|
"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
|
||
|
Le saint Nom de Jésus
célébré par le Père - Condamnation
du peuple italien, élu par le Seigneur - Invitation au Pape à veiller et à
prier - Vision de Jésus et de sa Mère - Le Christ explique ses blessures aux
mains |
Accueil
>> Plan du site >>
Index des "Cahiers" >> Sommaire de décembre 1943 Dictées et visions du 29 décembre 1943 Accès
direct aux rubriques : |
||
|
RETOURS AUX FICHES |
595> Le Père Éternel dit : “Écris, car il y quelqu’un qui le désire et pense à ceci.
596> Encore aujourd’hui, de nombreux autels sont
privés de leur Dieu et pourraient écrire sur leur nudité religieuse au
moins cette parole : "au Dieu inconnu". Ils n’écrivent même pas cette parole, inférieurs dans leur
paganisme aux Athéniens d’autrefois qui, insatisfaits de leurs simulacres
sans vie véritable et dont l’esprit n’était pas obscurci comme le vôtre par
un affaiblissement religieux, sentaient qu’au-dessus de l’Olympe mensonger de
leurs dieux, il y avait un Dieu, vrai et saint, et ils le priaient de se
faire connaître par cet autel qui lui était dédié, sur lequel il n’y avait
encore ni statue, ni nom en attendant que la révélation divine les y apposât. Mais vous, vous connaissez le vrai Dieu, puisque je vous l’ai
révélé depuis des siècles et des siècles et, non content de vous le révéler,
je vous ai envoyé ce Dieu lui-même, non dans une apparition trompeuse ou une
demeure éphémère, mais revêtu de chair humaine et vivant parmi vous pendant
toute une vie.
Dans le nom trois fois saint et puissant de Jésus, il y a la
splendeur et la gloire du Dieu Unique et Trin, puisqu’il est le Saint des
saints en qui se trouve, comme dans le temple de Dieu, le Dieu vivant, vrai,
parfait comme il est au Ciel, éternel et agissant comme une roue sans soudure
et qui ne cesse son mouvement dans les siècles des siècles qui précèdent
l’humanité et dans les siècles des siècles qui la suivront. Il est donc bien
dit dans le Livre : "Ce n’est pas toi, homme, qui édifieras la maison à
mon Nom, mais ton fils qui sortira de tes entrailles; c’est lui qui édifiera
une maison à mon Nom" [1]. 597> Puisque nous sommes indissolubles dans notre Trinité, dans le
Christ il y a le Père, le Fils et le divin Esprit. Le Fils n’est que la
Parole du Père qui a pris forme pour être votre rédemption. Mais son
anéantissement ne brise pas l’union des Trois Personnes, car la perfection
de Dieu ne connaît ni limites ni séparations. Comment auriez-vous pu contenir Dieu dans un temple aussi
infini et saint que la Divinité exige ? Seul Dieu lui-même pouvait servir
de temple à Dieu et porter son Nom sans que cela fût une ironie et une
offense. Seul Dieu pouvait habiter en lui-même et rendre vivants, par sa
présence, les temples des humains, sur lesquels le nom qu’ils y ont apposé
n’est plus un mensonge, puisque c’est moi qui vous ai dit ce Nom.
Malheur à ceux qui renient ce Nom et l’offensent en
substituant à ce Nom saint le signe démoniaque de Satan, ou qui même
seulement permettent à l’esprit affaibli de l’oublier, comme si une substance
corrosive l’effaçait de leur moi qui n’a la vie que par ce Nom. La mort, la
vraie mort, attend les méconnaisseurs du Nom de mon
Fils, à qui j’ai déféré tout pouvoir et tout jugement et au Nom duquel ma
Majesté se plie à tout miracle, comme dans l’Univers toute créature devrait
s’incliner en une douce et sainte adoration. Oh ! enfants de mon Fils - qui a porté son Nom pour qu’il fût
rougi de Sang divin au sommet du Calvaire et qu’il resplendît, seule lumière
du monde obscurci, parmi les ténèbres du Vendredi Saint, afin d’être
l’avertissement qui, du haut de la croix, montre le Ciel pour lequel vous
avez été faits; 598> Nom qui depuis des siècles resplendit pour
continuer de vous rappeler le Ciel, et qui jamais comme maintenant brille
pour vous appeler à lui au milieu de la colère que vous avez provoquée,
invoquée, voulue, dans laquelle vous périssez parmi les gargouillis de sang
et les rires des démons — ô enfants de mon Fils, gravez de nouveau avec votre
douleur qui retourne à Dieu, avec votre espérance qui se relève vers Dieu,
avec votre foi que les larmes rebaptisent, avec votre amour qui retrouve la
voie de la charité, gravez le saint Nom de Jésus sur la surface de votre cœur
sans Dieu, sur le temple profané de votre esprit. Délivrez-les l’un et
l’autre des simulacres d’un culte qui vous apporte la mort de l’esprit.
Placez en eux et sur eux le vrai Dieu. Aimez, chantez, invoquez, bénissez-le,
croyez au Nom de mon Fils.
Je vous le jure par ma Sainteté : il n’y a, il n’y eut, il n’y
aura pas de Nom plus grand que celui-là. Je donne en lui, moi, Dieu Unique et
Trin, ma manifestation suprême de puissance et d’amour." Il dit encore : "Mets la date de demain. Jésus Christ, fils de David, doit
avoir célébré son Nom le jour du prophète royal dont Marie descend." Jésus dit : "Et la parole du Seigneur t’est adressée en ces termes,
même si tu ne veux pas l’entendre, parce qu’elle te fait trembler le cœur de
frayeur et de pitié pour les jours qui vous sont réservés et pour tes frères
et sœurs qui, le jour de la terrible colère, ne m’auront pas dans leur cœur
pour les réconforter et ne verront que l’horreur de satan,
et n’entendront que les blasphèmes de Satan, et ne connaîtront que le
désespoir de Satan. J’ai laissé cette lacune comme avertissement aux indiscrets,
montrant et démontrant que je suis le Seigneur et Maître à qui on ne peut
imposer des limitations ou des thèses, lequel ne connaît pas de limitations,
pour montrer que c’est moi qui parle, et non toi, créature, et que je t’amène
avec moi là où je veux : des révélations et de la contemplation des vérités
éternelles et des célestes visions aux considérations portant sur cette heure
satanique où tout reflet du ciel s’est effacé et sur les fruits qu’elle vous
donne maintenant. 599> Écoute, ô mon
peuple.
Comme d’un soleil partaient de toi les rayons d’une
civilisation parfaite, car elle était la civilisation du Christ, laquelle ne
se pare pas de découvertes aptes à rendre la vie trop douce et le sort cruel,
mais de lois saintes, qui visent à élever les humains, à soulager leurs
misères, à instruire leur ignorance, puisque ce sont des lois qui proviennent
de la source divine de la sainteté, de la charité, de la sagesse. Je t’avais donné une mission semblable à ma Lumière dans le
monde. Tu m’as renié. Nouvelle Jérusalem, tu as trahi le Christ et tu
t’es acharnée contre ses saints et ses prophètes, et tu t’apprêtes à
t’acharner encore davantage. Tu as supporté la croix et les églises comme
formes d’art et comme moyen de poursuivre tes objectifs néo-païens. Tu as
repoussé la Nourriture pour rassasier ton cœur de fange. Tu as voulu connaître et goûter toute la fange et, maintenant
que ton goût est corrompu comme celui d’un animal immonde, elle te semble
douce au palais. Et la luxure, la violence, la barbarie, l’avidité, le
mensonge, la corruption, le satanisme sont les plats dont tu remplis ta
table. Et tu attires sur toi châtiment et châtiment et châtiment; tu le
forges de tes propres mains et tu te l’infliges, et tu invoques ceux qui te
perdent et tu n’appelles pas celui qui te pardonnerait encore. J’ai usé de miséricorde envers toi à plusieurs reprises et je
t’ai averti de ne pas tourner de nouveau ma miséricorde à ton détriment en
t’en servant à une fin indigne. Et à plusieurs reprises, tu as fait un péché
du don de Dieu en t’en servant à une fin illicite. C’est vraiment comme le dit le prophète : "La verge a
fleuri, l’orgueil a germé". Je vous avais donné un rejeton d’olivier
pour que vous le cultiviez et que vous en fassiez une fronde de justice et de
paix, vous avisant que le sol devait être déblayé de l’erreur afin que mon
saint bourgeon ne devînt pas sauvage au contact impur et ne germât point en
branches et fruits d’une plus grande culpabilité. Mais vous n avez pas écouté
le Seigneur qui, en Père et Maître, vous donnait conseil, et la floraison
s’est transformée en poison, et l’orgueil a engendré le crime. Et un autre
crime suivra, et d’autres encore. 600> C’est pourquoi je vous dis : pas un d’entre
vous ne restera sans pleurer. Celui qui possède pleurera, ainsi que celui qui
est nu. Car celui qui possède perdra et celui qui est nu ne trouvera plus
quelqu’un pour l’habiller. La famine, l’épée, l’épidémie serreront vos corps
de leurs cordes, et le désespoir et la terreur, vos âmes aveugles. Oui, vous serez comme des aveugles qui marchent dans les
ténèbres au milieu des gouffres et des décombres, en sachant que chaque pas
que vous faites peut vous conduire à une embûche ou à la mort; vous marcherez
comme sur un sol secoué par un terrible tremblement de terre. Et en vérité,
la Terre tremble sous vos pas, car même si ce n’est qu’une planète, elle est
plus fille du Créateur que vous, et elle voit l’œil en colère de Dieu fixer
ce sol, comme lorsqu’il regarda ses enfants qui méritaient le déluge et le
feu, et elle s’agite dans ses profondeurs de peur de son châtiment.
En voyant s’écrouler les idoles de fange que vous avez érigées
à la place du vrai Dieu, vous saurez que vous avez adoré des choses immondes
et vous n’aurez plus la foi. Foi en rien. Ni dans le vrai, ni
dans le faux. Et pour punir les renieurs, les sans-foi, ceux qui haïssent le
Christ Romain, leur tomberont dessus les impies de la Terre, ceux qui sont de
plus en plus proches de Satan, les démolisseurs de la Croix, non tant sur les
coupoles de leurs temples, mais dans les cœurs qui portent encore des
traces de mon Signe. Et toi, nouveau Pierre, veille, et veille
sans te faire d’illusions. Il est vrai que souffrir pour le Christ est
une dignité que rien ne surpasse. Mais je te dis : "Veille et
prie". Aux heures de grande
tempête, il faut, non seulement le gonfalon pourpré suspendu au sommet
du mât de la voile, mais aussi que la main de Pierre soit plus que jamais
saine et sûre à la barre du timon. Le désorientateur
se sert de tout pour désorienter. 601> Et aux heures où la
tourmente assaille de tous côtés pour faire couler dans un naufrage les
valeurs saintes, mal vues des pervertis, il suffit que la main laisse un seul
instant la roue du timon pour que, irréparable malheur, les vagues frappent
plus fort par le travers la barque mystique. Veille sur toi afin de pouvoir veiller sur les autres. Pierre,
maintenant plus que jamais, il faut que tu nourrisses mes agneaux et mes
brebis. Il n’y a plus que toi qui demeures le saint Pasteur et si tu
tombes, de nombreux agneaux seront menés par des moutons imprudents hors des
pâturages, et d’autres pasteurs de mauvaises doctrines s'insinueront jusqu’à
l’intérieur de mon domaine pour le contaminer de leurs pressions humaines —
et c’est déjà un jugement bien miséricordieux que de les appeler humaines. Non. Ce n’est pas le moment de mourir pour le Christ. C’est
le moment de veiller, de défendre, d’enseigner, d’ériger des défenses contre
ce qui veut entrer et corrompre de façon de plus en plus vaste et profonde. Et crois-moi, ô Christ sur terre, crois-moi quand je dis que
la plaie ronge déjà dans les profondeurs et obscurcit les esprits et les
cœurs et, malheur des malheurs, elle éteint les lanternes qui avaient été
placées au sommets des monts pour illuminer la voie aux pèlerins à la
recherche du ciel. Beaucoup sont déjà éteintes, beaucoup fument, beaucoup
languissent et d’autres sont sur le point de faiblir. Si les fidèles sont de
glace, les pasteurs sont transis, et la mort de l’esprit vient par le
froid. Une mort insensible qui endort en un sommeil sans lumière de
résurrection. Penses-y, ô Christ sur terre, né pour un tel destin. Et sans
te lasser insiste, prêche, exhorte, reprends, évangélise. Il y a trop de
temples où l’Évangile a perdu sa valeur et trop de cœurs qui entendent un son
de l’Évangile qui n’est point le vrai et qui les en éloigne. Supplée, comme le premier Pierre, aux insuffisances des
ministres et fais en sorte que les foules entendent de nouveau de tes lèvres
la douce, sainte et salutaire doctrine du Christ, et que ceux qui n’ont pas
encore été tués se sauvent et reviennent à moi, et que la paix revienne sur
cette terre où il n’est pas de motte qui ne connaisse la rosée des
martyrs." Après avoir écrit ce passage, que le bon Jésus me dicte sans
délai après votre visite, je repense à la conversation que j’ai eue avec vous
[2] au sujet de cette
personne qui pense que "rien de bon ne peut venir de Nazareth". 602> Le Maître intervient : "Tu t’en occupes
et tu t’en préoccupes peut-être ?", et moi : "Non, Jésus. Pas du
tout. Je pensais seulement". “N’y pense même pas. Laisse que les
morts s’ensevelissent eux-mêmes. Occupe-toi de mon berceau. Je viendrai
avec lui te donner beaucoup de baisers eucharistiques. C’est cela qui
compte : mon amour et non la désaffection des créatures”. Et [3] il me semblait que
Jésus posât ses mains sur mes épaules (se tenant avec les bras derrière mes
épaules). Je sentais distinctement les deux mains longues et fortes de Jésus
qui m’enserraient et me secouaient un peu, en m’attirant à lui dans une
étreinte d’amour, et je voyais son sourire doux et majestueux.
J’ai pu bien comparer les deux corps et les deux visages, car
ils étaient près l’un de l’autre, du côté droit de mon lit, Jésus près de mon
chevet, Marie à sa droite vers le pied de lit. Marie était plus petite de toute la tête de son Fils, de sorte
que la tête de la Vierge était à la hauteur de l’épaule du Fils qui est très
grand. Elle est beaucoup plus mince que lui, lequel a de larges épaules
et un corps robuste sans être gros. Le teint du visage d’un blanc ivoire.
Seules les lèvres sont accentuées dans leur couleur, qui tranche sur cette
couleur sans couleur de la peau; les yeux, bleus : clairs ceux de la Vierge,
plus foncés ceux du Fils, et plus grands. Des yeux de dominateur, mais si
doux ! Les cheveux plus clairs chez la Mère, d’une couleur plus vive chez le
Fils, mais toujours d’un blond qui tire sur le cuivre et également fins,
soyeux et avec des vagues qui se terminent par des boucles chez Jésus; pour
Marie, je ne sais pas parce que le voile ne me permet de voir que les cheveux
du front jusqu’aux oreilles. Je ne sais pas s’ils sont dénoués, tressés ou
épinglés sur la nuque. 603> Les deux ont un
visage d’un ovale allongé, mince sans être osseux. Celui de Marie est plus
délicat, plus petit, proportionné au corps. Mais le front, le nez, la bouche,
la forme des joues, la coupe de l’œil, à la paupière lisse et plutôt baissée,
sont les mêmes. Excepté que, je le répète, les yeux de Jésus sont plus grands
et leur regard est celui d’un dominateur. Les mains, très blanches et toutes petites chez Marie, sont
plus viriles chez le Fils et de peau plus foncée, mais la forme en est très
fuselée chez les deux par rapport à la largeur. Jésus et Marie se regardent de temps en temps avec un indescriptible
amour. Marie regarde avec adoration. Jésus regarde sa Mère avec un amour
infini, vénérant et protecteur, reconnaissant, je dirais. Et je dirais aussi
qu’ils se parlent avec le regard et le sourire. Ils me regardaient et puis se
regardaient. Je voyais clairement le mouvement des têtes. Puis tout s’effaça dans l’assoupissement. Mais quand je revins
à moi, la première chose que je vis fut mes deux amours toujours au même
endroit. Alors, comme j’étais seule dans le noir, pendant que les autres
mangeaient ou parlaient (je ne sais) dans la salle à manger, je me suis bien
gardée de faire savoir que j’étais éveillée. J’ai enduré une soif ardente et
le besoin d’être remuée (j’avais des fourmis dans tout le corps) pour pouvoir
savourer en paix la douce vision. De mes mains à moitié engourdies, j’ai pris
mon chapelet qui était sur ma poitrine, où je le mets toujours quand je sens
venir le sommeil ou le collapsus, et j’ai commencé à réciter le chapelet. Les
mystères douloureux. Aussitôt que j’ai commencé par les invocations de Fatima :
"Jésus, c'est pour ton amour, pour la conversion des pécheurs, pour le
saint Père et pour réparer les injures faites au cœur immaculée de Marie.
Jésus , pardonnez-nous nos fautes, préservez-nous du feu de l’enfer, amenez
au Ciel toutes les âmes et surtout celles qui ont le plus besoin de votre
miséricorde", j’ai vu les deux se regarder, étincelant d’amour
réciproque. Etincelant est le mot juste et exprime à peine la
splendeur des deux visages. Puis, quand je dis le mystère : "L’oraison de Jésus au
jardin", le visage de Marie regarda le Fils avec amour et peine, et elle
prit dans sa toute petite main la main droite du Fils, laquelle pendait le
long de sa hanche, et la baisa avec une suprême vénération. Et ce fut ainsi à
chacun des cinq mystères douloureux. La grâce de ce geste est indescriptible,
comme est indescriptible le regard que Jésus posait sur la tête penchée de sa
Mère pendant qu’elle lui baisait le dos de la main. 604> Plus tard, des gens sont venus à la maison et ils m’ont
dérangée. Je continuais à voir, mais j’étais dérangée dans la paix de ma
contemplation. J’avais le visage habituel que j’ai quand je vois et
Paola [5] s’en est aperçue et a
dit : "Comme on est beau ce soir !". Puis, j’ai travaillé parce que je me sentais heureuse. J’ai
assemblé le ‘Berceau’ que Jésus veut. Et puis... j’ai éprouvé une douleur au cœur et j’ai eu une
belle crise qui dure encore. La vie et la joie fondent avec trop de violence
sur moi et mon corps épuisé s’en ressent. Mais je suis prête à mourir avec
cette vision. Oh ! et comment je suis prête !... Je vous [6] ai fait une
description si précise que c’en est presque un tableau. Délectez-vous-en vous
aussi. Je regrette de ne pas pouvoir vous faire voir comme je vois, mais je
fais de mon mieux pour vous faire partager les trésors que me donne Jésus.
Excusez-moi si je suis plus que jamais illisible, mais je suis entre la mort
et la vie, au point que je ne cesse de prendre des gouttes, etc., et aussitôt
que Paola sera levée, je me ferai faire des injections parce que la crise ne
passe pas. J’ai voulu écrire, en dépit de mon état, parce que si je devais
mourir je veux que vous sachiez ce qui a illuminé mes dernières heures. Puis, pendant la journée, alors que j’étais à moitié assommée
par la souffrance, je pensais à ce que je disais à propos des blessures aux
mains de Jésus. Et voici ce que me dit maintenant le Maître. Jésus dit :
L’idée des bourreaux était de me suspendre par les
carpes, immédiatement au-dessus de la jointure du pouls, pour rendre
la suspension plus solide. Et en effet, après m’avoir étendu sur la croix,
ils me transpercèrent la main droite en ce point. 605> Mais, étant donné que le constructeur de
l’échafaud avait marqué le trou de gauche (c’était la coutume de marquer
l’emplacement des clous afin de les faire entrer plus facilement dans le bois
épais et de suspendre plus solidement un corps placé, non à l’horizontale,
mais à la verticale et sans autre support que trois longs clous) plus loin du
point où pouvait arriver le carpe de ma main, on décida, après m’avoir étiré
le bras jusqu’à déchirer les tendons, d’enfoncer le clou au centre de la
paume, entre deux os du métacarpe. Ça ne se voit pas dans le suaire parce que la main droite
recouvre la main gauche. La blessure aux membres, que je subis de mon vivant, fut plus
grande parce que, une fois qu’on eut levé la croix, quand le poids du corps
se déplaça vers le bas et en avant, le clou fit une grande lacération vers le
pouce, élargissant le trou plus que dans la main droite où le carpe résista
mieux à la suspension que le métacarpe. Et cette blessure fut aussi la plus
lancinante, soit parce qu’elle était du côté du cœur, soit parce qu’en
entrant, le clou brisa les nerfs et les tendons de la main, provoquant un
spasme atroce qui se propagea jusqu’à la tête. Les peintres et sculpteurs qui, par un sens de l’art, me
représentèrent la main droite partiellement ouverte et la main gauche fermée
en poing, ont témoigné sans le vouloir d’une vérité physique de mon corps
martyrisé, parce que la main gauche se ferma réellement en poing à cause du
spasme et de la rupture des nerfs coupés, et elle se ferma de plus en plus
parce que le spasme et la contraction des fibres nerveuses augmenta avec le
passage des heures. J’eus beaucoup de spasmes sur la croix. Je t’en parlerai un
jour [7]. Mais celui des
mains fut l’un des plus cruels. La blessure à la main droite est presque complètement cachée
par la manche, et elle est plus petite et plus régulière. Quand je t’apparus comme l’Homme des douleurs en marche vers le
Calvaire [8], tu n’as pas vu les
blessures des mains parce que, n'ayant pas encore été crucifié, logiquement
je ne les avais pas encore. J’avais sur les mains le sang qui coulait de ma
tête couronnée et de mon épiderme lacéré par la flagellation, mais pas les
blessures aux mains. Je te les montrerai à un moment plus approprié que le
temps de Noël pour une telle vision de douleur.
|
||
|
C’est assez maintenant. Repose-toi. Je suis là et je te
bénis." |
|||
[1] L’auteur ajoute au crayon : Le troisième Livre des Rois, 8, 19.
[2]
Le Père Migliorini.
[3]
L’auteur inscrit ici la date de nouveau, le 29 décembre, qu’elle ajoute
comme si elle la notait.
[4]
Dans les écrits du 28 juin et du 2 août
[5]
Paola Belfanti
[6]
Elle s’adresse au père Migliorini
[7]
Dans "l'Évangile tel qu'il m'a été révélé" : "La
crucifixion" – Tome 9, chapitre 29, pages 279 et suivantes.
[8]
Voir ci-dessus, les écrits du 28 juin, des 2 et 13 août.