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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" |
aucun accent |
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fin de l'année 31
- Devant le Sanhédrin Étienne est
malmené 249-250 - Dialogue de Gamaliel avec Saul - Gamaliel désapprouve le jugement
250 - Il veut être le protecteur de la
justice 251 - Regrette de n'avoir pas cru plus
tôt 252 - La lapidation d'Étienne 253 - Autorisation à Saul de persécuter les chrétiens 254 |
10.30. |
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249> La salle du Sanhédrin, pareille pour
la disposition et pour les personnes à ce qu’elle était, dans la nuit du jeudi
au vendredi, pendant le procès de Jésus. Le Grand Prêtre et les autres sont
sur leurs sièges. Au centre, dans l’espace vide, devant le Grand Prêtre, où
était Jésus durant le procès, il y a maintenant Étienne. Il doit déjà avoir parlé pour confesser sa foi et apporter son
témoignage sur la vraie Nature du Christ et sur l’Église, car le tumulte est
à son comble et dans sa violence il est en tout semblable à celui qui
s’agitait contre le Christ dans la nuit fatale de la trahison et du déicide. Coups de
poing, malédictions, blasphèmes horribles sont lancés contre le diacre
Étienne qui, sous les coups brutaux, vacille et chancelle alors que
férocement ils le tirent çà et là. Mais lui garde son calme et sa dignité et
même plus encore, Il est non seulement calme et digne, mais même bienheureux,
presque en extase. Sans se soucier des crachats qui coulent sur son visage,
ni du sang qui descend de son nez brutalement frappé, il lève à un certain
moment son visage inspiré et son regard lumineux et souriant pour regarder
fixement une vision connue de lui seul. 250> Ensuite il ouvre ses
bras en croix et les lève comme pour embrasser ce qu’il voit. Après cela il
tombe à genoux en s’écriant : "Voici que je vois les Cieux ouverts et le
Fils de l’Homme, Jésus, le Christ de Dieu, que vous avez tué, qui siège à la
droite de Dieu." Alors le tumulte perd le minimum d’humanité
et de légalité qu’il gardait encore, et avec la furie d’une meute de loups,
de chacals, de fauves enragés, tous s’élancent sur le diacre, le mordent, le
piétinent, le saisissent, le relèvent en le soulevant par les cheveux, le
traînent, le faisant tomber de nouveau, la furie s’opposant à la furie, car
dans la rixe ceux qui cherchent à entraîner le martyr dehors sont contrariés
par ceux qui le tirent dans une autre direction pour le frapper, le piétiner
de nouveau. Parmi les furieux des plus furieux il y a un
jeune homme de petite taille et laid, qu’on appelle Saul. Il est impossible de décrire la férocité de
son visage. Dans un coin de la salle se tient Gamaliel. Il n’a jamais pris part à la
bagarre, ni jamais adressé la parole à Étienne, ni à aucun puissant. Son
dégoût devant la scène injuste et féroce est bien visible. Dans un autre
coin, dégoûté et étranger au procès et à la mêlée, se trouve Nicodème, qui
regarde Gamaliel dont le visage a une expression plus claire que toute
parole. Mais tout à coup, et précisément quand il voit que pour la troisième fois
on soulève Étienne par les cheveux, Gamaliel s’enveloppe dans son ample
manteau et il se dirige vers une sortie opposée à celle vers laquelle on
traîne le diacre. Son action n’échappe pas à Saul qui crie :
"Rabbi, tu t’en vas ?" Gamaliel ne répond pas. Saul qui craint que
Gamaliel n’ait pas compris que la question s’adressait à lui, répète et
précise : "Rabbi Gamaliel, tu te détournes de ce jugement ?" Gamaliel se tourne tout d’une pièce et, avec
un regard terrible tellement il est dégoûté, hautain et glacial, il répond
seulement : "Oui." Mais c’est un “oui” qui a plus de portée
qu’un long discours. Saul comprend tout ce qu’il y a dans ce “oui”
et, abandonnant la meute féroce, il court vers Gamaliel, le rejoint, l’arrête
et lui dit : "Tu ne voudrais pas me dire, ô rabbi, que tu désapprouves
notre condamnation." Gamaliel ne le regarde pas et ne lui répond
pas. Saul poursuit : "Cet homme est doublement coupable pour avoir renié
la Loi en suivant un samaritain possédé par Belzébuth, et pour l’avoir fait
après avoir été ton disciple." 251> Gamaliel continue à
ne pas le regarder et à se taire. Saul, alors, demande : "Mais serais-tu
peut-être, toi aussi, un partisan de ce malfaiteur appelé Jésus ?" Gamaliel parle maintenant et dit : "Je
ne le suis pas encore. Mais si Lui était ce qu’il disait, et en vérité
beaucoup de choses tendent à prouver qu’il l’était, je prie Dieu de le
devenir." "Horreur !" crie Saul. "Aucune horreur. Chacun a une
intelligence pour s’en servir et une liberté pour l’appliquer. Que chacun
s’en serve donc d’après la liberté que Dieu a donnée à tout homme et la
lumière qu’il a mise dans le cœur de chacun. Les justes, maintenant ou plus
tard, emploieront ces deux dons de Dieu pour le Bien, et les mauvais pour le
Mal." Et il s’en va en se dirigeant vers la cour où se trouve le trésor
et il va s’appuyer contre la même colonne contre laquelle Jésus avait parlé
de la pauvre veuve qui donne au Trésor du Temple tout ce qu’elle a : deux
piécettes. Il est là depuis peu de temps quand Saul le rejoint de nouveau et
se plante devant lui. Il y a entre les deux un très grand
contraste. Gamaliel grand, à l’aspect noble, beau, aux traits fortement
sémitiques, un front haut, des yeux très noirs, intelligents, pénétrants,
longs et très enfoncés sous les sourcils épais et droits, aux côtés d’un nez
droit, long et fin qui rappelle un peu celui de Jésus. La couleur de la peau,
aussi, la bouche aux lèvres fines, rappellent celles du Christ. Seulement les
moustaches et la barbe de Gamaliel, autrefois très noires, sont maintenant
grisonnantes et plus longues. Saul, au contraire, est petit, trapu, presque
rachitique, avec des jambes courtes et grosses, un peu écartées aux genoux
que l’on voit bien car il a enlevé son manteau et a seulement un vêtement à
tunique courte et grise. Il a les bras courts et musclés comme les jambes, le
cou court et trapu qui porte une tête grosse, brune, avec des cheveux courts
et rêches, des oreilles plutôt écartées, un nez camus, de grosses lèvres, des
pommettes hautes et grosses, un front bombé, des yeux sombres, plutôt bovins,
sans douceur, mais très intelligents sous des sourcils très arqués, épais et
hérissés. Les joues sont couvertes d’une barbe hirsute comme les cheveux et
très épaisse, qu’il garde courte. Peut-être à cause de son cou si court, il
paraît légèrement bossu ou avec des épaules très voûtées. Il se tait un moment en fixant Gamaliel, puis
il dit quelque chose à voix basse. Gamaliel lui répond d’une voix bien nette
et forte : "Je n’approuve pas la violence. Pour aucun motif. Tu n’auras
jamais de moi une approbation pour un dessein violent. 252> Je l’ai même dit publiquement, à tout le Sanhédrin, quand on a
pris pour la seconde fois Pierre et les autres apôtres et qu’ils ont été
amenés devant le Sanhédrin pour être jugés. Et je répète la même chose :
"Si c’est un dessein et une œuvre humaine, il périra par lui-même; si
cela vient de Dieu, les hommes ne pourront le détruire, mais au contraire ils
pourront être frappés par Dieu". Ne l’oublie pas." "Es-tu le protecteur de ces
blasphémateurs, disciples du Nazaréen, toi, le plus grand rabbi d’Israël
?" "Je suis le protecteur de la justice. Et
elle enseigne à être prudent et juste dans les jugements. Je te le répète :
si c’est une chose qui vient de Dieu, elle résistera, sinon elle tombera
d’elle-même. Mais moi, je ne veux pas me tacher les mains avec un sang dont
je ne sais pas s’il mérite la mort." "C’est toi, toi, pharisien et docteur,
qui parles ainsi ? Tu ne crains pas le Très-Haut ?" "Plus que toi. Mais je réfléchis. Et je
me souviens... Tu n’étais qu’un enfant, pas encore un fils de la Loi, et
j’enseignais déjà dans ce Temple avec le rabbi le
plus sage de ce temps... et avec d’autres qui étaient sages, mais
pas justes. Notre sagesse eut, dans ces murs, une leçon qui nous donna à
réfléchir pour le reste de notre vie. Les yeux du plus sage et du plus juste
de notre temps se fermèrent sur le souvenir de cette heure, et son esprit sur
l’étude de ces vérités, entendues des lèvres d’un enfant qui se révélait aux
hommes, spécialement aux justes. Mes yeux ont continué à veiller, et mon
esprit à réfléchir, en coordonnant les événements et les choses...J’ai eu le
privilège d’entendre le Très-Haut parler par la bouche d’un
enfant qui fut ensuite un homme juste, sage, puissant, saint, et qui
fut mis à mort justement à cause de ces qualités. Les paroles qu’il a dites
alors ont pu être confirmées par des faits arrivés plusieurs années après, à
l’époque dite par Daniel...[1][1] Malheureux que je suis de n’avoir
pas compris avant ! D’avoir attendu le dernier terrible signe pour croire,
pour comprendre ! Malheureux peuple d’Israël qui n’a pas compris alors et ne
comprend pas, même maintenant ! La prophétie de Daniel et celle d’autres
prophètes et de la Parole de Dieu continuent, et elles s’accompliront pour
Israël entêté, aveugle, sourd, injuste, qui continue de persécuter le Messie
dans ses serviteurs !" "Malédiction ! Tu blasphèmes ! Vraiment
il n’y aura plus de salut pour le peuple de Dieu si les rabbis blasphèment,
reniant Jéhovah, le Dieu vrai, pour exalter et croire un faux Messie !" "Ce n’est pas moi qui blasphème, mais
tous ceux qui ont insulté le Nazaréen, et continuent de le mépriser, en
méprisant ses fidèles. 253> Toi, oui, tu le blasphèmes
parce que tu le hais, en Lui et dans les siens. Mais tu as parlé juste en
disant qu’il n’y a plus de salut pour Israël. Mais ce n’est pas parce qu’il y
a des israélites qui passent dans son troupeau, mais parce que Israël l’a
frappé à mort, Lui." "Tu me fais horreur ! Tu trahis la Loi,
le Temple !" "Alors dénonce-moi au Sanhédrin, pour
que j’aie le même sort que celui que l’on va lapider. Ce sera le commencement
et la fin heureuse de ta mission. Et moi, à cause de mon sacrifice, je serai
pardonné de n’avoir pas reconnu et compris le Dieu qui passait, Sauveur et
Maître, parmi nous, ses fils et son peuple." Saul, avec un geste de colère, s’éloigne
impoliment, pour retourner dans la cour qui donne sur la salle du Sanhédrin et
où continue la clameur de la foule exaspérée contre Étienne. Saul rejoint les
argousins dans cette cour, s’unit à eux, qui l’attendaient, et il sort avec
les autres du Temple, et puis des murs de la ville. Insultes, moqueries,
coups, continuent à l’adresse du diacre qui avance déjà épuisé, blessé,
chancelant vers le lieu du supplice.
Les bourreaux ramassent des grosses pierres
et des silex coupants qui abondent en ce lieu, et ils commencent la
lapidation. Étienne reçoit les premiers coups en restant debout,
et avec un sourire de pardon sur sa bouche blessée. Un instant avant le début
de la lapidation il a crié à Saul, occupé à rassembler les vêtements des
bourreaux : "Mon ami, je t’attends sur le chemin du Christ." A quoi Saul lui avait répondu : "Porc !
Obsédé !" en unissant aux injures un vigoureux coup de pied dans les
jambes du diacre qui est sur le point de tomber par le coup et la souffrance.
Après plusieurs coups de pierre qui
l’atteignent de tous côtés, Étienne tombe à genoux, appuyé sur ses mains
blessées et, se rappelant
certainement un lointain épisode, il murmure en touchant ses tempes et
son front blessés : 254> "Comme Lui me l’avait
prédit ! La couronne.., les rubis.., ô mon Seigneur, mon Maître, Jésus,
reçois mon esprit !" Une autre grêle de coups sur sa tête déjà
blessée l’allongent complètement sur le sol qui s’imprègne de son sang.
Pendant qu’il s’abandonne au milieu des pierres, toujours sous une grêle
d’autres pierres, il expire en murmurant : "Seigneur... Père,
pardonne-leur... ne leur garde pas rancune pour leur péché... Ils ne savent
pas ce que..." La mort coupe la phrase sur ses lèvres. Un dernier
sursaut le pelotonne sur lui-même et il reste ainsi. Mort. Les bourreaux s’avancent, lancent sur lui une
autre charge de pierres sous lesquelles ils l’ensevelissent presque. Puis ils
reprennent leurs habits et s’en vont, en revenant au Temple, pour rapporter,
ivres d’un zèle satanique, ce qu’ils ont fait. Pendant qu’ils parlent avec le Grand Prêtre et d’autres
personnages puissants, Saul va à la recherche de Gamaliel. Il ne le trouve
pas tout de suite. Il revient, enflammé de haine contre les chrétiens, va
trouver les Prêtres, parle avec eux, se fait donner un parchemin avec le
sceau du Temple qui l’autorise à persécuter les chrétiens. Le sang d’Étienne
doit l’avoir rendu furieux comme un taureau qui voit du rouge, ou un vin
généreux donné à un alcoolique. Il va sortir du Temple quand il voit Gamaliel sous le Portique des Païens. Il va vers lui. Peut-être veut-il commencer une discussion ou se justifier. Mais Gamaliel traverse la cour, entre dans une salle, ferme la porte au nez de Saul qui, offensé et furieux, sort en courant du Temple pour persécuter les chrétiens. |
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