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"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé" |
aucun accent |
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dimanche
- Curiosité d'un centurion et d'une dame romaine 465 - Qui parmi vous ne pratique pas l'idolâtrie ? 466 - Une femme voilée ne cesse de nous suivre 467 - Nicodème a voulu parler à Jésus en secret 469 - Je m'éloigne de Jérusalem une seconde fois 470 - Une protection offerte à Jésus 470 - Nicodème est rassuré par le Zélote et Jean 472 - Nicodème n'a pas acquis la certitude désirée 472 - Discours (Renaître de l'Esprit 473 - Je suis la Parole incarnée 474 - Je suis la Lumière du monde) 475 - Mourir pour vous donner la force de mourir 476 |
2.83. |
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465> Jésus est dans la cuisine de la
maisonnette de l'Oliveraie au souper avec ses disciples. Ils parlent des
événements de la journée, qui cependant n'est pas celle précédemment décrite,
car je constate qu'on parle d'autres faits, parmi lesquels la guérison d'un
lépreux survenue près des tombeaux sur la route de Bethphagé. "Il y avait
aussi un centurion romain qui regardait" dit Barthélemy. Et il
ajoute : "Il m'a demandé du haut de son cheval : "L'homme
que tu suis fait souvent des choses semblables ?" et à ma réponse
affirmative il s'est écrié : "Alors, il est plus grand qu'Esculape
et il deviendra plus riche que Crésus". J’ai répondu: "Il sera
toujours pauvre aux yeux du monde, car il ne reçoit pas mais il donne, et ne
veut que des âmes pour les conduire au Dieu Vrai.". Le centurion
m'a regardé très étonné et puis, il a éperonné son cheval et s'en est allé au
galop." "Il y avait
aussi une dame romaine
dans sa litière. Ce ne pouvait être qu'une femme. Elle avait baissé les
rideaux, mais jetait des coups d’œil au dehors. Voilà ce que j’ai vu."
dit Thomas. "Oui, elle était
au début de la courbe de la route. Elle avait donné l'ordre de s'arrêter
quand le lépreux avait crié : "Fils de David, aie pitié de
moi !" Il y avait le rideau déplacé et j'ai vu qu'elle t'a regardé
avec une loupe précieuse et elle a ri ironiquement. Mais quand elle a vu que
Toi, par ton seul commandement tu l'avait guéri ! Alors, elle m'a appelé
et m'a demandé : "Mais c’est celui qu'on donne pour le vrai
Messie ?". J'ai répondu que oui, et elle m'a dit : "Tu es
avec Lui ?" Et puis elle a demandé : "Est-il vraiment
bon ?" dit Jean. "Alors, tu l'as
vue ! Comment était-elle ?" demandent Pierre et Judas. "Bah !...
une femme..." "Quelle
découverte !" dit Pierre en riant. Et l'Iscariote
poursuit : "Mais elle était belle, jeune, riche ?" "Oui. Il me
semble qu'elle était jeune, et belle également. Mais je regardais toujours
vers Jésus plutôt que de son côté. Je voulais voir si le Maître se remettait
en route..." "Imbécile !"
murmure l'Iscariote entre ses dents. "Pourquoi ?"
dit Jacques de Zébédée pour le défendre. "Mon frère n'est pas un
Ganymède en quête d'aventures. Il a répondu par politesse, mais il n'a pas
manqué à sa première qualité." "Laquelle ?"
demande l'Iscariote. "Celle d'un
disciple qui garde pour son Maître son unique amour." Judas baisse la tête,
mécontent. "Et puis... ce
n'est pas bien que l'on vous voie parler avec les Romains." dit Philippe. "Déjà ils nous
accusent d'être Galiléens et, pour cette raison, moins "purs" que
les Juifs. Et aussi par naissance. Puis, ils nous accusent de séjourner
souvent à Tibériade, lieu de rendez-vous des Gentils, des Romains, des
Phéniciens, des Syriens... Puis... encore... oh ! de combien de choses
ils nous accusent ! ..." "Tu es bon,
Philippe, et tu mets un voile sur ce qu'a de dur la vérité que tu dis. Mais,
sans voile, la vérité est là : de combien de choses ils m'accusent
Moi." dit Jésus qui jusqu'alors s'est tu. "Au fond, ils
n'ont pas tout à fait tort. Trop de contacts avec les païens." dit
l'Iscariote. "Crois-tu que
les païens sont uniquement ceux qui n'ont pas la loi mosaïque ?"
dit Jésus. "Et qui
d'autres, alors ?" "Judas !...
Peux-tu jurer sur notre Dieu de ne pas avoir de paganisme dans ton
cœur ? Et puis jurer que les Israélites, les plus en vue, en sont
indemnes ?" "Mais, Maître...
des autres, je n'en sais rien... mais moi... je peux le jurer en ce qui me
concerne." "Dans ta pensée,
qu'est-ce que c'est que le paganisme ?" demande encore Jésus. 467> "Mais, c'est suivre une religion qui n'est pas vraie,
adorer les dieux" réplique vivement Judas. "Quels
dieux ?" "Les dieux de la
Grèce, de Rome, ceux d'Égypte... en somme les dieux aux mille noms, des êtres
imaginaires qui, selon les païens, peuplent leur Olympe." "Il n'y a pas
d'autres dieux ? Seulement les dieux de l'Olympe ?" "Et quels autres
encore ? N'y en a-t-il pas déjà trop ?" "Trop. Oui,
trop. Mais il y en a d'autres, sur les autels desquels tous les hommes
viennent brûler de l'encens, même les prêtres, les scribes, les rabbins, les pharisiens,
les saducéens, les hérodiens, ce sont toutes des personnes d'Israël, n'est-ce
pas ? Non seulement eux, mais même mes disciples." "Ah ! pour
cela, non !" affirment-ils tous unanimement. "Non ?
Amis... Qui, parmi vous, n'a pas un culte secret ou plusieurs ? Pour
l'un, c'est la beauté et l'élégance. Pour un autre, l'orgueil de son savoir.
Un autre encense l'espérance de devenir grand, humainement. Un autre
encore adore la femme. Un autre l'argent... Un autre se prosterne
devant son savoir... et ainsi de suite En vérité, je vous dis qu'il n'y a pas
d'homme qui ne soit marqué par l'idolâtrie. Comment alors dédaigner ceux qui,
par malchance, sont païens, lorsque, malgré l'appartenance au Dieu Vrai, on
reste païen dans sa volonté ?" "Mais, nous
sommes des hommes, Maître." s'exclament plusieurs. "C'est vrai.
Mais alors... ayez de la charité pour tous, car Moi, je suis venu pour tous
et vous n'êtes pas plus que Moi." "Mais, en
attendant, ils nous accusent, et ta mission en est entravée." "Elle ira quand
même de l'avant." Pierre, assis près de
Jésus et qui en est très heureux - pour cela il est bon, bon -
il dit à son tour : "A propos de femmes, il y a peu de jours et
même depuis que tu as parlé la première fois à Béthanie, après le retour de
Judée, qu'une femme
toute voilée ne cesse de nous suivre.
Je ne sais comment elle fait pour connaître nos intentions. Je sais qu'au
fond des groupes de gens du peuple qui t'écoutent si tu parles, ou en arrière
des gens qui te suivent si tu marches, ou encore derrière nous, quand nous
allons pour t'annoncer dans les campagnes, elle est presque toujours là. 468> À Béthanie, la première fois, elle m'a murmuré derrière
son voile : "Cet homme qui va parler, c'est bien Jésus de
Nazareth ?" Je lui ai dit que oui et le soir elle était derrière un
tronc d'arbre à t'écouter. Puis, je l'avais perdue de vue. Mais, maintenant,
ici, à Jérusalem, je l'ai vue deux ou trois fois. Aujourd'hui, je lui ai
demandé: "As-tu besoin de Lui ? Tu es malade ? Tu veux une
obole ?" Elle m'a toujours répondu non par un signe de tête, car
elle ne parle avec personne." "Un jour elle
m’a demandé : "où habite Jésus ?" Et je lui ai
répondu : "Au Gethsémani
!" dit Jean. "Bravo,
imbécile !" dit l'Iscariote en colère. "Il ne fallait pas. Tu
devais lui dire : "Dévoile-toi. Fais-toi connaître et je te le
dirai" "Mais, depuis
quand devons, nous demander cela ?!" s'exclame Jean, simple et innocent. "Quant aux
autres, on les voit. Celle-là est toute voilée. C'est peut-être une espionne,
ou une lépreuse. Elle ne doit pas nous suivre et savoir quoique ce soit. Si
c'est une espionne, c'est pour nous faire du mal. Peut-être est-elle payée
par le Sanhédrin qui veut qu'elle nous suive…" "Ah! il use de
ces procédés, le Sanhédrin ?" demande Pierre. "En es-tu
sûr ?" "Absolument
certain, J'ai appartenu au Temple, et je sais." "Ça par
exemple ! commente Pierre. A lui s'adapte, comme un capuchon, la raison
indiquée par le Maître, il y a peu de temps..." "Quelle
raison ?" Judas est déjà rouge de colère. "C'est que même
parmi les prêtres il y a des païens." "Qu'est-ce que
ça rentre avec le fait de payer un espion ?" "Ça y entre et
comment ! Ça y est déjà, au contraire. Pourquoi payent-ils ? Pour
abattre le Messie et assurer leur triomphe. Ils s'élèvent donc sur l'autel
avec leur âme malpropre sous des habits soignés." répond Pierre avec son
bon sens populaire. "Bon, en somme,
abrège Judas. Cette femme est un danger pour nous ou pour la foule. Pour la
foule si c'est une lépreuse, pour nous si c'est une espionne." "C'est à dire :
pour Lui, tout au plus." réplique Pierre. "Mais, si Lui
tombe, nous tombons aussi..." 469> "Ah ! Ah !" dit Pierre en riant et il
termine : "si on tombe, l'idole tombe en morceaux, on a risqué son
temps, sa réputation et peut-être sa peau, et alors ah ! ah !... et
alors il vaut mieux chercher à empêcher sa chute ou... s'éloigner à temps,
n'est-ce pas Pour moi, au contraire, regarde. Je l'embrasse plus étroitement
S'il tombe, abattu par ceux qui sont traîtres de Dieu, je veux tomber avec
Lui." et Pierre, de ses bras courts, enserre étroitement Jésus. "Je ne croyais
pas avoir fait tant de mal, Maître." dit tout attristé Jean qui est en
face de Jésus. "Frappe-moi, maltraite-moi. mais sauve-Toi.
Malheur ! si c'était moi, la cause de ta mort !… Oh ! je ne
pourrais plus retrouver la paix, Je sens que mon visage fondrait en larmes et
que mes yeux en seraient brûlés. Qu'ai-je jamais fait ! Judas a
raison : je suis un sot !" "Non, Jean, tu
n'es pas sot et tu as bien agi. Laissez-la venir toujours. Et respectez son
voile. Elle peut l'avoir mis pour se défendre dans une lutte entre le péché
et sa soif de rédemption Savez-vous quelles blessures frappent un être quand
cette lutte survient ? Connaissez-vous ses pleurs et la rougeur qui lui
monte au front ? Tu as dit, Jean, cher fils au cœur enfantin et bon, que
ton visage se creuserait par l'effet de tes pleurs intarissables si tu avais
été pour Moi une cause de mal. Mais sache que lorsqu’une conscience qui
s'éveille commence à ronger une chair qui a été péché, pour la détruire et
triompher par l'esprit, elle doit forcément consumer tout ce qui a été
attraction de la chair, et la créature vieillit, se fane sous l'ardeur de ce
feu qui la travaille. Ce n'est qu'après, une fois que la rédemption a son
terme, qu'elle se refait une nouvelle, sainte et plus parfaite beauté, car
c'est la beauté de l'âme qui affleure du regard, du sourire, de la voix, de
l'honnête hauteur du front sur lequel est descendu et resplendi comme un
diadème le pardon de Dieu." "Alors, je n'ai
pas mal fait ? ..." "Non, et Pierre
non plus n'a pas mal fait. Laissez-la faire. Et maintenant que chacun aille
se reposer. Moi je reste avec Jean et Simon
auxquels je dois parler. Allez." Les disciples se retirent.
Peut-être dorment-ils dans la pièce du pressoir d'huile. Je ne sais. Ils s'en
vont et sûrement ne rentrent pas à Jérusalem, car les portes sont fermées
depuis longtemps. "Tu as dit,
Simon, que Lazare t'a envoyé Isaac avec Maximin
aujourd'hui, pendant que j'étais près de la Tour de David. Que
voulait-il ?" 470> "Il voulait te dire que Nicodème
est chez lui et qu'il voulait te parler en secret. Je me suis permis de
dire : "Qu'il vienne. Le Maître l'attendra pendant la nuit".
Tu n'as que la nuit pour être seul. C'est pour cela que je t'ai dit :
"Congédie tout le monde, sauf Jean et moi". Jean aura à se rendre
au pont du Cédron, pour attendre Nicodème qui se trouve dans une des maisons
de Lazare, hors les murs. Moi, j'ai servi à t'expliquer. Ai-je mal
fait ?"
"Nous revenons
en Galilée ?" "Non, mais loin
de Jérusalem. Il faut évangéliser la Judée. C'est aussi Israël. Mais ici, tu
le vois... on exploite tout pour m'accuser. Je me retire. C'est pour la
seconde fois..."
"Maître,
pardonne-moi si j'ai voulu te parler en secret. Je me méfie, pour Toi et pour
moi, de beaucoup de gens. Ma conduite n'est pas uniquement lâche. Il y a
aussi la prudence et le désir de t'aider plus que si je t'appartenais
ouvertement. Tu as beaucoup d'ennemis. Je suis du petit nombre de ceux qui, ici
t'admirent. J'ai pris conseil de Lazare. Lazare est puissant par sa
naissance. On le craint parce qu'il est en faveur près de Rome, juste aux
yeux de Dieu, sage par maturité d'esprit et par sa culture. Il est ton véritable
ami et mon véritable ami. C'est pour cela que j'ai voulu
m'entretenir avec lui et je suis heureux qu'il ait jugé de la même manière
que moi. Je lui ai dit les dernières... discussions du Sanhédrin à ton
sujet." "Les dernières
accusations. Dis simplement la vérité, toute nue, telle qu'elle est." 471> "Les dernières accusations. Oui, Maître. J'étais sur le
point de dire : "Et bien, moi aussi, je suis des siens", pour
qu'au moins, dans cette assemblée, il y eût quelqu'un en ta faveur. Mais Joseph, qui
s'était approché de moi, m'a dit tout bas: "Tais-toi. Gardons secrète
notre manière de voir. Je te dirai après" .Et, à la sortie il a dit,
oui, il a dit : "Il vaut mieux ainsi. S'ils savent que nous sommes
disciples, ils nous tiendront à l'écart de leurs pensées et de leurs
décisions, et ils peuvent Lui nuire et nous nuire. S'ils pensent que nous
sommes simplement intéressés à tout ce que Lui dit, ils n'agiront pas en
cachette à notre égard". J'ai compris qu'il avait raison. Ils sont
tellement... mauvais ! J'ai encore mes intérêts et mes devoirs... et
Joseph aussi... Tu comprends, Maître." "Je ne vous fais
aucune ,réprimande. Avant que tu viennes, je disais cela à Simon. Et j'ai
décidé aussi de m'éloigner de Jérusalem." "Tu nous hais
parce que nous ne t'aimons pas !" "Non. Je ne hais
pas même mes ennemis." "Tu le dis. Oui,
c'est vrai. Tu as raison. Mais quelle douleur pour moi et Joseph ! Et
Lazare ? Que dira Lazare qui, aujourd’hui même a décidé de te faire dire
de quitter ce lieu pour aller dans une de ses propriétés de Sion. Tu
sais ? Lazare est puissamment riche. Une bonne partie de la ville lui
appartient ainsi que beaucoup de terres de la Palestine. Le père, à sa
fortune et à celle d'Euchérie
de ta tribu et de ta famille, avait ajouté ce qui était une récompense des
Romains à leur serviteur fidèle, et avait laissé à ses fils un important
héritage. Mais ce qui a plus d'importance une puissante amitié, bien que
voilée, avec Rome. Sans elle, qui aurait sauvé de l'infamie toute sa maison,
après la conduite infamante de Marie, son divorce reconnu uniquement parce
que c'était "elle", sa vie licencieuse dans cette cité qui est son
fief et à Tibériade, l'élégant lupanar dont Rome et Athènes en ont fait un
lieu de galants rendez-vous pour tant de gens du peuple élu ? Vraiment,
si le syrien Théophile
avait été un prosélyte plus convaincu, il n'aurait pas donné à ses enfants
cette éducation hellénisante qui tue tant de vertus et sème tant de voluptés.
Bue et éliminée sans conséquences fâcheuses par Lazare et spécialement par Marthe, elle a contaminé Marie, qui s'est développée dans sa nature passionnée et a
fait d'elle la fange de sa famille et de la Palestine ! Non, sans la
puissante faveur de Rome qui l'ombrage, plus qu'aux lépreux, on leur aurait
envoyé l'anathème. Mais, puisqu'il en est ainsi, profite de la
situation." "Non. Je me
retire. Qui me veut, viendra vers Moi." "J'ai mal fait
de parler." Nicodème est effondré. 472> "Non. Attends et sois-en persuadé." Jésus ouvre une
porte et appelle : "Simon ! Jean ! Venez vers Moi."
Les deux accourent. "Simon, dis à
Nicodème ce que je te disais quand lui est entré." "Que pour les
humbles, il suffisait des bergers, que pour les puissants Lazare, Nicodème et
Joseph avec Chouza, et que tu te retirais loin de
Jérusalem sans pourtant abandonner la Judée. Voilà ce que tu disais. Pourquoi
me le fais-tu répéter ? Qu'est ce qui est arrivé ?" "Rien. Nicodème
craignait que je parte à cause de ses paroles." "J'ai dit au
Maître que le Sanhédrin Lui est de plus en plus hostile et que ce serait bien
qu'il se mette sous la protection de Lazare. Il a protégé tes biens parce
qu'il a Rome pour lui. Il protégerait aussi Jésus." "C'est vrai.
C'est un bon conseil. Bien que ma caste soit mal vue de Rome; pourtant une
parole de Théophile m'a conservé mon avoir durant la proscription et la
lèpre. Et Lazare t'est très attaché, Maître." "Je le sais. Mais
j'ai décidé et je fais ce que j'ai décidé." "Nous allons te
perdre, alors !" "Non, Nicodème.
Vers le Baptiste viennent des hommes de toutes les sectes. Vers Moi pourront
venir des hommes de toutes les sectes et de toutes situations." "Nous venions à
Toi, sachant que tu es plus que Jean." "Vous pourrez y
venir encore. Je serai un rabbi solitaire, comme Jean et je parlerai aux
foules désireuses d'entendre la voix de Dieu et capables de croire que je
suis cette Voix. Et les autres m'oublieront, si du moins ils en sont
capables." "Maître, tu es
triste et déçu. Tu as raison. Tous t'écoutent, et croient en Toi tout juste
pour obtenir des miracles. Même un courtisan d'Hérode qui devait forcément avoir
corrompu sa bonté naturelle dans cette cour incestueuse, et même encore des
soldats romains croient en Toi. Il n'y a que nous de Sion qui sommes si
durs... Mais pas tous. Tu le vois... Maître, nous savons que tu es venu de la
part de Dieu, son docteur, et un plus grand n'existe pas. Même Gamaliel le dit. Personne ne peut faire les miracles que tu
fais, s'il n'a pas Dieu avec lui. Cela, le croient même les savants comme Gamaliel
Comment alors se fait-il que nous ne pouvons avoir la foi que possèdent les
petits d'Israël ? Oh ! dis-le moi exactement. Je ne te trahirai pas
même si tu me disais : "J'ai menti pour valoriser mes sages paroles
sous un sceau que personne ne peut ridiculiser". Es-tu le Messie du
Seigneur ? L'Attendu la Parole du Père, incarnée pour instruire et
racheter Israël selon le Pacte ?" 473> "Est-ce que toi qui pose la question, ou d'autres
t'envoient-il: pour la poser ?" "De moi, de moi,
Seigneur. J'ai un tourment, ici. Au-dedans de moi. Je subis une bourrasque.
Vents opposés ,et voix qui se contrarient. Pourquoi n'ai-je pas en moi, homme
mûr, cette certitude paisible que possède celui-ci, presque analphabète et
tout jeune qui lui met ce sourire sur le visage, cette lumière dans les yeux,
ce soleil dans le cœur ? Jean devient rouge
comme une fraise, puis il baisse la tête comme pour s'excuser de dire une
chose si grande, et il répond simplement : "C'est en aimant." "En
aimant ! Et toi, Simon, homme probe et au seuil de la vieillesse, toi
qui est instruit et tellement éprouvé que tu es poussé à craindre partout la
fourberie ?" "En
méditant." "En
aimant ! En méditant ! Moi aussi, j'aime et je médite et je n'ai
pas encore acquis la certitude !" Jésus l'interrompt en
disant : "Moi, je vais te dire le vrai secret Ceux-ci ont su
renaître, avec un esprit nouveau, libre de toute chaîne, vierge de toute
idée. Et c'est ainsi qu'ils ont compris Dieu Si quelqu'un ne renaît pas, il ne
peut voir le royaume de Dieu, ni croire en son Roi." "Comment quelqu'un peut-il renaître s'il est déjà
adulte ? Une fois sorti du sein maternel, l'homme ne peut jamais plus y
rentrer Tu fais peut-être allusion à la réincarnation à laquelle croient beaucoup de païens ? Mais, non.
Tu ne peux pas supposer, cela. Et puis ce ne serait pas rentrer dans le sein,
mais reprendre une chair hors du temps. Par conséquent il ne s'agit pas de
renaître maintenant Comment ? Comment ?" 474> "Comment cela
peut-il se faire ?" "Toi, maître en
Israël, tu me le demandes ? Tu ignores ces choses ? On parle et on
rend témoignage de ce qu'on sait et de ce qu’on a vu, Or donc, je parle et je
témoigne de ce que je sais. Comment pourras-tu jamais accepter les choses que
tu n'as pas vues, si tu n'acceptes pas le témoignage que je t'apporte ?
Comment pourras-tu croire à l'Esprit, si tu ne crois pas à la Parole
Incarnée ? Je suis descendu pour remonter et emporter avec Moi ceux qui
sont ici-bas. Un seul est descendu du Ciel : le Fils de l'Homme. Et un
seul montera au Ciel avec le pouvoir d'ouvrir le Ciel : Moi, Fils de
l'Homme. Rappelle-toi Moïse. Il éleva un serpent dans le désert pour guérir
ceux qui étaient malades en Israël. Quand je serai élevé, ceux, que
maintenant la fièvre de la faute rend aveugles, sourds, muets, fous, lépreux,
malades, seront guéris, et quiconque croira en Moi aura la vie éternelle. Même
ceux qui auront cru en Moi, auront cette heureuse vie. 475> "Jésus."
Quant à ceux qui
m'aiment et mettent en pratique les vérités que j'enseigne, en naissant donc
une seconde fois par une naissance plus réelle, je dis qu'ils ne craignent
pas la lumière mais a contraire qu'ils s'en approchent, car cette lumière
augmente celle par laquelle ils ont été primitivement éclairés. C'est une
gloire réciproque qui rend Dieu heureux en ses fils et à leur tour heureux
eux aussi en leur Père. Non, les fils de la Lumière ne craignent pas d'être
illuminés, Mais, au contraire, en leur cœur et par leurs œuvres, ils
disent : "Non pas moi : mais Lui le Père, Lui le Fils, Lui l'Esprit
ont accompli le bien en moi. À eux gloire dans l'éternité". Et du Ciel
l'éternel chant des Trois qui s'aiment répond dans leur parfaite Unité :
"A toi, bénédiction pour l'éternité, vrai fils de notre volonté".
Jean, rappelle-toi ces paroles pour quand ce sera l'heure de les écrire.
Nicodème, es-tu convaincu ?" 476> "Maître... oui. Quand pourrai-je te parler
encore ?" "Lazare saura où
te conduire : J'irai chez lui avant de m'éloigner d'ici." "Je m'en vais,
Maître. Bénis ton serviteur." "Que ma paix
soit avec toi." Nicodème sort avec
Jean. Jésus se tourne vers Simon : "Vois-tu l’œuvre de la puissance des
Ténèbres ? Comme une araignée, elle tend son piège, englue et emprisonne
celui qui ne sait pas mourir pour renaître papillon, assez fort pour déchirer
la toile ténébreuse et passer outre, emportant en souvenir de sa victoire des
lambeaux de la toile tout éclairés sur ses ailes d'or, comme des oriflammes
et des étendards pris à l'ennemi. Mourir pour vivre. Mourir pour vous donner
la force de mourir. Viens Simon te reposer, et que Dieu soit avec toi." Tout prend fin. |
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[1] Cf. Isaïe 49,6-7 : "C’est trop peu que tu
sois pour moi un serviteur en relevant les tribus de Jacob, et en ramenant les
préservés d’Israël; je t’ai destiné à être la lumière des nations, afin que mon
salut soit présent jusqu’à l’extrémité de la terre. Ainsi parle Yahvé, le
rédempteur, le Saint d’Israël, à celui dont l’âme est méprisée, honnie de la
nation, à l’esclave des tyrans: des rois verront et se lèveront, des princes
verront et se prosterneront, à cause de Yahvé qui est fidèle, du Saint d’Israël
qui t’a élu."
[2] Cf. le Prologue
de Jean 1,9-11