Maria Valtorta en 1943

"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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Mgr Dionigi Tettamanzi, président de la CEILa position de l'Église sur les révélations privées se précisant, le Cardinal Ratzinger, alors Préfet pour la congrégation de la Foi (ex-Saint-Office), devant le recrudescence d'intérêt pour l'œuvre de Maria Valtorta, a demandé [1] au Secrétaire de la conférence Épiscopale Italienne de prendre contact avec l'éditeur.

 

Voici le courrier

Conferenza Episcopale Italiana

Prato N. 324/92

Roma, 6 maggio 1992

Stimatissimo Editore,

In seguito a frequenti richieste, che giungono anche a questa Segreteria, di un parere circa l'atteggiamento dell'Autorità Ecclesiastica sugli scritti di Maria Valtorta, attualmente pubblicati dal "Centro Editoriale Valtortiano", rispondo rimandando al chiarimento offerto dalle "Note" pubblicate da "L'Osservatore Romano" il 6 gennaio 1960 e il 15 giugno 1966.

Proprio per il vero bene dei lettori e nello spirito di un autentico servizio alla fede della Chiesa, sono a chiederLe che, in un' eventuale ristampa dei volumi, si dica con chiarezza fin dalle prime pagine che le "visioni" e i "dettati" in es si riferiti non possono essere ritenuti di origine soprannaturale, ma devono essere considerati semplicemente forme letterarie di cui si è servita l'Autrice per narrare, a suo modo, la vita di Gesù.

 

Grato per questa collaborazione,

Le esprimo la mia stima e Le porgo i miei rispettosi e cordiali saluti.

+ Dionigi Tettamanzi
Segretario Generale

Conférence Épiscopale italienne

Prato N° 324/92

Rome, le 6 mai 1992

Très cher Éditeur,

Aux demandes, qui parviennent souvent à notre Secrétariat, de connaître l'opinion de l'Autorité Ecclésiastique sur les écrits de Maria Valtorta, actuellement publiés par le "Centro Editoriale Valtortiano", je réponds en faisant référence aux commentaires publiés par L'Osservatore Romano, du 6 janvier 1960 [2] et du 15 Juin 1966 [3].

Mais pour le vrai bien des lecteurs et dans l'esprit d'un véritable service de la foi de l'Église, je vous demande, qu'à l'occasion d'une éventuelle réimpression des volumes, il soit clairement dit, dans les premières pages, que les "visions" et "dictées" qu'ils relatent ne peuvent pas être considérées comme d'origine surnaturelle, mais doivent être considérées simplement comme les formes littéraires dont s'est servi l'auteure pour raconter, à sa manière, la vie de Jésus.

Je vous remercie de votre collaboration.

Je tiens à vous témoigner de mon estime et vous prie de croire en mes respectueuses et cordiales salutations.

+ Dionigi Tettamanzi
Secrétaire général

 

Que remarque-t-on dans cette lettre très officielle ?
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Cette lettre d'autorisation sous condition (imprimatur conditionnel) est-elle une condamnation officielle de l'œuvre de Maria Valtorta ou la demande d'un "service à rendre" à l'Église ?

 Le ton, très respectueux et amical, est loin de la lettre comminatoire qu'on attendrait d'une "condamnation". Il faudrait d'ailleurs, pour cela, selon les procédures, qu'une enquête officielle ait été diligentée : il n'y en a jamais eu. On ne peut aussi arguer de l'Index : il n'avait plus cours ni en droit, ni en fait. Enfin, la CEI n'a pas a se prononcer sur cet imprimatur : depuis sa réforme, l'œuvre de Maria Valtorta y échappe.

 D'autre part, selon ce qu'elle dit, la CEI ne répond pas, à chaque demande qui lui est faite sur la position de l'Église, par l'expression d'une condamnation, mais par l'envoi de deux documents : l'article commentant la mise à l'Index des livres prohibés de l'œuvre de Maria Valtorta ET le décret officiel d'abolition, en droit et en conséquences, de cet Index et de la prohibition qui y était attachée. Le demandeur se retrouve donc placé devant sa conscience, mais avec des éléments de discernement.

 La formulation : "… ne peuvent pas être considérées comme d'origine surnaturelle, mais doivent être considérées comme une forme littéraire…" est elle-même sujette à interprétation : L'Église ne dit pas que les visions et dictées NE SONT PAS d'origine surnaturelle mais dit qu'elles "ne peuvent pas … ne doivent pas être considérées comme telle" .

On peut y voir la qualification d'œuvre romancée (et donc la négation claire d'une origine surnaturelle), on peut y voir aussi la prudence pastorale énoncée, la même année, dans les articles 66 et 67 du Catéchisme de l'Église catholique (CEC 1992) : les révélations privées ne peuvent pas entrer en concurrence avec la Révélation publique, mais aident à mieux en vivre à une certaine époque. Or le titre de l'œuvre et son contenu peuvent prêter à confusion auprès "des esprits les plus naïfs" comme le disait le Cardinal Ratzinger. Nul ne peut nier ce risque, mais à l'inverse nul ne peut étendre à l'ensemble des lecteurs une telle mise en garde, sauf à nier le décret d'abolition de l'Index qui faisait expressément confiance à la conscience des lecteurs et des éditeurs catholiques.

L'Église est prudente, mais ne se contredit pas. Padre Pio, Mère Téresa, G. Allegra, tous saint ou béatifié, étaient des lecteurs réguliers (y compris durant la période de l'Index) de cette œuvre, pour ne retenir que ceux dont la sainteté a été reconnue.

 L'éditeur a-t-il mentionné l'origine romancée, comme demandé ? Non, mais dans l'édition italienne, il a désormais mentionné en 4ème de couverture l'historique abrégé de l'œuvre en mentionnant l'imprimatur du Pape, la mise à l'Index, sa levée et le fait que l'Église n'était pas certaine de l'origine (ou ne garantissait pas l'origine surnaturelle) des visions et dictées de Maria Valtorta.

Dans l'édition française, la préface mentionne aussi longuement, l'historique de l'œuvre sans occulter l'Index.

Ces procédures de discernement, qui préservent la mise en garde (et l'intégrité de l'œuvre dans sa possible origine) [4], fait l'objet d'un accord tacite semble-t-il puisque depuis la lette du CEI, aucune protestation ou autre lettre officielle n'a été émise auprès de quiconque. Certains cependant voudraient voir changer le titre "L'Évangile tel qu'il m'a été révélé". En fait, le seul point qui pose réellement problème pour certaines sensibilités (compréhensibles d'ailleurs), puisque le contenu a été largement exonéré d'erreurs théologiques par les experts qui s'y sont penchés.

Ce titre est la vraie porte de l'œuvre : elle doit restée fermée pour les uns, on peut l'ouvrir pour d'autres. Publiez l'œuvre, mais ne vous prononcez pas sur son origine : Qui lira, comprendra, prédisait Pie XII. Il n'a obligé personne à franchir la porte, il n'a interdit à personne non plus de la franchir [5].

NB : Pour l'imprimatur, voir aussi l'avis de Mgr Gagnon


 

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Fiche mise à jour le 18/05/2010

 



[1] On ne connaît pas les termes exacts de la lettre du Cardinal Ratzinger.

[2] Article commentant la mise à l'Index de l'œuvre de Maria Valtorta.

[3] Décret abolissant l'Index et la prohibition qui lui est attachée (Acta Apostolicæ Sedis - AAS 58)

[4] Origine "inspirée" (voir plus) reconnue expressément par Mgr Carinci, Préfet de la Congrégation pour la cause des saints et par G. Allegra, bibliste béatifié par Jean-Paul II.

[5] Cet avis de Pie XII a fait l'objet de déclarations écrites des témoins oculaires, conservées par les Servites de Marie à la chapelle Santa Annunziata de Florence où est enterrée Maria Valtorta.