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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
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mercredi 7 avril 27 (12 Nisan)
- L'activité commerciale dans le Temple 68 - Différences entre classes sociales 69 - Jésus prend le parti de deux petits vieux
exploités 69 - En colère, il chasse changeurs et vendeurs
70 - Qui es-tu ? - De l'école de Dieu 71 - Discours (La justice à l'égard des pauvres.
Dieu et les prêtres. - L'usure 71 - Un nouveau Moïse) 72 LA
CONTROVERSE Selon les Évangiles, il y a DEUX expulsions
des marchands du Temple. L'une est rapportée par Jean : c'est celle-ci.
Elle se situe au début de la vie
publique de Jésus. Une autre, rapportée par les synoptiques
(Matthieu, Marc et Luc), se situe au dimanche des
rameaux et conclue la vie publique par l'entrée dans la semaine de la
Passion. Certains exégètes postulent qu'il s'agit d'une
seule et même scène déplacée naïvement par les synoptiques en fin de vie
publique. La seule expulsion est celle rapportée par Jean. En approfondissant, les textes, on s'aperçoit
qu'il s'agit bien de DEUX expulsions situées avec des similitudes
signifiantes, dans des contextes différents. |
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68> Je vois Jésus qui entre avec Pierre, André, Jean et Jacques, Philippe et Barthélemy dans
l'enceinte du Temple. Il y a une très grande foule qui y entre et qui en
sort. Pèlerins qui arrivent par bandes de tous les coins de la ville. Du haut de la colline
sur laquelle le Temple est construit, on voit les rues de la ville, étroites
et sinueuses, qui fourmillent de passants. Il semble qu'entre le blanc cru
des maisons se soit étendu un ruban mouvant de mille couleurs. Oui, la cité a
l'aspect d'un jouet bizarre fait de rubans multicolores entre deux
alignements de maisons blanches et qui convergent tous vers le point où
resplendissent les coupoles de la Maison du Seigneur. Puis, à l'intérieur,
c'est une vraie foire. Plus aucun recueillement dans le lieu saint. On court,
on appelle, on achète des agneaux, on crie et on maudit à cause du prix
exagéré, on pousse les pauvres bêtes bêlantes dans des parcs. Ce sont de
rudimentaires enclos délimités par des cordes et des pieux, aux entrées
desquelles se tient le marchand ou éventuellement le propriétaire qui attend
des acheteurs. Coups de bâtons, bêlements, jurons, réclamations, insultes
pour les valets peu pressés de rassembler et d'enclore les animaux ou pour
les acheteurs qui lésinent sur le prix ou qui s'éloignent, insultes plus
fortes pour les gens prévoyants qui ont amené l'agneau de chez eux. Autour des comptoirs
de change, autre vacarme. Je ne sais si c'est toujours ainsi ou à l'occasion
de la Pâque; on se rend compte que le Temple fonctionnait comme la Bourse ou
le marché noir : La valeur des monnaies n'était pas fixée. Il y avait le
cours légal qui était certainement déterminé, mais les changeurs en
imposaient un autre, en s'appropriant un pourcentage arbitraire pour le
change. Et je vous assure qu'ils s'y entendaient pour étrangler les
clients !... Plus un client était pauvre, plus il venait de loin, plus on
le dépouillait. Les vieux plus que les jeunes, ceux qui arrivaient d'au-delà
de la Palestine plus que les vieux. De pauvres petits
vieux regardaient et regardaient encore leur pécule mis de côté, avec combien
de peine, tout le long de l'année, l'enlevaient de leur sein et l'y
remettaient cent fois en tournant autour des changeurs et finissaient enfin
par revenir au premier qui se vengeait de leur éloignement temporaire en
augmentant l'agio du change... 69> Et les grosses
pièces quittaient, au milieu des soupirs les mains du propriétaire pour
passer dans les griffes de l'usurier en échange de monnaie plus légère. Puis,
pour le choix, une nouvelle tragédie de comptes et de soupirs devant les
marchands d'agneaux qui aux petits vieux, à moitié aveugles, colloquaient les
agneaux les plus chétifs. Je vois revenir deux
petits vieux, lui et elle, qui poussent un pauvre agnelet que les
sacrificateurs ont dû trouver défectueux. Plaintes, supplications, impolitesses,
grossièretés se croisent sans que le vendeur s'en émeuve. "Pour ce que
vous voulez payer, galiléens, c'est déjà trop beau ce que je vous ai donné.
Allez-vous-en ! ou ajoutez cinq autres deniers [1] pour en avoir un
plus beau !" "Au nom de
Dieu ! Nous sommes pauvres et vieux ! Veux-tu nous empêcher de
faire la Pâque, la dernière, peut-être ? Est-ce que ce que tu nous as
pris ne suffit pas pour une petite bête ?" "Faites place,
crasseux. Voici que vient à moi Joseph l'Ancien.
Il m'honore de sa préférence. Dieu soit avec toi ! Viens,
choisis !" Il entre dans
l'enclos et prend un magnifique agneau, celui qu'on appelle Joseph l'Ancien
ou Joseph d'Arimathie. Il passe avec un riche habit, tout fier, sans un coup
d’œil aux pauvres qui gémissent à la porte et même à l'entrée de l'enclos. Il
les bouscule, pour ainsi dire, en sortant avec l'agneau gras qui bêle. Mais Jésus aussi est
maintenant tout près. Lui aussi a fait son achat et Pierre, qui probablement
a payé pour Lui, tire derrière lui un agneau convenable. Pierre voudrait
aller tout de suite vers le lieu où l'on sacrifie. Mais Jésus tourne à droite
vers les deux petits vieux effarés, en larmes, indécis que la foule bouscule
et que le vendeur insulte. Jésus, si grand que
la tête des deux vieux lui arrive à la hauteur du cœur met une main sur
l'épaule de la femme et demande : "Pourquoi pleures-tu,
femme ?" La petite vieille se
retourne et voit cet homme grand et jeune, solennel en son bel habit blanc et
son manteau couleur de neige tout neuf et propre. Elle doit le prendre pour
un docteur à cause de son habit et de son aspect et, stupéfaite, car les
docteurs et les prêtres ne font aucun cas des gens et ne protègent pas les
pauvres contre la rapacité des marchands, elle dit les raisons de leur
chagrin. 70> Jésus se retourne vers l'homme aux agneaux : "Change
cet agneau à ces fidèles. Il n'est pas digne de l'autel comme il n'est pas
digne que tu profites de deux pauvres vieux parce que faibles et sans
défense." "Et Toi, qui
es-tu ?" "Un juste." "Ton parler et
celui de tes compagnons indiquent que tu es galiléen. Peut-il jamais y avoir
un juste en Galilée ?" "Fais ce que je
te dis et sois juste, toi." "Écoutez !
Écoutez le galiléen défenseur de ses pairs ! Il veut nous faire la
leçon, à nous qui sommes du Temple !" L'homme rit et se moque
contrefaisant l'accent galiléen qui est plus chantant et plus doux que celui
de Judée, au moins à ce qu'il me semble. Des gens font cercle
et d'autres marchands et changeurs prennent la défense de leur complice
contre Jésus. Parmi les assistants deux ou trois rabbins ironiques. L'un
d'eux demande : "Es-tu docteur ?" Sur un ton qui ferait perdre
patience à Job. "Tu l'as dit.
" "Qu'enseignes-tu ?"
À la main, il n'a
rien. Seule sa sainte colère. Et avec elle, cheminant rapide et imposant au
milieu des comptoirs, il éparpille les monnaies méticuleusement rangées selon
leur valeur, renverse tables petites et grandes et tout tombe avec fracas sur
le sol avec grand bruit de métaux qui rebondissent et de bois bousculés avec
cris de colère, d'effarement et d'approbations. Puis il arrache des mains des
gardiens de bestiaux des cordages qui attachaient bœufs; brebis et
agneaux ; il en fait un martinet très dur dont les nœuds coulants assemblent
les lanières. Il se lève, le fait tournoyer et l'abaisse sans pitié. Oui, je
vous l'assure, sans pitié. La grêle imprévue
s'abat sur les têtes et les échines. Les fidèles s'esquivent, admirant la
scène. Les coupables, poursuivis jusqu'en dehors de l'enceinte se sauvent à
toutes jambes, laissant par terre l'argent et en arrière les bêtes de toutes
tailles, dans une grande confusion de jambes, de cornes, d'ailes. C'est à qui
court, s'échappe en volant. 71> Les mugissements,
les bêlements, les roucoulements des colombes et des tourterelles en même
temps que les rires et les cris des fidèles derrière les usuriers en fuite
dépassent jusqu'au lamentable chœur des animaux qu'on égorge certainement
dans un autre coin. Des prêtres
accourent, en même temps que des rabbins et de pharisiens. Jésus est encore
au milieu de la cour, revenant de s poursuite. Il a encore en mains le
martinet. "Qui
es-tu ? Comment te permets-tu de faire cela, en troublant les cérémonies
prescrites ? De quelle école proviens-tu ? Pour nous, nous ne te
connaissons pas. Nous ne savons pas qui tu es."
Et se tournant vers
le peuple sans plus s'occuper des prêtres dominant l'entourage par sa taille,
revêtu de son habit blanc, le manteau ouvert et flottant en arrière des
épaules, les bras étendus comme un orateur au moment le plus pathétique de
son discours il dit : "Écoutez, vous
d'Israël ! Dans le Deutéronome il est dit : "Tu établiras des juges
et des magistrats à toutes les portes... et ils jugeront le peuple avec
justice, sans partialité à l'égard de personne. Tu n'auras pas d'égards
particuliers pour quiconque. Tu n'accepteras pas de cadeaux, car les cadeaux
aveuglent les sages et troublent les paroles des justes. Tu suivras avec
justice le juste sentier pour vivre et posséder la terre que le Seigneur ton
Dieu t'aura donnée [3] ". Écoutez, vous
d'Israël ! Dans le Deutéronome il est dit : "Les prêtres et
les lévites et tous ceux de la tribu de Lévi n'auront aucun partage ni
hérédité avec le reste d'Israël, parce qu'ils doivent vivre avec le sacrifice
du Seigneur et avec les offrandes que l'on fait à Lui; ils n'auront aucune
part avec ce que leurs frères possèdent, parce que le Seigneur est leur
héritage [4]". 72> Écoutez, vous d'Israël ! Dans le Deutéronome il est dit :
"Tu ne prêteras à intérêt à ton frère, ni argent, ni grain, ni quelque
autre chose. Tu pourras prêter à intérêt à l'étranger; au contraire, à ton
frère tu prêteras sans intérêt ce dont il a besoin [5]". C'est
cela qu'a dit le Seigneur. Maintenant vous voyez que c'est sans justice à
l'égard du pauvre que les juges siègent en Israël. Ce n'est pas en faveur
du juste mais de celui qui est fort que l’on penche. Être pauvre, être
peuple, cela veut dire subir l'oppression. Comment le peuple peut-il dire :
"Celui qui nous juge est juste" s'il voit que seuls les puissants
sont respectés et écoutés, tandis que le pauvre ne trouve personne qui
veuille l'entendre ? Comment le peuple peut-il respecter le Seigneur
s'il voit que ne le respectent pas ceux qui en ont plus que d'autres le
devoir ? Est-ce respecter le Seigneur que de violer son
commandement ? Et pourquoi, alors, en Israël ont-ils des propriétés et
reçoivent-ils des cadeaux des publicains et des pécheurs, qui agissent ainsi
pour avoir la bienveillance des prêtres, et ceux-ci l'acceptent pour avoir un
coffret bien garni ? C'est
Dieu qui, est l'héritage de ses prêtres. Pour eux,
Lui, le Père d'Israël est plus Père qu'aucun autre père ne l'a jamais été, et
Il pourvoit à leur nourriture comme il est juste. Mais, pas plus qu'il ne
soit juste. Il n'a promis aux serviteurs de son Sanctuaire ni richesses ni
propriétés. Pendant l'éternité, ils auront le Ciel pour récompenser leur
justice, comme l'ont Moïse et Élie, et Jacob et Abraham. Mais sur cette terre
ils ne doivent avoir qu'un vêtement de lin et un diadème d'or
incorruptible : pureté et charité. Le corps doit être le
serviteur de l’esprit qui est le serviteur du Dieu, Vrai. Ce n'est pas le
corps qui doit dominer l'esprit et s'opposer à Dieu. On m'a demandé de quelle
autorité Je fais cela. Et eux, de quelle autorité profanent-ils le
commandement de Dieu et permettent-ils, à l'ombre des murs sacrés, l'usure au
détriment des frères d’Israël venus pour obéir au commandement de Dieu ?
On m'a demandé de quelle école Je viens et J'ai répondu : "De l'école de
Dieu". Oui, Israël, Je viens te ramener à cette école sainte et
immuable. Qui veut connaître la
Lumière, la Vérité, la Vie, qui veut entendre la voix de Dieu parlant à son
peuple, qu'il vienne à Moi. Vous avez suivi Moïse à travers les déserts, ô
vous d'Israël. Suivez-moi, que je vous conduise, à travers un désert bien
plus triste, vers la vraie Terre bienheureuse, à travers la mer qui s'ouvre
au commandement de Dieu, c'est vers elle que je vous entraîne : Relevant mon
Signe, je vous guéris de tout mal. 73> L'heure de la Grâce
est venue. Ils l'ont attendue, les Patriarches, et ils sont morts en
l'attendant. Ils l'ont prédite, les Prophètes, et ils sont morts avec cette
espérance. Ils l'ont rêvée les justes, et ils sont morts réconfortés par ce
rêve. Maintenant, elle s'est levée. Venez. "Le
Seigneur va juger son peuple et faire miséricorde à ceux qui le
servent", comme Il l'a promis par la bouche de Moïse [6]." Les gens qui font cercle autour de Jésus sont
restés, bouche bée à l'écouter. Puis, ils commentent la parole du nouveau
Rabbi et interrogent ses compagnons. |
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Jésus se dirige vers une autre cour séparée
de celle-ci par un portique. Ses amis le suivent, et la vision prend fin. |
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[1] L’équivalent de cinq jours
de travail, soit 170 € en équivalent de l'actuel salaire minimum (France -
2006)
[2] Zacharie
14,21 : "Quand ce temps arrivera, il n’y aura plus aucun
marchand dans le temple du Seigneur de l’univers." – Psaume 69,10
"L’amour que j’ai pour ta maison me consume comme un feu. Les insultes qui
te sont destinées retombent sur moi." – Malachie 3,1-3 : "1 - Le Seigneur de
l’univers vous répond: Je vais envoyer mon messager pour m’ouvrir le chemin. Le
Seigneur que vous désirez arrivera soudain dans son temple; le messager que
vous attendez proclamera mon alliance avec vous. Le voici, il est en train de
venir ! - 2 Quelqu’un pourra-t-il survivre lorsqu’il arrivera ?
Quelqu’un restera-t-il debout lorsqu’il apparaîtra ? Il sera comme le feu
qui affine le métal, comme le savon du blanchisseur. - 3 Il s’installera
pour éliminer les déchets et enlever les impuretés. Comme on raffine de l’or et
de l’argent, il purifiera totalement les descendants de Lévi. Ceux-ci
présenteront alors leurs offrandes au Seigneur conformément aux règles."