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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
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d'après une
illustration de Harry Anderson sur Vendredi 16 février 29 (13 Adar)
- Retour sur la guérison d'un pécheur 265 - Marie de Lazare en est la rédemptrice 266 - Rencontre avec de nombreux disciples 267 - ([Commentaire de Jésus : Localisation du passage suivant]) - Ne pas juger 267 - Discussion sur les mérites d'un chacun 268 - Un enfant rejoint Jésus, lui demande une parabole 268 - Discours (Le berger et l'agnelet fidèle) 269 - Il s'agit bien de Jésus et du petit Benjamin 270 - Discours (Soyez comme cet enfant) 271 - Le grand respect des disciples pour Jésus 272 - La pêche a été abondante 272 - Autour d'une barque renversée 272 - Discours (Les curiosités humaines 273 - Avoir une âme d'enfant 273 - Respecter les enfants 275 - L'unique ennemi c'est Satan 276 - Pas de limite pour le travail de l'apôtre) 276 - Quelqu'un chassait le démon au nom de Jésus 276 - Discours (Appelez-le frère) 277 |
Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 5 5.40. |
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265> C'est juste au moment où le ciel et le lac sont incendiés par
les feux du crépuscule qu'ils reviennent vers Capharnaüm. Ils sont contents.
Ils parlent entre eux. Jésus parle peu, mais il sourit. Ils remarquent que,
si le messager avait été plus précis, il leur aurait épargné du chemin. Mais
pourtant, aussi, ils disent qu'ils ont été payés de leur fatigue parce que "Je vous l'avais
dit que le Père aurait pourvu à tout" dit Jésus. "Et c'est un
ancien amant de Marie de Magdala ?" demande Philippe. "Il semble...
D'après ce que l'on nous a dit..." répond Thomas. "A Toi,
Seigneur, que t'a dit l'homme ?" demande Jude d'Alphée. Jésus
sourit évasivement. "Moi, je l'ai vu
plus d'une fois avec elle, quand j'allais à Tibériade avec des amis. Cela est
sûr" affirme Mathieu. "Oui, Frère,
contente-nous... L'homme t'a-t-il demandé seulement de guérir, ou aussi d'être
pardonné ?" demande Jacques d'Alphée. "Quelle question
inutile ! Quand donc le Seigneur n'exige-t-il pas de repentir, pour
accorder une grâce ?" dit l'Iscariote avec quelque dédain pour
Jacques d'Alphée. "Mon frère n'a
pas dit une sottise. Jésus guérit ou délivre, et puis il dit: "Va et ne
pèche plus" lui répond le Thaddée. "Mais c'est
parce qu'il voit déjà le repentir dans les cœurs" réplique l'Iscariote. "Chez les
possédés il n'y a pas de repentir ni de volonté d'être délivrés. Pas un nous
l'a prouvé. Rappelle-toi tous les cas. Tu ver- ras que, ou bien ils
s'enfuyaient, ou bien ils se manifestaient comme ennemis ou, pour le moins,
ils essayaient l'une ou l'autre chose et ils n'y arrivaient pas seulement
parce que les parents les en empêchaient" réplique le Thaddée. "Et la puissance
de Jésus" ajoute le Zélote. "Mais alors
Jésus tient compte de la volonté des parents qui représentent la volonté du
possédé qui, si le démon ne l'en empêchait pas, voudrait être délivré." 266> "Oh ! que de subtilités ! Et pour les pécheurs
alors ? Il me semble qu'il emploie la même formule, même s'ils ne sont
pas possédés" dit Jacques de Zébédée. "A moi il a
dit : "Suis-moi" et je ne Lui avais pas encore dit un mot
concernant mon état" observe Mathieu. "Mais il le voyait
dans ton cœur" dit l'Iscariote qui veut toujours avoir raison, à tout
prix. "Et c'est
bien ! Mais cet homme, qui d'après le bruit qui court était un grand
débauché et un grand pécheur, n'était pas possédé, ou plutôt sans l'être il
avait un démon comme maître sinon comme possesseur, avec tous ses péchés. Il
était moribond, mais qu'a-t-il demandé en somme ? Nous sommes en train
de faire un voyage dans les nuages me semble-t-il... nous en sommes encore à
la première question" dit Pierre. Jésus le satisfait :
"Cet homme a voulu être seul avec Moi pour pouvoir parler en toute
liberté. Il n'a pas exposé tout de suite son état de santé. ..mais l'état de
son esprit. Il a dit : "Je suis mourant, mais pas encore comme j'ai
fait croire pour t'avoir le plus vite possible. J'ai besoin de ton pardon
pour guérir. Mais cela me suffit. Si tu ne me guéris pas, je me résignerai.
Je l'ai mérité. Mais sauve mon âme" et il m'a confessé ses nombreuses
fautes. Une chaîne de fautes à donner la nausée..." Jésus parle ainsi,
mais son visage resplendit de joie. "Et tu en
souris, Maître ? Cela m'étonne !" observe Barthélemy.
"Ta
Mère !" disent plusieurs. Et d'autres : "Jeanne de Chouza ! S'il allait souvent à, Tibériade, peut-être
il la connaît." Jésus hoche la tête. Ils Lui demandent : "Qui,
alors ?" "Marie de
Lazare" répond Jésus. "Elle est venue
ici ? Pourquoi ne s'est-elle pas fait voir à quelqu'un de
nous ?" "Elle n'est pas
venue. Elle a écrit à son ancien complice. J'ai lu les lettres. Toutes lui adressent
la même supplication : de l'écouter, de se racheter comme elle-même
s'est rachetée, de la suivre dans le Bien comme il l'avait suivie dans la
faute, et avec des paroles de larmes, elles le priaient de soulager l'âme de
Marie du remords d'avoir séduit son âme. Et elle l'a converti, à tel point
qu'il s'était retiré dans sa maison de campagne pour vaincre les tentations
de la ville. La maladie, qui venait davantage de ses remords que de son état
physique, a fini de le préparer à la Grâce. Voilà. Êtes-vous contents
maintenant ? Comprenez-vous maintenant pourquoi je souris ?" 267> "Oui,
Maître" disent-ils tous. Et ensuite, voyant que Jésus allonge le pas,
comme pour s'isoler, ils se mettent à bavarder entre eux... Ils sont déjà en vue
de Capharnaüm lorsque, au carrefour de la route qu'ils suivent avec celle qui
côtoie le lac en venant de Magdala, ils croisent les disciples venus à pied
en évangélisant de Tibériade. Tous, sauf Margziam, les bergers et Manaën, qui
sont allés de Nazareth à Jérusalem avec les femmes. Et même les disciples
sont plus nombreux à cause de quelques éléments qui se sont unis à eux au
retour de leur mission et qui amènent avec eux de nouveaux prosélytes de la
doctrine chrétienne. Jésus les salue avec douceur,
mais tout de suite s'isole de nouveau dans une méditation et une oraison
profonde, en s'avançant de quelques pas. Les apôtres, de leur côté,
s'unissent aux disciples surtout aux plus influents, à savoir : Etienne,
Hermas, le prêtre Jean, Jean le scribe, Timonée,[1][1] Joseph d'Emmaüs, Hermastée (qui d'après ce que je comprends vole sur le
chemin de la perfection), Abel de Bethléem de Galilée dont la mère se trouve
dans la foule avec d'autres femmes. Les disciples et les apôtres échangent
questions et réponses sur ce qui est arrivé depuis qu'ils se sont quittés.
C'est ainsi qu'ils parlent de la guérison et de la conversion d'aujourd'hui,
et du miracle du statère dans la bouche du poisson... Ce dernier, en raison
des circonstances qui sont à son origine, produit une grande conversation qui
se propage d'un rang à l'autre comme un feu qui prend dans des feuilles
sèches... Je vois Jésus qui
suit un chemin de campagne suivi et entouré de ses apôtres et des disciples. Le lac de Galilée
brille pas très loin tranquille et azuré sous un beau soleil de printemps ou
d'automne car il n'est pas violent comme un soleil d'été. Mais je dirais que
c'est le printemps car la nature est très fraîche et elle n'a pas ces tons
dorés et mourants que l'on voit en automne. Il semble qu'à
l'approche du soir, Jésus se retire dans la maison hospitalière et se dirige
par conséquent vers la ville que l'on voit apparaître déjà. Jésus, comme il
arrive souvent, est à quelques pas en avant des disciples. 268> Deux ou trois, pas
plus, mais assez pour pouvoir s'isoler dans ses pensées, ayant besoin de
silence après une journée d'évangélisation. Il chemine absorbé, avec dans la
main droite un rameau vert, certainement cueilli dans quelque buisson avec
lequel il fouette légèrement, perdu dans ses pensées, les herbes de la berge.
Derrière Lui, au
contraire, les disciples parlent avec animation. Ils rappellent les
événements de la journée et ils n'ont pas la main trop légère pour apprécier
les défauts d'autrui et les méchancetés d'autrui. Tous critiquent plus ou
moins le fait que ceux qui sont chargés de la perception du tribut pour le
Temple aient voulu être payés par Jésus. Pierre, toujours
véhément, soutient que c'est un sacrilège parce que le Messie n'est pas tenu
de payer le tribut : "C'est comme si on voulait que Dieu se paie
Lui-même" dit-il. "Et cela n'est pas juste. Si, ensuite, ils
croient que Lui n'est pas le Messie, cela devient un sacrilège." Jésus se tourne un
instant et il dit : "Simon, Simon, il y en aura tant qui douteront
de Moi ! Même parmi ceux qui croient que leur foi en Moi est assurée et
inébranlable. Ne juge pas les frères, Simon. Commence par te juger
toi-même." Judas, avec un
sourire ironique, dit à Pierre qui humilié a baissé la tête : "Ceci
est pour toi. Parce que tu es le plus âgé tu veux toujours faire le docteur.
Il n'est pas dit qu'il faille juger le mérite d'après l'âge. Parmi nous, il y
en a qui te sont supérieurs pour le savoir et la position sociale." Il s'allume une
discussion sur les mérites respectifs. Tel se vante d'avoir été parmi les
premiers disciples, tel appuie son mérite sur la situation qu'il a
quittée pour suivre Jésus, tel dit que personne comme lui n'a des
droits parce que personne ne s'est converti comme lui, en passant de la
situation de publicain à celle de disciple. La discussion se prolonge, et si
je ne craignais pas d'offenser les apôtres, je dirais qu'elle prend les
allures d'un véritable procès. Jésus s'en
désintéresse. Il semble n'entendre plus rien. Entre temps on est arrivé aux
premières maisons de la ville que je sais être Capharnaüm. Jésus continue et
les autres par derrière sont toujours en discussion. Un enfant de sept à
huit ans court derrière Jésus en sautant. Il le rejoint en dépassant le
groupe plus qu'animé des apôtres. C'est un bel enfant aux cheveux châtains
foncés tout bouclés, courts. Dans son visage brun, il a deux yeux noirs
intelligents. Il appelle avec familiarité le Maître, comme s'il le
connaissait bien. "Jésus !," dit-il "laisse-moi venir
avec Toi jusqu'à ta maison, veux-tu ?" 269> "Ta mère le sait-elle ?" demande Jésus en le
regardant avec un doux sourire. "Elle le
sait." "En
vérité ?" Jésus, tout en souriant, le regarde d'un regard
pénétrant. "Oui, Jésus, en
vérité." "Alors,
viens." L'enfant fait un saut
de joie et prend la main gauche de Jésus qui la lui présente. C'est avec une
amoureuse confiance que l’enfant met sa petite main brune dans la longue main
de mon Jésus. Moi, je voudrais bien en faire autant ! "Raconte-moi une
belle parabole, Jésus" dit l'enfant en sautant aux côtés du Maître et en
le regardant par en dessous avec un petit visage qui resplendit de joie. Jésus aussi le
regarde avec un sourire joyeux qui Lui fait entrouvrir la bouche qu'ombragent
des moustaches et une barbe blonde-rousse que le soleil fait briller comme si
c'était de l'or. Ses yeux de saphir foncé rient de joie quand il regarde
l'enfant. "Qu'en fais-tu
de la parabole ? Ce n'est pas un jeu." "C'est plus beau
qu'un jeu. Quand je vais dormir, j'y pense, et puis j'en rêve et le lendemain
je m'en souviens et je me la redis pour être bon. Elle me rend bon." "Tu t'en
souviens ?" "Oui. Veux-tu
que je te dise toutes celles que tu m'as dites ?" "Tu es brave,
Benjamin, plus que les hommes qui oublient. En récompense, je te dirai la
parabole." L'enfant ne saute
plus. Il marche, sérieux, attentif comme un adulte, et il ne perd pas un mot,
pas une inflexion de la voix de Jésus qu'il regarde avec attention, sans même
prendre garde où il met ses pieds.
Il voulait les amener
dans son royaume, parce que ce berger était roi aussi comme l'ont été de
nombreux rois en Israël. Dans son royaume, ces brebis et ces agneaux auraient
tant de pâturages sains, tant d'eaux fraîches et pures, des chemins sûrs et
des abris solides contre les voleurs et les loups féroces. 270> Alors ce berger
rassembla ses brebis et ses agneaux et il leur dit : "Je suis venu
pour vous sauver, pour vous amener là où vous ne souffrirez plus, où vous ne
connaîtrez plus les embûches et les douleurs, Aimez-moi, suivez-moi, car je
vous aime tant et, pour vous avoir, je me suis sacrifié de toutes manières.
Mais si vous m'aimez, mon sacrifice ne me pèsera pas. Suivez-moi et
allons". Et le berger en avant, les brebis à la suite, prirent le chemin
vers le royaume de la joie. À chaque instant, le
berger se retournait pour voir si elles le suivaient, pour exhorter celles
qui étaient fatiguées, encourager celles qui perdaient confiance, pour
secourir les malades, caresser les agneaux. Comme il les aimait ! Il
leur donnait son pain et son sel. Il commençait par goûter l'eau des sources
pour voir si elle était saine et la bénissait pour la rendre sainte. Mais les brebis - le
crois-tu, Benjamin ? - les brebis, après quelque temps se lassèrent. Une
d'abord, puis deux, puis dix, puis cent restèrent en arrière à brouter
l'herbe jusqu'à s'empiffrer au point de ne plus se mouvoir et se couchèrent,
fatiguées et repues, dans la poussière et dans la boue. D'autres se
penchèrent sur les précipices, malgré les paroles du berger : "Ne
le faites pas". Comme il se mettait là où il y avait un plus grand
danger, pour les empêcher d'y aller, certaines le bousculèrent avec leurs
têtes arrogantes et plus d'une fois essayèrent de le jeter au fond. Ainsi beaucoup
finirent dans les ravins et moururent misérablement. D'autres se battirent à
coups de cornes et de têtes, et se tuèrent entre elles. Seul un agnelet ne
s'écarta jamais. Il courait en bêlant et il disait par son bêlement au
berger : "Je t'aime". Il courait derrière le bon berger et
quand ils arrivèrent à la porte de son royaume, il n'y avait qu'eux
deux : le berger et l'agnelet fidèle. Alors le berger ne dit pas :
"Entre", mais il dit : "Viens" et il le prit sur sa
poitrine, dans ses bras, et il l'amena à l'intérieur en appelant tous ses
sujets et en leur disant : "Voici. Celui-ci m'aime. Je veux qu'il
soit avec Moi pour toujours. Et vous aimez-le, car c'est celui que préfère
mon cœur". La parabole est
finie, Benjamin. Maintenant peux-tu me dire quel est ce bon
berger ?" "C'est Toi,
Jésus." "Et cet agnelet,
qui est-ce ?" "C'est moi,
Jésus." "Mais maintenant
je vais partir. Tu m'oublieras." "Non, Jésus, je
ne t'oublierai pas parce que je t'aime." 271> "Ton amour disparaîtra quand tu ne me verras plus." "Je me dirai à
moi-même les paroles que tu m'as dites, et ce sera comme si tu étais présent.
Je t'aimerai et je t'obéirai de cette façon. Et, dis-moi, Jésus : Toi,
tu te souviendras de Benjamin ?" "Toujours." "Comment
feras-tu pour te souvenir ?" "Je me dirai que
tu m'as promis de m'aimer et de m'obéir, et je me souviendrai ainsi de
toi." "Et tu me
donneras ton Royaume ?" "Si tu seras
bon, oui." "Je serai
bon." "Comment
feras-tu ? La vie est longue." "Mais aussi tes
paroles sont si bonnes. Si je me les dis et si je fais ce qu'elles me disent
de faire, je me garderai bon toute ma vie. Et je le ferai parce que je
t'aime. Quand on aime bien, ce n'est pas fatigante d'être bon. Je ne me
fatigue pas d'obéir à maman, parce que je l'aime bien. Je ne me fatiguerai pas
d'être obéissant pour Toi, parce que je t'aime bien." Jésus s'est arrêté
pour regarder le petit visage enflammé par l'amour plus que par le soleil. La
joie de Jésus est si vive qu'il semble qu'un autre soleil se soit allumé en son
âme et irradie par ses pupilles. Il se penche et il baise l'enfant sur le
front. Il s'est arrêté
devant une petite maison modeste, avec un puits devant. Jésus va ensuite
s'asseoir près du puits et c'est là que le rejoignent les disciples, qui sont
encore en train de mesurer leurs prérogatives respectives. Jésus les regarde,
puis il les appelle : «Venez autour de Moi, et écoutez le dernier
enseignement de la journée, vous qui célébrez sans cesse vos mérites et
pensez à vous adjuger une place en rapport avec eux. Vous voyez cet
enfant ? Lui est dans la vérité plus que vous. Son innocence lui donne
les clefs pour ouvrir les portes de mon Royaume. Lui a compris, dans sa
simplicité de tout petit, que c'est dans l'amour que se trouve la force de
devenir grand et dans l'obéissance par amour celle d'entrer dans mon Royaume.
Soyez simples, humbles, aimants d'un amour que vous ne donniez pas qu'à Moi
mais que vous partagiez entre vous, obéissant à mes paroles, à toutes, même
à celles-ci, si vous voulez arriver la où entreront ces innocents.
Apprenez auprès des petits. Le Père leur révèle là vérité comme Il ne la
révèle pas aux sages." 272> Jésus parle en tenant
Benjamin debout contre ses genoux et il lui tient les mains sur les épaules.
En ce moment le visage de Jésus est plein de majesté. .Il est sérieux, pas
courroucé, mais sérieux. C'est vraiment le Maître. Le dernier rayon de soleil
nimbe sa tête blonde. La vision s'arrête
pour moi ici, en me laissant pleine de douceur dans mes souffrances. Les disciples n'ont
donc pas pu entrer dans la maison, c'est naturel, à cause de leur nombre et
par respect. Ils ne le font jamais s'ils ne sont pas invités par le Maître à
le faire, en groupe ou en particulier. Je remarque toujours un grand respect,
une grande retenue, malgré l'affabilité du Maître et sa longue familiarité.
Même Isaac, qui pourrait se dire le premier d'entre les disciples, ne prend
jamais la liberté d'aller vers Jésus, sans qu'un sourire, au moins un sourire
du Maître l'appelle près de Lui. N'est-ce pas un peu différent de la manière désinvolte et
presque burlesque dont beaucoup traitent ce qui est surnaturel... Ceci est un
de mes commentaires et que je trouve juste, car cela ne me va pas que les
gens aient avec des choses, qui sont au-dessus de nous, les manières que nous
n'avons pas à l'égard de nos égaux, les hommes, quand ils sont tant soit peu
au-dessus de nous... Mais !... Allons de l'avant... Donc les disciples se
sont répandus sur la rive du lac pour acheter du poisson pour le souper, et
aussi du pain et ce qu'il faut. Jacques de Zébédée revient aussi et il
appelle le Maître qui est assis sur la terrasse avec Jean accroupi à ses
pieds dans un entretien plein de douceur et d'abandon... Jésus se lève et se
penche au-dessus du parapet. Jacques dit : "Que
de poissons, Maître ! Mon père dit que ton arrivée a béni les filets.
Regarde : ceci est pour nous" et il montre un panier de poissons
argentés. "Que Dieu lui
donne des grâces pour sa générosité. Préparez-le et après le souper nous
irons sur la rive avec les disciples." Et ainsi font-ils. Le
lac est noir dans la nuit, en attendant la lune qui se lève tard. On ne le
voit pas, mais on entend son murmure, son clapotis contre les rochers du
rivage. Seules les incroyables étoiles des nuits d'Orient se mirent dans ses
eaux tranquilles. Ils s'assoient en cercle autour d'une petite barque
renversée, sur laquelle est assis Jésus. Les petits fanaux des barques
apportés ici, au milieu du cercle, éclairent à peine les visages les plus
voisins. Le visage de Jésus est tout éclairé par en dessous par un falot
placé à ses pieds, et tous, de cette façon, peuvent le voir quand il parle à
l'un ou l'autre. 273> Au début c'est une conversation sans façon, familière, mais
ensuite elle prend le ton d'une instruction. Jésus le dit même
ouvertement : "Venez et écoutez. D'ici peu, nous nous séparerons et
je veux vous instruire encore pour vous mieux former.
N'est-ce pas
ainsi ? Les questions tremblent sur vos lèvres et vivent au fond de votre
cœur. Le Maître, pour votre bien, accepte cette curiosité bien qu'il ait
horreur de céder aux curiosités humaines. Votre Maître n'est pas un charlatan
que l'on interroge pour deux piécettes au milieu du vacarme d'un marché. Ce
n'est pas quelqu'un possédé par l'esprit du Python qui se procure de l'argent
en faisant le devin, pour répondre aux esprits étroits des hommes qui veulent
connaître l'avenir pour savoir comment "se diriger". L'homme
ne peut se diriger par lui-même. C'est Dieu qui le dirige si l'homme a foi en
Lui ! Moi, cette fois-ci,
parce que cette curiosité peut vous donner un bon enseignement, j'y réponds,
bien que j'aie horreur des questions curieuses et irrespectueuses. Vous vous
demandez : 274> Moi, je supprime la
limite du "parmi nous" et j'élargis la question aux limites du
monde entier, présent et futur, et je réponds : Le plus grand dans le
Royaume des Cieux, c'est le plus petit parmi les hommes, c'est-à-dire celui
que les hommes considèrent comme "le plus petit". Celui qui est
simple, humble, confiant, ignorant, par conséquent l'enfant, ou celui qui
sait se refaire une âme d'enfant. Ce n'est pas la science, ni la puissance,
ni la richesse, ni l'activité, même si elle est bonne, qui vous rendront
"le plus grand" dans le Royaume bienheureux. Mais d'être comme des
tout petits par l'amour, l'humilité, la simplicité, la foi. Observez comme
m'aiment les enfants et imitez-les. Comme ils croient en Moi, et imitez-les.
Comme ils se souviennent de ce que je dis, et imitez-les. Comme ils font ce
que j'enseigne, et imitez-les. Comme ils ne s'enorgueillissent pas de ce
qu'ils font, et imitez-les. Comme ils n'ont pas de jalousie pour Moi ni pour
leurs compagnons, et imitez-les. En vérité je vous dis que, si vous ne
changez pas votre manière de penser, d'agir et d'aimer, et si vous ne vous
refaites pas sur le modèle des tout petits, vous n'entrerez pas dans le
Royaume des Cieux. Eux savent ce que vous savez, ce qu'il y a d'essentiel
dans ma doctrine. Mais avec quelle différence ils pratiquent ce que
j'enseigne ! Vous, vous dites pour toute bonne action que vous
accomplissez : "J'ai fait", L'enfant dit : "Jésus,
je me suis souvenu de Toi aujourd'hui, et à cause de Toi j'ai obéi, j'ai
aimé, j'ai contenu un désir de me battre... et je suis content parce que Toi,
je le sais, tu sais quand je suis bon et tu en es content". Et encore
considérez les enfants quand ils agissent mal, Avec quelle humilité ils me
l'avouent : " Aujourd'hui j'ai été méchant. Et cela me déplaît
parce que je t'ai donné de la douleur". Ils ne cherchent pas d'excuses.
Ils savent que je sais, ils croient, ils souffrent de ma douleur. Oh ! ils sont
chers à mon cœur, les enfants, en qui il n'y a pas d'orgueil, pas de
duplicité, pas de luxure ! Moi, je vous le dis : devenez semblables
à des petits, si vous voulez entrer dans mon Royaume. Aimez les petits comme
l'exemple angélique que vous pouvez encore avoir. Vous devriez être comme des
anges. Pour vous excuser, vous pourriez dire : "Nous ne voyons pas
les anges". Mais Dieu vous donne les enfants comme modèles et eux, vous
les avez parmi vous. Et si vous voyez un enfant abandonné matériellement, ou
abandonné moralement, et qui peut périr, accueillez-le en mon Nom, parce
qu'eux sont très aimés de Dieu. Et quiconque accueille un enfant en
mon Nom, m'accueille Moi-même, parce que je suis dans l'âme des enfants, qui
est innocente. Et celui qui m'accueille, accueille Celui qui m'a envoyé, le
Seigneur Très-Haut. 275> L'enfant sanctifie,
restaure et rafraîchit par le seul rayonnement de ses yeux sans malice. Mais
malheur à ceux qui enlèvent sa sainteté à l'enfant par leur scandaleuse
manière d'agir ! Malheur à ceux qui par leur conduite licencieuse
transmettent leur malice aux enfants ! Malheur à ceux qui par leurs
propos et leur ironie blessent la foi que les enfants ont en Moi ! Il
vaudrait mieux qu'à tous ceux-là on attache à leur cou une meule de moulin,
et qu'on les jette à la mer pour qu'ils s'y noient avec leurs scandales.
Malheur au monde pour les scandales qu'il donne aux innocents ! Car,
s'il est inévitable qu'il arrive des scandales, malheur à l'homme qui les
provoque par sa faute ! Personne n'a le droit
de faire violence à son corps et à sa vie, car la vie et le corps viennent de
Dieu, et Lui seul a le droit d'en prendre une partie ou le tout. Mais
pourtant je vous dis que si votre main vous scandalise, il vaut mieux que
vous la coupiez, que si votre pied vous porte à donner du scandale, il est
bien que vous le coupiez. Il vaut mieux pour vous entrer manchots ou boiteux
dans la Vie que d'être jetés au feu éternel avec les deux mains et les deux
pieds. Et s'il ne suffit pas d'un pied ou d'une main coupés, faites couper
aussi l'autre main ou l'autre pied, pour ne plus donner de scandale et pour
avoir le temps de vous repentir avant d'être jetés là où le feu ne s'éteint
pas et ronge comme un ver pour l'éternité. Et si c'est votre œil qui est pour
vous occasion de scandale, arrachez-le. Il vaut mieux être borgne que d'être
dans l'enfer avec les deux yeux.[2][2] Avec un seul œil ou même sans
aucun, arrivés au Ciel, vous verrez la Lumière, alors qu'avec les deux yeux
scandaleux, vous verrez dans l'enfer les ténèbres et l’horreur. 276> Et rien d'autre.
Rappelez-vous tout cela. Ne méprisez pas les petits, ne les scandalisez pas,
ne vous moquez pas d'eux. Ils sont plus que vous, car leurs anges ne cessent
de voir Dieu qui leur dit les vérités qu'ils doivent révéler aux enfants et à
ceux qui ont un cœur d'enfant. Et vous, comme des
enfants, aimez-vous entre vous, sans disputes, sans orgueil. Restez en paix
entre vous. Ayez un esprit de paix pour tous. Vous êtes frères, au nom du
Seigneur, et non pas ennemis. Il n'y a pas, il ne doit pas y avoir d'ennemis
pour les disciples de Jésus. L'unique Ennemi, c'est Satan. Pour lui, soyez
des ennemis implacables, entrez en lutte contre lui et contre les péchés qui
amènent Satan dans les cœurs. Soyez infatigables dans le combat contre le mal
quelque soit la forme qu'il prenne. Et patients. Il n'y a
pas de limite pour le travail de l'apôtre, car le travail du Mal ne connaît
pas de limites. Jésus s'interrompt
brusquement et demande : "Mais, en somme, pourquoi ennuyez-vous
toujours Jean ? Que veulent-ils de toi ?" Jean rougit comme une
flamme, et Barthélemy, Thomas, l'Iscariote baissent la tête en se voyant
découverts. "Eh
bien ?" demande impérieusement Jésus. "Maître, mes
compagnons veulent que je te dise une chose." "Dis-la,
donc !" 277> "Aujourd'hui,
pendant que tu étais chez ce malade et que nous allions à travers le pays
comme tu l'avais dit, nous avons vu un homme qui n'est pas ton disciple, et
que nous n'avons même jamais remarqué parmi ceux qui écoutent tes
enseignements, qui chassait des démons en ton Nom dans un groupe de pèlerins
qui allaient à Jérusalem. Et il réussissait, il a guéri quelqu'un qui avait
un tremblement lui interdisant tout travail, et il a rendu la parole à une
fillette qui avait été assaillie dans le bois par un démon qui avait pris la
forme d'un chien et qui lui avait lié la langue. Lui disait : "Va-t-en,
démon maudit, au nom du Seigneur Jésus, le Christ, Roi de la souche de David,
Roi d'Israël. Lui est Sauveur et Vainqueur. Fuis devant son Nom !"
et le démon s'enfuyait réellement. Nous nous sommes fâchés et lui l'avons
interdit. Il nous a dit : "Qu'est-ce que je fais de mal ?
J'honore le Christ en débarrassant son chemin des démons qui ne sont pas
dignes de le voir". Nous lui avons répondu : "Tu n'es pas
exorciste en Israël, et tu n'es pas disciple du Christ. Il ne t'est pas
permis de le faire". Il a dit : "Il est toujours permis de
faire le bien"et il s'est révolté contre notre
injonction en disant : "Et je continuerai à faire ce que je
fais". Voilà, ils voulaient que je te dise cela, surtout maintenant que
tu as dit qu'au Ciel il y aura tous ceux qui ont combattu Satan."
"Nous avons
péché, Seigneur ?" demande Jean contrit. |
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"Non. Vous avez
agi par ignorance mais sans malice. Il n'y a donc pas de faute. Pourtant, à
l'avenir, ce serait une faute parce que maintenant vous savez. Et maintenant
allons dans nos maisons. La paix soit avec vous." |
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