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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta © Centro Editoriale Valtortiano |
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durant le mois
- Arrivée de Joseph, de Nicodème et de Lazare 243 - Venus pour donner quelque chose à Marie 244 - Pierre célébrera les agapes le lendemain du sabbat 245 - Marie reçoit le linceul de la résurrection 245 - Gamaliel s'instruit auprès de Nicodème 246 - Le premier linceul sera mis dans une statut de bois 247 - Le second linceul est plus doux à regarder 247 - On déplie le second linceul et Marie remercie 247 - Elle remet le premier linceul à Nicodème 248 |
10.29. |
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243> Il fait nuit. La pleine lune éclaire de sa lumière argentée le Gethsémani tout entier et la petite maison de Marie et de Jean. Tout est silencieux. Même le Cédron, réduit à un filet d’eau, ne fait pas de bruit. Tout à coup, un bruit de sandales se fait entendre dans le grand silence et se fait de plus en plus distinct et plus proche, et avec lui, un murmure de voix mâles et profondes. 244> Puis voilà trois personnes qui sortent de l’enchevêtrement des arbres et se dirigent vers la maisonnette. Ils frappent à la porte close. Une lampe s’allume et une petite lumière tremblante filtre par une fissure de l’entrée. Une main ouvre, une tête se penche, une voix, celle de Jean, demande : "Qui êtes-vous ?" "Joseph d’Arimathie, et avec moi Nicodème et Lazare. L’heure est indiscrète, mais la prudence nous l’impose. Nous apportons quelque chose à Marie, et Lazare nous accompagne." "Entrez. Je vais l’appeler. Elle ne dort pas. Elle prie là-haut, dans sa petite pièce, sur la terrasse. Cela lui plaît tellement !" dit Jean, et il monte rapidement par le petit escalier qui conduit à la terrasse et à la pièce. Les trois, restés dans la cuisine, parlent doucement entre eux, à la faible lumière de la lampe, groupés près de la table, encore tout couverts de leurs manteaux, mais la tête découverte. Jean rentre avec Marie qui salue les trois en disant : "Paix à vous tous." "Et à toi, Marie" lui répondent les trois en s’inclinant. "Y a-t-il quelque danger ? Est-il arrivé quelque chose aux serviteurs de Jésus ?" "Rien. Femme. C’est nous qui avons décidé de venir pour te donner quelque chose que — maintenant, nous le savons avec certitude, mais déjà nous le pressentions — que tu désirais avoir. Nous ne sommes pas venus plus tôt, car il y avait des divergences d’idées entre nous et aussi entre nous et Marie de Lazare. Marthe ne s’est pas prononcée à ce sujet. Elle a seulement dit : “Le Seigneur, ou directement ou en inspirant à d’autres de parler, vous dira ce que faire”. Et en vérité il nous a été dit ce que faire et nous sommes venus pour cela" explique Joseph. "Le Seigneur vous a-t-il parlé ? Est-il venu à vous ?" "Non, Mère. Plus depuis sa montée au Ciel. Avant, oui, il nous est apparu, nous te l’avons dit, d’une manière surnaturelle, après sa Résurrection, dans ma maison. Ce jour-là il est apparu à un grand nombre, en même temps, pour donner un témoignage de sa Divinité et de sa Résurrection. Puis nous l’avons encore vu tant qu’il a été parmi les hommes, mais plus d’une manière surnaturelle, mais comme l’ont vu les apôtres et les disciples" lui répond Nicodème. "Et alors ? Comment vous a-t-il indiqué la voie à suivre ?" 245> "Par la bouche de l’un de ses préférés et successeurs." "Pierre ? Je ne crois pas. Il est encore effrayé à la fois du passé et de sa nouvelle mission."
"Qu’est-ce ?" demande Marie en pâlissant. "Ses vêtements, peut-être ? Ceux que je Lui ai fait pour... Oh !" et elle pleure.
"Vraiment, ô Lazare, ils appartenaient à Joseph" observe Marie. "C’est vrai, Femme. Mais la maison de Nicodème est hors de la ville. Elle attire donc moins l’attention et elle est plus sûre pour plusieurs raisons" lui répond Joseph. "Oui, spécialement depuis que Gamaliel, avec son fils, la fréquente avec assiduité" ajoute Nicodème. "Gamaliel ?!" dit Marie grandement étonnée. Lazare ne peut s’empêcher de sourire sarcastiquement en lui répondant : "Oui. Le signe, le fameux signe qu’il attendait pour croire que Jésus était le Messie, l’a ébranlé. On ne peut nier que le signe ait été capable de briser même les têtes et les cœurs les plus durs à se rendre. Et Gamaliel, par ce signe très puissant, fut ébranlé, secoué, abattu plus que les maisons qui s’écroulèrent au jour de la Parascève alors qu’il semblait que le monde périssait en même temps que la Grande Victime. Le remords l’a déchiré plus que ne s’est déchiré le voile du Temple, le remords de n’avoir jamais compris Jésus pour ce qu’il était réellement. Le tombeau fermé de son esprit de vieil hébreu entêté s’est ouvert comme les tombeaux qui ont laissé apparaître les corps des justes, et il cherche maintenant, avec angoisse, la vérité, la lumière, le pardon, la vie. La nouvelle vie : celle que l’on ne peut avoir que par Jésus et en Jésus. Oh ! Il devra encore travailler beaucoup pour libérer totalement son vieux moi du maquis de son ancienne manière de penser ! Mais il y arrivera. Il cherche la paix, le pardon, la connaissance. Paix pour ses remords, et pardon pour son obstination. Et connaissance complète de Celui que, quand il pouvait le faire, il n’a pas voulu connaître complètement. Et il va chez Nicodème pour atteindre le but qu’il s’est désormais fixé." "Es-tu sûr qu’il ne te trahira pas, Nicodème ?" demande Marie. "Non,
il ne me trahira pas. Au fond, c’est un juste. 247> Rappelle-toi qu’il a osé
s’imposer au Sanhédrin, durant le procès infâme, et
qu’il
a montré ouvertement son indignation et son mépris pour les juges
injustes en s’en allant et en commandant à son fils de s’en aller
pour ne pas être complice, même par une présence passive, de ce crime
suprême. Ceci pour Gamaliel.
Alors les quatre déplacent la table pour avoir plus de place, puis avec Lazare et Jean d’un côté, Nicodème et Joseph de l’autre, ils déroulent lentement la longue toile. On voit d’abord la partie dorsale, en commençant par les pieds, puis, après la quasi jonction des têtes, la partie frontale. 248> Les lignes sont bien claires, et claires les marques, toutes les marques de la flagellation, de la Couronne d’épines, frottements de la croix, contusions des coups qu’il a reçus et des chutes qu’il a faites, et les blessures des clous et de la lance. Marie tombe à genoux, baise la toile, caresse les empreintes, baise les blessures. Elle est angoissée, mais aussi visiblement contente de pouvoir avoir cette surnaturelle, miraculeuse image de Lui" Après l’avoir vénérée elle se tourne et dit à Jean, qui ne peut être près d’elle, occupé comme il l’est à tenir un coin de la toile : "C’est toi qui le leur as dit, Jean. Il n’y a que toi qui as pu le dire car toi seul connaissais le désir que j’en avais." "Oui, Mère, c’est moi. Et je n’ai pas achevé de leur dire ton désir que tout de suite ils y ont adhéré. Ils ont pourtant dû attendre le moment favorable pour le faire..." "C’est-à-dire une nuit très claire pour pouvoir venir sans torches et sans lanternes, et une période sans solennités réunissant ici, à Jérusalem et dans son voisinage, le peuple et les notables, et cela par prudence..." explique Nicodème. "Et moi, je suis venu avec eux pour plus de sécurité. Comme maître du Gethsémani, il m’était permis de venir voir l’endroit sans attirer l’attention de quelque individu... chargé de surveiller toutes choses et toutes gens" termine Lazare. "Que Dieu vous bénisse tous. Pourtant les frais des Linceuls, c’est vous qui les avez faits... Et ce n’est pas juste..." "C’est juste, Mère. Moi, j’ai eu du Christ, ton Fils, un don que l’on ne se procure pas à prix d’argent : la vie qu’il m’a rendue après quatre jours de tombeau, et auparavant la conversion de ma sœur Marie. Joseph et Nicodème ont eu de Jésus la Lumière, la Vérité, la Vie qui ne meurt pas. Et toi.., toi, avec ta douleur de Mère, et ton amour de Mère très sainte pour tous les hommes, tu as acquis non pas une toile, mais tout le monde chrétien, qui sera toujours plus grand, pour Dieu. Il n’y a pas d’argent qui puisse compenser ce que tu as donné. Prends cela au moins. C’est à toi. Il est juste qu’il en soit ainsi. Marie, ma sœur, est aussi de cet avis. Elle l’a toujours pensé, depuis le moment où il est ressuscité, et plus encore depuis qu’il t’a quitté pour monter vers le Père" lui répond Lazare. "Et qu’il en soit ainsi alors. Je vais prendre l’autre. Il m’est en fait si douloureux de le voir... Celui-ci, c’est différent. Il donne la paix, celui-ci ! Car Lui ici est serein, en paix désormais. 249> Il paraît sentir déjà, dans son sommeil mortel, la vie qui revient, et la gloire que personne ne pourra jamais plus atteindre et abattre. Maintenant je ne désire plus rien, sauf de me réunir à Lui. Mais cela arrivera au moment que Dieu a fixé et de la manière dont Il l’a fixé. Je m’en vais. Et que Dieu vous donne à vous le centuple de la joie que vous m’avez donnée." Elle prend avec respect le Linceul que les quatre ont replié, sort de la cuisine, monte rapidement l’escalier... Et redescend bientôt et elle entre avec le premier Linceul. Elle le remet à Nicodème qui lui dit : "Que Dieu te remercie, Femme. Maintenant nous partons, car l’aube approche et il vaut mieux être à la maison avant que la lumière se lève et que les gens sortent de leurs maisons." Les trois la vénèrent avant de partir et puis, rapidement pour reprendre la route qu’ils ont prise pour venir, ils se dirigent vers une des grilles du Gethsémani, la plus proche du chemin qui mène à Béthanie. |
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Marie et Jean restent à l’entrée de la maison jusqu’à ce qu’ils les voient disparaître, puis rentrent dans la cuisine et ferment la porte en parlant doucement entre eux. |