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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" |
aucun accent |
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mardi
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Les gens du Temple le cherchent partout 183 -
Les gens du peuple prennent sa défense 184 -
Je suis avec vous pour peu de temps 184 -
On s'interroge sur le sens de ses paroles d'adieu 185 -
Réaction à la présence d'un espion 186 -
Des retraites sûres ont été ménagées pour Jésus 186 - Jésus envoie Mathias auprès de Manaën 188 |
7.183. |
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183> Sans se préoccuper
aucunement des mauvais sentiments d'autrui, Jésus revient au Temple pour la troisième journée. Pourtant il
ne doit pas avoir dormi dans Jérusalem car on voit ses sandales bien
empoussiérées. Peut-être a-t-il passé la nuit sur les collines qui entourent
Jérusalem et, avec Lui, doivent être restés ses frères Jacques et Jude avec Joseph (le berger) et Salomon. Il
se rencontre avec les autres apôtres et disciples près du mur oriental du
Temple. "Ils sont venus, tu sais ? Aussi bien chez nous que chez les
disciples les plus connus. Il s'est bien trouvé que tu n'y étais pas !" "Nous devons toujours agir ainsi." "Bon, mais nous en parlerons après. Allons." "Une grande foule t'a et nous a précédés, qui exaltait tes
miracles. 184> Combien y en a-t-il qui sont
convaincus et qui croient en Toi ! Tes frères avaient raison sur ce
point" dit Jean l'apôtre.
"Ils sont allés te chercher jusque chez Annalia, tu
sais"?" "Et au palais de Jeanne. Mais ils n'ont trouvé que Chouza... et
d'une humeur ! Il les a chassés comme des chiens en disant que dans sa maison
il ne voulait pas d'espions et qu'il en avait assez d'eux. Jonathas, qui est avec le maître, nous l'a dit". dit Daniel
(le berger). "Tu sais ? Les scribes voulaient disperser ceux qui t'attendaient, en les
persuadant que tu n'es pas le Christ. Mais eux ont répliqué : "Ce n'est
pas le Christ ? Et qui voulez-vous alors qu'il soit ? Est-ce qu'un autre
homme pourra jamais faire les miracles qu'il fait, Lui ? Est-ce que, par
hasard, ils les ont faits ceux qui se disaient le Christ ? Non, non. Il
pourra se lever cent et mille imposteurs, soudoyés par vous et prétendant
être le Christ, mais aucun qui puisse venir ne fera jamais plus de miracles comme
ceux que Lui fait, et aussi nombreux que ceux qu'il fait". Et comme les
scribes et les pharisiens soutenaient que tu les fais parce que tu es un
Belzébuth, eux ont répliqué : "Oh ! alors, vous devriez en faire de
fracassants car certes que vous êtes des Belzébuth, si on vous compare au
Saint" raconte Pierre et il rit, et tous se mettent à rire en rappelant la
réplique de la foule et le scandale des scribes et des pharisiens qui s'en
étaient allés indignés. Ils sont désormais à l'intérieur du Temple et se trouvent vite
entourés par une foule encore plus nombreuse que les jours précédents. "Paix à Toi, Seigneur ! Paix ! Paix !" crient les
Israélites. "Salut, Maître !" disent les gentils pour le saluer. "Que la paix et la lumière viennent à vous" répond
Jésus en un unique salut. "Nous craignions qu'ils t'aient pris ou que tu ne venais
pas par prudence et par dégoût. Et nous nous serions dispersés pour te
chercher partout" disent plusieurs. Jésus a un pâle sourire, et il demande : "Alors vous ne
voulez pas me perdre ?" "Et si nous te perdons, Maître, qui nous donnera les
instructions et les grâces que tu nous donnes ?"
185> "Oh ! Maître !
Mais tu veux vraiment t'en aller ? Dis où tu vas et nous te suivrons. Nous
avons tant besoin de Toi !" "Le Maître le dit pour voir si nous l'aimons. Mais où
voulez-vous qu'aille le Rabbi d'Israël sinon en Israël, ici ?" "En vérité je vous dis que c'est pour peu encore que je
suis avec vous et je vais vers ceux auxquels le Père m'a envoyé. Ensuite vous
me chercherez et vous ne me trouverez pas. Et où je suis, vous, vous ne
pourrez pas venir. Mais maintenant, laissez-moi aller. Aujourd'hui je ne vais
pas parler ici à l'intérieur. J'ai des pauvres qui m'attendent autre part et
qui ne peuvent venir parce qu'ils sont très malades. Après la prière, j'irai
chez eux." Et avec l'aide de ses disciples, il se fraye un chemin en
allant vers la Cour des Israélites. Ceux qui restent se regardent entre eux. "Où donc va-t-il aller ?" "Chez son ami Lazare, certainement. Il est si malade." "Moi, je disais : où il ira, pas aujourd'hui, mais quand
il nous quittera pour toujours. N'avez-vous pas entendu qu'il a dit que nous
ne pourrons pas le trouver ?" "Peut-être il ira rassembler Israël en évangélisant ceux
de nous qui sont dispersés dans les nations. La Diaspora espère comme nous
dans le Messie." "Ou bien il ira instruire les païens pour les attirer à
son Royaume." "Non, ce ne doit pas être ainsi. Nous pourrions toujours
le trouver même s'il était dans la lointaine Asie, ou au centre de l'Afrique,
ou à Rome, ou en Gaule, ou en Ibérie, ou en Thrace [1] ou chez les Sarmates
[2]. S'il dit que nous
ne le trouverons pas, même en le cherchant, cela signifie qu'il ne sera dans
aucun de ces lieux." "Mais oui ! Que voudra dire ce qu'il dit: "Vous me chercherez
et vous ne me trouverez pas, et où je suis, vous, vous ne pouvez pas
venir" ? "Je suis..." et non pas : "Je serai..." Où
est-il donc ? N'est-il pas ici parmi nous ?" "Moi, je te le dis, Jude ! Il semble un homme, mais c'est
un esprit !" "Mais non ! Parmi les disciples il y en a qui l'ont vu
nouveau-né. Et même il y a encore davantage ! Ils ont vu sa Mère qui était
enceinte de Lui, quelques heures avant sa naissance." "Mais est-ce que ce sera vraiment ce bébé, maintenant
devenu homme ? Qui nous assure que ce n'est pas un autre être ?" "Eh ! non. Lui pourrait être un autre et les bergers
pourraient se tromper. Mais sa Mère ! Mais ses frères ! Mais tout un village
!" "Les bergers ont-ils reconnu la Mère ?" 186> "Bien sûr que
oui..." "Alors... Mais pourquoi alors dit-il : "Où je suis,
vous ne pourrez venir ?" Pour nous, c'est le futur : vous ne pourrez.
Pour Lui cela reste le présent : je suis. Il n'a donc pas de futur cet Homme
?" "Je ne sais que te dire. C'est ainsi." *Moi, je vous le dis : c'est un fou." "C'est toi qui doit l'être, espion du Sanhédrin." "Moi, un espion ? Je suis un juif qui l'admire. Et
n'avez-vous pas dit qu'il va chez Lazare ?" "Nous n'avons rien dit, vieil espion. Nous ne savons rien.
Et si nous le savions, nous ne te le dirions pas. Va dire à ceux qui
t'envoient qu'ils le cherchent eux-mêmes. Espion ! Espion ! Vendu !..." L'homme se rend compte que cela tourne mal et il s'éclipse. "Mais nous restons ici ! Si nous étions sortis, nous
l'aurions vu. Cours d'un côté ! Cours de l'autre !... Dites-nous quel chemin
il a pris. Dites-lui qu'il n'aille pas chez Lazare." Ceux qui ont de bonnes jambes s'en vont en vitesse... Et ils
reviennent... "Il n'y est plus... Il s'est mêlé à la foule, et personne
ne sait dire..." La foule, déçue, se sépare lentement... ...Mais Jésus est bien plus près qu'ils ne le pensent. Sorti
par quelque porte, il a fait le tour de l'Antonia et il est sorti de la Cité par la Porte du Troupeau pour descendre dans la vallée
du Cédron, qui a très peu d'eau au milieu de son lit. Jésus le passe en
sautant sur les pierres qui émergent de l'eau et se dirige vers le Mont des
Oliviers. En cet endroit ils sont touffus et encore mélangés aux maquis qui
rendent sombre, je dirais funèbre, cette partie de Jérusalem, resserrée entre
les murailles grises du Temple qui domine de ce côté par toute sa montagne et
le Mont des Oliviers de l'autre côté. Plus au sud, la vallée s'éclaircit et
s'élargit, mais ici elle est vraiment étroite, un coup d'ongle d'une griffe
gigantesque qui a creusé un sillon profond entre le Moriah et le Mont des
Oliviers. Jésus ne va pas vers le Gethsémani, mais au contraire tout à
l'opposé, en direction du nord, en marchant toujours sur la montagne qui
ensuite s'élargit en une vallée sauvage où, davantage adossé à un autre
cirque de collines basses et elles aussi sauvages et pierreuses, court le
torrent qui dessine une courbe au nord de la ville. Aux oliviers succèdent
les arbres stériles, épineux, tordus, ébouriffés, mêlés à des ronces qui
envoient leurs tentacules de tous côtés. 187> Un lieu très triste,
très solitaire. Il a quelque chose d'infernal, d'apocalyptique. Quelques
tombeaux, et rien de plus. Pas même des lépreux. Elle est étrange cette
solitude qui contraste avec la foule de la ville si proche et si remplie de
gens et de bruit. Ici, à part le gargouillement de l'eau sur les pierres et
le bruissement du vent dans les arbres poussés entre les pierres, on n'entend
aucun bruit. Il manque même la note joyeuse des oiseaux si nombreux dans les
oliviers du Gethsémani et de l'Oliveraie. Le vent plutôt fort qui vient du
nord-est et soulève des petits tourbillons de poussière, repousse la rumeur
de la ville, et le silence, le silence d'un lieu de mort, règne dans
l'endroit, oppressant, presque effrayant. "Mais on y va vraiment par là ?" demande Pierre à Isaac. "Oui, oui. On y va aussi par d'autres routes, en sortant
par la Porte d'Hérode, et de préférence par celle de Damas. Mais il est bon
que vous connaissiez les sentiers moins connus. Nous avons fait le tour de
tous les environs pour les connaître et vous les enseigner. Vous pourrez
aller ainsi où vous voudrez dans les environs, sans passer par les chemins
habituels."
"Comme à ceux de ta propre maison. Thomas,
l'hiver dernier, Nicodème toujours, le prêtre Jean son disciple, et d'autres ont fait du petit village un
endroit qui Lui appartient." "Et toi, tu as fait plus que tous" dit Benjamin (le berger). "Oh ! moi !! Alors tout le monde s'y est mis, si moi j'ai
agi. Mais crois-moi, Maître, que tout autour de la ville, tu as des endroits
sûrs..." "Rama aussi... dit Thomas, qui tient à sa ville. Mon père
et mon beau-frère ont pensé à Toi avec Nicodème." "Alors Emmaüs aussi" dit un homme qui ne m'est pas
inconnu, mais je ne sais pas dire au juste qui il est, et aussi parce que de Emmaüs j'en ai trouvé
plus d'un en Judée, sans parler de cette localité près de Tarichée. "C'est loin pour aller et venir comme je fais maintenant.
Mais je ne manquerai pas d'y venir quelquefois." [3] "Et chez moi" dit Salomon. "Là certainement au moins une fois pour saluer le vieil
homme." "Il y a aussi Béther." "Et Béthsour."
"Je n'irai pas chez les femmes
disciples, mais quand ce sera
nécessaire, je les ferai venir." 188> "J'ai un ami
sincère près de En Rogel [4]. Sa maison t'est
ouverte et personne de ceux qui te haïssent ne pensera que tu es si près
d'eux" dit Étienne. "Le jardinier des jardins du roi peut te donner
l'hospitalité. Il est intime avec Manaën qui lui a obtenu cette place... et puis... tu l'as guéri
un jour..." "Moi ? Je ne le connais pas..." "Il était, à Pâque, parmi les pauvres que tu as guéris chez Chouza. Un coup de faux souillée de fumier lui faisait pourrir
la jambe et son premier maître l'avait renvoyé pour ce motif. Il mendiait
pour ses enfants et tu l'as guéri. Manaën l'a placé aux jardins, lui ayant
obtenu la place dans un bon moment de l'Antipas. Maintenant cet homme fait tout ce que Manaën lui dit.
Et pour Toi ensuite..." dit Mathias (le berger). "Je n'ai jamais vu Manaën avec vous... dit Jésus en fixant
longuement Mathias qui change de couleur et se trouble. Viens en avant avec
moi." Le disciple le suit. "Parle !" "Seigneur... Manaën s'est trompé... [5] et il souffre
beaucoup comme Timon et quelques
autres encore. Ils n'ont pas de paix car tu..." "Ils ne vont pas croire que j'ai de la haine pour
eux..." "Oh ! non ! Mais... ils ont peur de tes paroles et de ton visage."
"Oh ! quelle erreur ! C'est justement parce qu'ils se sont
trompés qu'ils doivent venir au Remède. Sais-tu où ils sont ?" "Oui, Maître." "Alors va les trouver et dis-leur que je les attends à
Nobé." Mathias s'en va sans perdre de temps. Le sentier de la montagne s'élève donnant de Jérusalem une vue complète quand on la voit du nord... Jésus, avec les siens, lui tourne le dos en allant précisément dans la direction opposée à la ville. |
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[1] Région à cheval entre le
sud de la Bulgarie, le nord de la Grèce et la Turquie.
[2] Peuple d'origine iranienne
établit à cette époque dans la Russie méridionale
[3] Il ne s'agit donc
pas d'Emmaüs de la montagne, proche de Jérusalem et village des
pèlerins. Les autres villages recensés sont : Emmaüs de la
plaine et Emmaüs de Tibériade
[4] Quartier de
Jérusalem, au sud du Temple
[5] Lors de la tentative de
couronnement de Jésus