|
"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
||
|
Dimanche 28
octobre 29 (2 Kisleu)
- Jésus attend Judas qui s'est éloigné
395 - Discours (Le salut d'une âme)
395 - La chair de Lazare tombe en lambeaux
396 - Marthe craint que son frère ait la
lèpre 397 - Marie-Magdeleine
s'est assurée que non 397 - À son tour Jésus rassure Marthe 398 - Ainsi que Lazare 399 - Tu enverras Judas à Bethabara 400 - Jésus attend toujours le fugitif 400 |
Accueil >> Plan du site >> Sommaire du Tome 7 7.216. |
||
|
395> Jésus congédie les disciples Lévi, Joseph, Matthias et Jean, trouvés je ne sais
où et auxquels il confie le nouveau disciple Sidonia dit Bartolmaï. Cela arrive aux premières maisons de Béthanie.
Et les disciples bergers s'en vont avec le nouveau venu et sept autres hommes
qu'ils avaient avec eux. Jésus les regarde partir et puis il se tourne pour
regarder ses apôtres et il leur dit : "Et maintenant attendons ici Judas de Simon..." "Ah ! Tu t'es
aperçu qu'il s'en est allé ? disent les autres étonnés. Nous croyions que tu ne
l'avais pas remarqué. Il y avait tant de gens et tu n'as pas cessé de parler,
avec le jeune homme d'abord, puis avec les bergers..." "J'ai vu dès le
premier instant qu'il s'était éloigné. Rien ne m'échappe. C'est pour cela que
je suis entré dans des maisons amies pour dire d'envoyer Judas à Béthanie
s'il me cherchait..." "Dieu veuille
que non" mâchonne Jude entre ses dents. Jésus le regarde,
mais il montre qu'il ne va pas relever la phrase, et il continue, en
s'adressant à tous car il les voit tous de l'avis du Thaddée — les visages
parfois parlent mieux que les paroles — : "Il sera bon ce repos, en
attendant son retour. Il donnera à tous du réconfort. Ensuite, nous irons
vers Tecua. Le temps est froid, mais il tourne
au beau. J'évangéliserai cette ville et puis nous remonterons en passant par Jéricho et nous irons sur
l'autre rive. Les bergers m'ont dit que beaucoup de malades me cherchent et
je leur ai envoyé dire qu'ils n'affrontent pas le voyage, mais qu'ils
m'attendent dans ces endroits." "Allons-y"
dit Pierre en soupirant. "Tu n'es pas
content d'aller chez Lazare ?" demande Thomas. "Je suis
content." "Tu as une
manière de le dire." "Je ne le dis
pas à cause de Lazare. Je le dis à cause de Judas..." "Tu es un
pécheur, Pierre" lui dit Jésus pour l'avertir. "Je le suis.
Mais... lui, Judas de Kériot, qui s'en va, qui est impertinent, qui est
un tourment, il ne l'est pas ?" dit vivement Pierre fâché et qui n'en
peut plus. "Il l'est. Mais s'il
l'est, toi tu ne dois pas l'être. Aucun de nous ne doit l'être. Rappelez-vous
que Dieu nous demandera compte, je dis : nous
demandera, car c'est à Moi d'abord avant que ce ne soit à vous que Dieu a confié cet homme, de ce que nous aurons fait pour le racheter."
396> "Et tu espères
y réussir, Frère ? Je ne puis le croire. Toi, cela je le crois, tu connais le
passé, le présent et l'avenir. Et par conséquent, tu ne peux te tromper sur
le compte de cet homme. Et... Mais il vaut mieux que je ne dise pas le
reste."
Personne ne dit un
mot. Jésus, arrivé
maintenant à la lourde grille, appelle à haute voix un serviteur pour se
faire ouvrir. Il entre et demande des nouvelles de Lazare. "Oh ! Seigneur !
Tu vois ? Je reviens de cueillir des feuilles de laurier et de camphre et des
baies de cyprès et d'autres feuilles et fruits odorants pour les faire
bouillir avec du vin et des résines et en faire des bains pour le maître. Sa
chair tombe en lambeaux et on ne peut résister à la puanteur. Tu es venu,
mais je ne sais si on te laissera passer..." Pour empêcher l'air
lui-même d'entendre, le serviteur éteint sa voix en un murmure : "On ne
peut plus cacher maintenant qu'il a des plaies, les maîtresses repoussent
tout le monde... par crainte... Tu sais... Lazare est aimé
vraiment par peu de gens... 397> Et beaucoup, pour
plusieurs motifs, se réjouiraient de... Oh ! ne me fais pas penser à ce qui
est la peur de toute la maison." "Elles font
bien. Mais ne craignez pas. Ce malheur n'arrivera pas." "Mais...
Pourra-t-il guérir ? Un miracle de Toi..." "Il ne guérira
pas, mais cela servira à glorifier le Seigneur." Le serviteur est
déçu... Jésus qui guérit tout le monde et qui ici ne fait rien !... Mais il
n'a qu'un soupir pour manifester sa pensée. Il dit ensuite; "Je vais
trouver les maîtresses pour t'annoncer." Jésus se trouve
entouré par les apôtres qui s'intéressent à l'état de santé de Lazare et sont
consternés quand Jésus les informe. Mais déjà arrivent les deux sœurs. Leur
florissante et différente beauté semble embrumée par la douleur et la fatigue
des veilles prolongées. Pâles, abattues, émaciées, fatigués les yeux
auparavant très vifs de l'une et de l'autre, sans bagues ni bracelets,
portant des habits foncés, couleur de cendre, elles ressemblent plutôt à des
servantes qu'à des maîtresses. Elles s'agenouillent à une certaine distance
de Jésus, pour Lui offrir seulement leurs pleurs, des pleurs résignés, muets,
qui descendent comme d'une source intérieure et qui ne peuvent s'arrêter. Jésus s'approche. Marthe tend les mains en
murmurant; "Éloigne-toi, Seigneur. En vérité, nous craignons de pécher
désormais contre la loi sur la lèpre. Mais, nous ne pouvons pas, ô Dieu, nous
ne pouvons pas provoquer un semblable décret contre notre Lazare ! Mais ne
t'approche pas, car nous sommes immondes ne cessant de toucher les plaies.
Nous seules, car nous avons écarté tout autre et on vient tout nous déposer
sur le seuil et nous prenons, nous lavons, nous brûlons, dans la pièce
contiguë à celle de Lazare. Vois-tu nos mains ? Elles sont brûlées par la chaux
vive que nous employons pour les vases qu'il faut rendre aux serviteurs. Nous
pensons être ainsi moins coupables" et elle pleure. Marie de Magdala, qui jusqu'à présent
s'est tue, dit à son tour en gémissant : "Nous devrions appeler le
prêtre. Mais... moi, je suis la plus coupable car je m'y oppose et je dis que
ce n'est pas le terrible mal maudit en Israël. Non et non ! Mais ils nous
haïssent tellement et ils sont si nombreux qu'ils le diraient tel. Pour
beaucoup moins Simon, ton apôtre, fut déclaré lépreux !" "Tu n'es pas
prêtre ni médecin, Marie" dit Marthe en sanglotant. 398> Sa nature véhémente
la porte à la colère. Mais voyant que sa sœur désolée éclate en sanglots, sa
colère tombe tout d'un coup et elle embrasse Marthe en lui donnant un baiser
et elle lui dit : "Oh ! Marthe ! Pardon ! Pardon ! C'est la douleur qui
me rend injuste ! C'est l'amour que j'ai pour toi et Lazare qui voudrait vous
convaincre ! Ma pauvre sœur ! Pauvres femmes que nous sommes !" "Allons ! Ne
pleurez pas ainsi. Vous avez besoin de paix et de compassion mutuelle pour
vous et pour lui. Lazare, d'ailleurs, n'est pas lépreux, c'est Moi qui vous
le dis." "Oh ! viens le
voir, Seigneur. Qui mieux que Toi peut juger s'il est lépreux ?" supplie
Marthe. 399> "Ne t'ai-je pas déjà dit qu'il ne l'est pas ?" "Oui, mais
comment peux-tu le dire si tu ne le vois pas ?" "Oh ! Marthe !
Marthe ! Dieu te pardonne parce que tu souffres et que tu es comme en délire
! J'ai pitié de toi et je vais voir Lazare et je découvrirai ses plaies
et..." "Et tu vas le
guérir !!!" crie Marthe en se relevant. "Je t'ai déjà
dit d'autres fois que je ne puis le faire... Mais je vous donnerai la paix de
vous savoir en règle avec la loi sur les lépreux. Allons-y..." Et il se dirige le
premier vers la maison en faisant signe à ses apôtres de ne pas le suivre.
"Maître, tu n'as
pas peur... Je suis..." "Malade ! Rien
de plus. Lazare, les règles ont été données, et très étendues et très
sévères, par une mesure compréhensible de prudence. Il vaut mieux exagérer en
fait de prudence qu'être imprudent en certains cas comme ceux des maladies
contagieuses. Mais tu n'es pas contagieux, mon pauvre ami, tu n'es pas
immonde, si bien que je ne pense pas manquer à la prudence envers les frères
si je t'embrasse ainsi" et il le baise en prenant le corps émacié dans
ses bras. "Tu es vraiment
la Paix, Toi ! Mais tu n'as pas encore vu. Voilà Marie qui découvre
l'horreur. Je suis déjà un mort, Seigneur. Je ne sais pas comment les sœurs
peuvent résister..." 400> Je ne saurais pas
moi non plus y résister, tant sont effrayantes et répugnantes les plaies qui
se sont formées le long des varices des jambes. Les
mains splendides de Marie travaillent avec légèreté sur elles alors qu'elle
répond de sa voix merveilleuse : "Tes maux sont des roses pour tes
sœurs, des roses épineuses seulement parce que tu souffres. Voici, Maître. Tu
vois ? La lèpre n'est pas ainsi !" "Elle n'est pas
ainsi. C'est un grand mal et qui te consume, mais il n'y a pas de danger.
Crois ton Maître ! Recouvre-le, Marie, j'ai vu." "Et... tu ne
touches donc pas ?" dit en soupirant Marthe, tenace dans son
espérance. "Il ne faut pas.
Non pas par dégoût, mais pour ne pas irriter les plaies." Marthe se penche,
sans insister davantage, sur un bassin où il y a du vin ou du vinaigre
aromatisé, et elle y plonge des linges qu'elle passe à sa sœur. Des larmes
muettes tombent dans le liquide rougeâtre... Marie enveloppe les
pauvres jambes et étend de nouveau les couvertures sur les pieds déjà inertes
et jaunâtres comme ceux d'un mort. "Tu es seul
?" "Non, avec tous,
excepté Judas de Kériot qui est resté à Jérusalem,
et viendra... Et même, si je suis déjà loin, vous l'enverrez à Bethabara. J'y serai, et qu'il
m'y attende." "Tu pars
bientôt.... "Et je
reviendrai bientôt. D'ici peu, c'est la Dédicace. Je serai chez toi en ces jours." "Je ne pourrai
t'honorer pour les Encénies..." "Je serai à
Bethléem, ce jour-là. J'ai besoin de revoir mon berceau..." "Tu es triste...
Je le sais... Oh ! ne rien pouvoir !" "Je ne suis pas
triste. Je suis le Rédempteur... Mais tu es fatigué. Ne lutte pas contre le
sommeil, mon ami." "C'était pour te
faire honneur..." "Dors, dors.
Nous nous reverrons ensuite..." et Jésus se retire sans bruit. "Tu as vu, Maître
?" demande Marthe, une fois qu'ils sont sortis, dans la cour. "J'ai vu, mes
pauvres disciples... Je pleure avec vous... Mais en vérité je vous confie que
mon cœur a beaucoup plus de plaies que votre frère. Mon cœur est rongé par la
douleur..." et il les regarde avec une si vive tristesse que les deux
oublient leur douleur pour la sienne, et ne pouvant l'embrasser
puisqu'elles sont des femmes, elle se bornent à
baiser ses mains et son vêtement et à vouloir le servir comme des sœurs
affectueuses. 401> Et elles le servent dans une petite salle en
l'entourant d'affection. |
|||
|
Les fortes voix des apôtres se font
entendre au-delà de la cour... Toutes, sauf la voix du disciple mauvais. Et
Jésus écoute et il soupire... Il soupire en attendant patiemment le fugitif. |
|||