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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
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jeudi 3 juin 27 (10 Siwan)
- L'importance de la prière 152 - Désencombrer ton esprit 152 - Le suicide, orgueil du désespoir 153 - Tout peut être pardonné par le Père 154 - Dieu respecte la liberté donnée 154 - Le sens de la vie 154 - Je ne demande pas l'impossible 155 - Jésus face au péché et aux tentations 156 - Tentation et prière 156 - Préférence donnée à ce qui est humble 157 |
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152> C'est encore Jésus et Judas. Après
avoir prié dans le lieu le plus voisin du Saint permis aux hommes d'Israël,
ils sortent du Temple. Judas voudrait rester
avec Jésus. Mais ce désir se heurte à l'opposition du Maître. "Judas, je
désire rester seul pendant les heures de la nuit. "Mais nous
sommes encore de la terre, Maître. Comment pourrions-nous délaisser la chair
en donnant tous les soins à l'esprit ? N'est-ce pas ce que tu dis, en
opposition avec le commandement de Dieu : "Tu ne tueras
point ?". Est-ce que ce commandement n'interdit pas aussi de se
tuer ? Si la vie est un don de Dieu, devons-nous l'aimer ou
non ?" "A toi, je
répondrai comme je ne répondrais pas à une âme simple. Pour celle-ci il
suffit de faire monter le regard de l'âme ou de l'esprit jusqu'aux sphères du
surnaturel, pour la faire s'envoler avec nous vers les domaines de l'esprit.
Toi, tu n'es pas un simple. 153> Tu as été formé dans une ambiance qui t'a affiné... mais qui
aussi t'a souillé par ses subtilités et ses principes. Te rappelles-tu
Salomon, Judas ? Il était sage, le plus sage de ces temps. Te
rappelles-tu ce qu'il a dit après avoir exploré tout le savoir de cette
époque ? "Vanité des vanités, tout est vanité. Craindre Dieu et
observer ses commandements, c'est tout l'homme" [1]. Maintenant, je te
dis qu'il faut savoir prendre en fait des mets, ce qui nourrit, mais pas le
poison. Si nous nous rendons compte qu'un mets nous est nuisible parce qu'il
provoque en nous des réactions néfastes, étant plus fort que nos humeurs
naturelles qui pourraient le neutraliser, il faut renoncer à ce mets, même s'il
flatte le goût. Le pain ordinaire et l'eau de source valent mieux que les
plats compliqués de la table royale relevés par des épices qui troublent et
empoisonnent." "Que dois-je
éviter, Maître? " "Tout
ce que tu sais qui te trouble. Car Dieu c'est la paix, et si tu veux te mettre sur le
sentier de Dieu, tu dois désencombrer ton esprit, ton cœur et ta chair de
tout ce qui n'est pas la paix et amène avec soi le trouble. Je sais qu'il est
difficile de se réformer soi-même. Mais je suis ici pour t'aider à le
réaliser. Je suis ici pour aider l'homme à redevenir fils de Dieu, à se
refaire comme par une seconde création, une autogénération
que l'on veut soi-même. Mais laisse-moi te répondre à ce que tu demandais pour
que tu ne dises pas que tu es resté dans l'erreur par ma faute. "Avoue
l'orgueil ? Je dirais plutôt le désespoir." "Et qu'est-ce
que le désespoir, sinon de l'orgueil ? Réfléchis Judas. Pourquoi
quelqu'un désespère-t-il ? Parce que les malheurs s'acharnent sur lui et
que lui, par ses propres moyens, n'en peut venir à bout. Ou parce qu'il est
coupable et qu'il juge que Dieu ne peut lui pardonner. Dans l'un et l'autre
cas, n'est-ce pas peut être l'orgueil qui le domine ? L'homme qui ne
veut se fier qu'à lui-même n'a plus l'humilité de tendre la main au Père et
de Lui dire : "Je ne puis, mais Toi, tu le peux. Aide-moi, car c'est Toi qui donnes tout ce que j'espère
et attends ". Cet autre homme qui dit: "Dieu ne peut me
pardonner", il le dit parce mesurant Dieu à son aune, il sait que
quelqu'un, offensé, comme il l'a offensé, ne pourrait pas pardonner. 154> Là aussi c'est de l'orgueil. L'humble compatit et pardonne même
s'il souffre de l'offense qu'il a reçue. L'orgueilleux ne pardonne pas. Il
est orgueilleux aussi parce qu'il ne sait pas courber le front et dire :
"Père j'ai péché, pardonne à ton pauvre fils coupable". Mais ne
sais-tu pas, Judas, que tout sera pardonné par le Père, si le pardon est
imploré d'un cœur sincère et contrit, humble et désireux de résurrection dans
le bien ?"
"C'est toi qui
le dis, et ce sera vrai parce que l'homme l'aura voulu. Mais en vérité,
oh ! en vérité Je te dis que même après le délit des délits, si le
coupable accourait aux pieds du Père - Il s'appelle Père pour cela, ô Judas,
c'est un Père d'une perfection infinie - si, en pleurant, en suppliant de lui
pardonner, il s'offrait à l'expiation, mais sans désespoir, le
Père lui donnerait le moyen d'expier pour qu'il mérite le pardon et sauve son
esprit." "Alors, tu dis
que les hommes cités par l'Écriture comme s'étant donné la mort ont mal
agi." "Il n'est pas permis de faire violence à personne et non
plus à soi-même. Ils ont mal agi. Dans leur imparfaite connaissance du bien,
ils auront en certains cas obtenu encore la miséricorde de Dieu. Mais quand
le Verbe aura éclairé toute vérité et donné la force aux esprits avec son
Esprit, à partir de ce moment, il ne sera plus pardonné à qui meurt dans
le désespoir, ni à l'instant du jugement particulier ni
après des siècles de Géhenne, ni au jugement général, ni jamais. Dureté de
Dieu, cela ? Non, justice. Dieu dira : "Tu as jugé, toi créature
douée de raison et de science surnaturelle, créée libre par Moi, pour suivre
le chemin que tu as choisi et tu as dit : 'Dieu ne me pardonne pas. Je
suis pour toujours séparé de Lui. Je juge que je dois me faire justice pour
mon délit. Je quitte la vie pour échapper aux remords" sans penser que
les remords ne t'auraient plus atteint si tu étais venu sur mon sein
paternel. Qu'il en soit fait selon ton jugement. Je ne violente pas la
liberté que je t'ai donnée". C'est cela que dira l'Éternel à celui qui se sera tué. Penses-y
Judas : la vie est un don que l'on doit aimer. Mais quel don est-il ? Un don
saint. Et alors, il faut l'aimer saintement. La vie dure tant que
la chair résiste. Puis commence la grande Vie, l'éternelle Vie. De béatitude
pour les justes, de malédiction pour ceux qui ne le sont pas. 155> La vie est-elle un but ou un moyen ? C'est un
moyen. Elle est ordonnée à une fin qui est l'éternité. Et alors donnons à la
vie ce qu'il faut pour qu'elle dure et pour servir l'esprit dans sa conquête.
Continence de la chair en tous ses désirs, en tous. Continence de la
pensée en tous ses désirs, en tous. Continence du cœur dans toutes les
passions humaines. Que sans limites au contraire soient les passions qui
viennent du Ciel : amour de Dieu et du prochain, volonté de servir Dieu
et le prochain, obéissance aux paroles divines, héroïsme dans le bien et dans
la vertu. Je t'ai répondu
Judas. En es-tu persuadé ? L'explication te suffit-elle ? Sois
toujours sincère et demande si tu n'es pas encore suffisamment instruit, je
suis ici pour être le Maître de l'enseignement." [2] "J'ai compris et
cela me suffit. Mais... c'est très difficile de faire ce que j'ai compris.
Toi, tu le peux parce que tu es saint. Mais moi... je suis un homme, jeune,
plein de vie..."
"Tentés, tous
peuvent l'être. Pécheurs ceux-là seulement qui le veulent." "Tu n'as jamais
péché, Jésus ?" "Je n'ai jamais
consenti au péché. Et cela non parce que je suis le Fils du Père, mais
parce que cela, je l'ai voulu pour montrer à l'homme que le Fils de l'homme n'a
pas péché parce qu'il n'a pas voulu pécher et que l'homme, s'il ne veut pas
le péché peut ne pas le commettre." "Tu n'as jamais
été tenté ?" "J'ai 30 ans,
Judas. Je n'ai pas vécu dans une caverne sur une montagne, mais parmi les hommes.
Même si j'avais été dans l'endroit le plus solitaire de la terre, crois-tu
que les tentations ne seraient pas venues ? Nous avons tout en
nous : le bien et le mal. Tout nous
les portons avec nous. Sur le bien souffle le souffle de Dieu et il l'avive
comme un encensoir d'agréables et sacrés parfums. Sur le mal souffle Satan et
il en fait un bûcher de flammes féroces. Mais la volonté attentive et la
prière constante sont comme un sable humide sur les flammes infernales, elles
l'étouffent et en triomphent." [4] "Je suis homme
et je suis Fils de Dieu. Ce que je pourrais ignorer comme homme et en mal
juger, je le connais et j'en juge comme Fils de Dieu. Et du reste !...
Judas, réponds à cette question que je te pose : quelqu'un qui a faim,
souffre-t-il plus en disant : "Maintenant je m'assieds à table", ou
en disant : "Il n'y a pas de nourriture pour moi ?" "Il souffre plus
dans le second cas, car le seul fait de s'en savoir privé, lui ramène l'odeur
des mets et les viscères se tordent de désir." "Voilà : la
tentation vous mord comme ce désir,
Judas. Satan le rend plus aigu, plus précis, plus séduisant que tout
assouvissement. En outre, l'acte apporte une satisfaction et parfois le
dégoût, tandis que la tentation ne faiblit pas, mais comme un arbre qu'on a
taillé développe une plus abondante floraison." 157> "Et tu n'as jamais cédé ?" "Je n'ai jamais
cédé." "Comment as-tu
pu ?" "J'ai dit :
"Mon Père, ne m'induis pas en tentation" "Comment Toi,
Messie, Toi qui opères des miracles, tu as demandé l'aide du
Père ?" "Non seulement
l'aide : je lui ai demandé de ne pas m'induire en tentation. Crois-tu
que parce que je suis Celui que Je suis, je puisse me passer du Père ?
Oh ! non ! En vérité, je te le dis que le Père accorde tout au
Fils, mais que aussi le Fils reçoit tout du Père. Et je te dis que tout ce
qu'on demandera en mon Nom au Père, sera accordé. Mais nous voici à Get-Sami où j'habite. On en voit déjà les premiers
oliviers au-delà des murs. Toi, tu habites au delà du Tofet.
Déjà la nuit descend. Il vaut mieux que tu ne montes pas jusque là-haut. Nous
nous reverrons demain, au même e droit. Adieu... La paix soit avec toi." "La
paix aussi avec Toi, Maître... Mais je voudrais te dire encore une chose. Je
t'accompagnerai jusqu'au Cédron, puis je reviendrai. Pourquoi résider dans ce
lieu si humble ? Tu sais, les gens regardent à tant de choses. Ne
connais-tu personne en ville qui ait une belle maison ? Moi, si tu veux,
je peux te conduire chez des amis. Ils te donneront l'hospitalité par amitié
pour moi, et ce serait une demeure plus digne de Toi." "Tu le
crois ? Moi, je ne le crois pas. Le digne et l'indigne se trouvent dans
toutes les classes sociales. Et, sans manquer à la charité, mais, pour ne pas
offenser la justice, je te dis que l'indigne, ce qui est malicieusement
indigne, se trouve souvent chez les grands.
Il n'est pas nécessaire ni utile d'être puissant pour être bon ou pour
dissimuler ce qui est péché aux yeux de Dieu. Tout doit se retourner sous mon
Signe. Et ne sera grand, non pas celui qui est puissant, mais celui qui est
humble et saint." "Mais pour être
respecté, pour s'imposer..." "Est-il respecté
Hérode ? Et César est-il respecté ? Non. On le subit
et les lèvres comme les cœurs, les maudissent. Aux bons et même seulement à
ceux qui désirent l'être, crois bien, Judas que je saurai m'imposer plutôt
par la modestie que par les air de grandeur ..." "Mais alors...
tu mépriseras toujours les puissants ? Tu t'en feras des ennemis !
Moi, qui pensais parler de Toi à beaucoup de gens que je connais et qui ont
un nom..." 158> "Je ne
mépriserai personne. J'irai vers les pauvres comme vers les riches, vers les
esclaves comme vers les rois, vers les purs comme vers les pécheurs. Mais si
je suis reconnaissant à qui me donnera du pain et un toit quand je serai
fatigué, quelque soit le toit et la nourriture, je donnerai toujours la
préférence à ce qui est humble. Les grands ont déjà tant de joies. Les
pauvres n'ont que la droiture de leur conscience, un amour fidèle, des
enfants et se voient écoutés par ceux qui sont au-dessus d'eux. Moi, je serai
toujours penché sur les pauvres, les affligés et les pécheurs. Je te remercie
de ton obligeance. Mais laisse-moi à ce lieu de prière et de paix. Va, et que
Dieu t'inspire ce qui est bien." |
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Jésus laisse le disciple et pénètre parmi les oliviers et tout
se termine. |
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[2] Cet enseignement
particulier ainsi que la reprise faite en 2.44, seront rappelés en fin
de Vie publique à un Judas pris
en flagrant délit de vol et déjà sous l'emprise de la possession.
[3] Cf. Hébreux
2,16-17 "Car ce n’est certes pas des anges qu’il se charge, mais
c’est de la descendance d’Abraham qu’il se charge. En conséquence, il a dû
devenir en tout semblable à ses frères, afin de devenir dans leurs rapports
avec Dieu un grand prêtre miséricordieux et fidèle, pour expier les péchés du
peuple".
[4] Voir le commentaire que Jésus fait ultérieurement
(17/02/1947) de ce passage contesté par cetains.