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"L'Évangile tel qu'il m'a été
révélé" |
aucun accent |
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Samedi 3
novembre 29 (8 Kisleu)
- Un groupe de convertis étrangers 423 - Le cas d'une possédée ou une
prophétesse ? 424 - Guérison d'un fils mourant 425 - Discours (Le malade et le bien portant
: Le pécheur et le juste 426 - Imitez le pécheur converti) 428 - Discours (Le pharisien et le publicain
: L'orgueil et l'humilité) 428 - Retour à la maison de Zachée 432 |
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423> Jésus sort de la maison de Zachée. La matinée est avancée. Il a avec Lui
Zachée, Pierre et Jacques d'Alphée. Les autres apôtres
sont peut-être déjà dispersés dans la campagne pour annoncer que le Maître
est dans la ville. Derrière le groupe de
Jésus avec Zachée et les apôtres, il y en a un autre, très... varié pour les
physionomies, l'âge, les vêtements. Il n'est pas difficile de déclarer avec
certitude que ces hommes appartiennent à des races différentes, peut-être
même hostiles entre elles, mais les événements de la vie les ont amenés dans
cette ville palestinienne et les ont réunis, pour que de leurs profondeurs,
ils remontent vers la lumière. Ce sont pour la plupart des visages flétris de
gens qui ont usé et abusé de la vie de plusieurs manières, des yeux fatigués
pour la plupart. Chez d'autres : des regards que leur long entraînement à des
occupations de... rapine fiscale ou de commandement brutal a rendu rapaces et
durs, et parfois cet ancien regard réapparaît de dessous un voile humble et pensif
qu'y a mis la nouvelle vie. Et cela se produit particulièrement quand
quelqu'un de Jéricho les regarde d'un air méprisant ou murmure quelques
insolences à leur adresse; puis leur regard redevient las, humble, et leurs
têtes s'abaissent humiliées. 424> Jésus se retourne par deux fois pour les observer et, les
voyant en arrière, qui ralentissent leur marche à mesure qu'ils approchent de
l'endroit choisi pour parler et déjà plein de gens, il ralentit sa marche
pour les attendre, et à la fin il leur dit : "Passez devant Moi, et ne
craignez pas. Vous avez défié le monde quand vous faisiez le mal, vous ne
devez pas le craindre maintenant que vous vous en êtes dépouillés. Ce qui
vous a servi alors pour le maîtriser, l'indifférence du jugement du monde,
unique arme pour le lasser de juger, servez-vous-en encore maintenant et il
se lassera de s'occuper de vous, et il vous absorbera, bien que lentement,
pour vous faire disparaître dans la grande masse anonyme qu'est ce misérable
monde auquel, en vérité, on donne trop d'importance. Les hommes, au nombre
de quinze, obéissent et passent devant. "Maître, voilà
là-bas les malades de la campagne" dit Jacques de Zébédée en allant à la rencontre
de Jésus et en Lui montrant un coin attiédi par le soleil. "J'arrive. Les
autres, où sont-ils ?" "Parmi les gens,
mais ils t'ont déjà vu et ils vont arriver. Avec eux il y a aussi Salomon, Joseph d'Emmaüs, Jean d'Éphèse, Philippe d'Arbela. Ils vont chez ce
dernier et ils viennent de Joppé, Lidda et Modin. Ils ont avec eux des
hommes de la côte et des femmes. Ils te cherchaient même, car ils ne sont pas
d'accord entre eux pour le jugement à porter sur une femme. Mais ils vont te
parler..." Jésus en effet est
bientôt entouré des autres disciples qui le saluent avec vénération. Derrière
eux se trouvent ceux qui sont nouvellement attirés à la doctrine de Jésus.
Mais Jean d'Éphèse ne s'y trouve pas et Jésus en demande la raison. "Il s'est arrêté
avec une femme et les parents de cette dernière dans une maison, loin des
gens. Quant à la femme, on ne sait si elle
est possédée ou prophétesse. Elle dit des choses merveilleuses au dire de
ceux de son pays, mais les scribes qui l'ont entendue l'ont jugée possédée.
Les parents ont appelé plusieurs fois les exorcistes, mais ils n'ont pas pu
chasser le démon qui la tient et la fait parler. Pourtant l'un d'eux a dit au
père de la femme (c'est une veuve vierge restée dans sa famille) "Non. Je dois
parler aux gens et la rencontre serait trop bruyante ici au milieu de la
foule. Va dire à Jean d'Éphèse et aux parents de la femme, et aux scribes
aussi, que je les attends tous au début du coucher du soleil dans les bois le
long du fleuve, sur le sentier du gué. Va."
La foule pousse de
bruyants cris de joie. Mais la série des
malades n'est pas encore terminée. Une mère s'avance, défigurée par le
chagrin, soutenue par deux amies ou parentes et elle s'agenouille pour dire :
"J'ai mon fils qui se meurt. On ne peut l'amener ici... Aie pitié de moi
!" "Peux-tu croire
sans mesure ?" "Tout, ô mon
Seigneur !" "Alors, retourne
chez toi." "Chez moi !...
Sans Toi !..." La femme le regarde un moment, angoissée, puis elle
comprend. Le pauvre visage se transfigure. Elle crie : "J'y vais,
Seigneur. Et béni sois-tu et le Très-Haut qui t'a envoyé !" Et elle s'en
va en courant plus agile que ses compagnes elles-mêmes... Jésus se tourne vers
quelqu'un de Jéricho, un digne habitant. "Cette femme est-elle hébraïque
?" 426> "Non. Du moins
pas de naissance. Elle vient de Milet [1]. Cependant elle a épousé l'un de nous et, depuis lors, elle partage notre
foi." "Elle a su
croire mieux que beaucoup d'hébreux" observe Jésus. Puis, montant en haut
du perron d'une maison, il fait son geste habituel d'ouvrir les bras, qui
précède son allocution et sert à imposer silence. L'ayant obtenu, il
rassemble les plis de son manteau, qui s'était ouvert sur la poitrine quand
il faisait son geste, et il le tient de la main gauche, alors qu'il abaisse
sa droite, dans le geste de qui fait un serment, en disant : "Écoutez, Ô
habitants de Jéricho, les paraboles du Seigneur et qu'ensuite chacun les
médite dans son cœur et en tire la leçon pour nourrir son esprit. Vous pouvez
le faire car ce n'est pas d'hier, ni de la dernière lune, ni même de l'autre
hiver que vous connaissez la parole de Dieu. Avant que je sois le Maître,
Jean, mon Précurseur [2], vous avait préparé
à ma venue, et depuis que je le suis, mes disciples ont labouré ce sol sept
et sept fois pour y semer toute la semence que je leur avais donnée. Vous
pouvez donc comprendre la parole et la parabole.
À qui comparerai-je les
autres qui n'ont pas péché publiquement, ou qui, plus rares que des perles
noires, n'ont jamais fait, même en secret, des fautes graves ? Je les
comparerai à des personnes saines. Le monde est composé
de ces deux catégories : que ce soit pour l'esprit ou bien pour la chair et
le sang. Mais si les comparaisons sont les mêmes, différente est la manière
du monde d'en user avec les malades guéris, qui étaient malades
dans leur chair, de celle dont il use avec les pécheurs convertis,
c'est-à-dire avec les malades de l'esprit qui trouvent la santé. Voici ce que nous
voyons : quand un malade, même de la lèpre, qui est le malade le plus
dangereux et qu'il faut isoler à cause du danger, obtient la grâce de la
guérison, après avoir été examiné par le prêtre et purifié, on l'admet de
nouveau dans la société, et ceux de sa ville lui font même fête parce qu'il
est guéri, revenu à la vie, à la famille, aux affaires. C'est une grande fête
dans la famille et la ville quand quelqu'un qui était lépreux réussit à
obtenir grâce et à guérir ! C'est à qui parmi les membres de sa famille et
les habitants lui apportera une chose ou l'autre, et s'il est seul et sans
maison ou sans mobilier, lui offrira un lit ou du mobilier et tout le monde
dit : "C'est un privilégié de Dieu. C'est son doigt qui l'a guéri,
faisons-lui donc honneur et honorons Celui qui l'a créé de nouveau". 427> Et il est juste d'agir ainsi. Et quand, malheureusement au
contraire, quelqu'un a les premiers signes de la lèpre, avec quel amour
angoissé les parents et les amis le comblent de tendresse, tant qu'il est
encore possible de le faire, comme pour lui donner en une seule fois le
trésor des affections qu'ils lui auraient données en plusieurs années pour
qu'il les emmène avec lui dans son tombeau d'être vivant. Mais pourquoi alors
pour les autres malades n'agit-on pas ainsi ? Un homme commence à pécher, et
les membres de sa famille, et surtout ses concitoyens, le voient. Pourquoi
alors ne cherchent-ils pas avec amour à l'arracher au péché ? Une mère, un
père, une épouse, une sœur encore le font, mais il est déjà difficile que les
frères le fassent et je ne dis pas que le fassent les enfants du frère du
père ou de la mère. Les concitoyens, enfin, ne savent que critiquer, se
moquer, être insolents, se scandaliser, exagérer les péchés du pécheur, le
montrer du doigt, le tenir éloigné comme un lépreux, ceux qui sont les plus
justes, se rendre ses complices pour jouir à ses dépens, ceux qui ne sont pas
justes. Mais ce n'est que bien rarement qu'une bouche, et surtout un cœur, va
trouver le malheureux avec pitié et fermeté, avec une patience et un amour
surnaturel, et se soucie de freiner la descente dans le péché. Et comment ? Ne
serait-elle pas plus grave, vraiment grave et mortelle, la maladie de
l'esprit ? Ne prive-t-elle pas, et pour toujours, du Royaume de Dieu ? La
première des charités envers Dieu et envers le prochain ne doit-elle pas être
ce travail de guérir un pécheur pour le bien de son âme et la gloire de Dieu
? Et quand un pécheur se convertit, pourquoi s'obstiner
à le juger, à sembler regretter qu'il ait retrouvé la santé spirituelle ?
Voyez-vous démentis vos pronostics d'une damnation certaine de l'un de vos
concitoyens ? Mais vous devriez en être heureux car Celui qui vous donne le
démenti c'est le Dieu miséricordieux, qui vous donne une mesure de sa bonté
pour vous faire reprendre courage après vos fautes plus ou moins graves. Et pourquoi persister
à vouloir voir souillé, méprisable, digne de rester isolé ce que Dieu et la
bonne volonté d'un cœur ont rendu net, admirable, digne de l'estime des
frères, et même de leur admiration ? Mais vous vous
réjouissez bien si votre bœuf, votre âne ou votre chameau, ou une brebis du
troupeau ou le pigeon préféré guérit d'une maladie ! Vous vous réjouissez
bien si un étranger, dont vous vous rappelez à peine le nom pour en avoir
entendu parler à l'époque où il fut isolé comme lépreux, redevient guéri
! 428> Et pourquoi alors ne vous réjouissez-vous pas pour ces
guérisons de l'esprit, pour ces victoires de Dieu ? Le Ciel est dans la
jubilation quand un pécheur se convertit. Le Ciel : Dieu, les anges très
purs, ceux qui ne savent pas ce que c'est que pécher. Et vous, vous les
hommes, voulez-vous être plus intransigeants que Dieu ? Rendez, rendez juste
votre cœur et reconnaissez la présence du Seigneur, non seulement dans les
nuages de l'encens et les cantiques du Temple, dans le lieu où seulement la
sainteté du Seigneur, dans le Grand Prêtre, doit entrer et qui devrait être
saint, comme son nom l'indique, mais aussi dans le prodige de ces esprits
ressuscités, de ces autels à nouveau consacrés sur lesquels l'Amour de Dieu
descend avec ses feux pour allumer le sacrifice." Jésus est interrompu
par la mère de tout à l'heure qui veut l'adorer avec des cris de bénédiction.
Jésus l'écoute, la bénit et la renvoie chez elle, pour reprendre son discours
interrompu. "Et si d'un
pécheur qui autrefois vous a donné un spectacle scandaleux, vous recevez
maintenant un spectacle édifiant, ne le méprisez pas, mais imitez-le. Car
personne n'est tellement parfait qu'il soit impossible qu'un autre
l'instruise. Et le Bien est toujours une leçon qu'il faut écouter, même si
celui qui le pratique a été autrefois un objet de réprobation. Imitez et
aidez. Car en agissant ainsi, vous glorifierez le Seigneur et vous montrerez
que vous avez compris son Verbe. Ne soyez pas comme ceux qu'en votre cœur
vous critiquez parce que leurs actions ne correspondent pas à leurs paroles.
Mais faites en sorte que toutes vos bonnes actions viennent couronner toutes
vos bonnes paroles. Et alors vous serez vraiment regardés et écoutés avec
bienveillance par l'Éternel.
Un jour deux hommes
qui étaient allés à Jérusalem pour affaires, montèrent au Temple, comme il
convient à tout bon Israélite chaque fois qu'il met les pieds dans la Cité
Sainte. L'un était pharisien, l'autre publicain. Le premier était venu pour
percevoir les revenus de certains magasins et pour faire ses comptes avec ses
intendants qui habitaient dans les environs de la ville. 429> L'autre pour verser les impôts perçus et pour demander la
pitié au nom d'une veuve qui ne pouvait payer la taxe de sa barque et des
filets, car la pêche, faite par l'aîné des fils, suffisait à peine pour
donner à manger à ses nombreux autres fils. Avant de monter au
Temple, le pharisien était passé chez les tenanciers des magasins et avait
jeté un coup d'œil sur ces magasins qu'il avait vu remplis de marchandises et
d'acheteurs. Il s'était complu en lui-même, il avait appelé le tenancier du
lieu et lui avait dit : "Je vois que ton commerce marche bien". "Oui, grâce à
Dieu, je suis content de mon travail. J'ai pu augmenter le stock de
marchandises, et j'espère faire encore davantage. J'ai amélioré le magasin,
et l'année qui vient je n'aurai pas les dépenses de bancs et d'étagères et
j'aurai donc plus de gain". "Bien ! Bien !
J'en suis heureux ! Combien paies-tu pour cet endroit ?" "Cent didrachmes
par mois. C'est cher, mais la situation est bonne... [3]" "Tu l'as dit. La
situation est bonne. Par conséquent je double la redevance". "Mais, seigneur,
s'écria le marchand. De cette manière, tu m'enlèves tout profit !" "C'est juste.
Dois-je peut-être t'enrichir, et à mes dépens ? Vite. Ou bien tu me donnes
deux mille quatre cents didrachmes [4] et tout de suite, ou
je te mets dehors, et je prends la marchandise. Le lieu est à moi, et j'en
fais ce que je veux''. Ainsi fit-il pour le
premier, le second, le troisième de ses tenanciers, doublant pour tous la
redevance, restant sourd à toute prière. Comme le troisième, chargé de
famille voulait résister, il appela les gardes et fit poser les scellés en
mettant dehors le malheureux. Puis, dans son
palais, il examina les registres des intendants pour trouver de quoi les
punir comme paresseux et pour accaparer la part qu'ils s'étaient réservée de
droit. L'un d'eux avait son fils mourant et, à cause de ses nombreuses
dépenses, il avait vendu une partie de son huile pour payer les remèdes. Il
n'avait donc rien à donner au maître exigeant. "Aie pitié de
moi, maître. Mon pauvre fils va mourir, et après je ferai des travaux
supplémentaires pour te rembourser ce qui te semble juste. Mais maintenant,
tu le comprends, je ne puis". 430> "Tu ne peux pas
? Je vais te faire voir si tu peux ou si tu ne peux pas". Et étant allé
au pressoir avec le pauvre intendant, il enleva le reste d'huile que
l'homme s'était réservé pour sa misérable nourriture et pour alimenter la
lampe qui lui permettait de veiller son fils pendant la nuit. Le publicain, de son
côté, étant allé chez son supérieur et ayant versé les impôts perçus,
s'entendit dire : "Mais ici, il manque trois cent soixante as [5]. Comment donc cela
?" "Voilà, je vais
te le dire. Dans la ville il y a une veuve qui a sept enfants. Le premier
seul est en âge de travailler, mais il ne peut aller loin de la rive avec la
barque parce que ses bras sont encore faibles pour la rame et la voile et il
ne peut payer un garçon de barque. Restant près de la rive, il prend peu de
poissons, et sa pêche suffit à peine pour nourrir ces huit malheureuses
personnes. Je n'ai pas eu le cœur d'exiger la taxe" "Je comprends,
mais la loi c'est la loi. Malheur, si on savait qu'elle a pitié ! Tout le
monde trouverait des raisons pour ne pas payer. Que le jeune change de métier
et vende la barque s'ils ne peuvent pas payer". "C'est leur pain
pour l'avenir... et c'est le souvenir du père". "Je comprends,
mais on ne peut transiger". "C'est bien.
Mais moi, je ne puis penser à huit malheureux privés de leur unique bien. Je
paie de ma bourse les trois cent soixante as". Après avoir fait ces
choses, les deux montèrent au Temple. En passant dans la salle du Trésor, le
pharisien tira avec ostentation de son sein une bourse volumineuse et il la
secoua jusqu'à la dernière piécette dans le Trésor. Dans cette bourse se
trouvait l'argent pris en plus aux commerçants et le prix de l'huile enlevée
à l'intendant et vendue tout de suite à un marchand. Le publicain, de son
côté, jeta une poignée de piécettes après avoir pris ce qui lui était nécessaire
pour retourner chez lui. L'un et l'autre donnèrent donc ce qu'ils avaient et
même, en apparence, le plus généreux était le pharisien car il avait donné
jusqu'à la dernière piécette qu'il avait sur lui. Cependant, il faut
réfléchir que dans son palais il avait d'autre argent et qu'il avait des
crédits ouverts auprès des riches changeurs. De là, ils allèrent
devant le Seigneur. Le pharisien tout à fait en avant près de la limite de
l'Atrium des Hébreux, vers le Saint; le publicain tout au fond, presque sous
la voûte qui menait dans la Cour des Femmes, et il restait courbé, accablé
par la pensée de sa misère par rapport à la Perfection divine. Et ils
priaient l'un et l'autre. 431> Le pharisien, tout droit, presque insolent, comme s'il était
le maître du lieu et comme si c'était lui qui daignait rendre hommage à un
visiteur, disait : "Voici que je suis venu te vénérer dans la Maison qui
est notre gloire. Je suis venu bien que je sente que Tu es en moi, car je
suis juste. Je sais l'être. Cependant, bien que je sache que c'est par mon
mérite que je suis tel, je te remercie, comme la loi le prescrit, de ce que
je suis. Je ne suis pas rapace, injuste, adultère, pécheur comme ce publicain
qui, en même temps que moi, a jeté dans le Trésor une poignée de piécettes.
Moi, Tu l'as vu, j'ai donné tout ce que j'avais sur moi. Cet avare, au
contraire, a fait deux parts et il t'a donné la plus petite, l'autre
certainement il va la garder pour faire bombance et pour les femmes. Mais
moi, je suis pur. Je ne me contamine pas, moi. Je suis pur et juste, je jeûne
deux fois la semaine, je paie la dîme de tout ce que je possède. Oui, je suis
pur, juste et béni car je suis saint. Gardes-en le souvenir, Seigneur". Le publicain, dans
son coin éloigné, n'osait pas lever son regard vers les portes précieuses du
Temple et, en se frappant la poitrine, il priait ainsi : "Seigneur, je
ne suis pas digne de me tenir dans ce lieu. Mais Tu es juste et saint et Tu
me le permets encore, car Tu sais que l'homme est pécheur et que s'il ne vient
pas vers Toi, il devient un démon. Oh ! mon Seigneur ! Je voudrais t'honorer
nuit et jour et je dois pendant tant d'heures être l'esclave de mon travail :
dur travail qui m'humilie, parce qu'il est douleur pour mon prochain le plus
malheureux, mais je dois obéir à mes supérieurs parce que c'est mon pain.
Fais, ô mon Dieu, que je sache accommoder le devoir envers mes supérieurs,
avec la charité envers mes pauvres frères, pour qu'en mon travail je ne
trouve pas ma condamnation. Tout travail est saint s'il est fait avec
charité. Garde ta charité toujours présente en mon cœur, pour que moi, le
misérable que je suis, je sache avoir pitié de ceux qui me sont soumis, comme
Tu as pitié de moi, grand pécheur. J'aurais voulu t'honorer davantage, ô
Seigneur, tu le sais. Mais j'ai pensé que prendre l'argent destiné au Temple
pour soulager huit cœurs malheureux était une chose meilleure que de le
verser au Trésor et puis faire verser des larmes de désolation à huit
innocents malheureux. Pourtant, si je me suis trompé, fais-moi le comprendre,
ô Seigneur, et je te donnerai jusqu'à la dernière piécette et je retournerai
au pays à pied en mendiant mon pain. Fais-moi comprendre ta justice. Aie
pitié de moi, ô Seigneur, car je suis un grand pécheur". Voilà la
parabole. 432> En vérité, en vérité
je vous dis que le pharisien sortit du Temple avec
un nouveau péché ajouté à ceux déjà faits avant de monter au Moriah, alors que le publicain en sortit justifié et la
bénédiction de Dieu l'accompagna à sa maison et y demeura, car il avait été
humble et miséricordieux et ses actions avaient été encore plus saintes que
ses paroles, alors que le pharisien n'était bon qu'en paroles et
extérieurement alors qu'en son intérieur, il était l'ouvrier de Satan et
faisait ses œuvres par orgueil et dureté de cœur, et Dieu le haïssait pour ce
motif. Celui qui s'exalte
sera toujours, tôt ou tard, humilié. Si ce n'est pas ici, ce sera dans
l'autre vie. Celui qui s'humilie sera exalté particulièrement là-haut au Ciel
où on voit les actions des hommes dans leur véritable vérité. Viens, Zachée, Venez
vous qui êtes avec lui et vous, mes apôtres et disciples, et je vous parlerai
encore en particulier." |
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Et s'enveloppant dans
son manteau, il revient dans la maison de Zachée. |
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[1] Grand port de l'Asie
mineure (Anatolie). Région sud-ouest bordée par la Lydie, la Phrygie et la Lycie.
Saint Paul y fera une escale. C'est la patrie de Thalès et de Démocrite
[2] Il prêchait non loin de
là
[3] 6 mois et demi d'un
salaire de journalier.
[4] 192.000 € en monnaie
"psychologique", soit 13 années de
salaire minimum
[5] 360 x 2,5€ = 900 €,
moins d'un mois de salaire minimum