|
|
"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta © Centro Editoriale Valtortiano |
aucun accent | |
| Se repérer | Consulter la Bible en ligne | Aller sur le forum | |
|
mardi
- La propriété de La Belle Eau 481 - Installation et réflexions de tous genres 482 - Jésus arrive pour le repas 484 - Une petite foule s'est ramassée dans la cour 485 - Jésus se dirige vers elle 485 - Discours (La vie spirituelle 486 - Les devoirs envers cette vie 487 -
La mort sera un triomphe) 488 |
2.85. |
|
481> Si on veut faire une comparaison entre cette maisonnette basse et rustique et la maison de Béthanie, certes c'est un bercail, comme dit Lazare. Mais si on la compare aux maisons des paysans de Doras, c'est une habitation assez belle. Très basse et très large, solidement construite, elle a une cuisine, c'est à dire une cheminée dans une pièce toute enfumée où se trouvent une table, des sièges, des amphores et un rustique égouttoir, avec des plats et des coupes, Une large porte de bois brut sert d’entrée et laisse pénétrer la lumière. Puis, sur la même paroi où elle s'ouvre, il y a trois autres portes qui donnent accès à trois grandes chambres, longues et étroites dont les murs sont blanchis à la chaux. Comme dans la cuisine, le sol est en terre battue. Dans deux d'entre elles, il y a maintenant des couchettes On dirait des petits dortoirs. Les nombreux crochets fixés dans les murs indiquent qu'on y accrochait des outils et peut-être des sacs de produits agricoles. Maintenant ils servent de porte-manteaux et on y suspend aussi les besaces. La troisième chambre (c'est plutôt un couloir qu'une chambre car la longueur et la largeur sont disproportionnées) est vide. Elle devait servir aussi à abriter des animaux car elle a une mangeoire et des anneaux au mur, elle présente ces trous particuliers aux terrains frappés par des sabots ferrés. À présent, il n'y a rien. Au dehors, près de ce dernier local, il y a un large portique rustique. Il est couvert d'un toit de fascines et d'ardoises qui s'appuie sur des troncs d'arbres à peine équarris. Ce n'est même pas un portique. C'est un appentis, car il est ouvert sur trois côtés : deux de dix mètres, le troisième plus étroit, de cinq mètres pas plus. En été une vigne doit déployer ses rameaux d'un tronc à l'autre sur le côté qui est situé au midi. Maintenant les feuilles sont tombées et elle montre ses rameaux squelettiques. Il y a aussi, pareillement dégarni, un figuier gigantesque qui, en été, ombrage le bassin au milieu de l'aire qu'on a installé pour abreuver les animaux. Sur le côté, un puits rudimentaire ou plutôt un trou au niveau du sol, à peine indiqué par un cercle de pierres plates et blanches. 482> Voici la maison qui abrite Jésus et les siens, au lieu nommé ‘’La Belle Eau’’. Il y a aussi des champs : des prés et des vignes l'entourent et à environ trente mètres (ne pas prendre mes indications comme des articles de foi) on voit une autre maison au milieu des champs, plus belle, car elle possède une terrasse que l'autre n'a pas. Plus loin que cette autre maison il y a des bosquets d'oliviers et d'autres arbres, en partie dépouillés, certains avec leur feuillage, qui coupent la vue. Pierre, avec son frère et Jean, travaille activement à balayer l'aire et les chambres, à mettre en ordre les lits, à puiser de l'eau. Mais encore, Pierre fait tout un remue-ménage autour du puits pour ajuster et renforcer les cordes pour qu'il soit plus pratique et plus commode pour puiser l'eau. De leur côté, les deux cousins de Jésus travaillent, marteau et lime en main, aux fermetures et aux volets et Jacques de Zébédée les aide en travaillant de la scie et de la hache comme un ouvrier d'arsenal. Dans la cuisine, Thomas est tout affairé et semble un cuisinier de métier, tant il sait régler le feu et la flamme et éplucher vivement les légumes que le beau Judas a daigné apporter du pays voisin. Je comprends qu'il s'agit d'un pays plus ou moins important, car Judas explique qu'on y fait le pain deux fois seulement par semaine et que ce jour-là il n'y en a pas. Pierre l'entend et dit : "Nous ferons des fouaces sur la flamme. Il y a là de la farine. Vite, quitte ton vêtement et fais la pâte, je me charge ensuite de la cuisson. Je sais m'y prendre." Je ne puis m'empêcher de rire en voyant l'Iscariote, en bras de chemise, qui humecte la farine en s'enfarinant copieusement. Jésus est absent ainsi que Simon, Barthélemy, Matthieu et Philippe. "C'est aujourd'hui le plus dur." répond Pierre à Judas de Kériot qui bougonne. "Mais demain, ça ira déjà mieux et au printemps ce sera très bien..." "Au printemps ? Mais va-t-on rester toujours ici !" dit Judas épouvanté. "Pourquoi pas ? N'est-ce pas une maison ? S'il pleut, on est à l'abri. Il y a de l'eau potable. Le combustible ne manque pas. Et, que veux-tu de plus ? Je me trouve très bien ici. Et puis je ne sens pas la puanteur des pharisiens et des autres de même acabit..." "Pierre, allons lever les filets." dit André et il emmène Pierre dehors, avant que la discussion éclate entre lui et l'Iscariote. "Cet homme ne peut pas me voir." s'exclame Judas. 483> "Non. Tu ne peux pas le dire. Il est comme ça avec tout le monde. Mais il est bon. C'est toi qui es toujours mécontent." répond Thomas qui, au contraire, est toujours de bonne humeur. "C'est que moi, je me figurais autre chose..." "Mon cousin ne t'empêche pas d'aller vers d'autres choses" dit tranquillement Jacques d'Alphée. "Je crois que tous, par sottise, nous nous imaginions que de le suivre, c'était autre chose. Mais c'est parce que nous avons la nuque raide et que nous sommes très orgueilleux. Lui ne nous a jamais caché le danger et la peine qu'il y a à le suivre." Judas grommelle quelque chose entre ses dents. C'est Jude Thaddée qui lui répond. Il travaille autour d'une console de la cuisine pour en faire un petit placard : "Tu as tort. Même selon les coutumes, tu as tort. Tout Israélite doit travailler. Et nous travaillons. Est-ce que le travail te pèse tant ? Moi, je ne le sens pas parce que, quand je suis avec Lui, je ne sens plus la fatigue." "Moi aussi, je ne me plains de rien et je suis content d'être ici et tout à fait comme en famille maintenant." dit Jacques de Zébédée. "Nous allons faire des merveilles, ici !..." observe ironiquement Judas de Kériot. "Mais, en somme, qu'est-ce que tu prétends ? dit en éclatant Thaddée. Une cour de satrape ? Je ne te permets pas de critiquer ce que fait mon cousin. As-tu compris ?" "Tais-toi, frère." dit Jacques d'Alphée. "Jésus ne veut pas de ces disputes. Parlons le moins possible et agissons le plus possible. Ce sera beaucoup mieux pour tous. D'ailleurs, si Lui ne réussit pas à changer les cœurs... peux-tu l'espérer, toi, avec tes paroles ?" "Le cœur qu'on ne peut changer c'est le mien, n'est-ce pas ?" dit l'Iscariote agressif. Mais Jacques ne répond pas. Bien plus, il met un clou entre les dents et cloue des planches avec tant d'énergie que les grognements de Judas se perdent dans le bruit. Quelque temps passe, puis voilà qu'arrivent ensemble Isaac et André. Le premier avec des œufs et une corbeille de miches toutes chaudes et l'autre avec des poissons dans une nasse. "Voilà, dit Isaac. C'est le régisseur qui l'envoie. Il demande s'il ne manque rien. Il a des ordres pour cela." 484> "Tu vois qu'on ne va pas mourir de faim ?" dit Thomas à l'Iscariote. Et puis il ajoute : "Donne-moi les poissons, André. Comme ils sont beaux ! Mais comment les prépare-t-on ? Pour ça je ne sais pas le faire." "J'y pense, moi, dit André. Je suis pêcheur" et il se met dans un coin à vider ses poissons encore vivants. "Le Maître est en train de venir. Il a fait un tour dans le pays et les campagnes. Vous allez voir qu’il va être bientôt ici. Il a déjà guéri des yeux malades. Et puis moi j'avais déjà parcouru ces campagnes et les gens étaient déjà au courant..." "Eh ! bien sûr ! Moi, moi !... Les bergers eux seuls... Nous avons quitté, moi du moins, une vie tranquille et nous avons fait ceci et cela, mais ça ne compte pas..." Isaac regarde, étonné, l'Iscariote... mais, philosophiquement s'abstient de répondre. Les autres aussi se taisent... mais ça bout à l’intérieur. "La paix soit à vous tous." Jésus est sur le seuil, souriant, bon. On dirait que le soleil brille davantage, depuis qu'il est là. "Les braves ! Tous au travail ! Puis-je t'aider, cousin ?" "Non, repose-toi, j'ai fini." "Nous sommes chargés de nourriture. Tout le monde a voulu donner. Si tous les gens avaient le cœur des humbles !" dit Jésus un peu triste. "Oh ! mon Maître ! Que Dieu te bénisse !" C'est Pierre qui entre avec un fagot sur les épaules et qui, sans le déposer, salue ainsi son Jésus. "Que le Seigneur te bénisse, toi aussi, Pierre. Vous avez bien. Travaillé !" "Et puis nous travaillerons davantage aux heures de liberté. Nous avons une maison de campagne, nous ! ...Et il nous faut en faire un Eden. Entre temps j'ai arrangé le puits, pour qu'on voie la nuit où il se trouve, et pour être sûrs de ne pas perdre les brocs en les descendant. Et puis... Tu vois le travail de tes braves cousins ? Tout ce qu'il faut pour vivre longtemps dans un endroit. Moi, pêcheur je n'aurais pas su. Ils sont vraiment braves. Et aussi Thomas. Il pourrait être chef cuisinier chez Hérode. Judas aussi est brave. Il a fait des fouaces merveilleuses..." "Et inutiles. Il y a du pain." répond Judas de mauvaise humeur. Pierre le regarde et je m'attends à une réponse salée, mais Pierre secoue la tête, arrange les cendres chaudes et étend les fouaces dessus. 485> "Tout va être prêt." dit Thomas en riant. "Parleras-tu aujourd'hui ?" demande Jacques de Zébédée. "Oui, entre la sixième et la neuvième heure, Vos compagnons l'ont dit. Mangeons donc sans tarder." Encore un moment, et puis Jean met le pain sur la table, prépare les sièges, apporte les coupes et les amphores. Thomas apporte les légumes cuits et les poissons grillés. Jésus est au centre. Il offre et bénit. Il fait la distribution et tous mangent de bon appétit. Ils sont encore en train de manger quand, dans la cour, s'amènent des personnes. Pierre se lève et va à la porte: "Que voulez- vous ?" "Le Rabbi. Ne parle-t-il pas ici ?" "Il va parler mais, à présent il mange car il est homme, Lui aussi. Asseyez-vous là dessous et attendez." Le petit groupe s'en va sous le hangar rustique. "C'est que le froid va venir et il va souvent pleuvoir. Je dis que l'on pourrait bien utiliser cette étable vide. Je l'ai bien nettoyé. La crèche servira de siège..." "Ne fais pas de stupides ironies, dit Judas. Le Rabbi est un rabbi." "Mais quelles ironies ? S'il est né dans une étable, il pourra parler d'une crèche !" "Pierre a raison, mais, je vous en prie, aimez-vous !" Jésus paraît bien las en disant ces paroles. Ils finissent de manger et Jésus sort tout de suite pour aller près de la petite foule. "Attends, Maître, Lui crie par derrière Pierre. Ton cousin t'a fait un siège parce que le sol est humide là dessous." "Pas besoin, tu sais bien que je parle debout. Les gens veulent me voir et Moi je veux les voir. Plutôt... faites des sièges et des civières. Peut-être il viendra des malades... Cela servira." "Tu penses toujours aux autres, bon Maître !" dit Jean et il Lui baise la main. Jésus se rend avec son sourire légèrement triste vers la petite foule. Les disciples vont avec Lui. Pierre qui est exactement à côté de Jésus, le fait pencher vers lui et murmure doucement : "Par derrière le mur se trouve cette femme voilée. Je l'ai vue. Elle est là depuis ce matin. Elle nous a suivis depuis Béthanie. Faut-il la chasser ou la laisser ?" 486> "Laisse-la, je l'ai dit." "Mais, si c'est une espionne, comme dit l'Iscariote ?" "Non, elle ne l'est pas. Fie-toi à ce que je te dis. Laisse-la, ne dis rien aux autres. Et respecte son secret." "Je me suis tu, car j'ai pensé que cela valait mieux..." "Paix à vous qui cherchez la Parole." commence Jésus. Il s'en va au fond de la galerie et derrière Lui il y a le mur de la maison. Il parle lentement à une vingtaine de personnes assises par terre ou adossées aux colonnes dans la tiédeur d'un soleil de novembre.
La vie n'est pas l'existence. L'existence n'est pas la vie. La vigne qui s'attache à cette colonne existe, mais elle n'a pas la vie dont je parle. Cette brebis qui bêle, attachée à cet arbre, au loin, existe aussi, mais elle n'a pas la vie dont je parle. La vie, dont je parle, ne commence pas avec l'existence et ne prend pas fin en même temps que la chair. La vie, dont je parle, ne commence pas dans un sein maternel. Elle commence quand, dans la Pensée de Dieu, naît, créée par Lui, une âme faite pour habiter une chair. Elle prend fin quand le péché la tue.
487>
Avons-nous des devoirs envers la vie ? Oui, c'est un don de Dieu On doit employer et conserver avec soin tout don de Dieu, car c'est une chose aussi sainte que Celui qui la donne. Useriez-vous mal du cadeau d'un roi ? Non. Il passe aux héritiers et aux héritiers des héritiers comme une gloire de la famille. Et alors pour quoi maltraiter le don de Dieu ? Mais comment doit-on en user et le conserver, ce cadeau divin ? Comment garder vivante la fleur paradisiaque de l'âme afin de la conserver pour le Ciel ? Comment arriver à "vivre" pour là haut et au-delà de l'existence ? A ce sujet, Israël a des lois claires et il n'a qu'à les observer. Israël a des prophètes et des justes qui lui donnent l'exemple et la parole pour pratiquer les lois. Israël a aussi, maintenant ses saints. Israël ne peut, ne devrait donc pas se tromper. Moi, je vois les taches dans les cœurs, et des esprits morts qui pullulent partout. Je vous dis donc : faites pénitence; ouvrez vos âmes à la parole; mettez en pratique la Loi immuable; fortifiez la "vie" épuisée qui languit en vous; si elle est déjà morte, venez à la Vie Véritable : à Dieu. Pleurez sur vos fautes. Criez : "Pitié !" Mais relevez-vous. Ne soyez pas des morts vivants pour n'être pas demain livrés à l'éternelle souffrance. Je ne vous parlerai pas d'autre chose que de la manière de retrouver ou de conserver la vie. Un autre vous a dit : "Faites pénitence. Purifiez-vous du feu impur de la luxure, de la fange de vos fautes". Moi, je vous dis : pauvres amis, étudions ensemble la Loi. Écoutons de nouveau en elle la voix paternelle du Dieu Vrai. Et puis ensemble prions l'Éternel en disant : "Que ta miséricorde descende sur nos cœurs". 488> Maintenant, c'est le sombre hiver, mais bientôt viendra le printemps. Un esprit mort est plus triste qu'un bois dépouillé par le gel. Mais si l'humilité, la volonté, la pénitence et la foi pénètrent en vous, comme dans le bois au printemps, la vie reviendra en vous et vous fleurirez pour Dieu pour porter ensuite demain, dans le demain des siècles des siècles, le fruit éternel de la vraie vie. "Venez à la Vie ! Cessez d'exister seulement et commencez à "vivre". La mort alors ne sera pas la "fin", mais le commencement. Le commencement d’un jour sans crépuscule, le commencement d'une joie sans lassitude et sans mesure. La mort sera le triomphe de ce qui vit avant la chair, et le triomphe de la chair qui sera appelée à la résurrection éternelle à participer à cette Vie que je promets au nom du Dieu Vrai à tous ceux qui auront "voulu " la "vie" pour leur âme, en foulant aux pieds les sens et les passions pour jouir de la liberté des fils de Dieu. Allez. Tous les jours, à cette heure, je vous parlerai de l'éternelle vérité. Le Seigneur soit avec vous." |
|
|
Les gens s'en vont lentement avec beaucoup de commentaires. Jésus revient dans la petite maison solitaire et tout prend fin. |