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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
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Mercredi 19 janvier 28 (5 Scébat)
- [Commentaire
de Jésus : Pour les
consacrés] 54 - Mettez-vous dans leur peau 54 - Des enfants et une leçon de fraternité
universelle 55 - La fillette d'une amie de Claudia est
mourante 56 - Jésus guérit la fillette 57 - On lui reproche d'aborder des étrangers 57 - Discours (L'hypocrisie des pharisiens 58 - Le Messie et son œuvre) 59 - Les trois israélites hostiles se sont enfuis
60 - [Commentaire
de MV : La jeune romaine] 61 |
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54> Jésus dit : "Petit Jean, viens avec Moi. Je veux te
faire écrire une instruction pour les consacrés d'aujourd'hui. Vois et
écris." Jésus est encore à Césarée
Maritime. Il n'est plus sur cette place d'hier mais plus à. l'intérieur, en
un endroit d'où cependant l'on voit le port et les navires. Ici, il y a
beaucoup d'entrepôts [1] et de boutiques. Et
comme même parterre en cet endroit terreux il y a des nattes couvertes de
produits variés, j'en conclus que je suis près des marchés qui peut-être
étaient situés dans le voisinage du port et des magasins pour la commodité
des navigateurs et de ceux qui viennent acheter les marchandises apportées
par bateaux, L'endroit est tout bourdonnant des allées et venues de la foule,
Jésus attend avec Simon et ses cousins que les autres aient
pris les vivres dont ils ont besoin. Des enfants regardent avec curiosité
Jésus qui les caresse doucement tout en parlant avec ses apôtres. 55> Jésus dit : "il me déplaît de voir qu'on est
mécontent parce que je vais vers les gentils. Mais je ne peux que faire mon
devoir et être bon avec tout le monde. Efforcez-vous d'être bons, au moins
vous trois et Jean; les autres vous suivront par imitation."
"Comment
faire ? Tu es content d'être né d'Alphée et de Marie ?" "Oui, bien sûr.
Pourquoi me le demandes-tu ?" "Si Dieu t'avait
interrogé avant ta conception, aurais-tu voulu naître d’eux ?" "Mais, oui. Je
ne comprends pas..:" "Et si, au
contraire, tu étais né d'un païen, en t'entendant accuser d’avoir voulu
naître d'un païen qu'est-ce que tu aurais dit ?" "J’aurais dit...
j'aurais dit : "Je n'en suis pas responsable. Je suis né de lui,
mais j'aurais pu naître d'un autre". J'aurais dit : "Vous êtes
injustes en m'accusant. Si je ne fais pas de mal, pourquoi me
haïssez-vous ?" "Tu l’as dit.
Ceux-ci aussi, que vous méprisez parce que païens, :peuvent dire la même
chose. Tu n'as pas de mérite d'être né d’Alphée, véritable israélite. Tu dois
seulement en remercier l’Éternel parce qu'il t'a fait un grand don, et par
reconnaissance et humilité chercher à amener au Dieu vrai ceux qui n'ont pas
reçu ce don. Il faut être bons." "Il est
difficile d'aimer ceux qu'on ne connaît pas !" "Non. Regarde.
Toi, petit, viens ici." Un garçon s'approche
d'environ huit ans, qui joue dans un coin avec deux autres camarades. Un
garçon robuste aux cheveux très bruns alors que son teint est très blanc. "Qui
es-tu ?" "Je suis Lucius,
Caïus Lucius fils de Caïus
Marius [2], je suis romain,
fils du décurion [3] de garde resté ici
après avoir été blessé." "Et ceux-ci qui
sont-ils ?" "Ce sont Isaac
et Tobie. Mais on ne doit pas le dire, parce qu'ils seraient punis" "Pourquoi ?" "Parce qu'eux
sont hébreux, et moi je suis romain, et on ne peut pas." "Mais tu restes
avec eux. Pourquoi ?" "Parce que nous
nous aimons bien. Nous jouons toujours ensemble aux dés, [4] ou à sauter. Mais on
se cache." 56> "Et Moi, tu m'aimerais bien? Je suis hébreux, Moi aussi
et je ne suis pas un enfant. Réfléchis : je suis un maître, comme qui
dirait un prêtre.» "Et qu'est-ce
que cela peut me faire à moi ? Si tu m'aimes bien, je t'aime bien et je
t'aime bien parce que tu m'aimes bien." "Comment le
sais-tu ?" "Parce que tu es
bon. Celui qui est bon aime bien." "Voilà, mes
amis, le secret pour aimer : être bons. Alors on aime sans se demander
si un tel a ou non la même foi." Et Jésus, tenant par
la main le petit Caïus Lucius, s'en va caresser les
petits hébreux qui effrayés se sont cachés derrière une porte cochère, et il
leur dit : "Les enfants qui sont bons sont des anges. Les anges ont
une seule patrie : le Paradis, Ils ont une seule religion : celle
du Dieu unique. Ils ont un seul Temple: le cœur de Dieu. Aimez-vous bien,
comme des anges, toujours." "Mais, si on
nous voit, on nous frappe..." Jésus secoue
tristement la tête et ne réplique pas... Une femme élancée et
plantureuse appelle Lucius qui quitte Jésus en criant : "La
maman !" et il crie à la femme : "J'ai un grand ami,
sais-tu ? C’est un maître !…" La femme ne s'éloigne
pas avec son fils mais au contraire vient vers Jésus l'interroge :
"Salut. Es-tu l'homme de Galilée qui hier parlait au port ?" "Oui, c'est
Moi." "Attends-moi ici
alors. J'aurai vite fait." et elle s'en va avec le petit. Entre temps même les
autres apôtres sont arrivés, sauf Mathieu et Jean. Ils demandent :
"Qui était-ce ?" "Une romaine, je
crois." répondent Simon et les autres. "Et que
voulait-elle ?" "Elle a dit
d'attendre ici. Nous allons le savoir." Des gens, pendant ce
temps, se sont approchés et attendent avec curiosité. La femme revient avec
d'autres romains. "Tu es donc le Maître ?" demande quelqu'un
qui semble le serviteur d'une maison riche. Et en ayant eu confirmation, il
demande : "Cela t’ennuierait-il de guérir une petite fille d'une
amie de Claudia ? L'enfant est mourante car elle s'étouffe et le médecin
ne sait pas de quoi elle meurt. Hier soir elle était en bonne santé. Ce matin
elle est à l'agonie." "Allons-y." 57> Ils font quelques pas dans une rue qui mène à l'endroit où ils
étaient hier et arrivent au portail grand ouvert d'une maison qui semble
habitée par des romains. "Attends un
moment." L'homme entre rapidement et revient aussitôt en disant :
"Viens."
Jésus prend la petite
qui a de petits mouvements convulsifs dans ses menottes cireuses aux ongles
déjà violets. Il la lève. Sa petite tête pend sans force, en arrière. La
mère, sans aucun orgueil de romaine devant un hébreu, s'est glissée aux pieds
de Jésus, dans la poussière, et elle sanglote le visage levé, les cheveux à
moitié défaits, les bras tendus qui s'accrochent au vêtement et au manteau de
Jésus. Derrière et autour, des romains de la maison et des hébreux de la
ville qui regardent. Jésus mouille son
index droit avec de la salive et le met dans la petite bouche haletante,
l'enfonce profondément. La fillette se débat et devient encore plus noire. La
mère crie : "Non ! Non !" et semble se tordre sous
un couteau qui la transperce. Les gens retiennent leur souffle. Mais le doigt
de Jésus sort avec un amas de membranes purulentes. La fillette ne se débat
plus et après avoir versé quelques larmes se calme avec un sourire innocent,
agitant ses menottes et remuant les lèvres comme un oiseau qui pépie en
battant des ailes, en attendant la becquée. "Prends-la,
femme. Donne-lui le lait. Elle est guérie." La mère est tellement
abasourdie, qu'elle prend la petite et restant comme elle est, dans la
poussière, la baise, la caresse, lui donne le sein, folle, oublieuse de tout
ce qui n'est pas sa petite. Un romain demande à
Jésus : "Mais comment as-tu pu ?Je suis le médecin du. proconsul
et Je suis savant. J'ai essayé d'enlever l'obstacle, mais il était enfoncé,
trop enfoncé !... Et toi... ainsi..." "Tu es savant,
mais tu n'as pas le Dieu vrai avec toi. Que Lui en soit béni !
Adieu." Et Jésus va s'éloigner. Mais voici qu'un
petit groupe d'israélites éprouve le besoin d’intervenir. "Comment
t'es-tu permis d'aborder des étrangers ? Ils sont corrompus,
impurs et quiconque les approche devient comme eux." 58> Jésus les regarde -
il sont trois - fixement, avec sévérité, et puis il parle : "N'es-tu
pas Aggée ? L'homme d'Azot [6] venu ici au mois de Tisri dernier [7] pour chercher à
conclure des affaires avec un marchand qui réside près des fondations de la
vieille source ? Et toi, n'es-tu pas Joseph de Rama, venu ici pour
consulter le médecin romain et, comme Moi, tu sais pourquoi ? Et
alors ? Vous ne vous croyez pas impurs ?" "Le médecin
n'est jamais un étranger. Il soigne le corps, et le corps est le même pour
tous." "L'âme aussi,
plus que le corps. Du reste, qu'est-ce que j'ai soigné ? Le corps
innocent d'une enfant, et de la même manière j'espère guérir les âmes des
étrangers, qui ne sont pas innocentes. Comme médecin et comme Messie, je puis
donc aborder n'importe qui." "Non. Tu ne le
peux pas." "Non,
Aggée ? Et toi pourquoi fais-tu des affaires avec un marchand
romain ?" "Il ne m'est
voisin que par la marchandise et l'argent." "Et, parce que
tu ne touches pas sa chair mais seulement ce que sa main a touché, il ne te
semble pas que tu te contamines. Oh ! aveugles et cruels !
Par cette façon
rusée, mensongère, incohérente d'agir , vous excluez et condamnez le Bien et
vous n'acceptez que ce qui favorise vos intérêts. Alors, plus de mépris ni de
dégoût C'est pour éviter un dommage personnel que vous décidez si une chose
est impure ou rend impur, si une autre ne l'est pas. Et, comment pouvez-vous,
bouches de mensonge, professer que si ce qui est sanctifié pour avoir touché
une chair sainte ou une chose sainte ne sanctifie pas ce qu'il touche, et que
ce qui a touché une chose impure puisse rendre impur ce qu'il touche ? 59> Vous ne comprenez pas que vous vous démentez, ministres
menteurs d'une Loi de Vérité qui en tirez parti en la tordant comme une corde
à seule fin d'en sortir quelque chose qui serve vos intérêts. Pharisiens
hypocrites [9] qui sous un prétexte
religieux déversez votre rancœur humaine, toute humaine, profanateurs de ce
qui appartient à Dieu. Ennemis de l'Envoyé de Dieu que vous insultez ?
En vérité, en vérité je vous dis que chacun de vos actes, chacune de vos
conclusions, chacune de vos démarches est mue par tout un mécanisme astucieux
auquel servent de roues, de ressorts, de poids et de tirants, vos égoïsmes,
vos passions, vos manques de sincérité, vos haines, votre soif de domination,
vos envies. C’est honteux !
Avides, tremblant de peur, haineux, vous vivez dans la peur orgueilleuse
qu’un autre vous soit supérieur, même s’il n'est pas de votre caste. Et vous
méritez alors d'être comme celui qui vous inspire la peur et la colère !
Vous qui, comme dit Aggée [10], d'un tas de vingt
boisseaux en faites un de dix et d'un tas de cinquante barils en faites un de
vingt en empochant la différence alors que, pour l'exemple que vous devriez
donner à l'homme et pour l'amour que vous devriez donner à Dieu, vous devriez
au tas de boisseaux et au tas de barils non pas enlever mais ajouter de vôtre
propre bien pour ceux qui ont faim. Vous méritez que le vent brûlant, que la
rouille et la grêle stérilisent toutes les œuvres de vos mains. Quels sont parmi vous
ceux qui viennent à Moi ? Ceux-là, ceux-là qui pour vous sont fumier et
immondices, ces Ignorances totales qui ne savent même pas qu'existe le vrai
Dieu, viennent ceux à qui ce Dieu se rend présent dans les paroles et dans
les œuvres. Mais vous, mais vous ! Vous vous êtes fait une niche et y
demeurez. Arides, froids comme des idoles attendant l'encens et les
adorations. Et puisque vous vous croyez des dieux, il vous paraît inutile de
penser au vrai Dieu comme Il doit être pensé, et comme il vous semble
dangereux que les autres, en dehors de vous, osent ce que vous vous n’osez
pas. Vous ne le pouvez pas, en vérité, l'oser, puisque vous êtes des idoles
et parce que vous êtes les serviteurs de l’Idole. Mais celui qui ose peut,
parce que ce n’est pas lui, mal Dieu qui opère en lui. Allez !
Rapportez à ceux qui vous ont envoyés sur mes talons que je dédaigne les
marchands qui n’estiment pas contamination le fait de vendre les marchandises
ou la patrie ou le Temple à ceux dont ils reçoivent de l’argent. 60> Dites-leur que j’ai
du dégoût pour les brutes qui ont seulement le culte de leur propre chair, de
leur propre sang, et qui pour leur guérison
n'estiment pas contamination les visites à un médecin étranger. Dites-leur
qu'il y a une seule mesure, égale pour tous et non pas deux mesures.
Dites-leur que Moi, le Messie, le Juste, le Conseiller, l'Admirable, Celui
qui aura sur Lui l'Esprit du Seigneur avec ses sept dons, Celui qui ne jugera
pas selon les apparences, mais selon ce qui se cache dans les cœurs, Celui
qui ne condamnera pas d'après ce qu'il entend par ses oreilles, mais d'après
les voix de l'esprit qu'il entendra au-dedans de chaque homme, Celui qui
prendra la défense des humbles et jugera les pauvres avec justice, Celui que
je suis, parce que je suis cela, est déjà en train de juger et de frapper
ceux qui sur la terre ne sont que terre, et le souffle de ma respiration fera
mourir l'impie et détruira son repaire, alors qu'il sera Vie et Lumière,
Liberté et Paix pour ceux qui, désirant la justice et la foi, viendront à ma
montagne sainte pour se rassasier de la Science du Seigneur. Cela est
d'Isaïe, n'est-ce pas ? [11]
C'est cela que je
veux, c'est de cela dont je brûle. Une terre qui tout entière chante ton Nom.
Une humanité qui t'appelle Père. Une Rédemption qui les sauve tous. Une
volonté fortifiée qui les rende tous soumis à ta volonté. Un triomphe éternel
qui remplisse le Paradis d'un hosanna sans fin... Oh ! Multitude des
Cieux !... Voici que je vois le sourire de Dieu... et ceci est une
compensation pour toute la dureté des hommes." Les trois se sont
enfuis sous la grêle des reproches. Tous les autres, romains ou hébreux, sont
restés, bouche bée. La femme romaine avec la petite rassasiée de lait, qui
dort tranquille sur le sein maternel est restée où elle était, presque aux
pieds de Jésus, et elle pleure de joie maternelle et de joie spirituelle. Un
grand nombre pleurent à la conclusion irrésistible de Jésus qui paraît
flamboyer dans son extase. 61> Et Jésus abaissant les yeux et son esprit du Ciel sur la terre,
voit la foule, voit la mère... et en passant, après un geste d'adieu à tous,
effleure de la main la jeune romaine comme pour la bénir à cause de sa foi.
Et Il s'en va avec les siens pendant que les gens encore sous le coup de
l'émotion restent en place… |
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(La jeune romaine, si ce n'est pas une ressemblance fortuite,
est une des romaines qui étaient avec Jeanne de Chouza sur le chemin du Calvaire. Comme personne n'a dit son nom,
j'en suis incertaine.) [12] |
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[1] Les fouilles
archéologiques des années 1990/1995 ont mis à jour, dans la partie nord ouest du
quartier romain de Césarée, les fondations de nombreux entrepôts, confirmant
cette description.
[2] L'Histoire conserve la
mémoire d'un Caius Marius (mort en 86 av J.-C.), illustre général, oncle de
Jules César. Il eut un fils portant son nom (suicide en 82 av J.-C.) et un
petit fils nommé lui aussi Caius Marius. Le décurion serait-il un descendant de
ces illustres ancêtres ?
[3] Au premier siècle, dans
l'armée romaine, le décurion est le chef d'un détachement de cavalerie, et son
rang est équivalent à celui des centurions.
[4] Le jeu de dès était un
passe-temps très prisé des romains, comme l'attestent de nombreux témoignages
antiques.
[5] Avant la découverte de
traitements, la diphtérie touchait surtout les jeunes enfants, et avait un taux
de létalité supérieur à 40%.
[6] Azot,
ou Azoto, aujourd'hui Ashdot,
est une localité située entre Ascalon et Jamnia, à
environ 75 km au sud de Césarée Maritime.
[7] C'est-à-dire en
septembre/octobre 27.
[8] Voir Aggée 2,12-13
[9] Anticipation de l'invective contre les pharisiens rapportée par Matthieu 23,13 (Cf. 9.15)
[10] Voir Aggée 2,16
[11] Remarquable évocation d'Isaïe 11,9
[12] C'est effectivement Valéria, que Maria Valtorta a déjà vu dans des visions de la Passion, reçues en 1944 et le 26/03/1945. Valéria fut alors nommée par Jésus, parmi sept autres disciples, mais Maria Valtorta ne l'a pas identifiée individuellement. (La vision, rapportée ici, a été donnée à Maria Valtorta le 5/05/1945).