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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" |
aucun accent |
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courant juin 30
- Arrivée de Lazare et de Joseph
d'Arimathie 232 - Discours de Joseph
(Une maison pour toi ici) 233 - Discours de Marie (Être à l'abri des
curieux) 234 - Le Gethsémani t'attend 235 - Discours de Marie
(Sa joie d'y rester) 235 - Le Cénacle sera le premier temple 236 - Marie reçoit les clefs du jardin près
du Golgotha 236 - Elle se réjouit avec Jean 237 - Discours de Jean (Tu
ne mourras pas 237 - C'est l'Esprit
Paraclet qui me l'a dit) 239 |
10.27. |
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232> Marie est encore dans la
maison du Cénacle. Seule, dans sa pièce habituelle, elle coud des linges très
fins qui ressemblent à des nappes longues et étroites. De temps en temps,
elle lève la tête pour regarder dans le jardin et relever l’heure du jour
d’après la position du soleil sur ses murs. Si elle entend un bruit dans la
maison ou dans la rue, elle écoute attentivement. Il semble qu’elle attend
quelqu’un. Il se passe ainsi un certain temps. Puis on
entend un coup à la porte de la maison, et ensuite un bruit de sandales qui
vont rapidement ouvrir. Dans le couloir résonnent des voix d’hommes qui
deviennent de plus en plus fortes et plus rapprochées. Marie écoute... Puis
elle s’écrie: "Eux ici ?! Que peut-il bien être arrivé ?!" Pendant
qu’elle prononce encore ces paroles, quelqu’un frappe à l’entrée de la pièce:
"Avancez, frères en Jésus, mon Seigneur" répond Marie. 233> Lazare et Joseph d’Arimathie entrent, la saluent
avec une profonde vénération et lui disent: "Bénie es-tu entre toutes
les mères ! Les serviteurs de ton Fils, et notre Seigneur te saluent",
et ils se prosternent pour baiser le bord de son vêtement. "Que le Seigneur soit toujours avec
vous. Pour quelle raison, et alors que ne cesse pas encore l’agitation des
persécuteurs du Christ et de ceux qui le suivent, venez-vous me trouver
?" "Pour te voir avant tout. Car te voir
c’est encore le voir Lui, et se sentir ainsi moins affligés pour son départ
de la Terre. Et puis pour te proposer, après une réunion dans ma maison, des
plus affectueux et des plus fidèles serviteurs de Jésus, ton Fils et notre
Seigneur, ce que nous avons décidé de faire" lui répond Lazare. "Parlez. Ce sera votre amour qui me
parle, et moi je vous écouterai avec mon amour." Maintenant c’est Joseph d’Arimathie qui prend
la parole pour dire : "Femme, tu ne l’ignores pas, et tu l’as dit, que
l’agitation, et pire encore, dure toujours envers ceux qui ont été proches de
ton Fils et de Dieu, ou par parenté, ou par foi, ou par amitié. Et nous, nous
n’ignorons pas que tu n’as pas l’intention de quitter ces lieux où tu as vu
la parfaite manifestation de la nature divine et humaine de ton Fils, sa
totale mortification et sa totale glorification, vrai Homme, par le moyen de
sa Passion et de sa Mort; et vrai Dieu, par le moyen de sa glorieuse
Résurrection et de son Ascension. Et nous n’ignorons pas non plus que tu ne
veux pas laisser seuls les apôtres pour lesquels tu veux être Mère et guide
dans leurs premières épreuves, toi, Siège de la Sagesse Divine, toi, Épouse
de l’Esprit qui révèle les Vérités Éternelles, toi, Fille aimée depuis
toujours par le Père qui t’a choisie éternellement pour Mère de son Unique,
toi, Mère de ce Verbe du Père qui certainement t’a instruite de ses infinies
et toutes parfaites Sagesse et Doctrine, avant même qu’il ne fût en toi,
créature qui se formait, ou qu’il fût avec toi comme Fils qui grandit en âge
et en sagesse, jusqu’à devenir le Maître des maîtres. Jean nous l’a dit le
lendemain de la stupéfiante prédication et manifestation apostolique, arrivée
dix jours après l’Ascension de Jésus au Ciel. Toi, de ton côté, tu sais pour
l’avoir vu au Gethsémani le jour de l’Ascension de ton Fils vers le Père, et
pour l’avoir su de Pierre, de Jean et des autres apôtres, comme Lazare et
moi, tout de suite après la Mort et la Résurrection, nous avons commencé des
travaux de maçonnerie autour de mon jardin près du Golgotha et au Gethsémani
sur le Mont des Oliviers, pour que ces lieux, sanctifiés par le Sang du divin
Martyr, qui coula, hélas ! brûlant de fièvre au Gethsémani, et glacé et
grumeleux dans mon jardin, ne soient profanés par des ennemis de Jésus. 234> Maintenant les
travaux sont terminés et aussi bien Lazare que moi, et avec lui ses sœurs et
les apôtres, qui aurions trop de douleur de ne plus t’avoir ici, nous te
disons: "Prends ta demeure dans la maison de Jonas et de Marie, les gardiens du
Gethsémani".
Pensez à mon passé, à la façon dont j’ai
toujours cherché le secret, le silence, au fait que j’ai toujours caché, sous
les apparences d’une vie commune de pauvre femme, les mystères de Dieu en
moi. Rappelez-vous comment, pour ne pas révéler à mon époux Joseph, même à lui, il s’en
est fallu de peu que je fasse de lui qui était juste un injuste. Seule
l’intervention d’un ange empêcha ce danger. Pensez à la vie si humble, si
cachée, si commune que Jésus mena pendant trente ans, à la facilité avec
laquelle il se mettait à part, s’isolait quand il devint Maître. Il devait
faire des miracles et instruire, car c’était sa mission. Mais, je le savais
de Lui, il souffrait - c’était un des nombreux motifs de sa sévérité et de la
tristesse qui brillaient dans ses yeux grands et puissants - il souffrait,
disais-je, de l’exaltation des foules, de la curiosité plus ou moins bonne
avec laquelle on observait tous ses actes. Que de fois n’a-t-il pas dit à ses
disciples et aux miraculés : “Ne dites pas ce que vous avez vu. Ne dites pas
ce que je vous ai fait”!... 235> Maintenant je ne
voudrais pas qu’un œil humain cherchât à connaître les mystères de Dieu en
moi, mystères qui n’ont pas cessé avec le retour au Ciel de Jésus, mon Fils
et mon Dieu, mais au contraire continuent et je dirais grandissent, grâce à
sa bonté et pour me garder en vie jusqu’à ce que l’heure que je désire tant
de le rejoindre pour l’éternité soit venue. Je voudrais seulement Jean avec
moi. Car il est prudent, respectueux, affectueux avec moi comme un second
Jésus. Mais Jonas et Marie sauront..." Lazare l’interrompt: "C’est déjà fait, ô
Bénie ! Nous y avons déjà pourvu. Marc, fils de Jonas, est
maintenant parmi les disciples. Marie, sa mère, et Jonas, son père, sont déjà
à Béthanie." "Mais l’oliveraie ? Elle a bien besoin
qu’on s’en occupe !" lui répond Marie. "C’est seulement au moment de la taille,
du défonçage, de la cueillette. Peu de jours par an, par conséquent, et il en
faudra moins encore car j’enverrai mes serviteurs de Béthanie avec Marc, à
ces époques. Toi, Mère, si tu veux nous faire plaisir, à mes sœurs et à moi,
viens à Béthanie pendant ces jours, dans la maison solitaire du Zélote. Nous
serons voisins, mais notre regard ne sera pas indiscret dans tes rencontres
avec Dieu." "Mais le
pressoir ?..." "Il a déjà été transporté à Béthanie. Le
Gethsémani, complètement clôturé, propriété encore plus réservée de Lazare de
Théophile, t’attend, ô Marie. Et je t’assure que les ennemis de Jésus
n’oseront pas, par crainte de Rome, violer sa paix et la tienne." "Oh ! puisqu’il on est ainsi !" dit
Marie. Et de ses mains elle serre son cœur et les regarde, avec un visage
presque extasié tant il est heureux, avec un sourire angélique sur les lèvres
et des larmes de joie sur ses cils blonds. Elle continue: "Jean et moi !
Seuls ! Nous deux seuls ! Il me semblera être de nouveau à Nazareth avec mon
Fils ! Seuls ! Dans la paix ! Dans cette paix ! Là où Lui, mon Jésus, a
répandu tant de paroles et tant d’esprit de paix ! Là où, il est vrai il a
souffert jusqu’à suer du sang et jusqu’à recevoir la suprême souffrance
morale du baiser infâme et les premiers..." Un sanglot et un souvenir
très douloureux lui coupent la parole et bouleversent son visage qui, pendant
de courts instants, reprend l’expression de douleur qu’il avait dans les
jours de la Passion et de la Mort de son Fils. Puis elle se ressaisit et dit : "Là où
Lui est retourné dans la paix infinie du Paradis ! Je vais envoyer sans
tarder à Marie d’Alphée l’ordre qu’elle
garde ma maisonnette de Nazareth, qui m’est si chère parce que c’est là que
s’est accompli le mystère et qu’est mort mon époux, si pur et si saint, et où
a grandi .Jésus. Si chère ! 236> Mais jamais comme ces lieux où il a
institué le Rite des rites, et s’est fait Pain, Sang, Vie pour les hommes, et
où il a souffert, et racheté, et fondé son Église et, par sa dernière
bénédiction, rendu bonnes et saintes toutes les choses de la Création. Je
resterai. Oui, je resterai ici. J’irai au Gethsémani. Et de là je pourrai, en
suivant les murs, à l’extérieur, aller au Golgotha et dans ton jardin,
Joseph, où j’ai tant pleuré, et venir à ta maison, Lazare, où j’ai toujours
eu, en mon Fils d’abord, et pour moi ensuite, tant d’amour. Mais je
voudrais..." "Quoi, Bénie ?" lui demandent les
deux. "Je voudrais pouvoir retourner ici
aussi. Car, avec les apôtres, nous aurions décidé, pourvu que Lazare le
permette..." "Tout ce que tu
veux, Mère. Tout ce qui est à moi, est à toi. Je le disais d’abord à Jésus.
Maintenant je le dis à toi. Et celui qui reçoit une grâce, c’est toujours moi,
si tu acceptes mon cadeau."
"C’est juste. C’est en ce lieu que ton
Fils a institué le nouveau Rite éternel, a établi la nouvelle Église, en
élevant au nouveau Pontificat et au Sacerdoce ses apôtres et disciples. Il
est juste que cette pièce devienne le premier temple de la nouvelle religion.
La semence qui demain sera un arbre, et ensuite une forêt immense, le germe
qui demain sera un organisme vivant, complet et qui grandira toujours de plus
en plus en hauteur, en profondeur et largeur, pour s’étendre sur toute la
Terre. Quelle table et quel autel sont plus saints que ceux sur lesquels Lui
a partagé le Pain et posé le Calice du nouveau Rite qui durera tant que
durera la Terre ?"
"Alors, c’est dit. Prends. Voici la clef
qui ouvre les différentes grilles de l’enceinte du Gethsémani, et voilà la
clef de la maison. Et sois heureuse autant que Dieu t’accorde de l’être, et
autant que notre pauvre amour voudrait que tu le sois." Joseph d’Arimathie, maintenant que Lazare a
fini de parler, dit à son tour: "Et voici la clef de l’enceinte de mon
jardin." "Mais toi... Tu as bien le droit d’y
entrer, toi !" 237> "J’en ai une
autre, Marie. Le jardinier est un juste, et de même son fils.[1][1] Tu pourras trouver là eux
seulement et moi. Et nous serons tous prudents et respectueux." "Que Dieu vous bénisse de nouveau"
répète Marie. "A toi nos remerciements, ô Mère. Notre
amour et la paix de Dieu pour toi, toujours." Ils se prosternent après
ce dernier salut, baisent de nouveau le bord de son vêtement et s’en vont. Ils viennent de sortir de la maison quand on
entend un autre coup discret à la porte de la pièce où est Marie. "Entre donc" dit Marie. Jean ne se le fait pas dire deux fois. Il entre et ferme, un
peu agité: "Que voulaient Joseph et Lazare ? Y a-t-il quelque danger
?" "Non, fils. Il n’y a que l’exaucement de
mon désir. Mon désir et celui des autres. Tu sais comment Pierre et Jacques d’Alphée, le premier Pontife,
et l’autre chef de l’Église de Jérusalem, sont désolés à la pensée de me
perdre, et effrayés par la crainte de ne pas savoir faire sans moi. Jacques
surtout. Même l’apparition spéciale de mon Fils à lui, son élection voulue par Jésus, ne le consolent pas
et ne lui donnent pas courage. Mais aussi les autres !... Maintenant Lazare
satisfait ce désir général et nous rend maîtres du Gethsémani. Toi et moi.
Seuls, là. Voici les clefs. Et celle-ci est du jardin de Joseph... Nous
pourrons aller au Tombeau, à Béthanie, sans passer par la ville... Et aller
au Golgotha... Et venir ici chaque fois qu’il y aura l’agape fraternelle.
Tout nous est accordé par Lazare et Joseph." "Ce sont deux véritables justes. Lazare
a eu beaucoup de Jésus. C’est vrai. Mais aussi, avant d’avoir, il a toujours
tout donné à Jésus. Es-tu heureuse, Mère ?" "Oui, Jean, tellement ! Je vivrai, tant
que Dieu le voudra, pour assister Pierre et Jacques, et vous tous, et
j’aiderai les premiers chrétiens de toutes les façons. Si les juifs, les
pharisiens et les prêtres ne seront pas aussi des fauves contre moi, comme
ils l’ont été pour mon Fils, je pourrai exhaler mon esprit là où Lui est
monté vers le Père." "Non. Je ne suis pas Jésus, moi. Je suis
née humainement." "Mais sans la tache d’origine. Moi, je
suis un pauvre pêcheur ignorant. En fait de doctrine et d’écritures, je ne
sais rien d’autre que ce que le Maître m’a enseigné. Pourtant je suis comme
un enfant car je suis pur. 238> Et à cause de cela, peut-être, j’en
sais plus que les rabbis d’Israël parce que, Lui l’a dit, Dieu cache les
choses aux sages et Il les révèle aux petits, aux purs. Et à cause de cela je
pense, je dis plutôt: je sens que tu auras le sort qu’aurait eu Ève si elle
n’avait pas péché. Et plus encore, puisque tu n’as pas été épouse d’un
Adam-homme, mais de Dieu pour donner à la Terre le nouvel Adam fidèle à la
Grâce.
"Mon Fils,
second Adam, la Grâce elle-même, toujours obéissant au Père, à moi, d’une
manière parfaite, est mort. Et de quelle mort!"
"Jésus t’a-t-il révélé cela ?" "Non, Mère. Celui qui me l’a dit, c’est l’Esprit Paraclet. Celui dont le Maître nous a avertis qu’Il nous aurait révélé les choses futures et toute vérité. Le Consolateur déjà me l’a dit en mon esprit pour me rendre moins amère la pensée de te perdre, ô Mère bénie que j’aime et vénère autant et plus que la mienne pour ce que tu as souffert, pour ce que tu es bonne et sainte, inférieure seulement à ton Fils très Saint, entre tous les saints présents et à venir. La plus grande Sainte." Et Jean, tout ému, se prosterne pour la vénérer. |
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