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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" |
aucun accent |
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dimanche
- Jésus attend Judas qui s'est éloigné
395 - Discours (Le salut d'une âme)
395 - La chair de Lazare tombe en lambeaux
396 - Marthe craint que son frère ait la
lèpre 397 - Marie-Magdeleine
s'est assurée que non 397 - À son tour Jésus rassure Marthe 398 - Ainsi que Lazare 399 - Tu enverras Judas à Bethabara 400 - Jésus attend toujours le fugitif 400 |
7.216. |
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395> Jésus congédie les
disciples Lévi, Joseph, Matthias et Jean, trouvés je ne sais où et
auxquels il confie le nouveau disciple Sidonia dit Bartolmaï. Cela
arrive aux premières maisons de Béthanie. Et les disciples bergers s'en vont
avec le nouveau venu et sept autres hommes qu'ils avaient avec eux. Jésus les
regarde partir et puis il se tourne pour regarder ses apôtres et il leur dit
: "Et maintenant attendons ici Judas de Simon..." "Ah ! Tu t'es aperçu qu'il s'en est allé ?" disent
les autres étonnés. "Nous croyions que tu ne l'avais pas remarqué. Il y
avait tant de gens et tu n'as pas cessé de parler, avec le jeune homme
d'abord, puis avec les bergers..." "J'ai vu dès le premier instant qu'il s'était éloigné.
Rien ne m'échappe. C'est pour cela que je suis entré dans des maisons amies
pour dire d'envoyer Judas à Béthanie s'il me cherchait..." "Dieu veuille que non" mâchonne Jude entre ses dents.
Jésus le regarde, mais il montre qu'il ne va pas relever la
phrase, et il continue, en s'adressant à tous car il les voit tous de l'avis
du Thaddée — les visages parfois parlent mieux que les paroles — : "Il
sera bon ce repos, en attendant son retour. Il donnera à tous du réconfort.
Ensuite, nous irons vers Tecua. Le temps est froid,
mais il tourne au beau. J'évangéliserai cette ville et puis nous remonterons
en passant par Jéricho et nous irons sur l'autre rive. Les bergers m'ont dit
que beaucoup de malades me cherchent et je leur ai envoyé dire qu'ils
n'affrontent pas le voyage, mais qu'ils m'attendent dans ces endroits." "Allons-y" dit Pierre en soupirant. "Tu n'es pas content d'aller chez Lazare ?" demande Thomas. "Je suis content." "Tu as une manière de le dire." "Je ne le dis pas à cause de Lazare. Je le dis à cause de
Judas..." "Tu es un pécheur, Pierre" lui dit Jésus pour
l'avertir. "Je le suis. Maïs... lui, Judas de Kériot,
qui s'en va, qui est impertinent, qui est un tourment, il ne l'est pas
?" dit vivement Pierre fâché et qui n'en peut plus, "Il l'est. Mais s'il l'est, toi tu ne dois pas l'être.
Aucun de nous ne doit l'être. Rappelez-vous que Dieu nous demandera compte,
je dis : nous demandera, car
c'est à Moi d'abord avant que ce ne soit à vous que Dieu a
confié cet homme, de ce que nous aurons fait pour le racheter." 396> "Et tu espères y réussir, Frère ? Je ne
puis le croire. Toi, cela je le crois, tu connais le passé, le présent et
l'avenir. Et par conséquent, tu ne peux te tromper sur le compte de cet
homme. Et... Mais il vaut mieux que je ne dise pas le reste."
Personne ne dit un mot. Jésus, arrivé maintenant à la lourde grille, appelle à haute
voix un serviteur pour se faire ouvrir. Il entre et demande des nouvelles de
Lazare. "Oh ! Seigneur ! Tu vois ? Je reviens de cueillir des feuilles
de laurier et de camphre et des baies de cyprès et d'autres feuilles et
fruits odorants pour les faire bouillir avec du vin et des résines et en
faire des bains pour le maître. Sa chair tombe en lambeaux et on ne peut
résister à la puanteur. Tu es venu, mais je ne sais si on te laissera
passer..." Pour empêcher l'air lui-même d'entendre, le serviteur éteint
sa voix en un murmure : "On ne peut plus cacher maintenant qu'il a des
plaies, les maîtresses repoussent tout le monde... par crainte... Tu
sais... Lazare est aimé vraiment par peu de gens... 397> Et beaucoup, pour
plusieurs motifs, se réjouiraient de... Oh ! ne me fais pas penser à ce qui
est la peur de toute la maison." "Elles font bien. Mais ne craignez pas. Ce malheur
n'arrivera pas." "Mais... Pourra-t-il guérir ? Un miracle de Toi..." "Il ne guérira pas, mais cela servira à glorifier le
Seigneur." Le serviteur est déçu... Jésus qui guérit tout le monde et qui
ici ne fait rien !... Mais il n'a qu'un soupir pour manifester sa pensée. Il
dit ensuite; "Je vais trouver les maîtresses pour t'annoncer." Jésus se trouve entouré par les apôtres qui s'intéressent à
l'état de santé de Lazare et sont consternés quand Jésus les informe. Mais
déjà arrivent les deux sœurs. Leur florissante et différente beauté semble
embrumée par la douleur et la fatigue des veilles prolongées. Pâles,
abattues, émaciées, fatigués les yeux auparavant très vifs de l'une et de
l'autre, sans bagues ni bracelets, portant des habits foncés, couleur de
cendre, elles ressemblent plutôt à des servantes qu'à des maîtresses. Elles
s'agenouillent à une certaine distance de Jésus, pour Lui offrir seulement
leurs pleurs, des pleurs résignés, muets, qui descendent comme d'une source
intérieure et qui ne peuvent s'arrêter. Jésus s'approche. Marthe
tend les mains en murmurant; "Éloigne-toi, Seigneur. En vérité, nous
craignons de pécher désormais contre la loi sur la lèpre. Mais, nous ne
pouvons pas, ô Dieu, nous ne pouvons pas provoquer un semblable décret contre
notre Lazare ! Mais ne t'approche pas, car nous sommes immondes ne cessant de
toucher les plaies. Nous seules, car nous avons écarté tout autre et on vient
tout nous déposer sur le seuil et nous prenons, nous lavons, nous brûlons,
dans la pièce contiguë à celle de Lazare. Vois-tu nos mains ? Elles sont
brûlées par la chaux vive que nous employons pour les vases qu'il faut rendre
aux serviteurs. Nous pensons être ainsi moins coupables" et elle pleure.
Marie de
Magdala, qui jusqu'à présent s'est tue,
dit à son tour en gémissant : "Nous devrions appeler le prêtre. Mais...
moi, je suis la plus coupable car je m'y oppose et je dis que ce n'est pas le
terrible mal maudit en Israël. Non et non ! Mais ils nous haïssent tellement
et ils sont si nombreux qu'ils le diraient tel. Pour beaucoup moins Simon,
ton apôtre, fut déclaré lépreux !" "Tu n'es pas prêtre ni médecin, Marie" dit Marthe en
sanglotant. 398> Sa nature véhémente la porte à la colère. Mais voyant que sa
sœur désolée éclate en sanglots, sa colère tombe tout d'un coup et elle
embrasse Marthe en lui donnant un baiser et elle lui dit : "Oh ! Marthe
! Pardon ! Pardon ! C'est la douleur qui me rend injuste ! C'est l'amour que
j'ai pour toi et Lazare qui voudrait vous convaincre ! Ma pauvre sœur !
Pauvres femmes que nous sommes !" "Allons ! Ne pleurez pas ainsi. Vous avez besoin de paix
et de compassion mutuelle pour vous et pour lui. Lazare, d'ailleurs, n'est
pas lépreux, c'est Moi qui vous le dis." "Oh ! viens le voir, Seigneur. Qui mieux que Toi peut
juger s'il est lépreux ?" supplie Marthe. 399> "Ne t'ai-je pas
déjà dit qu'il ne l'est pas ?" "Oui, mais comment peux-tu le dire si tu ne le vois pas
?" "Oh ! Marthe ! Marthe ! Dieu te pardonne parce que tu
souffres et que tu es comme en délire ! J'ai pitié de toi et je vais voir
Lazare et je découvrirai ses plaies et..." "Et tu vas le guérir !!!" crie Marthe en se relevant.
"Je t'ai déjà dit d'autres fois que je ne puis le faire...
Mais je vous donnerai la paix de vous savoir en règle avec la loi sur les
lépreux. Allons-y..." Et il se dirige le premier vers la maison en faisant signe à
ses apôtres de ne pas le suivre.
"Maître, tu n'as pas peur... Je suis..." "Malade ! Rien de plus. Lazare, les règles ont été
données, et très étendues et très sévères, par une mesure compréhensible de
prudence. Il vaut mieux exagérer en fait de prudence qu'être imprudent en
certains cas comme ceux des maladies contagieuses. Mais tu n'es pas
contagieux, mon pauvre ami, tu n'es pas immonde, si bien que je ne pense pas
manquer à la prudence envers les frères si je t'embrasse ainsi" et il le
baise en prenant le corps émacié dans ses bras. "Tu es vraiment la Paix, Toi ! Mais tu n'as pas encore vu.
Voilà Marie qui découvre l'horreur. Je suis déjà un mort, Seigneur. Je ne
sais pas comment les sœurs peuvent résister..." Je ne saurais pas moi non plus y résister, tant sont
effrayantes et répugnantes les plaies qui se sont formées le long des varices
des jambes. 400> Les mains splendides
de Marie travaillent avec légèreté sur elles alors qu'elle répond de sa voix
merveilleuse : "Tes maux sont des roses pour tes sœurs, des roses
épineuses seulement parce que tu souffres. Voici, Maître. Tu vois ? La lèpre
n'est pas ainsi !" "Elle n'est pas ainsi. C'est un grand mal et qui te
consume, mais il n'y a pas de danger. Crois ton Maître ! Recouvre-le, Marie,
j'ai vu." "Et... tu ne touches donc pas ?" dit en soupirant
Marthe, tenace dans son espérance. "Il ne faut pas. Non pas par dégoût, mais pour ne pas
irriter les plaies." Marthe se penche, sans insister davantage, sur un bassin où il
y a du vin ou du vinaigre aromatisé, et elle y plonge des linges qu'elle
passe à sa sœur. Des larmes muettes tombent dans le liquide rougeâtre... Marie enveloppe les pauvres jambes et étend de nouveau les
couvertures sur les pieds déjà inertes et jaunâtres comme ceux d'un mort. "Tu es seul ?" "Non, avec tous, excepté Judas de Kériot
qui est resté à Jérusalem, et viendra... Et même, si je suis déjà loin, vous
l'enverrez à Bethabara.
J'y serai, et qu'il m'y attende." "Tu pars bientôt.... "Et je reviendrai bientôt. D'ici peu, c'est la Dédicace. Je serai chez toi en ces
jours." "Je ne pourrai t'honorer pour les Encénies..." "Je serai à Bethléem, ce jour-là. J'ai besoin de revoir
mon berceau..." "Tu es triste... Je le sais... Oh ! ne rien pouvoir
!" *Je ne suis pas triste. Je suis le Rédempteur... Mais tu es
fatigué. Ne lutte pas contre le sommeil, mon ami." "C'était pour te faire honneur..." "Dors, dors. Nous nous reverrons ensuite..." et Jésus
se retire sans bruit. "Tu as vu, Maître ?" demande Marthe, une fois qu'ils
sont sortis, dans la cour. "J'ai vu, mes pauvres disciples... Je pleure avec vous...
Mais en vérité je vous confie que mon cœur a beaucoup plus de plaies que
votre frère. Mon cœur est rongé par la douleur..." et il les regarde
avec une si vive tristesse que les deux oublient leur douleur pour la
sienne, et ne pouvant l'embrasser puisqu'elles sont des femmes, elle se bornent à baiser ses mains et son vêtement et à vouloir le
servir comme des sœurs affectueuses. 401> Et elles le servent
dans une petite salle en l'entourant d'affection. Les fortes voix des apôtres se font entendre au-delà de la cour... Toutes, sauf la voix du disciple mauvais. Et Jésus écoute et il soupire... Il soupire en attendant patiemment le fugitif. |
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