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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta © Centro Editoriale Valtortiano |
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jeudi
3 juin 27
- Jean est venu à la maisonnette 158 - Jésus le rattrape 158 - Repas pris avec le propriétaire et sa famille 159 - Jésus et Jean sortent dans l'oliveraie 160 - Réflexions sur le Temple 160 - Jean connaît Anne et Caïphe 161 - Jean invité à être un ami pour Judas 162 - Une bourse venue d'un inconnu 163 - Vous vous complétez les uns les autres 163 - Jean reste à prier avec Jésus 164 |
2.33. |
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158> Je vois que Jésus se dirige vers une petite maison basse et blanche au milieu de l'oliveraie. Un garçon tout jeune en sort, le salue. Il semble être de l'endroit car il a en mains des outils pour arroser et sarcler. "Dieu soit avec Toi, Rabbi. Ton disciple Jean est venu et maintenant il est reparti pour aller à ta rencontre." "Il y a longtemps ?" "Non, il vient d'aller sur ce sentier. Nous croyions que tu serais venu du côté de Béthanie..." Jésus part en vitesse, bondit dans l'autre sens. Il aperçoit Jean qui descend presque au pas de course vers la cité et il l'appelle. Le disciple se retourne et avec un visage qu'illumine la joie, il crie : "Oh ! mon Maître !" et il revient en arrière en courant. Jésus lui ouvre les bras et ils s'embrassent tous les deux affectueusement. "Je venais te chercher ... Je croyais que tu avais été à Béthanie, comme tu l'avais dit." "Oui, je voulais le faire. Je dois aussi commencer à évangéliser les alentours de Jérusalem. Mais ensuite j'ai été retenu en ville pour instruire un nouveau disciple." 159> "Tout ce que tu fais est bien fait, Maître et réussit. Tu le vois ? Tout à l'heure, même, nous nous sommes tout de suite retrouvés." Ils marchent tous les deux. Jésus a un bras sur les épaules de Jean qui, étant plus petit, le regarde par dessous, bienheureux de cette intimité. Ils reviennent ainsi vers la petite maison. "Il y a longtemps que tu es venu ?" "Non, Maître. Je suis parti de Docco à l'aube avec Simon à qui j'ai dit ce que tu voulais. Puis, nous avons fait une pause dans la campagne de Béthanie en partageant la nourriture et en parlant de Toi aux paysans que nous rencontrions dans les champs. Quand le soleil est devenu moins chaud, nous nous sommes séparés. Simon est allé chez un ami auquel il voulait parler de Toi. C'est le propriétaire de Béthanie presque toute entière. Il le connaissait auparavant, du vivant de leurs pères à eux deux. Mais demain Simon vient ici. Il m'a dit de te dire qu'il est heureux de te servir. C'est un homme très capable, Simon. Je voudrais être comme lui, mais je suis un garçon ignorant." "Non Jean. Toi aussi tu fais très bien." "Est-ce vrai que tu es réellement content de ton pauvre Jean ?" "Très content, mon Jean, très." "Oh! mon Maître !" Jean se penche affectueusement pour prendre la main de Jésus. Il la baise et la passe sur son visage comme pour le caresser. Ils sont arrivés à la maisonnette. Ils sont entrés dans la cuisine basse et fumeuse. Le patron les salue : "La paix soit avec Toi." Jésus répond : "Paix à cette maison et à toi et à qui vit avec toi. J'ai avec moi un disciple." "Pour lui aussi, il y aura du pain et de l'huile." "J'ai apporté du poisson séché que m'ont donné Jacques et Pierre. Et en passant à Nazareth, ta Mère m'a donné du pain et du miel pour Toi. J'ai marché sans arrêt, mais maintenant il sera dur." "N'importe Jean, il aura toujours la saveur des mains de la Maman." Jean tire ses trésors de la besace où ils étaient dans un coin. Je vois préparer le poisson sec d'une manière insolite. On le plonge quelques instants dans l'eau chaude, puis on le beurre avec de l'huile et on le fait griller sur la flamme. 160> Jésus bénit la nourriture et s'assied à table avec le disciple. A la même table le propriétaire, que j'entends appeler Jonas et son fils. La mère va et vient, apportant le poisson, les olives noires, des légumes cuits à l'eau et assaisonnés avec de l'huile. Jésus offre aussi du miel. Il l'offre à la mère en l'étendant sur le pain. "C'est de mon rucher, dit-il. Ma Mère prend soin des abeilles. Mange-le, il est bon. Tu es tellement bonne avec Moi, toi, Marie, qui mérites ça et plus encore" il ajoute parce que la femme ne voudrait pas le priver de ce doux miel. Le repas se termine rapidement au milieu des conversations. Il est à peine fini et on a rendu grâces de la nourriture que l'on a prise, Jésus dit à Jean : "Viens, sortons un peu dans l'oliveraie. La nuit est tiède et claire. Il fera bon de rester un peu dehors." Le patron dit : "Maître, je te salue. Je suis fatigué et mon fils aussi. Nous allons nous reposer. Je pousse la porte et je laisse la lumière sur la table. Tu sais comment faire." "Oui, vas-y Jonas et éteins aussi la lampe. Il fait un si beau clair de lune que nous y verrons sans lumière." "Mais ton disciple où dormira-t-il ?" "Avec Moi. Sur ma natte, il y a encore de la place pour lui, n'est-ce pas Jean ?" Jean, a l'idée de dormir près de Jésus, entre en extase. Ils sortent dans l'oliveraie, mais auparavant, Jean a pris quelque chose dans le sac posé dans le coin. Ils font quelques pas et arrivent sur un talus d'où on voit toute la ville de Jérusalem. "Asseyons-nous ici et parlons entre nous" dit Jésus. Mais Jean préfère s'asseoir à ses pieds sur l'herbe courte et il reste, le bras appuyé sur les genoux de Jésus, la tête appuyée sur son bras, jetant de temps à autre un regard sur son Jésus. On dirait un enfant, près de la personne qui lui est la plus chère. "C'est beau, ici aussi, Maître. Regarde comme la cité semble grande, la nuit. Plus que le jour." "C'est parce que la lumière de la lune en estompe les contours. Vois, on dirait qu'une lumière argentée en recule les limites. Regarde le sommet du Temple, là-haut. Ne semble-t-il pas suspendu dans le vide ?" "Il semble que ce sont les anges qui le portent sur leurs ailes d'argent." Jésus soupire. "Pourquoi soupires-tu, Maître ?" 161>
"Est-ce qu'ils t'ont fait du mal, Maître ?" Jean est tout désolé. "Non, ils m'ont même laissé parler quand je leur ai demandé de le faire." "Tu l'as demandé ? Pourquoi ?" "Parce que je ne veux pas être Moi, celui qui déclare la guerre. La guerre viendra quand même, car certains auront de Moi une sotte peur humaine, et je serai un reproche pour d'autres. Mais cela doit être sur leur livre pas sur le mien." Il y a un moment de silence, puis Jean recommence à parler "Maître... Moi, je connais Anne et Caïphe. Ma famille a avec eux des rapports d'affaires et quand je me suis trouvé en Judée, à cause de Jean le Baptiste, je venais aussi au Temple et eux étaient gentils avec le fils de Zébédée. Mon père leur réserve toujours le meilleur poisson; c'est la coutume, sais-tu ? Quand on veut les avoir pour amis, garder leur amitié, il faut agir ainsi..." "Je le sais." Le visage de Jésus s'assombrit. "Eh ! bien si tu es d'accord, je parlerai de Toi au Grand-Prêtre. Et puis... si tu veux, je connais quelqu'un qui a des rapports d'affaires avec mon père. C'est un riche marchand de poisson. Il a une belle et grande maison près de l'Hippique, car ce sont des gens riches, mais aussi très bons. Tu y serais plus à ton aise et tu te fatiguerais moins. Pour arriver jusqu'ici on doit passer aussi par ce faubourg d'Ophel, si turbulent et toujours encombré d'ânes et de garçons querelleurs." "Non, Jean. Je te remercie. Mais je suis bien ici. Vois-tu quelle paix ? Je l'ai dit aussi à l'autre disciple qui me faisait la même proposition. Lui disait : "Pour être mieux considéré"" 162> "Moi, je disais pour que tu te fatigues moins." "Je ne me fatigue pas. Je marcherai tant et ne me fatiguerai jamais. Sais-tu ce qui me fatigue ? L'indifférence. Oh ! ça quel poids; c'est comme si j'avais un poids sur le cœur." "Moi, je t'aime, Jésus." "Oui, et tu me soulages. Je t'aime tant, Jean, et t'aimerai toujours, car toi, tu ne me trahiras jamais." "Te trahir ! Oh !" "Et pourtant il y en a encore beaucoup qui me trahiront. Jean, écoute. Je t'ai dit que je me suis attardé pour instruire un nouveau disciple. C'est un jeune juif, instruit et connu." "Alors, tu auras beaucoup moins de mal qu'avec nous, Maître. Je suis content que tu aies quelqu'un de plus capable que nous." "Tu crois que j'aurai moins de mal ?" "Et s'il est moins ignorant que nous, il te comprendra mieux et te servira mieux, surtout s'il t'aime mieux." "Voilà : tu as bien dit. Mais l'amour ne se proportionne pas à l'instruction, ni non plus à l'éducation. Un cœur vierge aime avec toute la force de son premier amour. Cela vaut aussi pour la virginité de la pensée. Et l'amour s'imprime davantage dans un cœur et une pensée vierges que là où ont existé déjà d'autres amours. Mais si Dieu le veut... Écoute, Jean. Je te prie d'être pour lui un ami. Mon cœur tremble de te mettre, toi agneau jamais encore tondu, près de celui qui connaît la vie. Mais aussi pourtant, il sera réservé parce qu'il sait que tu seras agneau, mais aussi un aigle, et si, blasé, il veut te faire toucher le sol, le sol fangeux, le sol du bon sens humain, toi, d'un coup d'aile, tu sauras te libérer et ne vouloir que l'azur et le soleil. Dans ce but, je te prie - en te gardant toi, tel que tu es - d'être l'ami du nouveau disciple que n'aimera pas Simon Pierre ni non plus les autres, pour faire passer en lui ton cœur ..." "Oh ! Maître, mais n'y suffis-tu pas ?" "Moi, je suis le Maître auquel il ne dira pas tout. Tu es le condisciple, beaucoup plus jeune, avec qui il est plus facile de s'ouvrir. Je ne te dis pas de me répéter ce que lui te diras. Je hais les espions et les délateurs, mais je te demande de l'évangéliser par ta foi et ta charité, par ta pureté, Jean. C'est une terre que souillent des eaux stagnantes. Il faut que le soleil de l'amour l'assainisse; que la purifie l'honnêteté des pensées, des désirs, des œuvres; que la foi la cultive. Tu peux le faire." 163> "Si tu crois que je le puisse... Oh ! oui. Si Tu me dis que je peux le faire, je le ferai. Par amour pour Toi." "Merci, Jean." "Maître, tu as parlé de Simon Pierre, et il me revient à l'esprit ce que je devais te dire d'abord. Mais la joie de t'entendre me l’a fait oublier la pensée. De retour à Capharnaüm depuis la Pentecôte, nous avons tout de suite trouvé la somme habituelle de cet inconnu[1]. L'enfant l'avait portée à ma Mère. Je l'ai donnée à Pierre et lui me l'a rendue en me disant d'y puiser un peu pour le retour et le séjour à Docco. Il m'avait dit de t'apporter le reste pour tes possibles besoins... parce que Pierre pensait qu'ici tout ne serait pas confortable... mais Toi, tu dis le contraire... Je n'ai pris que deux deniers pour deux pauvres rencontrés près d'Éphraïm Pour le reste j'ai vécu avec ce que m'avait donné ma mère et ce que m'ont donné de braves gens auxquels j'avais annoncé ton Nom. Voici la bourse." "Je la distribuerai demain aux pauvres. Ainsi Judas apprendra nos habitudes." "Ton cousin Jude est venu ?[2] Comment a-t-il fait pour être si rapide ? Il était à Nazareth et ne m'a pas parlé de partir ..." "Non. Judas, c'est le nouveau disciple. Il est de Kériot, mais tu l'as vu à Pâques, ici, le soir de la guérison de Simon. Il était avec Thomas." "Ah ! c'est lui ?" Jean est un peu interdit "C'est lui. Et Thomas que fait-il ?" "Il a obéi à ton ordre en se séparant de Simon le Cananéen et en allant le long de la mer à la rencontre de Philippe et Barthélemy."
164> "Et pour Toi, Jésus." "D'abord la cause de Dieu, et puis l'amour pour son Christ." "Qu'est-ce que je suis, moi, dans notre famille ?" "Tu es la paix aimante du Christ de Dieu. Es-tu fatigué, Jean ? Veux-tu rentrer ? Moi, je reste à prier." "Je reste aussi à prier avec Toi." "Eh ! bien reste." Jésus dit des psaumes et Jean s'y associe, mais sa voix s’éteint et l'apôtre reste endormi, la tête sur le sein de Jésus qui sourit et étend son manteau sur les épaules du dormeur et puis continue sûrement à prier mentalement. Sur ce, la vision prend fin. |
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