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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta © Centro Editoriale Valtortiano |
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- [Commentaire de Jésus : - L'humilité de Jean 22 - Les tentations de Jésus 24 - Les motifs de cette tentative de proclamation 25 - Faire comme le Christ] 26 |
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22> Jésus dit : "C'est pour ceux qui ont le cœur droit qu'a été donnée cette page évangélique inconnue et tellement, tellement explicative. Jean, en écrivant après de nombreux lustres son Évangile, fait une brève allusion au fait.[1] Obéissant au désir de son Maître, dont il met en lumière plus que tout autre évangéliste la nature divine, il révèle aux hommes ce détail ignoré, et il le révèle avec cette retenue virginale qui enveloppait toutes ses actions et toutes ses paroles d'une pudeur humble et réservée. 23>
Lisez le premier chapitre de son Évangile où il raconte sa rencontre avec Moi : "Jean Baptiste se trouvait de nouveau avec deux de ses disciples... Les deux disciples, ayant entendu ces paroles... André, frère de Simon Pierre, était l'un des deux qui avaient entendu les paroles de Jean et qui avaient suivi Jésus. Le premier que André rencontra..."[2] Lui ne se nomme pas, au contraire il se cache derrière André qu'il met en lumière. A Cana, il était avec Moi, et il dit : "Jésus était avec ses disciples... et ses disciples crurent en Lui". C'étaient les autres qui avaient besoin de croire. Lui croyait déjà, mais il ne fait qu'un avec les autres, comme s'il avait besoin de voir des miracles pour croire. Témoin à la première fois que j'ai chassé les marchands du Temple, à l'entretien avec Nicodème, à l'épisode de la Samaritaine, il ne dit jamais : "J'y étais", mais il garde la ligne de conduite qu'il avait prise à Cana et il dit : "Ses disciples" même quand il était seul ou avec un autre. Et il continue ainsi, sans jamais se nommer, en mettant toujours en avant ses compagnons; comme s'il n'avait pas été le plus fidèle, le toujours fidèle, le parfaitement fidèle. Rappelez-vous la délicatesse avec laquelle il fait allusion à l'épisode de la Cène, dont il résulte que c'était lui le préféré reconnu comme tel même par les autres, qui ont recours à lui quand ils veulent connaître les secrets du Maître : "Les disciples commencèrent donc à se regarder l'un l'autre, ne sachant pas à qui le Maître faisait allusion. L'un d'eux, le préféré de Jésus, reposait sur sa poitrine. Simon Pierre lui fit signe et il demanda : 'De qui parle-t-il ?' Celui-ci, appuyé comme il était sur la poitrine de Jésus, Lui demanda : 'Qui est-ce donc, Seigneur ?' " Il ne se nomme pas non plus en tant qu'appelé au Gethsémani avec Pierre et Jacques. Il ne dit pas non plus : "J'ai suivi le Seigneur". Il dit : "Simon Pierre le suivit avec un autre disciple, et cet autre étant connu par le Pontife entra avec Jésus dans l'atrium du Pontife". Sans Jean, je n'aurais pas eu le réconfort de le voir, lui et Pierre, dans les premières heures où je fus arrêté, mais Jean ne s'en vante pas. Un des principaux personnages dans les heures de la Passion, l'unique apôtre qui ne cessa pas d'y être présent, plein d'amour, plein de pitié, héroïquement présent près du Christ, près de la Mère, en face de Jérusalem déchaînée, il tait son nom même dans l'épisode saillant de la Crucifixion et des paroles du Mourant : "Femme, voici ton fils" "Voici ta mère". C'est "le disciple", le sans nom, sans autre nom que celui qui a été sa gloire après avoir été sa vocation : "le disciple". Devenu
le "fils" de la Mère de Dieu, même après cet honneur il ne
s'exalte pas et dans la Résurrection il dit encore : "Pierre et
l'autre disciple (auxquels Marie de Lazare avait parlé du sépulcre vide)
sortirent et allèrent... Ils coururent... mais l'autre disciple courut
plus vite que Pierre et il arriva le premier et, s'étant penché, il
vit... mais il n'entra pas..." Trait de suave humilité ! Lui,
le préféré, le fidèle, il laisse entrer Pierre le premier, Pierre, le
chef, bien qu'il eut péché par lâcheté. Il ne le juge pas. C'est son
Pontife. Il le secourt même par sa sainteté, car les "chefs"
eux-mêmes peuvent avoir besoin, et même ont besoin de leurs sujets pour
en être aidés. Combien de sujets sont meilleurs que des
"chefs" ! Ne refusez jamais, ô sujets saints, votre pitié
aux "chefs" qui fléchissent sous un fardeau qu'ils ne savent
pas porter ou qui sont aveuglés et enivrés par la fumée des honneurs. Lisez le dernier épisode sur le lac de Tibériade. C'est encore Jean qui, en répétant l'acte fait d'autres fois, reconnaît le Seigneur dans l'Homme qui est debout sur la rive et, après que l'on eut partagé la nourriture ensemble, dans la demande de Pierre : "Et de celui-ci, qu'en sera-t-il ?" c'est toujours "le disciple", rien de plus. Pour ce qui le concerne, lui, il s'anéantit. Mais quand il s'agit de dire quelque chose qui fasse resplendir d'une lumière de plus en plus divine le Verbe de Dieu Incarné, voilà que Jean relève les voiles et révèle un secret. Au sixième chapitre de l'Évangile, il dit : "S'étant aperçu qu'ils voulaient l'enlever pour le faire roi, il s'enfuit de nouveau tout seul sur la montagne". 24> Et il fait connaître aux croyants cette heure du Christ, pour que les croyants sachent que multiples et complexes furent les tentations et les luttes auxquelles on soumit le Christ en ses diverses qualités d'Homme, de Maître, de Messie, de Rédempteur, de Roi, et que les hommes et Satan, l'éternel instigateur des hommes, n'épargnèrent aucune embûche au Christ pour le diminuer, l'abattre, le détruire. Contre l'Homme, contre le Prêtre Éternel, contre le Maître, aussi bien que contre le Seigneur, montèrent à l'assaut les méchancetés sataniques et humaines, larvées de prétextes présentés comme bons. Les passions du citoyen, du patriote, du fils, de l'homme, furent toutes piquées ou essayées pour découvrir le point faible sous lequel on ferait levier. Oh ! mes enfants, vous qui ne réfléchissez qu'à la tentation du début et à la tentation de la fin. De mes fatigues de Rédempteur ne vous paraissent "fatigues" que les dernières, et douloureuses seules les dernières heures, et amères et décevantes les seules dernières expériences. Mettez-vous pour un instant à ma place. Imaginez que c'est à vous que l'on fait entrevoir la paix avec les compatriotes, leur aide, la possibilité d'accomplir les purifications nécessaires pour rendre saint le Pays aimé, la possibilité de restaurer, de réunir les membres séparés d'Israël, de mettre fin à la douleur, au servage, au sacrilège. Et je ne dis pas de vous mettre à ma place en pensant que l'on vous offre une couronne. Je vous dis seulement d'avoir pour une heure mon cœur d'Homme, et dites-moi: la proposition séduisante, comment vous aurait-elle laissés ? Triomphateurs fidèles à la divine Idée, ou plutôt vaincus ? En seriez-vous sortis plus que jamais saints et spirituels, ou vous seriez-vous détruits vous-mêmes en adhérant à la tentation ou en cédant aux menaces ? Et avec quel cœur en seriez-vous sortis, après avoir constaté jusqu'à quel point Satan poussait ses armes pour me blesser dans ma mission et dans mes affections, en faisant égarer sur le mauvais chemin mes bons disciples et en me mettant en lutte ouverte avec mes ennemis, désormais démasqués, rendus féroces pour avoir été découverts dans leurs complots ? Ne restez pas avec le compas et la mesure en mains, avec le microscope et la science humaine, ne restez pas avec des raisonnements pédants de scribes à mesurer, à confronter, à discuter, si Jean a bien parlé, jusqu'à quel point est vrai ceci ou cela. Ne superposez pas la phrase de Jean à l'épisode donné hier pour voir si les circonstances correspondent. Jean ne s'est pas trompé par faiblesse sénile, et le petit Jean ne s'est pas trompé par faiblesse de malade. Ce dernier a dit ce qu'il a vu. Le grand Jean, après de nombreux lustres du fait, a raconté ce qu'il savait et avec un fin enchaînement des lieux et des faits a révélé le secret connu de lui seul de la tentative, non sans malice, de couronnement du Christ. 25> Et beaucoup, comme c'était naturel, adhérèrent à l'idée avec simplicité. Un grand nombre feignirent sournoisement d'y adhérer pour me nuire. Ces derniers, unis par leur haine pour Moi, oublièrent les haines de castes qui les avait toujours tenus divisés, et s'allièrent pour me tenter afin de donner une apparence de légalité au crime que déjà ils avaient décidé dans leurs cœurs. Ils espérèrent de ma part une faiblesse, de l'orgueil. Cet orgueil et cette faiblesse, et par suite l'acceptation de la couronne qu'ils m'offraient, auraient justifié les accusations qu'ils voulaient lancer contre Moi. Et ensuite... Et ensuite ils s'en seraient servi pour donner la paix à leurs esprits sournois et pris de remords, parce qu'ils se seraient dit, en espérant de pouvoir le croire : "C'est Rome, pas nous, qui a puni l'agitateur Nazaréen". L'élimination légale de leur Ennemi, tel était pour eux leur Sauveur... Voici les raisons de cette tentative de proclamation. Voici la clef des haines plus fortes qui s'ensuivirent. Voici, enfin, la profonde leçon du Christ. La comprenez-vous ? C'est une leçon d'humilité, de justice, d'obéissance, de courage, de prudence, de fidélité, de pardon, de patience, de vigilance, de résignation, envers Dieu, envers ma propre mission, envers mes amis, envers les rêveurs, envers mes ennemis, envers Satan, envers les hommes dont il se servait pour me tenter, envers les choses, envers les idées. Tout doit être contemplé, accepté ou repoussé, aimé ou non, en regardant la sainte fin de l'homme : le Ciel, la Volonté de Dieu. Petit Jean, telle a été une des heures de Satan pour Moi. Comme le Christ les a eues, ainsi les ont les petits "Christ". Il faut les subir et les surmonter sans orgueil et sans découragement. Elles ne sont pas sans but, sans un but qui est bon. Ne crains pas, cependant. Dieu, pendant ces heures, n'abandonne pas mais secourt celui qui est fidèle. Et ensuite descend l'Amour pour faire des fidèles des rois. Et, en outre encore, une fois finie l'heure de la Terre, les fidèles montent au Royaume, dans la paix pour 26> toujours, victorieux pour toujours... Ma paix, petit Jean, couronné d'épines. Ma paix..." |
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