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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" |
aucun accent |
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samedi 9
mars 30
- Les préparatifs d'accueil 225 - Jude apporte une branche fleurie 225 - Marie de Jacob a peur de voir un
ressuscité 226 - Jacques d'Alphée envoie Judas au
marché 226 - Pierre et le Zélote se posent des
questions 227 - Arrivée d'Élise et de Nique 228 -Qui donnent des nouvelles de Pilate, de
Valeria, de Claudia et de Joseph de Sephoris 229 - Jude et Pierre en colère contre ceux
du Temple 231 - Discours d'Élise (Pas de rancoeur!) 232 - Les apôtres le promettent à Élise 233 - Le bon exemple d'une samaritaine 233 - La mère de Judas est allée chez Élise
et au Temple 234 - Anastasica
n'ira pas à la Pâque, elle non plus 234 - Marie de Nazareth a beaucoup changé
235 - D'autres à qui Jésus a demandé de ne
pas venir 236 - Marie arrive au milieu des hosannas
236 - Pierre isole les visiteurs de la foule
237 - Lazare raconte et Marie remercie Marie
de Jacob 237 - Pierre s'étonne de ne pas voir Margziam 238 - C'est Jésus qui a décidé pour Margziam 239 - Pierre demande à Lazare d'aller voir
Pilate 240 - Discours (La personnalité de Pilate)
240 - Jésus renvoie la foule 241 - Il évite le piège que certains lui
tendent 241 - Qui ont été trompés par de faux envoyés
242 - Jésus congédie les disciples 243 - Il communique son plan d'action à
Lazare 244 - La conversion du synhédriste Jean 244 - Des nouvelles de l'activité de Sintica 245 |
8.27 |
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225> Dans la maison de Marie de Jacob ils sont déjà levés,
bien que ce soit juste le point du jour. Je dirais que c'est un jour de
sabbat car je vois que sont aussi présents les apôtres qui habituellement sont
en mission. On fait de grands préparatifs de feu et d'eau chaude, et on aide
Marie à tamiser la farine et à pétrir pour faire du pain. La petite vieille
est très agitée, d'une agitation de fillette, et tout en travaillant
activement, elle demande à l'un ou l'autre : "Est-ce vraiment pour
aujourd'hui ? Et les autres pièces sont-elles prêtes ? Êtes-vous sûrs
qu'elles ne sont pas plus de sept ?" Lui répond pour tous Pierre qui est en
train de dépouiller un agneau pour le préparer à la cuisson : "Elles
devaient être ici avant le sabbat, mais peut-être les femmes n'étaient pas
encore prêtes et ont ainsi pris du retard. Mais aujourd'hui elles vont
certainement venir. Ah ! j'en suis heureux ! Le Maître est sorti ? Peut-être
est-il allé à leur rencontre..." "Oui, il est sorti avec Jean et Samuel pour aller vers la route de la
Samarie centrale" répond Barthélemy qui
sort avec un broc rempli d'eau bouillante. "Alors on peut être certains qu'elles arrivent. Lui sait
toujours tout" professe André. "Je voudrais savoir pourquoi tu ris ainsi ? Qu'est-ce
qu'il y a de risible dans ce que dit mon frère ?" demande Pierre qui a
remarqué le petit rire de Judas inoccupé
dans son coin. "Ce n'est pas ton frère qui me fait rire. Vous êtes tous
heureux et je puis l'être moi-aussi, et rire même sans raison." Pierre le regarde en montrant ce qu'il en pense, mais retourne
s'occuper de son travail. "Voilà ! J'ai réussi à trouver une branche fleurie. Ce
n'est pas, comme je le voulais, d'un amandier. Mais elle, quand l'amandier
est défleuri, prend d'autres branches, et elle se contentera de la
mienne" dit le Thaddée qui
rentre, dégouttant de rosée comme s'il avait été dans les bois et avec une
brassée de branches fleuries. Un miracle de blancheur humide de rosée qui
paraît éclairer et embellir la cuisine. 226> "Oh ! Elles sont belles ! Où les as-tu
trouvées ?" "Chez Noémi.
Je savais que son verger est tardif à cause
de la tramontane qui le retarde, et je suis monté là-haut." "C'est pour cela que tu ressembles aussi à un arbre du
bois. Les gouttes de rosées brillent dans tes cheveux et ont trempé tes
vêtements." "Le sentier était humide comme s'il avait plu. Ce sont
déjà les rosées abondantes des plus beaux mois." Le Thaddée s'en va avec
ses fleurs et après un moment appelle son frère pour qu'il l'aide à disposer les
fleurs. "Je viens, moi. Je m'y connais. Femme, n'as-tu pas quelque
amphore au col élancé, si possible en terre rouge ?" dit Thomas. "J'ai ce que tu cherches et aussi d'autres vases... Ceux
qui servaient les jours de fêtes... pour les noces de mes enfants ou autre
grand motif. Si tu attends que je mette ces fouaces au four, un instant, je
viens t'ouvrir le coffre où sont les choses les plus belles... Ah ! il y en a
peu désormais, après tant de malheurs ! Mais j'en ai gardé quelques-unes
pour... me rappeler... et souffrir, car si ce sont aussi des souvenirs joyeux
maintenant ils font pleurer car ils rappellent ce qui est fini." "Alors il aurait mieux valu que personne ne les demande.
Je ne voudrais pas que ce soit comme à Nobé.
Tant de préparatifs pour rien..." dit l'Iscariote. "Si je te dis qu'un groupe de disciples nous ont avertis ?
! Veux-tu qu'ils aient rêvé ? Ils ont parlé avec Lazare. Il les a envoyés en avant exprès. Ils
venaient ici pour prévenir qu'avant le sabbat la Mère aurait été ici avec le
char de Lazare, et Lazare et les femmes disciples..." "En attendant, elles ne sont pas venues..." "Vous qui avez vu cet homme, dites : ne fait-il pas peur
?" demande la petite vieille en s'essuyant les mains à son tablier après
avoir confié ses fouaces à Jacques de Zébédée
et à André pour qu'ils les portent au four. "Peur ? Pourquoi ?" "Eh ! un homme qui revient de chez les morts !" Elle
est toute émue. "Sois tranquille, mère. Il est en tout comme nous"
dit Jacques d'Alphée pour la réconforter. "Fais plutôt attention à ne pas bavarder avec les autres
femmes, que l'on n'ait pas tout Éphraïm ici dedans pour nous ennuyer"
dit impérieusement l'Iscariote. 227> "Je n'ai jamais dit de paroles
imprudentes depuis que vous êtes ici, ni à ceux de la ville ni aux pèlerins.
J'ai préféré passer pour une sotte plutôt que me montrer savante et déranger
le Maître et Lui faire du mal. Et je saurai me taire aujourd'hui aussi.
Viens, Thomas..." et elle sort pour aller prendre ses trésors cachés. "La femme est effrayée de penser qu'elle va voir un ressuscité"
dit l'Iscariote avec son rire ironique. "Ce n'est pas la seule. Les disciples m'ont dit qu'à Nazareth ils étaient tout agités et de même à Cana et à Tibériade.
Quelqu'un qui revient de la mort, après quatre jours de tombeau, ne se trouve
pas aussi facilement que les marguerites au printemps. Nous aussi nous étions
bien pâles quand il est sorti du tombeau ! Mais ne pourrais-tu pas travailler
au lieu de rester là à faire des commentaires ? Tout le monde travaille, et
il y a encore tant à faire... Aujourd'hui qu'on peut le faire, va au marché,
et achète ce qu'il faut. Ce que nous avons pris n'est pas suffisant maintenant
qu'elles viennent, et nous n'avions pas le temps de retourner à la ville pour
faire des achats. Nous aurions été bloqués là où nous étions par le coucher
du soleil." Judas appelle Matthieu qui
rentre dans la cuisine bien rangée, et ils sortent ensemble. Rentre aussi dans la cuisine le Zélote, tout à fait en tenue, et il dit :
"Ce Thomas ! C'est vraiment un artiste. Avec un rien il a orné la pièce
comme pour un repas de noces. Allez voir." Tout le monde, excepté Pierre qui est en train de finir son
travail, court pour voir. Pierre dit : "J'ai hâte qu'elles soient ici.
Peut-être il y aura aussi Margziam.
Dans un mois, c'est Pâque, Certainement il sera déjà parti de Capharnaüm ou de Bethsaïda." "Je suis content que Marie vienne, à cause du Maître. Elle le
réconfortera plus que tout le monde, et il en a besoin" lui répond le
Zélote. "Tellement. Mais as-tu remarqué comme Jean aussi est triste ? Je l'ai questionné,
mais inutilement. Avec sa douceur, il est plus ferme que nous tous, et s'il
ne veut rien dire, rien ne le fait parler. Mais je suis sûr que lui sait
quelque chose. On dirait l'ombre du Maître, il le suit toujours. Il le
regarde toujours. Et quand il ne se sent pas observé — car alors — il répond
à ton regard par un sourire qui rendrait doux même un tigre — quand il ne se
sent pas observé, dis-je, son visage devient triste, triste. Essaie de le
questionner, toi. Il t'aime et il te sait plus prudent que moi..." 228> "Oh ! cela, non. Tu es devenu pour tous
un exemple de prudence. On ne reconnaît plus en toi le vieux Simon. Tu es
vraiment la pierre qui par sa robustesse et sa carrure compacte nous soutient
tous." "Mais, va donc ! Ne le dis pas ! Je suis un pauvre homme.
Certainement... à rester tant d'années avec Lui, on devient un peu comme Lui.
Un peu... très peu, mais déjà très différents de ce qu'on était d'abord.
Tous, nous le sommes... non, pas tous, malheureusement. Judas est toujours
pareil. Ici comme à "La Belle Eau"..." "Et Dieu veuille qu'il soit toujours pareil". "Quoi ? Que veux-tu dire ?" "Rien et tout, Simon de Jonas. Si le Maître m'entendait,
il me dirait : "Ne juge pas". Mais cela n'est pas juger, c'est
craindre. Je crains que Judas soit pire qu'à "La Belle Eau"." "Certainement qu'il l'est, même s'il est encore comme il
était alors. Il l'est car il devrait être changé, avoir grandi en justice, et
au contraire il est toujours pareil. Il a donc sur le cœur le péché de paresse
spirituelle qu'alors il n'avait pas. Parce que les premiers temps... fou,
oui, mais plein de bonne volonté... Dis : que te donne à penser que le Maître
ait décidé d'envoyer Samuel avec nous
et de rassembler tous les disciples, autant qu'on peut en rassembler à Jéricho, pour la néoménie de nisan ? [1] Il avait d'abord dit
que l'homme resterait ici... et aussi il avait défendu de dire où il était,
Lui. Je soupçonne quelque chose..." "Non. Je vois les choses claires et logiques. Désormais,
on ne sait pas par qui et comment répandue, la nouvelle que le Maître est ici
est connue dans toute la Palestine. Tu vois que sont venus ici des pèlerins
et des disciples de Cédés à Engaddi,
de Joppé à Bozra [2]. Et il est par
conséquent inutile de garder plus longtemps le secret. En outre la Pâque
approche et il est certain que le Maître veut avoir les disciples avec Lui,
pour son retour à Jérusalem. Le Sanhédrin dit, tu
l'as entendu, que Lui est un vaincu et qu'il a perdu tous ses disciples. Et
il lui répond en entrant dans la Cité à leur tête..." "J'ai peur, Simon ! Une grande peur... Tu as entendu, hein
! Tous, même les hérodiens, sont unis contre Lui..." "Eh ! oui ! Que Dieu nous aide !..." "Et Samuel, pourquoi l'envoie-t-il avec nous ?" "Pour le préparer certainement à sa mission. Je ne vois
pas de motif de s'agiter... On frappe ! Certainement ce sont les femmes
disciples !..." 229> Pierre se débarrasse de son tablier plein de
sang et il suit, en courant, le Zélote qui s'est précipité à la porte de la
maison. Débouchent par différentes portes les autres qui sont dans la maison
et tous crient : "Les voici ! Les voici !" Mais une fois la porte ouverte, ils restent si visiblement
déçus devant Élise et Nique, que les deux disciples demandent :
"Mais il est arrivé peut-être quelque chose ?" "Non ! Non ! Mais nous croyions que... c'était la Mère et
les femmes disciples de Galilée..." dit Pierre. "Ah ! et vous êtes restés mal ! Mais nous sommes très
heureuses au contraire de vous voir et de savoir que Marie ne va pas tarder
d'arriver" dit Élise. "Mal, non... Déçus, voilà ! Mais venez ! Entrez ! La paix
soit à nos bonnes sœurs" le Thaddée les salue
au nom de tous. "Et à vous. Le Maître n'est pas là ?" "Il est allé avec Jean à la rencontre de Marie. On sait
qu'elle vient par la route de Sichem, sur le
char de Lazare" explique le Zélote. Elles entrent dans la maison, pendant qu'André s'occupe de
l'ânon d'Élise. Nique est venue à pied. Elles parlent de ce qui arrive à Jérusalem, demandent des nouvelles des amis
et des disciples... d'Annalia,
de Marie et Marthe, du vieux Jean de Nobé, de Joseph, de Nicodème, de tant d'autres. L'absence de
Judas Iscariote permet de parler en paix et ouvertement. Élise, femme âgée, expérimentée, qui au temps de Nobé a été en contact avec l'Iscariote et le connaît
désormais très bien et même "ne l'aime que pour l'amour de Dieu"
comme elle dit ouvertement, s'informe même s'il est à la maison, séparé des
autres par quelque caprice, et c'est seulement quand elle sait qu'il est
dehors pour faire les achats, qu'elle parle de ce qu'elle sait : "qu'à
Jérusalem, tout semble calme, que l'on n'interroge même plus les disciples
connus, que l'on dit tout bas que cela s'est produit parce que Pilate a fait la grosse voix avec ceux du
Sanhédrin, pour leur rappeler que c'est lui seulement qui est chargé de
rendre la justice en Palestine et qu'ils la finissent." "Pourtant, on dit aussi, observe Nique — et c'est
précisément Manaën qui
le dit et d'autres avec lui, et surtout une femme, car c'est Valeria
qui le dit — que Pilate qui est vraiment si las de ces soulèvements qui
tiennent le Pays agité et peuvent lui donner des ennuis, est impressionné
aussi par l'insistance avec laquelle les juifs lui insinuent que Jésus vise à
se proclamer roi, que s'il n'y avait pas les rapports concordants et
favorables des centurions et surtout l'influence de sa femme, il finirait par punir le
Christ, peut-être par l'exil, pour ne plus avoir d'ennuis." 230> "Et il ne manquerait plus que cela ! Et
il est capable de le faire ! Très capable ! C'est pour les romains la peine
la plus légère, et la plus employée après la flagellation. Mais pensez-y !
Jésus seul, je ne sais où, et nous dispersés ça et là..." dit le Zélote. "Oui ! Dispersés ! C'est toi qui le dis. Moi ils ne me
dispersent pas. Je le suis..." dit Pierre. "Oh ! Simon ! Peux-tu avoir l'illusion qu'ils te
laisseraient le faire ? Ils t'attachent comme un galérien et t'emmènent où il
leur plaît, sur les galères ou dans une de leurs prisons, et toi, ton Maître
tu ne peux plus le suivre" lui dit Barthélemy. Pierre s'emmêle les cheveux,
perplexe, découragé. "Nous le dirons à Lazare. Lazare ira ouvertement chez
Pilate. Certainement Pilate le verra volontiers, car les gentils aiment voir
les êtres extraordinaires..." dit le Zélote. "Il y aura déjà été avant de partir, et Pilate ne désirera
plus le voir !" dit Pierre, abattu. "Alors il y ira comme fils de Théophile, ou bien il accompagnera sa sœur
Marie chez les dames. Elles étaient amies quand... oui, en somme, quand Marie
était pécheresse..." "Savez-vous que Valeria, après
que son mari a divorcé, s'est faite prosélyte ? Elle l'a fait pour de vrai.
Elle mène une vie de juste qui est un exemple pour beaucoup de nous. Elle a
affranchi ses esclaves et les instruit tous dans le vrai Dieu. Elle avait
pris une maison dans Sion. Mais maintenant que Claudia est venue, elle est retournée
chez elle..." "Alors !..." "Non, dit Nique. Elle m'a dit, à moi : "Quand Jeanne vient, je vais avec elle. Mais
maintenant je veux persuader Claudia"... Il semble que Claudia n'arrive
pas à dépasser les limites de sa croyance dans le Christ. Pour elle c'est un
sage. Rien de plus... Il semble même qu'avant de venir en ville, elle a été
quelque peu troublée par les bruits qu'on a fait courir et qu'elle a dit,
sceptique : "C'est un homme comme nos philosophes, et pas des meilleurs,
car sa parole ne correspond pas à sa vie", et qu'elle a eu des... des...
en somme elle s'est permis des choses qu'elle avait abandonnées, auparavant." "Il fallait s'y attendre ! Des âmes païennes ! Hum ! Il
peut y en avoir une bonne... Mais les autres !... Ordure ! Ordure !" dit
sentencieusement Barthélemy. 231> "Et Joseph ?" demande le Thaddée. "Lequel ? Celui de Sephoris
? Il a une peur ! Ah ! Il y a eu votre frère Joseph. Venu et parti tout de suite, en
repassant pourtant par Béthanie, pour
dire aux sœurs qu'elles empêchent à tout prix le Maître d'aller dans la ville
et d'y rester. J'étais là et j'ai entendu. C'est ainsi que j'ai su aussi que
Joseph de Sephoris a eu beaucoup d'ennuis, et
maintenant il a très peur. Votre frère l'a chargé de se tenir au courant de
ce qu'on complote au Temple. Celui de Sephoris peut
le savoir par l'intermédiaire de ce parent qui est marié, je ne sais si c'est
avec la sœur ou la fille de la sœur de sa femme, et qui est employé au
Temple" dit Élise.
"Oh ! si le Maître t'entendait parler ainsi !" dit
André scandalisé. "C'est bien parce qu'il n'est pas là que je le dis !" "Tu as raison ! Tu n'es pas seul à le vouloir. Je le veux
moi aussi" dit Pierre. "Et moi aussi, et pas pour Anna seulement" dit le
Thaddée. "Oh ! pour cela, moi j'en... servirais plusieurs. J'ai une
longue liste... Ces trois carcasses de Capharnaüm [3] — j'exclus le
pharisien Simon car il me
paraît passablement bon — ces deux loups d'Esdrelon
[4], et ce vieux paquet
d'os de Canania,
et puis... un massacre, je vous dis, un massacre à Jérusalem, et en tête de
tous Elchias.
Je n'en peux plus de voir tous ces serpents aux aguets !" Pierre est
furieux. Le Thaddée, calme en le disant mais encore plus impressionnant
dans son calme glacial que s'il était furieux comme Pierre, dit : "Et
moi, je t'aiderais. Mais... je commencerais peut-être par enlever les
serpents qui sont tout près." "Qui ? Samuel ?" 232> "Non, non ! Samuel n'est pas le seul près
de nous. Il y en a tant qui montrent un visage et ont une âme différente du
visage qu'ils montrent ! Je ne les perds pas de vue, jamais. Je veux être sûr
avant d'agir. Mais quand je le serai ! Le sang de David est chaud, et il est
chaud celui de Galilée. Je les ai en moi, tous les deux, par la lignée
paternelle et maternelle." "Oh ! Il suffit que tu me le dises, eh ! Je
t'aide..." dit Pierre. "Non. La vengeance du sang regarde les parents, c'est moi
qu'elle regarde."
Les apôtres se regardent entre eux. Puis, affligés, s'efforcent
de la réconforter. Mais elle ne veut pas de leur réconfort et le leur dit :
"Une chose, une seule chose a pour moi de la valeur : votre promesse.
Pour votre bien ! Pour que Jésus n'ait pas dans ses douleurs la plus grande :
celle de vous voir damnés, vous, ses bien-aimés." "Mais oui, Élise. Si tu le veux ! Ne pleure pas, femme !
Nous te le promettons. Écoute. Nous ne lèverons pas un doigt sur personne.
Nous ne regarderons même pas pour ne pas voir. Ne pleure pas ! Ne pleure pas
! Nous pardonnerons à ceux qui nous offensent. Nous aimerons ceux qui nous
haïssent ! Allons ! Ne pleure pas." Élise lève son visage ridé où brillent des larmes, et elle dit
: "Rappelez-vous. Vous me l'avez promis ! Répétez votre promesse !" "Nous te le promettons, femme." "Mes chers fils ! Maintenant vous me plaisez ! Je vous
retrouve bons. Maintenant que mon angoisse est calmée, et que vous êtes
redevenus purs, après cet amer levain, préparons-nous à recevoir Marie. Qu'est-ce
qu'il faut faire ?" dit-elle en finissant de sécher ses yeux. "Vraiment... On l'avait fait, comme des hommes. Mais Marie de Jacob nous a aidés. C'est une samaritaine,
mais elle est très bonne. Tu vas la voir. Elle est au four à surveiller le
pain. Elle est seule. Ses enfants : morts ou oublieux, ses richesses
évanouies, et pourtant elle n'a pas de rancune..." "Ah ! vous voyez ! Vous voyez qu'il y en a qui savent
pardonner, même chez les païens, les samaritains ? Et ce doit être terrible,
sachez-le, de devoir pardonner à un fils !... Plutôt mort que pécheur ! Ah !
Êtes-vous sûrs que Judas n'est pas là ?" 234> "S'il n'est pas devenu un oiseau, il ne
peut être ici, car les fenêtres sont ouvertes, mais les portes sont fermées,
sauf celle-là." "Alors... Elle a été à Jérusalem, Marie de Simon, avec son parent. Elle est venue pour offrir des
sacrifices au Temple, et puis elle est venue chez nous. Elle semble une
martyre. Comme elle est affligée ! Elle m'a demandé, elle a demandé à toutes,
si nous ne savions rien de son fils. S'il était avec le Maître, s'il y avait toujours
été." "Qu'a-t-elle cette femme ?" demande André, étonné. "Elle a son fils. Ne te semble-t-il pas que cela suffise
?" demande le Thaddée. "Je l'ai réconfortée. Elle a voulu revenir au Temple avec
nous. Nous y sommes allées toutes unies pour prier... Puis elle est repartie,
toujours angoissée. Je lui ai dit : "Si tu restes avec nous, d'ici peu
nous allons trouver le Maître. Ton fils est près de Lui". Elle savait
déjà que Jésus est ici. Cela s'est su jusqu'aux confins de la Palestine. Elle
m'a dit : "Non, non ! Le Maître m'a dit de ne pas être à Jérusalem au
printemps. J'obéis, mais j'ai voulu, avant l'époque de son retour, monter au
Temple. J'ai tant besoin de Dieu". Et elle a dit une étrange parole...
Elle a dit : "Je suis innocente, mais j'ai l'enfer en moi, et j'y suis
tellement torturée"... Nous l'avons longuement interrogée, mais elle n'a
pas voulu en dire davantage. Ni ses tortures, ni la raison de l'interdiction
de Jésus. Elle nous a recommandé de ne rien dire ni à Jésus ni à Judas." "Pauvre femme ! Elle ne sera donc pas ici à Pâque ?"
demande Thomas. "Elle n'y sera pas." "Si Jésus le lui a imposé, c'est qu'il a ses raisons...
Vous avez entendu, hein ! On sait vraiment partout que Jésus est ici !"
dit Pierre. "Oui. Et celui qui le disait, appelait au rassemblement en
son nom pour se soulever "contre les tyrans", disaient certains. Et
d'autres que Lui est ici parce qu'il sait qu'il est démasqué..." "Toujours les mêmes raisons ! Ils doivent avoir dépensé tout
l'or du Temple pour envoyer partout leurs émissaires" observe André. Des coups à la porte. "Les voici !" disent-ils, et ils courent ouvrir. Au contraire, c'est Judas avec ses achats. Matthieu le suit. Judas voit Élise et Nique,
et il les salue en demandant : "Êtes-vous seules ?" "Seules. Marie n'est pas encore venue." 235> "Elle ne vient pas des régions du midi,
Marie, et donc elle ne peut être avec vous. Je demandais s'il n'y avait pas Anastasica." "Non. Elle est restée à Béthsour." "Pourquoi ? Elle aussi est disciple. Ne sais-tu pas que
c'est d'ici que l'on ira pour la Pâque à Jérusalem ? Elle devrait être ici.
Si les femmes disciples ne sont pas parfaites et aussi les fidèles, qui le
sera ? Qui escortera le Maître, pour détruire la légende que tous l'ont
abandonné ?" "Oh ! pour cela ! Ce ne sera pas une pauvre femme qui
comblera les vides ! Les roses sont bien parmi les épines et dans les jardins
clos. Je lui sers de mère et je le lui ai imposé." "Alors, pour la Pâque, elle n'y sera pas ?" "Elle n'y sera pas." "Et de deux !" s'écrie Pierre. "Que dis-tu ? Qui : les deux ?" demande Judas
toujours soupçonneux. "Rien, rien ! Un calcul. On peut compter tant de choses,
n'est-ce pas ? Même les... mouches par exemple, qui se posent sur mon agneau
dépouillé." Rentre Marie de Jacob, suivie de Samuel et de Jean qui portent
les pains défournés. Élise salue la femme et de même Nique. Et Élise a une
douce parole pour mettre tout de suite la femme à son aise : "Tu es
entre sœurs, dans la douleur, Marie. Je suis seule car j'ai perdu mon époux
et mes fils, et elle est veuve. Nous nous aimerons donc car seul comprend celui
qui a pleuré." Mais pendant ce temps Pierre dit à Jean : "Comment donc
es-tu ici ? Et le Maître ?" "Sur le char, avec sa Mère." "Et tu ne le disais pas ?" "Tu ne m'en as pas donné le temps. Elles y sont toutes,
mais vous verrez comme est changée Marie de Nazareth ! Elle semble vieillie
de plusieurs lustres. Lazare disait qu'elle avait été très angoissée quand on
lui a dit que Jésus était réfugié ici." "Pourquoi le lui a-t-il dit, cet imbécile ? Avant de
mourir, il était intelligent. Mais peut-être que dans le tombeau son cerveau
s'est écrabouillé et ne s'est pas reconstruit. On ne reste pas mort
impunément !..." dit Judas de Kériot, ironique
et méprisant. "Rien de cela. Pour parler, attends de savoir. Lazare de
Béthanie l'a dit à Marie quand déjà ils étaient en route car elle s'étonnait
de voir Lazare prendre cette route" dit sévèrement Samuel. 236> "Oui. À son premier passage à Nazareth,
il dit seulement : "Je te conduirai chez ton Fils d'ici un mois".
Et il ne lui a même pas dit : "Nous allons à Éphraïm" au moment de
partir, mais..." dit Jean. "Tout le monde le sait que Jésus est ici. Elle seule ne le
savait pas ?" demande toujours impoliment Judas en interrompant son
compagnon. "Marie le savait. Elle l'avait entendu dire, mais comme un
fleuve de toutes sortes de mensonges coulait en charriant de la boue à
travers la Palestine, elle n'accueillait comme vraie aucune nouvelle. Elle se
consumait en silence, dans la prière. Mais une fois qu'ils furent en voyage,
Lazare ayant pris le chemin qui longe le fleuve pour désorienter les
nazaréens et tous ceux de Cana, Sephoris, Bethléem de Galilée..." "Ah ! il y a aussi Noémi avec
Myrta et Aurea ?" demande Thomas. "Non, elles en ont eu l'interdiction de la part de Jésus.
C'est Isaac qui a apporté cet ordre quand il
est revenu en Galilée." "Alors... ces femmes aussi ne seront pas avec nous comme
l'an passé." "Elles ne seront pas avec nous." "Et trois !" "Ni non plus nos femmes et nos filles. Le Maître le leur a
dit avant de quitter la Galilée, ou plutôt il l'a répété. Car ma fille Marianne m'a dit que Jésus l'avait dit
dès la dernière Pâque." "Mais... très bien ! Il y a au moins Jeanne ? Salomé ? Marie d'Alphée ?" "Oui, et Suzanne." "Et certainement Margziam...
Mais qu'est-ce que ce bruit ?" "Les chars ! Les chars ! Et tous les nazaréens qui ne se
sont pas donnés pour battus et ont suivi Lazare... et ceux de Cana..." répond Jean qui s'éloigne en courant avec les
autres. Par la porte ouverte un spectacle tumultueux se présente à la
vue. En plus de Marie assise près de son Fils, et des femmes disciples, de
Lazare, de Jeanne qui est sur son char avec Marie et Mathias, Esther et d'autres serviteurs et le fidèle Jonathas,
il y a une foule de gens : visages connus, visages inconnus. De Nazareth, de Cana, de Tibériade, de Naïm, d'Endor. Et des samaritains de tous les villages, touchés
pendant le voyage et d'autres villages voisins. Et ils se précipitent en
avant des chars obstruant le passage de ceux qui veulent sortir et de ceux
qui veulent entrer. "Mais que veulent ces gens ? Pourquoi sont-ils venus ?
Comment ont-ils su ?" 237> "Eh ! ceux de Nazareth étaient aux
aguets. Une fois Lazare venu le soir pour repartir au matin, pendant la nuit,
ils ont couru dans les villes voisines, et de même ceux de Cana, car Lazare
était passé pour prendre Suzanne et se rencontrer avec Jeanne, et ils l'ont
suivi et précédé pour voir Jésus et pour voir Lazare. Et ceux de la Samarie
ont su aussi et les ont rejoints. Et les voilà tous !..." explique Jean. "Dis ! Toi qui avais peur que le Maître n'ait pas
d'escorte, celle-là te parait-elle suffisante ?" dit Philippe à l'Iscariote. "Ils sont venus pour Lazare..." "Etant donné qu'ils l'ont possédé, ils auraient pu s'en
aller. Mais, au contraire, ils sont restés jusqu'ici. C'est signe qu'il y en
a encore qui viennent pour le Maître." "Bien. Ne faisons pas de discours inutiles. Cherchons
plutôt à les dégager pour les faire entrer. Allons, mes garçons ! Pour nous
remettre à l'exercice ! Il y a si longtemps que nous n'avions pas joué des
coudes pour frayer la route au Maître !" et Pierre se met le premier à
ouvrir un passage à travers la foule qui crie des hosannas, curieuse,
dévouée, bavarde selon les cas. Cela fait, avec l'aide des autres et de
disciples nombreux qui, disséminés dans la foule, cherchent à se joindre aux
apôtres, il maintient vide un espace pour que les femmes puissent se réfugier
dans la maison et de même Jésus et Lazare, et puis il ferme la porte en se
retirant le dernier. Il la ferme avec des verrous et des barres, et il envoie
les autres pour fermer du côté du jardin. "Oh ! finalement ! La paix
soit avec toi, Marie bénie ! Finalement je te revois ! Maintenant tout est
beau, puisque tu es avec nous !" dit Pierre qui la salue en se courbant
jusqu'à terre pour la saluer. C'est une Marie au visage triste, pâle et
fatigué, un visage déjà de l'Affligée. "Oui, tout maintenant est moins douloureux car je suis
près de Lui." "Je t'avais assuré que je ne te disais que la vérité
!" dit Lazare. "Tu as raison... Mais le soleil s'est obscurci pour moi et
toute paix a disparu quand j'ai su que mon Fils était ici... J'ai compris...
Oh !" D'autres larmes coulent sur ses joues pâles. "Ne pleure pas, Maman ! Ne pleure pas ! J'étais ici parmi
ces braves gens, près d'une autre Marie qui est une mère..." Jésus la
conduit vers une pièce qui ouvre sur le jardin tranquille. Tous les suivent. 238> Lazare s'excuse : "J'ai bien été obligé
de lui dire, car elle connaissait la route et ne comprenait pas pourquoi je
prenais ce détour. Elle le croyait avec moi à Béthanie... Et même à Sichem un
homme cria : "Nous aussi à Éphraïm, chez le Maître". Aucune excuse
ne me fut plus possible... J'espérais aussi prendre les devants en partant de
nuit par des chemins insolites. Mais oui ! Ils étaient de garde partout et
pendant qu'un groupe me suivait, un autre allait dans les environs pour
prévenir." Marie de Jacob apporte du lait, du miel, du beurre et du pain
frais et les offre à Marie pour commencer. Elle regarde Lazare par en
dessous, un peu curieuse, un peu craintive, et sa main a une secousse quand
en donnant le lait à Lazare, elle effleure sa main, et sa bouche ne peut
retenir un "oh !" quand elle le voit manger sa fouace comme tous
les autres. Lazare en rit tout le premier en disant, affable, distingué et
plein d'assurance comme tous les hommes de grande naissance : "Oui,
femme, je mange tout comme toi et j'aime ton pain et ton lait. Et certainement
ton lit me plaira car je sens la lassitude comme je sens la faim." Il se
tourne vers tout le monde pour dire : "II y en a beaucoup qui me
touchent sans prétexte pour sentir si je suis en chair et en os, si j'ai de
la chaleur et si je respire. C'est un léger ennui et une fois ma mission
finie, je me retirerai à Béthanie. Près de Toi, Maître, je créerais trop de
distractions, J'ai brillé, j'ai témoigné de ta puissance jusqu'en Syrie. Maintenant je m'éclipse. Toi seul dois resplendir
dans le ciel du miracle, dans le ciel de Dieu, et en présence des
hommes." Marie, pendant ce temps, dit à la petite vieille : "Tu as
été bonne pour mon Fils. Lui m'a dit combien. Permets-moi de t'embrasser pour
te dire que je te suis reconnaissante. Je n'ai rien pour t'en récompenser,
excepté mon amour. Je suis pauvre, moi aussi... et je puis même dire que je
n'ai plus de Fils car Lui appartient à Dieu et à sa mission... Et qu'ainsi il
en soit toujours, car saint et juste est tout ce que Dieu veut." Marie est douce, mais comme elle est brisée déjà... Tous les
apôtres la regardent avec pitié au point d'oublier les gens qui manifestent
dehors et de demander des nouvelles de leurs parents qui habitent au loin. Mais Jésus dit : "Je monte sur la terrasse pour congédier
les gens et les bénir" et alors Pierre se réveille et il dit :
"Mais où est Margziam ? J'ai vu tous les
disciples et pas lui," "Margziam n'est pas ici"
répond Salomé, la mère de Jacques et Jean. "Margziam n'est pas ici ?
Pourquoi ? Est-il malade ?" 239> "Non. Il va bien, et ta femme aussi va
bien. Mais Margziam n'est pas ici. Porphyrée
ne l'a pas laissé venir." "Sotte femme ! Dans un mois, c'est Pâque, et lui doit bien
venir pour la Pâque ! Elle pouvait le faire venir dès maintenant, donner
cette joie au fils et aussi à moi. Mais elle est plus lente à comprendre
qu'une brebis et..." "Jean et Simon de Jonas, et toi Lazare avec Simon le Zélote, venez avec Moi. Vous tous,
restez ici où vous êtes, jusqu'à ce que j'aie congédié les gens pour en
séparer d'eux les disciples" commande Jésus et il sort avec les quatre,
.en fermant la porte. Il traverse le couloir, la cuisine, sort dans le jardin, suivi
de Pierre qui bougonne et des autres. Mais avant de mettre pied sur la
terrasse, il s'arrête dans l'escalier, se tourne pour poser une main sur
l'épaule de Pierre qui lève son visage mécontent. "Écoute-moi bien,
Simon Pierre, et cesse d'accuser Porphyrée et de
lui faire des reproches. Elle est innocente. Elle obéit à un ordre de Moi.
C'est Moi qui lui ai commandé, avant les Tabernacles, de ne pas faire
venir Margziam en Judée..." [5] "Mais la Pâque, Seigneur ?" "Je suis le Seigneur, tu le dis. Et comme Seigneur, je
puis commander n'importe quelle chose, car tout ordre de Moi est juste. Par
conséquent, ne te laisse pas troubler par des scrupules. Te souviens-tu de ce
qui est dit dans les Nombres ? "Si quelqu'un de votre nation est immonde
à cause d'un mort, ou se trouve en voyage au loin, qu'il fasse la Pâque du
Seigneur le quatorzième jour du second mois, vers le soir". [6] "Mais Margziam n'est pas
immonde, j'espère du moins que Porphyrée ne songe
pas à mourir justement maintenant, et il n'est pas en voyage..." objecte
Pierre. "Peu importe. Je le veux ainsi. Il y a des choses
qui rendent plus immonde qu'un mort. Margziam... Je
ne veux pas qu'il se contamine. Laisse-moi faire, Pierre. Je sais. Sois
capable d'obéir, comme l'est ton épouse et Margziam
lui-même. Nous ferons avec lui la seconde Pâque, au quatorzième jour du
second mois. Et nous serons si heureux alors. Je te le promets." [7] Pierre fait un geste comme pour dire :
"Résignons-nous" mais il n'objecte rien. Le Zélote observe : "II vaut mieux que tu ne continues pas
ton compte de ceux qui ne seront pas à Pâque dans la ville !" "Je n'ai plus envie de compter. Tout cela me fait quelque
chose... Un froid... Les autres peuvent-ils savoir ?" "Non. Je vous ai pris exprès à part." 240> "Alors... j'ai aussi quelque chose à
dire en particulier à Lazare." "Dis-la. Si je puis je te répondrai" dit Lazare. "Oh ! même si tu ne me réponds pas, peu m'importe. Il me
suffit que tu ailles trouver Pilate — l'idée est de ton ami Simon — et que
toi, ainsi en parlant de choses et d'autres, tu lui fasses dire ce qu'il
pense faire pour Jésus, en bien ou en mal... Tu sais... adroitement... Car on
dit tant de choses !..." | |||