"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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La publication de l'œuvre :
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Les passages de l'œuvre qui parlent de Maria Valtorta

Dictée de Jésus : la place qu'on doit accorder aux œuvres de voyantes et leur mission de porte-parole


1944 : L'œuvre de Maria Valtorta n'était pas encore achevée, que le P. Romualdo Migliorini, son confesseur, commence à la dactylographier et à en distribuer, contre l'avis de Maria Valtorta, des extraits en insistant sur la "révélation divine" à leur origine.

1946 : Ses supérieurs mutent le P. Migliorini de Viareggio à Rome. On lui demande, semble-t-il, de cesser ses diffusions prosélytes. A Rome, il rencontre un de ses confrères dans l’ordre des Servites de Marie (o.s.m.), le P. Corrado Berti, professeur de Dogmatique et de théologie sacramentelle à Marianum, faculté pontificale de théologie. Il lui partage sa conviction et ils se mettent en quête de la promotion de l'œuvre. Parallèlement les rapports du P. Migliorini avec Maria Valtorta se tendent. Ils cessent de correspondre. À cette époque, Mgr Alfonso Carinci, (9/11/1862 - 6/11/63) écrit "Il n’y a rien ici qui soit contraire aux Évangiles. Au contraire, cette œuvre, qui est un excellent complément à l’Évangile, contribue à une meilleure compréhension de sa signification." [1]. Ce Prélat, Secrétaire de la Congrégation pour les Rites sacrés (actuellement pour la cause des saints) du 15/12/1945 au 5/01/1960 sera un des réconforts de Maria Valtorta éprouvée par les évènements qui suivirent.

1947 : Sur les conseils de ce Prélat et du P. Agostino Bea [2], confesseur de Pie XII et futur Cardinal, les PP. Migliorini et Berti font passer au Pape les douze volumes dactylographiés de l'œuvre. Le Pape en prend personnellement connaissance.

1948 : Pie XII reçoit les religieux, en compagnie de leur Supérieur, le P. Andrew Cecchin, le 26 février 1948. Au cours de cette audience spéciale, attestée par l'Osservatore Romano, n° 48, daté du lendemain, le Pape fait part de son jugement favorable. Aussi conseille-t-il de publier l’œuvre sans rien enlever, pas même les déclarations explicites de rapporter des “visions” et des “dictées”; mais en même temps il n’approuve pas le texte d’une préface qui parlait d’un phénomène surnaturel. Selon le conseil du Pape, toute interprétation devait être laissée au lecteur : "Publiez l'œuvre tel quel. Il n’y a pas lieu de donner une opinion quant à son origine, qu’elle soit extraordinaire ou non. Ceux qui liront comprendront". Une quarantaine d'années plus tard, le P. Cecchin confirmera ces termes de Pie XII, rapportés par les témoins, à un religieux de la région de Chicago, le P. Peter Mary Rookey. Il rajoutera que le Pape avait demandé aux religieux de se mettre en quête d'un évêque pour l'imprimatur d'usage.

1949 : Rassurés par une telle réponse en haut lieu, les deux religieux se mirent en frais pour chercher un éditeur. Après quelques démarches sans résultat, leur enthousiasme les conduisit à l’imprimerie polyglotte vaticane. Ils y trouvèrent une bonne disposition à accepter le travail, qui, cependant, devait être soumis préalablement à l'imprimatur du Saint Office où deux commissaires, Mgr Giovanni Pepe et le P. Girolamo Berruti, dominicain s'en chargèrent. L’œuvre finit par être sévèrement et inexplicablement bloquée en 1949. Sans avoir le droit de parler, le P. Berti dû signer un décret du Saint-Office interdisant la publication et l'enjoignant de remettre les originaux de l'œuvre, mais il ne remit que des copies.

1950 : Avec crainte, mais confiante en les paroles de Pie XII, Maria Valtorta conclue un contrat avec la société éditrice Michel Pisani d'Isola del Liri. L'un de ses fils, Émile, actuel légataire des écrits de Maria Valtorta, s'impliquera personnellement, dès cette date, dans l'édition et la promotion de l'œuvre. L'évêque du lieu, Mgr Fontevecchia, familier des éditions Pisani, n'eut pas le courage de lire la masse dactylographiée en vue de l'imprimatur (4.000 feuillets). Il l'appréciait cependant et, devenant aveugle, il se la faisait lire.

1953 : Le P. Romualdo Migliorini meurt.

1956 : Le premier des quatre volumes du Poema del Uomo-Dio" (Poème de l'Homme-Dieu) est édité de façon anonyme, selon la volonté de Maria Valtorta.

1958 : Le 9 octobre, le Pape Pie XII meurt et le 28 octobre Jean XXIII est élu.

1959 : Le dernier des quatre tomes de l'œuvre de Maria Valtorta est publié. Le 16 décembre, le décret de mise à l'Index de l'œuvre de Maria Valtorta est signé.

1960 : Le 5 janvier, Mgr Alfonso Carinci, presque centenaire, termine ses fonctions. Le lendemain, l'Osservatore Romano publie le décret de mise à l'Index et le commente dans un article anonyme intitulé "Une vie de Jésus mal romancée".

1961 : Le 12 octobre, Maria Valtorta meurt. Le 1er décembre, l'Osservatore Romano publie un article étendant à la seconde édition (qui allait comporter dix volumes), la prohibition de la première. Le même mois P. Berti est convoqué par le Saint-Office (à l'origine de la mise à l'Index) où il trouve une atmosphère plus propice au dialogue. Il rapporte les propos de Pie XII en 1948 ainsi que les prises de positions favorables de trois conseillers du même Saint-Office : Mgr Ugo Lattanzi [3], et les PP. Bea et Roschini.

1962 : En janvier, le P. Berti revient par quatre fois au Saint-Office avec un rapport et quelques documents qu'on lui avait demandés. Il obtient du Vice-Commissaire du Saint-Office, le P. Marco Giraudo, dominicain, une autorisation modérée, mais verbale : "Vous avez notre entière approbation pour continuer la publication de cette deuxième édition de l’Évangile tel qu’il m’a été révélé de Maria Valtorta. Nous verrons bien comment l'œuvre sera accueillie".

1963 : le 3 juin, Jean XXIII meurt, le 21 juin, Paul VI est élu. Mgr Macchi, secrétaire du nouveau Pape, confirme dans un entretien au P. Berti que l'œuvre de Maria Valtorta n'est pas à l'Index.

1966 : Le 14 juin, l'Index est aboli : dans la suite de la lettre apostolique "Integrae Servandae" définissant le rôle de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (anciennement Congrégation du Saint-Office), le Cardinal Alfredo Ottaviani précise le sort réservé aux livres interdits. Après avoir consulté le Pape, il promulgue la Notification sur l'abolition de l'Index des livres prohibés "Notificatio de Indicis librorum prohibitorum conditione" (Acta Apostolicæ Sedis - AAS 58), publié dans l'Osservatore Romano du mardi 15 juin 1966 : L'Index reste moralement engageant mais il n'a plus force de loi ecclésiastique avec la censure qui lui était jointe. L'Église affirme sa confiance dans la conscience des fidèles et confie aux différentes Conférences épiscopales (nationales), le soin d'examiner et d'empêcher d'éventuelles lectures nocives.

1974 : 17 janvier, la Secrétarie du Pape transmets les félicitations de Paul VI au P. Gabrielle Roschini, professeur à l'Université du Latran et conseiller pontifical, pour son ouvrage ouvertement favorable à l'œuvre de Maria Valtorta. Le P. G. Roschini est le fondateur de "Marianum", faculté pontificale de théologie.

1975 : 19 mars, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi publie l'Acta Apostolicae Sedis 67 (AAS 67) sur la nouvelle réglementation "concernant la vigilance des pasteurs de l'Église au regard des livres" (Decretumde Ecclesiae pastorum vigilantia circa libros) : L'imprimatur, confié aux conférences nationales ou régionales (art. 1), se concentre désormais sur un périmètre restreint : Traductions de l'Écriture sainte (art. 2), livres liturgiques (art. 3), catéchismes et livres d'enseignement (art.4), le devoir de réserve des prêtres et des fidèles (art. 5), la constitution des corps compétents pour donner un avis motivé (art. 6). L'œuvre de Maria Valtorta échappe à ce périmètre, mais n'exclu pas la prudence pastorale, compte-tenu de son sujet, ce que défendra ultérieurement le Cardinal Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.

1978 : Le 8 décembre 1978, P. Corrado Berti signe sur papier à en-tête du "Collegio Internazionale - S. Alessio Falconieri – Dei Servi di Maria - Viale Trenta Aprile, 6 - 00153 ROMA Tel. 58.90.441" une attestation certifiant la chronologie des évènements y compris la levée verbale de l'Index en 1961 et sa confirmation en 1963. On peut consulter un fac-similé de la dernière page portant sa signature.

1984 : Ouverture du procès en béatification de Gabrielle Allegra, o.f.m. (franciscain) missionnaire et exégète. Le "Bolletino Valtortiano" commence à publier ses notes, travaux et correspondance qu'il entretenait dès 1965 avec le P. Margiotti, un confrère, sur Maria Valtorta dont il était féru. G. Allegra  sera déclaré Bienheureux par Jean-Paul II le 7 août 1995 et promulgué en 2002.

1985 : Le 31 janvier, dans une lettre adressée au Cardinal Giuseppe Siri, archevêque de Gênes (voir le fac-similé à "Appendix I"), le cardinal Ratzinger, le charge de répondre à la demande d'un prêtre de son diocèse, en date du 18 mai 1984, désireux de connaître la position de l'Église sur les écrits de Maria Valtorta. Il lui communique l'ensemble des pièces officielles du dossier en le laissant juge de la conduite à tenir. Pour sa part, il ne juge pas opportune la diffusion des ces œuvres, non au regard d'erreurs intrinsèques, mais au regard de l'impact qu'elles pourraient avoir sur les esprits mal préparés (naïfs).

1992 : Devant la "recrudescence de l'intérêt" pour l'œuvre de Maria Valtorta, le Cardinal Ratzinger demande à Mgr Dionigi Tettamanzi, secrétaire général de la Conférence épiscopale italienne, de prendre officiellement contact avec l'éditeur pour que "toute future réédition" porte clairement la mention "que les "visions" et "dictées" qui y sont mentionnées sont tout simplement les formes littéraires utilisées par l'auteur pour raconter à sa manière la vie de Jésus. Ils ne peuvent pas être considérés comme d'origine surnaturelle". Le 11 octobre le Catéchisme de l'Église catholique, rédigé par une commission sous la présidence du Cardinal Ratzinger, est promulgué par Jean-Paul II. Il légifère dans ses articles 66 et 67 sur les révélations privées : même reconnues par l'Église, elles ne peuvent être considérées comme un complément ou une amélioration de l'unique Révélation, mais comme une aide : "Guidés par le Magistère de l'Église, le sens des fidèles sait discerner et accueillir ce qui dans ces révélations constitue un appel authentique du Christ".

1993 : 11 mai, Mgr Boland, évêque de Birmingham (Alabama) informe Mr Terry Colafrancesco de la réponse apportée par le Cardinal Ratzinger à sa demande du 21 juillet 1992 sur la position de l'Église concernant l'œuvre de Maria Valtorta. L'évêque, faisant référence à la lettre du Cardinal Ratzinger, confirme le mandement fait à la Conférence épiscopale italienne l'année précédente.

1994 : L'éditeur publie désormais le "Poème de l'Homme-Dieu" sous son titre original de "l'Évangile tel qu'il m'a été révélé" et sous seule mention de son auteure, Maria Valtorta, sans référence à une origine surnaturelle. Il a expliqué longuement dans les deux "Bollettino Valtortiano" de l'année 1994, les motifs de ce retour au titre original et les rapports normalisés avec l'autorité ecclésiastique. Cela n'empêche pas une certaine polémique de se poursuivre.


 

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[1] Il reprend ainsi ce que dira le Catéchisme de l'Église catholique un demi-siècle plus tard sur les révélations privées (§ 67) : "leur rôle n'est pas d'améliorer ou de compléter la Révélation définitive du Christ, mais d'aider à en vivre plus pleinement à une certaine époque de l'histoire". Tous les témoignages évoqués, sauf mention contraire, ont été publié dans le "Bollettino Valtortiano" n° 19 de juin 1979 – Ces bulletins ont été édités en Collector par le Centro Editoriale Valtortiano – ISBN 88-7987-045-9.

[2] Le P. Agostino Bea, alors recteur de l'Institut biblique pontifical à Rome, écrit en 1952 à l'éditeur (après que les commissaires du Saint-Office aient demandé au P. Berti d'arrêter la publication) : "J’ai lu sous forme de manuscrits dactylographiés plusieurs des livres écrits par Maria Valtorta [...] Pour ce qui concerne l’exégèse, je n’ai trouvé aucune erreur dans les parties que j’ai regardées […] J'ai aussi été très impressionné par le fait que la recherche archéologique et les descriptions topographiques sont énoncés avec beaucoup de rigueur [...] De manière générale, la lecture des travaux est non seulement intéressant et agréable, mais vraiment édifiant et instructif  pour les gens moins bien informés sur le mystère de la vie de Jésus …". BollettinoValtortiano, n ° 19, Juin 1979, page 75

[3] Mgr. Ugo Lattanzi, Doyen de la Faculté de Théologie de l’Université pontifical du Latran, conseiller au Saint Siège (1951) : "L’auteur n’aurait pu écrire une telle abondance de matériel sans être sous l’influence d’une force spirituelle".