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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
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la montée au Temple par le
sud-ouest. D'après une reconstitution de l'université de
Californie Mardi 9
octobre 29 (12 Boul)
- Joseph et Nicodème, des amis non des
disciples 284 - Les femmes disciples viendront 284 - Aumônes et entrée dans le Temple pour
prier 285 - Des époux malheureux à cause de leur
fille 285 - Continuez à prier et vous verrez le
miracle 286 - Discours (Le juge inique et la
veuve : 288 - Il faut prier sans se lasser)
289 - Le peu de gens qui le suivent 290 |
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284> Jésus est de nouveau à Jérusalem : une Jérusalem
hivernale, venteuse et grise. Margziam est encore avec Jésus
et de même Isaac. Ils se dirigent
tout en parlant vers le Temple. Avec les douze,
parlant avec le Zélote plus qu'avec les
autres, et avec Thomas, se trouvent Joseph et Nicodème. Mais ensuite ils se
séparent et s'en vont en avant pour saluer Jésus sans s'arrêter. "Ils ne veulent
pas faire remarquer leur amitié avec le Maître. C'est dangereux !"
siffle l'Iscariote à l'oreille d'André. "Je crois qu'ils
le font par une juste appréciation, pas par lâcheté" dit André pour les
défendre.
"Non ? ! Il me
semblait..." "Lazare non plus n'est pas disciple, ni..." "Mais si tu
exclus et exclus, qui reste-t-il ?" "Qui ? Ceux qui
ont la mission de disciples." "Et eux, alors,
que sont-ils ?" "Des amis. Pas
plus que des amis. Est-ce que, par hasard, ils quittent leurs maisons, leurs
affaires pour suivre Jésus ?" "Non. Mais ils
l'écoutent avec plaisir et Lui donnent de l'aide et..." "Si c'est pour
cela ! Même les gentils le font, alors. Tu vois que chez Nike, nous en avons trouvé qui avaient pensé à
Lui. Et ces femmes ne sont certainement pas des disciples." "Ne t'échauffe
pas ! Je parlais ainsi seulement pour parler. Tiens-tu tant à ce que tes amis
ne soient pas disciples ? Tu devrais vouloir le contraire, me
semble-t-il." "Je ne
m'échauffe pas, et je ne veux rien, pas même que tu leur fasses du mal en
disant qu'ils sont ses disciples." "Mais à qui
veux-tu que je le dise ? Je suis toujours avec vous..." Simon le Zélote le regarde si
sévèrement que le sourire se fige sur les lèvres de Judas et il lui semble
opportun de changer de sujet de conversation et il demande : "Que
voulaient-ils aujourd'hui, les deux, pour parler ainsi avec vous ?" "Ils ont trouvé
une maison pour Nike, du côté des jardins, près de la Porte. Joseph
connaissait le propriétaire, et il savait qu'il aurait vendu à un prix
avantageux. Nous le ferons savoir à Nike." [1] "Quel désir de
jeter l'argent !" 285> "Il est à elle. Elle peut en faire ce qu'elle veut. Elle veut
rester près du Maître. Elle obéit en cela à la volonté de son époux et à son
cœur." "Il n'y a que ma mère qui est au loin..." soupire Jacques d'Alphée. "Et la mienne" dit l'autre Jacques. "Mais pour peu
de temps. As-tu entendu ce qu'a dit Jésus à Isaac et à Jean et Matthias ? 'Quand vous
reviendrez à la nouvelle lune de Scebat, venez avec les
femmes disciples, en plus de ma Mère'." "Je ne sais pas
pourquoi il ne veut pas que Margziam revienne avec elles. Il lui a dit : "Tu
viendras quand je t'appellerai". "Peut-être pour
que Porphyrée ne reste pas sans aide... Si personne ne
pêche, là-bas on ne mange pas. Si on n'y va pas, Margziam doit y aller. Ce
n'est pas assez certainement du figuier, du rucher, de quelques oliviers et
des deux brebis pour entretenir une femme, la vêtir, la nourrir..."
observe André. Jésus, arrêté contre
le mur d'enceinte du Temple, les regarde venir. Il a avec Lui Pierre, Margziam et Jude d'Alphée. Des pauvres se lèvent de leurs
grabats de pierre, placés sur le chemin qui vient vers le Temple — celui qui
va de Sion vers le Moriah, non celui qui va de Ophel au Temple [2] — et ils vont en se
lamentant vers Jésus pour Lui demander l'obole. Aucun ne demande la guérison.
Jésus commande à Judas de leur donner de l'argent, puis il entre dans le
Temple. Il n'y a pas foule.
Après la grande affluence des fêtes, il n'y a plus de pèlerins. Seuls ceux
qui pour des affaires importantes sont obligés de venir à Jérusalem, ou ceux
qui habitent dans la ville elle-même, montent au Temple. Aussi les cours et
les portiques, sans être déserts, sont beaucoup moins fréquentés et semblent
plus vastes et plus sacrés, en étant moins bruyants. Les changeurs aussi, et
les marchands de colombes et autres animaux, sont moins nombreux, adossés aux
murs du coté du soleil, un soleil blafard qui se fraie un chemin à travers
les nuages gris. Après avoir prié dans
la Cour des Israélites, Jésus revient sur ses pas et il s'adosse à une
colonne pour observer... observé Lui-même. Il voit revenir,
certainement de la Cour des Hébreux, un homme et une femme qui, sans pleurer
ouvertement, montrent un visage plus douloureux que des larmes. L'homme
essaie de réconforter la femme mais on voit que lui aussi est très affligé. Jésus se détache de la
colonne et va à leur rencontre. "De quoi souffrez-vous ?"
demande-t-il avec pitié. 286> L'homme le regarde,
étonné de cet intérêt qui, peut-être, lui semble indélicat. Mais l'œil de
Jésus est si doux qu'il en est désarmé. Pourtant, avant de parler de sa
douleur, il demande : "Comment donc un rabbi s'intéresse-t-il aux
souffrances d'un simple fidèle ?" "C'est que le
rabbi est ton frère, Ô homme. Ton frère dans le Seigneur, et il t'aime comme
le dit le commandement." "Ton frère ! Je
suis un pauvre cultivateur de la plaine de
Saron, vers Dora. Toi, tu es un rabbi." "La souffrance
est pour les rabbis comme pour tout le monde. Je sais ce qu'est la souffrance
et je voudrais te consoler." La femme écarte un
instant son voile pour regarder Jésus et elle murmure à son mari :
"Dis-le-lui. Peut-être il pourra nous aider..."
"Ne parle pas
ainsi, Jacques" supplie la femme à voix basse et elle dit pour finir :
"Le Rabbi nous maudira comme blasphémateurs... et Dieu nous punira.
C'est notre douleur, elle vient de Dieu... Et s'il nous a frappés, c'est
signe que nous l'avons mérité" achève-t-elle dans un sanglot.
"C'est trop
tard. Désormais notre fille est répudiée et déshonorée et elle va
mourir..." dit l'homme. 287> "Il n'est jamais trop tard pour le Très-Haut. En un
instant et à cause de la persévérance d'une prière. Il peut changer le cours
des événements. De la coupe aux lèvres, il y a encore du temps pour la mort
d'insinuer son poignard et pour empêcher de boire celui qui approchait la
coupe de ses lèvres, et cela par l'intervention de Dieu. Moi, je vous le dis.
Retournez aux places où vous priez, et persévérez aujourd'hui, demain et
après-demain encore, et si vous saurez avoir foi, vous verrez le
miracle." "Rabbi, tu veux
nous réconforter... mais en ce moment... Ce n'est plus possible, et tu le
sais, d'annuler le libelle une fois qu'il a été remis à la femme
répudiée" insiste l'homme. "Aie foi, te
dis-je. Il est vrai qu'on ne peut l'annuler. Mais sais-tu si ta fille l'a
reçu ?" "De Dora à
Césarée, il n'y a pas un long chemin. Pendant que le serviteur arrivait ici, Jacob est certainement
revenu à la maison et il a chassé Marie."
"Oh ! allons,
Jacques ! Le Rabbi sait. S'il dit de prier, c'est signe qu'il sait que la
chose est juste. Aie foi, mon époux. Je sens une grande paix, une forte
espérance qui se lève là où j'avais tant de douleur. Que Dieu te récompense,
ô Rabbi, Toi qui es bon, et qu'il t'écoute. Prie pour nous Toi aussi. Viens,
Jacques, viens" et elle réussit à persuader son mari qui la suit après
avoir salué Jésus du salut habituel des hébreux : "La paix soit avec
Toi" auquel Jésus répond par la même formule. "Pourquoi ne lui
as-tu pas dit qui tu es ? Ils auraient prié avec plus de paix" disent
les apôtres, et Philippe ajoute : "Je
vais le lui dire." Mais Jésus le retient en disant
: "Je ne veux pas. Il aurait en fait prié avec paix, mais avec moins de
valeur, mais avec moins de mérite. Ainsi leur foi est parfaite et sera
récompensée." 288> "Réellement ?" "Et voulez-vous
que je mente en trompant deux malheureux ?" Il regarde les gens qui se
sont rassemblés, une centaine de personnes, et il dit : "Écoutez cette parabole
qui vous dira la valeur de la prière constante.
Mais dans cette
ville, il y avait aussi une veuve chargée d'enfants. Elle devait recevoir une
forte somme d'un homme puissant pour des travaux exécutés par son mari défunt
pour le riche puissant. Elle, poussée par le besoin et l'amour maternel,
avait essayé de se faire donner par le riche la somme qui lui aurait permis
de rassasier ses enfants et de les vêtir pour le prochain hiver. Mais après
que se furent révélées vaines toutes les pressions et les supplications
adressées au riche, elle eut recours au juge. Le juge était un ami du riche
qui lui avait dit : 289> "Si tu me donnes raison, le tiers de la somme est pour toi". Aussi, il fut
sourd aux paroles de la veuve qui le priait : "Rends-moi justice contre
mon adversaire. Tu vois que j'en ai besoin. Tout le monde peut dire que j'ai
droit à cette somme". Il se montra sourd et la fit chasser par ses
commis. Mais la femme revient une, deux, dix fois, le matin, à sexte, à none,
le soir, inlassable. Et elle le suivait sur la route en criant :
"Rends-moi justice. Mes enfants ont faim et froid. Je n'ai pas d'argent
pour acheter de la farine et des vêtements". Elle se faisait trouver sur
le seuil de la maison du juge quand il y revenait pour s'asseoir à table avec
ses enfants. Et le cri de la veuve : "Rends-moi justice contre mon
adversaire car mes enfants et moi, nous avons faim et froid" pénétrait
jusqu'à l'intérieur de la maison, dans la salle à manger, dans la chambre à
coucher pendant la nuit, insistant comme le cri d'une huppe : "Fais-moi
justice, si tu ne veux pas que Dieu te frappe ! Fais-moi justice.
Rappelle-toi que la veuve et les orphelins sont sacrés pour Dieu et malheur à
celui qui les piétine ! Rends-moi justice, si tu ne veux pas souffrir un jour
ce que nous souffrons. Notre faim, notre froid, tu les trouveras dans l'autre
vie si tu ne rends pas justice ! Malheureux que tu es !" Le juge ne craignait
pas Dieu et ne craignait pas le prochain. Mais à force d'être harcelé, de se
voir devenu un objet de risée de la part de toute la ville à cause des
poursuites de la veuve et aussi un objet de blâme, il en fut fatigué. Aussi
un jour, il se dit en lui-même : "Bien que je ne craigne pas Dieu ni les
menaces de la femme, ni ce qu'en pensent les habitants, cependant, pour en
finir avec tant d'ennuis, je donnerai audience à la veuve et lui rendrai
justice, en obligeant le riche à payer. Il me suffit qu'elle ne me poursuive
plus et ne soit plus autour de moi". Et ayant appelé son riche ami, il
lui dit : "Mon ami, il ne m'est plus possible de te satisfaire. Fais ton
devoir et paie, car je ne supporte plus d'être harcelé à cause de toi. J'ai
parlé". Et le riche dut débourser la somme conformément à la justice. C'est la parabole.
Maintenant, à vous de l'appliquer.
Ayez foi. Sachez
prier avec foi dans la prière et avec foi en Dieu votre Père. Et Lui vous
rendra justice contre ceux qui vous oppriment, que ce soit des hommes ou des
démons, des maladies ou d'autres malheurs. La prière persévérante ouvre le
Ciel et la foi, sauve l'âme, quelle que soit la façon dont la prière est
écoutée et exaucée. Allons !" |
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[1] La Porte des jardins est
à l'ouest de
la ville non loin du Golgotha et du palais de Chouza.
[2] Du sud-ouest et non du sud.
Le Moriah est la partie où est construite le Temple.
Sion désigne soit l'éperon rocheux au sud d'Ophel, ce
n'est pas le cas ici, soit le mont où est le Cénacle. C'est le cas ici.