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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
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lundi 14 février 28 (1 Adar)
- Les apôtres mêlés à la foule 150 - Discours (Les
questions sur l'au-delà .150 - Dieu, Législateur et Père 151 - Adam, ses dons naturels et surnaturels 151 - La Grâce en nous 152 - Croulera la séparation entre l'homme et Dieu
153 - Points de vue de la menace et de l'amour 153 - Bienheureux ceux qui ont l'esprit de
pauvreté 154 - Bienheureux ceux qui sont doux 156 - Ceux qui pleurent sans se révolter 157 - Ceux qui ont faim et soif de justice 157 - Ceux qui sont miséricordieux 158 - Ceux qui ont le cœur pur 159 - Ceux qui sont des artisans de paix 159 - Ceux qui sont persécutés pour la justice 160 - Ceux qui sont outragés et calomniés) 160 |
Accueil >> Plan du Site >> Sommaire du Tome 3 3.30. |
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150> Jésus
parle aux apôtres en leur assignant à chacun une
place pour diriger et surveiller la foule qui monte dès les premières heures
de la matinée, avec des malades portés sur les bras ou sur des brancards ou
qui se traînent avec des béquilles. Dans la foule, il y a Étienne et Hermas. L'air est pur et un peu frais mais le soleil
a vite fait de tempérer cet air de montagne un peu vif. C'est tout avantage,
car le soleil donne à l'air une fraîcheur qui n'est pas désagréable. Les gens
s'assoient sur des pierres ou des rochers épars dans la vallée entre les deux
cimes. Certains attendent que le soleil ait séché l'herbe humide de rosée
pour s'asseoir à même le sol. Il y a une foule nombreuse venue de toutes les
régions de Palestine, et de toutes conditions. Les apôtres sont perdus dans
la foule, mais comme des abeilles qui vont et viennent du pré au rucher, ils
reviennent de temps à autre auprès du Maître, pour le renseigner, pour le
questionner, pour avoir le plaisir que le Maître les regarde de près. Jésus monte un peu plus haut que le pré qui
est au fond de la vallée, s'adosse à la paroi d'un rocher et commence à
parler. "Plusieurs m'ont demandé pendant une
année de prédication : "Mais, Toi, qui te dis le Fils de Dieu,
dis-nous ce qu'est que le Ciel, ce qu'est que le Royaume, ce qu'est Dieu, car
nous avons des idées confuses. Nous savons que le Ciel existe avec Dieu et
les anges. Mais personne n'est jamais venu nous dire comment il est, puisque
il est fermé aux justes". 151> On m'a même demandé
ce qu'est que le Royaume et ce qu'est Dieu. Et je me suis efforcé de vous
expliquer ce qu'est que le Royaume et ce qu'est Dieu. Efforcé, non parce
qu'il m'était difficile de m'expliquer, mais parce qu'il m'est difficile,
pour un ensemble de circonstances, de vous faire accepter une vérité qui se
heurte, en ce qui concerne le Royaume, contre tout un édifice d'idées qui se
sont accumulées au cours des siècles, et en ce qui concerne Dieu contre la
sublimité de sa Nature. D'autres encore m'ont demandé: "C'est
bien pour ce qui est du Royaume et ce qui est de Dieu. Mais comment
conquiert-on celui-ci et celui-là ?" Ici aussi j'ai cherché à vous
expliquer patiemment l'âme véritable de la Loi du Sinaï. Celui qui fait
sienne cette âme s'approprie le Ciel. Mais pour vous expliquer la Loi de
Sinaï il faut aussi faire entendre le ton sévère du Législateur et de son
Prophète. S'ils promettent des bénédictions à ceux qui l'observent, ils
menacent de peines terribles et de malédictions ceux qui désobéissent. La
manifestation du Sinaï fut terrible et cette terreur se reflète dans toute la
Loi, se reflète dans tous les siècles et dans toutes les âmes. Mais Dieu n'est pas
seulement Législateur. Il est Père. Et un Père d'une immense bonté. Peut-être, et sans aucun doute, vos âmes
affaiblies par le péché d'origine, par les passions, par les péchés, par des
égoïsmes de toutes sortes les vôtres et ceux d'autrui, ces derniers vous
faisant une âme irritée, les vôtres une âme fermée, ne peuvent s'élever à la
contemplation des infinies perfections de Dieu et de la bonté, encore moins
que de toute autre, parce que c'est la vertu qui avec l'amour est le moins le
partage des mortels. La bonté! Oh! la douceur d'être bons, sans haine, sans
envie, sans orgueil. Avoir des yeux qui ne regardent que pour aimer, des
mains qui ne se tendent que pour des gestes d'amour, des lèvres qui ne
profèrent que des paroles d'amour, et un cœur, un cœur surtout qui uniquement
rempli d'amour force les yeux, les mains, et les lèvres à des actes
d'amour ! Les plus savants d'entre vous savent de quels
dons Dieu avait enrichi Adam, pour lui et pour ses descendants. Même les plus
ignorants parmi les fils d'Israël savent qu'il y a en nous un esprit. Seuls
les pauvres païens l'ignorent, cet hôte royal, ce souffle vital, cette
lumière céleste qui sanctifie et vivifie notre corps. Mais les plus savants
savent quels dons avaient été donnés à l'homme, à l'esprit de l'homme. 152> Dieu n'a pas été
moins généreux pour l'esprit, que pour la chair et le sang de la créature
qu'Il avait faite avec un peu de boue et avec son souffle. Comme Il avait
donné les dons naturels de beauté et d'intégrité, d'intelligence et de
volonté, le don de s'aimer soi-même et d'aimer les autres, de la même façon Il
avait donné les dons moraux avec la soumission des sens à la raison. Ainsi
dans la liberté et la maîtrise de soi et de la propre volonté, dont Dieu
avait doté Adam, ne s'insinuait pas le pervers esclavage des sens et des
passions, mais libre était l'amour de soi, libre la volonté, libre une juste
jouissance, qui ne vous fait pas esclaves en vous faisant sentir ce poison
que Satan a répandu et qui
déborde, en vous amenant hors du lit limpide sur des terrains fangeux, dans
des marais malsains où fermentent les fièvres des sens charnels et des sens
moraux. Pour que vous sachiez que le désir de la pensée vient aussi du sens.
Et ils eurent des dons surnaturels, à savoir la Grâce sanctifiante, le destin
supérieur, la vision de Dieu. La Grâce sanctifiante: la vie de l'âme. Cette
chose extrêmement spirituelle déposée dans notre âme spirituelle. La Grâce
qui nous fait fils de Dieu car elle nous préserve de la mort du péché, et
celui qui n'est pas mort "vit" dans la maison du Père: le Paradis;
dans mon Royaume: le Ciel. Qu'est-ce que cette Grâce qui sanctifie et qui
donne Vie et Royaume ? Oh ! n'employez pas des flots de
paroles ! La Grâce c'est l'amour. La Grâce, par conséquent, c'est Dieu.
C'est Dieu qui en s'admirant dans la créature qu'Il a créée parfaite s'y
aime, s'y contemple, s'y désire, se donne ce qui est sien pour multiplier son
avoir, pour jouir de cette multiplication, pour s'aimer en tant d'êtres qui
sont d'autres Lui-Même. Oh ! fils ! Ne frustrez pas Dieu de
ce qui est son droit! Ne dépouillez pas Dieu de ce qui est son avoir !
Ne décevez pas Dieu en ce qui est son désir ! Pensez qu'Il agit par
amour. Même si vous n'existiez pas, Lui serait toujours l'Infini et sa
puissance n'en serait pas diminuée. Mais Lui, bien qu'étant complet dans sa
mesure infinie, sans mesure, veut non pas pour Lui ni en Lui - Il ne le
pourrait pas puisque Il est déjà l'Infini - mais pour le Créé, sa créature,
Lui veut augmenter l'amour bien que ce Créé contienne déjà ce qui permet de
donner la Grâce: l'Amour, pour que vous le portiez en vous à la perfection
des saints et pour que vous reversiez ce trésor, tiré du trésor que Dieu vous
a donné avec sa Grâce et augmenté de toutes vos œuvres saintes, de toute votre
vie héroïque de saints, dans l'Océan infini où Dieu se trouve: dans le Ciel. 153> Divines, divines,
divines citernes de L'Amour ! C'est ce que vous êtes, et à votre être
n'est pas donnée la mort, car vous êtes éternels comme Dieu, étant Dieu. Vous
existerez et votre être ne connaîtra pas de fin, parce qu'immortels comme les
esprits saints qui vous ont suralimentés, en revenant en vous enrichis de vos
propres mérites. Vous vivez et nourrissez, vous vivez et enrichissez, vous
vivez et formez cette très sainte chose qui est la Communion des esprits,
depuis Dieu, Esprit Très Parfait, jusqu'à ce tout petit qui vient de naître
qui prend pour la première fois le sein maternel. Ne me jugez pas mal au fond de votre cœur,
vous qui êtes savants ! Ne dites pas: "C'est un fou! C'est un
menteur ! Il faut qu'il soit fou pour parler de la Grâce en nous,
puisque la Faute nous en a privés, il ment en nous disant déjà unis à
Dieu". Oui, la Faute existe; oui, la séparation existe. Mais devant la
puissance du Rédempteur, la Faute, séparation cruelle survenue entre le Père
et les fils, croulera comme une muraille secouée par le nouveau Samson. Déjà
je l'ai saisie et je la secoue et elle vacille, et Satan tremble de colère et
d'impuissance ne pouvant rien contre mon pouvoir et se voyant arracher tant
de proies et devenir plus difficile l'entraînement de l'homme au péché. Parce
que quand, par mon intermédiaire je vous aurai amené à mon Père, et que par
l'effusion de mon sang et par ma douleur vous serez devenus purs et forts, la
Grâce reviendra en vous vivante, éveillée, puissante et vous serez des
triomphateurs, si vous le voulez. Dieu ne vous fait pas violence dans votre
pensée ni non plus dans votre sanctification. Vous êtes libres. Mais Il vous
rend la force. Il vous délivre de la domination de Satan. A vous de reprendre
le joug infernal, ou de mettre à votre âme des ailes d'ange. Tout dépend de
vous pour me prendre comme frère pour que je vous guide et vous nourrisse
d'une nourriture immortelle. "Comment conquérir Dieu et son Royaume
en suivant une autre voie plus douce que la voie sévère du Sinaï ?"
dites-vous. Il n'y a pas d'autre chemin, il y a celui-ci. Mais cependant ne
le regardons pas sous le jour de la menace, mais sous le jour de l'amour. Ne
disons pas: "Malheur si je ne fais pas ceci!" en restant tremblants
dans l'attente du péché, de n'être pas capable de ne pas pécher. Mais disons:
"Bienheureux serai-je si je fais ceci" et avec un élan de joie
surnaturelle, joyeux, élançons-nous vers ces béatitudes, qui naissent de l'observation
de la Loi comme les roses naissent dans un buisson épineux.
154> Bienheureux si je
suis doux, parce que j'aurai la Terre en héritage! Bienheureux si je suis capable de pleurer
sans me révolter, car je serai consolé! Bienheureux si plus que du pain et du vin qui
rassasient la chair, j'ai faim de justice. La Justice me
rassasiera ! Bienheureux si je suis miséricordieux,
car je profiterai de la divine miséricorde ! Bienheureux si je suis pur de cœur,
car Dieu se penchera sur mon cœur pur, et moi je Le verrai ! Bienheureux si j'ai l'esprit de paix,
car Dieu m'appellera son fils, car je serai dans la paix et dans l'amour, et
Dieu est l'Amour qui aime celui qui est semblable à Lui ! Bienheureux si, par fidélité à la justice, je
suis persécuté parce que pour me dédommager des persécutions
de la terre, Dieu me donnera le Royaume des Cieux ! Bienheureux si on m'outrage et si on m'accuse
à tort pour savoir être ton fils, ô Dieu! Ce n'est pas la
désolation mais la joie que cela doit m'apporter, car cela me mettra au
niveau de tes meilleurs serviteurs, les Prophètes, qui furent persécutés pour
la même raison et avec lesquels je crois fermement que je partagerai la même
récompense, grande, éternelle, dans le Ciel qui m'appartient !" Regardons ainsi le chemin du salut à travers
la joie des saints.
Oh ! fièvre satanique des richesses à
quels délires tu conduis les hommes! Les riches, les pauvres. Le riche qui
vit pour son or, idole infâme de son esprit en ruines. Le pauvre qui vit de
la haine qu'il a pour le riche qui possède l'or, et même s'il ne se rend pas
matériellement homicide, il proclame ses anathèmes contre les riches, leur
souhaitant toutes sortes de maux. Il ne suffit pas de ne pas commettre le
mal, il faut encore ne pas désirer le faire. Celui qui maudit en souhaitant
malheurs et mort ne diffère pas beaucoup de celui qui tue matériellement, car
il a en lui le désir de voir périr celui qu'il hait. En vérité je vous dis
que le désir n'est qu'un acte que l'on retient, comme le fruit d'une
conception déjà formé mais non expulsé. Le désir mauvais empoisonne et
corrompt, car il dure davantage que l'acte violent. Il s'enracine plus
profondément que l'acte lui-même. Celui qui est pauvre en esprit, s'il est
matériellement riche ne pèche pas à cause de l'or, mais avec son or il
réalise sa sanctification parce qu'il en fait de l'amour. 155> Aimé et béni, il est
semblable à ces sources qui sauvent les voyageurs dans les
déserts et qui se donnent sans avarice, heureuses de pouvoir se donner pour
soulager ceux qui désespèrent. S'il est réellement pauvre, il est joyeux dans
sa pauvreté et trouve son pain agréable. Il est joyeux car il échappe à la
fièvre de l'or, son sommeil ignore les cauchemars et il se lève bien reposé
pour se mettre tranquillement à son travail qui lui est léger parce qu'il le
fait sans avidité et sans envie. L'homme peut être riche matériellement avec
l'or, moralement par ce qu'il affectionne. Sous le nom d'or, on comprend non
seulement les ressources pécuniaires, mais les maisons, les champs, les
bijoux, les meubles, les troupeaux, tout ce qui en somme donne l'aisance à la
vie. Les richesses morales consistent dans: les liens de parenté ou de
mariage, les amitiés, les richesses intellectuelles, les charges publiques.
Comme vous le voyez, pour la première catégorie le pauvre peut dire:
"Oh! pour moi, il me suffit de ne pas envier celui qui possède et je me
contente de la situation qui m'est imposée"; pour la seconde, celui qui
est pauvre doit encore se surveiller car le plus misérable des hommes peut
devenir coupable si son esprit n'est pas détaché. Celui qui s'attache
immodérément à quelque chose, celui-là pèche. Vous direz: "Mais alors, nous devons
haïr le bien que Dieu nous a accordé ? Mais alors, pourquoi
commande-t-Il d'aimer le père, la mère, l'épouse, les enfants et pourquoi
dit-Il: 'Tu aimeras ton prochain comme toi-même' ? ". Il faut
distinguer. Nous devons aimer le père, la mère, l'épouse et le prochain, mais
dans la mesure que Dieu nous a fixée: "comme nous-mêmes". Tandis
que Dieu doit être aimé par-dessus tout et avec tout nous-mêmes. Nous ne
devons pas aimer Dieu comme nous aimons ceux qui nous sont les plus chers:
celle-ci parce qu'elle nous a allaités, cette autre parce qu'elle dort sur
notre poitrine et qu'elle nous donne des enfants, mais nous devons l'aimer
avec tout nous-mêmes: c'est-à-dire avec toute la capacité d'aimer qui existe
dans l'homme: amour de fils, amour d'époux, amour d'ami et oh! ne vous
scandalisez pas! amour de père. Oui, pour les intérêts de Dieu, nous devons
avoir le même soin qu'un père a pour ses enfants pour lesquels il veille avec
amour sur ses biens et les développe, et s'occupe et se préoccupe de sa
croissance physique et culturelle et de sa réussite dans le monde. L'amour n'est pas un mal et ne doit pas
devenir un mal. Les grâces que Dieu nous accorde ne sont pas un mal et ne
doivent pas devenir un mal. Elles sont amour. C'est par amour qu'elles sont
données. C'est avec amour qu'il faut user de ces richesses d'affections et de biens que Dieu nous accorde. 156> Et seul celui qui ne
s'en fait pas des idoles, mais des moyens pour servir Dieu dans la sainteté,
montre qu'il n'a pas d'attachement coupable pour ces biens. Il pratique alors
la sainte pauvreté d'esprit qui se dépouille de tout pour être plus libre de
conquérir le Dieu Saint, Suprême Richesse. Conquérir Dieu, c'est-à-dire
posséder le Royaume des Cieux.
Cela peut sembler contraster avec les exemples
de la vie journalière. Ceux qui manquent de douceur semblent triompher dans
les familles, dans les villes et les nations. Mais est-ce un vrai
triomphe ? Non. C'est la peur qui en apparence tient soumis ceux qui
sont accablés par un despote, mais en réalité, ce n'est qu'un voile qui cache
le bouillonnement de la révolte contre le tyran. Ils ne possèdent pas les
cœurs de leurs familiers, ni de leurs concitoyens, ni de leurs sujets ceux
qui sont coléreux et dominateurs. Ils ne soumettent pas les intelligences et
les esprits à leurs enseignements ces maîtres du "je l'ai dit et je l'ai
dit". Mais ils ne forment que des autodidactes, des gens qui recherchent
une clef qui puisse ouvrir les portes closes d'une sagesse ou d'une science
dont ils soupçonnent l'existence et qui est opposée à celle qu'on leur
impose. Ils n'amènent pas à Dieu ces prêtres qui ne
vont pas à la conquête des esprits avec une douceur patiente, humble,
aimante, mais qui semblent des guerriers armés qui se lancent à l'attaque,
tant ils marchent avec violence et intransigeance contre les âmes... Oh!
pauvres âmes ! Si elles étaient saintes, elles n'auraient pas besoin de
vous, prêtres, pour rejoindre la Lumière. Elles l'auraient déjà en elles. Si
elles étaient justes, elles n'auraient pas besoin de vous, juges, pour être
retenues par le frein de la justice. Elles l'auraient déjà en elles. Si elles
étaient saines, elles n'auraient besoin de personne pour les soigner. Soyez
donc doux. Ne mettez pas les âmes en fuite. Attirez-les par l'amour, car la
douceur c'est de l'amour tout comme la pauvreté d'esprit. Si vous êtes doux vous aurez la Terre en
héritage. Vous amènerez à Dieu ce domaine qui appartenait à Satan. En effet
votre douceur, qui est aussi amour et humilité, aura vaincu la Haine et l'Orgueil
en tuant dans les âmes le roi abject de l'orgueil et de la haine, et le monde
vous appartiendra et donc appartiendra à Dieu, car vous serez les justes qui
reconnaissent Dieu comme le Maître absolu de la création, à qui on doit
donner louange et bénédiction et rendre tout ce qui Lui appartient.
La douleur existe sur la terre, et la douleur
arrache des larmes à l'homme. La douleur n'existait pas. Mais l'homme l'a
apportée sur la terre, et par la dépravation de son intelligence s'efforce de
la faire croître, de toutes les façons. Il y a les maladies, les malheurs
qu'amènent la foudre, la tempête, les avalanches, les tremblements de terre,
mais voilà que l'homme pour souffrir et surtout pour faire souffrir - car
nous voudrions que ce soit non pas nous, mais les autres qui pâtissent des
moyens étudiés pour faire souffrir - voilà que l'homme invente des armes
meurtrières toujours plus terribles et des tortures morales toujours plus
astucieuses. Que de larmes l'homme arrache à l'homme à l'instigation de son
roi secret, Satan! Et pourtant, en vérité je vous dis que ces larmes
n'amoindrissent pas l'homme mais le perfectionnent. L'homme est un enfant distrait, un étourdi
superficiel, un être d'intelligence tardive jusqu'à ce que les larmes en
fassent un adulte, réfléchi, intelligent. Seuls ceux qui pleurent ou qui ont
pleuré savent aimer et comprendre. Aimer les frères qui pleurent comme lui,
les comprendre dans leurs douleurs, les aider avec une bonté qui a éprouvé
comme cela fait mal d'être seul quand on pleure. Et ils savent aimer Dieu,
car ils ont compris que tout est douleur excepté Dieu, parce qu'ils ont
compris que la douleur s'apaise si on pleure sur le cœur de Dieu, parce
qu'ils ont compris que les larmes résignées qui ne brisent pas la foi, qui ne
rendent pas la prière aride, qui ne connaissent pas la révolte, changent de
nature, et de douleur deviennent consolation. Oui. Ceux qui pleurent en aimant le Seigneur
seront consolés.
Du moment où il naît jusqu'au moment où il
meurt, l'homme est avide de nourriture. Il ouvre la bouche à sa naissance
pour saisir le tétin, il ouvre les lèvres pour absorber de quoi se restaurer
dans les étreintes de l'agonie. Il travaille pour se nourrir. La terre est
pour lui comme un sein gigantesque auquel il demande incessamment sa
nourriture pour ce qui meurt. Mais, qu'est l'homme ? Un animal ?
Non, c'est un fils de Dieu. En exil pendant des années plus ou moins
nombreuses, mais sa vie n'est pas finie quand il change de demeure. Il y a une vie à l'intérieur de la vie comme
dans une noix il y a le cerneau. Ce n'est pas la coque qui est la noix, mais
c'est le cerneau intérieur qui est la noix. Si vous semez une coque de noix,
rien ne pousse, mais si vous semez la coque avec la pulpe, il naît un grand arbre. Il en est ainsi de l'homme. 158> Ce n'est pas la
chair qui devient immortelle, c'est l'âme. Et il faut la nourrir pour
l'amener à l'immortalité à laquelle, par amour, elle peut amener la chair
dans la résurrection bienheureuse. La nourriture de l'âme, c'est la Sagesse
et la Justice. On les absorbe comme un liquide et une nourriture fortifiants.
Et plus on s'en nourrit, plus augmente la sainte avidité de posséder la
Sagesse et de connaître la Justice. Mais il viendra un jour où l'âme
insatiable de cette sainte faim sera rassasiée. Ce jour viendra. Dieu se
donnera à son enfant, il l'attachera directement à son sein, et l'enfant au
Paradis se rassasiera de la Mère admirable qui est Dieu Lui-même et ne connaîtra
jamais plus la faim mais se reposera bienheureux sur le sein divin. Aucune
science humaine n'atteint cette science divine. La curiosité de
l'intelligence peut être satisfaite, mais pas les besoins de l'esprit. Et
même à cause de la différence de saveur, l'esprit éprouve du dégoût et
détourne sa bouche du tétin amer, préférant souffrir de faim qu'absorber une
nourriture qui n'est pas venue de Dieu. N'ayez aucune crainte, vous qui êtes
assoiffés ou affamés de Dieu! Restez fidèles et vous serez rassasiés par
Celui qui vous aime.
Qui, d'entre les hommes, peut dire: "Je
n'ai pas besoin de miséricorde"? Personne. Or si dans l'ancienne Loi il
est dit: "Oeil pour oeil et dent pour dent" pourquoi ne devrait-on
pas dire dans la nouvelle: "Qui aura été miséricordieux trouvera
miséricorde" ? Tous ont besoin de pardon. Eh bien ! ce n'est pas la formule et la
forme d'un rite, qui ne sont que des symboles extérieurs accordés à l'opaque
esprit humain, qui obtiennent le pardon. Mais c'est le rite intérieur de
l'amour, ou encore de la miséricorde. Que si on a imposé le sacrifice d'un
bouc ou d'un agneau et l'offrande de quelques pièces de monnaie, cela fut
fait parce qu'à la base de tout mal on trouve encore toujours deux racines:
la cupidité et l'orgueil. La cupidité est punie par la dépense qu'il faut
faire pour l'offrande, l'orgueil par la confession publique du rite: "Je
célèbre ce sacrifice parce que j'ai péché". Et cela se fait aussi pour
annoncer les temps et les signes des temps, et le sang répandu est la figure
du Sang qui sera répandu pour effacer les péchés des hommes. Bienheureux donc celui qui sait être miséricordieux
pour ceux qui sont affamés, nus, sans toit, pour ceux encore plus misérables
qui sont ceux qui ont un mauvais caractère qui fait souffrir ceux qui le possèdent et ceux qui vivent avec eux. 159> Ayez de la
miséricorde. Pardonnez, compatissez, secourez, instruisez, soutenez. Ne vous
enfermez pas dans une tour de cristal en disant: "Moi, je suis pur, et
je ne descends pas parmi les pécheurs". Ne dites pas: "Je suis
riche et heureux et je ne veux pas entendre parler des misères d'autrui".
Pensez que plus vite que la fumée que disperse un grand vent votre richesse
peut se dissiper et aussi votre santé, votre aisance familiale. Et
rappelez-vous que le cristal fait office de loupe et que ce qui serait passé
inaperçu en vous mêlant à la foule, vous ne pourrez plus le tenir caché si
vous vous établissez dans une tour de cristal, seuls, séparés, éclairés de
tous côtés. Miséricorde pour accomplir un sacrifice
secret, continuel, saint d'expiation et obtenir miséricorde.
Dieu est Pureté. Le Paradis est le Royaume de
la Pureté. Rien d'impur ne peut entrer au Ciel où est Dieu. Par conséquent,
si vous êtes impurs, vous ne pourrez entrer dans le Royaume de Dieu. Mais,
oh ! joie ! Joie anticipée que Dieu accorde à ses fils ! Celui
qui est pur possède dès cette terre un commencement de Ciel, car Dieu se
penche sur celui qui est pur, et l'homme qui vit sur la terre voit son Dieu.
Il ne connaît pas la saveur des amours humaines mais il goûte, jusqu'à
l'extase, la saveur de l'amour divin. Il peut dire: "Je suis avec Toi et
Tu es en moi. Je te possède donc et je te connais comme l'époux très aimable
de mon âme". Et croyez que celui qui possède Dieu subit, inexplicables à
lui-même, des changements substantiels qui le rendent saint, sage, fort. Sur
ses lèvres s'épanouissent des paroles, et ses actes possèdent une puissance
qui n'est pas de la créature, mais de Dieu qui vit en elle. Qu'est la vie de celui qui voit Dieu ?
Béatitude. Et vous voudriez vous priver d'un pareil don par une fétide
impureté ?
La paix est une des caractéristiques de Dieu.
Dieu n'est que dans la paix. Car la paix est amour alors que la guerre est
haine. Satan, c'est la Haine. Dieu, c'est la Paix. Personne ne peut se dire
fils de Dieu et Dieu ne peut reconnaître pour son fils un homme qui a un
esprit irascible et toujours prêt à déchaîner des tempêtes. Non seulement,
mais de même ne peut se dire fils de Dieu celui qui, ne déchaînant pas
personnellement des tempêtes, ne contribue pas par sa grande paix à calmer
les tempêtes suscitées par d'autres. Le pacifique répand la paix même s'il se
tait. 160> Maître de lui-même et J'ose dire maître de Dieu, il la
porte comme une lampe porte sa lumière, comme un
encensoir répand son parfum, comme une outre porte son liquide, et il produit
la lumière parmi les nuées fumantes des rancœurs. Il purifie l'air des
miasmes des aigreurs, il calme les flots furieux des procès par cette huile
suave qu'est l'esprit de paix qui émane des fils de Dieu. Faites que Dieu et les hommes puissent vous
appeler ainsi.
L'homme est tellement satanisé qu'il hait le
bien partout où il se trouve, qu'il hait celui qui est bon, comme si celui
qui est bon, jusque par son silence, l'accusait et lui faisait des reproches.
En effet la bonté de quelqu'un fait paraître encore plus noire la méchanceté
du méchant. En effet la foi du vrai croyant fait ressortir encore plus
vivement l'hypocrisie du faux croyant. En effet, il ne peut pas ne pas être
détesté par ceux qui sont injustes, celui qui par sa manière de vivre
témoigne sans cesse en faveur de la justice. Et alors, voilà qu'on se
déchaîne contre ceux qui aiment la justice. Ici, aussi, c'est comme pour les guerres.
L'homme progresse dans l'art satanique de persécuter plus qu'il ne progresse
dans l'art saint de l'amour. Mais il ne peut que persécuter ce dont la vie
est brève. L'éternel qui est dans l'homme échappe aux pièges et acquiert
ainsi une vitalité plus vigoureuse du fait de la persécution. La vie s'enfuit
par les blessures qui saignent ou pour les privations qui épuisent celui qui
est persécuté, mais le sang fait la pourpre du futur roi et les privations
sont autant d'échelons pour s'élever jusqu'aux trônes que le Père a préparés
pour ses martyrs, auxquels sont réservés les sièges royaux du Royaume des
Cieux.
Ne faites que ce qui peut mériter que votre nom
soit inscrit dans les livres célestes, là où ne sont pas notés les noms
d'après les mensonges des hommes et les louanges décernées à ceux qui les
méritent le moins. Mais où, par contre, sont inscrites avec justice et amour
les œuvres des bons pour qu'ils puissent recevoir la récompense promise à
ceux qui sont bénis de Dieu. Jusqu'à présent on a calomnié et outragé les
Prophètes. Mais quand s'ouvriront les portes des Cieux, comme des rois
imposants, ils entreront dans la Cité de Dieu et ils seront salués par les
anges, chantant de joie. Vous aussi, vous aussi, outragés et calomniés pour
avoir appartenu à Dieu, aurez le triomphe céleste et quand le temps sera fini
et le Paradis rempli, alors toute larme vous sera chère parce que par
elle vous aurez conquis cette gloire éternelle qu'au nom du Père je vous
promets. |
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161> Allez. Demain je vous parlerai encore. Que restent seulement
les malades pour que je les secoure dans leurs peines. Que la paix soit avec
vous, et que la méditation du salut par le moyen de l'amour vous mette sur la
route qui aboutit au Ciel." |
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