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174> Jésus est très triste. Tout
sourire, toute trace de lumière, de couleur l'ont abandonné. Il a déjà un
visage d'agonie. Les apôtres le regardent angoissés.
Jésus se lève en disant : "Ne bougez pas. Je reviens tout de
suite." Il prend le treizième morceau de pain, prend le calice et sort
du Cénacle.
"Il va trouver sa Mère" murmure Jean.
Et Jude Thaddée soupire : "Pauvre femme !"
Pierre demande tout bas : "Crois-tu qu'elle sache ?"
"Elle sait tout. Elle a toujours tout su."
Ils parlent tous à voix très basse comme devant un mort.
"Mais croyez-vous que vraiment..." demande Thomas qui ne veut pas
encore croire.
"Et en doutes-tu ? C'est son heure" répond Jacques de Zébédée.
"Que Dieu nous donne la force d'être fidèles" dit le Zélote.
"Oh! moi..." va dire Pierre. Mais Jean, qui est aux aguets, dit :
"Chut! Le voici."
Jésus rentre. Il a dans les mains le calice vide. Sur le fond il y a à peine
une trace de vin, et sous la lumière du lampadaire elle semble vraiment du
sang.
Judas Iscariote, qui
a devant lui le calice, le regarde comme fasciné, et puis il détourne son
regard. Jésus l'observe et il a un frisson que ressent Jean, appuyé comme il
l'est sur sa poitrine. "Mais dis-le ! Tu trembles..." s'écrie-t-il.
"Non. Je ne tremble pas de fièvre... Je vous ai tout dit et je vous ai
tout donné. Je ne pouvais vous donner davantage. C'est Moi-même que je vous
ai donné."
Il a son doux geste des mains qui, d'abord jointes, se séparent maintenant et
s'écartent alors qu'il baisse la tète comme pour dire : "Excusez-moi si
je ne puis davantage. C'est ainsi."
"Je vous ai tout dit, et je vous ai
tout donné. Et je répète. Le nouveau rite est accompli. Faites ceci en
mémoire de Moi. Je vous ai lavé les pieds pour vous apprendre à être humbles
et purs comme votre Maître. Car je vous dis qu'en vérité les disciples
doivent être comme le Maître. Souvenez-vous-en, souvenez-vous-en. Même quand
vous serez haut placés, souvenez-vous-en. Le disciple n'est pas plus que le
Maître. Comme je vous ai lavés, faites-le entre vous. C'est-à-dire aimez-vous
comme des frères, en vous aidant l'un l'autre, en vous vénérant
réciproquement, en étant un exemple l'un pour l'autre. Et soyez purs. 175> Pour être dignes de
manger le Pain vivant descendu du Ciel et pour avoir en vous et par Lui la
force d'être mes disciples dans un monde ennemi qui vous haïra à cause de mon
Nom. Mais l'un de vous n'est pas pur. L'un de vous me trahira. De cela, mon
esprit est fortement troublé... La main de celui qui me trahit est avec Moi
sur cette table, et ni mon amour, ni mon Corps, ni mon Sang, ni ma parole ne
le rappellent ni ne le font repentir. Je lui pardonnerais en allant à la mort
pour lui aussi."
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Les disciples se regardent terrifiés. Ils se scrutent, se suspectant l'un
l'autre. Pierre fixe l'Iscariote dans un réveil de tous ses doutes. Jude
Thaddée se lève brusquement pour regarder à son tour l'Iscariote au-dessus de
Matthieu.
Mais l'Iscariote a tant d'assurance ! À son tour, il regarde fixement
Matthieu comme s'il le suspectait, puis il fixe Jésus et sourit en demandant:
"Serait-ce moi, celui-là ?" Il paraît le plus sûr de son honnêteté
et qu'il parle ainsi pour ne pas laisser tomber la conversation.
Jésus répète son geste en disant : "Tu le dis, Judas de Simon. Ce n'est
pas Moi, c'est toi qui le dis. Je ne t'ai pas nommé. Pourquoi t'accuses-tu ?
Interroge ton admoniteur intérieur, ta conscience d'homme, la conscience que
le Dieu Père t'a donnée pour te conduire en homme, et rends-toi compte si
elle t'accuse. Tu le sauras avant tous. Mais si elle te rassure, pourquoi
dis-tu une parole et penses-tu à une chose dont il est anathème même d'en
parler ou d'y penser par plaisanterie ?"
Jésus parle avec calme. Il semble qu'il soutienne la thèse proposée comme
peut le faire un savant à sa classe. L'émoi est grand, mais le calme de Jésus
l'apaise.
Cependant Pierre qui soupçonne le plus Judas — peut-être le Thaddée aussi,
mais il le paraît moins, désarmé comme il l'est par la désinvolture de
l'Iscariote — tire Jean par la manche. Quand Jean, qui s'est tout serré
contre Jésus en entendant parler de trahison, se tourne, il lui murmure:
"Demande-lui qui c'est."
Jean reprend sa position et lève seulement la tête comme pour baiser Jésus et
en même temps Lui murmure à l'oreille: "Maître, qui est-ce ?"
Et Jésus, très doucement, en lui rendant le baiser dans les cheveux :
"Celui auquel je vais donner un morceau de pain trempé."
Et prenant un pain encore entier, pas le reste de celui qui a servi pour
l'Eucharistie, en détache une grosse bouchée, la trempe dans la sauce de
l'agneau dans le plateau, il allonge le bras au-dessus de la table et dit:
"Prends, Judas. Tu aimes cela."
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176> "Merci, Maître. Oui,
j'aime cela" et ne sachant pas ce qu'est cette bouchée, il la mange,
alors que Jean, horrifié, va jusqu'à fermer ses yeux pour ne pas voir
l'horrible rire de l'Iscariote pendant qu'il mange à belles dents le pain
accusateur.
"Bon ! Va, maintenant que je t'ai fait plaisir" dit Jésus à Judas.
"Tout est accompli, ici (il marque beaucoup ce mot). Ce qui reste encore
à faire ailleurs, fais-le vite, Judas de Simon."
"Je t'obéis de suite, Maître. Ensuite je te rejoindrai au Gethsémani. Tu
vas là, n'est-ce pas, comme toujours ?"
"J'y vais... comme toujours... oui."
"Qu'a-t-il à faire ?" demande Pierre. "Il va seul ?"
"Je ne suis pas un enfant" plaisante Judas qui met son manteau.
"Laisse-le aller. Lui et Moi savons ce qu'il y a à faire" dit
Jésus.
"Oui, Maître," Pierre se tait. Peut-être pense-t-il qu'il a péché
en soupçonnant son compagnon. La main sur le front, il réfléchit.
Jésus serre Jean sur son cœur et se tourne pour lui murmurer dans les cheveux
: "Ne dis rien à Pierre pour le moment. Ce serait un scandale
inutile."
"Adieu, Maître. Adieu, amis." Judas salue.
"Adieu" dit Jésus.
Et Pierre : "Je te salue, garçon."
Jean, la tête presque sur le sein de Jésus, murmure : "Satan !"
Jésus seul l'entend et soupire.
Ici
tout s'arrête, mais Jésus dit: "Je suspends par pitié pour toi. Je te
donnerai la fin de la Cène à un autre moment."
(la
cène continue)
Il y a
quelques minutes de silence absolu. Jésus a la tête inclinée, en caressant
machinalement les cheveux blonds de Jean.
Puis il se secoue, lève la tête, tourne son regard, a un sourire qui
réconforte les disciples. Il dit : "Quittons la table et asseyons-nous
tous les uns près des autres, comme autant de fils autour de leur père."
Ils prennent les lits-sièges qui étaient derrière la table (ceux de Jésus,
Jean, Jacques, Pierre, Simon, André et du cousin Jacques) et ils les portent
de l'autre côté.
Jésus prend place sur le sien, toujours entre Jacques et Jean. Mais quand il
voit qu'André va s'asseoir à la place laissée par l'Iscariote, il crie :
"Non, pas là." Un cri impulsif que son extrême prudence ne réussit
pas à empêcher. Puis il se reprend en parlant ainsi : "Il n'est pas
besoin de tant de place. En restant assis, on peut tenir sur eux seuls. Ils
suffisent. Je vous veux très proches."
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177> Jacques de Zébédée appelle
Pierre : "Assieds-toi ici. Moi, je m'assois sur ce petit tabouret, aux
pieds de Jésus."
"Que Dieu te bénisse, Jacques ! Je le désirais tant !" dit Pierre,
et il se serre contre son Maître qui est ainsi serré de près par Jean et
Pierre, avec Jacques à ses pieds.
Jésus sourit : "Je vois que commence à opérer la parole dite auparavant.
Les bons frères s'aiment. Moi aussi, je te dis, Jacques : "Que Dieu te
bénisse". Ce geste aussi, l'Éternel ne l'oubliera pas, et tu le
trouveras là-haut.
Moi je puis tout ce que je demande. Vous
l'avez vu. Il a suffi d'un de mes désirs pour que le Père accorde au Fils de
se donner en Nourriture à l'homme. Avec ce qui vient d'arriver le Fils de
l'homme a été glorifié car c'est un témoignage de pouvoir le miracle qui
n'est possible qu'aux amis de Dieu. Plus le miracle est grand et plus est
sûre et profonde cette divine amitié. C'est un miracle qui, par sa forme, sa
durée et sa nature, par son étendue et les limites qu'il atteint, est le plus
fort qui puisse exister. Je vous le dis : il est si puissant, surnaturel,
inconcevable pour l'homme orgueilleux, que bien peu le comprendront comme il
doit être compris et que beaucoup le négligeront. Que dirai-je alors ?
Condamnation pour eux ? Non. Je dirai : pitié !
Mais plus grand est le miracle, plus grande est la gloire qui en revient à
son auteur. C'est Dieu Lui-même qui dit : "Voilà, mon bien-aimé a voulu
cela, il l'a eu, et c'est Moi qui le Lui ai accordé, parce qu'il possède une
grande grâce à mes yeux". Et ici Il dit: ''Il a une grâce sans limites
comme est infini le miracle accompli par Lui". De même à la gloire qui
revient à l'auteur du miracle de la part de Dieu il y a la gloire qui de son
auteur revient au Père. Car toute gloire spirituelle, venant de Dieu, revient
à sa source. Et la gloire de Dieu, bien qu'elle soit infinie, s'accroît
toujours plus et brille par la gloire de ses saints. C'est pourquoi je vous
dis : de même que le Fils de l'homme a été glorifié par Dieu, ainsi Dieu a
été glorifié par le Fils de l'homme. J'ai glorifié Dieu en Moi-même. À son
tour Dieu glorifiera son Fils en Lui. C'est bientôt qu'il va le glorifier.
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Exulte, Toi qui reviens à ton Siège, ô Essence spirituelle de la Seconde
Personne ! Exulte, ô chair qui vas remonter après un si long exil dans la
fange. Et ce n'est pas le Paradis d'Adam, mais le Paradis sublime du Père qui
va t'être donné comme demeure. 178> S'il a été dit que par la stupeur d'un commandement de Dieu,
donné par la bouche d'un homme, le soleil s'est arrêté, que n'arrivera-t-il
pas dans les astres quand ils verront le prodige de la Chair de l'Homme
monter et prendre place à la droite du Père dans sa Perfection de matière
glorifiée ? Mes petits enfants, c'est pour peu de temps
encore que je reste avec vous. Et vous, ensuite, vous me chercherez comme des
orphelins cherchent leur père mort. Et en pleurant, vous irez en parlant de
Lui et vous frapperez en vain à son tombeau muet, et puis encore vous
frapperez aux portes azurées du Ciel, avec votre âme lancée dans une
suppliante recherche d'amour, disant : "Où est notre Jésus ? Nous le voulons.
Sans Lui, il n'y a plus de lumière dans le monde, ni de joie, ni d'amour.
Rendez-le-nous, ou bien laissez-nous entrer. Nous voulons être où il
est". Mais, pour le moment, vous ne pouvez venir où je vais. Je l'ai dit
aussi aux juifs: "Ensuite vous me chercherez, mais où je vais vous ne
pouvez venir". Je le dis aussi à vous.
Pensez à la Mère... Elle non plus ne pourra venir où je vais. Et pourtant
j'ai quitté le Père pour venir à elle et me faire Jésus dans son sein sans
tache. Et pourtant c'est de l'Inviolée que je suis venu dans l'extase
lumineuse de ma Naissance. Et c'est de son amour, devenu lait, que je me suis
nourri. Je suis fait de pureté et d'amour car Marie m'a nourri de sa
virginité fécondée par l'Amour parfait qui vit dans le Ciel. Et pourtant
c'est par elle que j'ai grandi, en lui coûtant fatigues et larmes... Et
pourtant je lui demande un héroïsme tel que jamais il n'en a été accompli, et
par rapport auquel celui de Judith et de Jahel sont des héroïsmes de pauvres
femmes discutant avec leur rivale près de la fontaine de leur village. Et
pourtant personne ne lui est pareil quand il s'agit de m'aimer. Et, malgré
cela, je la laisse et je vais où elle ne viendra que dans beaucoup de temps.
Pour elle ce n'est pas le commandement que je vous donne à vous :
"Sanctifiez-vous année par année, mois par mois, jour par jour, heure
par heure, pour pouvoir venir à Moi quand ce sera votre heure". En elle
est toute grâce et toute sainteté. C'est la créature qui a tout eu et qui a
tout donné. Il n'y a rien à ajouter ni à enlever. C'est le très saint
témoignage de ce que peut Dieu.
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Mais pour être certain qu'il y a en vous la
capacité de pouvoir me rejoindre, et d'oublier la douleur du deuil de la
séparation de votre Jésus, je vous donne un commandement nouveau. Et c'est
que vous vous aimiez les uns les autres. Comme je vous ai aimés, de même
aimez-vous l'un l'autre. C'est par cela que l'on saura que vous êtes mes
disciples. 179> Quand
un père a de nombreux fils, par quoi reconnaît-on qu'ils sont tels ? Pas
tellement par l'aspect physique - car il y a des hommes qui sont semblables à
un autre homme avec lequel ils n'ont aucun rapport de sang ni non plus de
nation - mais par l'amour commun pour la famille, pour leur père, et entre
eux. Et le père une fois mort, la bonne famille ne se désagrège pas, parce
qu'il y a un même sang et que c'est toujours celui qui vient de la semence du
père, et il noue des liens que la mort elle-même ne délie pas parce que
l'amour est plus fort que la mort. Or, si vous vous aimez même après que je
vous aurai quittés, tous reconnaîtront que vous êtes mes fils et par
conséquent mes disciples et que vous êtes frères entre vous, ayant eu un seul
père."
"Seigneur Jésus, mais où vas-tu ?" demande Pierre.
"Je vais où, pour le moment, tu ne peux me suivre. Mais plus tard tu me
suivras."
"Et pourquoi pas maintenant ? Je t'ai toujours suivi depuis que tu m'as
dit : "Suis-moi". J'ai tout quitté sans regret... Or, si tu t'en
allais sans ton pauvre Simon, en me laissant sans Toi, mon Tout, alors que
pour Toi j'ai quitté le peu de bien que j'avais, ce ne serait pas juste ni
beau de ta part. Tu vas à la mort ? C'est bien. Mais moi aussi je viens.
Allons ensemble dans l'autre monde. Mais auparavant je t'aurai défendu. Je
suis prêt à donner ma vie pour Toi."
"Tu donneras ta vie pour Moi ?
Maintenant ? Maintenant non. En vérité, oh ! c'est en vérité que je te le dis
: le coq n'aura pas encore chanté que tu m'auras renié trois fois. Maintenant
c'est encore la première veille. Puis viendra la seconde... et puis la
troisième. Avant que résonne le chant du coq tu auras par trois fois renié
ton Seigneur."
"Impossible, Maître ! Je crois à tout ce que tu dis, mais pas à cela. Je
suis sûr de moi."
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"Maintenant, pour l'instant tu es sur, mais c'est parce que tu
m'as encore. Tu as Dieu avec toi. D'ici peu le Dieu Incarné sera pris et vous
ne l'aurez plus. Et Satan, après vous avoir déjà appesantis - ton assurance
elle-même est une ruse de Satan, un poids pour t'appesantir - vous effrayera.
Il vous insinuera : "Dieu n'existe pas. Moi j'existe". Et pourtant,
bien que votre esprit sera aveuglé par l'épouvante, vous raisonnerez encore,
et vous comprendrez que quand Satan est le maître du moment, le Bien est mort
et le Mal agissant, l'esprit abattu et l'humain triomphant. Alors vous
resterez comme des guerriers sans chef, poursuivis par l'ennemi, et dans
votre frayeur de vaincus vous courberez l'échiné devant le vainqueur, et pour
n'être pas tués vous renierez le héros tombé. 180> Mais, je vous en prie, que votre cœur ne se
trouble pas. Croyez en Dieu, et croyez aussi en Moi. Croyez en Moi, contre
toutes les apparences. Qu'il croie dans ma miséricorde et dans celle du Père
aussi bien celui qui reste que celui qui fuit. Aussi bien celui qui se tait
que celui qui ouvrira la bouche pour dire : "Je ne le connais pas".
Croyez également dans mon pardon. Et croyez que quelles que soient dans
l'avenir vos actions, dans le Bien et dans ma Doctrine, dans mon Église par
conséquent, elles vous donneront une même place dans le Ciel. Dans la maison
de mon Père il y a beaucoup de demeures. S'il n'en était pas ainsi, je vous
l'aurais dit. Car je vais en avant, vous préparer une place pour vous.
N'agissent-ils pas ainsi les bons pères quand ils doivent amener ailleurs
leur petite famille? Ils vont à l'avance préparer la maison, le mobilier, les
provisions, et puis ils viennent prendre leurs enfants les plus chers. Ils
agissent ainsi par amour, pour que rien ne manque aux petits et qu'ils ne
souffrent pas dans le nouveau village. J'agis de même et pour le même motif.
Maintenant je m'en vais. Et quand j'aurai préparé une place pour chacun dans
la Jérusalem céleste, je viendrai de nouveau, je vous prendrai avec Moi pour
que vous soyez avec Moi où je suis, où il n'y aura ni mort, ni deuil, ni
larmes, ni cris, ni faim, ni douleur, ni ténèbres, ni feu, mais seulement
lumière, paix, béatitude et chant. Oh! chant des Cieux très hauts quand les
douze élus seront sur les trônes avec les douze patriarches des douze tribus
d'Israël, et chanteront dans l'ardeur du feu de l'amour spirituel, dressés
sur la mer des béatitudes, le cantique éternel qui aura pour arpège l'éternel
alléluia de l'armée angélique... Je veux que vous soyez là où je serai. Et
vous savez où je vais et vous en connaissez le chemin."
"Mais, Seigneur ! Nous ne savons rien. Tu ne nous dis pas où tu vas.
Comment pouvons-nous savoir le chemin à prendre pour venir vers Toi et pour
abréger l'attente ?" dit Thomas.
"Je suis le Chemin, la Vérité, la Vie.
Vous me l'avez entendu dire et expliquer plusieurs fois et, en vérité
certains, qui ne savaient même pas qu'il existe un Dieu, se sont avancés sur
le chemin, sur mon chemin et ont déjà de l'avance sur vous. Oh ! où
es-tu, brebis perdue de Dieu
que j'ai ramenée au bercail ? Où es-tu, toi dont l'âme est ressuscitée
?"
"Qui ? De qui parles-tu ? De Marie de Lazare ? Elle est à côté, avec ta
Mère. Tu la veux ? Ou bien tu veux Jeanne ? Certainement elle est dans son
palais, mais si tu veux, nous allons l'appeler..."
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181> "Non. Pas elles... Je
pense à celle qui
ne sera dévoilée que dans le Ciel... et à Fotinaï...
Elles m'ont trouvé et n'ont plus quitté mon chemin. A l'une j'ai
indiqué le Père comme Dieu vrai et l'Esprit comme lévite dans cette adoration
individuelle. A l'autre, qui ne savait même pas qu'elle avait un esprit, j'ai
dit : "Mon nom est Sauveur. Je sauve celui qui a bonne volonté de se
sauver. Je suis Celui qui cherche ceux qui sont perdus pour leur donner la
Vie, la Vérité et la Pureté. Qui me cherche me trouve". Et toutes deux
ont trouvé Dieu... Je vous bénis. Èves faibles devenues plus fortes que
Judith... Je viens, où vous êtes je viens... Vous me consolez... Soyez bénies
!..."
"Montre-nous le Père, Seigneur, et nous serons pareilles à elles"
dit Philippe.
"Depuis si longtemps je suis avec vous,
et toi, Philippe, tu ne m'as pas encore connu
? Qui me voit, voit mon Père. Comment donc peux-tu dire : "Montre-nous
le Père" ? Tu n'arrives pas à croire que je suis dans le Père et le Père
est en Moi ? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de Moi-même. Mais
le Père qui demeure en Moi accomplit toutes mes œuvres, et vous ne croyez pas
que je suis dans le Père et Lui est en Moi? Que dois-je dire pour vous faire
croire ? Mais si vous ne croyez pas aux paroles, croyez au moins aux œuvres.
Je vous dis et je vous le dis avec vérité : celui qui croit en Moi fera les
œuvres que je fais, et en fera encore de plus grandes, parce que je vais au
Père. Et tout ce que vous demanderez au Père en mon nom je le ferai pour que
le Père soit glorifié en son Fils. Et je ferai ce que vous me demanderez au
nom de mon Nom. Mon Nom est connu, pour ce qu'il est réellement, à Moi seul,
au Père qui m'a engendré et à l'Esprit qui procède de notre amour. Et par ce
Nom tout est possible. Qui pense à mon Nom avec amour m'aime, et obtient.
Mais il ne suffit pas de m'aimer. Il faut observer mes commandements pour
avoir le véritable amour. Ce sont les œuvres qui ; témoignent des sentiments,
et au nom de cet amour, je prierai le Père, et Lui vous donnera un autre
Consolateur pour qu'il reste pour toujours avec vous. Quelqu'un que Satan et
le monde ne peuvent atteindre, l'Esprit de Vérité que le monde ne peut
recevoir et ne peut frapper, car il ne le voit pas et ne le connaît pas. Il
s'en moquera. Mais Lui est si élevé que le mépris ne pourra l'atteindre alors
que, compatissant au-delà de toute mesure, Il sera toujours avec celui qui
l'aime, même s'il est pauvre et faible. Vous le connaîtrez car Il demeure
déjà avec vous et bientôt sera en vous. Je ne vous laisserai
pas orphelins. Je vous l'ai déjà dit: "Je reviendrai à vous". 182> Mais je viendrai avant
que ce soit l'heure de venir vous prendre pour aller dans mon Royaume. Je
viendrai à vous. D'ici peu, le monde ne me verra plus. Mais vous me
voyez et vous me verrez parce que je vis et vous vivez, parce que je vivrai
et vous aussi vivrez. Ce jour-là, vous saurez que je suis en mon Père, et
vous en Moi, et Moi en vous. En effet, celui qui accueille mes préceptes et
les observe, celui-là m'aime, et celui qui m'aime sera aimé de mon Père et il
possédera Dieu car Dieu est charité et celui qui aime a Dieu en lui. Et je
l'aimerai car en lui je verrai Dieu, et je me manifesterai à lui en me
faisant connaître dans les secrets de I mon amour, de ma sagesse, de ma
Divinité Incarnée. Ce seront mes retours parmi les fils de l'homme que j'aime
bien qu'ils soient faibles et même ennemis. Mais ceux-ci seront seulement
faibles. Et je les fortifierai et je leur dirai : "Lève-toi !", je
dirai : "Viens dehors !", je dirai : "Suis-moi", je dirai
: "Écoute", je dirai : "Écris"... et vous êtes parmi
ceux-ci."
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"Pourquoi, Seigneur, te manifestes-tu à nous et pas au monde ?"
demande Jude Thaddée.
"Parce que vous m'aimez et observez mes paroles. Celui qui agira ainsi
sera aimé de mon Père et Nous viendrons à lui et Nous établirons notre
demeure chez lui, en lui. Alors que celui qui ne m'aime pas n'observe pas mes
paroles et agit selon la chair et le monde.
Maintenant sachez que ce que je vous ai dit n'est pas parole de Jésus de
Nazareth, mais parole du Père parce que je suis le Verbe du Père qui m'a
envoyé. Je vous ai dit ces choses en parlant ainsi, avec vous, parce que je
veux vous préparer Moi-même à la possession complète de la Vérité et de la
Sagesse. Mais vous ne pouvez encore comprendre et vous souvenir. Pourtant,
quand viendra à vous le Consolateur, l'Esprit Saint que le Père enverra en
mon nom, alors vous pourrez comprendre et Lui vous enseignera tout et vous
rappellera ce que je vous ai dit.
Je vous laisse ma paix. Je vous donne ma
paix. Je vous la donne non comme la donne le monde, ni même comme jusqu'à
présent je vous l'ai donnée: le salut béni du Béni à ceux qui sont bénis.
Plus profonde est la Paix que maintenant je vous donne. En cet adieu, je vous
communique Moi-même, mon Esprit de paix, comme je vous ai communiqué mon
Corps et mon Sang, pour qu'en vous reste une force dans la bataille
imminente. Satan et le monde vont déchaîner la guerre contre votre Jésus.
C'est leur heure. Ayez en vous la Paix, mon Esprit qui est un esprit de paix,
car je suis le Roi de la Paix. Ayez-la pour ne pas être trop abandonnés.
Celui qui souffre avec la paix de Dieu en lui, souffre mais sans blasphème et
sans désespoir.
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183> Ne pleurez pas. Vous avez
bien entendu que j'ai dit : "Je vais au Père et puis je
reviendrai". Si vous m'aimiez au-delà de la chair vous vous réjouiriez,
car je vais au Père après un si long exil... Je vais vers Celui qui est plus
grand que Moi et qui m'aime. Je vous l'ai dit maintenant, avant que cela
s'accomplisse, comme je vous ai dit toutes les souffrances du Rédempteur
avant d'aller vers elles afin que, quand tout sera accompli, vous croyiez
toujours plus en Moi. Ne vous troublez pas ainsi ! Ne vous effrayez pas.
Votre cœur a besoin d'équilibre... Je n'ai plus que peu à vous parler... et
j'ai encore tant à dire ! Arrivé au terme de mon évangélisation, il me semble
n'avoir encore rien dit et tant, tant, tant il reste encore à faire. Votre
état augmente cette sensation. Et que dirai-je, alors ? Que j'ai manqué à mon
devoir ? Ou que vous êtes si durs de cœur que cela n'a servi à rien ? Vais-je
douter ? Non. Je me fie à Dieu et je vous confie à Lui vous, mes bien-aimés.
Lui accomplira l'œuvre de son Verbe. Je ne suis pas comme un père qui meurt
et n'a d'autre lumière que l'humaine. J'espère en Dieu. Et même en sentant en
Moi se presser tous les conseils dont je vois que vous avez besoin et en voyant
fuir le temps, je vais tranquille vers mon sort. Je sais que sur les semences
tombées en vous, va descendre une rosée qui les fera toutes germer, et puis
viendra le soleil du Paraclet, et elles deviendront un arbre puissant. Il va
venir le prince de ce monde, avec qui je n'ai rien à faire. Et, si ce n'avait
été dans un but de rédemption, il n'aurait rien pu sur Moi. Mais cela arrive
afin que le monde sache que j'aime le Père et que je l'aime jusqu'à
l'obéissance qui me soumet à la mort et que je fais ce qu'il m'a ordonné.
C'est l'heure de partir. Levez-vous, et
écoutez les ultimes paroles. Je suis la vraie Vigne et c'est mon Père qui la
cultive. Tout sarment qui ne porte pas de fruit, Lui le coupe et celui qui
porte du fruit, Il le taille pour qu'il en porte encore plus. Vous êtes déjà
purifiés par ma parole. Demeurez en Moi et Moi en vous pour continuer à être
tels. Le sarment détaché de la vigne ne peut faire de fruit. Il en est ainsi
pour vous si vous ne restez pas en Moi. Je suis la Vigne et vous les
sarments. Celui qui reste uni à Moi porte des fruits abondants. Mais si l'un
se détache, il devient un rameau sec que l'on jette au feu et que l'on brûle,
car sans l'union avec Moi, vous ne pouvez rien faire. Restez donc en Moi, et
que mes paroles restent en vous, puis demandez ce que vous voulez et cela
vous sera fait. Mon Père sera toujours d'autant plus glorifié que vous
porterez davantage de fruit et que vous serez davantage mes disciples.
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184> Comme le Père m'a aimé, il en
est de même pour Moi avec vous. Demeurez dans mon amour qui sauve. En
m'aimant vous serez obéissants, et l'obéissance fait croître l'amour
réciproque. Ne dites pas que je me répète. Je connais votre faiblesse, et je
veux que vous vous sauviez. Je vous ai dit ces choses pour que la joie que
j'ai voulu vous donner soit en vous et soit complète. Aimez-vous, aimez-vous
! C'est mon nouveau commandement. Aimez-vous réciproquement plus que
chacun de vous ne s'aime lui-même. Il n'y a pas de plus grand amour que
celui de qui donne sa vie pour ses amis. Vous êtes mes amis et Moi, je donne
ma vie pour vous. Faites ce que je vous enseigne et commande. Je ne vous
appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître,
alors que vous, vous savez ce que je fais. Vous savez tout de Moi. Je vous ai
manifesté non seulement Moi-même, mais aussi le Père et le Paraclet, et tout
ce que j'ai entendu de Dieu. Ce n'est pas vous qui vous êtes choisis. Mais
c'est Moi qui vous ai choisis et je vous ai élus pour que vous alliez parmi
les peuples et que vous fassiez du fruit en vous et dans les cœurs de ceux
qui seront évangélisés, et que votre fruit demeure, et que le Père vous donne
tout ce que vous demanderez en mon nom.
Ne dites pas: "Et alors si tu nous as choisis, pourquoi as-tu choisi un
traître ? Si tu connais tout, pourquoi as-tu fait cela ?" Ne vous
demandez pas non plus qui est celui-là. Ce n'est pas un homme, c'est Satan.
Je l'ai dit à l'ami fidèle et je l'ai laissé dire par le fils aimé. C'est
Satan. Si Satan ne s'était pas incarné, l'éternel singe de Dieu, en une chair
mortelle, ce possédé n'aurait pas pu se soustraire à mon pouvoir de Jésus.
J'ai dit : "possédé". Non. Il est beaucoup plus: il est anéanti en
Satan."
"Pourquoi, Toi qui as chassé les démons, ne l'as-tu pas délivré ?"
demande Jacques d'Alphée.
"Le demandes-tu par amour pour toi, craignant de l'être ? Ne le crains
pas."
"Moi alors ?"
"Moi ?"
"Moi ?"
"Taisez-vous. Je ne dis pas ce nom. J'use de miséricorde, et vous,
faites la même chose."
"Mais pourquoi ne l'as-tu pas vaincu ? Tu ne le pouvais pas ?"
"Je le pouvais. Mais pour empêcher Satan de s'incarner pour me tuer,
j'aurais dû exterminer la race humaine avant la Rédemption. Qu'aurais-je racheté
alors ?"
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185> "Dis-le-moi, Seigneur,
dis-le-moi !" Pierre s'est glissé à genoux et secoue Jésus avec
frénésie, comme s'il était en proie au délire. "Est-ce moi ? Est-ce moi
? Je m'examine ? Il ne me semble pas. Mais Toi... Tu as dit que je te
renierai... Et je tremble... Oh ! quelle horreur si c'était moi !..."
"Non, Simon de Jonas, pas toi."
"Pourquoi m'as-tu enlevé mon nom de "Pierre" ? Je suis donc
redevenu Simon ? Tu le vois ? Tu le dis !... C'est moi ! Mais comment ai-je
pu ? Dites-le... dites-le vous... Quand est-ce que j'ai pu devenir traître
?... Simon?... Jean ?... Mais parlez !..."
"Pierre, Pierre, Pierre ! Je t'appelle Simon parce que je pense à notre
première rencontre quand tu étais Simon. Et je pense comment tu as toujours
été loyal dès le premier moment. Ce n'est pas toi. Je te le dis Moi :
Vérité."
"Qui alors ?"
"Mais c'est Judas de Kériot ! Tu ne l'as pas encore compris ?" crie
le Thaddée qui n'arrive plus à se contenir.
"Pourquoi ne me l'as-tu pas dit avant ? Pourquoi ?" crie aussi
Pierre.
"Silence. C'est Satan. Il n'a pas d'autre nom. Où vas-tu, Pierre ?"
"Le chercher."
"Dépose tout de suite ce manteau et cette arme. Ou bien je dois te
chasser et te maudire ?"
"Non, non ! Oh ! mon Seigneur ! Mais moi... mais moi... Je suis
peut-être malade de délire, moi ? Oh ! Oh !" Pierre pleure après s'être
jeté par terre aux pieds de Jésus.
"Je vous donne le commandement de vous
aimer et de pardonner. Avez-vous compris ? Si dans le monde il y a
aussi la haine, qu'en vous il n'y ait que l'amour. Pour tous. Combien de
traîtres vous trouverez sur votre route ! Mais vous ne devez pas haïr et
rendre le mal pour le mal. Autrement le Père vous haïra. Avant vous, j'ai été
haï et trahi, Moi. Et pourtant, vous le voyez, je ne hais pas. Le monde ne
peut aimer ce qui n'est pas comme lui. Il ne vous aimera donc pas. Si vous
lui apparteniez il vous aimerait, mais vous n'êtes pas du monde, car je vous
ai pris du milieu du monde, et c'est pour cela que vous êtes haïs.
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Je vous ai dit : le serviteur n'est pas plus que le maître. S'ils m'ont
persécuté, ils vous persécuteront vous aussi. S'ils m'ont écouté, ils vous
écouteront vous aussi. Mais ils feront tout à cause de mon nom parce qu'ils
ne connaissent pas, ne veulent pas connaître Celui qui m'a envoyé. 186> Si je n'étais pas venu
et si je n'avais pas parlé, ils ne seraient pas coupables, mais maintenant
leur péché est sans excuse. Ils ont vu mes œuvres, entendu mes paroles, et
pourtant ils m'ont haï, et avec Moi le Père, parce que le Père et Moi, nous
sommes une seule Unité avec l'Amour. Mais il était écrit : "Tu m'as haï
sans raison". Cependant quand sera venu le Consolateur, l'Esprit de
vérité qui procède du Père, ce sera Lui qui rendra témoignage de Moi, et vous
aussi, vous me rendrez témoignage parce que dès le début vous avez été avec
Moi.
Ceci je vous le dis pour que, quand ce sera l'heure, vous ne soyez pas
abattus et scandalisés. Il va venir le temps où ils vous chasseront des
synagogues et où celui qui vous tuera pensera rendre ainsi un culte à Dieu.
Ils n'ont connu ni le Père ni Moi. C'est là leur excuse. Je ne vous ai pas
dit ces choses en les développant autant avant maintenant, parce que vous
étiez comme des enfants à peine nés. Mais maintenant la mère vous quitte. Je
m'en vais. Vous devez vous accoutumer à une autre nourriture. Je veux que
vous la connaissiez.
Personne ne me demande plus : "Où
vas-tu ?" La tristesse vous rend muets. Et pourtant, c'est un bien pour
vous aussi que je m'en aille, autrement le Consolateur ne viendra pas. C'est
Moi qui vous l'enverrai. Et quand Il sera venu, par le moyen de la sagesse et
de la parole, les œuvres et l'héroïsme qu'il versera en vous, Il convaincra
le monde de son péché déicide et de la justice de ma sainteté. Et le monde
sera nettement divisé en réprouvés, ennemis de Dieu, et en croyants. Ces
derniers seront plus ou moins saints, selon leur volonté. Mais le jugement du
prince du monde et de ses serviteurs sera fait. Je ne puis vous en dire
davantage car vous ne pouvez encore comprendre. Mais Lui, le Divin Paraclet,
vous donnera la Vérité entière car Il ne parlera pas de Lui-même, mais II
dira tout ce qu'il aura entendu de l'esprit de Dieu et Il vous annoncera
l'avenir. Il prendra ce qui vient de Moi, c'est-à-dire de ce qui encore
appartient au Père, et vous le dira.
Encore un peu de temps pour se voir, ensuite vous ne me verrez plus. Et
ensuite encore un peu de temps, et puis vous me verrez.
Vous murmurez entre vous et dans votre cœur. Écoutez une parabole. La
dernière de votre Maître.
Quand une femme a conçu et arrive à l'heure de l'enfantement, elle est dans
une grande affliction car elle souffre et gémit. Mais quand son petit enfant
est venu au jour, et qu'elle le serre sur son cœur, toute peine cesse et la
tristesse se change en joie parce qu'un homme est venu au monde.
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187> Ainsi pour vous. Vous
pleurerez et le monde rira de vous, mais ensuite votre tristesse se changera
en joie. Une joie que le monde ne connaîtra jamais. Vous êtes tristes
maintenant, mais quand vous me reverrez, votre cœur deviendra plein d'une
joie que personne n'aura plus le pouvoir de vous ravir. Une joie tellement
pleine qu'elle estompera tout besoin de demander à la fois pour l'esprit et
pour le cœur et pour la chair. Vous vous repaîtrez seulement de ma vue,
oubliant toute autre chose. Mais justement, à partir de ce moment-là vous
pourrez tout demander en mon nom, et cela vous sera donné par le Père pour
que vous ayez toujours plus de joie. Demandez, demandez. Et vous recevrez.
L'heure vient où je pourrai vous parler ouvertement du Père. Ce sera parce
que vous aurez été fidèles dans l'épreuve et tout sera surmonté. Votre
amour sera parfait du fait qu'il vous aura donné la force dans l'épreuve. Et
ce qui vous manquera, je vous l'ajouterai en le prenant de mon immense trésor
et en disant : "Père, tu le vois. Ils m'ont aimé en croyant que je suis
venu de Toi". Descendu dans le monde, maintenant je le quitte et je vais
au Père, et je prierai pour vous."
"Oh ! maintenant, tu t'expliques. Maintenant nous savons ce que tu veux
dire et que tu sais tout et que tu réponds sans que personne t'interroge.
Vraiment tu viens de Dieu !"
"Vous croyez maintenant ? À la dernière heure? Cela fait trois ans que
je vous parle ! Mais déjà en vous opère le Pain qui est Dieu et le Vin qui
est Sang qui n'est pas venu de l'homme et vous donne le premier frisson de la
déification. Vous deviendrez des dieux si vous persévérez dans mon amour et
dans ma possession. Non pas comme l'a dit Satan à Adam et Ève, mais comme je
vous le dis. C'est le vrai fruit de l'arbre du Bien et de la Vie. Le Mal est
vaincu en qui s'en nourrit, et la Mort est morte. Qui en mange vivra
éternellement et deviendra "dieu" dans le Royaume de Dieu. Vous
serez des dieux si vous restez en Moi. Et pourtant voilà... bien qu'ayant en
vous ce Pain et ce Sang, puisque arrive l'heure où vous serez dispersés, vous
vous en irez pour votre compte et vous me laisserez seul... Mais je ne suis
pas seul. J'ai le Père avec Moi. Père, Père ! Ne m'abandonne pas ! Je vous ai
tout dit... Pour vous donner la paix, ma paix. Vous serez encore opprimés.
Mais ayez foi. J'ai vaincu le monde."
Jésus se lève, ouvre les bras en croix et dit avec un visage lumineux la
sublime prière au Père. Jean la rapporte intégralement .
Les apôtres pleurent plus ou moins ouvertement et bruyamment. Pour finir, ils
chantent un hymne.
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188> Jésus les bénit, puis il
ordonne : "Mettons nos manteaux maintenant et partons. André, dis au
chef de maison de laisser tout ainsi, par ma volonté. Demain... cela vous
fera plaisir de revoir ce lieu." Jésus le regarde. Il paraît bénir les
murs, le mobilier, tout. Puis il prend son manteau et s'éloigne, suivi des
disciples. Près de Lui se trouve Jean auquel il s'appuie.
"Tu ne salues pas la Mère ?" Lui demande le fils de Zébédée.
"Non, Tout est déjà fait. Ne faites pas de bruit."
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