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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
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Vendredi 7 septembre 29 (10
Tisri)
- Arrivée sous une pluie maussade
130 - Jean apprend le mensonge de
Judas aux pharisiens 131 - Pierre a fait préparer un bain
chaud 132 - Faut-il cacher le mensonge de
Judas ? 133 - Jésus reproche à Judas son
mensonge 133 - Jésus respectera le jour du
sabbat 133 - Mais il accepte l'itinéraire
proposé par Judas 134 - Avec mes péchés je sers mieux le
Maître 135 - Pourquoi Jésus pleure-t-il ? 135
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Accueil >> Plan du site >> Sommaire du Tome 7 7.176. |
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130> Le temps a vraiment
tenu ses promesses et il s'est résolu en une pluie maussade, fine,
persistante. Ceux qui sont sur les chars se défendent bien. 131> Mais ceux qui sont à pied ou à dos d'âne se trempent et en
souffrent, surtout ceux qui, à l'ennui de la pluie qui leur mouille la tête
et les épaules, ajoutent celui de la boue toujours plus molle qui pénètre
dans les sandales, se colle aux chevilles et gicle sur les vêtements. Les
pèlerins se sont mis sur la tête, et même pliés en double, leurs manteaux ou
des couvertures et ils semblent tous autant de moines encapuchonnés. Jésus et Jean, à pied, sont absolument trempés. Mais ils se
préoccupent de protéger plutôt qu'eux-mêmes les sacs où sont les vêtements de
rechange. Ils arrivent ainsi à Engannim où ils se
mettent à chercher les apôtres en se séparant pour les trouver plus vite.
C'est Jean qui les trouve, ou plutôt qui trouve Jacques
de Zébédée qui a fait les provisions
pour le sabbat. "Nous étions préoccupés, et si nous ne vous avions pas
vus, nous allions revenir en arrière malgré le sabbat... Où est le Maître
?" "Il est allé vous chercher. Le premier qui trouve va près
du forgeron." "Alors... Regarde. Nous sommes dans cette maison : une
brave femme avec ses trois filles. Va tout de suite trouver le Maître, et
viens..." Jacques baisse la voix et murmure en regardant autour de lui :
"Ici, il y a beaucoup de pharisiens... et... avec de mauvaises
intentions certainement. Ils nous ont demandé pourquoi Lui n'était pas avec
nous. Ils voulaient savoir s'il est allé en avant ou s'il est en arrière.
Nous avons dit d'abord : "Nous ne savons pas". Ils ne nous ont pas
cru. Et c'était juste, car comment pouvons-nous dire, nous, que nous ne
savons pas où il est ? Alors l'Iscariote, lui qui n'a pas tant de scrupules, a dit: "II est
allé en avant" et comme ils n'étaient pas convaincus et posaient des
questions : avec qui, avec quoi, quand il était parti, si on savait que le
vendredi précédent il était vers Giscala, il a dit : "A Ptolémaïs il a pris place sur un navire et nous a donc précédés.
Il descendra à Joppé pour entrer à Jérusalem par la
Porte de Damas, pour aller tout de suite chez Joseph
d'Arirnathie dans
sa maison de Bézéta". "Mais pourquoi tant de mensonges ?" demande Jean scandalisé.
"Qui sait ? Nous le lui avons dit, nous aussi. Mais il a
ri en disant : "Œil pour œil, dent pour dent, et mensonge pour mensonge.
Il suffit que le Maître soit sauf. Ils le cherchent pour Lui nuire, je le
sais". Pierre lui a fait remarquer que de donner le nom de Joseph,
cela pouvait lui donner des ennuis. Mais Judas a répondu: "Ils vont y
accourir, et voyant la stupeur de Joseph, ils comprendront que ce n'est pas
vrai". 132> "Ils vont te
haïr alors pour la farce que tu leur as faite..." avons-nous objecté.
Mais lui a ri en disant : "Oh ! Je me ris de leur haine. Je sais comment
la rendre inoffensive..." Mais va, Jean. Essaie de trouver le Maître et
reviens avec Lui. La pluie nous rend service. Les pharisiens sont dans les
maisons pour ne pas tremper leurs vêtements encombrants..." Jean donne le sac à son frère et il va s'éloigner en courant,
mais Jacques le retient pour lui dire : "Et ne dis pas au Maître les
mensonges de Judas. Même dits dans un but qui est bon, ce sont toujours des
mensonges et le Maître hait le mensonge..." "Je ne le dirai pas" et Jean s'en va en courant. Jacques a bien dit. Les riches sont déjà dans les maisons. Dans
les rues s'agitent, à la recherche d'un abri, seulement les pauvres gens... Jésus est sous une entrée, près de la maréchalerie. Jean le
rejoint et Lui dit : "Viens vite, je les ai trouvés. Nous pourrons
mettre des vêtements secs." Il ne dit rien de plus pour expliquer sa
hâte. Ils rejoignent bientôt la maison. Ils entrent par la porte qui
n'est que poussée. Là, tout de suite derrière, les onze apôtres entourent
Jésus comme s'ils ne l'avaient pas vu depuis plusieurs mois. La maîtresse de
la maison, une petite femme fanée, amaigrie, donne un coup d'œil par une
porte entrouverte. "Paix à vous" dit Jésus avec un sourire, et il les
embrasse tous avec la même affection. Tous parlent ensemble, ayant tant de choses à dire. Mais Pierre crie : "Silence! Et laissez-le. Vous ne voyez pas
comme il est trempé et fatigué ?" et au Maître: "Je t'ai fait
préparer un bain chaud et... donne-moi ce manteau trempé... et les vêtements
chauds. Je les ai pris dans ton sac..." Puis il se tourne vers
l'intérieur de la maison et il crie: "Hé ! femme ! L'hôte est arrivé.
Apporte l'eau, pour le reste, moi je m'en charge." Et la femme, timide comme tous les gens qui ont souffert — et
son visage dit qu'elle a souffert — traverse en silence le couloir, suivie des
trois jeunes filles fluettes comme elle et avec la même expression, pour
aller à la cuisine prendre les chaudrons d'eau bouillante. "Viens, Maître. Et toi aussi, Jean. Vous êtes froids comme
des noyés. Mais j'ai fait bouillir du genièvre avec du vinaigre pour le
mettre dans l'eau. Cela fait du bien." En effet les chaudrons, en passant, ont répandu une odeur de
vinaigre et d'autres arômes. 133> Jésus entre dans une
petite pièce où se trouvent deux grands baquets de bois servant peut-être à
la lessive, regarde la femme qui sort avec ses filles et la salue :
"Paix à toi et à tes filles. Et que le Seigneur te récompense." "Merci, Seigneur..." et elle s'éclipse. Pierre entre avec Jésus et Jean. Il ferme la porte et murmure :
"Attention qu'elle ne sache pas qui tu es... Nous sommes tous des
pèlerins, et Toi, tu es un rabbi et nous, tes amis. C'est vrai, au
fond... Ce n'est... Hum ! ce n'est qu'une vérité voilée... Trop de pharisiens
et... qui s'intéressent trop à Toi. Mets-toi en tenue... Après, nous parlerons"
et il s'en va, les laissant seuls et revient vers ses compagnons qui sont
assis dans une petite pièce. "Et maintenant, qu'allons-nous dire au Maître ? Si nous
disons que nous avons menti, il en aura de la peine. Mais... nous ne pouvons
pas ne pas le Lui dire" dit Pierre. "Mais ne te sacrifie pas! C'est moi qui ai menti, et je le
Lui dirai." "Et cela le rendra plus triste encore. Tu n'as pas vu
comme il est attristé?" "Je l'ai vu. Mais c'est parce qu'il est fatigué... Du
reste... Je pourrai même dire aux pharisiens : "Je vous ai menti".
Ce ne sont que des vétilles. L'important c'est que Lui n'ait pas à
souffrir." "Moi, je ne dirais rien. A personne. Si tu le dis à Lui,
tu n'arriveras pas à le tenir caché. Si tu le dis à eux, tu n'arriveras pas à
le sauver des embûches..." observe Philippe. "Nous le verrons" dit Judas avec assurance. Il se passe un moment, et Jésus rentre avec des vêtements secs,
restauré par le bain, Jean le suit. Ils parlent de tout ce qui est arrivé au groupe apostolique
ainsi qu'au Maître et à Jean. Mais personne ne parle des pharisiens jusqu'au
moment où Judas déclare : "Maître, je suis certain que tu es recherché
par ceux qui te haïssent. Et pour te sauver, j'ai répandu le bruit que tu ne
vas pas à Jérusalem par les chemins habituels, mais par mer jusqu'à Joppé. Eux vont se diriger de ce côté, ah ! ah !" "Mais pourquoi mentir ?" "Et eux, pourquoi mentent-ils ?" "Eux, ce sont eux, et toi, tu n'es pas, tu ne devrais
pas être comme eux... " "Maître, je ne suis que cela: quelqu'un qui les connaît et
qui t'aime. Veux-tu te ruiner? Moi, je suis prêt à l'empêcher. Écoute-moi
bien, et sens mon cœur dans mes paroles. Demain tu ne sors pas d'ici..."
134> "Demain, c'est
le sabbat..." "C'est bien. Mais tu ne sors pas d'ici. Tu te reposes,
tu..." "Tout, sauf le péché, Judas. Aucune considération ne me
fera accepter de manquer à la sanctification du sabbat." "Eux..." "Qu'ils fassent ce qu'ils veulent. Moi, je ne pécherai
pas. Si je le faisais, outre mon péché qui pèserait sur Moi, je mettrais en
leurs mains une arme pour me ruiner. Tu ne te souviens pas qu'ils disent déjà
que je suis un profanateur du sabbat ?" "Le Maître a raison" disent les autres. "C'est bien... Tu feras ce que tu veux pour le sabbat,
mais pour la route, non. Ne suivons pas le chemin de tout le monde, Maître.
Écoute-moi, désoriente-les..." "Mais, enfin ! Que sais-tu de précis, toi qui parles
?" crie Simon en agitant ses bras courts. "Maître, ordonne-lui de parler
!" "Paix, Simon. Si ton frère a eu connaissance d'un danger,
peut-être avec un danger pour lui-même, et qu'il nous en avertit, nous ne
devons le traiter en ennemi, mais lui en être reconnaissant. Si lui ne peut
tout dire parce qu'il pourrait compromettre des tierces personnes pas assez
courageuses pour prendre l'initiative de parler, mais encore assez honnêtes
pour ne pas permettre un crime, pourquoi voulez-vous le forcer à parler ?
Laissez-le donc parler, et Moi, je prendrai ce qu'il y a de bon dans son
projet en repoussant ce qui pourrait ne pas l'être. Parle, Judas." "Merci, Maître. Toi seul me connais vraiment pour ce que
je suis. Je disais : à l'intérieur des frontières de la Samarie, nous
pourrons aller en sécurité. Car en Samarie, Rome commande plus qu'en Galilée
et en Judée, et eux, qui te haïssent, ne veulent pas d'ennuis avec Rome.
Pourtant, toujours pour désorienter les espions, je dis de ne pas suivre le
chemin direct, mais en sortant d'ici, de se diriger vers Dothaïn et puis, sans
rejoindre la Samarie, de couper le pays et de passer par Sichem, puis de descendre à Éphraïm, par l'Adomin et le Carit, et de passer de là à Béthanie." "Route longue et difficile, surtout s'il pleut." "Dangereuse ! L'Adomin..." "Il semble que tu cherches le danger..." Les apôtres ne sont pas enthousiastes. Mais Jésus dit :
"Judas a raison. Nous prendrons ce chemin. Après, nous aurons le temps
de nous reposer. J'ai encore autre chose à faire avant que l'heure arrive et
soit achevée, et je ne dois pas, par sottise, me livrer à eux jusqu'à ce que
tout soit accompli. Nous passerons ainsi chez Lazare. 135> Il est certainement très malade, et il m'attend...
Vous, mangez. Moi, je me retire. Je suis fatigué..." "Mais même pas un peu de nourriture ! N'es-tu pas malade,
hein ?" "Non, Simon. Mais cela fait sept jours que je ne dors pas
dans un lit. Adieu, amis. La paix soit avec vous..." Et il se retire. Judas jubile : "Vous avez vu ? Lui est humble et juste et
il ne repousse pas ce qu'il sent être bon..." "Oui... mais... Crois-tu qu'il soit content ? Vraiment
content ?" "Je ne le crois pas... Mais il comprend que j'ai
raison..." "Je voudrais savoir comment tu as fait pour savoir tant de
choses. Et pourtant... tu as toujours été avec nous !..." "Oui, et vous me surveillez comme une bête dangereuse. Je
le sais, mais cela ne fait rien. Rappelez-vous cela : même un mendiant et
même un voleur peut servir pour savoir, et même une femme. J'ai parlé avec un
mendiant, et je lui ai fait l'aumône. Avec un voleur et j'ai découvert...
Avec une... femme et... que de choses peut savoir une femme !" Les apôtres se regardent stupéfaits. Du regard ils
s'interrogent. Quand ? Où Judas a-t-il su et approché ?... Il rit et dit : "Et avec un soldat ! Oui, car la femme
avait tant parlé au point de m'envoyer chez le soldat. Et j'ai eu
confirmation, et j'ai fait savoir... Tout est permis quand c'est nécessaire,
même les courtisanes et les troupes !" "Tu es... tu es !..." dit Barthélemy, en retenant ce qu'il allait dire. "Oui, je suis moi. Rien de plus que moi. Un pécheur pour
vous. Mais moi, avec tous mes péchés, je sers mieux le Maître que vous. Et du
reste... Si une courtisane sait ce que veulent faire les ennemis de Jésus,
c'est signe qu'eux vont chez les courtisanes ou les ont avec eux, ballerines
et mimes, pour se récréer... Et s'ils les ont auprès d'eux... je peux les
avoir moi aussi. Cela m'a servi, vous voyez ? Réfléchissez qu'aux frontières
de la Judée, Lui pouvait être pris. Et dites que je suis sage pour l'avoir
évité..." Tous sont songeurs et mangent à contrecœur leur nourriture.
Puis Barthélemy se lève. "Où vas-tu ?" "Le trouver... Je ne suis pas convaincu qu'il dort. Je
vais Lui porter du lait chaud... et je verrai." Il sort, reste absent un moment, il revient. "Il était assis sur le lit... et il pleurait... Tu l'as
affligé, Judas. Je le pensais bien." "Il l'a dit, Lui ? Je vais m'expliquer." 136> "Non. Il ne l'a
pas dit. Au contraire, il a dit que tu as tes mérites, toi aussi. Mais je
l'ai compris. N'y va pas. Laisse-le en paix." "Vous êtes tous des imbéciles. Il souffre parce qu'il est
persécuté, entravé dans sa mission. Voilà ce qu'il y a" dit Judas
révolté. Et Jean confirme : "C'est vrai. Il a pleuré même avant de
vous rejoindre. Il souffre beaucoup, même pour sa Mère, pour ses frères, pour
les paysans malheureux. Oh ! tant de souffrances !..." "Raconte, raconte..." "Quitter sa Mère, c'est une souffrance. Voir qu'on ne le
comprend pas, que personne ne le comprend, c'est une souffrance. Voir que les
serviteurs de Giocana..."
"Hé ! oui ! C'est vraiment une souffrance de les voir, eux
!... Je suis content que Margziam ne les ait pas vus. Il aurait souffert et
haï le pharisien..." dit Pierre. "Mais mes frères ont encore fait souffrir Jésus ?"
demande sévèrement Jude
Thaddée. |
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"Non, au contraire ! Ils se sont vus et
ont parlé affectueusement et ils se sont quittés en paix et avec de bonnes
promesses. Mais Lui les voudrait... comme nous... et plus que nous tous... Il
nous voudrait tous convaincus de son Règne et de la nature de celui-ci. Et
nous..." Jean n'en dit pas davantage... Et le silence descend dans la
petite pièce qu'éclairé une lampe à deux becs en éclairant douze visages
diversement pensifs. |
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