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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta © Centro Editoriale Valtortiano |
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mardi
- Accueil de Valeria 522 - Et du chef de la synagogue Mathatias 523 - Si tu avais été là, Zéno ne serait pas mort 523 - Discours (La mort et l'au-delà) 524 - Discours (Le jour de la rédemption est proche 525 - Les deux résurrections) 526 - Discours d'un vieillard (Le Dieu inconnu) 527 - Discours (Le Dieu inconnu et le Dieu-Homme) 528 - Discours (Ma loi de salut : l'amour du prochain 529 - Amenez les vôtres pour la prochaine Pâque 529 - Le rôle des païens à ma naissance) 530 - Jésus demande à un païen de pardonner 530 - Adieu à Valeria et à Mathatias 531 |
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522> La synagogue des romains est exactement à l'opposé du Temple, près de l'Hippique.[1] Il y a des gens qui attendent Jésus et quand on l'a signalé au début de la route, des femmes, les premières, vont à sa rencontre. Jésus est avec Pierre et le Thaddée. "Salut, Maître. Je te suis reconnaissante de m'avoir exaucée. Tu viens d'entrer dans la ville ?" "Non. J'y suis depuis l'heure de prime. J'ai été au Temple." "Au Temple ? Ils ne t'ont pas insulté ?" 523> "Non. L'heure était matinale, et on ignorait ma venue." "Je t'avais fait appeler pour cela... et aussi parce qu'il y a ici des gentils qui voudraient t'entendre parler. Depuis plusieurs jours ils allaient au Temple pour t'attendre, mais on se moquait d'eux et même on les menaçait. Hier j'y étais moi aussi, et j'ai compris qu'ils t'attendaient pour t'insulter. J'ai envoyé des hommes à toutes les portes. Avec l'or on obtient tout..." "Je te suis reconnaissant. Mais je ne puis pas ne pas monter au Temple, Moi, Rabbi d'Israël. Ces femmes, qui sont-elles ?" "Mon affranchie Tusnilde, barbare deux fois, Seigneur, des forêts de Teutberg. Une proie de ces avances imprudentes qui ont coûté tant de sang humain.[*] Mon père en a fait cadeau à ma mère, et elle me l'a donnée pour mes noces. De ses dieux aux nôtres et des nôtres à Toi, car elle fait ce que je fais. Elle est tellement bonne. Les autres femmes sont des épouses de gentils qui t'attendent, de toutes les régions, la plupart souffrantes, venues avec les navires de leurs maris." "Entrons dans la synagogue..." Le chef, debout sur le seuil, s'incline et se présente : "Matthatias Sicule, Maître. A Toi louanges et bénédictions." "La paix à toi." "Entre. Je ferme la porte pour rester tranquilles. La haine est telle que les briques ont des yeux et les pierres des oreilles pour t'observer et te dénoncer, Maître. Peut-être valent-ils mieux ceux-ci qui, pourvu qu'on ne touche pas à leurs intérêts, nous laissent faire" dit le vieux chef qui marche à côté de Jésus pour le conduire au-delà d'une petite cour dans une vaste pièce qui est la synagogue.
Quelques-unes sont en bonne santé, mais c'est leur petit qui est dans leurs bras, qui est souffrant, et Jésus guérit l'enfant. Il y a une fillette complètement paralysée et qui crie, une fois guérie : "Sitaré te baise les mains, Seigneur !" Jésus, qui était déjà passé, se retourne en souriant et demande : "Tu es syrienne ?" La mère explique : "Phénicienne, Seigneur, d'au-delà de Sidon. Nous sommes sur les rives du Tamiri et j'ai dix autres fils et deux autres filles, une qui s'appelle Sira et l'autre Tamira. Sira est veuve bien qu'elle ne soit qu'un peu plus qu'enfant, si bien qu'étant libre, elle s'est établie auprès de son frère ici, dans la ville 524> et elle est une de tes fidèles. C'est elle qui nous a dit que tu peux tout." "Elle n'est pas avec toi ?" "Si, Seigneur, derrière ces femmes." "Avance" commande Jésus. La femme s'avance, craintive. "Tu ne dois pas avoir peur de Moi si tu m'aimes" dit Jésus pour la réconforter. "Je t'aime. C'est pour cela que j'ai quitté Alexandroscène, car je pensais que je t'aurais encore entendu et... que j'aurais appris à accepter ma douleur..." Elle pleure. "Quand es-tu restée veuve ?" "A la fin de votre Adar... Si tu avais été là, Zéno ne serait pas mort. Il le disait... car il t'avait entendu et il croyait en Toi..."
"Tu m'as consolée, ô Seigneur. Je vivrai comme tu dis. Que tu sois béni, et avec Toi ton Père, pour l'éternité." Le chef de la synagogue dit au moment où Jésus va passer : "Puis-je te faire une objection, sans que cela te paraisse une offense ?" "Parle. Je suis ici : Maître, pour donner la sagesse à ceux qui m'interrogent." "Tu as dit que certains deviendront tout de suite glorieux au Ciel. Le Ciel n'est-il pas fermé ? Est-ce que les justes ne sont pas dans les Limbes en attendant d'y entrer ?"
Jésus prend le ton chantant particulier que prend un chef de synagogue ou un rabbi quand il répète les paroles bibliques ou les psaumes, et il dit : "Et Il m'a dit : "Prophétise à ces ossements et dis-leur : 'Os arides, écoutez la parole du Seigneur... Voici ! J'infuserai en vous l'esprit et vous vivrez. Je mettrai sur vous les nerfs et Je ferai croître sur vous les chairs, J'étendrai la peau, Je vous donnerai l'esprit et vous vivrez et vous saurez que Je suis le Seigneur... Voici ! J'ouvrirai vos tombeaux... Je vous en ferai sortir... Quand J'aurai infusé en vous mon esprit vous aurez la vie et Je vous ferai reposer sur la terre qui est la vôtre' [3]." Il reprend sa manière de parler habituelle et
abaisse ses bras qu'il avait tendus en avant, et il dit : "Deux sont
ces résurrections de ce qui est aride, mort à la vie. Deux, qui se reflètent
dans les paroles du prophète. Les gens rassemblés dans la vaste salle sont comme fascinés. Il n'y a pas de différence entre l'étonnement des hébreux et celui des autres, d'autres lieux et d'autres religions. Je dirais même que ceux dont l'étonnement marque le plus de respect, ce sont les étrangers. Quelqu'un, un petit vieux très digne, murmure entre ses dents. "Qu'as-tu dit, ô homme ?i demande Jésus en se retournant. "J'ai dit que... Je me répétais les paroles que pendant ma jeunesse j'avais entendues de mon maître d'enseignement : "Il est accordé à l'homme de s'élever par la vertu à une perfection divine. Il y a dans la créature un reflet du Créateur qui se révèle d'autant plus que l'homme s'ennoblit lui-même dans la vertu, quasi consommant la matière dans le feu de la vertu. Et il est accordé à l'homme de connaître l'Être qui, au moins une fois dans la vie d'un homme, avec une affection sévère ou paternelle, se montre à la créature pour qu'elle puisse dire : 'Je dois être bon. Je serais un malheureux si je ne le suis pas ! Parce qu'une Puissance immense a brillé devant moi pour me faire comprendre que la vertu est un devoir et qu'elle est signe de la noble nature de l'homme'. Vous trouverez cet éclair de la Divinité tantôt dans la beauté de la nature, tantôt dans la parole d'un mourant, ou même dans le regard d'un malheureux qui vous regarde et juge, ou dans le silence de la personne aimée qui sans rien dire réprouve une votre action déshonorante, vous le trouverez dans la frayeur d'un enfant devant un de vos actes de violence, ou dans le silence des nuits quand vous êtes seuls avec vous-mêmes et, dans la pièce la plus close 528> et la plus solitaire, vous percevrez un autre Moi, bien plus puissant que le vôtre, qui parle avec un son sans son. Et celui-là sera le Dieu, ce Dieu qui doit exister, ce Dieu que la Création adore même sans en avoir conscience, ce Dieu qui, Unique, satisfait vraiment le sentiment des hommes vertueux, qui ne se sentent pas satisfaits et consolés par nos cérémonies et nos doctrines, ni devant les autels vides, bien vides, bien qu'une statue les surmonte". Je connais bien ces paroles, car depuis de nombreux lustres, je les répète comme ma loi et mon espérance. J'ai vécu, travaillé, et aussi souffert et pleuré. Mais j'ai tout supporté, et j'espère avec vertu, en espérant rencontrer avant de mourir ce Dieu dont Hermogène m'avait promis que je l'aurais connu. Maintenant je me disais que je l'ai vraiment vu. Et cela n'a pas été comme un éclair, ni comme un son sans son j'ai entendu la parole. Mais c'est dans une sereine et très belle forme d'homme que m'est apparu le Divin, et je l'ai entendu et je suis rempli d'un étonnement sacré. L'âme, cette chose que les hommes véritables admettent, mon âme t'accueille, Ô Perfection, et elle te dit : "Enseigne-moi ton Chemin et ta Vie et ta Vérité pour qu'un jour, moi, homme solitaire, je me réunisse à Toi, Suprême Beauté." "Nous nous réunirons. Et je te dis encore que, plus tard, tu seras réuni à Hermogène." "Mais il est mort sans te connaître !"
529> "Oh ! Seigneur ! Seigneur !" s'écrient plusieurs."Dis-nous donc comment nous pourrons te trouver et savoir que c'est Toi qui nous parles et où tu es, quand tu seras parti !" Et certains ajoutent : "Nous sommes des gentils et nous ne connaissons pas ta loi. Nous n'avons pas le temps de rester ici et de te suivre. Comment ferons-nous pour avoir cette vertu qui nous fait mériter de connaître Dieu ?"
Avec ces simples lignes, vous pourrez tracer en vous le chemin par lequel Dieu viendra à vous et par lequel vous irez à Dieu. En effet personne n'aimerait qu'un fils fût ingrat envers lui, que quelqu'un le tuât, qu'un autre le vole ou lui enlève son épouse ou déshonorât sa sœur ou sa fille ou s'emparât de sa maison, de ses champs ou de ses serviteurs fidèles. Avec cette règle, vous serez de bons fils et de bons parents, bons maris, bons frères, bons commerçants, véritables amis. Ainsi vous serez vertueux et Dieu viendra à vous. J'ai autour de Moi non seulement des hébreux et des prosélytes chez qui il n'y a pas de malice, je veux dire qui ne sont pas venus à Moi pour me prendre en défaut comme font ceux qui vous ont chassés du Temple pour vous empêcher de venir à la Vie, mais aussi des gentils de tous les pays du monde. Je vois des crétois et des phéniciens mêlés aux habitants du Pont et de la Phrygie, et il y a aussi quelqu'un des plages qui bordent la mer inconnue, chemin vers des terres inconnues où je serai aussi aimé. Et je vois des grecs avec des sicules et des habitants de la Cyrénaïque avec des asiatiques. Eh bien, je vous dis : allez ! Dites dans vos pays que la Lumière est dans le monde et qu'ils viennent à la Lumière. Dites que la Sagesse a quitté les Cieux afin de se faire pain pour les hommes, 530> eau pour les hommes qui languissent. Dites que la Vie est venue pour guérir et ressusciter ce qui est malade ou mort. Et dites... dites que le temps court rapidement comme un éclair en été. Que vienne celui qui désire Dieu. Son esprit connaîtra Dieu. Que vienne celui qui désire guérir. Ma main, tant qu'elle sera libre, donnera la guérison à ceux qui l'invoquent avec foi. Dites... Oui ! Allez, et allez avec empressement et dites que le Sauveur attend ceux qui attendent et désirent une aide divine, à la Pâque, dans la Cité Sainte. Dites-le à ceux qui en ont besoin et aussi à ceux qui sont simplement curieux. Du mouvement impur de la curiosité peut jaillir pour eux l'étincelle de la foi en Moi, de la Foi qui sauve. Allez ! Jésus de Nazareth, le Roi d'Israël, le Roi du monde, appelle pour les rassembler les représentants du monde afin de leur donner les trésors de ses grâces et les avoir comme témoins de son élévation qui consacrera son triomphe pour les siècles des siècles, comme Roi des rois et Seigneur des seigneurs. Allez ! Allez ! A l'aube de ma vie terrestre vinrent, de divers endroits, les représentants de mon peuple pour adorer le Tout Petit dans lequel l'Immense se cachait. La volonté d'un homme, qui se croyait puissant et était un serviteur de la volonté de Dieu, avait ordonné le recensement dans l'Empire. Obéissant à un ordre inconnu et inéluctable du Très-Haut, ce païen devait se faire le héraut de Dieu qui voulait tous les hommes d'Israël, répandus dans toutes les parties de la Terre, dans la Terre de ce peuple, près de Bethléem Ephrata, pour s'étonner des signes venus du Ciel au premier vagissement d'un Nouveau-Né. Et comme cela ne suffisait pas encore, d'autres signes parlèrent aux gentils et leurs représentants vinrent adorer le Roi des rois, petit, pauvre, loin de son couronnement terrestre, mais déjà, oh ! mais déjà Roi en présence des anges. Elle est venue l'heure où je serai Roi en présence des peuples avant de retourner là d'où je viens. Au couchant de ma journée terrestre, au soir de ma vie d'homme, il est juste qu'il y ait des hommes de tous peuples pour voir Celui que l'on doit adorer et en qui se cache toute la Miséricorde. Et qu'ils jouissent, les bons, les prémices de cette moisson nouvelle, de cette Miséricorde qui s'ouvrira comme les nuées de Nisan pour gonfler les fleuves des eaux salutaires, capables de faire fructifier les arbres plantés sur les rives, comme on lit dans Ezéchiel." Et Jésus recommence à guérir les malades hommes et femmes, et prend leurs noms, car maintenant tous veulent dire le leur : 531> "Moi Zilla... Moi Zabdi... Moi Gail... Moi André... Moi Théophane... Moi Selima... Moi Olinto... Moi Philippe... Moi Elissa... Moi Bérénice... Ma fille Gaia... Moi Argénide... Moi... Moi... Moi..." Il a fini. Il voudrait partir. Mais combien Lui demandent de rester, de parler encore ! Et quelqu'un, peut-être borgne, car il a un œil couvert d'une bande dit, pour le retenir encore : "Seigneur, j'ai été frappé par quelqu'un jaloux de mon bon commerce. J'ai sauvé avec peine ma Vie, mais j'ai perdu un œil, crevé par le coup. Maintenant mon rival est devenu pauvre et il est mal vu; il s'est enfui dans un pays près de Corinthe. Moi, je suis de Corinthe. Que devrais-je faire pour celui qui a failli me tuer ? Ne pas faire aux autres ce qu'il ne me plairait pas de recevoir, c'est bien, mais de lui, j'ai déjà reçu... et du mal, beaucoup de mal..." et son visage est si expressif qu'on y lit sa pensée inexprimée : "et je devrais donc prendre ma revanche..." Mais Jésus le regarde avec une lueur de sourire dans son œil bleu saphir, oui, mais avec la dignité d'un Maître sur tout son visage, et il lui dit : "C'est toi, un grec qui me le demandes ? Vos grands hommes n'ont-ils peut-être pas dit que les mortels deviennent semblables à Dieu quand ils correspondent à deux dons que Dieu leur accorde pour les rendre semblables à Lui et qui sont : pouvoir être dans la vérité et faire du bien au prochain ?* "Ah ! oui ! Pythagore !" "Et n'ont-ils pas dit que l'homme se rapproche de Dieu non par la science, ou la puissance, ou autrement, mais en faisant du bien ?" "Ah ! oui ! Démosthène ! Mais, excuse-moi, Maître, si je te le demande... Tu n'es qu'un hébreux, et les hébreux n'aiment pas nos philosophes... Comment sais-tu ces choses ?" "Homme, parce que j'étais la Sagesse qui inspirait aux intelligences ce qu'expriment ces paroles. Je suis là où le Bien est actif. Toi, grec, écoute les conseils des sages où c'est encore Moi qui parle. Fais du bien à qui t'a fait du mal et tu seras appelé saint par Dieu. Et maintenant laissez-moi aller. Il y en a d'autres qui m'attendent. Adieu, Valeria, et ne crains pas pour Moi. Ce n'est pas encore mon heure. Quand ce sera l'heure, toutes les armées de César seront incapables d'opposer une barrière à mes adversaires." "Salut, Maître, et prie pour moi." "Pour que la paix te possède. Adieu. Paix à toi, chef. Paix pour ceux qui croient et pour ceux qui tendent à la paix." Et avec un geste qui est salut et bénédiction, il sort de la salle, traverse la cour et sort sur le chemin... |
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[*] Désastre de Varus. Trois légions furent massacrées par le germain Arminius (9 ap JC) [1] Une des tours du Palais d'Hérode. Ainsi nommé en souvenir de Hippicos, un de ses frères d'armes. [2] Cf. la parabole des ouvriers de la onzième heure (Matthieu 20,1-16) donnée pour la première fois à Alexandroscène de Phénicie |