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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
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jeudi 16 mai
30 (25 Ziv)
- Jésus se promène en silence avec
sa mère 205 - [Commentaire de MV : Sa prière
d'adieu : - Une petite violette au pied de
la croix 206 - Je ne te perdrai pas, tu me l'a
promis 206 - Je ne te verrai plus qu'en
souvenir] 206 - Une pluie de baisers 207 - Repas bref et silencieux avec
les onze 208 -
Discours (Attendez l'Esprit Saint à Jérusalem 208 - Le développement de l'Église 209
- L'Esprit Saint vous conseillera
210 - Perdez-vous dans la
contemplation 211 - Viser l'amour et la sainteté
parfaite 211 - L'Esprit Saint accroîtra vos
capacités 212 - Vous serez mes témoins) 212 - Jacques d'Alphée sera chef à
Jérusalem 212 - Soumis à Pierre, le chef suprême
de l'Église 213 -
Discours (Mon joug sera léger 213 - Le sens de la douleur 214 - J'ai montré le chemin) 214 - Un dernier repas avec Jésus 215 - Rendez-vous au Camp des
Galiléens 215 - Marie d'Alphée se plaint de
rester seule 215 -
Discours (Je te laisse ma mère) 216 -
Discours (Remerciements personnalisés 216 - Margziam se nommera désormais
Martial 217 - Bénédiction de tous et de la
nature) 217 - L'ascension de Jésus au ciel 218
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Accueil >> Plan du site >> Sommaire du Tome 10 10.23. |
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205> À l’orient, l’aurore commence à peine à rougir. Jésus se promène avec sa Mère dans les vallons du Gethsémani. Pas de
paroles, seulement des regards d’indicible amour. Peut-être les paroles ont
déjà été dites. Peut-être elles n’ont jamais été dites. Ce sont les deux âmes
qui ont parlé : celle du Christ, celle de la Mère du Christ. Maintenant c’est
une contemplation d’amour, une réciproque contemplation. 206> Elle la connaît la nature humide de rosée, la pure lumière du
matin, elles la connaissent les gracieuses créatures de Dieu que sont les
herbes, les fleurs, les oiseaux, les papillons. Les hommes sont absents. Moi, je me sens mal à
l’aise d’être présente à cet adieu. "Seigneur. je n’en suis pas digne
!" c’est mon cri dans les larmes qui tombent de mes yeux en contemplant
la dernière heure de l’union terrestre entre la Mère et le Fils et en pensant
que nous sommes arrivés au terme de l’amoureuse fatigue, celle de Jésus,
celle de Marie et du pauvre, petit, indigne enfant que Jésus a voulu comme
témoin de tout le temps messianique, et qui a nom Marie, mais que Jésus aime
appeler "le petit Jean" et aussi "la violette de la
Croix." Oui. Petit .Jean. Petit parce que je suis un rien. Jean
parce que je suis vraiment celle à qui Dieu a fait de grandes grâces, et
pas-ce que, dans une mesure infinitésimale — mais c’est tout ce que je
possède, et en donnant tout ce que je possède, je sais que je donne dans une
mesure parfaite qui satisfait Jésus, car c’est le "tout" de mon
rien — et parce que, dans une mesure infinitésimale moi, comme le bien-aimé,
le grand Jean, j’ai donné tout mon amour à Jésus et à Marie, en partageant
avec eux larmes et sourires, en les suivant, angoissée de les voir affligés
et de ne pouvoir les défendre de la rancœur du monde au prix de ma
propre vie; et maintenant palpitante de la palpitation de leur cœur pour ce
qui prend fin pour toujours.. Violette, oui. Une
violette [1] qui a cherché à se
tenir cachée dans l’herbe pour que Jésus ne l’évite pas, Lui qui aimait
toutes les choses créées parce qu’œuvres de son Père, mais me presse sous son
pied divin et que je puisse mourir en exhalant mon léger parfum dans l’effort
de Lui adoucir le contact avec la terre raboteuse et dure. Violette de la
Croix, oui. Et son Sang a rempli mon calice jusqu’à le faire se pencher sur
le sol... Oh ! mon Bien-aimé
qui, avant, m’as comblée de ton Sang en me faisant contempler tes pieds
blessés, cloués au bois "... et au
pied de la croix il y avait un pied de violettes en fleurs et ton Sang
tombait goutte à goutte sur le pied de violettes fleuries…" Souvenir lointain et
toujours si proche et si présent ! Préparation de ce que j’ai été ensuite :
ton porte-parole qui maintenant est tout trempé de ton Sang, de tes sueurs et
de tes larmes, des larmes de Marie ta Mère, mais qui connaît aussi tes
paroles, tes sourires, tout, tout de Toi, et qui exhale le parfum non plus
des violettes, mais celui de Toi Seul, mon Unique et Seul Amour, de ce parfum
divin qui a bercé hier soir ma douleur et qui vient sur moi, doux comme un
baiser, consolant comme le Ciel lui-même, et me fait tout oublier pour vivre
de Toi seul… J’ai en moi ta
promesse. Je sais que je ne te perdrai pas. Tu me l’as promis et ta promesse
est sincère : promesse de Dieu Je te posséderai encore, toujours.
C’est seulement si je péchais par orgueil, mensonge, désobéissance, que je te
perdrais. Tu l’as dit, mais tu sais qu’avec ta Grâce pour soutenir ma
volonté, je ne veux pécher et j’espère ne pas pécher parce que tu me
soutiendras. .Je ne suis pas un chêne, je le sais. Je suis une violette. Une
tige fragile qui peut plier sous le pied d’un oiseau et même sous le poids
d’un scarabée. Mais tu es ma force, ô Seigneur, et mon amour pour Toi est mon
aile. Je ne te perdrai pas.
Tu me l’as promis. Tu viendras, tout entier pour moi, pour donner de
la joie à ta violette mourante. Mais je ne suis pas égoïste. Seigneur. Tu le
sais. Tu sais que je voudrais ne plus te voir, mais que d’autres te voient
en grand nombre, et qu’ils croient en Toi. A moi, tu as déjà tant donné
et je n’en suis pas digne. Vraiment tu m’as aimée comme Toi seul sait aimer
tes fils chéris. Je pense comme il
était doux de te voir "vivre". Homme parmi les hommes. Et je
pense que je ne te verrai plus ainsi. Tout a été vu et dit. 207> Je sais aussi que tu n’effaceras pas de ma pensée tes actions
d’Homme parmi les hommes, et que je n’aurai pas besoin de livres pour me
souvenir de Toi, tel que tu as été réellement. Il suffira que je regarde en
mon intérieur où toute ta vie est fixée en caractères indélébiles. Mais c’était doux,
doux... Maintenant tu montes... La Terre te perd. Marie de la Croix te perd,
Maître Sauveur. Tu resteras à elle comme un Dieu très doux, et non plus du
Sang mais un miel céleste tu verseras dans le calice violacé de ta violette...
Je pleure... J’ai été ta disciple en même temps que les autres sur les
chemins de montagne, boisés, ou sur les chemins arides, poussiéreux de la
plaine, sur le lac, et prés du beau fleuve de ta Patrie. Maintenant tu t’en
vas et je ne verrai plus qu’en souvenir Bethléem et Nazareth sur leurs vertes
collines d’oliviers, et Jéricho brûlée par le soleil avec le bruissement de
ses palmiers, et Béthanie amie, et Engaddi perle
perdue dans les déserts, et la belle Samarie, et les plaines fertiles de
Saron et d’Esdrelon, et le haut plateau bizarre
d’au-delà du Jourdain, et le cauchemar de la Mer Morte, et les villes
ensoleillées des bords de la Méditerranée, et Jérusalem, la ville de ta
douleur, ses montées et ses descentes, les archivoltes, les places, les
faubourgs, les puits et les citernes, les collines et jusqu’à la triste
vallée des lépreux où ta miséricorde s’est largement répandue... Et la maison
du Cénacle… et la fontaine qui pleure tout près... le petit pont sur le
Cédron, l’endroit où tu as sué le sang... la cour du Prétoire... Ah, non !
tout ce qui est ta douleur se trouve ici et y restera toujours... Je
devrai chercher tous les souvenirs pour les retrouver, mais ta prière au
Gethsémani, ta flagellation, ta montée au Golgotha, ton agonie et ta mort, la
douleur de ta Mère, non, je n’aurai pas à les chercher : ils me sont
toujours présents. Peut-être je les oublierai au Paradis.., et il me
paraît impossible de pouvoir les oublier même là... Tout souvenir de
ces heures atroces, jusqu'à la forme de la pierre sur laquelle tu es tombé,
même le bouton de rose rouge qui battait comme une goutte de sang sur le
granit, contre la fermeture de ton tombeau... Mon Amour tout divin,
ta Passion vit dans ma pensée... et m’en brise le cœur...
Dieu qui embrasse la
Mère de Dieu !... Finalement la Femme,
en tant que Créature, s’agenouille aux pieds de son Dieu qui est pourtant son
Fils, et le Fils, qui est Dieu, impose ses mains sur la tête de sa Mère
Vierge, de l’éternelle Aimée, et il la bénit au Nom du Père, du Fils et de l’Esprit-Saint,
puis il se penche et la relève en déposant un dernier baiser sur son
front blanc comme un pétale de lys sous l’or de ses cheveux si jeunes
encore... 208> Ils vont de nouveau vers la maison et personne, envoyant la
paix avec laquelle ils avancent l’Un à côté de l’Autre, ne penserait au flot
d’amour qui les a dominés un peu auparavant. Mais quelle différence en cet
adieu avec la tristesse des autres adieux désormais dépassés et le
déchirement de l’adieu de la Mère à son Fils tué qu’elle devait laisser seul
au Tombeau !... En celui-ci, même si
les yeux brillent des pleurs naturels de celui qui est sur le point de se
séparer de l’Aimé, les lèvres sourient à la joie de savoir que cet Aimé va
dans la demeure qui convient à sa Gloire... "Seigneur ! Ils
sont là dehors, entre le mont et Béthanie, tous ceux que tu avais dit à ta
Mère vouloir bénir aujourd’hui" dit Pierre. "C’est bien.
Nous allons maintenant les trouver. Mais venez d’abord. Je veux partager
encore le pain avec vous." Ils entrent dans la
pièce où dix jours avant se trouvaient les femmes pour la cène du quatorzième
jour du second mois. Marie accompagne Jésus jusque là, puis elle se retire.
Il reste Jésus et les onze. Sur la table il y a
de la viande rôtie, des petits fromages et des petites olives noires, une
petite amphore de vin et une d’eau plus grande, et de larges pains. Une table
simple, sans apparat pour une cérémonie de luxe, mais uniquement parce qu’il
faut bien manger. Jésus offre et fait
les parts. Il est au milieu entre Pierre et Jacques d’Alphée. C’est Lui qui les a
appelés à ces places. Jean, Jude
d’Alphée et Jacques sont en face de Lui,
Thomas, Philippe, Matthieu sont d’un côté, André, Barthélemy, le Zélote de l’autre. Ainsi tous peuvent voir leur
Jésus... Le repas est bref, silencieux. Les apôtres, arrivés au dernier jour
de voisinage avec Jésus, et malgré les apparitions successives, collectives
ou individuelles, à partir de la Résurrection, toutes pleines d’amour, n’ont
plus jamais perdu cette retenue et cette vénération qui ont caractérisé leurs
rencontres avec Jésus Ressuscité. Le repas est fini.
Jésus ouvre les mains au-dessus de la table en faisant son geste habituel
devant un fait inéluctable et il dit : "Voici venue l’heure où je dois
vous quitter pour retourner vers mon Père. Écoutez les dernières paroles de
votre Maître. 209>
Je vous le dis : l’enfer même ne prévaudra pas sur elle. Mais si Dieu vous
assure sa protection, ne tentez pas le Ciel en exigeant tout du Ciel. 210> Allez en Éphraïm comme y alla votre Maître, parce que ce
n’était pas l’heure qu’il soit pris par ses ennemis. Je vous dis Éphraïm pour
vous dire terre d’idoles et de païens. Mais ce ne sera pas Éphraïm de
Palestine que vous devez choisir comme siège de mon Église. Rappelez-vous
combien de fois, à vous réunis ou à l’un de vous en particulier, j’ai parlé
de cela en vous prédisant qu’il vous faudrait fouler les routes de la terre
pour arriver à son cœur et fixer là mon Église. C’est du cœur de l’homme que
le sang se propage à travers tous les membres. C’est du cœur du monde que le
Christianisme doit se propager par toute la Terre. Pour l’heure, mon
Église est semblable à une créature déjà conçue mais qui se forme encore dans
la matrice. Jérusalem est sa matrice et en son intérieur son cœur encore
petit, autour duquel se rassemblent les membres peu nombreux de l’Église
naissante, donne ses petites ondes de sang à ces membres. Mais une fois
arrivée l’heure marquée par Dieu, la matrice marâtre expulsera la créature
qui s’est formée en son sein, et elle ira dans une terre nouvelle, et y
grandira pour devenir un grand Corps qui s’étendra sur toute la Terre, et les
battements du cœur de l’Église devenu fort se propageront dans tout son grand
Corps. Les battements du cœur de l’Église, affranchie de tout lien avec le
Temple, éternelle et victorieuse sur les ruines du Temple mort et détruit,
vivant dans le cœur du monde pour dire aux hébreux et aux gentils que Dieu
seul triomphe et veut ce qu’Il veut et que ni la rancœur des hommes, ni les
troupes d’idoles n’arrêtent son vouloir. Mais cela viendra par
la suite, et en ce temps-là vous saurez ce que faire. L’Esprit de Dieu vous
conduira. Ne craignez pas. Pour le moment,
rassemblez à Jérusalem la première assemblée de fidèles. Puis d’autres
assemblées se formeront à mesure que leur nombre grandira. En vérité je vous
dis que les habitants de mon Royaume deviendront rapidement plus nombreux
comme des semences jetées dans une excellente terre. Mon peuple se propagera
par toute la Terre. Le Seigneur dit au
Seigneur : "Puisque Tu as fait cela et que pour Moi Tu ne t’es pas
épargné, Je te bénirai et Je multiplierai ta descendance comme les étoiles du
ciel et comme les grains de sable qui sont sur le bord de la mer. Ta
descendance possédera la porte de ses ennemis et en ta descendance seront bénies
toutes les nations de la Terre. Bénédiction est mon Nom, mon Signe et ma Loi,
là où ils sont reconnus souverains" [2].
Mais l’Esprit-Saint viendra sans être voilé par la chair,
et Il se posera sur vous et Il descendra en vous avec ses sept dons et Il
vous conseillera. Maintenant le conseil
de Dieu est chose si sublime qu’il faut vous préparer par une volonté
héroïque d’une perfection qui vous rende semblables à votre Père et à votre
Jésus, et à votre Jésus dans ses rapports avec le Père et l’Esprit-Saint. Donc une charité
parfaite et une pureté parfaite, pour pouvoir comprendre l’Amour et le
recevoir sur le trône de votre cœur.
Vous n’aurez pas le
Royaume de Dieu en vous si vous n’avez pas l’amour. Parce que le Royaume de
Dieu c’est l’Amour, et il apparaît avec l’Amour, et par l’Amour il s’établit
en vos cœurs au milieu de l’éclat d’une lumière immense qui pénètre et
féconde, enlève l’ignorance, donne la sagesse, dévore l’homme et crée le
dieu, le fils de Dieu, mon frère, le roi du trône que Dieu a préparé pour
ceux qui se donnent à Dieu pour avoir Dieu, Dieu, Dieu, Dieu seul. Soyez donc
purs et saints grâce à l’oraison ardente qui sanctifie l’homme parce qu’elle
le plonge dans le feu de Dieu qu’est la charité. Vous devez être
saints. Non pas dans le sens relatif que ce mot avait jusqu’alors, mais dans
le sens absolu que je lui ai donné en vous proposant la Sainteté du Seigneur
comme exemple et comme limite, c’est-à-dire la Sainteté parfaite. Chez nous,
on appelle saint le Temple, saint l’endroit où est l’autel, Saint des Saints
le lieu voilé où se trouvent l’arche et le propitiatoire. 212> Mais je vous dis en vérité que ceux qui possèdent la Grâce et
vivent saintement par amour pour le Seigneur sont plus saints que le Saint
des Saints, parce que Dieu ne se pose pas seulement sur eux, comme sur le
propitiatoire qui est dans le Temple pour donner ses ordres, mais Il
habite en eux pour leur donner ses amours.
"Reconstruiras-tu
alors, après la venue de l’Esprit-Saint, le Royaume d’Israël ?" Lui
demandent-ils en l’interrompant.
Et je serai avec vous
tous les jours jusqu’à la fin du monde. Et je veux encore ceci : qu’à présider l’assemblée de Jérusalem
ce soit Jacques, mon frère. Pierre, comme chef de
toute l’Église, devra souvent entreprendre des voyages apostoliques, parce que
tous les néophytes désireront connaître le Pontife Chef Suprême de l’Église.
Mais grand sera l’ascendant que sur les fidèles de cette première Église aura
mon frère. Les hommes sont toujours des hommes et ils voient en hommes. Il
leur semblera que Jacques me continue, seulement parce qu’il est mon frère.
En vérité je vous dis qu’il est plus grand et semblable au Christ par sa
sagesse plutôt que par sa parenté. Mais c’est ainsi. Les hommes, qui ne me
cherchaient pas pendant que l’étais parmi eux, me chercheront maintenant en
celui qui est mon parent. Toi, ensuite, Simon Pierre, tu es destiné à
d’autres honneurs..." 213> "Que je ne mérite pas, Seigneur. Je te l’ai dit quand tu
m’es apparu et je te le dis encore en présence de tous. Tu es bon, divinement
bon, en plus que sage, et c’est avec justice que tu as jugé que moi, qui t’ai
renié dans cette ville, je n’étais pas fait pour en être le chef spirituel.
Tu veux m’épargner tant de justes mépris…" "Nous avons été
tous pareils, Simon, sauf deux. Moi aussi, j’ai fui. Ce n’est pas à cause de
cela, mais à cause des raisons qu’il a dites, que le Seigneur m’a destiné à
cette place; mais tu es mon chef, Simon de Jonas, et je te reconnais comme
tel et en présence du Seigneur et de tous les compagnons je te promets obéissance.
Je te donnerai ce que je puis pour t’aider dans ton ministère, mais, je t’en
prie, donne-moi tes ordres, car tu es le Chef et moi ton subordonné. Quand le
Seigneur m’a rappelé une lointaine conversation, j’ai incliné la
tête pour dire : “Que soit fait ce que tu veux”. C’est ce que je te dirai du
moment où, le Seigneur nous ayant quittés, tu seras son Représentant sur la
Terre. Et nous nous aimerons en nous aidant dans le ministère sacerdotal"
dit Jacques en s’inclinant de sa place pour rendre hommage à Pierre.
Ne vous troublez pas
pour aucune raison. Dieu est avec vous. Vous pouvez faire ce que je veux de
vous. Je ne vous imposerais pas des choses que vous ne pourriez pas faire car
je ne veux pas votre ruine, mais, au contraire, votre gloire. Voilà que je vais
préparer votre place à côté de mon trône. Soyez unis à Moi et au Père dans
l’amour. Pardonnez au monde qui vous hait. Appelez fils et frères ceux qui
viennent à vous, ou sont déjà avec vous par amour pour Moi.
Vous savez que le
monde ne sait pas aimer. Mais vous, dorénavant, aimez le monde d’un amour
surnaturel pour lui apprendre à aimer. Et s’ils vous disent en vous voyant
persécutés : “Est-ce ainsi que Dieu vous aime ? En vous faisant souffrir, en
vous donnant la douleur ? Alors ce n’est pas la peine d’appartenir à Dieu”,
répondez : “La douleur ne vient pas de Dieu. Mais Dieu la permet, et nous en
savons la raison et nous nous glorifions d’avoir la part qu’a eue le Sauveur
Jésus, Fils de Dieu”. Répondez : “Nous nous glorifions d’être crucifiés et de
continuer la Passion de notre Jésus”. Répondez par les paroles de la Sagesse
: “La mort et la douleur sont entrées dans le monde par l’envie du démon,
mais Dieu n’est pas l’auteur de la mort et de la douleur et il ne jouit pas
de la douleur des vivants. Toutes les choses qui viennent de Lui sont vie et
toutes sont salutaires” [3]. Répondez : “A
présent nous semblons persécutés et vaincus, mais au jour de Dieu, les sorts
sont changés : nous justes, persécutés sur la Terre, nous serons glorieux
devant ceux qui nous ont tourmentés et méprises". Pourtant dites-leur
aussi : "Venez à nous ! Venez à la Vie et à la Paix [4]. Notre Seigneur ne
veut pas votre ruine, mais votre salut. C’est pour cela qu’Il a donné son
Fils bien-aimé afin que vous soyez tous sauvés". Et réjouissez-vous de
participer à mes souffrances pour pouvoir être ensuite avec Moi dans la
gloire.
215> Maintenant, donnons-nous le baiser d’adieu, ô mes amis
bien-aimés." Il se lève pour les embrasser.
Tous l’imitent. Mais alors que Jésus a un sourire paisible, d’une beauté
vraiment divine, eux pleurent, tous troublés et Jean, s’abandonnant sur la
poitrine de Jésus, secoué par tous les sanglots qui lui rompent la poitrine
tant ils sont déchirants, demande au nom de tous, voyant le désir de tous :
"Donne-nous au moins ton Pain pour qu’il nous fortifie à cette heure
!" "Qu’il en soit
ainsi !" lui répond Jésus. Et prenant un pain, il le partage en morceaux
après l’avoir offert et bénit, en répétant les paroles rituelles. Et il fait
la même chose avec le vin, en répétant ensuite : "Faites ceci en mémoire
de Moi", ajoutant : “qui vous ai laissé ce gage de mon amour pour être
encore et toujours avec vous jusqu’à ce que vous soyez avec Moi dans le Ciel.”
Il les bénit et dit : "Et maintenant allons." Ils sortent de la
pièce, de la maison... Jonas, Marie et Marc sont là dehors, et
ils s’agenouillent pour adorer Jésus. "Que la paix
reste avec vous, et que le Seigneur vous récompense pour tout ce que vous
m’avez donné" dit Jésus pour les bénir en passant. Marc se lève pour
dire : "Seigneur, les oliviers, le long du chemin de Béthanie, sont
remplis de disciples qui t’attendent." "Va leur dire
qu’ils se dirigent vers le Camp des Galiléens." Marc s’éloigne avec
toute la vitesse de ses jeunes jambes. "Ils sont tous
venus, alors" disent les apôtres entre eux. Plus loin, assise
entre Margziam et Marie de Cléophas, se trouve la Mère
du Seigneur. Elle se lève en le voyant venir, pour l’adorer par toutes les
palpitations de son cœur de Mère et de fidèle. "Viens, Mère, et
toi aussi, Marie..." dit Jésus pour les inviter en les voyant arrêtées,
clouées par sa majesté qui resplendit comme au matin de la Résurrection. Mais Jésus ne veut
pas l’accabler par cette majesté et il demande affablement à Marie d’Alphée :
"Es-tu seule ?" "Les autres...
les autres sont en avant... Avec les bergers et... avec Lazare et toute sa
famille... Mais ils nous ont laissées ici, nous, parce que... Oh ! Jésus !
Jésus ! Jésus !... Comment ferai-je à ne plus te voir, Jésus béni, mon Dieu, moi
qui t’ai aimé avant même que tu ne sois né, moi qui ai tant pleuré à cause de
Toi quand je ne savais pas où tu étais après le massacre… moi qui ai eu mon
soleil dans ton sourire quand tu es revenu, et tout, tout mon bien ?... 216> Que de bien ! Que de bien tu m’as donné !...
Maintenant oui, que je suis devenue vraiment pauvre, veuve, seule !... Tant
que tu étais là, il y avait tout !... Je croyais avoir connu toute la douleur
ce soir-là... Mais la douleur elle-même, toute la douleur de ce jour, m’avait
hébétée et... oui, elle était moins forte que maintenant... Et puis... tu
devais ressusciter. Il me semblait ne pas le croire, mais je m’aperçois
maintenant que je le croyais, car je ne sentais pas ce que je sens
maintenant..." elle pleure et halète tant ses pleurs la suffoquent. "Bonne Marie, tu
t’affliges vraiment comme un enfant qui croit que sa mère ne l’aime pas et
l’a abandonné parce qu’elle est allée à la ville pour lui acheter des cadeaux
qui le rendront heureux et qu’elle sera bientôt de retour vers lui pour le
couvrir de caresses et de cadeaux. Et n’est-ce pas ce que je fais avec toi ?
Est-ce que je ne vais pas pour te préparer la joie ? Est-ce que je ne pars
pas pour revenir te dire : “Viens, parente et disciple aimée, mère de mes
disciples aimés” ? Est-ce que je ne te laisse pas mon amour ? Est-ce que je
ne te donne pas mon amour, Marie ? Tu sais si je t’aime ! Ne pleure pas
ainsi, mais réjouis-toi car tu ne me verras plus méprisé et épuisé, plus
poursuivi et riche seulement de l’amour d’un petit nombre. Et avec mon amour,
je te laisse ma Mère. Jean sera son fils, mais toi sois pour elle une bonne
sœur comme toujours. Tu vois ? Elle ne pleure pas, ma Mère. Elle sait que si
la nostalgie de Moi sera la lime qui consumera son cœur, l’attente sera
toujours brève par rapport à la grande joie d’une éternité d’union, et elle
sait aussi que notre séparation ne sera pas absolue au point de lui faire
dire : “Je n’ai plus de Fils”. C’était le cri de douleur du jour de la
douleur. Maintenant, dans son cœur, chante l’espérance : “Je sais que mon
Fils monte vers le Père, mais ne me laissera pas sans ses spirituels amours”.
C’est ce que tu crois toi, et tous... Voici les uns et les autres. Voici mes
bergers." Les visages de Lazare
et de ses sœurs au milieu de tous les serviteurs de Béthanie, [5] le visage de Jeanne semblable à une rose
sous un voile de pluie, et ceux d’Élise et de Nique, déjà marqués par l’âge — et maintenant les
rides se creusent à cause de la peine, car c’est toujours de la peine pour la
créature, même si l’âme jubile à cause du triomphe du Seigneur — et celui d’ Anastasica, et les visages lilials des premières vierges, [6] et l’ascétique
visage d’Isaac, et celui inspiré de
Matthias, et le visage viril
de Manaën, et ceux austères de
Joseph et Nicodème... Visages, visages,
visages... 217> Jésus appelle près de Lui les bergers, Lazare, Joseph,
Nicodème, Manaën, Maximin et les autres des soixante-douze
disciples. Mais il garde surtout près de Lui les bergers pour leur dire
: "Ici. Vous près du Seigneur qui était venu du Ciel, penchés sur son
anéantissement, vous près du Seigneur qui retourne au Ciel, avec vos esprits
qui jouissent de sa glorification. Vous avez mérité cette place car vous avez
su croire malgré les circonstances défavorables et vous avez su souffrir pour
votre foi. Je vous remercie tous de votre amour fidèle. Je vous remercie
tous. Toi, Lazare, mon ami. Toi, Joseph, et toi, Nicodème, pleins de pitié
pour le Christ quand cela pouvait être un grand danger. Toi, Manaën, qui as
su mépriser les faveurs sordides d’un être immonde pour marcher dans mon
chemin. Toi, Étienne, fleur couronnée de justice qui as quitté
l’imparfait pour le parfait et qui seras couronné d’un diadème que tu ne
connais pas encore mais que t’annonceront les anges. Toi, Jean, pour un bref laps
de temps frère au sein très pur et venu à la Lumière plus qu’à la vue. Toi,
Nicolaï, qui, prosélyte, as su me consoler de la douleur des fils de cette
Nation. Et vous, disciples bonnes et courageuses, dans votre douceur, plus
que Judith. Et toi, Margziam, mon enfant, et qui dorénavant prends le nom
de Martial, en souvenir du petit romain tué sur le chemin et déposé à la
grille de Lazare avec un cartel de défi : “Et maintenant dis au Galiléen
qu’il te ressuscite, s’il est le Christ et s’il est ressuscité”, le dernier
des innocents qui en Palestine ont perdu la vie pour me servir bien
qu’inconsciemment, et prémices des innocents de toute Nation qui, venus au
Christ, seront pour cela haïs et éteints prématurément, comme des boutons de
fleurs arrachés à leur tige avant qu’ils n’éclosent. Et ce nom, ô Martial,
t’indique ton futur destin : sois apôtre en des terres barbares et
conquiers-les à ton Seigneur comme mon amour a conquis le jeune romain pour
le Ciel.
Quelle voix de
tonnerre a Jésus ! Elle se répand dans l’air chaud et tranquille comme le son
d’un bronze qu’on a frappé, elle se propage en ondes sur la mer des visages
qui le regardent de tous côtés. Je dis que ce sont des centaines de personnes
qui entourent Jésus qui monte, avec les plus aimés, vers le sommet de
l’Oliveraie. Mais Jésus, arrivé près du Camp des Galiléens où il n’y a plus
de tentes à cette époque entre les deux fêtes, ordonne aux disciples :
"Faites arrêter les gens où ils se trouvent, et puis suivez-moi."
Jésus est debout sur
une large pierre qui dépasse un peu, toute blanche au milieu de l’herbe verte
d’une clairière. Le soleil l’investit rendant son vêtement blanc comme la
neige et faisant briller comme de l’or ses cheveux. Ses yeux brillent d’une
lumière divine. Il ouvre les bras en
un geste d’embrassement. Il paraît vouloir serrer sur son sein toutes les
multitudes de la Terre que son esprit voit représentées dans cette foule.
Il se transfigure en
beauté. Beau ! Beau comme sur le Thabor et davantage. Tous tombent à
genoux pour l’adorer. Lui, pendant que déjà il se soulève de la pierre sur
laquelle il est posé, cherche encore une fois le visage de sa Mère, et son
sourire atteint une puissance que personne ne pourra jamais rendre...
C’est son dernier adieu à sa Mère. Il monte, monte... Le soleil, encore plus
libre de le baiser, maintenant que nul feuillage même léger ne vient
intercepter ses rayons, frappe de son éclat le Dieu-Homme qui monte avec son
Corps très Saint au Ciel, et dévoile ses Plaies glorieuses qui resplendissent
comme de vivants rubis. 219> Le reste est un
sourire de lumière nacrée. C’est vraiment la Lumière qui se manifeste pour ce
qu’elle est, en ce dernier instant comme dans la nuit natale. La Création
étincelle de la lumière du Christ qui s’élève. Lumière qui dépasse celle du
soleil. Lumière surhumaine et bienheureuse. Lumière qui descend du Ciel à la
rencontre de la Lumière qui monte... Et Jésus Christ, le
Verbe de Dieu, disparaît à la vue des hommes dans un océan de splendeurs... Sur terre, deux
bruits seulement dans le silence profond de la foule extasiée : le cri de
Marie quand il disparaît : "Jésus !" et la plainte d’Isaac. |
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Un religieux
étonnement a rendu les autres muets, et ils restent là, jusqu’à ce que deux lumières
angéliques d’une extraordinaire candeur apparaissent sous une forme
humaine, pour dire les paroles rapportées dans le premier chapitre des Actes
des Apôtres [7]. |
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[1] Vicion du 22 avril 1943. C'est de cette vision
d'un bouquet de violette sur le Calvaire, qu'est tiré le surnom de
"violette", employé par Maria Valtorta.
[4] Voir Matthieu 11,28