mon ordre au monde. Mais, je vous en conjure ! Comme on garde une perle en son écrin, gardez en votre cœur le trésor de ces jours où vous vous êtes regardés, soignés, relevés, revêtus, unis à Dieu. Et comme les pierres de témoignage élevées par les Patriarches en souvenir des alliances avec Dieu, conservez et gardez ces précieux souvenirs en votre cœur. A partir d'aujourd'hui, vous n'êtes plus mes disciples préférés mais les apôtres, les chefs de mon Église. De vous viendront, au cours des siècles, toutes ses hiérarchies et on vous appellera maîtres, ayant pour Maître votre Dieu en sa triple puissance, sagesse, charité. Je ne vous ai pas choisis parce que vous étiez les plus méritants, mais pour un ensemble complexe de causes qu'il n'est pas nécessaire que vous connaissiez maintenant. Je vous ai choisis à la place des bergers qui sont mes disciples depuis l'époque où j'étais un bébé vagissant. Pourquoi l'ai-je fait ? Parce que c'était bien de le faire. Parmi vous, il y a des galiléens et des juifs, des savants et des ignorants, des riches et des pauvres. Tout cela au point de vue du monde. Afin qu'on ne dise pas que j'ai préféré une seule catégorie. Mais vous ne suffirez pas pour tout ce qu'il y a à faire. Ni maintenant, ni plus tard. Vous n'avez pas tous, présent à la mémoire, un passage du Livre. Je vous le rappelle. Au second livre des Paralipomènes[1], au vingt neuvième chapitre, on raconte comment Ezéchias, roi de Juda, fit purifier le Temple. Après qu'il fut purifié, il fit faire des sacrifices pour le péché, pour le royaume, pour le sanctuaire et pour Juda et après on commença l'offrande individuelle. Mais comme les prêtres ne suffisaient pas pour les immolations, on appela à l'aide les lévites, consacrés par un rite plus court que les prêtres.
Les devoirs des apôtres et des disciples seront toujours ceux des prêtres et des lévites d'Ezéchias : pratiquer le culte, abattre les idolâtries, purifier les cœurs et les lieux, prêcher le Seigneur et sa Parole. Il n'est pas sur la terre de fonction plus sainte, ni de dignité plus élevée que la vôtre. Mais c'est pour cela que je vous ai dit : "Écoutez-vous, examinez-vous". Malheur à l'apôtre qui tombe ! Il entraîne avec lui beaucoup de disciples et eux entraînent un nombre bien plus grand de fidèles. C'est la ruine qui grossit toujours plus comme une avalanche ou comme le cercle qui s'étend sur le lac à la suite des pierres jetées au même point. Serez-vous
tous parfaits ? Non. L'esprit qui vous anime durera-t- il ? Non.
Allons. Allons à la rencontre des autres qui en grand nombre attendent ma venue. Ensuite j'irai pour quelques heures à Tibériade, et vous, en parlant en public de Moi, vous irez m'attendre au pied de la montagne sur la route directe de Tibériade à la mer. Je viendrai là et monterai pour prêcher. Prenez les sacs et les manteaux. Le séjour est terminé et l'élection est faite." |
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