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"L'Évangile
tel qu'il m'a été révélé" |
aucun accent |
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samedi
- Un groupe de convertis étrangers 423 - Le cas d'une possédée ou une
prophétesse ? 424 - Guérison d'un fils mourant 425 - Discours (Le malade et le bien portant
: Le pécheur et le juste 426 - Imitez le pécheur converti) 428 - Discours (Le pharisien et le publicain
: L'orgueil et l'humilité) 428 - Retour à la maison de Zachée 432 |
7.220. |
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423> Jésus sort de la
maison de Zachée. La matinée est avancée. Il a avec Lui Zachée, Pierre et
Jacques d'Alphée. Les autres apôtres sont peut-être déjà dispersés dans la
campagne pour annoncer que le Maître est dans la ville. Derrière le groupe de Jésus avec Zachée et les apôtres, il y en
a un autre, très... varié pour les physionomies, l'âge, les vêtements. Il
n'est pas difficile de déclarer avec certitude que ces hommes appartiennent à
des races différentes, peut-être même hostiles entre elles, mais les
événements de la vie les ont amenés dans cette ville palestinienne et les ont
réunis, pour que de leurs profondeurs, ils remontent vers la lumière. Ce sont
pour la plupart des visages flétris de gens qui ont usé et abusé de la vie de
plusieurs manières, des yeux fatigués pour la plupart. Chez d'autres : des
regards que leur long entraînement à des occupations de... rapine fiscale ou
de commandement brutal a rendu rapaces et durs, et parfois cet ancien regard
réapparaît de dessous un voile humble et pensif qu'y a mis la nouvelle vie.
Et cela se produit particulièrement quand quelqu'un de Jéricho les regarde d'un
air méprisant ou murmure quelques insolences à leur adresse; puis leur regard
redevient las, humble, et leurs têtes s'abaissent humiliées. 424> Jésus se retourne
par deux fois pour les observer et, les voyant en arrière, qui ralentissent
leur marche à mesure qu'ils approchent de l'endroit choisi pour parler et
déjà plein de gens, il ralentit sa marche pour les attendre, et à la fin il
leur dit : "Passez devant Moi, et ne craignez pas. Vous avez défié le
monde quand vous faisiez le mal, vous ne devez pas le craindre maintenant que
vous vous en êtes dépouillés. Ce qui vous a servi alors pour le maîtriser,
l'indifférence du jugement du monde, unique arme pour le lasser de juger,
servez-vous-en encore maintenant et il se lassera de s'occuper de vous, et il
vous absorbera, bien que lentement, pour vous faire disparaître dans la
grande masse anonyme qu'est ce misérable monde auquel, en vérité, on donne
trop d'importance. Les hommes, au nombre de quinze, obéissent et passent devant. "Maître, voilà là-bas les malades de la campagne" dit
Jacques de Zébédée en allant à la rencontre de Jésus et en Lui montrant un
coin attiédi par le soleil, "J'arrive. Les autres, où sont-ils ?" "Parmi les gens, mais ils t'ont déjà vu et ils vont
arriver. Avec eux il y a aussi Salomon,
Joseph d'Emmaüs, Jean d'Éphèse, Philippe d'Arbela.
Ils vont chez ce dernier et ils viennent de Joppé, Lidda et Modin. Ils ont avec eux des hommes de la côte et des
femmes. Ils te cherchaient même, car ils ne sont pas d'accord entre eux pour
le jugement à porter sur une femme. Mais ils vont te parler..." Jésus en effet est bientôt entouré des autres disciples qui le
saluent avec vénération. Derrière eux se trouvent ceux qui sont nouvellement
attirés à la doctrine de Jésus. Mais Jean d'Éphèse ne s'y trouve pas et Jésus
en demande la raison. "Il s'est arrêté avec une femme et les parents de cette
dernière dans une maison, loin des gens. Quant à la femme, on ne sait si elle
est possédée ou prophétesse. Elle dit des choses merveilleuses au dire de
ceux de son pays, mais les scribes qui l'ont entendue l'ont jugée possédée.
Les parents ont appelé plusieurs fois les exorcistes, mais ils n'ont pas pu
chasser le démon qui la tient et la fait parler. Pourtant l'un d'eux a dit au
père de la femme (c'est une veuve vierge restée dans sa famille) "Non. Je dois parler aux gens et la rencontre serait trop
bruyante ici au milieu de la foule. Va dire à Jean d'Éphèse et aux parents de
la femme, et aux scribes aussi, que je les attends tous au début du coucher
du soleil dans les bois le long du fleuve, sur le sentier du gué. Va."
La foule pousse de bruyants cris de joie. Mais la série des malades n'est pas encore terminée. Une mère
s'avance, défigurée par le chagrin, soutenue par deux amies ou parentes et
elle s'agenouille pour dire : "J'ai mon fils qui se meurt. On ne peut
l'amener ici... Aie pitié de moi !" "Peux-tu croire sans mesure ?" "Tout, ô mon Seigneur !" "Alors, retourne chez toi." "Chez moi !... Sans Toi !..." La femme le regarde un
moment, angoissée, puis elle comprend. Le pauvre visage se transfigure. Elle
crie : "J'y vais, Seigneur. Et béni sois-tu et le Très-Haut qui t'a
envoyé !" Et elle s'en va en courant plus agile que ses compagnes
elles-mêmes... Jésus se tourne vers quelqu'un de Jéricho, un digne habitant.
"Cette femme est-elle hébraïque ?" "Non. Du moins pas de naissance. Elle vient de Milet [1]. 426> Cependant elle a épousé l'un de nous et, depuis lors, elle partage notre
foi." "Elle a su croire mieux que beaucoup d'hébreux"
observe Jésus. Puis, montant en haut du perron d'une maison, il fait son geste
habituel d'ouvrir les bras, qui précède son allocution et sert à imposer
silence. L'ayant obtenu, il rassemble les plis de son manteau, qui s'était
ouvert sur la poitrine quand il faisait son geste, et il le tient de la main
gauche, alors qu'il abaisse sa droite, dans le geste de qui fait un serment,
en disant : "Écoutez, Ô habitants de Jéricho, les paraboles du Seigneur
et qu'ensuite chacun les médite dans son cœur et en tire la leçon pour nourrir
son esprit. Vous pouvez le faire car ce n'est pas d'hier, ni de la dernière
lune, ni même de l'autre hiver que vous connaissez la parole de Dieu. Avant
que je sois le Maître, Jean, mon Précurseur [2], vous avait préparé
à ma venue, et depuis que je le suis, mes disciples ont labouré ce sol sept
et sept fois pour y semer toute la semence que je leur avais donnée. Vous
pouvez donc comprendre la parole et la parabole.
A qui comparerai-je les autres qui n'ont pas péché
publiquement, ou qui, plus rares que des perles noires, n'ont jamais fait,
même en secret, des fautes graves ? Je les comparerai à des personnes saines.
Le monde est composé de ces deux catégories : que ce soit pour
l'esprit ou bien pour la chair et le sang. Mais si les comparaisons sont les
mêmes, différente est la manière du monde d'en user avec les malades guéris,
qui étaient malades dans leur chair, de celle dont il use avec les pécheurs
convertis, c'est-à-dire avec les malades de l'esprit qui trouvent la santé. Voici ce que nous voyons : quand un malade, même de la lèpre,
qui est le malade le plus dangereux et qu'il faut isoler à cause du danger,
obtient la grâce de la guérison, après avoir été examiné par le prêtre et
purifié, on l'admet de nouveau dans la société, et ceux de sa ville lui font
même fête parce qu'il est guéri, revenu à la vie, à la famille, aux affaires.
C'est une grande fête dans la famille et la ville quand quelqu'un qui était
lépreux réussit à obtenir grâce et à guérir ! C'est à qui parmi les membres
de sa famille et les habitants lui apportera une chose ou l'autre, et s'il
est seul et sans maison ou sans mobilier, lui offrira un lit ou du mobilier
et tout le monde dit : "C'est un privilégié de Dieu. C'est son doigt qui
l'a guéri, faisons-lui donc honneur et honorons Celui qui l'a créé de
nouveau". 427> Et il est juste
d'agir ainsi. Et quand, malheureusement au contraire, quelqu'un a les
premiers signes de la lèpre, avec quel amour angoissé les parents et les amis
le comblent de tendresse, tant qu'il est encore possible de le faire, comme
pour lui donner en une seule fois le trésor des affections qu'ils lui
auraient données en plusieurs années pour qu'il les emmène avec lui dans son
tombeau d'être vivant. Mais pourquoi alors pour les autres malades n'agit-on pas ainsi
? Un homme commence à pécher, et les membres de sa famille, et surtout ses
concitoyens, le voient. Pourquoi alors ne cherchent-ils pas avec amour à
l'arracher au péché ? Une mère, un père, une épouse, une sœur encore le font,
mais il est déjà difficile que les frères le fassent et je ne dis pas que le
fassent les enfants du frère du père ou de la mère. Les concitoyens, enfin,
ne savent que critiquer, se moquer, être insolents, se scandaliser, exagérer
les péchés du pécheur, le montrer du doigt, le tenir éloigné comme un lépreux,
ceux qui sont les plus justes, se rendre ses complices pour jouir à ses
dépens, ceux qui ne sont pas justes. Mais ce n'est que bien rarement qu'une
bouche, et surtout un cœur, va trouver le malheureux avec pitié et fermeté,
avec une patience et un amour surnaturel, et se soucie de freiner la descente
dans le péché. Et comment ? Ne serait-elle pas plus grave, vraiment grave et
mortelle, la maladie de l'esprit ? Ne prive-t-elle pas, et pour toujours, du
Royaume de Dieu ? La première des charités envers Dieu et envers le prochain
ne doit-elle pas être ce travail de guérir un pécheur pour le bien de son âme
et la gloire de Dieu ? Et quand un pécheur se convertit, pourquoi s'obstiner à le
juger, à sembler regretter qu'il ait retrouvé la santé spirituelle ?
Voyez-vous démentis vos pronostics d'une damnation certaine de l'un de vos
concitoyens ? Mais vous devriez en être heureux car Celui qui vous donne le
démenti c'est le Dieu miséricordieux, qui vous donne une mesure de sa bonté
pour vous faire reprendre courage après vos fautes plus ou moins graves. Et pourquoi persister à vouloir voir souillé, méprisable, digne
de rester isolé ce que Dieu et la bonne volonté d'un cœur ont rendu net,
admirable, digne de l'estime des frères, et même de leur admiration ? Mais vous vous réjouissez bien si votre bœuf, votre âne ou
votre chameau, ou une brebis du troupeau ou le pigeon préféré guérit d'une
maladie ! Vous vous réjouissez bien si un étranger, dont vous vous rappelez à
peine le nom pour en avoir entendu parler à l'époque où il fut isolé
comme lépreux, redevient guéri ! 428> Et pourquoi alors ne
vous réjouissez-vous pas pour ces guérisons de l'esprit, pour ces victoires
de Dieu ? Le Ciel est dans la jubilation quand un pécheur se convertit. Le
Ciel : Dieu, les anges très purs, ceux qui ne savent pas ce que c'est que
pécher. Et vous, vous les hommes, voulez-vous être plus intransigeants que
Dieu ? Rendez, rendez juste votre cœur et reconnaissez la présence du
Seigneur, non seulement dans les nuages de l'encens et les cantiques du
Temple, dans le lieu où seulement la sainteté du Seigneur, dans le Grand
Prêtre, doit entrer et qui devrait être saint, comme son nom l'indique, mais
aussi dans le prodige de ces esprits ressuscités, de ces autels à nouveau
consacrés sur lesquels l'Amour de Dieu descend avec ses feux pour allumer le
sacrifice." Jésus est interrompu par la mère de tout à l'heure qui veut
l'adorer avec des cris de bénédiction. Jésus l'écoute, la bénit et la renvoie
chez elle, pour reprendre son discours interrompu. "Et si d'un pécheur qui autrefois vous a donné un
spectacle scandaleux, vous recevez maintenant un spectacle édifiant, ne le
méprisez pas, mais imitez-le. Car personne n'est tellement parfait qu'il soit
impossible qu'un autre l'instruise. Et le Bien est toujours une leçon qu'il
faut écouter, même si celui qui le pratique a été autrefois un objet de
réprobation. Imitez et aidez. Car en agissant ainsi, vous glorifierez le
Seigneur et vous montrerez que vous avez compris son Verbe. Ne soyez pas
comme ceux qu'en votre cœur vous critiquez parce que leurs actions ne
correspondent pas à leurs paroles. Mais faites en sorte que toutes vos bonnes
actions viennent couronner toutes vos bonnes paroles. Et alors vous serez
vraiment regardés et écoutés avec bienveillance par l'Éternel.
Un jour deux hommes qui étaient allés à Jérusalem pour
affaires, montèrent au Temple, comme il convient à tout bon Israélite chaque
fois qu'il met les pieds dans la Cité Sainte. L'un était pharisien, l'autre
publicain. Le premier était venu pour percevoir les revenus de certains
magasins et pour faire ses comptes avec ses intendants qui habitaient dans
les environs de la ville. 429> L'autre pour verser
les impôts perçus et pour demander la pitié au nom d'une veuve qui ne pouvait
payer la taxe de sa barque et des filets, car la pêche, faite par l'aîné des
fils, suffisait à peine pour donner à manger à ses nombreux autres fils. Avant de monter au Temple, le pharisien était passé chez les
tenanciers des magasins et avait jeté un coup d'œil sur ces magasins qu'il
avait vu remplis de marchandises et d'acheteurs. Il s'était complu en
lui-même, il avait appelé le tenancier du lieu et lui avait dit : "Je
vois que ton commerce marche bien". "Oui, grâce à Dieu, je suis content de mon travail. J'ai
pu augmenter le stock de marchandises, et j'espère faire encore davantage.
J'ai amélioré le magasin, et l'année qui vient je n'aurai pas les dépenses de
bancs et d'étagères et j'aurai donc plus de gain". "Bien ! Bien ! J'en suis heureux ! Combien paies-tu pour
cet endroit ?" "Cent didrachmes par mois. C'est cher, mais la situation
est bonne... [3]" "Tu l'as dit. La situation est bonne. Par conséquent je
double la redevance". "Mais, seigneur" s'écria le marchand. "De cette
manière, tu m'enlèves tout profit !" "C'est juste. Dois-je peut-être t'enrichir, et à mes
dépens ? Vite. Ou bien tu me donnes deux mille quatre cents didrachmes [4] et tout de suite, ou
je te mets dehors, et je prends la marchandise. Le lieu est à moi, et j'en
fais ce que je veux''. Ainsi fit-il pour le premier, le second, le troisième de ses
tenanciers, doublant pour tous la redevance, restant sourd à toute prière.
Comme le troisième, chargé de famille voulait résister, il appela les gardes
et fit poser les scellés en mettant dehors le malheureux. Puis, dans son palais, il examina les registres des intendants
pour trouver de quoi les punir comme paresseux et pour accaparer la part
qu'ils s'étaient réservée de droit. L'un d'eux avait son fils mourant et, à
cause de ses nombreuses dépenses, il avait vendu une partie de son huile pour
payer les remèdes. Il n'avait donc rien à donner au maître exigeant. "Aie pitié de moi, maître. Mon pauvre fils va mourir, et
après je ferai des travaux supplémentaires pour te rembourser ce qui te
semble juste. Mais maintenant, tu le comprends, je ne puis". "Tu ne peux pas ? Je vais te faire voir si tu peux ou si
tu ne peux pas". 430> Et étant allé au pressoir avec le pauvre
intendant, il enleva le reste d'huile que l'homme s'était réservé
pour sa misérable nourriture et pour alimenter la lampe qui lui permettait de
veiller son fils pendant la nuit. Le publicain, de son côté, étant allé chez son supérieur et
ayant versé les impôts perçus, s'entendit dire : "Mais ici, il manque
trois cent soixante as [5]. Comment donc cela
?" "Voilà, je vais te le dire. Dans la ville il y a une veuve
qui a sept enfants. Le premier seul est en âge de travailler, mais il ne peut
aller loin de la rive avec la barque parce que ses bras sont encore faibles
pour la rame et la voile et il ne peut payer un garçon de barque. Restant
près de la rive, il prend peu de poissons, et sa pêche suffit à peine pour
nourrir ces huit malheureuses personnes. Je n'ai pas eu le cœur d'exiger la
taxe" "Je comprends, mais la loi c'est la loi. Malheur, si on
savait qu'elle a pitié ! Tout le monde trouverait des raisons pour ne pas
payer. Que le jeune change de métier et vende la barque s'ils ne peuvent pas
payer". "C'est leur pain pour l'avenir... et c'est le souvenir du
père". "Je comprends, mais on ne peut transiger". "C'est bien. Mais moi, je ne puis penser à huit malheureux
privés de leur unique bien. Je paie de ma bourse les trois cent soixante
as". Après avoir fait ces choses, les deux montèrent au Temple. En
passant dans la salle du Trésor, le pharisien tira avec ostentation de son
sein une bourse volumineuse et il la secoua jusqu'à la dernière piécette dans
le Trésor. Dans cette bourse se trouvait l'argent pris en plus aux
commerçants et le prix de l'huile enlevée à l'intendant et vendue tout de
suite à un marchand. Le publicain, de son côté, jeta une poignée de piécettes
après avoir pris ce qui lui était nécessaire pour retourner chez lui. L'un et
l'autre donnèrent donc ce qu'ils avaient et même, en apparence, le plus
généreux était le pharisien car il avait donné jusqu'à la dernière piécette
qu'il avait sur lui. Cependant, il faut réfléchir que dans son palais il
avait d'autre argent et qu'il avait des crédits ouverts auprès des riches
changeurs. De là, ils allèrent devant le Seigneur. Le pharisien tout à
fait en avant près de la limite de l'Atrium des Hébreux, vers le Saint; le
publicain tout au fond, presque sous la voûte qui menait dans la Cour des
Femmes, et il restait courbé, accablé par la pensée de sa misère par rapport
à la Perfection divine. Et ils priaient l'un et l'autre. 431> Le pharisien, tout
droit, presque insolent, comme s'il était le maître du lieu et comme si
c'était lui qui daignait rendre hommage à un visiteur, disait : "Voici
que je suis venu te vénérer dans la Maison qui est notre gloire. Je suis venu
bien que je sente que Tu es en moi, car je suis juste. Je sais l'être.
Cependant, bien que je sache que c'est par mon mérite que je suis tel, je te
remercie, comme la loi le prescrit, de ce que je suis. Je ne suis pas rapace,
injuste, adultère, pécheur comme ce publicain qui, en même temps que moi, a
jeté dans le Trésor une poignée de piécettes. Moi, Tu l'as vu, j'ai donné
tout ce que j'avais sur moi. Cet avare, au contraire, a fait deux parts et il
t'a donné la plus petite, l'autre certainement il va la garder pour faire
bombance et pour les femmes. Mais moi, je suis pur. Je ne me contamine pas,
moi. Je suis pur et juste, je jeûne deux fois la semaine, je paie la dîme de
tout ce que je possède. Oui, je suis pur, juste et béni car je suis saint.
Gardes-en le souvenir, Seigneur". Le publicain, dans son coin éloigné, n'osait pas lever son
regard vers les portes précieuses du Temple et, en se frappant la poitrine,
il priait ainsi : "Seigneur, je ne suis pas digne de me tenir dans ce
lieu. Mais Tu es juste et saint et Tu me le permets encore, car Tu sais que
l'homme est pécheur et que s'il ne vient pas vers Toi, il devient un démon.
Oh ! mon Seigneur ! Je voudrais t'honorer nuit et jour et je dois pendant
tant d'heures être l'esclave de mon travail : dur travail qui m'humilie,
parce qu'il est douleur pour mon prochain le plus malheureux, mais je dois
obéir à mes supérieurs parce que c'est mon pain. Fais, ô mon Dieu, que je
sache accommoder le devoir envers mes supérieurs, avec la charité envers mes
pauvres frères, pour qu'en mon travail je ne trouve pas ma condamnation. Tout
travail est saint s'il est fait avec charité. Garde ta charité toujours
présente en mon cœur, pour que moi, le misérable que je suis, je sache avoir
pitié de ceux qui me sont soumis, comme Tu as pitié de moi, grand pécheur.
J'aurais voulu t'honorer davantage, ô Seigneur, tu le sais. Mais j'ai pensé
que prendre l'argent destiné au Temple pour soulager huit cœurs malheureux était
une chose meilleure que de le verser au Trésor et puis faire verser des
larmes de désolation à huit innocents malheureux. Pourtant, si je me suis
trompé, fais-moi le comprendre, ô Seigneur, et je te donnerai jusqu'à la
dernière piécette et je retournerai au pays à pied en mendiant mon pain.
Fais-moi comprendre ta justice. Aie pitié de moi, ô Seigneur, car je suis un
grand pécheur". Voilà la parabole. 432> En vérité, en vérité
je vous dis que le pharisien sortit du Temple avec
un nouveau péché ajouté à ceux déjà faits avant de monter au Moriah, alors que le publicain en sortit justifié et la
bénédiction de Dieu l'accompagna à sa maison et y demeura, car il avait été
humble et miséricordieux et ses actions avaient été encore plus saintes que
ses paroles, alors que le pharisien n'était bon qu'en paroles et
extérieurement alors qu'en son intérieur, il était l'ouvrier de Satan et
faisait ses œuvres par orgueil et dureté de cœur, et Dieu le haïssait pour ce
motif. Celui qui s'exalte sera toujours, tôt ou tard, humilié. Si ce
n'est pas ici, ce sera dans l'autre vie. Celui qui s'humilie sera exalté
particulièrement là-haut au Ciel où on voit les actions des hommes dans leur
véritable vérité. Viens, Zachée, Venez vous qui êtes avec lui et vous, mes
apôtres et disciples, et je vous parlerai encore en particulier." Et s'enveloppant dans son manteau, il revient dans la maison de
Zachée. |
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[1] Grand port de l'Asie
mineure (Anatolie). Région sud-ouest bordée par la Lydie, la Phrygie et la
Lycie. Saint Paul y fera une escale. C'est la patrie de Thalès et de Démocrite
[2] Il prêchait non loin de
là
[3] 6 mois et demi d'un
salaire de journalier.
[4] 192.000 € en monnaie
"psychologique", soit 13 années de
salaire minimum
[5] 360 x 2,5€ = 900 €,
moins d'un mois de salaire minimum