"L'Évangile tel qu'il m'a été révélé"
de Maria Valtorta

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Qui sommes-nous

  2.138. - Commiato dal fattore dell'Acqua Speciosa e dal sinagogo Timoneo, che diviene discepolo.

  1.138. - A New Disciple. Departure for Galilee.


vendredi 
31 décembre 27
14 Tébeth
La "Belle Eau"


- Le régisseur reconnaît l'honnêteté d'Aglaé 634

- Jésus reçoit le bracelet d'or et bénit la famille 634

- La violence est un pauvre procédé humain 635

- Arrivée chez le chef de la synagogue 636

- Jésus invite Timon à être son disciple 636

- Adieu à la mère de Timon 637

 

2.105.
Un nouveau disciple. Départ pour la Galilée


634> "Seigneur, je n'ai fait que mon devoir envers Dieu, envers mon maître et envers ma conscience. Cette femme, je l'ai surveillée pendant le temps qu'elle était mon hôte et je l'ai toujours vue honnête. Si elle a été d'abord une pécheresse, maintenant elle ne l'est pas. Pourquoi devrais-je enquêter sur un passé qu'elle a effacé et annulé ? J'ai de jeunes fils qui ne sont pas grossiers. Elle n'a jamais montré son visage vraiment beau, ni fait entendre sa voix. Je peux dire que j'ai entendu le son de sa voix argentine quand elle a crié à cause de sa blessure. Autrement elle, pour le peu qu'elle demandait, et toujours à moi ou à ma femme, elle le murmurait derrière son voile, et si doucement qu'on avait du mal à comprendre. Vois aussi comme elle a été prudente : Quand elle a craint que sa présence puisse nuire, elle s'en est allée... Je lui avais promis de la défendre et de l'aider, mais elle ne s'en est pas prévalue. Non, ce n'est pas ainsi qu'agissent les femmes perdues ! Je prierai pour elle, comme elle l'a demandé, et même sans ce souvenir. Prends-le Seigneur. Fais-en des aumônes, pour son profit spirituel. Faites par Toi, elles lui vaudront certainement la paix."

Le régisseur parle respectueusement à Jésus. C'est un bel homme, au visage honnête et au corps trapu. Derrière lui il y a six jeunes garçons qui ressemblent à leur père, six visages francs et intelligents, et il y a l'épouse, une petite femme fine et très douce qui écoute son mari comme elle écouterait un dieu, ne cessant de l'approuver par des signes de tête.

Jésus prend le bracelet d'or et le passe à Pierre en lui disant : "Pour les pauvres." Puis il se retourne vers le régisseur : "Ce ne sont pas tous qui ont ta droiture en Israël. Tu es sage parce que tu distingues le bien du mal et tu suis le bien sans mettre en valeur l'intérêt humain qu'il y a à l'accomplir. Au nom de l'Éternel Père, je te bénis, tes fils, ton épouse, ta maison. Gardez-vous toujours dans ces dispositions spirituelles et le Seigneur sera toujours avec vous et vous aurez la vie éternelle. Maintenant je m'en vais, mais il n'est pas dit que jamais plus on ne se revoie. Je reviendrai et vous pourrez toujours venir vers Moi. Pour tout ce que vous avez fait pour Moi et pour cette pauvre créature, que Dieu vous donne sa paix."

635> Le régisseur, les enfants et en dernier la femme, s'agenouillent et baisent les pieds de Jésus qui, après un dernier geste de bénédiction, s'éloigne avec ses disciples, se dirigeant vers le pays.

"Et si ces brutes sont encore ici ?" demande Philippe.

"On ne peut empêcher personne de parler sur les routes." répond Jude d'Alphée.

"Non, mais nous, pour eux, nous sommes "anathèmes"

"Oh ! laisse-les faire ! T'en préoccupes-tu ?"

"Moi, je n'ai d'autre préoccupation que celle que le Maître veut : éviter des violences. Et eux, qui le savent, s'en prévalent." murmure Pierre dans sa barbe. Et il croit certainement que Jésus, qui parle avec Simon et l'Iscariote, ne l'entend pas.

Mais Jésus entend. Il se tourne, moitié sévère, moitié souriant : "Tu crois que je vaincrais par la violence ? Mais c'est un pauvre procédé humain, et qui ne sert que pour un temps, pour des victoires humaines. Combien de temps dure le prestige ? Le temps qu'il produise de lui-même, chez ceux qu'il soumet, des réactions qui, en s'unissant, produisent une plus grande violence qui met par terre le prestige. Je ne veux pas un royaume temporaire. Je veux un royaume éternel : le Royaume du Ciel. Combien de fois vous l'ai-je dit ? Combien de fois je devrai vous le dire ? Le comprendrez-vous jamais ? Oui, il viendra un moment où vous le comprendrez."

"Quand, mon Seigneur ? J'ai hâte de comprendre pour être moins ignorant." dit Pierre.

"Quand ? Quand vous serez moulus comme le grain entre les pierres de la douleur et du repentir. Vous pourriez et même vous devriez comprendre auparavant. Mais pour cela vous devriez briser votre humanité et laisser libre l'esprit. Et vous ne savez pas faire cet effort sur vous mêmes. Mais, vous comprendrez... vous comprendrez. Et alors, vous comprendrez que je ne pouvais user de violence comme moyen humain pour établir le Royaume des Cieux : le Royaume de l'esprit. Mais, en attendant, n'ayez pas peur : Ces hommes qui vous inquiètent ne vous feront rien. Il leur suffit de m'avoir chassé."

"Mais n'était-il pas plus facile de faire prévenir le chef de la synagogue de venir chez le régisseur, ou de nous attendre sur une grand'route ?"

"Oh ! quel homme prudent, aujourd'hui que mon Thomas ! Mais ce n'était pas facile, ou plutôt, ça aurait été plus facile, mais ce n'était pas juste. Lui a montré de l'héroïsme à mon égard. 636> Il a été insulté dans sa maison à cause de Moi. Il est juste que Moi j'aille dans sa maison pour le consoler."

Thomas hausse les épaules et ne parle plus. Voici le pays, étendu, mais pays de campagne avec les maisons au milieu des vergers, en ce moment dépouillés et beaucoup de parcs à brebis. Ce doit être un endroit favorable aux pâturages car j'entends de tous côtés des bêlements de troupeaux qui montent au plateau ou qui en descendent. Les rues forment, comme à l'ordinaire, un carrefour formant la place du village avec la fontaine. C'est là que se trouve la maison du chef de la synagogue.

Une femme âgée, qui a des signes manifestes de larmes sur son visage, vient ouvrir. Pourtant, en voyant le Seigneur, elle a un mouvement de joie et elle se prosterne pour le bénir.

"Lève-toi, mère. Je suis venu vous dire adieu. Où est ton fils ?"

"Il est là... et elle indique une pièce au fond de la maison. Tu es venu le consoler ? Moi je n'en suis pas capable..."

"Il est donc désolé ? Il souffre de m'avoir défendu ?"

"Non, Seigneur. Mais il est pris par un scrupule. Mais tu vas l'entendre. Je l'appelle."

"Non, j'y vais. Vous, attendez ici. Allons-y femme." Jésus parcourt les quelques mètres du vestibule, pousse la porte, entre dans la pièce et s'avance doucement vers un homme assis, penché vers le sol, absorbé dans une douloureuse méditation.

"La paix à toi, Timon."

"Seigneur ! Toi !"

"Moi. Pourquoi es-tu si triste ?"

"Seigneur... moi... Ils m'ont dit que j'ai péché. Ils m'ont dit que je suis anathème. Je m'examine, et il ne me semble pas de l'être. Mais eux, ce sont les saints d'Israël et moi le pauvre chef de la synagogue. Ils ont certainement raison. Maintenant je n'ose plus lever les yeux vers le visage courroucé de Dieu. Et j'en aurais tant besoin à cette heure ! Je le servais avec un véritable amour et je cherchais à Le faire connaître. Maintenant je suis privé de ce bien parce que le Sanhédrin sûrement me maudit."

"Mais qu'est-ce que ta douleur ? De n'être plus chef de la synagogue ou d'être mis dans l'impossibilité de parler de Dieu ?"

"Mais c'est cette dernière chose qui me donne de la douleur ! Je pense que tu veux me dire s'il me déplaît de n'être plus le chef de la synagogue à cause de l'intérêt et de l'honneur qui vient de la fonction. De cela je ne me soucie pas. 637> Je n'ai que ma mère qui est originaire de Aëra où elle a une petite maison. Il y a là, pour elle un toit et des moyens d'existence. Pour moi... je suis jeune, je travaillerai. Mais je n'oserai plus jamais parler de Dieu, moi qui ai péché."

"En quoi as-tu péché ?"

"Ils disent que je suis complice de... O Seigneur ! Ne me le fais pas dire !…"

"Non. Je vais te le dire. Je ne le dirai pas, Moi non plus. Moi et toi, nous connaissons leurs accusations et nous savons qu'elles ne sont pas vraies. Par conséquent tu n'as pas péché. C'est Moi qui te le dis."

"Alors, je puis encore lever les yeux vers le Tout-Puissant ? Je puis te..."

"Quoi, mon fils ?" Jésus est toute douceur pendant qu'il se penche sur l'homme qui s'est arrêté brusquement comme intimidé. "Quoi ? Mon Père le cherche ton regard. Il le veut. Et Moi, je veux ton cœur et ta pensée. Oui, le Sanhédrin va te frapper. Moi je t'ouvre les bras et je te dis : "Viens". Veux-tu être mon disciple ? Moi, je vois en toi tout ce qui est nécessaire pour être un ouvrier du Maître Éternel. Viens à ma vigne..."

"Mais, le dis-tu pour de bon, Maître ? Mère... mais tu entends ! Je suis heureux, ma Mère ! Je... bénis cette douleur car elle m'a donné cette joie. Oh ! Faisons une grande fête, mère. Et après j'irai avec le Maître et tu retourneras à ta maison. Je viens tout de suite, mon Seigneur, toi qui as supprimé toute crainte et la douleur et la peur de Dieu."

"Non, tu attendras la décision du Sanhédrin, l'âme tranquille et sans rancœur. Reste à ton poste tant qu'on t'y laissera. Ensuite tu me rejoindras à Nazareth ou à Capharnaüm. Adieu. La paix soit avec toi et avec ta mère."

"Tu ne t'arrêtes pas dans ma maison ?"

"Non, je viendrai à la maison de ta mère."

"Le pays est peu fidèle."

"Je lui enseignerai la fidélité. Adieu, mère. Es-tu heureuse maintenant ?" Jésus la caresse, comme il le fait toujours avec des femmes âgées auxquelles, je le remarque, il donne presque toujours le nom de "mère".

"Heureuse, Seigneur. J'avais élevé un garçon pour le Seigneur. Le Seigneur me le prend comme serviteur de son Messie. Que le Seigneur en soit béni. Béni sois-tu, Toi qui es son Messie. Béni l'heure où tu es venu. Bénie ma créature appelée à ton service."

638> "Bénie soit la mère sainte comme Anne d'Elqana[1]. La paix soit avec vous."

Jésus sort, suivi par les deux. Il rejoint les disciples et puis il commence le retour vers la Galilée.


[1] L’une des deux épouses d’Elqana; parce qu’elle était la préférée de son mari, sa rivale lui infligeait des affronts. Anne fit le vœu, si Dieu lui accordait un enfant mâle, de le consacrer à son service. Sa requête fut exaucée : elle devint mère du prophète Samuel et tint sa promesse. 1Samuel 1,28