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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
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jeudi 3 juin 27 (10 Siwan)
- Judas ira chercher un magistrat du Temple
146 - Jésus obtient la permission d'y enseigner
147 - Sa mission est de rassembler Israël 148 - Discours (Le printemps de l'amour 149 - L'amour des ennemis 148 - Celui annoncé par le Précurseur) 150 - Judas répand le bruit que Jésus est le
Messie 150 - Guérison d'un aveugle 151 - Par quel pouvoir fais-tu ces choses ? 151 |
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146> Je vois Jésus, qui avec Judas qui l'accompagne pénètre dans l'enceinte du Temple, et,
après avoir franchi la première terrasse ou la première plate-forme, si on
préfère l'appeler ainsi, s'arrête dans un endroit entouré de portiques et
proche d'une grande cour, pavé de marbres de couleurs variées. L'endroit est très beau et fréquenté. Jésus regarde autour
de lui et voit une place qui lui plaît. Mais avant de s'y rendre, il dit à
Judas : "Appelle-moi le magistrat responsable. Je dois me faire
reconnaître pour qu'on ne dise pas que je manque aux coutumes et au
respect." "Maître, tu es
au-dessus des coutumes, et personne plus que Toi n'a le droit de parler dans
la Maison de Dieu, Toi, son Messie." "Je le sais, tu le sais, mais eux ils le savent pas. Je ne
suis pas venu pour scandaliser ni pour enseigner à violer non seulement la Loi, mais
aussi les coutumes. Au contraire, je suis venu justement pour enseigner le
respect, l'humilité et l'obéissance et pour supprimer les scandales. Aussi je
veux demander de pouvoir parler au Nom de Dieu, en me faisant reconnaître par
le magistrat responsable que je suis digne de le faire." "L'autre fois, tu
ne l'as pas fait." "L'autre fois
j'étais brûlé par le zèle de la Maison de Dieu profanée par trop de choses.
L'autre fois, j'étais le Fils du Père, l'Héritier qui, au Nom du Père et par
amour de ma Maison, agissait avec sa majesté à laquelle sont inférieurs les
magistrats et les prêtres. Maintenant, je suis le Maître d'Israël et à
Israël, j'enseigne aussi cette chose. Et puis, Judas, crois-tu que le
disciple soit au-dessus du Maître ?" "Et
toi qui es-tu ? Et qui suis-Je ?" "Tu es le
Maître, moi le disciple." "Alors, si tu
reconnais qu'il en est ainsi, pourquoi veux-tu faire la leçon au
Maître ? Va et obéis. Moi, j'obéis à mon Père. Toi, obéi à ton Maître. C'est
la condition première pour être fils de Dieu obéir sans discuter, en pensant
que le Père ne peut que donner des ordres saints. C'est la condition première
du disciple : obéir au Maître en pensant que le Maître sait et ne peut
donner que des ordres justes." "C'est vrai.
Pardon. J'obéis." "Je pardonne.
Va. Et, Judas, prends bien conscience encore d'une chose, rappelle-toi ceci.
Rappelle-toi-le toujours dans l'avenir..." "D'obéir ?
Oui." "Non, rappelle-toi que
Moi j'ai été à l'égard du Temple respectueux et humble. À l'égard du Temple :
c'est-à-dire à l'égard des castes dominantes, Va." Judas a le regard pensif,
interrogateur ...mais il n'ose pas demander autre chose. Et, il s'en va,
méditatif. ...Il revient avec
une personne drapée dans son manteau. "Voici Maître, le Magistrat." "La paix soit
avec Toi. Je demande la permission d'enseigner à Israël parmi les rabbins
d'Israël." "Tu es
rabbin ?" "Je le
suis." "Qui a été ton
maître ?" "L'Esprit de
Dieu, qui me parle avec sagesse et qui éclaire toute parole des Textes
Sacrés." "Tu es plus qu'Hillel, Toi qui sans maître dis connaître toute
doctrine ? Comment quelqu'un peut-il se former s'il n'y a personne qui
le forme ?" "Comme s'est
formé David, pastoureau inconnu, devenu roi puissant et sage par la volonté
du Seigneur." "Ton nom." "Jésus de Joseph de Nazareth de Jacob de la race de David, et de Marie de Joachim de la
race de David et de Anne d'Aaron,
Marie, la Vierge dont le mariage a été
célébré au Temple, parce qu'elle était orpheline, par le Grand Prêtre, selon
la Loi d'Israël." "Qu'est-ce qui
le prouve ?" "Je te fais
confiance. Mais qu'est-ce qui me prouve que tu es capable
d'enseigner ?" "Écoute-moi, et
tu jugeras par toi-même." "Tu es libre de
le faire, mais... n'es-tu pas Nazaréen ?" "Je suis né à Bethléem du
Juda, à l'époque du recensement ordonné
par César. Proscrits par des ordres injustes les descendants de David se
trouvent partout. Mais la race est de Juda." "Tu sais... les
pharisiens... toute la Judée... à l'égard de la Galilée..." "Je le sais,
mais rassure-toi. C'est à Bethléem que j'ai vu le jour, à Bethléem Ephrata
d'où vient ma race. Si maintenant je vis en Galilée ce n'est que pour
s'accomplisse ce qui a été annoncé." Le magistrat
s'éloigne de quelques mètres, accourant où on l'appelle. Judas demande :
"Pourquoi ne lui as-tu pas dit que tu étais le Messie ?" "Mes paroles le
diront." "Quelle
est la chose annoncée qui doit s'accomplir ?" "La réunion d'Israël tout entier sous l'enseignement de la parole du Christ.
Je suis le Pasteur dont ont parlé les Prophètes et je viens rassembler les
brebis de tout le pays. Je viens guérir les malades et ramener les égarées au
bon pâturage. Il n'y a pas, pour Moi, Judée ou Galilée, Décapole ou Idumée.
Il n'y a qu'une seule chose : l'Amour qui embrasse d'un seul regard et
unit dans un embrassement unique pour sauver ..." Jésus est inspiré. Il
semble émettre des rayons tant il sourit à son rêve. Judas le regarde avec
admiration. Des gens curieux
s'approchent des deux qui attirent et frappent par une allure bien
différente. Jésus abaisse son regard
et sourit à cette petite foule. Un sourire dont jamais aucun peintre ne
pourra rendre la douceur et que nul croyant ne peut imaginer s'il ne l'a pas
vu. Et il dit : "Venez, si vous y pousse le désir d'une parole
éternelle." Il se dirige sous un
arc du portique et, adossé à une colonne, il commence à parler. Il emprunte
son sujet à l'évènement de la matinée. Oui,
Israël. Un jour nouveau se lève pour toi et encore plus lumineux devient le
précepte de l'amour. L'année commence peut être avec le pluvieux mois d'Etanim
ou bien avec le triste mois de Casleu aux journées
plus courtes qu'un rêve, aux nuits longues comme un jour sans pain ?
Non, elle commence avec le mois de Nisan fleuri, ensoleillé, joyeux où tout
est riant, où le cœur de l'homme, même le plus pauvre et le plus triste,
s'ouvre à l'espérance parce que vient l'été. C'est le temps des moissons, les
jours de soleil, les fruits, la douceur même du sommeil sur un pré de fleurs
sous la clarté des étoiles. Il est facile de se nourrir, car tout lopin de
terre porte légumes et fruits pour apaiser la faim de l'homme. Voici, ô
Israël. Il est terminé l'hiver, le temps de l'attente. Maintenant c'est la
joie de la promesse qui s'accomplit. Le Pain et le Vin sont là, tout prêts à
calmer la faim. Le Soleil est parmi vous Tout sous ce Soleil rend la
respiration plus profonde et plus douce. Même le précepte de notre Loi :
le premier, le plus saint de saints préceptes : "Aime ton Dieu et aime
ton prochain". Dans la lumière relative qui jusqu'ici t'a été accordée, il t'a
été dit - tu n'aurais pas pu faire davantage, parce que pesait encore sur toi
la colère de Dieu par la faute du manque d'amour d'Adam - il t'a été
dit : "Aime ceux qui t'aiment et hais ton ennemi". Et l'ennemi était pour toi, non seulement celui
qui violait tes frontières, mais aussi celui qui t'avait manqué dans la vie
privée ou qui paraissait t'avoir manqué. Il en résultait que la haine couvait
dans tous les cœurs, car peut-on jamais trouver un homme qui, le voulant ou
non, n'offense pas son frère ? Ou quelqu'un qui arrive à la vieillesse
sans avoir été offensé ? Moi, je vous dis : aimez aussi celui qui vous
offense. Faites-le en pensant que Adam, et tout homme par lui, est
prévaricateur à l'égard de Dieu et qu'il n'y a personne qui puisse dire :
"Je n'ai pas offensé Dieu". 150>
Et pourtant, Dieu pardonne non pas une fois, mais dix et dix fois, mais mille et dix
mille fois. Il pardonne, et le fait le prouve qu'il y a encore des hommes sur
la terre. Pardonnez donc comme Dieu pardonne. Et si vous ne pouvez le faire
par amour du prochain qui vous a nui, faites-le pour l'amour de Dieu qui vous
donne le pain et la vie, qui vous protège dans les besoins que vous avez sur
cette terre et qui a disposé tous les évènements pour vous procurer la paix
éternelle sur son sein, C'est la Loi nouvelle, la Loi du printemps de Dieu,
de l'époque fleurie de là Grâce venue parmi les hommes, du temps qui vous
donnera le Fruit sans pareil et qui vous ouvrira la Porte du Ciel. Sachez reconnaître
Celui que le Précurseur vous indique. Ses souffrances travaillent auprès de
Dieu pour vous donner la Lumière. Voyez. Si les yeux de votre esprit
s'ouvrent, vous connaîtrez la Lumière qui vient. Je relaie la voix du
Prophète qui annonce le Messie, et avec la puissance qui me vient du Père je
l'amplifie et y unis ma propre puissance, et je vous appelle à la vérité de
la Loi. Préparez vos cœurs à la grâce de la Rédemption qui est proche. Le
Rédempteur est parmi vous. Bienheureux ceux qui seront dignes d'être rachetés
parce qu'ils auront eu une bonne volonté. La paix soit avec
vous." Un des assistants
demande : " Es-tu disciple du Baptiste, que tu
en parles avec tant de vénération ?" "J'ai reçu de
lui le baptême sur les rives du Jourdain, avant son emprisonnement. Je le
vénère parce qu'il est saint aux yeux de Dieu. En vérité je vous le dis que
parmi les fils d'Abraham il n'en est pas de plus élevé en grâce que lui [1][1]. De sa venue au monde à sa mort, les yeux de Dieu se
seront posés sans marque de dédain sur cet homme béni." "Lui t'a donné
l'assurance de la venue du Messie ?" "Où ?
Quand ?" "Quand ce fut
l'heure de l'indiquer." Mais Judas éprouve le
besoin de dire à droite et à gauche : " Le Messie, c'est Celui qui
vous parle. J'en témoigne, moi qui le connais et suis son premier
disciple." "Lui !...
Oh !..." Les gens s'écartent effrayées. Mais Jésus est si doux
qu'ils reviennent vers Lui. "Demandez-lui
quelque miracle. Il est puissant. Il guérit. Il lit dans les cœurs. Il répond
à tout pourquoi."
"Maître." "Judas."
Jésus qui caressait une bambine se retourne. "Maître, cet homme
est presque aveugle et veut voir. Je lui a dit que tu peux." "Je le peux pour
qui a la foi. As-tu foi, homme ?" "Je crois dans
le Dieu d'Israël. Je viens ici pour me jeter dans la piscine de Bethsaïde. Mais il y a toujours quelqu'un qui me
précède." "Peux-tu croire
en Moi ?" "Si je crois à
l'ange de la piscine, ne dois-je pas croire en Toi dont le disciple affirme
que tu es le Messie ?" Jésus sourit. Il se
mouille le doigt avec la salive et effleure l’œil malade. "Que
vois-tu ?" "Je vois les
objets, sans le brouillard qui les couvrait auparavant. Et l'autre ne le guéris-tu pas ?" Jésus sourit de
nouveau. Il refait le geste sur l’œil aveugle "Que vois-tu maintenant ?"
demande-t-il en enlevant le doigt de la paupière tombée. "Ah !
Seigneur Dieu d'Israël ! J'y vois comme quand je courais enfant, sur les
prés. Que Tu sois béni pour l'éternité ! " L'homme pleure, prostré
aux pieds de Jésus. "Va. Sois bon
maintenant par reconnaissance pour Dieu." Un
lévite qui est arrivé sur la fin du miracle, demande : "Par quel pouvoir fais-tu ces choses ?" "Tu me le
demandes ? Je vais te le dire si tu réponds à ma question. D'après toi
quel est le plus grand, le prophète qui annonce le Messie, ou le Messie
lui-même ?" "Alors, pourquoi
les Prophètes ont-ils fait des miracles ? Par quel pouvoir ?" "Avec le pouvoir
que Dieu leur donnait pour prouver
aux foules que Dieu était avec eux." "Hé bien, c'est par le même pouvoir que
j'accomplis les miracles : Dieu est avec Moi. Je suis avec Lui. Je prouve aux
foules qu'il en est ainsi et que le Messie peut bien, à plus forte raison et
dans une plus large mesure, faire ce que les Prophètes ont pu faire." |
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Le lévite s'en va pensif et tout se termine. |
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