|
|
"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" de Maria Valtorta © Centro Editoriale Valtortiano |
aucun accent | |
| Consulter la Bible en ligne | Aller sur le forum | ||
|
mercredi
4 avril 29
- Les activités d'un campement de pèlerins 529 - Jésus, lui, ne veut pas voir 530 - Une prostituée tente de le séduire 530 - La réaction de Pierre 531 - Passage à gué. Cortège d'un moribond 531 - Discours (La mort physique 532 - Pleurez sur les âmes mortes 533 - La morale du Royaume) 533 |
5.73. |
|
529> Les rives du Jourdain près du gué ressemblent tout à fait à un campement de nomades, en ces jours où les caravanes reviennent vers leurs pays de résidence. Des tentes, ou même simplement des couvertures, étendues d'un tronc d'arbre à un autre, appuyées sur des bâtons plantés dans le sol, liées à la haute selle d'un chameau, fixées en somme de quelque façon pour permettre de s'abriter dessous, à l'abri de la rosée qui doit être une vraie pluie, dans ces endroits au-dessous du niveau de la mer, sont disséminées partout le long des bosquets qui font une bordure verte autour du fleuve. Quand Jésus arrive avec les siens près de la rive, au nord du gué, tous les campeurs sont en train de s'éveiller tout doucement. Jésus doit être parti de la maison de Nike dès la première lueur, car maintenant ce n'est pas tout à fait l'aurore et l'aspect des lieux n'est que beauté, fraîcheur, sérénité. Les plus empressés, éveillés par les hennissements des chevaux, le braiment des ânes, les cris des chameaux et par les rixes ou les chants de centaines de passereaux et autres oiseaux dans les feuillages des saules, des roseaux et des grands arbres qui forment une galerie verte au-dessus des rives fleuries, commencent à se glisser hors des tentes de toutes les couleurs et à descendre au fleuve pour s'y laver. Quelques pleurs de bébés et des voix douées de mères qui parlent à leurs enfants. D'une minute à l'autre, la vie commence à se manifester sous toutes ses formes. De Jéricho qui est proche arrivent des marchands de toutes sortes et des nouveaux pèlerins, des gardes et des soldats préposés à la surveillance et au maintien de l'ordre en ces jours où se rencontrent des tribus de toutes régions, qui ne s'épargnent pas les insultes et les reproches, et dans lesquels il doit y avoir des vols nombreux commis par des voleurs qui, en habits de pèlerins, se mêlent aux foules, en réalité pour commettre des larcins, et il y a aussi les prostituées qui cherchent à faire leur pèlerinage pascal, en soutirant aux pèlerins les plus riches et les plus luxurieux argent et cadeaux pour payer une heure de plaisir dans laquelle s'anéantissent toutes les purifications pascales... Les femmes honnêtes qui sont parmi les pèlerins, avec leurs maris ou leurs fils adultes, sifflent comme des pies fâchées pour rappeler à elles leurs hommes qui prennent plaisir, ou c'est ce qui semble aux épouses et aux mères, à regarder les courtisanes. Celles-ci rient effrontément et répondent aux... qualificatifs que les femmes honnêtes leur 530> adressent. Les hommes, et surtout les soldats, rient et ne refusent pas de plaisanter avec ces femmes. Quelque Israélite vraiment rigide en matière de morale, ou seulement hypocritement rigide, s'éloigne avec dédain et d'autres... anticipent l'alphabet des sourds-muets car ils se comprennent vraiment bien par signes avec les prostituées. Jésus ne suit pas le chemin direct qui l'amènerait au milieu du campement, mais il descend sur la grève du fleuve, se déchausse et il marche là où déjà l'eau frôle les herbes, et les apôtres le suivent. Les plus âgés, qui sont les plus intransigeants, murmurent : "Et dire qu'ici le Baptiste a prêché la pénitence !" "Oui ! Et ce lieu est devenu pire qu'un portique de thermes romains !" "Et ils ne dédaignent pas de s'y divertir ceux qui se disent saints !" "Tu as vu, toi aussi ?" "J'ai des yeux dans la tête, moi aussi. J'ai vu ! J'ai vu !..." Les plus jeunes ou les moins sévères - c'est-à-dire Judas de Kériot qui rit et regarde avec beaucoup d'attention ce qui se passe dans les campements et ne dédaigne pas de contempler les belles effrontées venues en quête de clients; et Thomas qui rit à la vue des colères des épouses et du dédain des pharisiens; et Matthieu qui, pécheur autrefois, ne peut parler sévèrement contre le vice et les vicieux, et qui se borne à soupirer et à secouer la tête; et Jacques de Zébédée qui observe sans prêter intérêt et sans critiquer, avec indifférence - sont en queue de la petite troupe qui a Jésus en tête entre André, Jean, Jude et Jacques d'Alphée. Le visage de Jésus est fermé, de marbre. Et il se ferme toujours plus, d'autant plus que du haut de la rive arrivent à Lui des phrases admiratives ou des conversations provocantes entre un homme peu honnête et une femme de plaisir. Il regarde toujours devant Lui fixement. Il ne veut pas voir. Et son intention est manifeste en tout son aspect. Mais un jeune homme très richement vêtu, qui avec d'autres du même genre est en train de parler avec deux mondaines, dit à haute voix à l'une d'elles : "Va, va ! Nous voulons rire un peu. Offre-toi ! Console-le. Il est triste car, pauvre comme il l'est, il ne peut se payer des femmes." Une onde de rougeur parcourt le visage de Jésus qui ensuite pâlit. Mais il ne tourne pas son regard. L'altération est l'unique signe qu'il a senti. 531> L'effrontée, tout un carillon de colliers, dans un léger vol de vêtements, saute avec un cri maniéré de la rive basse sur la grève, et trouve moyen en le faisant de faire briller plusieurs secrètes beautés. Elle tombe aux pieds de Jésus et, avec tout un trille de rire sur la belle bouche, une invite des yeux et des formes, elle crie : "Oh ! beau parmi les enfants de la femme ! Pour un baiser de ta bouche, toute moi-même gratuitement !" Jean, André, Jude, Jacques d'Alphée sont scandalisés et paralysés par la stupeur et ne savent pas faire un geste. Mais Pierre ! Il fait un bond de panthère et de son groupe tombe sur la malheureuse qui est à genoux, à moitié renversée en arrière, il la secoue, la relève, la jette, avec une épithète terrible, contre la rive et la charge sur lui pour lui donner le reste. Jésus dit : "Simon !" Un cri où il y a plus qu'un discours. Et Simon revient, rouge de colère, vers son Seigneur. "Pourquoi ne me laisses-tu pas la punir ?" "Simon, on ne punit pas le vêtement qui s'est souillé, mais on le lave. Celle-là a pour vêtement sa chair souillée, et son âme est profanée. Prions pour la purifier dans son âme et dans sa chair." Il le dit doucement, à voix basse, pas si bas pourtant que la femme ne puisse entendre. Il se remet en route. Il tourne, oui, maintenant il tourne un instant, le regard de ses doux yeux vers la malheureuse. Un regard, un seul ! Un instant, un seul ! Mais il s'y trouve toute la puissance de son amour miséricordieux ! La femme baisse la tête, elle relève son voile et s'en enveloppe... Jésus continue son chemin. Voilà le gué. Les eaux basses permettent aux adultes de le passer à pied. Il suffit de relever les vêtements au-dessus des genoux et de chercher les larges pierres submergées qui blanchissent sous les eaux cristallines pour servir de trottoir à ceux qui passent. Plus en aval, au contraire, passent ceux qui sont à cheval. Les apôtres heureux pataugent jusqu'à mi-cuisses et cela ne semble à Pierre trop beau de le faire. Il promet et il se promet que, pendant le séjour dans la maison de Salomon, il ne manquera pas de se payer un bain "rafraîchissant" dit-il pour compenser le "rôtissage" de la veille. Les voilà de l'autre côté. Là aussi il y a une foule qui se met en marche après la nuit ou qui s'essuie après avoir passé le gué. Jésus commande : "Répandez-vous pour dire que le Rabbi est là. Je vais près de ce tronc abattu et je vous attends." Une foule nombreuse est vite prévenue et elle accourt. Jésus commence à parler et il prend occasion du passage d'un cortège 532> en larmes qui suit une litière où se trouve quelqu'un qui est tombé malade à Jérusalem et, condamné par les médecins, est ramené en hâte à sa maison pour y mourir. Tout le monde en parle car il est riche et jeune encore. Plusieurs disent : "Pourtant ce doit être une grande douleur de mourir quand on a tant de richesses et si peu d'années !" Et il y en a qui disent - peut-être ce sont des personnes qui croient déjà en Jésus - : "C'est bien fait pour lui ! Il ne sait pas avoir foi. Les disciples sont allés dire aux parents : "Le Sauveur est là. Si vous avez foi et Lui le demandez, le malade guérira". Mais lui le premier, a refusé d'aller vers le Rabbi." Les critiques succèdent aux marques de sympathie et Jésus se sert de tout cela pour commencer à parler.
Dure
pensée, la mort ? Non. Juste décret pour tous les mortels. Elle
n'est lourde d'angoisse que pour ceux qui ne croient pas et sont chargés
de fautes. C'est inutilement que l'homme, pour expliquer les angoisses
sans nom de quelqu'un qui meurt et qui pendant sa vie ne fut pas bon, dit :
"C'est qu'il ne voudrait pas mourir encore, parce qu'il n'a accompli
aucun bien, ou en a fait bien peu, 533>
et qu'il voudrait vivre encore pour réparer". En vain il dit :
"S'il avait vécu davantage, il aurait pu avoir une plus grande récompense
car il aurait fait davantage". On
mène le deuil sur les cadavres; on pleure sur eux. Mais le cadavre ne
pleure pas. On tremble de devoir mourir, mais on ne se soucie pas de vivre
de manière à ne pas trembler à l'heure de la mort. Maintenant regardons ensemble ce que la Sagesse indique comme 534> causes de mort et de honte.
Soyez justes auprès de vos amis. L'amitié est une parenté des âmes. Il est dit : "Comme il est beau pour des amis de marcher ensemble". Mais c'est beau si on marche sur le bon chemin. Malheur à celui qui corrompt ou trahit l'amitié en en faisant un égoïsme ou une trahison, ou un vice ou une injustice. Trop nombreux sont ceux qui disent : "Je t'aime" pour connaître les affaires de l'ami et en tirer profit ! Trop nombreux ceux qui s'approprient les droits de l'ami! Soyez honnêtes auprès des juges. De tous les juges. Depuis le juge très haut qu'est Dieu que l'on ne trompe pas par des pratiques hypocrites, jusqu'au juge intime qu'est la conscience, et jusqu'à ceux affectueux et souffrants et attentifs dans leur amour vigilant, que sont les yeux des membres de la famille et ceux sévères des juges du peuple. Ne mentez pas en prenant Dieu à témoin pour confirmer le mensonge. Soyez honnêtes dans les ventes et les achats. Dans les ventes, la concupiscence vous dit : "Vole pour gagner davantage", alors que 535> la conscience vous dit : "Sois honnête parce que tu aurais horreur d'être volé", écoutez cette dernière voix, en vous souvenant qu'on ne doit pas faire aux autres ce que l'on ne voudrait pas qu'il nous fût fait à nous-mêmes. L'argent, qui vous est donné en échange de la marchandise, est souvent baigné de la sueur et des larmes du pauvre. Il coûte de la fatigue. Vous ne savez pas combien de souffrance il coûte, quelle souffrance se cache derrière cet argent qui, pour vous vendeurs, paraît toujours trop peu pour ce que vous donnez. Créatures malades, enfants sans pères, vieillards aux ressources modiques... Oh ! douleur sainte et sainte dignité du pauvre, que le riche ne comprend pas, pourquoi ne pense-t-on pas à toi ? Pourquoi est-on honnête quand on vend à celui qui est fort et puissant par peur de ses représailles, alors que l'on abuse du frère sans défense, inconnu ? Cela est un crime plutôt contre l'amour que contre l'honnêteté elle-même. Et Dieu le maudit car les larmes, arrachées au pauvre qui n'a qu'elles pour réagir contre l'injustice, crient vers le Seigneur comme le sang enlevé aux veines d'un homme par un homicide, par un Caïn de son propre semblable. Soyez
honnêtes dans les regards comme dans la parole et les actions. Un regard,
donné à celui qui ne le mérite pas, ou refusé à celui qui le mérite,
ressemble à un lacet et à un poignard. Le regard qui s'enlace à la
pupille effrontée de la courtisane et lui dit : "Tu es belle !"
et répond à son regard d'invite par son regard d'assentiment est pire
que le nœud coulant pour le pendu. Le regard refusé au parent pauvre ou
à l'ami tombé dans la misère est semblable à un poignard planté dans
le cœur de ces malheureux. Et ainsi pour le regard de haine à l'ennemi
et celui de mépris au mendiant. L'ennemi doit être pardonné et aimé
par l'esprit si la chair se refuse à l'aimer. Aimez ! Aimez ! Aimez ! Soyez honnêtes pour les dîmes et les coutumes, honnêtes à l'intérieur des maisons, en n'abusant pas outre mesure du serviteur et en respectant la servante qui dort sous votre toit. Même si le monde ignore le péché commis dans le secret de votre maison, l'infidélité à l'épouse ignorante et l'outrage à la servante, Dieu connaît votre péché. 536> Soyez honnêtes en paroles. Honnêtes dans l'éducation des fils et des filles. Il est dit : "Agis de façon que ta fille ne te fait pas la risée de la cité". Moi, je dis : "Faites en sorte que l'esprit de votre fille ne meure pas". Et maintenant, allez. Moi aussi je m'en vais après vous avoir donné un viatique de sagesse. Que le Seigneur soit avec ceux qui s'efforcent de l'aimer." |
|
|
Il les bénit d'un geste et descend rapidement du tronc abattu pour prendre un petit sentier au milieu des arbres. Il remonte le fleuve et disparaît vite dans l'entrelacement des branches vertes. La foule commente avec animation et avec des avis contraires. Naturellement les opposants sont les échantillons peu nombreux de scribes et de pharisiens présents parmi la foule des humbles. |