"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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 4.268 - Lezione sulla carità con la parabola dei nòccioli. Il giogo di Gesù è leggero.

 2.267 - Jesus Speaks of Love.

3.268 - Lección sobre la caridad con la parábola de los titos. El yugo de Jesús es ligero.

 5.310 - Die Liebe ist ein Geheimnis und das Gebot der Herrlichkeit.

 Автоматический перевод Google.

 Évangile :
- Matthieu 11, 28-30.



Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau…


Vendredi 11 août 28
(3 Eloul 3788)
Capharnaüm.


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 J'ai prêché par les actes.

 "L’amour est le secret et le commandement de la gloire".

 Parabole du noyau en terre.

 "Venez à moi vous tous qui …".

 Le travail manuel.

 L'Espérance est le gibet de l'humanité.

 Ne repoussez pas Dieu, même dans les choses les plus petites.

 La Bonne Nouvelle.

 Prenez mon joug …


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- Le petit Joseph accompagnera Jésus ............................. 292

- L'exemple donné a été un enseignement 293

- Arrivée à Capharnaüm avec Manaën et l'enfant ............................. 294

- Jésus présente un à un les apôtres à l'enfant ............................. 294

- J'ai prêché la charité en acte ..................... 295

- Discours (Le noyau, la pulpe et le germe : Le corps, l'âme et la charité ............................. 295

- Il faut aussi les œuvres ............................. 296

- Les trois vertus théologales ......... 297

- Elles rendent heureux dès cette terre ... 298

- Appel à l'humilité des apôtres ............... 299

- Le chemin de la sanctification ..... 299

- Mon joug est doux et mon fardeau léger) 300

 

 

Accueil >> Plan du site >> Sommaire du Tome 4

Ancienne édition : Tome 4, chapitre 131.
Nouvelle édition : à venir.

268.
Leçon sur la charité.
"Venez à Moi, vous tous qui peinez sous le poids d'un fardeau".


 

Vision du samedi 1er septembre 1945

292> Jésus, accompagné de Manaën, sort de la maison de la veuve en disant : "Paix à toi et aux tiens. Après le sabbat, nous nous retrouverons. Adieu, petit Joseph. Demain, repose-toi et joue, après tu m'aideras encore. Pourquoi pleures-tu ?" 

"J'ai peur que tu ne reviennes plus..."           

"Je dis toujours la vérité. Mais te déplaît-il tant que je m'en aille ?"    

L'enfant acquiesce de la tête.   

Jésus le caresse et dit : "Un jour est vite passé. Demain tu restes avec ta mère et tes frères. Et moi, je reste avec mes apôtres et je leur parle. Ces jours-ci, je t'ai parlé pour t'apprendre à travailler. Maintenant je vais les trouver pour leur apprendre à prêcher et à être bons. Tu ne te divertirais pas avec Moi, seul enfant parmi tant d'hommes."  

"Oh ! Je me divertirais parce que je serai avec Toi."          

"J'ai compris, femme ! Ton fils fait comme beaucoup, et ce sont les meilleurs. Il ne veut pas me quitter. Me fais-tu confiance de me le laisser jusqu'à après-demain ?"           

"Oh ! Seigneur ! Mais je te les donnerais tous ! Avec Toi, ils sont en sécurité comme au Ciel... Et cet enfant, qui était celui qui restait le plus avec son père, a trop souffert. Il s'y est trouvé, lui, au moment... Tu vois ?.. Il ne fait que pleurer et languir. Ne pleure pas, mon fils. Demande au Seigneur si ce n'est pas vrai ce que je dis. Maître, moi, pour le consoler, je lui dis toujours que son père n'est pas perdu, mais seulement parti momentanément loin de nous."        

"C'est la vérité. C'est exactement comme te dit ta mère, petit Joseph."         

"Mais jusqu'à ce que je meure je ne vais pas le retrouver. Et je suis petit. Et si je deviens vieux comme l'était
Isaac, combien je dois attendre ?"     

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293> "Pauvre enfant ! Mais le temps passe vite."   

"Non, Seigneur. Cela fait trois semaines que je n'ai plus le père, et cela me paraît si long, si long !... Moi, je ne peux me passer de lui..." et il pleure sans bruit, mais avec une profonde peine.   

"Tu le vois ? Il est toujours ainsi. Et spécialement quand il n'est pas pris par des choses qui l'absorbent. Le sabbat est un tourment. J'ai peur qu’il ne meure..."         

"Non. J'ai un autre petit, sans père et sans mère. Il était amaigri et triste. Maintenant, auprès d'une brave femme de Bethsaïda, et avec la certitude de ne pas être séparé de ses parents, il a refleuri en sa chair et en son esprit. Il en sera ainsi du tien et, à cause de ce que je lui dirai, et parce que le temps est un grand médecin, et aussi parce que quand il te verra plus tranquille pour le pain quotidien il sera plus tranquille, lui aussi. Adieu, femme. Le soleil descend et je dois partir. Viens, Joseph. Salue ta mère, tes frères et la grand-mère et puis rejoins-moi en courant."

Et Jésus s'en va.  

"Et maintenant que vas-tu dire aux apôtres ?"       

"Que j'ai un disciple ancien et un neuf."       

 Ils traversent Corozaïn qu'anime une foule de gens. Un groupe d'hommes arrête Jésus : "Tu t'en vas ? Tu ne restes pas pour le sabbat ?"         

"Non, je vais à Capharnaüm."  

"Sans dire un mot de toute la semaine. Nous ne sommes pas dignes de ta parole ?"

"Ne vous ai-je pas donné pendant six jours la meilleure parole ?"        

"Quand ? Et à qui ?"      

"À tous. De l'établi du menuisier. Pendant des jours j'ai prêché qu’il faut aimer le prochain et l'aider de toutes manières, spécialement quand il s'agit d'êtres faibles, comme sont les veuves et les orphelins. Adieu, vous de Corozaïn. Méditez pendant le sabbat la leçon que je vous ai donnée." Et Jésus se remet en route, laissant les citadins interdits.   

Mais l'enfant, qui rejoint Jésus en courant, réveille leur curiosité, et ils disent à Jésus que de nouveau ils arrêtent : "Tu emmènes le garçon de la veuve ? Pourquoi ?"      

"Pour lui apprendre à croire que Dieu est Père et qu'en Dieu il trouvera aussi le père perdu. Et aussi pour qu'il y ait quelqu'un qui croit, ici, à la place du vieil Isaac."       

"Avec tes disciples, il y en a trois de Corozaïn
[1]".     

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294> "Avec les miens. Pas ici. Celui-là sera ici. Adieu." Et tenant l'enfant entre Lui et Manaën, il se dirige rapidement à travers la campagne vers Capharnaüm, tout en parlant avec Manaën.            

Ils rejoignent Capharnaüm où les apôtres sont déjà arrivés. Assis sur la terrasse, à l'ombre de la tonnelle, autour de Matthieu, ils racontent ce qu'ils ont fait à leur compagnon qui n'est pas encore guéri. Ils se retournent au léger bruit des sandales sur l'escalier et ils voient la tête blonde de Jésus qui émerge graduellement du muret de la terrasse. Ils courent vers Lui qui sourit... et restent pétrifiés en voyant que derrière Jésus il y a un pauvre enfant. Manaën monte aussi, magnifique en son vêtement de lin blanc que fait ressortir davantage la beauté de sa ceinture précieuse, son manteau rouge flamme de lin teint, si brillant qu'il paraît être en soie, à peine fixé aux épaules pour lui faire en arrière une sorte de traîne, son couvre-chef de byssos que tient un fin diadème d'or, une lame burinée qui coupe en son milieu son large front en lui donnant en quelque sorte un air de roi d'Égypte. Sa présence arrête une avalanche de questions que les yeux pourtant expriment clairement.  

Mais, après les salutations réciproques, assis maintenant près de Jésus, les apôtres demandent : "Et lui ?" en montrant l'enfant.       

"C'est ma dernière conquête : un petit Joseph, menuisier comme le grand Joseph qui me servit de père. Il m'est donc très cher, comme je lui suis très cher. N'est-ce pas, enfant ? Viens ici, que je te fasse connaître mes amis dont tu as tant entendu parler. Celui-ci, c'est
Simon Pierre : l'homme le meilleur pour les enfants qui existe. Et celui-ci, c'est Jean : un grand enfant qui te parlera de Dieu même en jouant. Et cet autre c'est Jacques, son frère, sérieux et bon comme un frère aîné. Celui-là, c'est André, frère de Simon Pierre : tu t'entendras tout de suite bien avec lui car il est doux comme un agneau. Et. puis voilà Simon le Zélote : il aime tant les enfants sans père qu'il ferait, je crois, le tour de la terre pour les chercher, s'il n'était pas avec Moi. Puis voilà Judas de Simon et avec lui Philippe de Bethsaïda et Nathanaël. Vois-tu comme ils te regardent ? Ils ont des enfants, eux aussi, et ils aiment les enfants. Et ces deux, ce sont mes frères, Jacques et Jude : ils aiment tout ce que j'aime et donc ils t'aimeront. Maintenant allons trouver Matthieu qui a mal au pied et pourtant n'a pas de rancœur pour les enfants qui, en jouant étourdiment, l'ont atteint avec un caillou pointu. N'est-ce pas, Matthieu ?"    

"Oh ! non, Maître. C'est le fils de la veuve ?"           

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295> "Oui. Il est très brave, mais il est resté très triste."

"Oh ! le pauvre enfant ! Je ferai appeler Jacquot et tu joueras avec lui" et Matthieu le caresse en l'attirant par la main près de lui.  

Jésus termine la présentation avec
Thomas qui, en homme pratique, la complète en offrant au petit une grappe de raisin qu'il détache de la tonnelle.   

"Maintenant vous êtes amis" conclut Jésus en s'asseyant de nouveau pendant que l'enfant mange son raisin en répondant à Matthieu qui le garde près de lui.            

"Mais où as-tu été tout seul pendant toute la semaine ?"           

"À Corozaïn, Simon de Jonas."           

"Cela je le sais. Mais qu'y as-tu fait ? Tu es allé chez Isaac ?"      

"Isaac l'Adulte est mort"          

"Et alors ?"           

"Matthieu ne te l'a pas dit ?"   

"Non. Il a dit seulement que tu étais à Corozaïn depuis le lendemain de notre départ."      

"Matthieu est plus brave que toi. Lui sait se taire, et toi tu ne sais pas freiner ta curiosité."      

"Pas la mienne. Celle de tout le monde."     

"Eh bien : je suis allé à Corozaïn pour prêcher la charité en acte."        

"La charité en acte ? Que veux-tu dire ?" demandent plusieurs.           

"À Corozaïn il y a une veuve avec cinq enfants et une vieille malade. L'homme est mort subitement près de son établi, laissant derrière lui la misère et des travaux inachevés. Corozaïn n'a pas su trouver un brin de pitié pour cette famille malheureuse. Je suis allé achever les travaux et..."         

Il se produit un vacarme. C'est à qui demande, à qui proteste, à qui gourmande Matthieu de l'avoir permis, à qui admire, à qui critique. Et d'ailleurs ceux qui critiquent ou protestent sont la majorité.     

Jésus laisse l'orage se calmer comme il s'est formé, et dit pour toute réponse : "Et je vais y retourner après-demain et je ferai ainsi jusqu'à ce que j'aie fini. Et je veux espérer que vous au moins comprendrez. Corozaïn est un noyau compact et qui est dépourvu de germe. Que vous soyez, vous au moins, des noyaux qui ont un germe. Toi, enfant, donne-moi la noix que Simon t'a donnée et écoute-moi, toi aussi.      

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296>
 Vous voyez cette noix ? Et je la prends parce que je n'ai pas d'autres noyaux sous la main mais, pour comprendre la parabole, pensez aux noyaux des pignons, ou des palmiers, aux plus durs, à ceux des olives, par exemple. Ce sont des étuis fermés, sans fente, très durs, d'un bois compact. Ils semblent des écrins magiques que seule la violence peut ouvrir. Et pourtant, s'il arrive qu'on en mette un en terre, même simplement à terre, et qu'un passant l'enfonce, en passant dessus, juste assez pour qu'il s'enfonce dans le sol, qu'arrive-t-il ? Que le coffre s'ouvre et produit des racines et des feuilles. Comment y arrive-t-il par lui-même ? Nous, nous devons frapper fort avec le marteau pour y réussir, et au contraire le noyau s'ouvre tout seul. Cette semence est donc magique ? Non. Elle a, à l'intérieur, une pulpe. Oh ! une chose faible, comparée à la dure coque ! Et pourtant elle nourrit une chose encore plus petite : le germe. Et c'est lui qui fait levier, qui force, ouvre, et donne une plante avec des racines et des feuilles. Essayez de mettre en terre des noyaux, et puis attendez. Vous verrez que certains lèvent, d'autres pas. Sortez ceux qui n'ont pas poussé, ouvrez-les avec le marteau, et vous verrez que ce sont des semences vides. Ce n'est donc pas l'humidité du sol ou la chaleur qui font ouvrir le noyau. Mais c'est la pulpe et plutôt l'âme de la pulpe : le germe qui, en se gonflant, fait office de levier et ouvre.    

C'est la parabole. Mais appliquons-la à nous. Qu'ai-je fait qu'il ne fallait pas faire ? Nous nous sommes donc encore si peu compris, pour ne pas comprendre que l'hypocrisie est un péché et que la parole n'est que du vent si l'action ne vient pas lui donner sa force ? Que vous ai-je toujours dit, Moi ?
 "Aimez-vous les uns les autres. L'amour est le commandement et le secret de la gloire". Et Moi, qui prêche, devrais-je être sans charité ? Vous donner l'exemple d'un maître menteur ? Non, jamais !     

Oh ! mes amis. Notre corps est le dur noyau. dans ce dur noyau est renfermée la pulpe : l'âme, en elle se trouve le germe que j'y ai déposé. Il est fait d'éléments multiples, mais le principal, c'est la charité. C'est elle qui fait office de levier pour ouvrir le noyau et libérer l'esprit des contraintes de la matière en l'unissant à Dieu qui est Charité. On ne fait pas seulement la charité avec des paroles ou de l'argent. On fait la charité avec la seule charité. Et que cela ne vous paraisse pas un jeu de mots. Moi, je n'avais pas d'argent et les paroles ne suffisaient pas pour ce cas. Ici il y avait sept personnes, au bord de la faim et de l'angoisse. Le désespoir avançait ses griffes noires pour saisir et noyer. Le monde s'éloignait, dur et égoïste, devant ce malheur. Le monde ne semblait pas avoir compris les paroles du Maître. Le Maître a évangélisé par le moyen des œuvres. J'avais la capacité et la liberté de le faire.      

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297>
Et j'avais le devoir d'aimer pour tout le monde ces petits que le monde laisse sans amour. C'est tout cela que j'ai fait : Pouvez-vous encore me critiquer ? Ou bien est-ce Moi - en présence d'un disciple qui ne s'est pas scandalisé d’amener sa personne au milieu de la sciure et des copeaux pour ne pas abandonner le Maître et qui, j'en suis convaincu, me sera devenu plus attaché en me voyant penché sur le bois qu'il ne l'aurait été en me voyant sur un trône, et en présence d'un enfant qui m'a connu pour ce que je suis, malgré son ignorance, le malheur qui l'accable, et son absolue virginité de connaissance du Messie tel qu'il est en réalité – ou bien est-ce Moi qui doit vous critiquer ?      

Vous ne parlez pas ? Ne vous mortifiez pas seulement pendant que j'élève la voix pour redresser des idées erronées. C'est par amour que je le fais, Mais mettez en vous le germe qui sanctifie et ouvre le noyau, ou vous serez toujours des êtres inutiles, Ce que j'ai fait, vous devez être prêts à le faire. Pour l'amour du prochain, pour amener à Dieu une âme, aucun travail ne doit vous être trop lourd.
 Le travail, quel qu’il soit, n'est jamais humiliant. Mais humiliantes sont les actions basses, les faussetés, les dénonciations menteuses, les duretés, les injustices, l'usure, les calomnies, la luxure. C'est cela qui mortifie l'homme. Et pourtant cela se fait sans honte, même par ceux qui veulent se dire parfaits et qui sûrement se sont scandalisés de me voir travailler avec la scie et le marteau. Oh ! Oh ! le marteau ! Le méprisable marteau, s'il sert à enfoncer des clous dans le bois pour fabriquer un objet qui donne à manger à des orphelins, comme il deviendra noble ! Le marteau sans noblesse, s'il est dans mes mains et pour une fin sainte, comme il n'aura plus cette apparence et comme voudront l'avoir tous ceux qui maintenant se mettraient à crier au scandale, à cause de lui !       

Oh ! homme, créature qui devrait être lumière et vérité, comme tu es ténèbre et mensonge ! Mais vous, vous au moins, comprenez ce que c'est que le Bien, ce que c'est que la Charité, ce que c'est que l'Obéissance ! En vérité je vous dis que nombreux sont les pharisiens et qu'ils ne sont pas absents parmi ceux qui m'entourent."          

"Non, Maître. Ne le dis pas ! Nous... c'est parce que nous t'aimons que nous ne voulons pas certaines choses !..."  

"C'est parce que vous n'avez encore rien compris. Je vous ai parlé de la Foi et de l'Espérance et je croyais qu'il n'y avait pas besoin d'une nouvelle parole pour vous parler de la Charité, parce que je l'exhale tellement que vous devriez en être saturés. Mais je vois que vous ne la connaissez que de nom sans en connaître la nature et la forme. De la même façon que vous connaissez la lune.         

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298>
 Vous rappelez-vous le jour où je vous ai dit que l'Espérance est comme le bras transversal du doux joug qui soutient la Foi et la Charité, et qu'elle est le gibet de l'humanité et le trône du salut[2] ? Oui ? Mais vous n'avez pas compris le sens de mes paroles. Et pourquoi ne m'en avez-vous pas demandé l'explication ? Moi, je vous la donne.  C'est un joug, car elle oblige l'homme à rabaisser son sot orgueil sous le poids des vérités éternelles, et c'est le gibet de cet orgueil. L'homme qui espère en Dieu son Seigneur, humilie nécessairement son orgueil qui voudrait se proclamer "dieu", et il reconnaît que lui n'est rien et que Dieu est tout, que lui ne peut rien et que Dieu peut tout, que lui-homme est poussière qui passe et que Dieu est une éternité qui élève la poussière à un degré supérieur, en lui donnant une récompense d'éternité. L'homme se cloue à sa croix sainte pour rejoindre la Vie et il s'y trouve cloué par les flammes de la Foi, de la Charité, mais il est élevé vers le Ciel par l'Espérance qui est entre elles deux. Mais retenez cet enseignement : si la Charité fait défaut, le trône est sans lumière et le corps, décloué d'un côté, s'incline vers la fange parce qu'il ne voit plus le Ciel. Il annule ainsi les effets salutaires de l'Espérance et finit par rendre stérile la Foi elle-même parce que, détaché de deux des trois vertus théologales, on tombe en langueur et dans un froid mortel.        

 Ne repoussez pas Dieu, même dans les choses les plus petites, et c'est repousser Dieu que de refuser une aide au prochain à cause d'un orgueil païen.         

Ma Doctrine est un joug qui fait plier l'humanité coupable et c'est un maillet qui brise la rude écorce pour en libérer l'esprit. C'est un joug et un maillet, oui. Mais pourtant qui l'accepte ne sent pas la lassitude que donnent les autres doctrines humaines et toutes les autres choses humaines, Mais pourtant celui qui s'en fait frapper ne ressent pas la douleur d'être brisé dans son moi humain, mais il éprouve un sentiment de libération. Pourquoi cherchez-vous à en être délivrés pour la remplacer par tout ce qui est plomb et douleur ? Vous tous avez vos douleurs et vos fatigues. Toute l'humanité a des douleurs et des fatigues supérieures parfois aux forces humaines. Depuis l'enfant comme celui-ci qui déjà porte sur ses petites épaules un grand fardeau qui le fait se courber et enlève le sourire enfantin à ses lèvres et l'insouciance à son esprit qui, toujours humainement parlant, ne sera plus jamais enfantin, jusqu'au vieillard qui penche vers la tombe avec toutes les déceptions et les fatigues et le poids et les blessures de sa longue vie.

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299>
 Mais dans ma Doctrine et dans ma Foi se trouve le soulagement de ces poids écrasants. C'est pour cela qu'on l'appelle la "Bonne Nouvelle". Et qui l'accepte et lui obéit sera bienheureux dès la terre parce qu'il aura Dieu pour le soulager et les Vertus pour lui rendre facile et lumineux le chemin, comme s'il avait des sœurs affectueuses qui, en le tenant par la main, avec des lampes allumées éclairent sa route et sa vie et lui chantent les éternelles promesses de Dieu jusqu'au moment où, laissant tomber en paix sur la terre le corps fatigué, il se réveille au Paradis.            

Pourquoi voulez-vous, ô hommes, être fatigués, désolés, lassés dégoûtés, désespérés, quand vous pouvez être soulagés et réconfortés ? Pourquoi vous aussi, mes apôtres, voulez-vous ressentir la lassitude de la mission: sa difficulté, sa sévérité, alors qu'en ayant la confiance d'un enfant, vous pouvez n'avoir qu'un joyeux empressement, une lumineuse facilité pour l'accomplir et comprendre et sentir qu'elle n’est sévère que pour les impénitents qui ne connaissent pas Dieu, mais est pour ceux qui lui sont fidèles comme une mère qui soutient sur le chemin, indiquant aux pieds incertains de son petit, les cailloux et les ronces, les nids de serpents et les fossés, pour qu'il les connaisse et n'y périsse pas ?

En ce moment, vous êtes désolés. Votre désolation a eu un commencement bien misérable ! Vous êtes désolés d'abord de mon humilité comme d'un crime contre Moi-même. Ensuite vous êtes désolés parce que vous avez compris que vous m'avez peiné et qu'ainsi vous êtes encore loin de la perfection. Mais pour peu d'entre vous cette désolation est dépourvue d'orgueil. De l'orgueil blessé par la constatation de n'être encore rien, alors que par orgueil vous voudriez être parfaits. Ayez seulement l'humilité consentie d'accepter le reproche et de reconnaître que vous vous êtes trompés, en promettant en votre cœur de vouloir la perfection pour un but qui dépasse l'humain. Et puis venez à Moi. Je vous corrige, mais je vous comprends et compatis.         

Venez à Moi, vous apôtres, et venez à Moi vous tous, hommes qui souffrez par des douleurs matérielles, par douleurs morales, par des douleurs spirituelles. Ces dernières qui vous sont données par la douleur de ne pas savoir vous sanctifier comme vous le voudriez, pour l'amour de Dieu, et avec empressement et sans revenir au Mal. Le chemin de la sanctification est long et mystérieux, et parfois il s'accomplit à l'insu du voyageur qui s'avance dans les ténèbres avec le goût du poison dans la bouche, et qui croit qu'il n'avance pas et ne boit pas le liquide céleste et qui ne sait pas non plus que cette cécité spirituelle est un élément de perfection.       

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300> Bienheureux ceux, trois fois bienheureux ceux qui continuent d'avancer sans jouir de la lumière et des douceurs et qui ne cèdent pas parce qu'ils ne voient et ne sentent rien et qui ne s'arrêtent pas en disant : "Je n'avance pas tant que Dieu ne me donne pas des délices". Je vous le dis : le chemin le plus obscur deviendra très lumineux tout d'un coup, en débouchant sur des paysages célestes. Le poison, après avoir enlevé tout goût pour les choses humaines, se changera en douceur de Paradis pour ces courageux qui diront étonnés : "Comment cela ? Pourquoi pour moi une telle douceur et une telle joie ?" C'est parce qu’ils auront persévéré et Dieu les fera exulter dès cette terre de ce qu'il y a au Ciel.

Mais en attendant, pour résister,
 venez à Moi vous qui êtes fatigués et lassés, vous, apôtres, et avec vous tous les hommes qui cherchent Dieu, qui pleurent à cause de la douleur qu'ils rencontrent sur la terre, qui s'épuisent dans la solitude et je vous restaurerai. Prenez sur vous mon joug. Ce n'est pas un fardeau. C'est un soutien. Embrassez ma Doctrine comme si c'était une épouse aimée. Imitez votre Maître qui ne se borne pas à la bénir, mais fait ce qu'elle enseigne. Apprenez de Moi qui suis doux et humble de cœur. Vous trouverez le repos de vos âmes parce que la douceur et l'humilité procurent le royaume sur la terre et dans les Cieux. Je vous l'ai déjà dit que les vrais triomphateurs parmi les hommes sont ceux qui le conquièrent par l'amour, et l'amour est toujours doux et humble. Je ne vous donnerais jamais à faire des choses qui dépassent vos forces, parce que je vous aime et que je vous veux avec Moi dans mon Royaume. Prenez donc mon insigne et mon uniforme, et efforcez-vous d'être semblables à Moi et tels que ma Doctrine vous enseigne. N'ayez pas peur, parce que mon joug est doux et son poids est léger, alors qu'infiniment puissante est la gloire dont vous jouirez si vous êtes fidèles. Infinie et éternelle...

Je vous quitte pour un moment. Je vais avec l'enfant près du lac. Il trouvera des amis... Ensuite nous romprons le pain ensemble. Viens, Joseph. Je te ferai connaître les petits qui m'aiment."      

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[1] Abel le lépreux guéri - Samuel le bossu, son ami - Élie (Laisse les morts enterrer les morts…).

[2] Cf. chapitre 119 : la symbolique de la Croix.